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Bosquet des malades - Admiration des œuvres de Dieu
Cet ouvrage présente la première traduction critique en français des deux traités composés par Thérèse de Carthagène à la fin du XVe siècle, le Bosquet des malades et l’Admiration des œuvres de Dieu. Ce sont les plus anciens textes conservés écrits en vernaculaire castillan par une main féminine. Leur contenu frappe par son originalité : le premier est un traité consolatoire dans lequel l’auteure, devenue sourde, valorise la maladie et le handicap ; le second, une œuvre de polémique littéraire dans lequel elle défend son auteurité en tant que femme. Célèbres et bien étudiés depuis les années 1970 dans les sphères académiques hispanophone et anglophone, ils demeurent méconnus dans le monde francophone. Ils sont accompagnés par une introduction qui synthétise la bibliographie foisonnante et apporte quelques éléments de contexte supplémentaires issus de l’examen du seul manuscrit conservé.Este libro propone la primera traducción crítica en francés de los dos tratados redactados por Teresa de Cartagena a finales del siglo XV, la Arboleda de los enfermos y la Admiración operum Dei. Son los textos más antiguos conservados escritos en vernáculo castellano por una mano femenina. Su contenido llama la atención por su originalidad: el primero es un tratado consolatorio en el que la autora, ensordecida, valoriza la enfermedad y la minusvalía; el segundo, una obra de polémica literaria en el que defiende su autoría como mujer. Famosos y muy estudiados desde los años 1970 en los ámbitos académicos de habla española e inglesa, siguen siendo poco conocidos en el mundo de habla francesa. Vienen con una introducción que sintetiza la abundante bibliografía y añade algunos elementos de contexto procedentes de un análisis del único manuscrito conservado.This book offers the first critical translation into French of the two treatises composed by Teresa de Cartagena in the late 15th century, the Grove of the Infirm and the Wonder at the Works of God. They are the oldest surviving texts written by a female hand in the Castilian vernacular. Their content is strikingly original: the first one is a consolatory treatise in which the author, having become deaf, values illness and disability; the second one is a work of literary polemic in which she defends her authorship as a woman. Famous and well-studied since the 1970s in the Spanish and English-speaking scholarship, they remain little known in the French-speaking world. They come with an introduction that summarizes the lavish bibliography and provides some additional elements of context coming from the examination of the only surviving manuscript
Introduction
Si selon son propre témoignage, le premier ouvrage de Thérèse de Carthagène fit scandale à la fin du XVe siècle, son œuvre connut une faible diffusion et elle demeura confidentielle pendant plusieurs siècles. Ses travaux furent redécouverts au début du XXe siècle dans l’unique manuscrit qui les conservait, à la bibliothèque du palais de l’Escurial, près de Madrid. Un chercheur en littérature, Manuel Serrano y Sanz, remarqua qu’il s’agissait du plus ancien texte produit par une main féminine e..
Principes de traduction
Les présentes traductions ont été réalisées à partir de l’édition critique des deux textes établie par Clara Esther Castro Ponce, d’après le manuscrit h-III-24 de l’Escurial, pour sa thèse doctorale dirigée par Mercedes Vaquero et soutenue à la Brown University de Rhode Island en 2001 : Teresa de Cartagena. Arboleda de los enfermos. Admiraçión operum Dey. Edición crítica singular. Cette version française a été conçue en suivant autant que cela a été possible la logique d’une traduction littér..
Bosquet des malades
Fig. 2 : Première page de la copie unique du Bosquet des malades. Cliché Patrimonio Nacional, Biblioteca del Real Monasterio de San Lorenzo de El Escorial, ms. h-III-24, fol. 1r°.Jésus, fils de Marie.Ce traité s’appelle « Bosquet des Malades », lequel Thérèse de Carthagène composa en étant affligée de graves souffrances, ayant en particulier entièrement perdu le sens de l’ouïe. Et elle fit cette œuvre en louange à Dieu et pour la consolation spirituelle d’elle-même et de tous ceux qui souffr..
Sainteté, mémoire et lignage des abbesses cisterciennes de Castille au XIIIe s. La comtesse Urraca de Cañas (av. 1207-1262)
Countess Urraca is one of the main ladies of 13th-century Castile. Daughter of Diego López II de Haro (d. 1214), wife of count Álvaro Núñez de Lara (d. 1218), she spent her widowhood as abbess of Cañas (1222-1262), a monastery on which the Haro exerted the rights of patronage. After her death, the community celebrated the memory of an influent ruler who had decisively contributed to the influence and wealth of her institution. Then, probably around mid-15th century, at the instance of the general chapter of Cîteaux, the nuns gave her a fame of holiness that was recorded by the Cistercian authors in the first half of the 17th century. The cult of Blessed Urraca was reactivated during the 20th century because of the openings of her tomb, and the writing of a hagiography. The real course of her life was then distorted to such an extent that it is still poorly known today.[fr] La comtesse Urraca figure parmi les principales dames du XIIIe siècle castillan. Fille de Diego López II de Haro (m. 1214), épouse du comte Álvaro Núñez de Lara (m. 1218), elle exerça pendant son veuvage la charge d’abbesse du monastère de Cañas (1222-1262), sur lequel les Haro exerçaient un droit de patronage. Après sa mort, la communauté célébra sa mémoire comme celle d’une supérieure influente qui avait contribué de façon décisive au rayonnement et à la prospérité de son institution. Puis, vers le milieu du XVe siècle probablement, les religieuses la dotèrent, sous l’impulsion du chapitre général de Cîteaux, d’une réputation de sainteté qui fut enregistrée par les auteurs cisterciens du premier XVIIe siècle. Le culte de la bienheureuse Urraca fut réactivé au XXe siècle par les ouvertures de sa sépulture et la rédaction d’une hagiographie. Sa biographie fut alors déformée au point qu’elle demeure encore mal connue aujourd’hui
Les auteurs
Andenmatten, Bernard PR, université de Lausanne Angotti, Claire MCF, université de Reims Avignon, Carole MCF, université d’Angers Barralis, Christine MCF, université de Metz Baury, Ghislain PRAG, université du Maine Beaulande, Véronique MCF, université de Reims Bertrand, Paul IRHT-CNRS Bouyé, Édouard Directeur, archives départementales du Cantal Bozóky, Edina MCF, université de Poitiers Cailleaux, Christophe Université de Bourgogne Carraz, Damien MCF, université de Clermont-Ferrand II Cevins,..
Chapitre VII. Des temporels façonnés par les patrons
Le processus de constitution des temporels monastiques a beaucoup attiré l’attention des médiévistes espagnols depuis la thèse de José Ángel García de Cortázar. En quantifiant les trois principaux types d’acquisitions (donations, achats, échanges) et en établissant leur chronologie, celui-ci a pu démontrer que les communautés monastiques élaboraient des stratégies économiques et qu’elles étaient capables de s’adapter aux circonstances, faisant par exemple face à une pénurie de donations en mu..
Chapitre I. Des sociétés féminines sous contrôle aristocratique
Dans la première loi du titre XV, les juristes des Partidas commencèrent leur énumération des « honneurs » dévolus au patron par la mention du droit de présentation, c’est-à-dire la désignation du prêtre desservant. Les églises conventuelles faisaient cependant exception à cette règle, au même titre que les églises cathédrales, en vertu du principe de la libre élection du supérieur. En théorie, le patron conservait seulement le droit d’entériner le choix de la communauté. Mais les nombreux dé..
Chapitre VI. L’affirmation de l’autorité cistercienne (1230-fin XIIIe siècle)
Trois évolutions se conjuguèrent pour transformer vers 1230 le contexte des fondations d’abbayes cisterciennes féminines. Les deux premières impliquaient la royauté castillane. D’une part, à partir de 1225, Ferdinand III réalisa d’importantes conquêtes au détriment d’al-Andalus, notamment Baeza (1227) et Cazorla (1231). Ce mouvement culmina vers la fin de son règne avec la prise de Cordoue (1236) puis celle de Séville (1248). Le souverain disposa de ce fait d’un important capital de biens à r..
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