Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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    283 research outputs found

    Improving livelihoods, training para-ecologists, enthralling children: Earning trust for effective community-based biodiversity conservation in Andasibe, eastern Madagascar

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    The rainforests of eastern Madagascar are shrinking due to population growth, poverty-driven land degradation and widespread ignorance of ecological dynamics. This has resulted in large-scale transformation and fragmentation of these forests, threatening their unique biodiversity. Many of these problems are also manifest in and around the village of Andasibe. Based on the example of Association Mitsinjo, and drawing from more than a decade of experience of community-based natural resource management in Andasibe, we highlight the challenges and successes of a community-run conservation organization that builds trust through a holistic approach resting on five building blocks: (i) management transfer of natural resources to the local community, (ii) community-based nature tourism, (iii) training of para-scientists, (iv) rainforest restoration and improving local livelihoods, and (v) environmental education. This has resulted in the creation and legal protection of two community-run reserves, Analamazaotra and Torotorofotsy, accompanied by ecological monitoring programs. We illustrate how handing over responsibilities to local communities can be a promising approach to conserving natural resources and biodiversity in Madagascar and elsewhere.   RÉSUMÉ La superficie des forêts tropicales de l’est de Madagascar diminue avec la croissance démographique, la dégradation des terres par effet de la pauvreté, ainsi que par l'ignorance générale des interrelations écologiques. Tout cela a abouti à une transformation profonde et étendue ainsi qu’à la fragmentation de ces forêts qui menacent leur biodiversité. Ces problèmes globaux sont pour la plupart rencontrés à la périphérie du village d'Andasibe. Ici, l’exemple de l'Association Mitsinjo est présenté avec plus d’une décennie d’expérience en gestion communautaire des ressources naturelles à Andasibe. Sont ainsi exposés les défis et les succès d'une organisation de conservation gérée par la communauté qui gagne la confiance à travers une approche posée sur cinq piliers : (i) le transfert de gestion des ressources naturelles à la communauté locale, (ii) l’écotourisme à base communautaire, (iii) la formation de para-scientifiques, (iv) la restauration de la forêt tropicale humide en augmentant les moyens de subsistance des gens vivant sur la périphérie, et (v) l’éducation environnementale. Les actions entreprises ont abouti à la création et la protection efficace de deux réserves gérées par la communauté, accompagnées de programmes de surveillance écologique. Grâce à la responsabilisation des collectivités locales dans la protection de la biodiversité, elles montrent une fierté des actions entreprises qui est un indice prometteur pour la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité à Madagascar et ailleurs

    Importance, impacts de l’utilisation et gestion rationnelle du satrana ou Hyphaene coriacea Gaertn. (Arecaceae) près de la baie de Rigny, Antsiranana (Madagascar)

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    Hyphaene coriacea is a useful palm in tropical Africa which also grows in the grasslands of western Madagascar. A study was conducted on the importance of this species in handcrafts and the ecological impacts in three Fokontany around the Baie de Rigny. Ethnobotanical surveys were conducted with women aged between 14 and 70 years old who commonly created baskets, from the collection of leaves until the sale of the finished products. The evaluation of human activities on the production of H. coriacea leaves was conducted by counting leaves produced by 175 palm trees subjected to different sampling conditions during one year. On average, one person collects 120 to 160 leaves, produces 60 to 80 baskets and earns 43,200 Ariary per month. The collection of the leaves contributes to sustainable management by using special tools and practices during collection such as not completely cutting down palms. However, collection of leaves negatively impacts production of leaves by reducing their number. Rotating leaf collection, restricting the number of leaves collected on each individual per year, and protection of the vegetation against brush fires are strongly advised while respecting the management techniques already in use. RésuméHyphaene coriacea, un palmier d’Afrique tropicale, pousse dans les formations herbeuses de la partie occidentale de Madagascar. Une étude sur l’importance de cette espèce pour la vannerie ainsi que l’impact de son utilisation a été effectuée dans trois Fokontany à la périphérie de la baie de Rigny. Des enquêtes ethnobotaniques ont été menées auprès de femmes âgées de 14 à 70 ans sur la pratique de la vannerie, de la collecte des feuilles à la vente des produits finis. Les impacts de l’activité humaine sur la production de feuilles de H. coriacea ont été mesurés à partir du nombre de feuilles produites par 175 palmiers soumis à des niveaux de prélèvement différents pendant une année. En moyenne, une personne collecte mensuellement de 120 à 160 feuilles, fabrique 60 à 80 paniers et génère un revenu de 43.200 Ariary. La collecte de ces feuilles de palmier est menée dans le cadre d’une gestion rationnelle car elle est réalisée avec un outil adapté et elle profite de l’interdiction d’abattre les palmiers. Le mode de collecte a cependant un impact négatif sur la production de feuilles en diminuant leur nombre. La rotation de la collecte de feuilles, la limitation du nombre de feuilles prélevées sur chaque individu pendant une année (28,4 %) et la protection de la végétation contre les feux de brousses sont vivement recommandées, tout en respectant les techniques positives qui sont déjà pratiquées

    Understanding deforestation and forest fragmentation from a livelihood perspective

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    Worldwide, forests provide a wide variety of resources to rural inhabitants, and especially to the poor. In Madagascar, forest resources make important contributions to the livelihoods of the rural population living at the edges of these forests. Although people benefit from forest resources, forests are continuously cleared and converted into arable land. Despite long-term efforts on the part of researchers, development cooperation projects and government, Madagascar has not been able to achieve a fundamental decrease in deforestation. The question of why deforestation continues in spite of such efforts remains. To answer this question, we aimed at understanding deforestation and forest fragmentation from the perspective of rural households in the Manompana corridor on the east coast. Applying a sustainable livelihood approach, we explored local social-ecological systems to understand: (i) how livelihood strategies leading to deforestation evolve and (ii) how the decrease of forest impacts on households’ strategies. Results highlight the complexity of the environmental, cultural and political context in which households’ decision-making takes place. Further, we found crucial impacts of deforestation and forest fragmentation on livelihood systems, but also recognized that people have been able to adapt to the changing landscapes without major impacts on their welfare. RésuméPartout dans le monde les forêts fournissent une grande variété de ressources aux habitants des régions rurales, particulièrement aux plus pauvres. À Madagascar, les ressources forestières contribuent dans une grande mesure aux moyens d’existence des populations riveraines des forêts. Cependant, bien que les populations tirent parti des ressources de la forêt, les défrichements ne cessent pas et la conversion des zones boisées en terres cultivables se poursuit. Malgré les efforts entrepris depuis des années par les milieux de la recherche et du développement ainsi que par le gouvernement, Madagascar n’a pas encore connu d’inversion du rythme de la déforestation. Pourquoi les défrichements se poursuivent-ils en dépit des efforts entrepris ? C’est à cette question que nous souhaitons apporter une réponse en essayant de comprendre la déforestation et la fragmentation des forêts en prenant en compte les moyens d’existence des ménages ruraux dans le corridor de Manompana, côte Est de Madagascar. En tirant parti de la méthodologie SLA (sustainable livelihood approach), nous avons analysé les systèmes d’existence des populations locales dans le but de comprendre (i) comment évoluent les stratégies de vie impliquant la déforestation et (ii) quel est l’impact de la diminution des surfaces forestières sur les stratégies de vie des ménages. Les résultats mettent en évidence la complexité du contexte environnemental, culturel et politique dans lequel les ménages sont amenés à prendre leurs décisions. La déforestation et la fragmentation des forêts exercent des impacts cruciaux sur les moyens d’existence des ménages. Cependant, il apparait également que les populations sont en mesure de s’adapter à des modifications des paysages sans que cela n’entraîne d’effets majeurs sur leur bien-être. Notre recherche s’est déroulée dans quatre villages, dont deux proches de grands massifs forestiers, les deux autres éloignés des massifs et voisins de fragments de forêts. D’intéressantes différences ont été mises en évidence entre les deux catégories de villages en ce qui concerne l’interface homme-forêt et la perception du rôle joué par la forêt aujourd’hui et à long terme.

    The value of the spineless monkey orange tree (Strychnos madagascariensis) for conservation of northern sportive lemurs (Lepilemur milanoii and L. ankaranensis)

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    Tree hollows provide shelters for a large number of forest-dependent vertebrate species worldwide. In Madagascar, where high historical and ongoing rates of deforestation and forest degradation are responsible for a major environmental crisis, reduced availability of tree hollows may lead to declines in hollow-dwelling species such as sportive lemurs, one of the most species-rich groups of lemurs. The identification of native tree species used by hollow-dwelling lemurs may facilitate targeted management interventions to maintain or improve habitat quality for these lemurs. During an extensive survey of sportive lemurs in northern Madagascar, we identified one tree species, Strychnos madagascariensis (Loganiaceae), the spineless monkey orange tree, as a principal sleeping site of two species of northern sportive lemurs, Lepilemur ankaranensis and L. milanoii (Lepilemuridae). This tree species represented 32.5% (n=150) of the 458 sleeping sites recorded. This result suggests that S. madagascariensis may be valuable for the conservation of hollow-dwelling lemurs. RésuméDe nombreux vertébrés forestiers à travers le monde trouvent refuge dans des cavités et des trous d’arbres. À Madagascar, les taux de déforestation historiques et actuels sont responsables d’une crise environnementale majeure. Dans ce contexte, une disponibilité réduite d’arbres pourvus de cavités pourrait entrainer le déclin des espèces dépendant de ces abris comme par exemple les lépilemurs, un des groupes de lémuriens les plus riches en espèces. L’identification des espèces d’arbres indigènes creusés de trous et utilisés par les lémuriens pourrait faciliter la mise en place d’actions de conservation ayant pour but de maintenir ou améliorer l’habitat de ces lémuriens. Au cours d’une étude réalisée dans le Nord de Madagascar, nous avons observé que Strychnos madagascariensis (Loganiaceae) était fréquemment utilisé comme site dortoir par les deux espèces de lépilemurs présentes, Lepilemur ankaranensis and L. milanoii (Lepilemuridae). Cette espèce d’arbre concernait 32,5% (n = 150) des 458 sites dortoirs enregistrés. Ce résultat suggère que S. madagascariensis pourrait être important pour la conservation des lémuriens dépendant de sites dortoirs

    Les baobabs de Madagascar : quel cadre réglementaire pour leur conservation ?

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    With lemurs, baobabs are the most emblematic species of Madagascar internationally. Seven species of the nine existing in the world are Madagascan endemic. This fact testifies the high rate of the biodiversity of the island. Having signed a number of international conventions, Madagascar intends to underline its commitment to the management and conservation of its natural resources. The international system of conservation framing is used for the implementation of national strategy. Thus, in addition to the international system of conservation systems such as the CBD, IUCN or CITES, baobabs of Madagascar are considered as non - timber forest products according to Decree N. 2915/87 of 7 September 1987 related to products accessories forest even if no term is clearly stipulated in this text. Moreover, there is no regulatory framework or specific text about conservation or exploitation of baobabs in Madagascar. Protected areas are then the only protection structures for baobabs. All species of Malagasy baobabs are represented in protected areas but their representation differs depending on the distribution of each species. Except for two protected areas, the baobab is not yet among the specific targets of conservation of protected areas in Madagascar. Adansonia grandidieri is an exception. It benefits indeed from two regional frameworks that specify measures to protect the species and priority activities to be undertaken for the species with the Dinan'ny Menabe and the regional conservation strategy for the species validated in 2013. At the local level, tools and instruments governing the management transfer could constitute framing elements for the management of baobabs. Some species have in fact non-negligible economic values without forgetting the cultural and religious values of some baobab trees. The implementation of the strategy for the conservation of each species is necessary at all levels especially in protected areas as three species are classified as ‘Endangered’ by IUCN. The conservation is necessary to ensure both sustainability of the species and integrity of all uses of baobabs.   Résumé Avec les lémuriens, les baobabs sont certainement reconnus dans le monde comme l’un des groupes les plus emblématiques de Madagascar. La Grande Île abrite six espèces endémiques dont trois ‘En Danger’ sur la liste rouge de l’UICN et trois ‘Quasi - menacées’. Cet article se propose de passer en revue les dispositions mises en place ainsi que les opportunités et limites de la conservation et de la gestion durable des baobabs endémiques de Madagascar. En ratifiant les conventions internationales sur la diversité biologique (CDB) et sur le commerce international des espèces menacées (CITES), Madagascar s’est engagé à assurer la conservation et la gestion durable des baobabs, plus particulièrement celles des espèces menacées. Cependant, selon l’Arrêté n° 2915/87 du 7 septembre 1987 sur les produits accessoires des forêts, les baobabs de Madagascar sont considérés comme des produits forestiers non ligneux pouvant être exploités et aucune disposition n’a été prise pour gérer durablement leur exploitation. La présence des baobabs est confirmée dans 35 zones protégées mais, à l’exception de l’Allée des Baobabs et de la Montagne des Français, les baobabs ne sont pas considérés comme des cibles de conservation mais davantage comme des éléments profitant d’une protection intrinsèque en faisant partie intégrante d’habitats ciblés pour la conservation. Seule Adansonia grandidieri bénéficie de mesures de conservation régionales par la mise en place du Dinan’ny Menabe et de la stratégie de conservation de l’espèce dans la Région du Menabe. Or les pressions observées actuellement et les prospectives portant sur l’aire de distribution des deux autres espèces classées ‘En Danger’ que sont A. perrieri et A. suarezensis justifient la mise en place de stratégies de conservation.

    Seed dispersal by vertebrates in Madagascar’s forests: review and future directions

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    Madagascar’s highly diverse forests are critically threatened because of increasing deforestation, and those that remain are facing declines of vertebrate frugivores that disperse their seeds. Thus, understanding plant - frugivore interactions is of critical importance for the conservation and maintenance of plant diversity in Madagascar. This paper reviews observational and experimental studies of the multifaceted aspects of seed dispersal by vertebrates across Madagascar including the relative importance of different seed vectors, the patterns of seed deposition, and the post - dispersal fate of dispersed seeds. This also aims to lay a foundation for future studies by discussing understudied aspects that are crucial for the understanding of the role of frugivores on plant populations and communities in Malagasy forests. Such perspectives are important given the increasing threats to seed dispersers, the low richness of frugivore assemblages in Malagasy forests and the strong reliance of many plant species on frugivores for their dispersal. Understanding this ecosystem service can provide us insights on plant colonization, community structure, demography and invasion, as well as forest restoration and regeneration.   RÉSUMÉ Les forêts de Madagascar abritent des communautés de plantes vasculaires exceptionnellement diverses avec un taux d’endémisme s’élevant à 82 %. Malheureusement, hormis les continuelles dégradation et fragmentation menaçant ces forêts, la flore malgache est aussi menacée par l’insuffisance et le déclin des populations d’animaux frugivores qui jouent un rôle fondamental dans la dissémination des graines. La compréhension de ce mécanisme de dissémination des graines par des frugivores est importante pour savoir comment préserver la biodiversité et la régénération forestière ainsi que pour établir des stratégies de conservation des habitats fragmentés. Le présent article constitue une synthèse des publications scientifiques sur les recherches concernant ce mécanisme dans les forêts malgaches. Les informations disponibles sont plutôt limitées mais suggèrent que la majorité des plantes malgaches dépendent des vertébrés frugivores pour la dissémination de leurs graines. Ces études montrent également quelques aspects portant sur des modèles de dispersion des graines et des plantules. Plusieurs éléments relatifs à ce mécanisme sont encore inconnus et nécessitent des recherches approfondies. Les pressions menaçant les différents vecteurs de graines sont discutées, et plus particulièrement celles qui pourraient avoir des effets néfastes sur la démographie des populations de plantes. En outre, des recommandations sont formulées pour permettre l’intégration des interactions frugivore–plante dans la conservation des écosystèmes forestiers malgaches.

    Approaching invasive species in Madagascar

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    While a number of plants, animals, and insects in Madagascar have been called ’invasive’, the topic of invasive species has until recently received less attention here than in other island contexts. Some species, often alien to Madagascar and introduced by humans, have expanded their range rapidly and have had both negative and positive effects on landscapes, on native biodiversity, and on livelihoods. Examples include the prickly pear (raketa), the silver wattle (mimosa), and, recently, the Asian common toad (radaka boka). Building on a conceptual approach to ’invasive species’, this paper emphasizes the importance of inclusive and deliberative site- and population - specific management of invasive species. It analyses three separate concepts commonly used in definitions of invasion: the origin, behaviour, and effects of particular species. It places these concepts in their broader social and ecological context, with particular attention to local perspectives on invasive species. We illustrate these concepts with Malagasy examples and data. The examples demonstrate that while invasions can have dramatic consequences, there can be multiple, often competing, interests as well as site - specific biophysical, environmental, and cultural considerations that need to be taken into account when designing policy and management interventions. We conclude with a number of lessons learned.   RÉSUMÉ Contrairement à la plupart des autres îles, et en dépit du quali­ficatif ‘invasif’ rattaché depuis longtemps à certaines espèces qui s’y sont naturalisées, les réflexions autour de l’approche des espèces invasives à Madagascar demeurent récentes. L’opuntia (Opuntia spp.) figure certes parmi les plus anciens exemples d’espèces traités dans la littérature sur les invasions biologiques. Mais ce n’est vraiment qu’avec le retentissement médiatique autour de la détection en 2011 de la présence du crapaud masqué (Duttaphrynus melanostictus) et la recherche d’une parade appropriée que s’est affirmée la nécessité de traiter cette question des espèces invasives en tant que telle. Une posture nativiste et uniforme qui ignorerait la spécificité des contextes biophysiques et socio - économiques locaux, mais aussi la pluralité des formes d’invasion biologique et des définitions qui s’y rattachent, ne saurait être privilégiée. L’article montre qu’il s’agit de situer les réflexions dans un contexte insulaire socio - économique dans lequel les espèces allogènes tiennent depuis longtemps une large place. Il défend en outre la nécessité d’envisager les espèces invasives non pas selon une forme de perception unique et autoritariste, mais selon une diversité de points de vue, conforme aux conflits d’intérêts qui se manifestent parfois, et mettant plutôt en avant le caractère exogène des espèces invasives, leurs effets (négatifs, mais aussi positifs) sur le milieu, ou leur mode de fonctionnement (dispersion, dominance) dans des contextes spécifiques et locaux. Il convient en particulier d’observer qu’aux coûts générés par les invasions biologiques peuvent s’ajouter des bénéfices économiques, et que les impacts écologiques néfastes peuvent se combiner avec des incidences heureuses, y compris auprès d’espèces indigènes en situation critique. En outre, le point de vue des populations humaines, leur connaissance d’espèces invasives quotidiennement rencontrées, leur réticence à scinder le vivant en espèces indigènes et allogène, mais aussi leur vision pragmatique, ne sauraient être mésestimés, et moins encore oubliés. Enfin, l’article invite à prendre du recul face aux effets rhétoriques liés aux discours conventionnels sur les invasions biologiques, à éviter les amalgames et les généralisations excessives, à tenir compte des contraintes environnementales mais aussi des aspirations socio - économiques des populations locales, et à prendre en compte la diversité des spécificités locales, qu’elles soient biophysiques ou sociales. En conclusion, il est sans doute heureux que Madagascar n’ait rejoint que très récemment la mouvance internationale des réflexions sur les espèces invasives : cela lui permet en effet d’être en mesure de disposer d’une position équilibrée, déjouant certains discours catastrophistes, et préférant une approche résolument contextualisée, à l’échelle nationale comme aux échelles régionales.

    Towards a more adaptive co-management of natural resources – increasing social-ecological resilience in southeast Madagascar

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    Situated on the southeast coast of Madagascar, Sainte Luce is a fishing village bordering some of the country’s last remaining littoral forests. Characterised by a combination of extreme poverty, the presence of highly - prized natural resources and feeble institutional structures, it is argued that Sainte Luce typifies contexts of social and ecological vulnerability found across Madagascar. The presence of the international mining giant, Rio Tinto, and the company’s role in managing a protected area bordering Sainte Luce, adds a complex dimension to this already highly vulnerable social - ecological context. Setting the case study within the context of recent natural resource management policies in Madagascar, the paper aims to highlight the need for innovative governance structures which match the complexity and dynamism of social - ecological systems such as that of Sainte Luce. We describe the approach taken by a local/international NGO partnership, Azafady, to build social and ecological resilience through a process of participatory and adaptive environmental action planning. The approach draws on concepts from adaptive co - management, which highlights the interdependence of human and natural systems and focuses on innovative institutional arrangements, social learning and cross-scale collaboration to manage the complexity and uncertainty of such systems. We examine the ways in which this approach has contributed to increasing social and ecological resilience in Sainte Luce and consider how progress made to date can be sustained and scaled up to wider geographical areas.   Résumé Situé sur la côte sud - est de Madagascar, Sainte Luce est un village de pêcheurs bordé par quelques - unes des dernières forêts littorales du pays. Une extrême pauvreté des populations villageoises associée à des ressources naturelles prisées et des structures institutionnelles fragiles caractérisent Sainte Luce qui est ainsi analysé dans un contexte typique de vulnérabilité sociale et écologique, rencontré ailleurs sur l’ensemble de la Grande Île. La présence du géant international de l’exploitation minière, Rio Tinto, et le rôle de cette entreprise dans la gestion d’une aire protégée limitrophe de Sainte Luce ajoute une dimension complexe à une situation socio - écologique déjà vulnérable. L’exemple de Sainte Luce abordé ici sert à souligner la nécessité de considérer des structures de gestion innovantes qui répondent à la complexité et au dynamisme des systèmes socio - écologiques sous de multiples pressions exogènes et endogènes. L’étude de cas est considéré dans le cadre de la récente politique environnementale de Madagascar, qui a pour objectif de promouvoir l‘implication des populations locales dans la gestion des ressources naturelles, en transmettant les droits de gestion aux groupes d’utilisateurs dénommés les COBA pour Communautés de base. Cependant, l’extension des accords de co - gestion incluant des tiers, comme des sociétés minières et des ONG internationales, a eu tendance à écarter les intérêts communautaires et, dans la plupart des cas, n’a pas réussi à promouvoir une appropriation des ressources par la population locale. Nous décrivons ici une approche adoptée par l’ONG Azafady, un partenariat local et international, pour renforcer les résiliences sociale et écologique à Sainte Luce par un processus de planification d’actions environnementales, adaptives et participatives. La démarche s’appuie sur les concepts de co - gestion adaptative qui met en évidence l’interdépendance des systèmes humains et naturels. Elle se concentre également sur des dispositifs institutionnels novateurs, sur l’adaptation sociale ainsi qu’une collaboration multilatérale pour gérer la complexité et l’incertitude de ces systèmes. Afin d’établir et de maintenir l’appropriation de la communauté au cours du processus de gestion adaptative, l’approche a consisté à inverser les tendances historiques de mise en œuvre du sommet vers la base ou top-down d’un projet, en privilégiant une participation réelle et conséquente des populations locales. Les structures institutionnelles existantes ont été incorporées dans le nouveau modèle, tandis que de nouvelles structures ont servi à créer un cadre institutionnel plus résilient et plus adaptatif. Nous examinons comment cette approche, avec sa base conceptuelle de co - gestion adaptative, a contribué à renforcer la résilience sociale et écologique de Sainte Luce. En tenant compte des difficultés rencontrées, de la nécessité de maintenir les progrès réalisés et de la possibilité de reproduire ce concept à une échelle géographique plus vaste, nous montrons comment l’expérience de Sainte Luce peut servir à d’autres organisations qui essayent de promouvoir la gestion environnementale durable avec des paramètres dynamiques et complexes ailleurs à Madagascar, voire au - delà.

    Madagascar, politique forestière : Bilan 1990 – 2013 et propositions

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    This paper presents a retrospective on the implementation of Malagasy environmental and forest policy between 1990 and 2013 on the basis of four laws, namely the Environmental Charter (Law 90-033 of 21 December 1990), GELOSE (Law 95-025 of 30 September 1996), the Forest Law (Law 97-017 of 8 August 1997) and the Protected Areas Code (Law 2001-005 of 11 February 2003). Twenty years after the adoption of the new forest policy, an assessment is possible. These texts have started to be applied but with disappointing results, primarily centered on the increase of protected area coverage. Nevertheless, important and positive changes have occurred. With decentralization, the reach of the law has increased day by day in communes through land offices, management transfer contracts, and positive experiences of decentralized forest control. Successful experiences of the economic valorization of forest resources (such as timber, fuelwood, raphia palm and essential oils), have also been gained within management transfers. It is therefore possible, in December 2013, to realistically envisage a strong revival of forest policy, even accounting for permanent constraints such as the weakness of the forest administration and the uncertainty of external funding. It is first necessary to respond to urgent needs; to publish and apply un-finalized decrees, to systematically establish the economic benefits anticipated for the community signatories of manage­ment transfer contracts, and to secure common property areas within management transfers. Most importantly, the sustainable economic valorization of woody and non - woody forest products should be used as a tool for local development.   Résumé Les auteurs dressent une rétrospective de la mise en œuvre de la politique environnementale et forestière 1990-2013 qui repose sur quatre lois, à savoir la Charte de l’environnement (loi 90-033 du 21 décembre 1990), la GELOSE (loi 96-025 du 30 septembre 1996), la loi forestière (loi 97-017 du 8 août 1997) et le Code des Aires protégées (loi 2001-005 du 11 février 2003). Vingt ans après l’adoption de la Nouvelle Politique Forestière, un bilan est possible. Ces textes ont connu un début d’application avec un bilan décevant dans un contexte surtout marqué par une extension de la superficie des aires protégées. Dans le même temps, des évolutions importantes et positives sont apparues. Avec la décentralisation, l’état de droit s’est construit quotidiennement au niveau des communes à travers les guichets fonciers, les contrats de transferts de gestion et les expériences positives de contrôle forestier décentralisé. Ont également été réalisées des expériences concluantes de valorisation économique des ressources forestières exploitées dans le cadre des transferts de gestion : bois d’œuvre, bois énergie, raphia, huiles essentielles. Il est donc possible, en novembre 2013, d’envisager de façon réaliste une relance vigoureuse de la politique forestière en tenant compte des invariants comme les faibles effectifs de l’administration et la modicité des financements extérieurs aléatoires. Il est d’abord nécessaire de répondre aux urgences : décrets à publier et à appliquer ; mise en œuvre systématique des avantages économiques prévus pour les communautés de base signataires des contrats de transfert de gestion; sécurisation des espaces communs sous contrats de transfert de gestion. Il faut enfin et surtout faire de la valorisation conservatoire des ressources des produits forestiers ligneux et non ligneux le moteur du développement local.

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