Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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    Dynamique institutionnelle des transferts de gestion dans le corridor Fandriana-Vondrozo

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    Ten years after their creation, the operation of the community-based natural resource management policy named ‘transfert de gestion’ – the 1996 GELOSE law (applied to any kind of natural resources), and the 2001 GCF decree (only applied to forests) – remains little understood. The forest corridor linking Ranomafana and Andringitra National Parks has been extended south, and since 2006 the Fandriana-Vondrozo Corridor has been established as a new protected area within the Madagascar Protected Area System. Eighty-two sites of transfert de gestion have been created since 2001 in the Fandriana-Vondrozo Corridor and Randriamahaleo III are managed by local community associations named COBA. Management is determined by law but is locally adapted to each site. We analyze the dynamic of the community forest management system using six variables and 19 modes: year of creation (five modes), legal form of management (two modes), locality (two modes), principal NGO partners (five modes), management objective (two modes), and surface area of the transferred site (three modes). There are four institutions in charge of forest management: local community associations (COBA), which manage the forest in their territory; the Forest Service (Eaux et Forêt) representing the State, which controls this management; the commune, the smallest decentralized unit of the State, which manages the whole communal territory including forests; and NGOs, which facilitate the process. In order to investigate institutional tendencies, the sites of transfert de gestion are analyzed using Multiple Correspondence Analysis. The sites are distributed in the first two factorial plans with percentage variance of 18.5 % and 15.8 % according to their objectives: 1) pure conservation, and 2) economic development. Three types of NGO are distinguished by the form and duration of their support to COBA. The NGOs with greatest weight in the process are those which support the transfert de gestion with economic compensation. A typology of each commune was defined as a function of the types of support provided by NGOs to COBA. The ratio of transferred area to commune area provides a measure of the importance that the commune gives to COBA. The operation of this four – institution management system is weakened by the permanent changes in the Forest Service structure and, more generally, by any institutional failure. The range of institutions involved, however, provides an insurance for sustainable management.RÉSUMÉPrès de 10 ans après leur création, le fonctionnement des transferts de gestion mérite d’être mieux compris. Le long du corridor forestier Fandriana - Vondrozo, sur le versant oriental de Madagascar, nous analysons la dynamique depuis 2001 des institutions qui sont parties prenantes du système de conservation, aussi bien des institutions pérennes que sont les communautés de base (COBA), le service des Eaux et Forêts et les communes que des institutions éphémères que sont les ONG. Les 82 dispositifs de transfert de gestion décrits en 2007 ont été traités par une analyse factorielle des correspondances multiples. Les COBA créées par vagues successives ont été discriminées en fonction de leur objectif, qu’il soit de pure conservation ou à va-lorisation économique. Les ONG apparaissent avec leur propre stratégie pour soutenir les COBA d’où leur rôle prépondérant dans la compensation économique mais limité à la durée de leur financement. À partir de la répartition des types de COBA sur leur territoire, les communes pourraient intégrer la conservation de la forêt dans leur plan de développement. Après le transfert, les services des Eaux et Forêts maintiennent un rôle de contrôle et de sanction en dernier recours. Le fonctionnement de cette chaîne de quatre institutions, mouvantes mais hiérarchisées par rapport à la gestion, n’est assuré qu’à condition qu’aucun maillon ne cède et que la pérennité soit assurée

    Out of sight but no longer out of mind: a climate of change for marine conservation in Madagascar

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    With over 5,500 km of coastline spanning more than 14 degrees of latitude, Madagascar boasts a diversity of marine and coastal habitats that is unrivalled in the Indian Ocean. These ecosystems are of paramount importance to national food security, as well as the livelihoods and culture of coastal people. Yet Madagascar’s fragile marine resources are facing unprecedented threats from climate change, habitat destruction and overfishing. Development of an ecologically robust national marine protected area network presents the only viable means of safeguarding the resilience of remaining healthy ecosystems. But in the current post-crisis context, characterised by a lack of fully functional national environmental governance institutions, severe funding gaps and pervasive coastal poverty, conventional centralised approaches to marine protected area planning and management are unable to respond effectively to the scale and immediacy of the challenge. Given these constraints, the ongoing expansion of local coastal governance efforts will be key to promoting socially viable adaptive management strategies. Encouragingly, the recent rapid growth and scaling - up of locally managed marine areas (LMMAs) in Madagascar is unsurpassed throughout east Africa and the Indian Ocean region, with communities pioneering new and innovative approaches to fisheries management and livelihood diversification. The durability of such local conservation efforts, however, will depend on their capacity to demonstrate the economic as well as biodiversity benefits of sustainable marine resource management. This challenge necessitates placing a renewed focus on proving, quantifying and communicating the utilitarian benefits of marine biodiversity. Making this business case will be a fundamental prerequisite to stemming the tide of marine environmental degradation in Madagascar, and tackling the twin tragedies of coastal poverty and the marine commons.RÉSUMÉ Bordés par plus de 5500 km de côtes qui s’étirent sur plus de 14 degrés de latitude, Madagascar peut s’enorgueillir de posséder la plus belle et la plus riche diversité des habitats marins et côtiers dans l’océan Indien. Ces écosystèmes sont d’une importance capitale pour la sécurité alimentaire du pays mais aussi pour le bien-être et les valeurs culturelles des communautés locales côtières. Les ressources marines de Madagascar sont pourtant fragiles et confrontées à des menaces sans précédent dont les effets du changement climatique, la destruction des habitats et la surpêche. Le développement d’un réseau national d’aires marines protégées, fondé sur des valeurs écologiques sera le seul moyen viable pour sauvegarder la résilience des écosystèmes naturels restants. Dans le contexte de crise politique actuel caractérisé par l’absence d’institutions nationales fonctionnelles en matière de gouvernance environnementale, le manque de financement adéquat sans oublier la paupérisation galopante des communautés des régions côtières, il est difficile de suivre les méthodologies traditionnelles et centralisées pour la planification des aires marines protégées car elles ne sont pas en mesure de répondre efficacement à l’étendue de la tâche à accomplir et à l’urgence de la situation. Face à ces contraintes et dans le dessein de promouvoir des stratégies de gestion adaptative et socialement viables, il s’agira d’étendre davantage les efforts de gouvernance locale portant sur les zones côtières. Il est encourageant de noter que les aires marines gérées localement (LMMAs) se développent rapidement et à un taux qui est inégalé en ce qui concerne l’Afrique de l’Est ou la région de l’océan Indien. Dans ce système de gestion, les communautés locales adoptent des approches novatrices dans la gestion de la pêche ainsi que dans la diversification de leurs moyens de subsistance. La durabilité de tels efforts de conservation au niveau local dépendra cependant de la capacité de ces communautés à reconnaître les avantages de la gestion pérenne des ressources marines, en terme économique et en matière de biodiversité. Relever ce défi suppose que de réels progrès soient accomplis dans la démonstration, la quantification et la communication des avantages à protéger la biodiversité marine. Aborder la question en soulignant la rentabilisation est une condition sine qua non pour endiguer la spirale de la dégradation de l’environnement marin à Madagascar. Pour envisager le futur, les protecteurs de la nature doivent regarder au-delà de la protection de la biodiversité marine pour la seule valeur intrinsèque des récifs coralliens. Ils devront s’appliquer à démontrer la valeur des écosystèmes marins et côtiers lorsqu’ils sont sains en tant que composantes d’un avenir durable pour les communautés locales qui respectent et préservent ces ressources. Si la grande Zone Économique Exclusive de Madagascar, incluant les diverses pêcheries côtières et marines, était correctement gérée, elle serait une source garantie et permanente pour la sécurité alimentaire et une source de devises. Le défi à relever par les protecteurs des ressources océaniques sera de le prouver dans un contexte économique en démontrant que la biodiversité marine gérée de manière pertinente pèse bien davantage lorsque sont considérés les services incalculables et illimités qu’elle rend dans des écosystèmes sains. Il nous appartient de le faire admettre mais nous n’ignorons pas que cette tâche sera une véritable course contre la montre

    Rodrigues Island: Hope thrives at the François Leguat Giant Tortoise and Cave Reserve

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    From this hilltop porch at sunrise, above the limestone landscape of Plaine Corail on the southwestern corner of Rodrigues Island in the middle of the Indian Ocean, I am looking out over a patchwork of small subsistence farms, awakening livestock, a sleepy airport, and a vast reef-bounded lagoon, bigger than the island itself – and something else. Something that warms the cockles of my heart. Something I have been writing and dreaming about for decades, a kind of project that gives me hope for conservation in an otherwise dark hour. Nestled in the midst of all these human landscapes is a truly prehistoric scene, the Francois Leguat Giant Tortoise and Cave Reserve. On this remarkable 19 hectares, Reserve Manager Aurele Anquetil André and his dedicated staff of young Rodriguans have planted over 130,000 native trees and shrubs, some virtually extinct in the wild and many quite rare otherwise, in just five years. Nearly all have survived, and with only limited maintenance despite the huge challenges posed by invasive weeds on all remote Indo - Pacific islands. Giant tortoises, over 1,000 of them, lumber about doing the work. Fenced in and well - fed on the invasive plants that compete with the natives, introduced Aldabra Tortoises (Aldabrachelys gigantea) weighing up to 200 kg crop the invasive plants, and smaller Radiated Tortoises of Madagascar (Geochelone radiata) pull up the weed seedlings. Remarkably – and I had to see this for myself – they don’t touch the native plants, which co - evolved with the extinct tortoise fauna (Cylindraspis spp.) that disappeared in the late eighteenth century after French colonists shipped over 280,000 of them to Reunion and other places for butchery. These plants have defenses against tortoises and browsing birds. Notable in the latter category was the extinct Solitaire (Pezophaps solitaria) a giant pigeon endemic to Rodrigues that was even larger than the Dodo, the famous extinct denizen of Mauritius, Rodrigues’ big neighbor 650 km to the west. Through heterophylly, the adaptation of having tough, finely dissected and presumably less edible leaves near the ground where animals can reach, as well as in some cases certain plant chemicals that the tortoises apparently don’t like, and long flexible stems that tortoises seem not to trample down or chew, these plants are thriving in the midst of a high density of these hungry lumbering reptiles. A tall secure fence keeps them inside the Reserve, and keeps out the free - ranging goats, sheep, and cattle which have converted so much of the rest of this island to Lantana and other unpalatable invasives. Those ungulates, with their advanced teeth, love to eat the native plants, and have nearly driven them to extinction. I have been an advocate for this approach – reintroducing the “megafauna” back to lands where they are extinct, or their closest living relatives or even an ecological surrogate – for several decades. The scientific underpinnings for restoring ecological functions this way are quite sound, and there are plenty of examples of this “rewilding” already working around the world, from Siberia’s “Pleistocene Park” with reintroduced musk oxen, wild horses, and so forth, to American media mogul Ted Turner’s vast ranches in the western US with herds of many thousands of bison, elk, and yes – even a giant tortoise (Bolson’s) reintroduced to its former range from Mexico. You can read about these and others in my recent book1. Some years ago I even proposed something like this for Madagascar – starting with tortoises but under the right circumstances perhaps including living ratite birds, hippos, and crocodiles, in some fenced reserve lands. I doubt that most readers took me seriously then (perhaps even now). Here at the Leguat Reserve, though, rewilding is not a hypothetical proposal, it is a way of life, a major tourist attraction, and a very interesting scientific experiment. Rewilding is working here, and working wonderfully. Tortoises pull the weeds, apply the fertilizer, and germinate the seeds. Regarding the latter, recently published experiments2 show that passing through the slow digestive system of a giant tortoise is just what some of these hard - to - germinate seeds of rare native plants have been waiting for. The authors show conclusively that the highly endangered, large - seeded native ebony tree (Diospyros egrettarum) is germinating and thriving on the remarkable 25-hectare Ile aux Aigrettes Reserve, a small island off Mahebourg, Mauritius, thanks to the Aldabra tortoises reintroduced there by the Mauritian Wildlife Foundation. At the Leguat Reserve on Rodrigues, guides lead thousands of visitors per year through huge spectacular limestone caves that have yielded the fossils of giant tortoises, Solitaires, and the other extinct biota of Rodrigues. Their tour, and the excellent museum on the Reserve, make that wonderful connection between the fossils of a remarkable extinct fauna, and the rare plants and surviving fauna of large handsome fruit bats, rare land snails, nesting White - tailed Tropicbirds, and the surviving cousins of the native giant tortoises now roaming the canyons and plateaus of the Reserve. What am I doing here? To begin with, my wife Lida Pigott Burney and I have in recent years started our own similar rewilding project on the island of Kaua`i, in the Hawaiian Islands. We likewise have a cave system, full of fossils of the extinct animals, as a centerpiece for restorations on worn - out farmland that feature thousands of native plants, some quite rare. Our big fossil herbivores, giant flightless ducks and geese, are all extinct, and alas, tortoises never reached Hawaii. So we laboriously pull the weeds, tons of them, with the help of the school children of Kaua`i and hundreds of volunteers. The current question I and my colleagues are asking is, could giant tortoises give us a hand, serving as ecological surrogates for the lost birds? In any case, the National Geographic Society funded our team, including paleontologists Julian Hume and Lorna Steel from UK, paleo - entomologist Nick Porch and speleologist Greg Middleton from Australia, and Lida and myself as the paleoecologists, to work on the excellent fossil deposits on Rodrigues and compare them to our results from elsewhere. That work is going well, we’re finding plenty. But thanks to these lumbering living reptiles, I’m thinking all over again about the potential to use tortoises, and perhaps substitutes for other extinct megafauna, to try some rewilding at an appropriate place – such as a securely fenced, private reserve in western Madagascar – and such a place exists. Owen Griffiths, the biologist/entrepreneur who created the La Vanille Crocodile Park and Tortoise Reserve on Mauritius (inspiration for Ile aux Aigrettes) and the Leguat Reserve on Rodrigues, is hard at work in Madagascar on his private reserve lands, where he hopes to start rewilding with Aldabra tortoises and other appropriate creatures. Before you dismiss this idea as crazy, you might consider that it was Charles Darwin himself who set all this in motion. He visited Mauritius on the return voyage of the H.M.S. Beagle in 1836, where he heard about the extinct giant tortoises of that island. Many years later, he suggested that the best way to see that the thousands of giant tortoises then living on uninhabited Aldabra Island (their last stand in the Indian Ocean region) didn’t go the way of the extinct giant tortoises of Madagascar, the Mascarenes, and the Seychelles, was to move some to these other islands and establish populations, and that was done on Mauritius. People took him seriously, and the tortoises’ future looks bright. Many of Darwin’s ideas were controversial then, and some still are in some quarters. Rewilding proposals like this are still being argued, but they have the potential to “jump start” evolution when it seems to have gone hopelessly off the track. After visiting the Leguat Reserve, I’m more hopeful than ever that evolution might have a second chance

    L’océan au coeur de la Grande Île : Les aires marines protégées, un outil de développement durable pour Madagascar

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    Grande Île de l’océan Indien, Madagascar apparaît comme une véritable « île continent » avec une superficie de plus de 590 000 km² et plus de 5000 km de côtes. Ses zones marines et côtières abritent une variété d’écosystèmes et d’habitats parmi lesquels les récifs coralliens, mangroves, dunes, lagons, plages sableuses, herbiers de phanérogames, estuaires, îles et îlots auxquels sont associés de nombreuses espèces de coraux, poissons, reptiles, crustacés, mollusques, échinodermes. Les écosystèmes les plus connus sont certainement les récifs coralliens avec une superficie de près de 5000 km² et les mangroves qui s’étendent sur plus de 3000 km² principalement sur les rivages occidentaux de l’île. Ils apportent d’énormes bénéfices socio-économiques aux communautés locales grâce à la pêche et aux activités touristiques sans oublier les services écologiques que ces écosystèmes assurent pour l’équilibre de la planète et le bien-être de l’Homme. Au vu de l’importance de ces zones marines et côtières et dans le but de les préserver face aux menaces et pressions d’origine anthropique et naturelle, Madagascar s’est résolument investie dans la création et la mise en place d’aires marines protégées et de réserves marines afin de contribuer au bien-être des communautés locales qui en dépendent. Dans cette optique, le Système d’Aires Protégées de Madagascar, SAPM, a été mis en place pour offrir les outils appropriés de gestion, de gouvernance et de planification dans l’objectif de tripler la surface des aires protégées, ce qui la porterait de 1,7 à près de 6 millions d’hectares (Vision Durban). La première aire marine protégée a été officiellement créée en 1989 avec le parc marin de Nosy Antafana intégré à la Réserve de Biosphère de Mananara Nord, suivie par les trois parcelles marines du Parc National de Masoala. Vingt ans après le premier parc marin, de nouvelles aires marines protégées et réserves marines ont été créées ou sont en voie de création dans l’attente de l’obtention de leur statut définitif1. Les aires protégées sur les rivages et dans les eaux malgaches sont le fruit d’un travail réalisé dans un étroit partenariat avec les communautés locales pour assurer une bonne gestion des parcs dont le contrôle et la surveillance, le suivi écologique et l’application des régulations du parc et le développement des activités liées au tourisme. Les communautés locales, garantes du succès d’une telle entreprise, ont trouvé leur intérêt dans la protection de ces réserves comme cela a été montré pour le parc marin de Nosy Antafana ou la première aire marine protégée gérée par les communautés locales à Velondriake dans le Sud-ouest. À Velondriake les communautés locales appliquent des règles traditionnelles, les dina, pour permettre une gestion efficace de la pêche aux poulpes, grâce à un vrai partenariat entre les acteurs concernés impliquant les communautés locales, les organismes étatiques et le secteur privé comme les compagnies de pêche. Et puis, très récemment, un système de cogestion a été mis en place pour la première fois sur une île du nord ouest, Nosy Tanikely. Au sein de ce système, la responsabilité de la gestion est partagée conjointement et équitablement de sorte que chaque entité apporte sa valeur ajoutée en termes de gestion et de protection des parcs nationaux, de promotion du tourisme durable et responsable, et d’intégration dans le processus de développement local. Malgré ces efforts louables, des questions restent encore sans réponses et placent les gestionnaires face à des défis importants. (i) Le manque de ressources humaines pour assurer la gestion marine et côtière et plus particulièrement la gestion des aires marines protégées reste d’actualité malgré les différentes opportunités de formation qui se présentent dans la région. (ii) Les aires marines protégées et réserves marines existantes profitent de programmes de suivi écologique et socioéconomique, mais les connaissances scientifiques nécessaires pour répondre vraiment aux besoins de gestion restent encore à développer. (iii) L’importance, surtout dans un contexte îlien, d’inculquer à toutes les tranches d’âge, à tous les secteurs, la valeur des zones marines et côtières et des aires marines protégées en particulier, à travers des programmes d’éducation avec toutes les infrastructures appropriées. Les aires marines protégées constituent le seul outil de sensibilisation et d’éducation pour promouvoir l’importance de la biodiversité marine au niveau local. (iv) Les gestionnaires font tous face à un problème commun : l’aspect financier. À défaut de mécanisme de financement durable, ces gestionnaires sont davantage focalisés sur la recherche des meilleurs moyens possibles pour assurer la gestion quotidienne. Dès lors que le budget de fonctionnement dépasse les recettes de l’aire marine protégée, cette dernière devient extrêmement vulnérable et ne peut plus faire face aux aléas économiques et politiques. (v) Des succès ont généralement été observés dans des réalisations au niveau des premiers utilisateurs sur les impacts socioéconomiques des ressources marines, mais leur duplication à une échelle plus grande constitue un autre défi. Les aires marines protégées et les réserves marines constituent d’emblée des outils efficaces pour la conservation de la biodiversité marine, la maintenance de la productivité et des processus écologiques mais aussi pour l’amélioration des conditions de vie des communautés locales. En prenant en considération les différents projets et initiatives mis en oeuvre, et dans une perspective à long terme, il est évident qu’une approche intégrée est absolument nécessaire afin de pouvoir créer une meilleure coordination et d’assurer une synergie entre les acteurs dès le début de l’instruction d’un projet ou programme et de rassembler conjointement les idées et expériences pour élaborer un programme et définir un objectif commun. Dans ce cas, la translation des succès obtenus pourrait s’opérer à plus grande échelle et les résultats amèneraient par conséquent à une mobilisation de plus d’acteurs et de ressources financières. Madagascar occupe une place dominante dans l’ouest de l’océan Indien mais en s’alliant à un processus d’intégration régionale tourné vers la conservation et la gestion des ressources marines, la sécurité alimentaire, les échanges de connaissances et le renforcement des capacités, elle identifiera d’autres moyens pour atteindre son objectif

    A conservation assessment of Rousettus madagascariensis (Grandidier, 1929, Pteropodidae) roosts in eastern Madagascar

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    We visited four cave roosts of the near threatened, and endemic, fruit bat Rousettus madagascariensis over a five year period and found major threats to the bats from hunting and deforestation. The conservation of this species is particularly challenging because it is legally hunted inside its cave roosts. Although provisional protected area status was obtained for two sites with community support, hunting continued. R. madagascariensis roosts were associated with humid forest and the loss of vegetation around caves rendered them unsuitable for the bats at two abandoned sites. A few individual hunters can have a rapid and destructive impact on R. madagascariensis roosts and future initiatives in this area should involve working with hunters to develop realistic solutions to reduce hunting. These efforts need to be supported by habitat protection measures.  RÉSUMÉ L’espèce de chauve-souris frugivore Quasi Menacée Rousettus madagascariensis est endémique à Madagascar. Nous avons étudié quatre gîtes dans des grottes où cette espèce a établi des dortoirs diurnes en procédant à des visites multiples au cours d’une période de cinq ans et avons trouvé que la chasse et la déforestation constituaient les principales menaces pesant sur R. madagascariensis. La conservation de cette espèce est particulièrement difficile dans la mesure où la chasse dans ses dortoirs ou gîtes est permise. Bien que les deux sites abritant l’espèce bénéficient du statut de Nouvelle Aire Protégée avec le soutien de la communauté locale, la chasse ne cesse de s’intensifier. Les gîtes de R. madagascariensis sont associés à la forêt humide, de sorte que la disparition de la végétation arborée autour de deux de ces gîtes les a rendus impropres à héberger R. madagascariensis qui a fini par les abandonner. La disparition de la végétation arborée autour du gîte pourrait être à l’origine d’un changement de microclimat à l’intérieur de la grotte qui constitue le gîte diurne. Les activités de certains chasseurs peuvent aussi avoir un impact destructif rapide sur les gîtes de R. madagascariensis et des initiatives à mener conjointement avec les chasseurs sont nécessaires pour élaborer des mesures réalistes afin de réduire la chasse. De tels efforts doivent être étendus et appuyés par des mesures de protection de l'habitat car plusieurs autres gîtes pourraient exister dans les forêts du versant est de Madagascar et subir les mêmes pressions anthropiques. Des recherches récentes ont également montré que l’histoire naturelle de R. madagascariensis est étroitement liée à la forêt naturelle, de sorte que la perte de la biodiversité de la forêt naturelle malgache menace les plantes dont se nourrit cette espèce ainsi que l’équilibre de l’ensemble de l’écosystème dont elle dépend.

    Une année internationale des forêts, est-ce bien utile?

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    Editorial pour MCD 6:

    Whole Issue Volume 6|2

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    Tortoises: in situ versus ex situsParticipatory Fishery AssessmentRosewood Stocks Scrutinize

    Lois et règlements sur la faune sauvage à Madagascar : Progrès accomplis et besoins du futur

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    In many countries wildlife species are threatened by hunting for meat or collection for the pet trade. Wildlife laws which control where these activities can occur, limit the timing of exploitation, or provide strict protection for some species are therefore an important component of the conservation strategy. However it is important that these wildlife laws reflect the ecology and threat status of the species concerned, and that they are aligned with any relevant international conventions. In this article we discuss the legal framework for exploiting and protecting tetrapod species in Madagascar. We review the 2006 update to wildlife legislation with respect to international treaties, other national legislation and the IUCN Red List of Threatened Species. We also present a summary of the different categories of hunting (sport, commercial, scientific, and subsistence) and the control of hunting in protected areas. Madagascar has a sound legal framework for the use and protection of wildlife and the classification of species into protected, pest and legally hunted is clear and mostly fits well with the species’ classification according to the IUCN Red List and CITES. A revision of the protected species list managed is needed however to (i) include marine mammals that are protected by fisheries law and the Convention on Migratory Species and to (ii) better reflect the rights of people whose livelihoods rely heavily on the income or protein derived from hunting animals. Renewed effort to communicate and enforce wildlife legislation is needed, especially regarding the illegal hunting and export of protected species. This would also support the ongoing initiative to expand the protected area system and could be integrated into a revised National Biodiversity Strategy and Action Plan that Madagascar should produce for 2011-2020 as part of its commitment to implementing the Convention on Biological Diversity. RÉSUMÉLes lois et règlements déterminant les niveaux de protection des espèces de la faune et de la flore sauvages sont des indicateurs importants de l’importance qu’accorde un pays à la conservation de sa biodiversité. Dans cette revue, nous évaluons la cohérence entre les lois et règlements portant sur la gestion de la faune sauvage à Madagascar, en considérant la législation nationale, les conventions internationales ratifiées et la Liste Rouge de l’UICN pour les confronter aux réalités locales. Suite à nos analyses, nous pouvons conclure que Madagascar dispose d’un cadre juridique adéquat pour réglementer la protection et l’exploitation des animaux sauvages. Cependant, des révisions et mises à jour sont nécessaires, particulièrement en ce qui concerne la liste des espèces dans les différentes catégories et la facilitation de la mise en application de la loi

    Volume 6 Issue 1

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    Marine Conservation Facing ChangeSedimentation Threatening Lake KinkonyTerrestrial Fauna Legislation Revisite

    Understanding local differences in small-scale fisheries: a comparison of two fishing settlements in Antsiranana Bay, northern Madagascar

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    The small-scale fishery in Antsiranana Bay, northern Madagascar, constitutes a very active industry with fishers using multiple methods based on traditional techniques. In this first study of the fishing activities in Antsiranana Bay, two villages were surveyed, both through direct observation and by means of interviews with local fishers. Antsisikala is a small zebu-farming village whose inhabitants supplement their income through small-scale fishing, whereas Ramena is primarily a fishing village that also caters for tourism. Our results show that fishers from both villages target multiple species of reef associated fish as well as invertebrates, and use a variety of fishing gears including hook and line, gill nets, beach seine nets, spearguns and traps. There were significant differences in the types of fishing gear preferentially used and catch sizes between the two villages, as well as in opinions regarding possible measures to utilise the marine resources more sustainably. We therefore stress the importance of understanding the local differences between small-scale fisheries and their impacts on the reef in order to design more effective management strategies.     RÉSUMÉ La pêche artisanale dans la baie d'Antsiranana, au nord de Madagascar est une activité répandue parmi les pêcheurs qui utilisent des moyens diversifiés généralement basés sur les techniques traditionnelles. D’ordinaire, on considère que la pêche artisanale a un impact négligeable sur l'environnement par rapport aux pêcheries commerciales à grande échelle. Dans cette première analyse des activités de pêche artisanale dans la baie d'Antsiranana, deux villages situés de part et d’autre de la baie ont fait l’objet d’études, à la fois par le biais d'observations directes et au moyen de questionnaires auprès des pêcheurs locaux. Antsisikala est un petit village situé à l’ouest de la baie qui dépend principalement de l'élevage de zébus mais qui augmente son revenu grâce à la pêche. Le village de Ramena est en revanche situé à l'est de la baie et est essentiellement tourné vers la pêche complétée par quelques activités touristiques. Ces villages ont été choisis pour illustrer la variabilité des niveaux de pression sur les ressources marines et côtières causés par la pêche artisanale. Nos résultats montrent des similarités et des différences entre les deux villages, car si les pêcheurs des deux villages ciblent des poissons de plusieurs familles liés au récif ainsi que diverses espèces d’invertébrés et qu’ils sont conscients d'une baisse de production de la pêche au cours des dernières années, notre étude montre cependant des différences significatives dans les types de matériel de pêche utilisés et dans l’intensité de la pêche entre les deux villages. De plus, les pêcheurs des deux villages ont des avis divergents lorsqu’ils formulent des solutions destinées à permettre l’exploitation pérenne des ressources marines. Les pêcheurs de Ramena utilisent principalement des sennes de plage, tandis que ceux d'Antsisikala emploient surtout une combinaison de méthodes en utilisant aussi bien les lignes que les filets maillants. Le type de matériel utilisé à Ramena conduit à une fréquence de pêche bien plus importante lorsque les catégories de poids plus élevés sont recherchées. Dans la mesure où la population locale continue de croître, les pressions associées à la pêche dans la baie d'Antsiranana continueront d’augmenter, à moins que des mesures efficaces ne soient mises en place. Il est donc essentiel d’établir rapidement un plan de gestion en concertation avec les populations locales, afin d’assurer la longévité de la pêcherie. Pour être efficace, ce plan de gestion devra veiller à considérer les particularités propres des différents types de pêche

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