Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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Which form of agreement works for community-based management? A case study from southwestern Madagascar
Aware that humans and nature are inseparably linked many organisations in Madagascar support the community-based natural resource management approach to promote the international policy of biodiversity conservation and protection. In this context, community associations have been introduced to transfer management and use rights for natural resources to the local population. However, the fast, donor-driven top-down procedure of establishing new rules contradicts the local rhythm and handling of rules. Against this background, this paper focuses on the ethnic group Tanalana and explores key actors and locally initiated rules and agreements, analyses their level of effectiveness and discusses their possible application for community-based natural resource management in the buffer zone of Tsimanampesotse National Park in southwestern Madagascar. The paper looks at an example of rule negotiation outside the community-based management context concerning the use of a key resource in raising livestock. The example demonstrates that, on the one hand, the overlapping memberships in different social and kinship groups, and on the other hand, different individual economic interests can hinder successful collective action for natural resource management. Moreover, this example shows that already existing or newly introduced rules can be further called into question and are variously interpreted depending on the context. The degree of sanctions depends on several factors: (i) frequency of transgression, (ii) amount of affected persons, (iii) social relationships between the concerned parties and (iiii) social and communicative behaviour of the transgressor (in the past and present). This study finds that rules serve as rough guidelines, as a basis for discussion in cases of transgression, but do not function as fixed prescriptions. The data for this study was collected through semi-structured interviews and participative observation in six fokontany (village and related hamlets) to the east and west of Tsimanampesotse National Park. RésuméDans le contexte de la protection et de la conservation de la biodiversité, de nombreuses organisations de développement appuient la création d’organismes et la formulation de réglementations en vue d’une gestion durable des ressources naturelles autour des aires protégées de Madagascar. Dans la zone tampon du Parc National Tsimanampesotse, des transferts des droits d’usage et de gestion des ressources naturelles d’un territoire précis à la population locale, suivant l’approche de community-based management, ont été réalisés. Dans la mesure où la population rurale dépend étroitement des ressources naturelles, la nécessité de son intégration participative dans le processus de la protection est évidente. L’objectif premier d’instaurer de nouvelles règles sur les structures locales préexistantes était rarement réalisable à cause de la rapidité de l’élaboration des contrats de transfert de gestion. La présente recherche se concentre sur le groupe ethnique Tanalana, en tant que plus grand groupe de cette région et principal utilisateur des ressources naturelles du territoire du Parc National Tsimanampesotse, dans la région Atsimo Andrefana dans le Sud-ouest de Madagascar. Les acteurs clés et la négociation des règles locales sont ici exposés pour analyser leur domaine d’action et discuter leur applicabilité dans le contexte du community-based natural resource management. L’exemple d’un processus de négociation pour la gestion d’une ressource clé pour l’élevage hors du contexte de community-based management montre les différents facteurs qui compliquent une action collective à succès pour la gestion des ressources naturelles : d’un côté une personne est simultanément membre des différent groupes sociaux et parentaux qui déterminent des droits et obligations pour l’utilisation des ressources et de l’autre côté les individus ont des intérêts économiques différents qui, selon leur position sociale, influencent les décisions collectives. En outre, cet exemple montre que les règles existantes ou nouvellement mises en place peuvent être remises en question et interprétées différemment selon le contexte. L’étude de cas a été menée de manière qualitative dans six fokontany à l’ouest, vers le littoral, et à l’est sur le plateau du Parc National dans la commune de Beheloke, via des interviews semi-structurées des divers acteurs individuels et collectifs. Les membres de cette société agro-pastorale, se déployant des deux côtés du Parc, sont liés à travers une même origine, le mouvement bidirectionnel de la transhumance et le commerce. Pour mieux comprendre l’interaction sociale et le processus de négociation des intérêts dans la gestion des ressources, nous avons également mené une observation participative à plusieurs réunions et activités quotidiennes
Comparison of parasitic infections and body condition in rufous mouse lemurs (Microcebus rufus) at Ranomafana National Park, southeast Madagascar
Body condition may be an important indicator for many infectious diseases and parasites, and may ultimately affect an individual’s fitness. Although some research has correlated body condition and parasite loads in other nonhuman primates, little information has been investigated in prosimian primates. In this study we compare parasitic infections and body condition in a member of the Cheirogaleidae family (Microcebus rufus: rufous mouse lemur) at Ranomafana National Park, southeast Madagascar. This species is characterized by seasonal fattening in preparation for the dry season followed by torpor, and it is important to understand the fluctuation between parasites and infections according to seasonal body condition. We trapped 72 individuals of the species inside Ranomafana National Park (RNP) after the dry season. These individuals were brought to the Centre Valbio Laboratory (CVB) and were subcutaneously micro-chipped with subdermal transponders for permanent identification. We recorded morphometric data, body condition, species richness and prevalence of ectoparasites and gastrointestinal parasites. We found that individuals that had both high number of parasite species as well as high prevalence of ectoparasites and gastrointestinal parasites had better body condition. There is some indication that being in good condition is important in controlling infections. RÉSUMÉLa condition physique peut être un indicateur important pour de nombreuses maladies infectieuses et pour les parasites, et peut finalement affecter l'aptitude d'un individu. Si certaines études ont montré la relation entre condition physique et charges parasitaires chez des primates non humains, peu d'informations étaient disponibles en ce qui concerne les prosimiens. Dans cette étude, les infections parasitaires et l'état de santé du microcèbe roux Microcebus rufus de la famille des Cheirogaleidae ont été étudiées dans le Parc National de Ranomafana, Sud-est de Madagascar. Cette espèce est caractérisée par sa capacité à accumuler des matières grasses à la base de la queue afin de se préparer à la saison sèche au cours de laquelle elle rentre en torpeur ; il est donc important de comprendre la fluctuation saisonnière entre les parasites et les infections selon l'état de santé des individus. Soixante-douze animaux de cette espèce ont été capturés à l'intérieur du Parc National de Ranomafana après la saison sèche. Les individus capturés ont été rapportés au Centre Valbio où ils ont été marqués avec une puce électronique sous-cutanée servant de transpondeur pour l'identification permanente. Nous avons collecté des données morphométriques pour documenter la condition physique, la richesse spécifique et la prévalence des ectoparasites et des parasites gastro-intestinaux. Nous avons constaté que les individus présentant à la fois un grand nombre d'espèces de parasites ainsi qu’une forte prévalence d’ectoparasites et de parasites gastro-intestinaux avaient une meilleure condition physique. Les résultats semblent indiquer qu’un bon état est important dans le contrôle des infections
Roles of a forest corridor between Marojejy, Anjanaharibe-Sud and Tsaratanana protected areas, northern Madagascar, in maintaining endemic and threatened Malagasy taxa
Site-based conservation is widely recognized as a fundamental requirement for the maintenance of biodiversity. We carried out a rapid biological assessment from 17 March to 14 May 2011 in the southwestern part of the provisionally protected rainforest corridor between Marojejy, Anjanaharibe-Sud and Tsaratanana protected areas (COMATSA), northern Madagascar, to assess its biodiversity richness and species conservation status. We recorded 248 endemic vertebrate species, including 80 amphibians, 52 reptiles, 79 birds, 27 small mammals and 10 lemurs. Of these 248 species, 36 are threatened including one Critically Endangered (one lemur), nine Endangered (two amphibians, four reptiles and three lemurs) and 26 Vulnerable (10 amphibians, six reptiles, four birds, one small mammal and five lemurs). For herpetofauna species, the pair COMATSA – Marojejy was the only site that had a similarity value greater than 0.50. For birds and lemurs, values of similarity in three pairs of sites COMATSA – Marojejy, COMATSA – Anjanaharibe-Sud and Marojejy – Anjanaharibe-Sud exceeded those of herpetofauna in COMATSA – Marojejy. The inclusion of the COMATSA into the new protected area network in Madagascar is supported by our findings. RésuméIl est dorénavant largement reconnu que pour maintenir la biodiversité, il est fondamental de réaliser la conservation de la nature au niveau des sites. Un inventaire biologique rapide a été mené du 17 mars au 14 mai 2011 dans la partie sud-ouest du couloir forestier reliant les parcs et réserves du Marojejy, d’Anjanaharibe-Sud et du Tsaratanana (COMATSA). L’inventaire de ce couloir qui bénéficie d’un statut de protection temporaire dans la partie septentrionale de Madagascar, était destiné à évaluer la richesse de sa biodiversité et le statut de conservation des espèces de vertébrés qu’il héberge. Les résultats ont montré que parmi les 248 espèces endémiques de vertébrés recensées, 80 sont des amphibiens, 52 des reptiles, 79 des oiseaux, 27 des petits mammifères et 10 des lémuriens. Sur ces 248 espèces, 36 sont menacées, dont une espèce qui est en Danger Critique d’Extinction (lémurien), neuf en Danger (deux amphibiens, quatre reptiles et trois lémuriens) et 26 Vulnérables (10 amphibiens, six reptiles, quatre oiseaux, un micromammifère et cinq lémuriens). Ce couloir forestier présente un coefficient de similarité élevé, d’une valeur supérieure à 0.50 avec le Marojejy pour les amphibiens et les reptiles. Pour les oiseaux et les lémuriens, les coefficients sont encore plus importants, plus particulièrement dans les comparaisons COMATSA – Marojejy, COMATSA – Anjanaharibe-Sud et Marojejy – Anjanaharibe-Sud. Cette étude confirme l’importance d’intégrer le COMATSA dans le réseau des Aires Protégées de Madagascar pour renforcer la protection des espèces de vertébrés endémiques et menacées
Community-managed conservation efforts at Tsingy Mahaloka/KOFAMA, northern Madagascar: Right place at the wrong time?
This paper provides a retrospective account of efforts, from 2007 to 2013, to establish a community-managed protected area just south of Ankarana National Park that would encompass the limestone massif known locally as Tsingy Mahaloka and adjacent remnant forest patches. Community members of the rural commune of Antsiravibe came together in 2007 and, with support from the Peace Corps, formed KOFAMA (Koperativa Fikambanana Ankarabe Mitsinjo Arivo) to oversee management of the Tsingy Mahaloka site. When KOFAMA was initially established, Tsingy Mahaloka was envisioned as an ecotourist destination. Ecotourism is a pillar of the new IUCN “Lemurs of Madagascar” conservation action plan (2013–2016), and can allow rural communities to (i) secure revenue for habitat protection; (ii) create economic incentives and benefits for residents; and, (iii) facilitate locally-supported conservation efforts. Ecotourism to Tsingy Mahaloka was seen as a means for future sustainable development in the area. KOFAMA, as the local organization to be responsible for management of the protected area, was intended to operate by a “bottom-up” approach, where local stakeholders take active participation and leadership in decision-making affecting the protected area. But, obviously, an ecotourist site needs tourists; this has proven to be a problem for KOFAMA and the Tsingy Mahaloka site. The Tsingy Mahaloka site, on the face of it, would appear to offer much that would attract and educate ecotourists, including: striking topography (the massif’s sheer limestone cliffs rising 80–100 metres above a flat coastal plain), a diverse endemic avifauna, a resident crowned lemur population, and extensive caves containing human burials made over generations. However, the site’s relatively remote location and Madagascar’s recent political crisis have worked against Tsingy Mahaloka becoming established as a site that ecotourists regularly visit. Regardless, a core group of local residents remain committed to the project’s original goals. At this point in KOFAMA’s history, however, an initial assessment of the organization draws attention to the limits of a “build it and they will come” approach to ecotourism, sustainable development, and locally-managed conservation efforts. The struggles encountered by KOFAMA in its efforts to oversee the Tsingy Mahaloka site highlight the importance of detailed ethnographic and socioeconomic work prior to embarking on such locally-managed conservation efforts. RÉSUMÉ Le présent compte rendu porte sur une rétrospective des efforts déployés de 2007 à 2013 pour établir une aire protégée au sud du Parc National de l’Ankarana et qui concerne le massif calcaire du Tsingy Mahaloka ainsi que ce qu’il reste de forêt sur sa périphérie. En 2007, les membres de la communauté de la commune rurale d’Antsiravibe se sont organisés avec le soutien des volontaires du Corps de la Paix pour former le KOFAMA (Koperativa Fikambanana Ankarabe Mitsinjo Arivo) afin de superviser le site du Tsingy Mahaloka reconnu comme une aire à protéger par la communauté. Lorsque KOFAMA a été initialement établi, le Tsingy Mahaloka avait été retenu comme une destination écotouristique. L’écotourisme est d’ailleurs un pilier du nouveau plan d’action de conservation des lémuriens de Madagascar de l’UICN pour la période 201 3–201 6. L’écotourisme est ainsi proposé aux communautés rurales de la périphérie des aires protégées comme un moyen de sécuriser des revenus en échange de la protection de l’habitat, mais aussi un moyen de proposer des incitations économiques et des avantages pour les résidents, et enfin une structure destinée à faciliter les efforts de conservation qui sont supportés localement. L’écotourisme lié au Tsingy Mahaloka a été considéré comme une activité de développement durable qui s’inscrit dans l’avenir de la région. KOFAMA, en tant qu’organisation locale responsable de la gestion de l’aire protégée est destiné à fonctionner selon une approche de bas en haut dans laquelle les acteurs locaux s’engagent réellement et dirigent les prises de décisions affectant l’aire protégée. Mais, de toute évidence, le processus a besoin de touristes, ce qui a constitué un problème pour KOFAMA et le Tsingy Mahaloka. À première vue, le Tsingy Mahaloka semble offrir de nombreuses caractéristiques propres à attirer et éduquer des écotouristes, dont une topographie remarquable avec des falaises calcaires abruptes de 80–100 mètres de haut dominant une plaine côtière, une avifaune endémique variée, une population résidente de Lémurs couronnés et des grottes abritant des sépultures humaines déposées par plusieurs générations. Mais, non seulement le Tsingy Mahaloka est-il relativement isolé, mais la crise politique de 2009 à 2014 Madagascar a également joué contre le développement de l’écotourisme. Malgré cela, un groupe de gens motivés poursuit les premiers objectifs du projet. À ce stade de l’histoire de KOFAMA, une évaluation initiale de l’organisation montre les limites d’une approche du type « proposons quelque chose, ils viendront voir » aussi bien pour l’écotourisme, le développement durable que les efforts déployés localement pour la protection de la nature. Les problèmes rencontrés par KOFAMA dans ses efforts pour protéger le Tsingy Mahaloka soulignent l’importance de mener un travail ethnographique et socio-économique détaillé avant d’embarquer dans des efforts de protection de la nature gérés localement
Conservation communautaire de la forêt humide de basse altitude d’Andriantantely, Madagascar
Andriantantely is a lowland rainforest fragment situated in the Brickaville District of eastern Madagascar, to the south-east of the Ankeniheny-Zahamena forest Corridor. Andriantantely is recognised as a priority site for the conservation of biodiversity in general, and of four species of Critically Endangered lemurs: Prolemur simus, Varecia variegata, Indri indri, and Propithecus diadema. Approximately 4,000 ha in size, the forest extends into five different rural communes, and is impacted by many villages and hamlets, some of which are found within the forest itself. Eight VOI (local community associations) from three communes (Lohariandava, Fanasanagare and Fetraomby) are interested in management transfer contracts for parts of Andriantantely. Since 2010, The Aspinall Foundation works with the VOIs for the conservation of Prolemur simus, other lemurs, and their habitats, which helped lead to the removal of P. simus from the 25 most endangered primates list in 2012. The conservation strategy was developed following a socio-economic survey undertaken in 2010 which aimed to identify the factors limiting the conservation of the species and its habitat. The main issues identified were poverty of local people and lack of awareness of the value of biodiversity. The first conservation action undertaken was the initiation of a patrol system with local community rangers which increased understanding and protection of the monitored P. simus groups. Simultaneously, awareness-raising missions were organised within the communities living close to the P. simus sites, aimed at changing local attitudes to natural resources, and particularly lemurs. These initial activities led to the VOIs asking the Foundation for assistance in obtaining their management transfer contracts. The first contract was signed in January 2014, but several others need completion, and the development of a long-term conservation strategy for the entire Andriantantely forest, implicating local communities in a true and effective manner, is still required. Environmental education activities have followed the initial awareness-raising missions, to instill practices of rational natural resource use to assure rural development that is respectful of the environment. Much work is still required over a long time period before this rational use might be adopted by the local population in general, by VOI members and non-members alike. RÉSUMÉ La forêt humide de basse altitude d’Andriantantely est située dans le district de Brickaville, au sud-est du corridor Ankeniheny- Zahamena dans l’est de Madagascar. Andriantantely est reconnu comme site prioritaire pour la conservation de la biodiversité en général, mais également pour celle de quatre espèces de lémurien en Danger Critique d’Extinction, à savoir Prolemur simus, Varecia variegata, Indri indri et Propithecus diadema. Avec une superficie d’environ 4 000 ha, la forêt d’Andriantantely s’étend sur cinq communes rurales et concerne plusieurs villages et habitations éparses dont certaines se trouvent en son coeur même. Huit groupements communautaires Vondron’Olona Ifotony (VOI), réparties dans six fokontany appartenant à trois communes rurales du bloc forestier regroupant ces villages, à savoir Lohariandava, Fanasana gare et Fetraomby, sont intéressées par la gestion de la forêt d’Andriantantely. Depuis 2010, la fondation Aspinall (The Aspinall Foundation) a travaillé avec des VOI pour la conservation des lémuriens dont Prolemur simus et de leurs habitats. Son action a permis de retirer P. simus de la liste des 25 primates les plus menacés au monde en 2012. Pour ce faire, les axes et stratégies d’intervention ont été élaborés suite à une étude socio-économique menée en 2010. Cette étude a cherché à identifier les facteurs limitant la conservation de l’espèce et la préservation de son habitat. Les principaux facteurs identifiés étaient la pauvreté des Hommes vivant à la périphérie et dans la forêt, ainsi que la méconnaissance de la valeur de la biodiversité. La première étape de l’action de conservation a été la mise en place d’un système de patrouilles assuré par des gardes locaux. Parallèlement aux patrouilles, des campagnes de sensibilisation ont été menées auprès des communautés villageoises pour que leurs attitudes vis-à-vis des ressources naturelles et plus spécifiquement des lémuriens évoluent. Ces travaux de sensibilisation ont porté leurs fruits puisque ce sont les VOI elles-mêmes qui ont sollicité l’appui de la fondation pour l’obtention d’un contrat de transfert de gestion. Le premier contrat a été signé en janvier 2014, mais d’autres sont en cours de réalisation depuis début 2015. L’élaboration d’une stratégie de conservation à long terme pour l’ensemble de la forêt d’Andriantantely, impliquant la population locale de façon réelle et effective, reste à élaborer. Les campagnes d’éducation environnementale ont succédé à celles de la sensibilisation afin d’inculquer les pratiques d’une utilisation rationnelle des ressources naturelles pour assurer un développement rural respectueux de l’environnement. Un long chemin reste néanmoins à parcourir pour que cette utilisation rationnelle soit pleinement adoptée par l’ensemble de la communauté, que les villages soient membres ou non des organisations communautaires ou VOI.
Lake Alaotra wetlands: how long can Madagascar´s most important rice and fish production region withstand the anthropogenic pressure?
The Alaotra wetlands represent the biggest lake and wetland complex in Madagascar and are home of several endemic species. The region constitutes the largest rice production area and inland fishery of Madagascar. Rice and fish are the main local sources of income. While the population has increased fivefold during the last 40 years, the growing need for resources is continuously increasing the pressure on the wetland system. In this study, vegetation and water parameters were collected within three sites differing by level of degradation in order to evaluate the current ecological state of the wetland. The results show that high levels of ongoing anthropogenic disturbance are favoring the formation of a new plant community in the fringe area of the marsh belt. This area is now dominated by invasive species such as the water hyacinth (Eichhornia crassipes) which shows a mean coverage up to 53% and water ferns (Salvinia spp.) with a mean coverage up to 31.4%. Lake water levels were very low and decreased during the dry season to a mean level of only 3 cm in the littoral zone. Signs of eutrophication like hypoxia (mean saturation of only 22%), increased phosphate concentrations (1.18 mg L-1 ) and black colored, foul smelling water were observed. Under a likely scenario of growing anthropogenic pressures, it remains unclear what the current trends will bring for the wetland’s future.RÉSUMÉLa zone humide de l’Alaotra représente le plus grand lac et complexe de zones humides de Madagascar hébergeant plusieurs espèces endémiques. La région constitue la première production de riz et de pêche dulcicole de l’île. Le riz et les ressources piscicoles sont les principales sources de revenus locaux. L’effectif de la population humaine locale a été quintuplé au cours des dernières 40 années et les besoins en ressources ont augmenté en conséquence de sorte que les pressions sur la zone humide ont été exacerbées. Dans cette étude, des paramètres portant sur la végétation et l’eau du lac ont été collectés dans trois sites qui diffèrent par le niveau de dégradation pour évaluer l’état écologique actuel de la zone humide. Les résultats montrent que le niveau élevé des perturbations anthropiques favorise la formation d’une nouvelle communauté végétale sur la ceinture du marais. Cette zone est dominée par des espèces de plantes envahissantes à l’exemple de la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes) dont la couverture moyenne est de 53% et de la fougère d’eau (Salvinia spp.) avec une couverture moyenne de 31,4%. Les niveaux du lac sont bas et diminuent jusqu’à 3 cm de moyenne dans la zone littorale pendant la saison sèche. Des signes d’eutrophisation comme l’hypoxie (saturation moyenne de 22%), l’augmentation de la concentration de phosphate (1,18 mg L-1 ) et la présence d’eau de couleur noire et nauséabonde ont été observés. Dans un possible scénario avec une augmentation des pressions humaines, les tendances actuelles restent difficiles à comprendre pour l’avenir de la zone humide
Ten years into the marshes – Hapalemur alaotrensis conservation, one step forward and two steps back?
Natural resource management problems typically involve a multitude of stakeholders with diverse sets of needs and interests, and often conflicting worldviews in an environment with growing uncertainty. Such problems are termed “wicked” problems, where there are no right or wrong solutions, only more or less acceptable ones. In the case of Lake Alaotra, growing agricultural pressures have a negative impact on the wetland biodiversity and especially on the Alaotra gentle lemur (Hapalemur alaotrensis) restricted to these marshlands. The species survival is highly uncertain because of increased habitat loss caused mainly by marshland fires. The conservation work for this unique lemur is complex and complicated and requires the involvement and collaboration of decision-making institutions, NGOs, universities and riverine communities. From the inception of projects to their implementation phase, all parties need clearly defined responsibilities and transparency in communication in order to run projects successfully. This article describes the approach that Madagascar Wildlife Conservation has been implementing during the past ten years at Lake Alaotra, discussing the plan of action and challenges for environmental education, ecotourism and alternative livelihoods. RÉSUMÉ Les problèmes de gestion des ressources naturelles impliquent généralement une multitude d’intervenants avec divers ensembles de besoins et d’intérêts, et souvent, les visions du monde contradictoires dans un environnement avec une incertitude croissante. Ces problèmes sont appelés problèmes sournois, ‘wicked problems’ en anglais, où il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises solutions, seules plus ou moins acceptables. Dans le cas du lac Alaotra, la croissance des pressions agricoles a un impact négatif sur la biodiversité des zones humides, et en particulier sur l’Alaotra lémurien douce (Hapalemur alaotrensis) limitée à ces marais. La survie de l’espèce est très incertaine en raison de l’augmentation de la perte d’habitat causée principalement par les feux de marais. Les travaux de conservation pour ce lémurien unique sont complexes et compliqués, et nécessitent l’implication et la collaboration sur la prise de décision des institutions, des ONG, des universités et des communautés riveraines. Cela implique que toutes les parties, depuis la création de projets à leur phase de mise en œuvre, partagent un terrain d’entente avec les avantages clairement définis de pouvoir de décision, les responsabilités et la transparence dans la communication. Madagascar Wildlife Conservation a travaillé sur le lac depuis plus de dix ans, y compris l’éducation environnementale, l'écotourisme et les moyens de subsistance alternatifs dans le plan d’action. Cet article met en évidence l’approche adoptée et examine ses défis
Complementarity of native and introduced tree species: exploring timber supply on the east coast of Madagascar
In Madagascar, nature conservation and human livelihood security both appear as crucial imperatives. The degraded secondary forest remnant of Analalava, on the east coast, near Foulpointe, is a protected area since 2006. The long-term conservation of the site’s biodiversity can only be guaranteed by local support. Given that access to timber from native trees within the protected area is restricted, management of tree resources outside of the protected area represents a critical nexus between biodiversity conservation and human benefits linked to ecosystem services. We investigated and characterized the local farmer's use of available tree species, to provide a basis for satisfying the dual objectives of biodiversity conservation and sustainable and equitable rural development. Our results showed that local people are interested in various types of trees for timber, both native and introduced. Furthermore, they demonstrated detailed knowledge about silvicultural traits of a large number of tree species. Regarding the important complementarity of properties and uses recognized for native and introduced species we conclude that free distribution of nursery seedlings of fast-growing introduced tree species should not be the only alternative to logging within the protected forest fragment offered to local people. Instead, a larger choice of tree species, including native ones, should be proposed. The cultivation of this diverse mix would allow people to take a more active part in the preservation and restoration of natural capital at the landscape scale and could enlarge the range of benefits obtained from trees that they plant.RÉSUMÉÀ Madagascar, il est crucial de répondre au double impératif de protéger la nature et d’assurer des moyens de subsistance aux populations. Analalava, où se situe un fragment de forêt secondaire dégradée de la côte Est, à côté de Foulpointe, bénéficie d’un statut de protection depuis 2006. La conservation à long terme de la biodiversité de ce site ne peut être garantie sans la participation des populations. Étant donné l’accès restreint des populations à l’intérieur de l’aire protégée pour l’exploitation du bois, la gestion des sources d’approvisionnement en bois de construction à l’extérieur du site représente un trait d’union entre la conservation de la biodiversité et les bénéfices fournis aux Hommes par les services écosystémiques. Nous avons déterminé et caractérisé les relations entre ces populations locales et les espèces d’arbres qu’elles utilisent. Cette étude pourrait constituer une base à la mise en place d’une coopération qui satisferait à la fois aux objectifs de conservation de la biodiversité et de développement rural durable et équitable. Nos résultats montrent que pour les populations locales, le bois de différentes espèces d’arbres, indigènes ou introduites, présente un intérêt pour la construction. En outre, les personnes interrogées ont montré une connaissance détaillée des traits sylvicoles d’un grand nombre d’espèces. Devant la complémentarité des espèces indigènes et introduites en termes de propriétés et d’usages, nous concluons que la distribution gratuite de plantules d’espèces introduites à croissance rapide ne devrait pas être la seule alternative offerte aux populations locales à l’exploitation du fragment de forêt protégée. Au lieu de cela, un choix plus large d’espèces d’arbres, y compris d’espèces indigènes, devrait être proposé. La plantation d’un mélange de diverses espèces permettrait ainsi aux populations de prendre part de manière plus importante à la préservation et la restauration du capital naturel à l’échelle du paysage, et pourrait étendre la gamme de bénéfices qu’ils retirent des arbres plantés