81 research outputs found
Une ingénierie coopérative créatrice d’un langage commun.
International audienceL’école inclusive nécessite des transformations puisqu’il s’agit de la rendre plus accessible à tous. Les prescriptions institutionnelles incitent alors les professionnels à coopérer, or ce travailler ensemble s’apprend (Perraud et Toullec-Théry, 2023). Notre travail de recherche porte sur cette gestion du changement et prend la forme de collectifs de travail avec des professionnels et des chercheurs, dans une visée d’amélioration continue des pratiques. Ces collectifs, dénommés ingénieries coopératives (Sensevy, 2011; Joffredo-Lebrun, 2016; Perraud, 2022, CDpE, 2023) évoluent sur la durée, en comprenant mieux les pratiques, leur effectuation, leurs plus-values et leurs défauts.Dans cet article, nous montrerons en quoi les acteurs d’une ingénierie coopérative, en élaborant une œuvre commune (rendre une recette accessible), travaillent à se comprendre en se construisant un langage commun
Une ingénierie coopérative créatrice d’un langage commun.
International audienceL’école inclusive nécessite des transformations puisqu’il s’agit de la rendre plus accessible à tous. Les prescriptions institutionnelles incitent alors les professionnels à coopérer, or ce travailler ensemble s’apprend (Perraud et Toullec-Théry, 2023). Notre travail de recherche porte sur cette gestion du changement et prend la forme de collectifs de travail avec des professionnels et des chercheurs, dans une visée d’amélioration continue des pratiques. Ces collectifs, dénommés ingénieries coopératives (Sensevy, 2011; Joffredo-Lebrun, 2016; Perraud, 2022, CDpE, 2023) évoluent sur la durée, en comprenant mieux les pratiques, leur effectuation, leurs plus-values et leurs défauts.Dans cet article, nous montrerons en quoi les acteurs d’une ingénierie coopérative, en élaborant une œuvre commune (rendre une recette accessible), travaillent à se comprendre en se construisant un langage commun
Naissance d’une coopération dans un ESAT : quand des moniteurs d’atelier, un travailleur et un chercheur apprennent à travailler ensemble
La question de la place accordée aux savoirs fondamentaux (Lire, écrire et compter), pour des adultes en situation de handicap intellectuel, reste une question vive dans notre société où l’écrit est omniprésent. Dans cet article, nous allons décrire et analyser les premiers pas d’une coopération entre des acteurs d’un collectif, engagés dans une ingénierie coopérative (Sensevy, 2011), dont les champs de pratique sont a priori éloignés : des professionnels d’un ESAT (établissement service d’aide par le travail), des adultes en situation de handicap (appelés travailleurs) et une chercheure (l’auteure de cet article. Plus précisément, nous répondrons aux questions suivantes : que se passe-t-il quand des acteurs de cultures différentes apprennent à travailler ensemble ? Qu’est-ce que cette coopération inédite transforme ? Pour ce faire, nous nous centrerons sur la coopération dans l’atelier restauration de l'ESAT, entre un travailleur, Walter, les monitrices de cet atelier et la chercheure. Ensemble, ils vont élaborer un outil d’accessibilité, appelé cartes-constellations, permettant à Walter de mobiliser le comptage dans son activité professionnelle.For intellectually disabled adults, the place of fundamental knowledge (reading, writing and counting) remains a live question in our society where writing is omnipresent. This article is a description and an analysis of the first steps of an cooperation between members of a collective committed in a cooperative engineering (Sensevy, 2011) of which practice fields seem at first view distant from one another: staff in an ESAT (Etablissement Service d’Aide par le Travail: institution for help to disabled adults through work) adults with disabilities (called workers) and a researcher (the author of this article). More specifically, we will answer the following questions: what happens when actors from different cultures learn to work together? What is this new cooperation transforming? To do this, we will focus on cooperation in the ESAT restoration workshop between a worker, Walter, the instructors of this workshop and the researcher. Together, they will develop an accessibility tool, called constellation cards, that will allow Walter to mobilize counting in his professional activity
Un dispositif d'auto-régulation dans l'école : déstabilisation des pratiques professionnelles et reconfiguration des rôles des professeurs ?
International audienceDans une perspective inclusive, l’autorégulation à l’école se déploie depuis la rentrée 2021 dans le premier degré, au travers de « dispositifs d’autorégulation – DAR », pour les élèves diagnostiqués avec un trouble du neurodéveloppement (TND). Concrètement, ce déploiement consiste en la mise en place conjointe d’un professeur supplémentaire de l’éducation nationale - un professeur d’autorégulation - et d’une équipe médico-sociale au sein de l’école. Si le cahier des charges de 2024 insiste sur l’idée de « coopération constructive entre les acteurs » (MENESR 2024)3, la venue de nouveaux professionnels crée inévitablement une déstabilisation des pratiques habituelles et soulève des questions : de quelles natures sont ces déstabilisations ? Comment les interventions d’une équipe médico-sociale modifient-elles les pratiques des professeurs dans leurs classe ? Quelle place occupe le professeur surnuméraire ?Faire travailler les professionnels en équipe constitue l’essence même de la construction des dispositifs (y compris les DAR) (Barrère, 2013) particulièrement dans le cadre d’une école inclusive (Pelhate, Jacobs, Conus, 2023). Pourtant cette coopération visée par les cahiers des charges entre professionnels n’est pas « naturelle ». Il s’agit bien dans ce croisement de regards professionnels de faire face à des situations particulières, un “travail d’accordage” entre professionnels (Ravon, 2012) qui questionne donc les manières de “faire équipe” pour penser les situations d’élèves.Dans cette contribution, nous proposons une analyse des interactions formelles et informelles entre les différents métiers agissant dans le cadre du dispositif d’auto-régulation à l’école. Il s’agit de comprendre comment se construisent des formes d’entendement capables (ou non) de garantir aux élèves une expérience scolaire inclusive par la modification du programme institutionnel de l‘école. Plus précisément, nous nous interrogeons sur la reconnaissance des professeurs dans leur savoir et dans ces interactions : en quoi la venue d’une équipe médico-sociale rend-elle capables les professeurs ? Un tel dispositif favorise-t-il une égalité des intelligences (Rancière, 1987), condition propice à la coopération ? Ou bien au contraire, ne tend-il pas à introduire une hiérarchie du point de vue des savoirs, dans un recours au professionnel « expert » ? L’autorégulation n’entrave-t-elle la perspective d’une forme scolaire émancipatrice (Perraud, 2025), en renforçant une personnalisation du besoin restant arrimé aux troubles (ibid.) ?Pour tenter de répondre à ce questionnement, nous nous appuierons sur deux études complémentaires au sein de deux écoles primaires en REP+ s’intéressant aux coopérations menées dans le cadre du projet DARautiscol. Dans des approches ethnographiques, les corpus récoltés à partir desquels porteront nos analyses regroupent des observations (journaux de terrain) et des transcriptions d’enregistrements d’entretiens individuels et de temps collectifs
Mise en place d'une chaîne d'édition structurée aux éditions Quæ : aspects techniques
Les évolutions récentes des supports de lecture et des habitudes des lecteurs, notamment pour les documents
scientifiques, modifient le métier d’éditeur. L’édition devient multisupport (ordinateur, tablette, smartphone,
papier), et la chaîne graphique classique se modifie afin de s’adapter à la multiplication des supports de lecture.
L’utilisation du langage XML permet de décrire la structure du document, ce qui élargit les possibilités d’exploitation
avec tous les enrichissements qu’autorisent les différents formats. Le développement du langage XML affranchit
en outre les fichiers obtenus des aléas industriels et commerciaux des éditeurs de logiciels, rendant ces fichiers
utilisables dans le long, voire le très long terme. Les éditions Quæ ont intégré cette technologie et ont adapté leur
chaîne de production, avec comme objectif de considérer un ouvrage à partir de sa structure, le livre papier étant
l’une des formes possibles de l'ouvrage
La symétrie dans les recherches participatives.: Études des pratiques dans deux ingénieries coopératives partant chacune de la question sociale des inégalités
International audienceNotre communication s’appuie sur deux recherches (Perraud, 2022 ; Gerin, 2020) partant de questions sociales en lien avec l’égalité et s’inscrivant dans les recherches participatives. Ainsi, la méthodologie adoptée est qualitative, ethnographique et clinique. Ces deux études impliquent une coopération : dans un cas entre une chercheuse et des acteur.rices du médico-social, dans l’autre entre une chercheuse et des professeur.es des écoles. Elles prennent la forme d’ingénieries coopératives (CDpE, 2024) développées en théorie de l’action conjointe en didactique. Dans les ingénieries, chercheur.es et praticien.nes coopèrent de manière expérimentale à la conception, réalisation, observation et à l’analyse de situations d’enseignement-apprentissage. Ces enquêtes collectives visent à résoudre des problèmes issus de la pratique. Une ingénierie coopérative figure une institution dont les membres cherchent ensemble, dans un processus itératif à décrire et comprendre la pratique, pour la transformer (l’améliorer), ce qui leur permet de mieux la comprendre, pour la transformer encore (l’améliorer davantage), etc. Un tel dispositif se construit progressivement dans un long travail d’enquête collectif. Des principes guident l’action collective, ils sont au fondement de l’ingénierie coopérative. Parmi eux, le principe de symétrie consiste à ce que chacun.e s’exprime et dans un même temps prenne en compte l’expression des autres. L’objet de cette contribution vise à identifier de quelles manières le principe de symétrie, entre chercheuse et praticien.nes, peut prendre forme dans une recherche participative telle que l’ingénierie coopérative, et dans quelle mesure la méthodologie ethnographique permet de rendre compte de cela. L’analyse s’appuie sur deux exemples.Le premier exemple (Perraud, 2022) vise la question des savoirs (notamment, lire-écrire-compter) pour des adultes présentant un handicap intellectuel dans un établissement et service d’aide par le travail (ESAT), du secteur médico-social. Dans un ESAT, des équipes de travailleurs (des personnes en situation de handicap) sont accompagnées par des moniteurs d’ateliers, dans des ateliers qui ont une activité de production. Une ingénierie coopérative a été mise en œuvre pendant quatre années. Le collectif était composé de professionnels volontaires, de travailleurs volontaires et d’une chercheuse. Le dispositif étudié s’appuie sur deux actions complémentaires et liées : douze réunions de l’ingénierie coopérative, au cours desquelles les professionnels et la chercheuse ont enquêté et une activité avec la chercheuse dans les ateliers. La méthodologie envisagée a consisté en la mise en place et l’étude de l’ingénierie coopérative. Pour documenter les pratiques, avait opté pour le film d’étude. Mais lors de la découverte du terrain, guidée notamment par le principe de symétrie, elle prend conscience de la nécessité de renoncer au film d’étude, pour préserver l’étude. Elle décide alors et qu’elle soit filmée. Il réside ici une contradiction méthodologique, en effet, pourquoi ce changement ? Nous formulons l’hypothèse suivante : dans l’institution de l’ingénierie coopérative, une relation de confiance s’est établie entre la chercheuse, les travailleurs et les professionnels. Sennett (2014) reprenant William James explique que « […] quand nous faisons confiance […], nous sommes disposés à “œuvrer pour une cause dont l’issue heureuse ne nous est pas garantie à l’avance ” ». Ainsi, dans l’enquête chacun est disposé à œuvrer (participer à l’œuvre commune) pour une cause (éprouver la recette rendue accessible et permettre aux autres acteurs de l’ingénierie coopérative, hors contexte, de participer). Le deuxième exemple est issu d’une étude trouvant son origine dans les inégalités femmes-hommes envisagée dans une perspective émancipatrice de concrétisation de l’égalité. Le postulat est le suivant : l’égalité femmes-hommes advient d’une reconnaissance mutuelle femmes-hommes de leurs égales capacités. En outre, lorsque filles et garçons font l’expérience, dès le plus jeune âge et en continu, de leur équipotence, cela favorise une reconnaissance mutuelle femmes-hommes aux âges ultérieurs. Appliqué à l’école, et en particulier en lire-écrire au CP, il en découle la question du que faire-comment faire pour élaborer des conditions didactiques susceptibles de favoriser une reconnaissance filles-garçons de leur équipotence à écrire une histoire inventée. La recherche participative mise en œuvre pour tenter de répondre à cette question a pris la forme d’une ingénierie coopérative réunissant une chercheuse et trois professeur.es de CP. A partir d’un extrait de réunion de l’ingénierie, l’exemple tente d’une part de donner à voir la manière dont le principe de symétrie entre membres de la recherche prend forme au regard des savoirs sur l’écriture et la coécriture. D’autre part l’exemple propose d’envisager la rencontre avec les pratiques authentiques en tant qu’élément susceptible de favoriser l’émergence d’une symétrie entre membres d’une recherche coopérative. La conclusion exploratoire consiste en l’hypothèse de travail suivante. La rencontre avec l’art de faire, ici l’art d’écrire, de coécrire, inscrit chaque membre de l’ingénierie dans un « rapport artisanal au monde » (Sennett, 2008). Cette dimension artisanale favorise l’intégration par soi d’éléments de la pratique de savoir étudiée. Cette intégration, par chacun.e, de l’art de faire, participe de la mise en œuvre de la symétrie entre chercheuse et professeur.es. De plus, elle sert la transformation des pratiques, pour des situations de lire-écrire qui rendent filles et garçons également capables de coécrire une histoire inventée.Notre contribution tente de montrer ce qui suit. Premièrement, comment le principe de symétrie agit au sein des collectifs, avec en filigrane la nécessaire participation de chacun de ses membres à l’enquête. Dans le premier exemple, cette participation a été possible car la chercheuse en appui sur ce principe de symétrie a transformé sa méthodologie ce qui a modifié le dispositif en lui-même et assuré la participation des professionnels. Aussi, lors de IC6, la confiance qui se renforce tout au long de l’expérimentation favorise l’amélioration de l’œuvre commune qui d’une certaine manière est l’ingénierie coopérative en tant que telle. Partant de là, nous avons vu qu’une ingénierie était l’instrument de sa propre institution. Dans le second exemple, le principe de symétrie se concrétise dans les responsabilités assumées par les membres de la recherche. D’une part dans l’initiative prise par l’une des actrices de terrain pour que le collectif en apprenne davantage sur l’art de (co)écrire. D’autre part dans l’objet des prises de parole des membres lors de la réunion. L’hypothèse qui s’ensuit est la suivante : la rencontre avec l’art de faire permet à chacun.e de s’inscrire dans un rapport artisanal au monde participatif d’une transformation des pratiques. Deuxièmement, notre contribution donne un aperçu de la manière dont les pratiques en œuvre sont documentées dans le cadre de ces dispositifs expérimentaux. La documentation prend la forme de descriptions fines de la pratique, via le journal de terrain, le film, les transcriptions. Le partage de ces éléments au sein du collectif vise à ce que chacun.e puisse comprendre la pratique (ce qu’il se passe), pour une décision collective d’éventuelles améliorations. Chacun.e peut ainsi contribuer à transformer ladite pratique
La symétrie dans les recherches participatives.: Études des pratiques dans deux ingénieries coopératives partant chacune de la question sociale des inégalités
International audienceNotre communication s’appuie sur deux recherches (Perraud, 2022 ; Gerin, 2020) partant de questions sociales en lien avec l’égalité et s’inscrivant dans les recherches participatives. Ainsi, la méthodologie adoptée est qualitative, ethnographique et clinique. Ces deux études impliquent une coopération : dans un cas entre une chercheuse et des acteur.rices du médico-social, dans l’autre entre une chercheuse et des professeur.es des écoles. Elles prennent la forme d’ingénieries coopératives (CDpE, 2024) développées en théorie de l’action conjointe en didactique. Dans les ingénieries, chercheur.es et praticien.nes coopèrent de manière expérimentale à la conception, réalisation, observation et à l’analyse de situations d’enseignement-apprentissage. Ces enquêtes collectives visent à résoudre des problèmes issus de la pratique. Une ingénierie coopérative figure une institution dont les membres cherchent ensemble, dans un processus itératif à décrire et comprendre la pratique, pour la transformer (l’améliorer), ce qui leur permet de mieux la comprendre, pour la transformer encore (l’améliorer davantage), etc. Un tel dispositif se construit progressivement dans un long travail d’enquête collectif. Des principes guident l’action collective, ils sont au fondement de l’ingénierie coopérative. Parmi eux, le principe de symétrie consiste à ce que chacun.e s’exprime et dans un même temps prenne en compte l’expression des autres. L’objet de cette contribution vise à identifier de quelles manières le principe de symétrie, entre chercheuse et praticien.nes, peut prendre forme dans une recherche participative telle que l’ingénierie coopérative, et dans quelle mesure la méthodologie ethnographique permet de rendre compte de cela. L’analyse s’appuie sur deux exemples.Le premier exemple (Perraud, 2022) vise la question des savoirs (notamment, lire-écrire-compter) pour des adultes présentant un handicap intellectuel dans un établissement et service d’aide par le travail (ESAT), du secteur médico-social. Dans un ESAT, des équipes de travailleurs (des personnes en situation de handicap) sont accompagnées par des moniteurs d’ateliers, dans des ateliers qui ont une activité de production. Une ingénierie coopérative a été mise en œuvre pendant quatre années. Le collectif était composé de professionnels volontaires, de travailleurs volontaires et d’une chercheuse. Le dispositif étudié s’appuie sur deux actions complémentaires et liées : douze réunions de l’ingénierie coopérative, au cours desquelles les professionnels et la chercheuse ont enquêté et une activité avec la chercheuse dans les ateliers. La méthodologie envisagée a consisté en la mise en place et l’étude de l’ingénierie coopérative. Pour documenter les pratiques, avait opté pour le film d’étude. Mais lors de la découverte du terrain, guidée notamment par le principe de symétrie, elle prend conscience de la nécessité de renoncer au film d’étude, pour préserver l’étude. Elle décide alors et qu’elle soit filmée. Il réside ici une contradiction méthodologique, en effet, pourquoi ce changement ? Nous formulons l’hypothèse suivante : dans l’institution de l’ingénierie coopérative, une relation de confiance s’est établie entre la chercheuse, les travailleurs et les professionnels. Sennett (2014) reprenant William James explique que « […] quand nous faisons confiance […], nous sommes disposés à “œuvrer pour une cause dont l’issue heureuse ne nous est pas garantie à l’avance ” ». Ainsi, dans l’enquête chacun est disposé à œuvrer (participer à l’œuvre commune) pour une cause (éprouver la recette rendue accessible et permettre aux autres acteurs de l’ingénierie coopérative, hors contexte, de participer). Le deuxième exemple est issu d’une étude trouvant son origine dans les inégalités femmes-hommes envisagée dans une perspective émancipatrice de concrétisation de l’égalité. Le postulat est le suivant : l’égalité femmes-hommes advient d’une reconnaissance mutuelle femmes-hommes de leurs égales capacités. En outre, lorsque filles et garçons font l’expérience, dès le plus jeune âge et en continu, de leur équipotence, cela favorise une reconnaissance mutuelle femmes-hommes aux âges ultérieurs. Appliqué à l’école, et en particulier en lire-écrire au CP, il en découle la question du que faire-comment faire pour élaborer des conditions didactiques susceptibles de favoriser une reconnaissance filles-garçons de leur équipotence à écrire une histoire inventée. La recherche participative mise en œuvre pour tenter de répondre à cette question a pris la forme d’une ingénierie coopérative réunissant une chercheuse et trois professeur.es de CP. A partir d’un extrait de réunion de l’ingénierie, l’exemple tente d’une part de donner à voir la manière dont le principe de symétrie entre membres de la recherche prend forme au regard des savoirs sur l’écriture et la coécriture. D’autre part l’exemple propose d’envisager la rencontre avec les pratiques authentiques en tant qu’élément susceptible de favoriser l’émergence d’une symétrie entre membres d’une recherche coopérative. La conclusion exploratoire consiste en l’hypothèse de travail suivante. La rencontre avec l’art de faire, ici l’art d’écrire, de coécrire, inscrit chaque membre de l’ingénierie dans un « rapport artisanal au monde » (Sennett, 2008). Cette dimension artisanale favorise l’intégration par soi d’éléments de la pratique de savoir étudiée. Cette intégration, par chacun.e, de l’art de faire, participe de la mise en œuvre de la symétrie entre chercheuse et professeur.es. De plus, elle sert la transformation des pratiques, pour des situations de lire-écrire qui rendent filles et garçons également capables de coécrire une histoire inventée.Notre contribution tente de montrer ce qui suit. Premièrement, comment le principe de symétrie agit au sein des collectifs, avec en filigrane la nécessaire participation de chacun de ses membres à l’enquête. Dans le premier exemple, cette participation a été possible car la chercheuse en appui sur ce principe de symétrie a transformé sa méthodologie ce qui a modifié le dispositif en lui-même et assuré la participation des professionnels. Aussi, lors de IC6, la confiance qui se renforce tout au long de l’expérimentation favorise l’amélioration de l’œuvre commune qui d’une certaine manière est l’ingénierie coopérative en tant que telle. Partant de là, nous avons vu qu’une ingénierie était l’instrument de sa propre institution. Dans le second exemple, le principe de symétrie se concrétise dans les responsabilités assumées par les membres de la recherche. D’une part dans l’initiative prise par l’une des actrices de terrain pour que le collectif en apprenne davantage sur l’art de (co)écrire. D’autre part dans l’objet des prises de parole des membres lors de la réunion. L’hypothèse qui s’ensuit est la suivante : la rencontre avec l’art de faire permet à chacun.e de s’inscrire dans un rapport artisanal au monde participatif d’une transformation des pratiques. Deuxièmement, notre contribution donne un aperçu de la manière dont les pratiques en œuvre sont documentées dans le cadre de ces dispositifs expérimentaux. La documentation prend la forme de descriptions fines de la pratique, via le journal de terrain, le film, les transcriptions. Le partage de ces éléments au sein du collectif vise à ce que chacun.e puisse comprendre la pratique (ce qu’il se passe), pour une décision collective d’éventuelles améliorations. Chacun.e peut ainsi contribuer à transformer ladite pratique
Les ingénieries coopératives, leviers de pratiques inclusives à l'école : premiers linéaments.
International audienceInclusive schooling remains a challenge. How can we ensure that no pupil is left by the wayside in a class made up of a diversity of pupils, some of whom are institutionally considered to have special educational needs ? We begin our working hypotheses with an empirical example from a study in an establishment and service of assistance through work (ESAT). Based on a specific practical problem encountered by one worker (a disabled adult), and drawing on what he knew how to do, a cooperative engineering team built a device-solution that benefited all the workers. So, what are the possible avenues for the school?L’école inclusive reste un défi. Comment dans un collectif-classe composé d’une diversité d’élèves, dont certains sont institutionnellement pensés en termes de besoins éducatifs particuliers, ne laisser aucun élève au bord du chemin ? Nous amorçons des hypothèses de travail à partir d’un exemple empirique issu d’une étude, dans un établissement et service d’aide par le travail – ESAT. À partir d’un problème de pratique particulier rencontré par un travailleur (un adulte en situation de handicap) et en appui sur ce qu’il savait faire, une ingénierie coopérative a construit un dispositif-solution qui a profité à l’ensemble des travailleurs. Partant de là, quelles pistes possibles pour l’école
Une ingénierie coopérative dans un Établissement et Service d'Aide par le Travail (ESAT) : un collectif pour penser l’accompagnement
Une ingénierie coopérative dans un Établissement et Service d'Aide par le Travail (ESAT) : un collectif pour penser l’accompagnement
International audienceL’APEI Ouest 44, association du secteur médico-social, s’interroge sur la place accordée aux savoirs fondamentaux (lire, écrire et compter) pour les adultes de ses établissements et services.Pour travailler cette question, l’association a mis en place dans l’un de ses établissements et services d’aide par le travail (ESAT), un collectif regroupant des professionnels et une chercheure (l’auteure de ces lignes), dont la fonction consistait à proposer un dispositif centré sur le travail in situ de cette question. Ce dispositif innovant est l’objet de notre recherche.Notre collectif a pris la forme d’une ingénierie coopérative. Celle-ci a une double ambition, à partir de la thématique esquissée ci-dessus : engager une réflexion pluricatégorielle, centrée sur l’accompagnement des travailleurs d’ESAT ; créer un espace de rapprochement entre les cultures des différents acteurs.La visée de ce chapitre est d’analyser et de comprendre comment une ingénierie coopérative dans un ESAT devient un vecteur de compréhension et de transformation de pratique.Plus particulièrement, nous nous proposons ici de répondre à la question suivante : en quoi la création continuée d’un outil d’accessibilité en espaces verts a-t-elle participé à ce que les travailleurs de l’ESAT deviennent des acteurs essentiels de l’ingénierie coopérative ?Après une présentation de notre étude, nous décrirons, puis analyserons la genèse d’un outil d’accessibilité à la pratique des espaces verts
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