Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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Approche expérimentale de l’utilisation de glyphosate dans le contrôle de Melaleuca quinquenervia (Myrtaceae), une espèce envahissante dans la réserve communautaire de la forêt d’Analalava-Foulpointe (Madagascar)
Melaleuca quinquenervia, one of the most aggressive invasive species in Madagascar, gains more and more ground and colonizes wetland environments around the New Protected Area of the Analalava forest in Foulpointe. Concerns over its invasion increase and even if eradication seems already impossible, we must now find an effective solution to control its expansion towards the protected area. Only chemical control may be considered for this species, given its resilience to cutting and fire. This study aims at identifying the best protocol for the use of glyphosate in controlling the invasion of M. quinquenervia in the Analalava forest in Foulpointe. Five solutions of different concentrations of glyphosate, S1 (0 g/l), S2 (90 g/l), S3 (180 g/l), S4 (270 g/l), and S5 (360 g/l) were tested on 200 individuals, or 40 individuals for each solution. Glyphosate solutions were applied on the cut surface of the trunk of an individual using either a brush or a sprayer. The controls were done for four months by observing the status on treated individuals and the impacts of the treatment on non - target plants. Most individuals treated are dead, showing an 85 % rate mortality. Some non - target plants were affected (19 % of the surveyed ones), regardless of the concentration of active ingredient glyphosate and of the equipment used. From these experiments, the best protocol for the glyphosate use is a concentration of 90 g/l of the active ingredient applied to the cut surface of the trunk treaty using a brush. Résumé Le Niaouli Melaleuca quinquenervia est une des espèces envahissantes les plus agressives à Madagascar et elle gagne de plus en plus de terrain en colonisant des milieux marécageux autour de la Nouvelle Aire Protégée de la forêt d’Analalava Foulpointe. L’inquiétude sur son envahissement augmente, et même si l’éradication paraît d’ores et déjà impossible, il convient de trouver dès maintenant une solution efficace pour contrôler son expansion jusqu’à l’aire protégée. Seul le contrôle chimique peut être envisagé pour cette espèce qui fait preuve d’une grande résilience face à la coupe et au feu. Cette étude vise à identifier le meilleur protocole d’utilisation de glyphosate dans le contrôle de l’invasion de M. quinquenervia dans la forêt d’Analalava Foulpointe. Cinq solutions de glyphosate de concentrations différentes, S1 (0 g /l), S2 (90 g/l), S3 (180 g/l), S4 (270g/l) et S5 (360g/l) ont été testées sur 200 individus, soit 40 individus pour chaque solution. Les solutions de glyphosate sur la surface coupée du tronc d’un individu ont été appliquées soit au pinceau, soit au pulvérisateur. Des suivis ont été faits pendant quatre mois, observant l’état des individus traités et l’impact du traitement sur les plantes ligneuses environnantes. La plupart des individus traités sont morts, présentant plus de 85% de taux de mortalité. Certaines plantes non ciblées ont été touchées (19 % des individus recensés), quel que soit la concentration en ingrédient actif de glyphosate et l’équipement utilisés. De cette expérience, le meilleur protocole d’utilisation de glyphosate est la concentration de 90 g/l de l’ingrédient actif appliquée sur la surface coupée d’un tronc traité en utilisant un pinceau.
Environmental education in its infancy at Lake Alaotra, Madagascar
Madagascar is renowned for its unique biodiversity but also for the continuous degradation of its natural environment and its high poverty rate. In order to achieve sustainable development, environmental education has been assigned a key role. In the lake Alaotra region, Madagascar’s most important rice and inland fish production area, primary schools are the sole formal education for the majority of the population. In order to gain an overview on the education of ‘tomorrow’s’ resource users, this study assessed the general state of the school system and of environmental education in particular. The focus was on understanding local definitions of environmental education, its application and local perceptions of environmental problems. Over 50 in - depth interviews were conducted using the Funnel approach with teachers from 18 public primary schools. The interviews were supplemented with focus groups and a participatory problem analysis workshop. Teachers in the Alaotra region provided a different definition of environmental education than the United Nations. Their focus is on social aspects rather than the actual problems of the natural environment, which represents a different point of view than non - governmental organizations (NGOs) from abroad, who are the main promoters of environmental education in the area. This indicates that education for sustainable development might be more suitable in the region than the currently promoted environmental education. When developing educational programs, it is important to include the teachers in the development processes to ensure inclusion of local views and needs. This will increase the probability that such programs are locally meaningful and useful. RÉSUMÉSi Madagascar est réputée pour sa biodiversité unique, elle l’est aussi pour la dégradation de son environnement naturel et son taux de pauvreté élevé. L’éducation à l’environnement est un élément important dans l’accès au développement durable. Dans la région Alaotra qui est le principal producteur de riz et de poissons d’eau douce de Madagascar, l’éducation est dispensée presqu’exclusivement par les écoles primaires pour la majorité de la population limitrophe du lac Alaotra. Pour comprendre globalement l’éducation des futurs utilisateurs des ressources, l’étude a évalué la situation qui prévaut dans le système scolaire en général et celui de l’éducation environnementale en particulier. Les travaux se sont concentrés sur les définitions locales de l’éducation environnementale, sa mise en œuvre et les perceptions locales des problèmes environnementaux. Plus de 50 interviews détaillées ont été réalisées avec des enseignants de 18 écoles primaires sous méthode Funnel. Les interviews ont été complétées par des groupes de discussion et un atelier participatif portant sur l’analyse du problème. Les enseignants de la région de l’Alaotra ont énoncé une définition différente de l’éducation environnementale que celle proposée par les Nations Unies. Leur priorité porte davantage sur les aspects sociaux que sur les problèmes de l’environnement naturel lui-même, divergeant ainsi du point de vue des organisations non gouvernementales (ONG) étrangères, qui sont actuellement les principaux promoteurs de l’éducation environnementale dans la région. Il apparait ainsi que l’éducation portant sur le développement durable pourrait être plus appropriée que l’éducation environnementale. Lors de l’élaboration des programmes éducatifs, il est donc important d’inclure des enseignants pour veiller à ce que les visions et besoins locaux soient considérés, ce qui donnera plus de chances aux dits programmes de prendre du sens et de servir leur dessein.
Extension of gray-brown mouse lemur (Microcebus griseorufus) activity period in a disturbed forest in southwestern Madagascar
Habitat disturbances may impact behaviors of animals, including their activity patterns. In southwestern Madagascar, timing of gray - brown mouse lemur activities was investigated in adjacent forests with different levels of human disturbance. Mouse lemurs were encountered more frequently during the second part of the night in the unfenced, more disturbed forest than in the fenced, less - disturbed forest. The extension of mouse lemur activity period in the unfenced forest may be due to differences in forest composition resulting in higher travel costs or a loss of canopy cover which may limit their use of torpor. RÉSUMÉ Les perturbations de l’habitat peuvent avoir un impact sur le comportement des animaux, y compris sur leur rythme d’activité. Le déroulement des activités des microcèbes a été étudié dans des forêts adjacentes du Sud - ouest de Madagascar. Une de ces forêts a été protégée du pâturage par une clôture tandis que l’autre ne profitait pas d’un tel dispositif en étant ainsi nettement exploitée par l’Homme et son bétail. Les microcèbes ont été rencontrés plus fréquemment au cours de la deuxième partie de la nuit dans la forêt non clôturée que dans la forêt clôturée. Bien que cette étude n’ait pas permis de détecter des différences dans la disponibilité des insectes ou des fruits, des évaluations plus détaillées de la composition des espèces d’arbres et l’abondance des insectes sont nécessaires pour déterminer l’impact de la qualité nutritionnelle ou de la distribution des ressources sur les rythmes d’activité des microcèbes dans la forêt non clôturée. D’un autre côté, l’allongement de la période d’activité des microcèbes dans la forêt non clôturée peut être lié à une perte de la couverture de la canopée, elle-même à l’origine d’une élévation des températures diurnes dans la forêt non clôturée qui réduirait la durée pendant laquelle les microcèbes pourraient être en torpeur dans cette forêt.
Recommandations pour une agriculture plus écologique respectant les besoins socio-économiques locaux, région du Menabe Central côte ouest de Madagascar
In the Central Menabe region on the west cost of Madagascar, traditional uses of forest resources create an increasingly open landscape. The current annual rate of loss of Malagasy dense dry forest, the natural forest type of the region, is 0.7 %. Agriculture represents the principal activity of people in Central Menabe, and the main reason for the decrease in forest cover. In the current difficult socio-economical context (81.3 % of the Malagasy population lived under the poverty line in 2010), where a threat to dry forests clearly exists, it is therefore urgent to propose scientifically-sound and participatory recommendations for ecologically sustainable and socio - economically profitable agricultural use of the Central Menabe landscape. The objective of this study is to confirm the hypothesis that a more sustainable form of agriculture – promoting farmers’ permanent use of cultivated fields – would generate high value economic products, and contribute to the socio - economic and environmental needs of the region. To meet this objective, the study answers three research questions: i) What are the principal products of the villager economy? ii) what is the role of traditional agriculture in deforestation?; and, iii) what is the potential for, and the expectations of the local populations towards, more sedentary agricultural techniques? The research uses methods from both social (scoring and questionnaires) and natural sciences (inventories and measures of clearings), and was carried out in six villages representative of the Central Menabe region. Two villages mainly practiced rice cultivation, two mainly carried out slash and burn cultivation (of maize, cassava and peanut), and two practiced both slash and burn and rice cultivation. Half of the villages were situated near a national road and have thus an easy access to regional markets; the three other villages were more remote. In total 120 inhabitants were involved in 72 different scoring exercises and 288 participated in a questionnaire survey. Mann-Whitney and chi - square tests were used to test for statistical significance in observed differences. Analyses confirm that rice is the main pillar of the villager economy in the region, and that – at the village scale – this product serves a strong commercial demand which is not always satisfied. Farmers take a weak interest in the consumption of products from slash and burn cultivation (low demand), although the majority of people that cultivate maize, cassava or peanut perceive slash and burn cultivation as a source of alimentary or financial security (subsistence or sale). Given that the deforestation practice has been illegal since 1988, and the strong pressure of international biodiversity conservation organisations, the role of agriculture in deforestation is clearly a sensitive issue, almost a taboo. This study, however, confirms that nearly all slash and burn farmers (97 %) clear forest to cultivate, which exceeds the rate of clearing for rice cultivation. As the local population is open to more sedentary agricultural alternatives, four recommendations are proposed: i) Rice cultivation should be favoured, valorizing irrigation fields which are still not cultivated; ii) ethnicities who do not cultivate rice can be encouraged to cultivate trees and to use hedges and natural fertilizers. These techniques could favour farmers’ settlement on cultivated fields, increasing agricultural yields and providing highly - appreciated commercial products, such as fruits; iii) new alternatives that could diversify farmers’ income, such as fish farming in existing rice fields, should be favoured in order to improve livelihoods; and iv) the management of cleared forest areas should be set up in a participative way in order to legally satisfy local people’s needs and the protection of natural forests. Résumé Dans le Menabe Central (côte ouest de Madagascar), les paysages forestiers deviennent toujours plus ouverts, le taux de déforestation avoisinant les 0,7 %. La déforestation étant notamment due à des défrichements pour l’agriculture qui est la principale activité de la région, une gestion agricole écologiquement durable apparaît comme une nécessité urgente. Afin de ne pas défavoriser les populations locales vivant dans des conditions socio-économiques difficiles (81,3 % de la population malgache vivait encore en - dessous du seuil de pauvreté en 2010), cet aménagement agricole doit également viser à proposer des recommandations socio - économiquement rentables. Cette étude vise donc à confirmer l’hypothèse selon laquelle une agriculture plus écologique – permettant aux agriculteurs de se sédentariser sur leurs terres et diminuant les défrichements forestiers – qui fournirait des produits économiquement rentables sur le long terme répondrait aux nécessités socio-économiques et écologiques locales. La présente étude conclut en mettant en évidence quatre recommandations : i) La riziculture devrait être privilégiée ; ii) les techniques agro - forestières et les utilisations de fertilisants naturels devraient être encouragées ; iii) des alternatives permettant de diversifier le revenu des populations rurales, telle que la rizipisciculture, devraient être soutenues ; et iv) un aménagement des surfaces sylvicoles défrichées devrait être mis en place de manière participative.
Socio-ecological analysis of natural resource use in Betampona Strict Natural Reserve
Without an adequate understanding of the socio-political context in which a natural environment is embedded, it is impossible to prevent, mitigate and adapt to future unwanted changes in the socio - ecological system. It is advantageous for environmental managers to see the social aspects of the socio-ecological system so that they can understand not only the effects but also the motivations of natural resource use. In Madagascar, lemurs and other mammalian wildlife are hotly contested resources because they are threatened and endemic biodiversity and yet are hunted for food throughout the island. Using semi - structured interviews in nearly 300 households in 19 communities surrounding the Betampona Strict Natural Reserve, our team found that more than 60 % of households had consumed wildlife within the past year, with approximately a quarter of wildlife harvest being illegal and nearly 95 % of wildlife harvest being directed to subsistence consumption and not for sale. Although rates of wildlife consumption were quite low throughout the region, we found a strong effect of the presence of the Madagascar Fauna and Flora Group research station. We found that the rates of wildlife consumption increased by 1.3 times for each kilometer distance from the station. Due to the low rates of wildlife consumption, we did not find a significant impact on human health and anemia (as measured through hemoglobin levels), and very low prevalence of anemia generally compared to other regions of Madagascar. Wildlife consumption does not appear to play a tremendous economic or health role in the communities surrounding this particular protected area, and thus increased enforcement of seasonal infractions of legal species and of all illegal species would be warranted. To improve current levels of nutrition, targeted interventions could focus on domesticated livestock diseases that plague the region. RÉSUMÉLorsque des changements inopinés surviennent dans un système socio-écologique, il est impossible de prévenir, d’atténuer et d’adapter si le contexte socio-politique dans lequel un environnement naturel évolue n’est pas bien compris. Les gestionnaires de l’environnement ont tout intérêt à considérer les aspects sociaux du système socio-écologique de manière à comprendre non seulement les effets de l’utilisation des ressources naturelles mais aussi ce qui motive cette utilisation. A Madagascar, les lémuriens et d’autres mammifères sont des ressources vivement contestées car ces espèces sont menacées et tout en représentant la biodiversité endémique, elles sont cependant chassées pour leur viande sur l’ensemble de l’île. En utilisant des entretiens semi-structurés auprès de 300 ménages dans 19 communautés villageoises de la périphérie de la Réserve Naturelle Intégrale de Betampona, la présente étude a montré que plus de 60 % des ménages avaient consommé du gibier au cours de l’année écoulée dont environ un quart de manière illégale et près de 95 % pour répondre à des besoins de subsistance mais pas pour la vente. Bien que les taux de consommation de gibier étaient plutôt faibles sur l’ensemble de la région, un fort effet de la présence de la station de recherche de Madagascar Fauna and Flora Group a été noté avec des taux de consommation de gibier multipliés par un facteur de 1,3 pour chaque km distant de la station de recherche. En raison des faibles taux de consommation de gibier, aucun impact significatif sur la santé humaine et l’anémie n’a été observé (tel que mesuré par le taux d’hémoglobine) et une prévalence extrêmement faible de l’anémie générale par rapport à d’autres régions de Madagascar. La consommation de gibier ne semble pas jouer un rôle économique ou sanitaire majeur pour les communautés de la périphérie de cette aire protégée en particulier, de sorte qu’il serait justifié d’appliquer plus strictement les lois portant sur le calendrier de chasse du gibier autorisé et l’interdiction de chasser d’autres espèces. Pour améliorer les niveaux actuels de la nutrition, des interventions ciblées pourraient se concentrer sur les maladies des animaux domestiques qui sévissent dans la région.
The future of conservation and development in Madagascar: time for a new paradigm?
The history of conservation policy and practice in Madagascar over the last 30 years shows that the Malagasy government, donors and non - governmental organisations (NGOs) have not been short of bold solutions, with ambitious attempts to involve local communities in resource management as well as expand protected areas. While there have been notable achievements, continued threats to the island’s flora and fauna, as well as the negative impacts that conservation policy has often had on rural livelihoods, show that there is still much to be done. So what are the lessons from the past and the challenges ahead? In this paper I provide a broad overview of recent research in the social sciences on conservation and development in Madagascar. I argue that conservation science and policy have often been based on overly simplistic understandings of human-environment interactions and sometimes even plain myths. This has contributed to a narrow policy vision, with important issues and ecosystems receiving less attention. Furthermore, conservation policy continues to be based on a highly uneven distribution of costs and benefits. In order to address these limitations, research and policy must do more to deal with differences in perceptions, priorities and power and be willing to embrace trade - offs between various conservation and development goals. Résumé L’histoire de la politique et la pratique de la protection de la nature à Madagascar au cours des 30 dernières années montre que le gouvernement malgache, les donateurs, et les organisations non - gouvernementales (ONG) n’ont pas manqué de grandes solutions. Cela inclut l’implication des communautés locales dans la gestion des ressources naturelles ainsi que l’expansion des aires protégées. Malgré des réussites notables, il reste beaucoup à faire car la biodiversité continue d’être menacée et les politiques adoptées ont souvent eu des impacts négatifs sur les moyens d’existence des ménages ruraux. Quelles sont les leçons à tirer du passé et les défis à relever pour le futur ? Au cours des deux dernières années, j’ai eu le privilège d’être le rédacteur et coordinateur d’une publication sur la ‘Conservation et la Gestion de l’Environnement à Madagascar’ (Routledge, Londres). Je me propose de résumer ici les thèmes, les enjeux et les débats qui ont émergé de cette publication. Mon argument principal est que la science et la politique de la conservation à Madagascar ont souvent été basées sur une conception étroite des interactions entre l’homme et l’environnement, en particulier sur les facteurs sociaux, politiques et économiques de l’utilisation des ressources naturelles et la dégradation de l’environnement. Les histoires de crise jalonnent le discours environnemental de Madagascar dans lequel dominent les problématiques. Le leitmotiv le plus commun, qui est aussi le plus problématique, porte sur l’idée que le déboisement de l’île a été de 90%. Ce ‘fait’ est souvent énoncé dans la littérature académique et généralement repris les organisations de conservation de la nature afin de montrer l’urgence du problème de la dégradation de l’environnement. En conséquence les zones herbeuses de l’île sont tout simplement perçues comme des paysages dégradés. Un autre leitmotiv concerne la culture sur brûlis qui est imputée à la pauvreté et une ignorance de ‘meilleures’ pratiques. Ces formules galvaudées ont contribué à une politique aux perspectives restreintes dans laquelle certaines problématiques et des écosystèmes importants ne reçoivent pas les considérations qu’ils méritent. Elles ont également contribué à établir des ‘forteresses de la conservation’ qui sont essentiellement fondées sur l’exclusion des paysans malgaches des zones protégées avec son lot de conséquences sur les moyens d’existence des populations rurales. Malgré les efforts déployés pour impliquer les communautés rurales dans la gestion des ressources naturelles, la politique continue d’aboutir à une répartition inégale des coûts et des avantages. Pour trouver une solution, la recherche et les politiques doivent adopter un nouveau paradigme qui : i) s’éloigne des récits et des mythes problématiques ; ii) reconnaisse les différences dans les perceptions et les priorités des divers acteurs ; iii) adopte l’arbitrage entre les différents objectifs de conservation et de développement ; et iv) englobe un ensemble plus diversifié de voix et d’opinions.
Farmer preferences and the production strategies of agroforestry nurseries in southeastern Madagascar
Agroforestry projects in Madagascar that promote fruit trees address social and environmental threats to rainforests by reducing farmers’ reliance on rice cultivation as long as fruit production is a more economically efficient option. This study aims to understand farmer planting preferences for fruit trees around Ranomafana National Park, specifically related to their ability to transport produce to wider markets. A large social survey assessed current fruit tree cultivation and the fruit planting preferences of farmers, and evaluated differences in farmer preferences based on distance to roads and markets. Survey results from 21 villages and 200 households indicate current fruit cultivation does not correspond well with planting preferences. Households near and far from roads share similar cultivation patterns and planting preferences with one exception: farmers living far from roads prefer to plant coffee significantly more than do those living near roads. This preference for coffee cultivation far from roads is attributed to coffee’s relatively high sales price and ease of transport to buyers. This study also assesses current production in two local agroforestry nurseries and suggests new production priorities, notably focusing on coffee and lychee above the currently emphasized citrus fruits. RÉSUMÉ À Madagascar, les projets agroforestiers avec des arbres fruitiers peuvent représenter une réponse aux menaces sociales et environnementales qui pèsent sur les forêts naturelles en réduisant la dépendance des agriculteurs vis - à - vis de la riziculture pluviale à condition que la production de fruits constitue une option plus rentable. Les principaux obstacles à la production de fruits sur la périphérie du Parc National de Ranomafana sont le manque de connaissances des agriculteurs quant aux techniques de propagation, la rareté des espèces, variétés et cultivars d’arbres fruitiers qu’il conviendrait de planter ainsi que l’accès limité aux marchés avec des réseaux de transport fiables. Les organisations de développement de la région travaillent à la formation des agriculteurs et leur apportent les moyens initiaux requis pour démarrer des systèmes agroforestiers avec des arbres fruitiers. Cette étude vise à comprendre les préférences des agriculteurs lorsqu’ils plantent des arbres fruitiers à la périphérie du Parc National de Ranomafana et plus particulièrement par rapport à leurs moyens pour transporter leurs produits vers les plus grands marchés. Une importante enquête sociale a évalué l’état actuel de la culture des arbres fruitiers, les préférences des agriculteurs en matière de plantation pour les fruits à produire ainsi que les différences dans les préférences des agriculteurs en fonction de la distance aux routes et aux marchés. Le sondage réalisé auprès de 200 ménages dans 21 villages indique que la culture fruitière actuelle ne correspond guère aux préférences en matière de plantation. Les ménages résidant à proximité ou loin des routes partagent des modes de culture semblables ainsi que leurs préférences en matière de plantation à une exception près : les agriculteurs qui vivent loin des routes montrent une nette préférence pour la plantation de caféiers contrairement à ceux qui vivent à proximité des routes. Cette préférence pour la culture du café loin des routes est attribuée au prix de vente relativement élevé du café ainsi que de la facilité à le transporter vers les acheteurs. Cette étude a également procédé à une évaluation de la production de deux pépinières agroforestières locales et suggère de redéfinir les priorités en matière de production, notamment en mettant l’accent sur les plants de caféiers et de litchi plutôt que ceux des agrumes qui sont actuellement encouragés. Il s’agit de l’enquête de la plus grande envergure qui ait été menée jusque là sur les préférences en matière de plantation d’arbres fruitiers à Madagascar, qui pourrait être reproduite à la fois sur la périphérie de Ranomafana et ailleurs pour aider les organisations de développement à améliorer leur soutien aux agriculteurs pour qu’ils se tournent vers la production de fruits plutôt que la culture du riz pluvial