Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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Early Holocene fauna from a new subfossil site: A first assessment from Christmas River, south central Madagascar
We report on faunal remains recovered during recent explorations at ‘Christmas River’, the only subfossil locality known from Madagascar’s south central plateau. Recovered remains of several extinct taxa date to approximately 10,000 14C years before present (BP), including crocodiles, tortoises, the elephant bird Aepyornis, the carnivoran Cryptoprocta spelea, the lemurs Archaeolemur majori, Pachylemur insignis, and Megaladapis edwardsi, and abundant remains of the dwarf hippopotamus, Hippopotamus lemerlei. The presence of southern – limited, forest – dependent species at Christmas River supports the hypothesis that forest once extended, perhaps discontinuously, across the central highlands towards the west. One theory is that sites in the north central highlands, which are higher in elevation, maintained more mesic conditions during Plio–Quaternary climate shifts than those of the lower elevation sites of the south central highlands. Thus, elevation above sea level may have acted as a filter that limited species dispersal across the island in the past. Such a scenario would explain the distinction between more humid, higher elevation, northern highland subfossil communities versus more arid, lower elevation, southern subfossil communities. Continued exploration at Christmas River thus provides a remarkable opportunity for deciphering ecological changes that have taken place in south central Madagascar during the Holocene. RÉSUMÉ Madagascar est reconnue comme l’une des régions les plus sensibles du monde en ce qui concerne les menaces pesant sur sa biodiversité, et cela à cause de niveaux d’endémisme inégalés, d’une diversité variée et d’un impact humain important sur l’environnement. Suite à la colonisation par l’Homme il y a plus de 2000 ans, des extinctions de masse de la faune et un important recul forestier ont eu lieu en laissant des marques sur les écosystèmes modernes qui sont dans un état de bouleversement écologique. Certaines plantes endémiques, par exemple, ont perdu d’importantes espèces mutualistes, des animaux ont été obligés d’exploiter d’autres ressources ou habiter des endroits auxquels ils sont mal adaptés. La diversité des plantes et des animaux a diminué, est menacée ou a même complètement disparue de certaines routes de dissémination. Bien que l’Homme soit largement incriminé dans son rôle de déclencheur de ces extinctions massives, les transformations anthropiques qui ont contribué au changement du climat sont controversées. Les hautes-terres de Madagascar sont actuellement dominées par des zones herbeuses étendues qui agissent comme des barrières empêchant les mouvements de la faune de part et d’autre de l’île. Nous suggérons qu’une forêt humide plus ou moins continue devait s’étendre sur les hautes-terres. Des informations paléoécologiques des hautes-terres du Centre sud sont nécessaires pour évaluer cette hypothèse afin de démêler la contribution relative des facteurs climatiques et anthropiques dans les changements paléoécologiques de la région. Cependant, les stations de subfossiles étaient jusqu’alors inconnues dans cette région. Nous présentons ici les résultats de recherches réalisées sur les restes fauniques découverts au cours de fouilles récentes à Christmas River, la seule station de subfossiles connue des hautes-terres du Centre sud de Madagascar. Des restes de plusieurs espèces datant approximativement de 10,000 14C B.P. ont été identifiés dont des restes appartenant à des espèces de crocodile, de tortue, de l’Aepyornis, du carnivore Cryptoprocta spelea, des lémuriens Archaeolemur majori, Pachylemur insignis et Megaladapis edwardsi ainsi que de nombreux restes de l’hippopotame nain Hippopotamus lemerlei. La présence à Christmas River d’espèces sylvicoles endémiques du Sud appuie l’hypothèse de l’existence d’une forêt, certainement discontinue, mais qui s’étendait sur les hautes-terres centrales en se poursuivant vers l’ouest. Une théorie a proposé que les sites septentrionaux des hautes-terres centrales, à des altitudes plus élevées, maintenaient des conditions plus humides au cours des changements du Plio–quaternaire que les sites méridionaux de ces hautes-terres centrales. Ainsi, dans le passé, l’altitude a dû agir comme un filtre qui empêchait la dispersion des espèces d’un endroit à l’autre de l’île. Un tel scénario expliquerait la distinction entre les communautés subfossiles du nord des hautes-terres qui étaient plus humides à haute altitude et les communautés subfossiles du sud aride à basse altitude. La poursuite de l’exploration à Christmas River constitue une occasion unique pour décoder les changements écologiques qui sont intervenus dans le Sud de cette région centrale de Madagascar au cours de l’Holocène
Air photo evidence of historical land cover change in the highlands: Wetlands and grasslands give way to crops and woodlots
Madagascar’s high plateau – where people farm, graze cattle, and set periodic fire in a grass dominated landscape – receives disproportionately little conservation attention. An aerial photograph-based analysis of land - cover change in the latter half of the 20th century, based on a stratified random sample of twenty eight sites, reveals dramatic trends associated with an increasing human population that is building a cultural landscape of villages and agro-ecosystems to assure its livelihoods. On average across the sample sites, about 23 % of grassland areas present in 1949–1950 were converted to crops fields, farm trees and built - up areas by the 1990s. Of all land - cover transitions, the most dramatic changes included the loss of approximately 60 % of wetlands and 37 % of riparian forests. These land covers, which are dispersed along the fine - grained dendritic stream network, are habitat for crayfish, frogs, and other fauna, yet are also prized locations in the rice - based Malagasy agricultural system. The results of this study suggest that attention be given to highland grassland, wetland and riparian forest ecosystem restoration and conservation; however, any on - the - ground initiatives should incorporate respect for local needs and allow sustainable use of these ecosystems, given their cultural and subsistence importance. RÉSUMÉ Les hautes terres malgaches, dominées par une végétation herbacée, sont des paysages fortement marqués par la gestion productive qu’y exerce l’Homme ; qu’il s’agisse des pratiques culturales, de l’élevage ou de la manipulation des régimes du feu. Cette région ne reçoit généralement pas d’intérêt pour la conservation de la biodiversité. Cet article présente les résultats d’une étude régionale de changement d’occupation des sols et des dynamiques des formations végétales des hautes terres au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. L’étude est basée sur l’analyse de photographies aériennes prises entre 1949–1950 et 1990–1993 de 28 parcelles de 10 km2 sélectionnées dans un échantillon aléatoire et spatialement stratifié. Les résultats confirment plusieurs tendances liées à l’implantation d’une population agricole croissante : 23 pourcent du terrain qui était couvert de formations graminéennes (herbeuses) en 1950 ont été remplacés par des champs pour l’agriculture, des plantations arborées et des zones résidentielles. Mais la catégorie de couverture végétale qui a été transformée le plus fortement est les zones humides (les marécages), dont la superficie a diminué de 60 pourcent. De plus, 37 pourcent de la superficie des forêts ripicoles ont disparu. Ces deux catégories de végétation humide, qui sont représentées par des parcelles de faible superficie distribuées le long du réseau hydrographique des hautes terres, sont des habitats importants pour les écrevisses, les amphibiens et d’autres éléments de la faune et de la flore. Ce résultat suggère que les efforts de conservation sur les hautes terres devraient se concentrer plus sur les zones ouvertes, les zones humides et les forêts ripicoles qui subsistent, au lieu de se concentrer sur les îlots de forêt sempervirente (qui, dans notre analyse, ont perdu 33 pourcent de leur superficie, mais qui sont bien représentés et protégés dans l’est du pays) ou de se focaliser sur les forêts sclérophylles (les bois de tapia, pour laquelle notre analyse confirme la stabilité). Étant donné l’importance culturelle et alimentaire des zones humides pour le système agricole (et surtout rizicole) des Malgaches, toute action de conservation doit d’abord chercher à respecter les besoins et les droits des habitants des zones rurales
Debunking three myths about Madagascar’s deforestation
After more than three decades of describing, explaining, and tackling deforestation in Madagascar, the problem persists. Why do researchers, practitioners, politicians, and farmers remain perplexed about this problem? This essay offers that our collective thinking of the past three decades has inadvertently perpetuated three myths. The first is that farmers are central agents of deforestation. The second is that the Malagasy state has the capacity and willingness to address the problem. And the third is that Madagascar is unique, especially relative to the rest of Africa. This essay examines each of these established ‘truths’ in an effort to overcome deforestation and all the degradation – environmental, social, and economic – that accompanies it. It argues that the assumptions behind conservation policies and projects are perpetuated by a class of powerful domestic and foreign individuals whose interests are best served by not questioning their validity. It concludes that fighting deforestation from now on must entail a deliberate, collective effort to question these assumptions and a willingness to open up the thinking to farmers and fellow Africans. RÉSUMÉ Le problème de la déforestation persiste à Madagascar et cela malgré les efforts acharnés des chercheurs, des professionnels du développement et de la conservation, des dirigeants politiques et des paysans qui, conjointement ou individuellement, essaient de décrire, d’expliquer et de résoudre ce problème depuis plus de trente ans. Pourquoi restent-ils donc tous désemparés face à ce sujet ? La présente analyse démontre qu’au cours des trente dernières années, nous avons collectivement commis un impair en perpétuant trois mythes. Le premier, selon nous, est d’avoir admis que les fermiers sont les principaux responsables de la déforestation. Ensuite, nous avons crû que l’État malgache avait la capacité et la volonté de remédier à la situation. Enfin, nous avons pensé que Madagascar est différente du reste de l’Afrique. Ce travail examine chacune de ces ‘vérités’ établies afin de mieux appréhender les problèmes de la déforestation et des dégradations environnementale, sociale et économique qui les accompagnent. Le principal argument est basé sur l’hypothèse qui veut que la politique et les projets de conservation sont défendus par une classe puissante composée à la fois de décideurs nationaux et étrangers qui ne mettent pas en question la validité de ces mythes afin de ne pas desservir leurs propres intérêts. En conclusion, pour combattre la déforestation, il faudra dorénavant remettre en question de manière collective et délibérée ces présuppositions et faire preuve de volonté pour inclure les fermiers et les Africains dans la réflexion
The Alcyonacea (soft corals and sea fans) of Antsiranana Bay, northern Madagascar
During the past two decades, the Alcyonacea (soft corals and sea fans) of the western Indian Ocean have been the subject of numerous studies investigating their ecology and distribution. Comparatively, Madagascar remains understudied. This article provides the first record of the distribution of Alcyonacea on the shallow fringing reefs around Antsiranana Bay, northern Madagascar. Alcyonacea accounted for between one and 16 % of the reef benthos surveyed; 11 genera belonging to four families, and several unidentified gorgonians (sea fans) were recorded. Abundant and diverse Alcyonacea assemblages were recorded on reefs that were exposed with high water clarity. However, abundant and diverse communities were also observed on sheltered reefs with low water clarity, high sediment cover and relatively low hard coral cover, implying potential competitive advantage under these conditions. Where prevailing environmental conditions were relatively moderate, the Alcyonacea assemblages were generally characterised by low diversity and an abundance of Sinularia and Sarcophyton. Because of the current lack of knowledge about the coral reefs in Antsiranana Bay, it was not possible to suggest any appropriate management actions. We propose that this account should be built upon with similar studies of other reef taxa. This series would address the paucity of published information from this part of the western Indian Ocean, and would provide the baseline information necessary to inform future management plans for the area. RÉSUMÉL’intérêt porté aux Octocoralliaires et leurs propriétés ne cesse de croître à l’échelle mondiale, en étant à la fois prisés par l’aquariophilie mais également recherchés dans la recherche médicale. Durant les deux dernières décennies, les Octocoralliaires de la région sub-équatoriale de l’Afrique de l’Est ont fait l’objet de nombreuses études portant sur leur écologie et leur distribution, mais, le nord de Madagascar restait très peu étudié. Cet article décrit pour la première fois l’abondance, la diversité et la distribution des Alcyonacea et des Gorgonacea rencontrés dans la baie d’Antsiranana, l’une des plus grandes baies naturelles du monde, et fournit ainsi des informations essentielles sur la région pour le développement éventuel de stratégies de conservation. Les Octocoralliaires représentent entre 1 et 16% de la couverture benthique des récifs étudiés ; onze genres d’Alcyonacea, appartenant à quatre familles, et de nombreuses espèces de Gorgonacea (coraux cornés) ont été enregistrés. Il a été observé que les récifs les plus exposés avec les eaux les moins turbides étaient favorables à une biodiversité d’Octocoralliaires plus élevée. Toutefois, des communautés abondantes et diverses d’Octocoralliaires ont également été observées sur des récifs protégés aux eaux relativement turbides avec des niveaux de sédimentation et une présence d’algues élevés, mais avec une faible couverture de coraux durs (Scléractiniaires) ; ceci pourrait impliquer un certain avantage compétitif des Octocoralliaires dans de telles conditions. Là où les conditions environnementales étaient modérées, les assemblages d’Octocoralliaires étaient généralement caractérisés par une faible biodiversité et une forte abondance d’espèces des genres Sinularia et Sarcophyton. Par manque de connaissances des récifs coralliens de la baie d’Antsiranana, il n’a pas été possible de conduire des études similaires sur les autres taxons. Toutefois, cette étude présente les premières données de base, qui lorsqu’elles seront complétées par d’autres études plus approfondies, pourront fournir les informations nécessaires à l’élaboration de plans de gestion appropriés pour la baie d’Antsiranana
Participatory assessment of the Toliara Bay reef fishery, southwest Madagascar
In order to ensure the sustainable management of reef fisheries, it is necessary to obtain data about the effects of these fisheries on both fish resources and the ecosystems that sustain them. Ecosystem-based surveys provide this information, but are difficult to implement because of technical, financial and human resources requirements. In this regard participatory assessment methods have the potential to increase the amount of data collected at low cost, while taking advantage of local traditional ecological knowledge. In order to investigate the reef fishery of Toliara Bay, southwest Madagascar, we used participatory fish survey and interview data collected on site. These methods included: (i) monitoring of catch landings during six months by wholesale fish merchants, (ii) household surveys of fishing catch and effort and fish consumption conducted by school children, and (iii) semi-structured interviews of reef users. One thousand five hundred and eighty six fishing trips were sampled between September 2006 and February 2007, 326 households were surveyed by trained school children in January 2007, and 70 reef users were interviewed in July/August 2006. Data collected by participants have been compiled and compared to reference values when available, allowing an assessment of the sustainability of the reef fishery. The results of this study confirm the unsustainable nature of resource exploitation and underline the need for rapid management responses in order to reverse this trend. It also highlights the great potential of participatory assessment methods for gathering large amounts of relevant information on the status and evolution of the ecosystem upon which the fishery depends, while promoting education and awareness about the protection and sustainable use of natural resources. RÉSUMÉ Bien que les pêcheries récifales ne contribuent que marginalement aux captures de pêche mondiales, elles restent une source majeure de revenus et de protéines pour des millions de personnes, en particulier dans les pays en voie de développement. Afin de s’assurer de la bonne gestion de ces pêcheries, il est nécessaire de disposer d’informations sur l’état des ressources et des écosystèmes dont elles dépendent. Mener de telles études est d’autant plus compliqué que les pêcheries en milieu corallien portent sur un large éventail de stocks et d'espèces de poissons, concernent de nombreux pêcheurs et supposent diverses méthodes de captures, et empruntent un grand nombre de canaux de distribution. De plus, ces pêcheries sont souvent considérées de moindre valeur par les gouvernements qui leur octroient donc peu de moyens humains et financiers. Face à ces problèmes, l’implication de la société civile dans les programmes de suivi, appelé suivi participatif, semble en mesure d’apporter des solutions, d’autant que les suivis participatifs présentent l’avantage d’accroître le nombre de données collectées à moindre coût, tout en profitant des connaissances écologiques empiriques qui sont disponibles localement. Afin d’évaluer la pérennité de la pêcherie récifale de la baie de Toliara dans le sud ouest de Madagascar, des méthodes de suivi participatif ont été expérimentées. Ces méthodes consistent à mettre en œuvre : (i) des suivis des débarquements pendant six mois impliquant des mareyeuses, (ii) des enquêtes auprès des ménages, réalisées par des écoliers préalablement formés, afin de recueillir des informations sur l’effort de pêche, les captures et la consommation de poisons, (iii) des entretiens semi-directifs avec des usagers du milieu marin. Ainsi, entre 2006 et 2007, 1586 sorties de pêche ont été échantillonnées, et 326 ménages et 70 usagers ont fait l’objet d’enquêtes. Les données collectées par les membres de la communauté locale ont été analysées afin d’évaluer la pérennité de la pêcherie dans la baie de Toliara. Les résultats de l’étude confirment une exploitation non pérenne et soulignent la nécessité de mettre en place des mesures de gestion afin d’inverser la tendance de détérioration des écosystèmes de la baie. Il ressort également de cette étude que l’implication de la société civile s’avère être pertinente pour recueillir des informations sur les pêcheries récifales à faible coût. En effet, de part le nombre, la qualité, la variété et la pertinence des informations produites, les suivis participatifs contribuent utilement à l’évaluation des pêcheries récifales. Cette expérience met également en évidence le fort potentiel des suivis participatifs à contribuer au renforcement des connaissances et des capacités des communautés locales dans le domaine de la gestion des ressources marines. Ainsi, face au difficile contexte socio-économique et politique qui prévaut actuellement à Madagascar, cette approche s’avère particulièrement prometteuse pour améliorer la gestion des pêcheries traditionnelles grâce à la production d’informations sur ces pêcheries et une plus grande implication des communautés locales dans le processus de gestion
Wasted efforts: why captivity is not the best way to conserve species
Conservation strategies of Malagasy turtles and tortoises are based principally on the captive-breeding of these species, with the ultimate aim of their possible reintroduction in the wild. Given the current precarious conservation status of endemic Malagasy turtle and tortoise species, it is clear that approach has been a failure. Instead of being used to complement in situ approaches, for a number of years captive-breeding efforts have been used as an alternative. It is essential to develop conservation strategies for these species based on empirical data, and not only on the subjective vision of NGOs with a strong interest in ex situ conservation approaches. It is only by fighting the causes of decline of Malagasy chelonian species in the wild that they will be able to be saved. RÉSUMÉLes stratégies de conservation des tortues malgaches reposent principalement sur l’élevage en captivité de ces espèces, en vue de leur possible réintroduction dans la nature. Force est de constater que cette approche a conduit à un échec, au regard du statut actuel, particulièrement précaire, des tortues endémiques malgaches. Au lieu d’appuyer les efforts de conservation in situ comme il se doit, l’élevage en captivité s’est substitué à eux, et ce depuis de nombreuses années. Il est désormais essentiel d’élaborer les stratégies de conservation de ces espèces sur la base de données empiriques, et non plus sur la seule vision subjective d’ONGs présentant un fort intérêt pour l’approche ex situ. C’est seulement en combattant les causes du déclin des tortues malgaches qu’il sera possible d’assurer leur survie
Preliminary fish survey of Lac Tseny in northwestern Madagascar
We surveyed the fish fauna of Lac Tseny, in the Sofia Region of northwestern Madagascar, during October 2010 by observing commercial catches and targeted netting of areas used by endemic species. We recorded seven native fish species at the lake, including three endemic cichlids, a herring and a catfish. We confirmed the continued survival of the Critically Endangered Paretroplus menarambo, as well as the presence of a Paretroplus taxon that may be new to science. The commercial fishery in the lake is sustained by introduced tilapiines and the native Savagella robusta. The three endemic cichlids (Paretroplus spp.) were not targeted by commercial fishermen, but when caught in small numbers were retained for domestic consumption. Submerged trees in the west of the lake restrict fishing with nets and probably provide important habitat for P. menarambo. Priority next steps at the lake include (i) additional surveys and biological studies of the endemic fish species and the Critically Endangered Madagascar big-headed turtle, Erymnochelys madagascariensis, (ii) clarification of the taxonomic status of Paretroplus cf. kieneri and, should it prove a new taxon, its formal scientific description, and (iii) continued engagement with fishing communities and authorities to promote practices that benefit livelihoods and the survival of threatened fish species. RÉSUMÉ La composition spécifique de l'ichtyofaune du lac Tseny, dans l'ouest de Madagascar (région de Sofia) a été inventoriée au cours du mois d’octobre 2010, en observant les prises des pêcheurs et des pêches ciblées sur les espèces endémiques. Sept espèces de poissons indigènes ont été observés, dont trois cichlidés endémiques (Paretroplus menarambo, Paretroplus lamenabe et Paretroplus cf. kieneri), un hareng indigène (Sauvagella robusta) et un poisson-chat (Arius madagascariensis). Deux de ces espèces sont classées comme Menacées dans la Liste Rouge de l'UICN : P. menarambo est une espèce en Danger Critique d’Extinction qui n’est connue que du lac Tseny et A. madagascariensis est une espèce en Danger d’Extinction et endémique de la région de Sofia. Un des poissons que nous avons inventorié dans le genre Paretroplus semble être une forme non décrite. Les pêcheurs ont indiqué que P. menarambo est associé à des arbres immergés le long de la rive occidentale du lac qui offrent un habitat propice à la reproduction et à l'alimentation. Ces arbres immergés empêchent l'utilisation des filets pour la pêche et limitent ainsi la pression de pêche qui s’exerce sur cette espèce. Les trois espèces endémiques de Paretroplus sont prisées par les pêcheurs qui les gardent pour leur consommation personnelle plutôt que de les vendre. La pêche commerciale pratiquée dans le lac semble pérenne grâce à la présence de tilapias allogènes et du hareng indigène (Sauvagella robusta) qui approvisionnent les marchés de poisson local (Tsaratanana), régionaux (Boriziny et Mandritsara) et national (Antananarivo). Les populations locales ont rapporté que la surpêche, l'immigration, l’utilisation illégale de filets à petit maillage et le non respect de la saison de fermeture de la pêche étaient les principales menaces pesant sur l’ichtyofaune du lac Tseny. Une baisse de la pêche commerciale pourrait entraîner une ruée vers les espèces endémiques et l'ouverture des zones d’arbres immergés pour la pêche. Le lac Tseny abrite un assemblage unique de poissons qui doivent être protégés dans leur habitat qui est essentiel aux cichlidés endémiques par le maintien d'une pêche commerciale pérenne. Les prochaines étapes à mener en priorité pour le lac incluent : (i) des études supplémentaires sur la biologie des poissons endémiques et de la Podocnémide de Madagascar (Erymnochelys madagascariensis), une tortue en Danger Critique d’Extinction, (ii) la clarification du statut taxinomique de Paretroplus cf. kieneri qui pourrait être une nouvelle espèce et sa description, le cas échéant, et (iii) l’engagement continu avec les communautés de pêcheurs et les autorités locales pour promouvoir des pratiques équitables en faveur des populations riveraines et pour la survie des espèces de poissons menacées
Analyses de la dégradation du lac Kinkony pour la conservation du Complexe des Zones Humides Mahavavy-Kinkony, Région Boeny, Madagascar
The Mahavavy-Kinkony wetland complex is an ecologically diverse and economically critical habitat assemblage. Despite recently receiving national protection, the ecological integrity of Lake Kinkony is threatened by the conversion of adjacent, unprotected lands into rice paddies. Conversion to aqua-cultural lands eliminates reed beds which provide favoured habitat for numerous endemic and endangered avian, fish and reptilian species, including Amaurornis olivieri, Paretroplus dambabe, P. kieneri and Erymnochelys madagascariensis. This research identified the physio-chemical sources and extent of degradation and evaluated the associated impacts on endangered wildlife. Employing digital environmental data within a Geographic Information System, the historical extent of reed habitat (circa 1949) was compared to distribution identified through fieldwork in 2008, indicating an areal loss of 80%. Results indicate the primary contributor to reed loss was increased turbidity associated with erosion. The continuing decrease in marsh habitat facilitated by an increase in erosion poses significant threats to already endangered wildlife. However, while the reduction in marsh area was shown to reduce habitat availability for Amaurornis olivieri, observations imply this species does not occupy all potential reed habitats and that territorial preferences and tolerance towards turbidity need to be understood to accurately determine the magnitude of threat. Despite the need for continued research, information representing agents of change and their associated ramifications on fauna is essential for developing regional conservation and natural resource management strategies. In particular, anti-erosion management of the most vulnerable water catchment areas and restoration activities within the most severely degraded marshes are prescribed. RÉSUMÉ Le lac Kinkony fait partie des habitats clefs pour la biodiversité du Complexe des Zones Humides Mahavavy-Kinkony, une des Nouvelles Aires Protégées prioritaires qui doit être mise en place à Madagascar. Malgré les pressions anthropiques comme la conversion des zones marécageuses en rizières et la surpêche qui s’exercent sur le lac, le lac joue un rôle économique et écologique important dans la région. La présente recherche a permis d’identifier les changements physico-chimiques importants de ce biotope lacustre afin d’évaluer les menaces qui pèsent sur sa faune afin de fournir aux décideurs les éléments nécessaires à l’élaboration des stratégies de conservation de ses ressources biologiques. Les analyses ont été basées sur l’utilisation des outils d’investigation spatiale comme le Système d’Information Géographique et la Télédétection, appliquées plus particulièrement sur le lac Kinkony, à savoir le plan d’eau et les zones de phragmites de son pourtour marécageux. Les résultats obtenus, nous ont permis d’estimer une forte réduction de la superficie occupée par les phragmites, de l’ordre de 80% entre 1949 et 2008. Les principales sources de sédiments qui contribuent à la turbidité de l’eau du lac proviennent de l’érosion des bassins versants situés au Sud du lac. Les dépôts apportés par les rivières au cours des temps ont provoqué l’envasement du lac et la réduction progressive de la profondeur des zones d’entrée, au niveau de la confluence du plan d’eau avec ces rivières. La réduction de la superficie des phragmitaies couplée à l’érosion constituent ainsi les principales menaces écologiques qui affectent le lac Kinkony. Si l’évaluation précise du degré d’impact de ces changements et leur éventuelle synergie sur la biologie de la faune menacée requièrent de plus amples recherches, des aménagements anti-érosifs sur les quatre bassins environnants les plus vulnérables et des restaurations de phragmitaies sont proposés pour la conservation de la biodiversité du lac Kinkony
Population study of Pyxis arachnoides brygooi (Vuillemin & Domergue, 1972) in the area surrounding the Village des Tortues, Ifaty-Mangily, southwest Madagascar
The Madagascar spider tortoise (Pyxis arachnoides spp.) is faced with the threat of habitat destruction as well as the international pet trade. Habitat requirements and population structure of this species are largely unknown. Detailed studies have so far concentrated on the subspecies Pyxis arachnoides arachnoides. The present study surveyed a population of the western subspecies Pyxis arachnoides brygooi during the wet season from February to April 2008. The survey was carried out in the forest of Ifaty - Mangily, 20 km north of Toliara, and supported by a local tortoise centre, the Village des Tortues. Population densities were estimated from transect counts and plot surveys; they range from 0.33 to 1.72 animals per hectare. Both sexes were evenly represented in the field during the research period. Three individuals of the subspecies Pyxis arachnoides arachnoides were detected during this field survey. Their presence might be due to a transitional zone of both subspecies in the area of research. RÉSUMÉLa tortue araignée de Madagascar, Pyxis arachnoides spp. est menacée par la destruction de son habitat naturel et par les collectes illicites de spécimens destinés au commerce. Les besoins écologiques et la structure de la population naturelle de cette espèce sont encore peu connus. Jusqu’à présent, la plupart des études effectuées se sont concentrées sur la sous - espèce nominative Pyxis arachnoides arachnoides. La présente étude a été réalisée dans la partie sud-ouest de Madagascar, dans la forêt d’Ifaty-Mangily, à 20 kilomètres au nord de Toliara pendant la saison humide, entre février et avril 2008 sur une population de Pyxis arachnoides brygooi. Les travaux sur le terrain ont été effectués en coopération avec le « Village des Tortues » qui est un centre d’élevage et de sauvegarde des tortues confisquées par les autorités malgaches. La densité de la population étudiée sur le terrain varie de 0,33 à 1,72 individus par hectare ; cette estimation a été faite en se basant sur le suivi par transects et de parcelles d’une superficie d’un hectare. Le sexe ratio de ces tortues était équilibré au cours de la période d’étude. Les tortues ayant une longueur de carapace inférieure à 90 mm ont été classées en tant que juvéniles ou sub-adultes dans la mesure où ces individus ont été difficiles à sexer. La taille des individus recensés pendant cette étude varie de 37 à 122 millimètres et les femelles étaient en moyenne plus lourdes que les mâles. La présence des trois individus de Pyxis arachnoides arachnoides recensés dans la zone de recherche pourrait résulter d’une zone de transition entre les différentes sous-espèces
Stocks de bois précieux de Madagascar – quelle voie emprunter ?
Après avoir culminé en 2009 et 2010, l’exploitation de bois de rose a ralenti suite à une interdiction d’exportation adoptée par le gouvernement de transition de Madagascar (HAT) en réponse à la pression internationale croissante se référant au trafic illégal de bois de rose causant la destruction des forêts officiellement protégées. Le principal de ces bois précieux illégaux était destiné à la Chine. À la suite de l’interdiction d’exportation, un volume conséquent de bois de rose est à présent stocké dans les villages et les ports le long de la côte nord-est de Madagascar, sachant cependant que le volume exact n’est pas bien défini dans la mesure où l’inventaire est en cours et que le processus ouvre ainsi la possibilité d’ajouter de nouveaux bois fraîchement exploités aux stocks anciens. Cela signifie qu'il n’existe pour le moment aucune estimation précise du volume de bois précieux exploités sous un permis (et à l’extérieur des limites des aires protégées) ou de manière illégale à l’intérieur des limites des aires protégées. Le 25 août 2011 une réunion se déroulant dans la région SAVA entre les représentants de la HAT et les trafiquants de bois de rose a révélé que le gouvernement voulait mettre un terme au trafic illégal et n’autorisait donc plus aucune exportation de bois de rose. Dans un avis du 12 juillet 2011, l’UNESCO a proposé d’éliminer tous les stocks dans un délai de 12 à 18 mois suivant leur saisie ; entre temps, la Banque mondiale cherchait comment vendre ces stocks de bois illégaux de façon responsable et transparente afin de financer les efforts destinés à protéger la biodiversité des forêts humides de Madagascar. À ce stade, on ne sait pas comment la HAT va gérer ce stock de bois précieux. Le journal MCD observe le processus et voudrait donner la parole à quelques experts et praticiens impliqués dans cette crise du bois de rose. Madagascar’s rosewood stocks – which way to go? After peaking in 2009 and 2010, rosewood logging has slowed due to an export ban enacted by Madagascar's transitional government (HAT) in response to growing international pressure over the illegal traffic of rosewood causing the degradation of the country’s formally protected forests. Most of the illegally sourced rosewood was destined for China. As a consequence of the export ban much of the rosewood is now sitting in villages and ports along the northeastern coast of Madagascar, and it is not clear how much of the rosewood stock has been inventoried by authorities given that it is an ongoing process, leaving open the possibility that newly-logged wood is being added to stockpiles. This means that currently there is no clear picture of how much of the rosewood is been harvested with permits (i.e., from outside protected areas) or illegally from within protected areas.On 25 August 25 2011 a meeting in the SAVA region between HAT representatives and the rosewood traffickers revealed that the government wants to stop the illegal traffic and consequently will not allow any further exportation of rosewood. In a paper issued on 12 July, UNESCO proposed to eliminate all of the stocks within 12-18 months of the seizure of the wood; in the meantime, the World Bank is exploring a way to responsibly and transparently sell illegal timber stockpiles as a means to finance efforts for conserving Madagascar’s rainforest biodiversity. At this point, it is not clear how the HAT may deal with the stocked rosewood. The journal MCD is observing this process and would like to give voice to some of the experts and practitioners involved in this rosewood crisis.