Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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A combined research agenda towards integrated conservation and development for Madagascar
Better integration of social and natural science activities seems to be the key to improve the efficiency of conservation and development. While there is no recipe for success, this paper argues that conservation has to pay for itself if it wants to be anchored in presentday-societies. In systems where humans depend largely on subsistence activities, economic benefits from conservation must outweigh the benefits from increasing these activities. Coming from a natural science perspective, this paper proposes some activities that could improve the basis for decision - making and contribute to the long-term integration of sustainable conservation and development. It is argued that experiences from various projects must be evaluated and be accessible; data should be stored in a central database that can be used to develop future programs; restoration of various sorts providing direct income for the local human populations (including gardens, native and exotic tree plantations with valuable species) should be a priority; and natural science projects should add analyses of processes to the present preponderance of describing patterns. All these activities should result in integrated action to maintain natural biodiversity as a key component to maintain and improve local livelihoods. RÉSUMÉ La clef de la réussite pour assurer la protection de la nature et le développement passe par une meilleure intégration des activités élaborées dans le cadre des sciences sociales et celui des sciences naturelles. L’objet n’est pas ici d’énoncer les ingrédients d’une utopique recette miracle mais de montrer que la protection de la nature doit être assimilée à une activité rentable si elle veut s’ancrer dans la réalité quotidienne des sociétés humaines. Dans des systèmes où les gens sont étroitement liés aux activités de subsistance, les avantages économiques de la conservation de la nature doivent dépasser ceux de l’augmentation des activités de subsistance. En partant d’une perspective des sciences naturelles, cet article propose de considérer quelques points qui pourraient améliorer les fondements dans toute prise de décision et qui pourraient contribuer à établir une base qui servira à l’intégration à long terme de la conservation et du développement durables. Ce plaidoyer porte sur les points suivants : (1) Les expériences acquises dans les différents projets doivent être évaluées et archivées afin d’être accessibles aux élaborateurs de nouveaux projets à venir. (2) Les données doivent être stockées dans une base de données centrale qui pourra être utilisée pour élaborer de futurs programmes destinés à la gestion pérenne des espaces. Elle devra contenir les résultats de recherches intégrées et croisées sur plusieurs disciplines, de recherches appliquées aux problèmes pour les hommes et en même temps des résultats de recherches de base sur les sciences naturelles. Cet ensemble devra être accessible pour fournir des services et des conseils aux politiques, aux décideurs et aux intervenants. (3) Les activités de restauration de toutes sortes devraient être prioritaires. Il en est de la réhabilitation des jachères ou de la restauration d’écosystèmes naturels, et on trouvera des activités menées dans des jardins, des cultures de rente, des plantations arborées d’essences recherchées, qu’elles soient indigènes ou allogènes, et des habitats originels. La mosaïque d’habitats doit être élaborée de telle manière qu’elle permettra de produire des revenus directs pour les gens de la région, d’une façon ou d’une autre. Les recherches portant sur la nature devraient limiter la prépondérance actuelle à décrire des schémas pour aborder davantage des analyses portant sur les processus et fonctions. Ces analyses devraient tenter de comprendre les processus sous-jacents qui expliqueraient, non seulement la répartition actuelles des espèces mais aussi les services et fonctions fournis par les écosystèmes. Toutes ces activités devraient aboutir à des actions intégrées pour maintenir la biodiversité naturelle en tant que composante clef pour maintenir et améliorer les moyens d’existence locaux
Travelling through time - Voyage dans le temps
ALISON JOLLY AND HANTANIRINA RASAMIMANANA: THE STORY OF A FRIENDSHI
Un pont entre les perspectives locales et globales
Antananarivo n’est pas Madagascar, Madagascar n’est pas l’Afrique, l’Afrique n’est pas le Monde … autant de formes qui traduisent la dualité entre local et global. Lorsqu’on imagine un domaine aux règles globales, la science et ses publications sont vraisemblablement classées en tête de liste sachant cependant que les découvertes sont bien plus souvent locales mais destinées à s’intégrer dans une dimension globale. Dans ce numéro, Noromampiandra-Razafindrakoto et ses collaborateurs ont réalisé une étude sur les chauves - souris trouvant dortoir dans les bâtiments publics de Moramanga; ceci en plaçant l’étude dans un cadre global de maladies émergeantes qui sont appréhendées dans de nombreuses revues scientifiques internationales.Alors que le volume de publications augmente, que les articles sont plus accessibles, notamment grâce à Internet, nombreux sont ceux que j’ai entendu regretter les trésors enfouis dans ce que nous désignons sous le terme de ‘littérature grise’ ou ces imposants volumes de rapports et études non publiés. Nous reconnaissons qu’il y a ainsi des trésors à dévoiler, mais en ne suivant pas les règles globales de la publication scientifique, les éléments pertinents se perdent dans de longs rapports non indexés et auxquels il est difficile de se référer car ils ne sont pas disponibles. Comme tous les Hommes, les scientifiques font des erreurs mais ils invitent aux critiques qui contribuent à la découverte des erreurs et leur correction. Au lendemain de Cancún, réunion globale s’il en est et sur un thème éminemment global, rappelons nous que les scientifiques indiens avaient rejeté des conclusions du groupe intergouvernemental sur l’évaluation du climat (Intergovernmental Panel on Climate Change - IPCC) sur la fonte des glaciers de l’Himalaya. Il s’est avéré que les extrapolations portant sur ces glaciers provenaient d’un rapport non publié, qui n’avait donc pas été soumis à un comité de lecture avec ses spécialistes ni donné lieu à une publication. De telles erreurs auraient cependant pu être publiées mais en tant que telles, elles auraient eu bien plus de chance d’être corrigées rapidement selon un processus qui a fait ses preuves. Les scientifiques indiens ont finalement identifier la source d’erreurs (Bagla 2009) mais l’affaire est maintenant citée pour démontrer la dérive dans l’utilisation de matériel insuffisamment évalué (Cogley et al. 2010). N’oublions pas qu’un comité de lecture a le plus souvent la capacité de redresser des erreurs avant publication et que lorsqu’une erreur est publiée, il peut publier une correction rapidement de sorte que les articles suivant peuvent se référer à la version corrigée.Dans ce numéro de Madagascar Conservation & Development, Thomas Wesener et Kai Schutte, spécialistes des myriapodes, se réfèrent à des mille - pattes indiens mais décrivent le comportement d’un mille - pattes endémique de Madagascar, le plus grand du monde dans sa catégorie, qu’ils ont observé dans la forêt d’Andasibe. Les autres contributions de ce numéro présentent, elles aussi, les résultats de travaux menés localement mais toujours dans un contexte global et surtout selon un processus global et éprouvé, avec les études de Blanchard Randrianambinina dans les forêts sèches du nord-ouest ou les études de l’équipe de Gurutzeta Guillera - Arroita portant sur le lac Alaotra. Dans le Spotlights de ce numéro, Jörg Ganzhorn sort du débat ressassé pour inviter à une mure réflexion destinée à réconcilier et réaliser simultanément la protection pérenne de la nature et le développement durables. Depuis près de 30 ans, Jörg est l’un des ambassadeurs des richesses malgaches et nous espérons avec lui que jamais la grande île ne sera banalisée. Nous avons tous assisté à une vague de descriptions d’espèces nouvelles qui ont valu de nombreuses publications aux scientifiques du monde entier et l’enrichissement des collections d’histoire naturelle, mais même si l’effort doit se poursuivre pour de nombreux groupes, la protection de la nature va devoir surfer sur cette vague pour intégrer le déve-loppement. Les sciences humaines sont encore trop discrètes à Madagascar et la parole est donnée dans ce numéro à plusieurs spécialistes des sciences humaines dans l’interview portant sur 'Social science and conservation in Madagascar'.Dans le seul article en français de ce numéro Jérôme Ballet et ses co - auteurs analysent les aspects économiques de l’exportation de bois précieux « illégaux » de 2009, en se basant partiellement sur un article publié dans le dernier journal de Madagascar Conservation & Development par Hery Randriamalala et Zhou Liu (2010). Cet article qui montra la relation entre l’exportation des bois précieux et les événements politiques a provoqué un phénomène inédit sur le site du journal. Jamais encore un article n’avait connu autant de téléchargements et nous avons demandé à ses auteurs comment ils expliquaient une telle popularité. Hery Randriamalala nous assure que le nombre de téléchargements est expliqué par l’intérêt accordé par les lecteurs de Madagascar à ce dossier portant sur les bois précieux pendant cette période caractérisée par une instabilité politique. Les ébènes et bois de rose continuent d’être exploités à grande échelle dans les parcs et réserves de Madagascar mais compte tenu du moratoire adopté par les autorités, les stocks de bois continuent à croître. Il est intéressant de noter un changement d’attitude des institutions et autorités locales, avec des contrôles plus rigoureux sur le transport et dans les ports. Sur le plan international, Hery Randriamalala note le revirement de la France à l’égard de la Haute Autorité de Transition. À l’occasion de son discours du 14 juillet, l’Ambassadeur de France a pris ses distances avec ce régime et l’a exorté à juguler le trafic en cours dans ses forêts.Nous tenons enfin à rappeler le travail remarquable réalisé par les professionnels de la presse de Madagascar pour analyser, documenter et publier sur ce trafic. Le bois de rose est devenu la figure emblématique d’un phénomène qui dépasse largement l’exploitation d’une ressource forestière et nous saluons ici un éditorialiste d’un journal de la place qui vient de citer localement un phénomène global : Les aléas ont poussé les uns et les autres à privilégier les profits à court terme au détriment des projets plus durables, et la recherche de profits sur le bois de rose a pris la place de la culture de vanille dans la région Sava (A. 2010)
Abundance and conservation status of two newly described lemur species in northwestern Madagascar (Microcebus danfossi, Lepilemur grewcockorum)
The distribution and abundance of Danfoss’ mouse lemurs (Microcebus danfossi) and Grewcock’s sportive lemurs (Lepilemur grewcockorum), two regional endemics from northwestern Madagascar, were studied from May to December 2008 in the Sofia region between the rivers Sofia and Maevarano. The goal was to investigate the size and quality of forest fragments and to determine the presence and abundance of the recently described M. danfossi and L. grewcockorum. They are confined to this region and their conservation status has not yet been determined. A total of eleven sites were visited and systematic census observations were carried out in each of them. M. danfossi was present in ten of eleven sites and its abundance ranged from 4.5 to 8.5 individuals per kilometer. L. grewcockorum was present in only three of eleven sites and its abundance ranged from 0.8 to one individual per kilometre. Based on the results of this study M. danfossi should be listed as Vulnerable and L. grewcockorum as Endangered. Based on the abundance data, the size and the general condition of the fragments, the forests of Anjajavy, Ambarijeby and Bekofafa are most favorable for future protection, because they still contain the most intact nocturnal lemur communities.RÉSUMÉUne étude sur la distribution et l’abondance de Microcebus danfossi et Lepilemur grewcockorum, deux espèces endémiques de la région Nord - ouest de Madagascar, a été effectuée dans la région de Sofia, entre les fleuves Sofia et Maevarano, de mai à décembre 2008. Les objectifs étaient d’évaluer la qualité et la largeur des fragments forestiers restants ainsi que de déterminer la diversité de lémuriens nocturnes dans la région. Nous avons aussi prévu de détecter des sites potentiels en vue de la conservation de fragments présentant une biodiversité riche, en particulier en ce qui concerne les espèces de lémuriens nocturnes récemment décrites dans cette région, M. danfossi et L. grewcockorum. Enfin, nous avons récolté toutes les informations disponibles afin de proposer une classification objective pour chaque espèce conformément aux critères de l’IUCN. Nous avons inventorié onze sites au total, à savoir la forêt d’Anjajavy, le savoka du village d’Antonibe, la forêt d’Antambato, le savoka d’Antsatrana, la forêt de Beanamalao, la forêt de Betsatsika, la forêt d’Ambarijeby, la forêt d’Ankaramikely, la forêt de Bekofafa, les savoka d’Ambararata et de Mahadera. Dans chaque site de ces sites, nous avons évalué la qualité de la forêt (signe de feu, déboisement, trouées) et la surface du fragment avant de réaliser six inventaires nocturnes le long de deux pistes de 1 km de longueur. Nous avons identifié de deux à quatre espèces de lémuriens nocturnes par site et au total cinq espèces ont été recensées. M. danfossi était présent dans dix sites et son abondance variait de 4,5 à 8,5 individus par kilomètre. L. grewcockorum n’était présent que dans trois sites et son abondance variait de 0,8 à 1,0 individu par kilomètre. Les fragments avaient des superficies comprises entre 50 et 400 ha. Les forêts d’Anjajavy, d’Ankaramikely, d’Antambato et de Bekofafa se sont avérées être les meilleurs sites en matière de qualité de la forêt. Compte tenu du degré de fragmentation, des pressions anthropiques et de nos résultats d’inventaire de ces deux espèces endémiques, nous proposons un statut de conservation Vulnérable pour M. danfossi et En Danger pour L. grewcockorum. Nous proposons également de considérer la protection des forêts d’Anjajavy, d’Ambarijeby et de Bekofafa dans la mesure où elles sont encore intactes et abritent un assez grand nombre d’espèces de lémuriens
Volume 5 Issue 1
Rosewood Democracy & ConservationREDD Biomass InventoryBiodiversity at Manambolomat
Bats roosting in public buildings: A preliminary assessment from Moramanga, eastern Madagascar
Madagascar has many synanthropic bat species but relatively little is known about how people interact with them. A preliminary assessment on the presence of bats in buildings and their interactions with people was conducted in the eastern town of Moramanga. Fifty of the 156 buildings were reported to contain active bat colonies and 46 of these were in schools. The bats, two species of Molossidae, roosted principally in the roof spaces of buildings that were more than ten years old. Users of the buildings were relatively tolerant of the bats, although 41% reported negative attitudes because of the odor of roosting colonies and some concerns over the possibility of contracting respiratory ailments from bat faeces. Guano accumulated in classrooms and was observed on floors and desks. Basic renovations could improve the learning environment for children and could be conducted in a bat-friendly way. More research is needed to assess the health risks to people from interacting with bats in Madagascar, and this includes people who study, eat, and handle bats or work and live in buildings or caves where bats roost. RÉSUMÉCertaines espèces de chauves-souris ont su s’adapter à l’environnement humain et ont ainsi colonisé certaines parties des constructions humaines. Pourtant, de nombreuses espèces de chauves-souris sont associées à certaines maladies émergeantes. Madagascar possède plusieurs espèces synanthropiques de chauves-souris dont quelques unes associées à des virus alors que l’interaction de ces animaux avec les gens est très peu connue. Pour mieux comprendre ce phénomène, nous avons mené une étude préliminaire sur la présence de chauves-souris et de leurs interactions avec les gens dans des constructions urbaines, plus particulièrement dans des bâtiments publics (ceux de l’éducation ou de la santé) à Moramanga, une ville située dans la partie orientale de l’île. Des enquêtes informelles ont été réalisées auprès des usagers de ces enceintes et des comptages nocturnes de chauves - souris ont été effectués pour certains de ces bâtiments au moment où ces animaux quittaient leur dortoir. Les chauves-souris ont été identifiées grâce à des photos ainsi qu’à partir de mesures et caractéristiques morphométriques des individus capturés à l’aide de filets fauchoirs. Nous avons étalé des films en plastique pour récolter les fèces de chauves-souris dans les combles ou dans des salles de classes, et nous avons également recueilli les guanos amassés après le nettoyage des salles de classe. Les fèces ont été pesées avec des Pesola. Sur les 156 constructions répertoriées, une cinquantaine était habitée par des chauves-souris. La présence de ces animaux a été confirmée dans la plupart des écoles visitées (46 sur 65) mais pas dans les bâtiments hospitaliers et les centres médicaux. Les chauves-souris représentées par deux espèces de Molossidae, vivaient dans des combles de bâtiments publics construits depuis plus de dix ans. Les personnes utilisant ces bâtiments étaient relativement tolérantes sur la présence des chauves - souris bien que 41% relevait des attitudes négatives portant soit sur l’odeur dégagée par les colonies, soit sur des affections respiratoires attribuées aux fèces de ces chauves-souris, de sorte que certains occupants de ces bâtiments publics ont essayé, mais en vain, de se débarrasser de ces animaux. Les matières fécales s’accumulaient dans les salles de classe et ont été observées sur le sol et les bureaux. Des réparations élémentaires pourraient améliorer l’environnement éducatif pour les enfants et pourraient être conduites de manière à ne pas menacer les chauves-souris. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les risques sanitaires des interactions avec les chauves-souris à Madagascar, et plus particulièrement pour les gens qui étudient, consomment ou touchent les chauves-souris, et même ceux qui travaillent ou vivent dans des immeubles ou des grottes où les chauves-souris gîtent
Social science and conservation in Madagascar
INTERVIEW MADAGASCAR CONSERVATION & DEVELOPMEN
Rumblings in the forests heard loudly on the Web...
This, the first issue in 2010 of the Journal of Madagascar Conservation & Development (MCD), deals with illegal and destructive selective logging activities within the supposedly protected National Parks of Madagascar. Accounts of these multifaceted crimes and their impacts began circulating in the Malagasy forests and have since come to the attention of the global community courtesy of the World Wide Web. In this issue, through the incredible efforts of numerous authors, reviewers, editors and translators, we are able to present a rich and diverse assemblage of voices which explore a wide range of angles within the broader context of illegal Malagasy logging. It is our hope, that through the distribution of this issue, we can help to expose the ongoing, versatile range of injustices connected to this topic, help to secure remnant biodiversity in and around Madagascar’s forests, and safeguard the human rights of its inhabitants. At the core of this issue is the relatively recently arisen topic of Independent Forest Monitoring (IFM). An assemblage of scholars and conservationists directly involved with Madagascar’s forests provide a detailed discourse on IFM, a subject that has far reaching consequences for the future of Malagasy forests. The central point of contention within the IFM framework is the illegal exploitation of rosewood, which threatens the ecological integrity of the forests and jeopardizes the short and long-term well being of numerous affected communities. Thanks largely to the efforts of Hery Randriamalala and Zhou Liu, the patterns and mechanistic aspects of the illegal rosewood trade were initially brought to our attention. In addition, John Innes’ essay for Spotlights raised awareness. Now, through the writings of (among others): Marie Jeanne Raherilalao, Jeanneney Rabearivony, Hubert Andriamaharoa, Thomas Baldauf and their collaborators, who provide compassionate accounts of ongoing activities in, around, and associated with the Malagasy forests, concern for this topic continues to grow. It is our call to ‘take the Zebu by the horns’, both literally, and through words, and we encourage all readers to share with us their feedback. Initiating and maintaining an open dialogue permits fine tuning solutions based in constructive contribution and pertinent criticism. Through collaboration, we can all contribute to what we hope will be a comparatively bright and positive future for those who call this amazing island home, and the unique biodiversity found within.ÉDITORIAL Les grondements de la brousse font des vaguessur la toile… L’élaboration de ce premier numéro 2010 de Madagascar Conservation & Development est partie de murmures dans la brousse qui se sont amplifiés en traversant les forêts et les océans, ils ont retenti sur le www pour nous toucher et de partout nous entendons les grondements d’un peuple que certains qualifient de silencieux. Jamais les rédacteurs de ce journal n’ont été tant sollicités et plus que jamais nous avons trouvé de l’aide pour vous livrer un numéro qui est le fruit du travail d’auteurs et de rapporteurs, d’éditeurs et de traducteurs qui veulent garder l’espoir de sauver les richesses de la Grande Île. De grands dossiers ont été ouverts à Madagascar au cours des derniers mois : ceux des droits de l’Homme, de la liberté d’expression, du développement durable, de la CITES, ou encore du Suivi Indépendant des Forêts (IFM), parmi tant d’autres. Et bien sûr, nous reprenons dans ce numéro les principaux murmures de 2009 qui se sont à présent transformés en grondements; ceux-là portent sur l’exploitation illégale des bois précieux qui menace l’intégrité des écosystèmes forestiers ainsi que la santé et l’avenir des habitants des régions concernées. Nous ne pouvons que féliciter Hery Randriamalala et Zhou Liu qui nous proposent leurs travaux scientifiques dûment documentés, rigoureux et brillamment analysés. Sous ce même dossier, John Innes nous dépeint un tableau local, avec ses spécificités, d’une scène qui s’inscrit sur la zone pantropicale du monde, voir au-delà.Le journal continue de relayer les travaux des écologistes et vous invite à partager les passions de Marie Jeanne Raherilalao pour Nosy Hara ou encore celles de Jeanneney Rabearivony et de ses collaborateurs pour des sanctuaires du nord et de l’ouest, sans oublier Hubert Andriamaharoa ou Thomas Baldauf et leurs co-auteurs. Ces chercheurs nous présentent leurs travaux avec enthousiasme et nous montrent qu’ils sont les moteurs de la conservation de l’environnement ainsi que les formateurs, enseignants et mentors des générations futures.Le suivi indépendant des forêts a été abordé en 2009 dans ce journal qui propose à présent d’en parler dans l’interview de ce numéro en sollicitant la participation de plusieurs spécialistes ; ce fut un réel succès et nous vous invitons vivement à poursuivre ce débat car il est loin d’être clos et ce sujet mérite que nous restions ouverts et que nous lui accordions toute l’importance qu’il mérite pour assurer l’avenir des forêts de Madagascar. Il nous appartient de prendre le zébu par les cornes, dans les faits et par les mots, et nous vous invitons à partager vos analyses et vos critiques, mais aussi à formuler des solutions afin que vous participiez à l’écriture de l’Histoire de la Grande Île. Les murmures auraient pû excuser des vociférations mais laissons les à l’ankoay (Haliaeetus vociferoides) qui agrémente le fonds sonore des littoraux occidentaux et poursuivons la publication de la conservation et du développement de Madagascar, afin de pouvoir formuler des solutions à mettre en oeuvre pour sauver la vie et combattre les crimes
Monitoring and conservation of the Critically Endangered Alaotran gentle lemur Hapalemur alaotrensis
The Alaotran gentle lemur Hapalemur alaotrensis is a Critically Endangered lemur, which exclusively inhabits the marshes around Lac Alaotra in northeast Madagascar. In the past decades the population of H. alaotrensis has experienced a dramatic decline due to poaching, habitat destruction and degradation. Surveys have been carried out periodically to follow the status of the population. Here we present the results of a survey carried out between May and June 2008 in the southwestern part of the marshes around Alaotra and discuss the key findings derived from the analysis of the data collected. Our study indicates that the probability of detecting the species in an area where it is present is very low and depends on factors that vary in space and time. These results stress the need to account for imperfect detection when monitoring this species, an issue especially relevant when reporting population trends. Our analyses also show that habitat fragmentation is a key determinant of habitat suitability for H. alaotrensis, with fragmented areas of marsh showing low suitability. Finally, our observations and analysis suggest that the protection provided by the local community to H. alaotrensis in Andreba is contributing to the conservation of this Critically Endangered species. This highlights the need to continue working on engaging the local communities in the conservation of the marshes at Lac Alaotra as a critical element to secure the future of H. alaotrensis.RÉSUMÉL’Hapalémur du lac Alaotra Hapalemur alaotrensis est un lémurien en danger critique d’extinction qui habite exclusivement dans les marais autour du lac Alaotra au nord-est de Madagascar. La population de H. alaotrensis a connu un déclin dramatique au cours des dernières décennies à cause du braconnage et de la destruction et la dégradation de son habitat. Des suivis écologiques ont été réalisés périodiquement pour appréhender la situation de la population. Nous présentons ici les résultats d’un suivi écologique effectué entre mai et juin 2008 dans la partie sud - ouest du marais de l’Alaotra et nous examinons les principales conclusions dérivées de l’analyse des données obtenues. À partir de données de détection/non-détection, nous avons procédé avec une technique de modélisation de l’occupation de l’habitat qui tient compte explicitement de la probabilité de détecter l’espèce, en permettant d’introduire des co-variables pour expliquer l’occupation et la détectabilité. Notre étude montre que dans les zones où l’espèce est présente, la probabilité de la détecter est très basse et dépend de facteurs qui varient dans l’espace et le temps. Ces résultats mettent en exergue le besoin de considérer que la détection de cette espèce n’est pas parfaite, aspect particulièrement important dans l’étude des tendances de populations. Nous avons également utilisé les coordonnées des localités où les lémuriens ont été observés pendant le suivi ainsi que des variables prédictives obtenues à partir d’images du satellite Landsat7 pour la zone de l’Alaotra afin de modéliser la qualité de l’habitat pour H. alaotrensis avec le logiciel Maxent et produire une carte du marais de l’Alaotra qui peut servir d’outil à la gestion du marais dans le cadre de la protection de cette espèce. Notre analyse montre également que la fragmentation de la végétation du marais est un facteur déterminant de la qualité de l’habitat, les zones les plus fragmentées étant les moins favorables. Finalement, nos observations et nos analyses suggèrent que la protection fournie par la communauté locale d’Andreba - Gare contribue à la protection de cette espèce en danger critique d’extinction. Cet aspect souligne l’importance de poursuivre le travail de sensibilisation des communautés locales dans la protection du marais du lac Alaotra comme élément critique pour assurer la survie de H. alaotrensis