Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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    Gastrointestinal parasite infection of the Gray mouse lemur (Microcebus murinus) in the littoral forest of Mandena, Madagascar: Effects of forest fragmentation and degradation

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    Faecal material from 169 individuals of Microcebus murinus living in five littoral forest fragments was analyzed for gastrointestinal parasites. The fragments differed in size and forest quality. Gastrointestinal parasite infection of M. murinus was characterised using parasite species richness, the prevalence of parasites, and the intensity of infection expressed as the number of parasite eggs, larvae and cysts per gram of faeces. For this, a modification of the McMaster flotation egg counting technique was applied to analyze egg shedding. We recorded nine gastrointestinal parasite species in faecal samples of Microcebus murinus. In good quality forest lemurs from a smaller fragment had higher prevalences and intensities of infection of gastrointestinal nematodes and protozoans than animals from a larger forest fragment. In large forests, excretion of eggs from Ascarididae and tapeworms was higher in a degraded forest fragment than in a good quality forest fragment. This situation was reversed in small forest fragments with fewer eggs of Suburula nematodes and protozoans shed by lemurs in the degraded fragment than by lemurs from the good quality fragment. Our analyses are hampered by the fact that we had only one forest fragment per type of treatment. Keeping this limitation in mind, the results are consistent with other studies and indicate that forest degradation and fragmentation have marked effects on the level of parasitism of Madagascar’s lemurs.RÉSUMÉDes matières fécales de 169 individus de Microcebus murinus vivant dans cinq fragments de forêt littorale du sud de Madagascar ont été analysées par la méthode modifiée de flottaison de McMaster. Ces animaux avaient été capturés entre avril 2003 et octobre 2005. Les fragments de forêt diffèrent entre eux par la taille et le degré de dégradation. Pour étudier l’impact de la fragmentation et de la dégradation de la forêt sur l’infestation parasitaire de cette espèce de lémurien, trois critères ont été évalués qui sont le nombre d’espèces de parasite, la prévalence et l’intensité de l’infestation. Les fragments ayant des tailles différentes mais montrant un même type de dégradation ont fait l’objet d’une comparaison au même titre que des fragments présentant un même degré de dégradation mais de mêmes tailles. Neuf espèces de parasites gastro-intestinaux ont été recensées chez Microcebus murinus de la forêt de Mandena dont six nématodes avec une espèce non-identifiée de la famille des Ascarididae et de l’ordre des Strongylida, Trichuris sp., deux espèces d’Oxyuridae dont l’une est du genre Lemuricola et une autre qui n’est pas encore identifiée, Subulura sp., deux cestodes appartenant au genre Hymenolepis et un protozoaire de l’ordre des Coccidia. La fragmentation et la dégradation de la forêt de Mandena affectent le parasitisme de cette espèce de lémurien. Les deux tendances qui ressortent de cette étude sont, d’une part, une augmentation de l’intensité et de la prévalence des parasites gastro-intestinaux de Microcebus murinus dans les plus petits fragments forestiers et d’autre part, une augmentation qui semble être en relation avec le degré de dégradation de la forêt dans les plus grands fragments. L’augmentation du nombre d’espèces de parasites avec la taille des fragments peut être une conséquence de la taille des fragments ou du nombre d’animaux échantillonnés. Dans les grands fragments, les microcèbes sont plus souvent infestés par les deux espèces de cestode lorsqu’ils sont dans des forêts dégradées que dans les fragments plus ou moins intacts. Dans les plus grandes parcelles forestières, la prévalence et l’intensité de l’infestation parasitaire sont plus élevées chez les microcèbes vivant dans les fragments très dégradés. Ce fait pourrait être dû à la réduction ou la perte de l’habitat associée à l’organisation sociale de l’animal car M. murinus dort en groupe pendant le jour, de sorte qu’une réduction de son habitat pourrait favoriser une augmentation des contacts interindividuels et la transmission de parasites, bien que l’infestation des microcèbes n’était pas liée à la densité des hôtes d’une manière significative. En connaissant l’effet néfaste des parasites, cette étude contribuerait à l’amélioration de la conservation de la biodiversité en relation avec les risques et les bénéfices des activités d’exploitation et de gestion de l’écosystème

    L'infestation parasitaire de Microcebus murinus de la forêt littorale de Mandena, Madagascar

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    So far parasitological studies were concentrated on large primates such as apes and monkeys. This is probably due to epidemiological interest because apes, which are genetically closer to humans, are known to be a reservoir of certain pests and diseases fatal to humans and vice versa. Prosimian gastrointestinal parasites are less studied. The goal of this project was to assess and describe the gastro-intestinal parasites of the lemur species Microcebus murinus from the littoral forest fragments of Mandena, southeastern Madagascar. In addition I wanted to evaluate the utility of determining gastro-intestinal parasite loads based on fecal samples. From April 2003 to October 2005, a total of 427 fecal samples from 169 different individuals of M. murinus from five forest fragments were analyzed to assess the parasite species richness of this lemur species based on parasite larvae and egg morphology. Three individuals of M. murinus were also sacrified in order to look for adult worms for identification and confirmation of parasite species, and to localize their gastro-intestinal parasites in the digestive tract. Screening all fecal samples by using the modified technique of the McMaster flotation, I noted that Microcebus murinus harbored nine different forms of intestinal parasites, and six of them were nematodes: a member of the Ascarididae family, one species of the Subuluridae family represented by the genus Subulura, an unidentified Strongylida, a species of the genus Trichuris (Trichuridae), two forms of the Oxyuridae family, one from the genus Lemuricola and the other still unidentified. For the Plathelminthes, two cestodes of the genus Hymenolepis (Hymenolepididae) were found and one species of Protozoa, belonging to the Coccidia order. These gastrointestinal parasites of M. murinus from Mandena have not been described as parasites of M. murinus yet. The cestode infection of this lemur deserves special attention because no study has reported lemurs infected by cestodes up to now. Adult worms of the Trichuris species were found in the caecum. I localized Lemuricola worms in the caecum and large intestine. Subulura worms were more abundant in the caecum than in the small and large intestine. A large number of Subulura larvae has been observed in the caecum. As exemplified by the data on Subulura sp. worms in the digestive tract of M. murinus, the number of nematode parasite eggs and larvae found in the feces are correlated with the intensity of infection in the digestive tract.RÉSUMÉCe travail avait pour but de décrire les parasites gastro-intestinaux du lémurien Microcebus murinus de la forêt littorale fragmentée de Mandena et d’évaluer l’analyse des parasites basée sur des échantillons de fèces. Des matières fécales au nombre de 427 provenant de 169 individus de M. murinus vivant dans cinq fragments de forêt ont été analysées. Trois individus de M. murinus ont été sacrifiés et autopsiés en vue d’une identification des vers parasite qui ont pondu chaque type d’oeuf trouvé dans les excréments et afin de voir leurs localisations dans le tube digestif de l’animal. Microcebus murinus héberge neuf espèces de parasites gastro-intestinaux dont six nématodes avec une espèce non-identifiée d’Ascarididae, une espèce de Subuluridae du genre Subulura, une espèce de l’ordre des Strongylida et du genre Trichuris (Trichuridae), deux espèces d’Oxyuridae dont l’une est du genre Lemuricola et l’autre reste encore non-identifiée, deux cestodes appartenant au genre Hymenolepis (Hymenolepididae) et un protozoaire de l’ordre des Coccidia. Comparés à toutes les études déjà faites auparavant sur les parasites gastro-intestinaux de M. murinus, les parasites hébergés par les microcèbes de Mandena appartiennent à d’autres espèces que celles qui étaient déjà connues pour infester cette espèce de lémurien. De cette étude, je suggère que le nombre d’oeufs et de larves de Subulura sp. trouvés dans les matières fécales pourrait refléter l’intensité de l’infestation des microcèbes par cette espèce de parasite

    Madagascar - ‘down the river without a paddle’ or ‘turning the corner’?

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    Throughout the world, Madagascar is positively associated with a diverse range of ecosystems wherein extremely high endemism exists (>80% of species); however, the nation is also known for high degrees of illiteracy (~30%), child mortality (~10% prior to age 5) and increasing poverty levels (>70 % living on < US 2perday).Inaggregate,ecologicalstatusandsocioeconomicchallengeshaveattractedwidespreadinternationalattention.Asaresult,overthepastdecadeMadagascarhasbecomeaprimarybeneficiaryofglobalsupportwithapproximately25 2 per day). In aggregate, ecological status and socio - economic challenges have attracted widespread international attention. As a result, over the past decade Madagascar has become a primary beneficiary of global support with approximately 25 % of per capita household budget originating from global aide. Continued high levels of international support increase dependency and decrease autonomy. Since February 2009, destabalizing political turmoil has been responsible for an unprecedented level of natural resource pillaging (e.g., illegal forest harvesting). These environmentally destructive (for many) yet highly profitable (for few) activities involve short - sighted opportunists ready to supply the short - term needs of international markets with a variety of forest-related commodities at the cost of long - term ecological integrity and economic stability. Locals, desperate and struggling to make a living, are coerced to provide the labor base for these endeavors. The impacts stemming from selective and primarily careless extraction of forest resources are widespread and versatile. For example, beyond the removal of trees, rare and endemic fauna are increasingly being used to feed the hard working locals. In addition, numerous species of vascular plants are utilized to float extracted timber (e.g., rosewood) down rivers. Political regime change in Madagascar has brought with it unstable times able to be taken advantage of by illegal resource extractors. These activities are responsible for a conservation crisis. Surprisingly, little data exist encapsulating the scope of the crisis or what is being done to combat it. The paucity of data and documentation may be due to the high risk associated with rigorous on - the - ground investigations. Some propose that linkages between recent political events and the burgeoning conservation crisis are coincidental, while others think there might be a correlation between the political climate and increased forest resource extraction. The question arises: Who is to blame? It is far too easy and simplistic to point the finger at the international donor community because it withdrew its support as a consequence of the coup d’état in March. Madagascar would quite possibly fair better if it were less dependent upon external funding. It is probably also far too simple to blame the former or current government due to their inattention associated with ongoing activities in the National Parks and other ecologically important realms. It is difficult to fairly dictate responsibility for the current situation; however, many questions remain relevant: What measures are required for governance of ecologically sensitive and / or valuable areas to decrease vulnerability associated with political and economic dynamism? How can similar crises be avoided in the future? How can the greater forest system be associated with a higher level of value then the products which it supplies? More imminent questions regard the use forest resources already extracted. What should be done with already extracted wood to effectively halt the logging process and avoid fuelling additional demand? While the Malagasy media and conservation organizations are absorbed by this ongoing crisis, the future of global climate change actions will be negotiated during the COP15 summit in Copenhagen from 7 - 15 December (2009). Madagascar will send a delegation to Copenhagen to discuss mechanisms for reducing emissions from deforestation and forest degradation (REDD). Before engaging in REDD there are numerous issues which must be addressed, as is pointed out by the experts interviewed by MCD on REDD. In addition, Barry Ferguson’s statement (see REDD article in this issue), “it should be a priority in Madagascar to establish new mechanisms to ensure that individuals and households can directly receive revenues generated by REDD in order to compensate them for losses incurred from lowering deforestation and forest degradation” needs to be emphasized. It is crucial to ensure that communities are directly involved in decisions which impact their short - term and long - term livelihood and well being. Locals are the main players living and depending on the ecosystems that are held in such high regard by the conservation community. There are countless issues which require our attention and which mandate continued and expanded research to enhance our understanding and inform decision making. In this context, I am very glad to announce this issue’s articles represent ongoing work which continues to add to the knowledge and understanding of this complex assemblage of ecosystems. We need to understand why such a crisis emerged to avoid similar events in the future. For the local communities, the forests and their unique ecosystems, cultural and ecological values have no insurance policy allowing a refund in case of damage or loss. Let us hope that Madagascar will have fair and well informed representatives in Copenhagen to ensure that its fate is not ‘down the river without a paddle’ but more towards ‘turning the corner’.Madagascar – au fil de l’eau ou en passant le cap ?Partout dans le monde, Madagascar a une renommée incontestable pour la diversité de ses écosystèmes avec des taux d’endémisme élevés (>80% des espèces) ; malheureusement, on se réfère aussi à ce pays pour son niveau encore trop élevé d’analphabétisme (~30%), sa mortalité infantile (~10% des enfants meurent avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans) et un seuil de pauvreté qui englobe de plus en plus de gens (>70% de gens qui vivent avec moins de US 2 par jour) – autant de raisons qui retiennent l’attention des institutions inter - nationales de protection de la nature et de développement. Par voie de conséquence, Madagascar est un des pays les plus dépendants de l’aide extérieure avec un quart de son PIB qui provient de pays étrangers. Ces niveaux permanents d’appui global sont responsables de l’augmentation de la dépendance et de la diminution de l’autonomie. Depuis le début de la crise politique en février 2009, le degré auquel est opéré le pillage des ressources naturelles (comme l’exploitation forestière illicite) est sans précédent. Ces activités destructrices pour l’environnement (avec de nombreuses victimes) et source d’importants profits (pour une poignée de personnes) sont opérées par des opportunistes aveuglés et prêts à couvrir les demandes à court terme des marchés internationaux en livrant des produits au détriment de l’intégrité écologique et de la stabilité économique à long terme. Des gens du pays, désespérés et luttant pour survivre, sont obligés de travailler à ces tâches. Les impacts de cette exploitation sélective et peu respectueuse des ressources forestières sont répandus et connus. Par exemple, au - delà des arbres, une faune rare et endémique est chassée pour nourrir les bucherons et de nombreuses espèces de plantes vasculaires sont utilisées pour le flottage de ces rondins vers les estuaires des fleuves. Le changement de régime politique de Madagascar s’est accompagné de périodes instables capables d’attirer des exploitants illégaux de ressources. Ces activités sont responsables d‘une crise environnementale. Il y a pourtant peu d’études qui ont porté sur ce type de crise environnementale à Madagascar ou sur ce qui est fait pour y faire face. Le manque d’informations et de données portant sur ces aspects peut vraisemblablement s’expliquer par le risque inhérent à ce type d’investigations sur le terrain. Certains proposent que les liens entre les événements politiques et la crise environnementale ne sont que pures coïncidences mais d’autres pensent voir une corrélation entre le climat politique et l’augmentation de l’exploitation des ressources forestières. La question qui se pose est : qui peut être blâmé ? Il est certainement trop simple de montrer du doigt les bailleurs internationaux qui ont retiré leur confiance suite au coup d’état de mars. Madagascar se porterait probablement mieux si elle dépendait moins des financements extérieurs. Il en est de même pour le gouvernement précédent ou l’un ou l’autre qui n’ont pas prêté attention à ce qui se passait dans les parcs et les réserves. Il est difficile d’incriminer cette responsabilité directement. De nombreuses questions restent cependant ouvertes : Quelles mesures doivent être adoptées pour mieux gérer les zones écologiquement sensibles et diminuer leur vulnérabilité face à un dynamisme politique et économique ? Comment de telles crises peuvent - elles être évitées dans l’avenir ? Comment le système forestier dans son ensemble peut - il être associé à un niveau de valeur plus élevé que les produits qu’il abrite ? Des questions plus imminentes portent sur l’utilisation des ressources forestières qui sont déjà sorties des forêts. Qu’y a - t - il lieu de faire avec les rondins accumulés pour arrêter l’exploitation illégale et éviter d’entretenir la demande ? Si les médias et l’attention des acteurs de la protection de la nature de Madagascar sont absorbés par cette crise, l’avenir des actions du changement climatique sera négocié au cours du sommet du COP15 à Copenhague du 7 au 15 novembre. Madagascar enverra une délégation à Copenhague pour défendre les mécanismes de la Réduction des Émissions résultant du Déboisement et de la Dégradation forestière (REDD). Avant de s’engager dans une telle opération, il y a des questions pertinentes qui doivent être abordées et qui sont présentées par des experts en la matière qui ont été interviewés par MCD sur REDD. Je voudrai aussi souligner les propos de Barry Ferguson (voir son article REDD dans ce numéro) qui disent que « la priorité pour Madagascar est d’élaborer de nouveaux mécanismes permettant aux gens et aux ménages de bénéficier directement des revenus produits par REDD afin de compenser les pertes qu’ils consentent en acceptant de réduire le déboisement et la dégradation de la forêt. » Nous devons nous assurer que les communautés de base ne soient plus marginalisées mais qu’elles reçoivent l’intérêt qu’elles méritent, qu’elles soient au centre des actions à mener et des profits à en tirer dans la mesure où elles sont les principales actrices qui vivent et dépendent des écosystèmes qui sont tellement prisés des défenseurs de la nature. Il y a tellement de thèmes qui méritent qu’on s’y intéresse et pour lesquels des recherches plus approfondies pourraient nous permettre de mieux les comprendre. Je suis donc très heureux de vous présenter les articles qui forment ce numéro et qui rentrent tout à fait dans ce cadre en étant autant d’éléments d’un vaste édifice pour comprendre la complexité du monde. Il nous faudra comprendre un jour pourquoi une telle crise a pu éclater afin de pouvoir les prévenir et les éviter pour le bien être des gens qui vivent dans ces campagnes ainsi que pour les forêts et leurs écosystèmes uniques qui abritent une faune extraordinaire – les uns et les autres n’ont d’ailleurs souscrit à aucune police d’assurances qui pourrait rembourser les pertes en cas de dommage. Souhaitons que Madagascar puisse naviguer au mieux à Copenhague, un peu moins au fil de l’eau mais davantage en passant le cap

    Can conservation and development really be integrated?

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    Most biodiversity conservation projects in poor tropical countries also aspire to alleviate the poverty of local people. The results of these integrated conservation and development projects have often been disappointing. This paper argues that it would be impossible for both practical and ethical reasons for conservation programmes to ignore the needs of poor people who live in and around the natural areas that we seek to conserve. The problem is not whether we should attempt to integrate conservation and development but rather how we should attempt to do so. Recommendations are made for a number of principles that should underlie such programmes. It is argued that they should operate at the scale of landscape mosaics, they should be firmly rooted in local social processes and they should make the tradeoffs between conservation and development explicit. Less effort should go into planning them and more into working with local stakeholders to explore options and find solutions that meet both local livelihood needs and global conservation goals. RÉSUMÉ La plupart des projets qui portent sur la conservation de la biodiversité dans les pays pauvres distribués sous les tropiques tentent également d’améliorer la qualité de vie des populations riveraines. Les résultats de ces projets «intégrés» ont cependant souvent été décevants. Dans cet article je prends position pour défendre que pour des raisons à la fois pratiques et éthiques il serait insensé de ne pas prendre en compte les intérêts des populations directement impliquées dans ces programmes intégrés de protection de la biodiversité. La question n’est pas simplement de les impliquer ou ne pas les impliquer mais il s’agit davantage d’identifier de nouveaux modèles pour que leur implication devienne réalité. La conservation et le développement sont inéluctablement liés et ne peuvent pas être considérés comme deux entités distinctes. Je propose ainsi quelques principes de bases à respecter dans ces programmes intégrés afin d’assurer les meilleurs chances de réussite. Ces programmes devraient intervenir à l’échelle des territoires qui abritent les biotopes des espèces à protéger ainsi que les zones occupées ou exploitées par les populations locales. Ils devraient trouver leurs racines au plus profond de la dynamique des sociétés concernées et être en mesure de montrer clairement les impacts des actions de conservation sur les moyens d’existence des peuples. Il s’agirait ainsi de réduire les interventions d’experts extérieurs dans la planification pour favoriser et encourager la recherche d’alternatives et de solutions concertées avec les acteurs locaux pour réussir aussi bien à protéger la nature qu’à améliorer les conditions de vie des populations humaines

    Modeling human agency in land change in Madagascar: A review and prospectus

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    Preserving Earth’s biodiversity is one of the central challenges to global sustainability, and the task is complicated in developing countries by the need to avoid further compromising the ability of resource-dependent people to secure their livelihoods. The challenge is all the more daunting given the scarcity of resources available to the effort, necessitating reliable analyses of the role of human agency and the effects of various policy prescriptions. New sources of data and computational tools available to researchers over the past two decades have enabled the development of quantitative models of human agency in land change, including a special class known as spatially explicit models. This article explores advances in understanding human agency in land change in Madagascar in order to synthesize lessons learned and identify remaining challenges. It concentrates on the findings of a number of recent spatially explicit modeling efforts, identifying progress in accounting for human presence in the landscape. Other quantitative and qualitative studies point to the importance of a broad array of additional factors, particularly those reflecting interactions among agents. Bringing together the various perspectives on human agency in land change in Madagascar should enable them to better contribute to the formulation of policy that can balance protection of the island’s biodiversity with securing the livelihoods of the Malagasy people. RÉSUMÉ La conservation de la biodiversité est l’une des pièces maîtresses de l’utilisation pérenne des ressources de la planète et la tâche est d’autant plus complexe dans les pays en voie de développement dans lesquels les moyens de subsistance des populations rurales sont étroitement liés à leur capacité d’accéder aux ressources naturelles. La tâche est aussi ardue que les ressources financières disponibles sont limitées, de sorte qu’il est important de bien comprendre comment s’articule l’organisation humaine autour des politiques et programmes de conservation mis en oeuvre (l’expression ‘organisation humaine’ qui traduit ‘human agency’ est employée ici pour désigner les activités physiques des hommes – comme les défrichements pour cultiver le riz – mais englobe aussi des dimensions éthiques, culturelles et légales qui pourraient être à l’origine de l’absence d’action – comme la menace de répressions du défrichement pour la culture du riz – étant entendu que l’organisation s’entend au niveau individuel mais aussi collectif en pouvant résulter d’une action ayant un impact réel sur le paysage ou de l’absence d’une telle action.) Grâce à de nouvelles sources d’informations mais aussi de nouveaux outils et procédés informatiques développés au cours des vingt dernières années, il a été possible d’élaborer des modèles quantitatifs portant sur l’organisation humaine dans les dynamiques des paysages en incluant une catégorie particulière dénommée ‘spatially explicit’, à savoir un modèle explicitement spatial. Cet article aborde les progrès réalisés pour mieux appréhender l’organisation humaine dans la dynamique des paysages à Madagascar, récapitule l’apprentissage en la matière et formule les nouveaux défis à relever dans ce domaine. Il apparaît clairement que pour comprendre le rôle de l’organisation humaine dans la dynamique des paysages, il faut commencer par aborder la présence et la distribution des gens dans l’espace. Les modèles existants ont nettement mis en relation la ‘pression démographique’ et la déforestation anthropique et cela depuis les travaux de Green et Sussman publiés en 1990. Cependant, les conclusions tranchées de l’époque ne sont pas aussi fiables qu’elles prétendaient l’être et plus particulièrement en ce qui concerne la relation de cause à effet entre la croissance démographique et les défrichements, de sorte que nous présentons quelques recommandations méthodologiques inspirées d’autres approches analytiques. Les modèles existants ont confirmé les observations de Green et Sussman (1990) montrant un taux de défrichement réduit dans les régions à topographie accidentée mais ont aussi dévoilé l’importance d’un certain nombre d’autres facteurs tels que les infrastructures de transport, les différences d’accès des communautés rurales aux moyens de production, la sécurisation foncière et d’autres actions du gouvernement ou d’organisations non gouvernementales. Au fur et à mesure que les modélisations rendent mieux compte du rôle de tels facteurs, elles devraient alors permettre d’évaluer plus précisément la pertinence des efforts déployés pour protéger la biodiversité. Cet aspect peut être envisagé avec un certain espoir bien que de manière préliminaire ; la conversion des forêts à des usages agricoles dans les aires protégées semble être réduite par rapport à cette même dynamique observée dans des aires comparables mais non protégées. Ces conclusions devraient être étayées au fur et à mesure que les modélisations seront en mesure d’intégrer d’autres facteurs dont l’importance sera révélée par diverses études scientifiques et qui portent aussi bien sur les contextes environnementaux que sur les interactions au sein des communautés humaines. L’intégration de ces diverses perspectives analytiques devraient permettre aux modélisations de contribuer à élaborer une politique pertinente pour protéger au mieux la précieuse biodiversité de l’île tout en assurant les moyens de subsistance des populations rurales de Madagascar

    Volume 4 Issue 2

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    Alternative Forest Business ModelsCulture Beyond TaboosIllegal Logging CrisisREDD En Vogu

    La Biodiversité, garant de notre bonheur

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    Dans un monde où les seuls choix, imposés par une soif d’idéal artificiel et rationnel, sont de se développer ou de mourir, Madagascar doit impérativement prendre suffisamment de recul pour mieux sauter vers l’avenir. Un recul peut-être perçu comme un geste de retrait, de lâcheté mais pourrait aussi être un élan de sagesse qui exprimerait une réflexion et la lecture d’un parcours destiné à préparer les stratégies de mise en oeuvre, d’identification et de gradation des objectifs contribuant au vrai développement du pays. Malheureusement, notre siècle ne fait pas exception aux autres en contribuant à la tendance vers la rareté des ressources naturelles. Cette tendance se manifeste par une compétition de plus en plus directe entre les ressources naturelles renouvelables et celles qui ne le sont pas. Des choix sont à faire entre la sauvegarde des espèces et l’exploitation des richesses du sous-sol comme c’est le cas pour les sources d’énergie. Mais la question qui se pose est de savoir si nous avons vraiment le choix ; c’est une question à laquelle il est très difficile de répondre. Conformément à la définition du développement durable donnée par le premier ministre norvégien il y a plus de vingt ans, peut-on considérer que la valeur des ressources exploitées prenne en compte l’amortissement destiné aux investissements nécessaires aux générations futures ? Dans ce combat entre la protection des espèces et l’exploitation des ressources, qui sera le premier à mettre la biodiversité au tapis ? Le développement ou la pauvreté ? Pour Madagascar, l’enjeu est assez délicat car désormais chacun est invité à réfléchir de façon active sur la meilleure façon de préparer l’avenir. Dans ce contexte, la participation par les publications peut être légitimement considérée comme un investissement pour le futur développement de Madagascar. Mais quel développement ? C’est justement ce qu’il faut identifier et définir avec une grande prudence et avec fermeté. Car il nous faut des références et des traces pour constituer une ligne de tendance franche à adopter, accepter et transmettre de génération en génération. La publication des résultats de recherche dans tous les domaines peut être considérée comme la pierre d’achoppement de l’échafaudage d’une telle armature. Par ignorance ou en connaissance de cause, on nous dit à nous Malagasy, que nous sommes riches mais aussi très pauvres. Face à un tel paradoxe, la fierté devra se placer par rapport à une certaine valeur de référence. Mais à part la valeur économique, quel autre type de valeur peut-on considérer ? Il est donc important de se rappeler que par la rédaction de nos travaux dans une publication de référence, nous nous engageons à contribuer à définir les diverses valeurs des ressources que nous léguons à l’humanité. Nous assistons déjà à la croissance continue des valeurs des diversités moléculaires, génétiques et morphologiques, et actuellement, ceux qui sont conscients des risques inhérents au changement climatique commencent aussi à accorder une importance ‘économique’ aux services d’intérêt général offerts par les écosystèmes. Jusqu’ici, on peut dire que la nature a pris soin des Malagasy. Il est temps de renverser la tendance et dire que le temps est venu pour les Malagasy de prendre soin de la nature. À l’image d’un enfant, devenant adulte, qui va témoigner sa reconnaissance à ses parents. Les visiteurs passant à Madagascar sont souvent étonnés de la résignation de la population par rapport à la pauvreté. On dit souvent que les Malagasy sont pauvres mais heureux. Est-ce que c’est possible ? La réponse peut-être oui dans le sens ou malgré la pauvreté économique du pays sa richesse biologique arrive encore à rendre les gens heureux pour vivre au jour le jour. En coupant un arbre, en pêchant, en vendant les orchidées sauvages, et la liste est longue, les Malagasy arrivent encore à afficher un sourire. En suivant la tendance, il se peut alors que le bonheur des Malagasy se dégrade de jour en jour avec la détérioration de son patrimoine naturel. Pour terminer, après une quinzaine d’année de travaux de recherches sur le terrain dans différentes régions de Madagascar, il n’est peut être pas si prétentieux d’affirmer que l’identité du pays est étroitement lié à sa biodiversité. Que ce soit dans la vie ou dans la mort, dans la joie ou dans le malheur, en ville ou en brousse la plupart des Malagasy retournent toujours vers la nature pour se réfugier. Le vrai développement du pays dépendra en grande partie de la prise de responsabilité conjointe vis-à-vis du respect de l’environnement. Si l’écosystème reste encore la plus grande entreprise qui fait vivre la majorité des Malagasy, il nous appartient de faire en sorte que cette entreprise qui porte notre futur ne connaisse pas la faillite. C’est avec une grande humilité que j’ai essayé d’écrire cette préface en espérant que je peux stimuler des inspirations en faveur de notre entreprise du futur qu’est « La Biodiversité ». Biodiversity, guarantor of our happiness In a world where the only choices, imposed by a thirst for an artificial and rational ideal, are to develop or to die, Madagascar must step back sufficiently in order to prepare for the future. Although stepping back may be perceived as a gesture of retreat or cowardice, it may also be considered a strategy which expresses the reflection of a path destined to prepare for the identification and implementation of strategies contributing to the country’s true development. Unfortunately, our century is no exception when it comes to the decline of natural resources. This trend manifests itself through increasing direct competition between renewable and non - renewable natural resources. Choices must be made between safeguarding species and the exploitation of the Earth’s wealth below its surface, as is the case for the majority of energy sources. However the question is whether we are entitled to the choice, a difficult question to answer indeed. In accordance with the definition of sustainable development offered by the Norwegian Prime Minister more than 20 years ago, can we consider that the value of exploited resources takes into account the amortization destined for the investments necessary for future generations? In this battle between the protection of species and the exploitation of resources, which will be the first to knock-out biodiversity? Development or poverty? For Madagascar, the stakes are delicate because henceforth everyone is invited to contemplate the best way to prepare for the future. In this context, participation from publications may be legitimately considered as an investment for the prospective development of Madagascar. And which development? This is precisely what requires identification and definition with great caution and resolve. This is because we need guidelines to form a line of approach which can be adopted and delivered from generation to generation. The publication of research results in all fields may be considered as the basis for such a construct. Through ignorance or shrewdness, we Malagasy are told that we are rich and yet also very poor. In the face of this paradox, pride will have to be placed in relation to a certain value of reference. Apart from economic value, what other value might we consider? It is thus important to remind oneself that through writing our work in a reference publication, we engage ourselves in the contribution of defining the diverse values of resources that we leave behind for humanity. We are already witnessing the increasing value of molecular, genetic and morphologic diversity. Now those who are conscious of the inherent risks of climate change are also beginning to assign ‘economic’ importance to the services offered by ecosystems. We can say that until now, nature has cared for the Malagasy. It is time to reverse this trend and say that the time has come for the Malagasy to take care of nature – like an image of a child growing into adulthood, expressing gratitude towards his or her parents. Visitors to Madagascar are often surprised by the population’s resignation towards poverty. We often say that the Malagasy are poor yet happy. Is this possible? The answer could well be yes in the sense that although the country may be financially poor, the biological richness affords enough happiness live from day to day. Through the cutting of a tree, fishing, selling wild orchids, and the list is long, the Malagasy are still able to smile. Consistent with this trend, the Malagasy’s happiness could decrease day by day with the deterioration of his or her natural heritage. In conclusion, after some 15 years of field research in different regions of Madagascar, it may not be so pretentious to state that the country’s identity is closely knit to its biodiversity. Whether in life or in death, in happiness or in sadness, in the city or in the bush, most Malagasy always return to nature for refuge. The country’s true development will depend on a partnered responsibility to respect the environment. If the ecosystem still remains the largest enterprise which allows the majority of the Malagasy to make a living, it belongs to us to make sure that this enterprise, which carries our future, does not fail commercially. It is with great humbleness that I attempted to write this preface in the hope that I can stimulate inspiration in favor of our future enterprise, ‘Biodiversity’

    The danger of misunderstanding ‘culture’

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    Most conservationists working in Madagascar recognise that if conservation goals are to be achieved, conservation bodies have to work together with, rather than against, local people. One important aspect of this is taking local ‘culture’ into account. However, what is understood by ‘culture’ in such contexts tends to be extremely partial as ‘culture’ is almost always limited to taboos (fady). The article discusses the danger of such a narrow view suggesting that ‘culture’ is infinitely more complex and subtle than its immediately apparent surface. I argue that if conservationists’ commitment to take ‘culture’ seriously is genuine, it must also apply to those cultural phenomena that are in conflict with conservation programmes. This applies in particular to rural Malagasy people’s desire to have many descendants; a desire which is linked to their fundamental understanding of what represents a meaningful life.RÉSUMÉLa plupart de ceux qui travaillent dans des institutions dédiées à la protection de la nature se rendent bien compte que s’ils veulent réussir dans leur entreprise ils doivent travailler avec, et non contre, la population locale. Pour cela il est important de tenir compte de la ‘culture’. Néanmoins, ce qu’ils englobent dans le terme ‘culture’ est fort limité et le plus souvent réduit aux seuls tabous (fady). L’article considère les dangers qu’une telle limitation implique et démontre que la culture est quelque chose d’infiniment plus complexe et subtile que ce qui apparaît en surface. Je ne doute pas de la bonne foi des protecteurs de la nature qui veulent tenir compte de la culture mais je tiens ici à souligner qu’ils doivent aussi accepter l’existence d’aspects culturels qui vont à l’encontre de leur programme, car déclarer vouloir travailler avec les habitants ne serait qu’une parade s’il en était autrement. Mon analyse porte sur l’ensemble des aspects liés au désir d’avoir une progéniture nombreuse pour les populations rurales malgaches. Être humain consiste avant tout à avoir de bonnes relations et définir une morale entre les membres de générations différentes d’une famille, dans le passé, le présent et le futur, car c’est cela que d’avoir une famille. Ces relations sont créées et maintenues de diverses manières au quotidien et dans la vie rituelle mais plus particulièrement au niveau des enfants car ils représentent la bénédiction ancestrale et comme ils relient les vivants et les morts, ils créent le lien entre le passé, le présent et l’avenir du groupe de parenté. Ainsi si les protecteurs de la nature veulent être crédibles dans leur désir de prendre en compte la ‘culture’ malgache, ils ne peuvent pas limiter leur approche à la reconnaissance de tabous sans reconnaître d’autres aspects de la culture malgache comme le désir d’avoir une progéniture nombreuse qui ne s’accorde généralement pas avec le programme actuelle de protection de la nature

    The lemur diversity of the Fiherenana-Manombo Complex, southwest Madagascar

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    We conducted the first comprehensive lemur survey of the Fiherenana - Manombo Complex (Atsimo-Andrefana Region), site of PK32-Ranobe, a new protected area within the Madagascar Protected Area System. Our cross-seasonal surveys of three sites revealed the presence of eight lemur species representing seven genera and four families, of which three are diurnal and five are nocturnal species. Six species were only recorded in the riparian and transitional forests of the Fiherenana and Manombo river valleys, while the spiny thicket at Ranobe contains only Microcebus (two species), all larger species having been extirpated by hunting in recent years. Two of our records (Mirza coquereli and Cheirogaleus sp.) represent new locality records or range extensions, but we failed to record one species (Phaner pallescens) expected to occur in the area, and question the literature supporting its presence south of the Manombo river. Our findings highlight the importance of the Fiherenana-Manombo Complex for the conservation of lemurs in southwest Madagascar, but also show that PK32 - Ranobe fails to protect the full lemur diversity of the Complex. The protected area does not include the riparian forests of the Manombo and Fiherenana rivers, and at least three lemur species are therefore unprotected. We strongly support the proposed extension of the protected area to include these riparian forests as well as other important habitats for locally endemic bird and reptile taxa.RÉSUMÉ La zone du Complexe Fiherenana - Manombo (Région d’Atsimo- Andrefana), site de PK32-Ranobe, une nouvelle aire protégée dans le Système des Aires Protégées de Madagascar (SAPM), a fait l’objet d’un premier inventaire de lémuriens. Nos prospections dans trois sites à différentes saisons ont révélé la présence de huit espèces de lémuriens représentés dans sept genres et trois familles, dont trois sont des espèces diurnes et cinq sont des espèces nocturnes. Nous n’avons pas pu identifier l’espèce du genre Lepilemur ni celle du genre Cheirogaleus à défaut de disposer de spécimens. Six espèces ne se trouvaient que dans les forêts riveraines et les forêts de transition des vallées des fleuves Fiherenana et Manombo. Le fourré épineux de Ranobe n’abrite que des Microcebus (deux espèces), toutes les espèces plus grandes ayant déjà été exterminées par la chasse au cours des dernières années. Nos estimations de densité indiquent que la population des Microcebus est deux fois plus importante dans le fourré épineux que dans la forêt riveraine (1,078 individus / km² vs. 546 individus / km²). Nous avons estimé la densité d’Eulemur rufus à 40 groupes / km² dans la vallée du Fiherenana, mais nos transects ne nous ont pas permis d’obtenir des estimations fiables pour les densités de Lemur catta et de Propithecus verreauxi. Deux des espèces répertoriées (Mirza coquereli et Cheirogaleus sp.) représentent de nouvelles observations pour la zone ou des extensions de leurs aires de répartition connues, mais nous n’avons pas pu trouver l’espèce Phaner pallescens qui devait être présente dans la zone et nous émettons des doutes portant sur les références publiées rapportant la présence de l’espèce au sud du fleuve Manombo. Nos résultats mettent en exergue l’importance du Complexe Fiherenana - Manombo pour la conservation des lémuriens dans le sud-ouest de Madagascar, mais ils indiquent que l’aire protégée de PK32 - Ranobe ne protège pas la diversité complète des lémuriens du Complexe. Les forêts riveraines des fleuves Fiherenana et Manombo ne sont pas incluses dans l’aire protégée de sorte qu’au moins trois espèces de lémuriens ne bénéficient alors d’aucune protection. Compte tenu des objectifs du SAPM et plus particulièrement de l’Objectif 1, à savoir ‘Conserver l’ensemble de la biodiversité unique de Madagascar’, nous estimons que la nouvelle aire protégée du PK32-Ranobe n’atteint pas ces objectifs et nous appuyons les efforts des promoteurs afin de re-délimiter l’aire protégée pour inclure les forêts riveraines ainsi que d’autres habitats importants pour la conservation des oiseaux et des reptiles localement endémiques

    REDD comes into fashion in Madagascar

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    As the Copenhagen negotiations on the form of post Kyoto mechanisms to tackle climate change approach, firmly on the agenda are proposals to include Reduced Emissions from Deforestation and forest Degradation (REDD). REDD could potentially generate tens of millions of dollars annually for Madagascar, bringing a huge potential to deliver forest conservation and improved livelihoods for the rural Malagasy. Efforts are underway in Madagascar to access REDD finance through a national working group and implementation of five REDD pilot projects. Many areas where the lowering of rates of deforestation is hoped to take place are part of the new generation of protected areas following the 2003 Durban Declaration. These new protected areas are frequently based on federations or grouping of community managed forests, which the literature and experience has shown to be highly problematic and which are rarely fully operational. If REDD is to prove to be an effective conservation tool, as well as an equitable mechanism to promote rural development several issues need to be addressed: More resources allocated to provide direct incentives to communities and to build local management capacity within their forest management associations. More serious efforts are needed to increase forest plantations and to improve management of existing plantations and natural forests, so as to meet the forest product needs of the whole Malagasy population. Basic human rights to have secure tenure of ancestral forest lands, and to derive a decent living from these needs to be recognised and empowered. The risk of ‘elite capture’ of the revenues generated by REDD should be avoided by the establishment of a transparent and independent scrutiny facility. Finally, it is proposed that improved dialogue between the social critics of conservation in Madagascar and the conservation movement itself should be encouraged.RÉSUMÉ Alors que nous entamons les négociations post-Kyoto à Copenhague sur les mécanismes destinés à lutter contre le changement climatique, des propositions portant sur la Réduction des Émissions résultant du Déboisement et de la Dégradation forestière (REDD) sont nettement à l’ordre du jour. En ce qui concerne Madagascar, le programme REDD a la capacité de produire des dizaines de millions de dollars annuellement en permettant la conservation des forêts mais aussi l’amélioration du niveau de vie des populations rurales malgaches. Des efforts sont actuellement consentis à Madagascar pour accéder au financement REDD à travers un groupe de travail national et aussi avec la mise en oeuvre de cinq projets pilote. Les endroits dans lesquels un espoir est nourri pour baisser le taux de déboisement sont nombreux et ont tous été inclus dans ce qu’on appelle communément ‘les nouvelles aires protégées’ conformément à la Déclaration de Durban de 2003. Ces nouvelles aires protégées sont généralement basées sur des regroupements ou fédérations de communautés de base pour la gestion des forêts ; cependant ces groupements ont souvent été reconnues dans les écrits et sur le terrain comme étant pour le moins problématiques et rarement tout à fait opérationnels. Dans ce contexte, REDD pourrait s’avérer être un outil pertinent pour la protection de la nature ainsi qu’un mécanisme équitable pour favoriser le développement rural, sachant cependant que plusieurs aspects devront être appréhendés au préalable. Il s’agira notamment d’allouer davantage de ressources pour attirer effectivement les communautés de base, et simultanément de mettre en place les moyens d’une gestion locale au sein de leurs associations destinées à gérer les ressources forestières. De plus amples efforts devront aussi être consentis pour étendre la superficie des plantations forestières et pour améliorer la gestion des plantations existantes et des forêts naturelles de manière à pouvoir satisfaire la demande en produits sylvicoles de l’ensemble de la population malgache. Parmi les droits fondamentaux, on retrouve le droit d’hériter de la forêt des ancêtres et la possibilité de pouvoir puiser en son sein les ressources vitales pour vivre avec dignité, qui sont des aspects qu’il faudra identifier et respecter. Il existe toujours un risque de discrimination en favorisant une certaine élite avec les revenus produits par REDD, mais ce risque devrait être évité avec la mise en place de contrôles minutieux, transparents et indépendants. Finalement, il est proposé d’ouvrir le dialogue avec les critiques sociaux à Madagascar et d’encourager le mouvement de la protection de la nature proprement dit

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    Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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