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    « But pardon, gentles all » (Henry V, Prologue, 8) : la feinte humilité du maniériste ?

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    International audienceIn Henry V, Shakespeare, under the guise of having to stage the glorious and legendary Battle of Agincourt, seemingly calls out the inadequacy of his creativity in terms of theatrical aesthetics in a moment of false mannerist humility while at the same time exhibiting his manner of representing the scope of the battle. Shakespeare affects to decry the abyssal gap between the referent and its material representation in the theatre, not to say the patent divorce between mimesis and representation. It would seem, however, that Shakespeare is not alone in disparaging his theatre-making in this manner. This distinctive offhand and singular manner of denouncing one’s own art would appear to be a manner of writing shared mutatis mutandis by a whole generation of playwrights. Shakespeare evidently borrows from the style of his contemporary John Lyly in Euphues (1578), and even more specifically from the prologue to his comedy Campaspe (1583/4). Even more unmistakably, he borrows material that is, in itself, already a manner, that of Thomas Dekker in the prologue to his play The Pleasant Comedy of Old Fortunatus (1595 according to Henslowe). It would appear that Shakespeare never ceased shaping his style by borrowing and copying the ideas and styles from his contemporaries, faithfully echoing the spirit and words of Dekker’s prologue to create his own poetic art of representing battles, which would be, in short, nothing less than a poetic art of appropriation. The famous prologue to Henry V, which is perceived as so original, seems to be the result of a number of obvious borrowings that we would all like to believe to be his own invention. Was Shakespeare’s genius less in his subject matter than in his manner of reworking the prologues – or works – of his contemporaries, at once appropriating and distancing himself from them, thus making him the most mannerist of mannerists?Dans Henry V (1599), Shakespeare, sous couvert d’avoir à représenter la glorieuse et légendaire bataille d’Azincourt, feint de dénoncer, dans un moment de fausse humilité toute maniériste, ses insuffisances en matière d’esthétique théâtrale, exhibant par la même occasion sa manière de faire, pour représenter malgré tout l’ampleur de la bataille. Shakespeare affecte en effet de dénoncer l’écart abyssal entre le référent et la représentation matérielle au théâtre, pour ne pas dire le divorce patent entre la mimesis et la représentation. Or, Shakespeare ne serait pas le seul à exhiber ainsi sa manière de faire du théâtre. Cette signature d’écriture, cette manière si désinvolte et singulière de dénoncer son art serait une manière d’écrire partagée mutatis mutandis par toute une génération de dramaturges. Shakespeare emprunte manifestement à la manière de faire de son contemporain John Lyly dans son roman Euphues (1578) mais surtout dans le prologue de sa comédie Campaspe (1583/4). Plus évidemment encore emprunte-t-il à la matière qui est déjà une manière, celle d’un Thomas Dekker dans le prologue de sa pièce The Pleasant Comedie of Old Fortunatus (1595 selon Henslowe). Shakespeare n’aurait cessé d’improviser son style à force d’emprunter et de copier les idées et les styles de ses contemporains, reprenant fidèlement l’esprit et les mots du prologue de Dekker pour fonder son propre art poétique de la représentation des batailles qui ne serait, dès lors, rien de moins qu’un art poétique de l’emprunt. Le prologue si célèbre d’Henry V, perçu comme si original, semble lui-même résulter de multiples emprunts évidents alors que tous aimeraient le croire de son invention, mais qu’il reprend en fait verbatim de sources antérieures. Le génie de Shakespeare serait-il ainsi moins dans sa matière que dans sa manière de remanier les prologues – ou les œuvres – de ses contemporains, faisant de lui, à la fois par l’appropriation et la mise à distance, le plus maniériste des maniéristes

    « Time to die » : un monde d'extinctions

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    International audienceL’adaptation du roman de P. K. Dick se termine par le fameux « monologue des larmes dans la pluie » au cours duquel le réplicant Roy Batty conclut avant de mourir : « All those moments will be lost in time, like tears in rain. Time to die. » Si cette tirade n’a pas été écrite par P. K. Dick lui-même, elle sert de point de départ pour analyser sa propre notion de temps : un paramètre ontologique à la fois destructeur et salvateur. Destructeur car il contribue à l’obsolescence des androïdes comme à l’extinction des espèces. Salvateur car il permet aussi un certain renouveau. Cette notion polysémique du temps semble en adéquation avec notre conception moderne de la nature : les âges des fossiles indiquent que les espèces ont une durée de vie allant de 1 (pour les vertébrés) à 10 millions d’années (pour les « invertébrés ») et que les phénomènes d’extinction renouvellent les écosystèmes au cours des temps géologiques. Ainsi plus nous nous éloignons de la racine de l’arbre du vivant, plus notre temps de vie semble court : les bactéries sont sur Terre depuis 4 milliards d’années et l’humain (en tant qu’Homo sapiens) 300 000 ans, contre 4 ans seulement pour un réplicant dernier cri – ceci pour éviter qu’il ne s’humanise. Cette obsolescence programmée de la machine sera comparée au phénomène d’apoptose ou mort cellulaire « programmée » en morphogenèse. Mais si le temps humanise selon P. K. Dick – on peut imaginer que plus une espèce vit longtemps plus elle est en phase avec le système Terre – il est aussi nihiliste puisqu’il emporte tout. Pour P. K. Dick le platonicien, la réalité est ailleurs, elle nous échappe, et la forme manifeste s’oppose à la forme latence. Le temps devient alors un puissant agent érosif qui dissout la réalité, comme des larmes dans la pluie

    Migrer à sa perte. Des voix tseltales dévoyées de Mexico DF

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    International audienceWhile many young people are leaving the federal state of Chiapas in favour of a more prosperous life, the choice to leave Mexico’s third poorest municipality, San Juan Cancuc, is not trivial for young tseltal women. Called ach’ix in their language, the socialization of these minors conditions the reproduction of the community social group. They are therefore subject to the increased vigilance of their elders from theirfirst menstrual period because, unlike their male counterparts, they are expected to observe a “traditional” sedentary lifestyle to fulfill themselves in motherhood. For indigenous local authorities, therefore, that they maintain too much contact with urban “modernity” is tantamount to bartering the future of their entire society on the altar of individual aspirations. In this gendered construction of the relationship to the rural, the antagonism of a city is notably sublimated: that of Mexico City. The capital of the country condemns any nubile ach’ix going there; they cannot return to their place nor to their tseltal identity. Although they “would not exist” (mayuk, mayik) in San Juan Cancuc, we followed the path of these migrants to find them in Mexico City. Collected in their mother tongue tseltal, their life stories invite us to analyze the community “loss” (ch’ayel, ch’ay) caused their migration. In what extent are these ach’ix outsiders? Through the analysis of singular mobilities, this chapter brings to light the multiscalar political issues raised by subaltern deviances.Si de nombreux jeunes quittent l’État fédéral du Chiapas au profit d’une vie plus prospère, le choix de partir du troisième municipe le plus pauvre du Mexique, San Juan Cancuc, n’est pas anodin pour les jeunes femmes tseltales. La socialisation de ces mineures, nommées ach’ix en leur langue, conditionne la reproduction du groupe social communautaire. Aussi sont-elles l’objet de la vigilance accrue de leurs aînés dès leurs premières menstrues, car, à l’inverse de leurs homologues masculins, il est attendu qu’elles observent un mode de vie sédentaire « traditionnel » pour s’accomplir en la maternité. Qu’elles entretiennent des contacts trop poussés avec la « modernité » urbaine équivaut donc, pour les autorités locales indigènes, au troc de l’avenir de leur société tout entière sur l’autel d’aspirations individuelles. Dans cette construction genrée du rapport au rural, l’antagonisme d’une ville se voit notablement sublimé : celui de Mexico. La capitale du pays condamne toute ach’ix nubile s’y rendant à un non-retour tant identitaire que physique. Alors qu’elles « n’existeraient pas » (mayuk, mayik) à San Juan Cancuc, nous avons suivi la voie de ces migrantes pour les trouver à Mexico. Recueillis en leur langue maternelle tseltale, leurs récits de vie nous invitent à analyser la « perte » (ch’ayel, ch’ay) que leur migration engendre au sein de leur communauté. En quoi ces ach’ix font-elles mauvais genre ? Par l’analyse de mobilités singulières, ce chapitre met au jour les enjeux politiques multiscalaires soulevés par les déviances subalternes

    Moving Maya. Circulations en espaces mayas de 250 apr. J.-C. à nos jours

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    International audienceCet ouvrage collectif fait dialoguer anthropologie et archéologie à propos d’une même population : les Mayas. Onze auteures apportent de nouveaux éclairages sur des pratiques de mobilités sociales et spatiales souvent méconnues ou ignorées, du Mexique au Honduras, depuis la période Classique jusqu’à aujourd’hui. Quels sont les motifs qui poussent les Mayas à se déplacer ? Comment leurs circulations imprègnent-elles physiquement les cités ? Dans quelle mesure leurs témoignages reflètent une réinvention permanente de leurs identités ? Quels sont les enjeux soulevés par la migration de cette population autochtone ? A travers quatre sections thématiques, les neuf chapitres de ce livre invitent à concevoir les identités mayas telle une construction en perpétuel mouvement

    Methods and Tools for (Meta)Grammaticography

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    L’analyse de la phrase complexe selon le Muġnī-L-labī d’Ibn Hišām, XIVème siècle

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    This research work aims to address the question of complex sentences within the Arabic Grammatical Tradition. To achieve this, it was necessary to study, beyond the main question, issues such as the genesis and evolution of the Arabic language and its grammatization, as well as the life and work of Ibn Hišām and his Muġnīal-Labīb, a cornerstone text in the history of Arabic Grammatical Theory.Ibn Hišām, one of the most distinguished scholars of the later phase of Arabicgrammar's history, made a decisive contribution to its development. His Muġnīal-Labīb is a monumental work offering a detailed description of all aspects of Arabic grammar. Written in the 14th century, it provides a comprehensive overview of the discipline's history and evolution. For each topic discussed, IbnHišām adopts an approach that involves presenting and critically evaluating themajor views of his predecessors before offering his own analysis of the issue athand. From particles to the most complex sentences, Muġnī al-Labīb is stillregarded as the Arabic grammatical treatise that has best addressed this topic.Ce travail de recherche a pour objectif de traiter la question des phrases complexes dans la Tradition Grammaticale Arabe. Pour ce faire, il a fallu étudier, outre la question principale, des questions comme la genèse et l’évolution de la langue arabe et de sa grammatisation, ainsi que la vie et l’œuvre d’Ibn Hišām ou le Muġnī-L-labīb, histoire de la transmission d’un texte fondateur de la Théorie Grammaticale Arabe. Ibn Hišām qui est l’un des savants les plus éminents de la phase tardive de l’histoire de la grammaire arabe a contribué de façon décisive à l’évolution de celle-ci. Son Muġnī-L-labīb est une œuvre monumentale qui offre une description détaillée de tous les points de la grammaire arabe. Écrit au 14ème siècle, il offre une vue d’ensemble sur l’histoire et l’évolution de la discipline et ce en proposant pour chacun des points étudiés une approche qui consiste à présenter en les évaluant les principaux points de vue de ses prédécesseurs avant de trancher en donnant sa propre analyse de la question étudiée en partant des particule jusqu’aux phrases les plus complexes pour lesquelles le Muġnī-L-labīb est considéré jusqu’à nos jours comme le traité grammatical arabe qui a le mieux cerné cette question

    Normative data on nasalance scores for French speaking children

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    International audienceIntroduction: The objectives of this study are to establish normative nasalance values in European French for children aged 8-10 years, to study the factors likely to influence nasalance values, and to ensure that the nasometer allows the differentiation of control subjects from subjects with velopharyngeal insufficiency.Methods: Nasal balance scores were calculated using the Nasometer II 6450 (KayPENTAX) for 50 control subjects producing 31 verbal stimuli specifically designed for the French language. Nasalance scores were analyzed and compared with 7 subjects with velopharyngeal insufficiency.Results: This study provided nasalance norms for each verbal stimulus. The phonetic content of the stimuli (nasality, vowel height, voicing) was a major factor influencing the nasalance score. However, the characteristics of the speaker (gender and age) had a non-significant effect, with the major exception of the presence or absence of velopharyngeal insufficiency.Conclusion: This study confirmed the need to use established normative values in the patient's language and for each verbal stimulus. Although the effect of vowel height on the nasalance score has been demonstrated, this study is the first to show an effect of voicing. Once normative nasalance scores are established, a validation study with a larger pathological population will be necessary. This study establishes normative nasalance scores in European French in children

    Maritime Links Between China, Sumatra, the Malay Peninsula, and Buddhist Monasteries in India (c. 11th–12th Centuries) in the Light of Two Fragmentary Inscribed Strips of Copper from Muara Jambi

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    International audienceThis article explores the maritime connections relating to Buddhism and diplomacy between polities in Sumatra, the Malay Peninsula, the Indian subcontinent, and China from the beginning of the 11th century up to the 12th century CE. It focuses on new epigraphic evidence from Muara Jambi in the form of two inscribed strips of copper mentioning the Cūḍāmaṇivarmavihāra, a monastery funded by the king of Śrīvijaya in Nagapattinam (South India), and the Bālādityavihāra, probably located in Nālandā (Northeastern India). These new findings are compared to archaeological and textual materials from elsewhere in the Buddhist world that cast light on the web of transregional connections between Nusantara, China, and India in the early centuries of the second millennium

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