Pharmactuel (E-Journal)
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Évaluation de l’implantation d’un guide de pratique en antibioprophylaxie chirurgicale (projet Évidance)
Résumé Introduction : L’implantation structuree de guides de pratique en antibioprophylaxie chirurgicale permet d’ameliorer le taux de conformite aux recommandations emises par ces derniers et de reduire les couts associes a ce type de prophylaxie. Toutefois, aucun lien n’a pu etre etabli entre le taux de conformite aux propositions contenues dans le guide et les effets cliniques observes. Objectif : Comparer la conformite des ordonnances en antibioprophylaxie chirurgicale (chirurgies generale et orthopedique) aux propositions contenues dans le guide de pratique, emis en octobre 2002 a l’Hopital Sacre-Coeur de Montreal, un centre hospitalier de soins tertiaires et de traumatologie, avant et apres l’implantation de ces directives et en evaluer les retombes cliniques et economiques. Méthodologie : Un protocole de recherche quasi experimental de type pre-post sans groupe temoin a ete retenu pour cette etude. Le dossier medical constitue la source des donnees. Résultats : Nous avons procede a l’analyse des donnees portant sur un echantillon de 468 patients. Le taux de conformite globale totale (prescripteurs apparies, n = 344) des ordonnances aux instructions emises dans le guide de pratique est passe de 41 % a 58 % (p = 0,002). Aucune difference significative n’emerge sur l’incidence de complications postoperatoires et sur les couts directs d’acquisition des antibiotiques entre les groupes pre et postimplantation. Conclusion : Le taux de conformite globale aux recommandations enoncees dans le guide de pratique a progresse a la suite de l’implantation de celui-ci. L’amelioration de ce taux n’a pas entraine d’augmentation des complications infectieuses en periode postoperatoire et a permis de realiser certaines economies sur les couts directement lies a l’acquisition a des produits servant a l’antibioprophylaxie chirurgicale sans augmenter ceux des antibiotiques administres durant le sejour hospitalier.
Soulagement de la douleur en gériatrie avec la morphine topique
RésuméObjectifs : Se familiariser avec l’utilisation d’opioïdes topiques, reconnaître les situations pour lesquelles la morphine topique peut être utile et connaître les recommandations de base concernant la sécurité entourant l’utilisation d’un médicament par une voie novatrice.Résumé du cas : Une dame de 90 ans, atteinte d’un cancer épidermoïde au visage en phase terminale, ne réussissait pas à obtenir un soulagement efficace de sa douleur avec des doses quotidiennes de morphine équivalentes à 30 mg par voie orale. L’application topique de 5 à 10 mg de morphine quatre fois par jour a permis de diminuer de près de 90 % les doses de morphine prises par voie systémique, tout en offrant un contrôle optimal de la douleur et une diminution des effets secondaires.Discussion : La plaie de la patiente présentait toutes les caractéristiques d’une bonne réponse à la morphine topique, à savoir une plaie inflammatoire, apparue depuis quelques jours, dont l’épithélium était endommagé. Cependant, l’utilisation d’une voie novatrice d’administration peut entraîner un risque de confusion pour le personnel soignant et provoquer des erreurs. L’Institut pour la sécurité des médicaments aux patients du Canada a émis des recommandations sur le sujet.Conclusion : Ce cas démontre bien le rôle que joue le pharmacien dans les soins de confort des patients en phase terminale. Les données de la documentation scientifique ne nous permettent pas de dire quel est le meilleur agent ou véhicule à utiliser. Cependant, notre expérience montre que la morphine topique est une option intéressante dans le contexte des soins pharmaceutiques personnalisés.AbstractObjective: To recognize situations in which topical morphine may be useful, and to understand the basic safety recommendations regarding the use of a medication via an innovative route.Methodology: A 90-year-old woman with end-stage facial squamous cell carcinoma was unable to obtain effective relief with daily morphine doses equivalent to 30 mg by mouth. Topical application of 5 to 10 mg of morphine four times a day made it possible to reduce her systemic morphine doses by nearly 90% while providing optimal pain control and reducing the adverse effects.Discussion: The patient’s wound, an inflammatory wound of a few days duration with a damaged epithelium, had all the necessary characteristics conducive to a good response to topical morphine. The use of an innovative route can, however, lead to confusion and result in errors. The Institute for Safe Medication Practices Canada has issued recommendations regarding this matter.Conclusion: This case clearly shows the pharmacist’s role in comfort care in the terminally ill. From the data in the literature, the best medication or vehicle to deliver it is not known. However, experience shows that topical morphine can be a useful option in the context of personalized pharmaceutical care
Réorganisation de la clinique externe d’oncologie : expérience du Centre hospitalier de l’Université de Montréal
RésuméObjectif : Décrire la réorganisation des services de pharmacie à la clinique externe d’oncologie de l’Hôpital Notre-Dame du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, qui a eu lieu pour répondre à l’augmentation du nombre de traitements.Problématique : En 2011, 58 patients recevaient quotidiennement un traitement de chimiothérapie (l’équivalant de 98 préparations stériles) à la clinique externe d’oncologie de l’Hôpital Notre-Dame du Centre hospitalier de l'Université de Montréal. En raison de ce haut débit, les assistants techniques en pharmacie et les cinq pharmaciens qui y travaillaient à temps complet devaient souvent avoir recours au temps supplémentaire afin de terminer leur travail quotidien.Discussion : En 2011, une réévaluation des processus Kaizen a permis de cibler les irritants et le travail sans valeur ajoutée des pharmaciens. Une série de mesures a transformé la clinique externe, à l’aide notamment du déploiement en 2012 d’un système de dossier unique qui suit le patient. Entre 2012 et 2014, d’autres mesures provenant de la pharmacie ont permis de diminuer la charge de travail des pharmaciens. Ces mesures comprenaient notamment la réorganisation des locaux de la pharmacie, la création d’une réserve commune de prémédications dans les salles de traitement, l’ajout d’un assistant technique en pharmacie qui se consacre à la vérification contenant-contenu des préparations stériles et l’affectation d’un commis à l’accès aux médicaments.Conclusion : La réorganisation complète de la pharmacie externe d’oncologie s’est déroulée avec succès sur une période d’environ 24 mois. Elle a permis d’alléger le travail du pharmacien grâce à l’ajout de ressources humaines et matérielles.AbstractObjective: To describe the reorganization of pharmacy services in the oncology outpatient clinic at the Centre hospitalier de l’Université de Montréal.Problem: In 2011, an average of 58 patients a day received chemotherapy treatments, involving 98 sterile preparations, in the oncology outpatient clinic at the Centre hospitalier de l’Université de Montréal. With this high workload, pharmacy technical assistants and the five full-time pharmacists often worked overtime to finish their daily work.Discussion: In 2011, a Kaizen process reevaluation identified the pharmacists’ aggravations and non-value-added work. In 2012, a number of measures were implemented at the outpatient clinic, including a single chart that follows the patient. Between 2012 and 2014, other measures were initiated by the pharmacy, such as reorganizing the pharmacy’s rooms, the addition of premedications in the treatment room service areas, the addition of a pharmacy technical assistant dedicated to container-content verification of sterile preparations, and implementing a drug access clerk position, all of which led to a reduction in the pharmacists’ workload.Conclusion: The oncology outpatient pharmacy was completely and successfully reorganized over a period of about 24 months. Through the addition of human and physical resources, the reorganization alleviated the pharmacists’ workload
Compatibilité de l’acétylcystéine injectable lors de son administration en Y avec d’autres médicaments usuels
RésuméObjectif : Il n’existe que peu de données publiées sur la compatibilité de l’acétylcystéine intraveineuse avec d’autres médicaments. Le but de ce travail vise à dresser une liste de médicaments compatibles avec l’acétylcystéine lorsqu’ils lui sont mélangés.Méthode : Les tests de compatibilité visuelle effectués consistaient en des vérifications de la présence ou non de précipitation dans des mélanges de 1 mL d’acétylcystéine injectable et de plusieurs autres médicaments.Résultats : Nous notons une incompatibilité visuelle de l’acétylcystéine avec l’acyclovir, l’amphotéricine B, la céfazoline, la cyclosporine, l’érythromycine, l’insuline et la méthylprednisolone. Les tests concernant l’adrénaline, l’aminophylline, la céfuroxime, la chlorpromazine, la cloxacilline, la dexaméthasone, le dextrose à 50 % et le métronidazole laissent planer quelques doutes, le mélange de ces substances à l’acétylcystéine n’est donc pas recommandé. Plusieurs autres médicaments sont toutefois visuellement compatibles avec l’acétylcystéine lors d’une administration en Y.Conclusion : Ce protocole a permis d’établir de nombreuses données de compatibilité entre l’acétylcystéine et plusieurs médicaments. Toutefois, ces données ne sont que des observations visuelles, et des tests physico chimiques formels confirmant les résultats seraient requis.AbstractObjectives: Few published data on the compatibility of intravenous acetylcysteine with other drugs are available. The aim of this research was to prepare a list of drugs compatible with acetylcysteine.Method: The visual compatibility tests performed consisted in checking whether or not precipitation occurred in mixtures of 1 mL of injectable acetylcysteine and a number of other drugs.Results: We observed visual incompatibility of acetylcysteine with acyclovir, amphotericin B, cefazolin, cyclosporine, erythromycin, insulin and methylprednisolone. The tests involving adrenaline, aminophylline, cefuroxime, chlorpromazine, cloxacillin, dexamethasone, 50% dextrose and metronidazole left some uncertainly. Mixing these substances with acetylcysteine is therefore not recommended. A number of other drugs were, however, visually compatible with acetylcysteine during Y-site administration.Conclusion: This research has provided new information on the compatibility of acetylcysteine with other drugs. However, these data are based only on visual observations. Formal physicochemical tests are needed to confirm these findings
Le traitement du syndrome de sécrétion inappropriée de l’hormone antidiurétique
RésuméObjectif : Revoir le traitement du syndrome de sécrétion inappropriée de l’hormone antidiurétique. Discuter les données probantes disponibles concernant les modalités thérapeutiques de cette pathologie.Source des données et sélection des études : Une revue de la littérature scientifique a été effectuée à l’aide de PubMed. Elle a permis la consultation d’études cliniques, de revues de traitement systématiques ou non, de méta-analyses et de lignes directrices concernant le traitement du syndrome de sécrétion inappropriée de l’hormone antidiurétique.Analyse des données : Il existe plusieurs causes tant non médicamenteuses que médicamenteuses du syndrome de sécrétion inappropriée de l’hormone antidiurétique.Peu d’études, à répartition aléatoire ou non, permettant de guider le choix de traitement de cette pathologie ont été effectuées jusqu’à maintenant. Elles n’incluaient en outre que peu de patients et étaient de courte durée. Par contre, il est bien connu que la pierre angulaire du traitement demeure la correction de la cause de ce syndrome. Des lignes directrices développées à partir d’un consensus d’experts détaillent les modalités d’utilisation du salin hypertonique pour traiter l’hyponatrémie aiguë ou chronique. La restriction hydrique est nécessaire pour une majorité de patients. Les autres modalités thérapeutiques disponibles sont le chlorure de sodium par voie orale, la déméclocycline, le lithium, l’urée ainsi que le tolvapatan (seul médicament de la nouvelle classe des antagonistes des récepteurs de la vasopressine commercialisé au Canada actuellement).Conclusion : Le pharmacien d’établissement peut jouer un rôle primordial auprès des patients atteints du syndrome de sécrétion inappropriée de l’hormone antidiurétique, en aidant à déceler les causes médicamenteuses possibles et en guidant l’équipe médicale dans l’utilisation du salin hypertonique et des diverses modalités thérapeutiques disponibles.AbstractObjective: To review the treatment of syndrome of inappropriate secretion of antidiuretic hormone and to discuss the available evidence on the treatment modalities for this disorder.Data source and study selection: A review of the scientific literature was conducted using PubMed. Included in the review were clinical studies, systematic and nonsystematic treatment reviews, meta-analyses and guidelines concerning the treatment of syndrome of inappropriate secretion of antidiuretic hormone.Data analysis: There are several causes, both pharmacological and nonpharmacological of syndrome of inappropriate secretion of antidiuretic hormone. To date, there have been few randomized or nonrandomized studies that can be used to guide the choice of treatment for this disorder. Furthermore, they included few patients and were of short duration.It is well recognized that the cornerstone of treatment is correcting the cause of the syndrome. Guidelines developed through expert consensus detail the methods of using hypertonic saline to treat acute or chronic hyponatremia. Fluid restriction is necessary for most patients. Other available treatments are oral sodium chloride, demeclocycline, lithium, urea and tolvaptan (the only drug in the new class of vasopressin receptor antagonists presently marketed in Canada).Conclusion: Pharmacists can play a very important role in patients with syndrome of inappropriate secretion of antidiuretic hormone, by helping to detect the potential pharmacological causes and by guiding the medical team in the use of hypertonic saline and the various available treatment modalities
Hépatotoxicité secondaire à la nitrofurantoïne
RésuméObjectif : Présenter un cas d’hépatotoxicité médicamenteuse secondaire à la prise chronique de nitrofurantoïne en prévention des récurrences d’infection urinaire.Résumé du cas : Une patiente âgée de 42 ans, présentant des antécédents de sclérose en plaques se présente à l’urgence pour un ictère progressant depuis quatre jours. Le bilan hépatique à l’admission était grandement perturbé. La bilirubine avait une valeur de 201 μmol/L et les enzymes alanine aminotransférase et aspartate aminotransférase avaient respectivement des valeurs de 976 et 919 U/L. La nitrofurantoïne a été retirée à l’admission, et le bilan hépatique s’est amélioré après quelques jours. En l’absence d’autres causes possibles, l’équipe traitante a conclu à une hépatotoxicité médicamenteuse secondaire à la nitrofurantoïne.Discussion : La majorité des cas d’hépatotoxicité a été rapportée avec une durée variable de prise de nitrofurantoïne et des doses quotidiennes variant entre 50 et 400 mg. Les atteintes observées sont de nature hépatocellulaire, cholestatique ou mixte. Les signes et symptômes se résolvent généralement après l’abandon du médicament et l’ajout de corticostéroïdes. Des cas de décès et de toxicité hépatique sévère nécessitant une transplantation hépatique ont tout de même été rapportés.Conclusion : L’incidence d’hépatotoxicité à la nitrofurantoïne est plutôt faible (0,020 à 0,035 %), si bien qu’aucun suivi n’est proposé lors de l’ajout du médicament. Malgré tout, les pharmaciens devraient suspecter une hépatotoxicité associée à la nitrofurantoïne chez les patients présentant des signes et symptômes d’hépatotoxicité lors d’une prise à court terme ou chronique.AbstractObjective: To present a case of drug-induced hepatotoxicity due to the chronic use of nitrofurantoin as prophylaxis for recurrent urinary tract infections.Case summary: A 42-year-old female patient with a history of multiple sclerosis presented to the emergency department because of jaundice that had been progressing for 4 days. Liver profile upon admission was significantly increased. Bilirubin was 201 μmol/L, alanine aminotransferase and aspartate aminotransferase levels were 976 U/L and 919 U/L, respectively. Nitrofurantoin was discontinued upon admission, and the liver profile improved after a few days. In the absence of any other possible causes, it was concluded that this patient had drug-induced hepatotoxicity due to the use of nitrofurantoin.Discussion: Most reported cases of nitrofurantoin-induced hepatotoxicity involve a daily doses ranging from 50 to 400 mg and different duration of use. The observed damage is hepatocellular, cholestatic or mixed in nature. Signs and symptoms generally resolve after the discontinuation of the drug and the addition of corticosteroids. Cases of death and of severe hepatic toxicity requiring a liver transplant have nonetheless been reported.Conclusion: The incidence of nitrofurantoin-induced hepatotoxicity is low (0.020 to 0.035%), with the result that no monitoring is proposed when this drug is initiated. Pharmacists should nonetheless suspect nitrofurantoin-related hepatotoxicity in patients who present with signs and symptoms of hepatotoxicity during short-term or chronic use
Gestion de la qualité et des risques au sein d’un département de pharmacie
RésuméObjectif : Revoir les modalités de gestion de la qualité et des risques au sein du département de pharmacie d’un centre hospitalier universitaire québécois.Description de la problématique : L’exercice de la pharmacie a considérablement évolué au cours des dernières décennies, particulièrement à cause des changements législatifs et normatifs et de la prise en charge toujours plus complète du circuit du médicament. Actuellement, nous sommes confrontés à un défi de taille : assurer la gestion de la qualité et des risques, tout en offrant des services et des soins pharmaceutiques de façon continue.Discussion : Nous avons effectué une revue de la littérature scientifique, rencontré les gestionnaires de la qualité et des risques d’autres unités fonctionnelles, et passé en revue les titres d’emplois et les formations relatives à ce domaine. Nous avons pu mettre en évidence cinq principes directeurs et établir un calendrier d’audits. Notre démarche souligne la nécessité d’établir un programme cohérent, réaliste et continu de gestion de la qualité et des risques.Conclusion : Cet article met en lumière la pertinence de créer un titre d’emploi spécifique au sein des départements de pharmacie de centres hospitaliers universitaires et d’établir un programme structuré d’évaluation.AbstractObjective: To review the risk and quality management mechanisms in the pharmacy department of a Quebec university hospital.Description of problem: The practice of pharmacy has changed considerably in the past few decades, mainly because of legislative and normative changes and increasingly comprehensive medication circuit management. Presently, we are faced with a major challenge: managing risk and quality while at the same time providing pharmaceutical care and services on a continuous basis.Discussion: The following steps were undertaken: a literature review, a meeting with risk and quality managers from other functional units, and a scan of job titles and training pertaining to this area. We identified five guiding principles and established an audit schedule. This work brought to light the need to create a consistent, realistic and ongoing risk and quality management program.Conclusion: This article underscores the need to create a dedicated job title, particularly in university hospital pharmacy departments, and to put a structured evaluation program in place