Pharmactuel (E-Journal)
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Pembrolizumab : implantation de la stratégie posologique de la dose en fonction du poids (mg/kg) jusqu’à la dose maximale
Objectif : Présenter les économies réalisées au Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Mauricie–et– du–Centre-du-Québec grâce à l’implantation de la stratégie posologique, pour le pembrolizumab, d’une dose en fonction du poids (mg/kg), jusqu’à la dose maximale.
Mise en contexte : Devant l’explosion des dépenses de médicaments avec l’arrivée de l’immunothérapie en oncologie, plusieurs cliniciens et regroupement d’experts se sont questionnés sur la stratégie posologique à privilégier pour le pembrolizumab. L’approche consistant à administrer un dosage mixte en mg/kg jusqu’à la dose maximale serait une stratégie acceptable en matière d’efficacité et permettrait de générer d’importantes économies.
Résultats : L’implantation de la stratégie posologique, pour le pembrolizumab, d’une dose en fonction du poids (mg/kg) jusqu’à la dose maximale au sein du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Mauricie–et–du–Centre-du-Québec a permis de réaliser des économies substantielles de plus de 1,5 million de dollars sur un an, ce qui correspond à une réduction des coûts de 25,5 % pour ce médicament.
Conclusion : L’approche consistant à administrer du pembrolizumab à un dosage mixte en mg/kg, jusqu’à atteindre la dose maximale est une méthode éprouvée pour réduire significativement les coûts par rapport à la dose recommandée dans la monographie de produit, tout en permettant de traiter aussi efficacement les patients atteints de cancer. Des analyses supplémentaires sont nécessaires afin de vérifier si l’emploi de stratégies visant à réduire les pertes de produits permettraient d’optimiser davantage les économies réalisées.
Abstract
Objective: To describe the savings realized at the Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) following the implementation of pembrolizumab dosing strategy of weight-based dosing (mg/kg), up to the maximum dose.
Background: Because of the increase in drug expenditures with the use of immunotherapy in oncology, many clinicians and groups of experts are questioning what the preferred dosing strategy should be for pembrolizumab. The mixed mg/kg approach to dosing up to the maximum dose appears to be an acceptable strategy in terms of efficacy and to generate considerable savings.
Results: The implementation of the pembrolizumab dosing strategy of weight-based dosing (mg/kg) up to the maximum dose at the CIUSSS MCQ has resulted in substantial savings of more than $1.5 million over one year, which corresponds to a 25.5% reduction in costs for this drug.
Conclusion: The mixed mg/kg approach to dosing up to the maximum dose is a proven method for significantly reducing costs compared to the dose recommended in the product monograph, while still treating cancer patients as effectively. Additional analysis is required to determine whether the use of strategies aimed at reducing product wastage would further optimize the savings.
Description des réactions indésirables liées aux inhibiteurs du point de contrôle immunitaire chez les patients suivis en hémato-oncologie à l’Hôpital régional de Rimouski
Objectif : Décrire les réactions indésirables à médiation immunitaire liées aux inhibiteurs du point de contrôle immunitaire chez les patients suivis en hémato-oncologie à l’Hôpital régional de Rimouski.
Méthode : Étude descriptive de population longitudinale avec collecte de données rétrospective. Les patients ayant débuté un inhibiteur du point de contrôle immunitaire entre le 1er septembre 2017 et le 30 novembre 2019 ont été inclus. Ceux sous protocole de recherche, transférés dans une autre installation ou un autre établissement de santé et traités en clinique privée de perfusion ont été exclus.
Résultats : Un total de 94 patients, majoritairement atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules, a été inclus. Trente-huit patients ont présenté au moins une réaction indésirable à trois mois (40 %), alors que 51 ont rapporté une toxicité durant l’étude (54 %). Un total de 74 réactions indésirables a été collecté, les plus fréquentes étant endocriniennes (35 %), cutanées (22 %) et gastro-intestinales (19 %). Découlant de celles-ci, 101 épisodes de réactions indésirables ont été répertoriés, dont 31 sont apparus après l’arrêt du traitement (31 %). Treize toxicités étaient de grade 3 ou 4 (18 %), nécessitant majoritairement une hospitalisation, une suspension de l’immunothérapie ou les deux.
Conclusion : La plupart des réactions indésirables à médiation immunitaire surviennent dans les trois mois suivant le début du traitement. Une proportion importante des épisodes se déclare après son arrêt. Afin d’améliorer la prise en charge actuelle de ces réactions indésirables, le rôle du pharmacien à l’Hôpital régional de Rimouski réside potentiellement dans la consolidation de l’enseignement initial aux patients après environ deux mois de traitement.
Abstract
Objective: To describe immune-related adverse events of checkpoint inhibitors in patients followed in hematologic oncology at the Hôpital régional de Rimouski.
Method: A longitudinal, population-based, descriptive study with retrospective data collection. Patients who started an immune checkpoint inhibitor between September 1, 2017 and November 30, 2019 were included. Those in a research study, transferred to another Centre intégré de santé et des sevices sociaux du Bas-Saint-Laurent facility or to another healthcare institution, or treated at a private infusion clinic were excluded.
Results: A total of 94 patients, mostly with non-small-cell lung cancer, were included. Thirty-eight patients experienced at least one adverse event at three months (40%), and 51 reported toxicity during the study (54%). A total of 74 adverse events were identified, the most common being endocrine (35%), skin (22%) and gastrointestinal (19%). For these, 101 adverse event episodes were noted, 31 of which occurred after the treatment was stopped (31%). Thirteen toxicities were Grade 3 or 4 (18%), most requiring hospitalization, suspension of the immunotherapy or both.
Conclusion: Most immune-related adverse events occur within the three months following the start of treatment. A significant proportion of the episodes occur after the treatment is stopped. To improve the current management of these events, the role of the pharmacist at the Hôpital régional de Rimouski is potentially to reinforce the initial patient education after approximately two months of treatment.
Enquête sur le télétravail au sein des départements de pharmacie des établissements de santé au Québec
Objectif : Décrire le recours actuel au télétravail au sein des départements de pharmacie des établissements de santé du Québec et en explorer les avantages et les enjeux.
Mise en contexte : Il existe peu de données sur la télépharmacie au Canada. Durant la pandémie de COVID-19 (SARS-CoV-2), plusieurs tâches et activités ont été réorganisées pour favoriser le travail à distance (travail dans un établissement, mais dont la prestation se fait à distance ou dans une pièce distincte de l’activité réalisée habituellement) et le télétravail (travail à domicile).
Résultats : Il s’agit d’une étude descriptive transversale. L’étude ciblait tous les chefs des départements de pharmacie des établissements de santé du Québec qui étaient libres au moment de l’étude (n = 28). Un questionnaire en ligne de 63 questions sur sept thèmes a été préparé. Tous les chefs des départements de pharmacie en poste ont été contactés par courriel le 19 octobre 2020. Du 19 au 20 octobre 2020, 89 % (25/28) d’entre eux ont fourni des réponses exploitables à une majorité de questions. Le télétravail était quasi absent avant la pandémie (médiane de 0 à 5 % selon l’activité), alors qu’il était davantage utilisé en octobre 2020 (médiane de 1 à 95 % selon l’activité).
Conclusion : La pandémie a entraîné la croissance du télétravail au sein des départements de pharmacie des établissements de santé du Québec. Cette enquête menée auprès de 25 chefs de départements de pharmacie met en évidence de nombreux avantages et de nombreux inconvénients du télétravail.
Abstract
Objective: To describe the current status of telework in the pharmacy departments of Québec’s health-care facilities and to explore its benefits and challenges.
Background: There is little data on telepharmacy in Canada. During the SARS-CoV-2 (COVID-19) pandemic, a number of tasks and activities were reorganized to promote remote work and telework.
Results: This was a cross-sectional descriptive study that targeted all the pharmacy department heads in Quebec’s health-care facilities available at the time of the study (n = 28). An online questionnaire with 63 items divided into seven themes was developed. All the current pharmacy department heads were contacted by email on October 19, 2020. On October 19 and 20, 2020, 89% (25/28) of the pharmacy department heads provided usable responses for most of the questions. Telework was almost nonexistent before the pandemic (median of 0 to 5%, depending on the activity) but was in greater use in October 2020 (median of 1 to 95%, depending on the activity).
Conclusion: Because of the pandemic, the use of telework is on the rise in the pharmacy departments of Québec’s health-care facilities. This survey of 25 pharmacy department heads highlights many opportunities and threats
Évaluation de la fiabilité du Dossier Santé Québec comparativement au profil pharmacologique communautaire après la mise à jour de 2020 : une étude descriptive et transversale
Objectif : Le 19 juin 2020, le Dossier Santé Québec a été mis à jour. Le but de cette étude est d’évaluer la fiabilité du profil pharmacologique du Dossier Santé Québec en comparant le nombre de divergences entre celui-ci et le profil pharmacologique communautaire.
Méthode : Il s’agit d’une étude de type descriptive transversale. Nous avons recueilli les données entre le 19 juin 2020 et le 14 juillet 2020 à partir des dossiers médicaux des patients ayant fréquenté un des trois hôpitaux du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean et participant à l’étude. Les divergences décelées ont été caractérisées selon le type, la méthode de service, le degré de risque ainsi que le logiciel de pharmacie de provenance.
Résultats : Les dossiers de 124 patients ont été analysés pour un total de 1488 ordonnances. De ce nombre, les chercheurs ont noté 144 (9,7 %) divergences entre le profil pharmacologique du Dossier Santé Québec et le profil pharmacologique communautaire. La divergence la plus fréquente (incidence de 3,3 %) était l’omission.
Conclusion : La mise à jour de juin 2020 semble avoir amélioré la fiabilité du profil pharmacologique du Dossier Santé Québec. Il y aurait moins de divergences et d’ordonnances manquantes que dans les versions antérieures étudiées. Certains patients pourraient encore bénéficier du profil pharmacologique communautaire puisque quelques situations augmentent le risque de divergences dans le profil pharmacologique du Dossier Santé Québec. Les gestionnaires des différents établissements de santé du Québec pourront maintenant se pencher sur ces résultats pour évaluer la possibilité d’utiliser cet outil.
Abstract
Objective: The Québec Health Record (QHR) was updated on June 19, 2020. The purpose of this study was to assess the reliability of the QHR medication profile by comparing the number of discrepancies between it and the community medication profile.
Method: We conducted a cross-sectional descriptive study. We collected data between June 19, 2020 and July 14, 2020 from the charts of patients who visited one of the three hospitals of the Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean and who participated in the study. The discrepancies found were characterized according to type, method of service, degree of risk, and source pharmacy software.
Results: The charts of 124 patients were examined, for a total of 1488 prescriptions. Among these, the researchers found 144 (9.7%) discrepancies between the QHR medication profile and the community medication profile. The most common discrepancy (incidence of 3.3%) was omission.
Conclusion: The June 2020 update appears to have improved the reliability of the QHR medication profile. There seems to be fewer discrepancies and missing prescriptions than in the previous versions studied. Some patients could still benefit from the community medication profile because certain situations increase the risk of discrepancies in the QHR medication profile. The administrators of the different health-care facilities in Quebec can now look at these results to examine the possibility of using this tool