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    Burlesque et héroï-comique dans les romans d’Albert Cohen : anachronisme, métatextualité, éthique

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    Communication dans le cadre du colloque international « Albert Cohen : la littérature à l’épreuve » (Lille, 28 mai 2015)International audienc

    Albert Cohen chez les Soviets. Salut à la Russie ou la littérature en état d’urgence

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    International audienceLe texte d’Albert Cohen, Salut à la Russie, paraît dans La France libre, en 1942. Son originalité ne tient pas seulement aux circonstances de son écriture (l’écrivain y salue l’héroïsme du peuple russe faisant subir ses premières déroutes à l’armée allemande), mais aussi à ce qu’« au moment même où il prétend consacrer la simplicité d’un combat éthique » il en « met à nu la complexité ». Incursion d'Albert Cohen dans le domaine de la littérature engagée, entendue au sens étroitement sartrien du terme – paradoxe d’autant plus piquant que, comme je le rappelle, Sartre aurait, selon Raymond Aron, spontanément détesté ce texte qui comporte pourtant sur la littérature de guerre des énoncés (« La grande littérature ne nous sert maintenant de rien. La grande littérature est réformée ») que l’on retrouvera presque expressis verbis sous sa plume, quelques années plus tard.Je sollicite dans cette analyse deux notions clés : celles de contradiction performative, empruntée à la linguistique, et d’injonction contradictoire, empruntée à la psychologie. La première vise à décrire la tension qui naît du double projet « d’assumer les contraintes d’une littérature de guerre et d’en décrire analytiquement le fonctionnement », d’activer la puissance « mobilisatrice d’un discours guerrier » tout en procédant à un retour « spéculaire, sur ses ressorts rhétoriques et politiques ». La seconde touche à la double nécessité de sacrifier à « l’apologie d’une littérature de propagande » mais « d’y faire droit à l’expression temporaire d’états d’âme qui semblent la disqualifier ».Je décris dans un premier temps la manière dont Cohen mobilise le registre épique et une rhétorique martiale – ne reculant pas, lui qui n’a jamais été communiste, devant l’éloge de Staline. Cette machine de combat n’en est pas moins traversée par le souci de sa légitimation : Cohen se justifie, en de longues digressions réflexives, cette soumission de l’art au « service militaire ». Ce texte de guerre atypique demande donc à être saisi dans sa double nature : celui d’une littérature de « propagande » et celui d’un « atelier où le propagandiste abat ses cartes, revendique crânement l’exagération, l’amphigouri, les accommodements avec la vérité ». Là est la première originalité d’un « travail énonciatif qui consiste à la fois, et contradictoirement, à mobiliser la force d’entraînement du verbe poétique (à déchaîner les passions) et à en démonter réflexivement les mécanismes (c’est-à-dire à actionner les leviers de la raison) ».Toutefois, si la littérature est ici sommée de revenir à plus de modestie, c’est aussi que, en ces temps de guerre, le monde lui-même se simplifie. De là l’usage paradoxal de la stéréotypie : l’éloge de la « naïveté » russe, propice à l’héroïsme, se voit opposé aux saillies ironiques contre le défaitisme des élites françaises incarné par Giraudoux. De là aussi cette célébration inattendue de la « guerre totale » chez un auteur connu pour son allergie au culte de l’uniforme et son aversion pour la violence : « Certes, Albert Cohen [...] était bien placé pour savoir que le sort du monde libre était suspendu à l’issue de la guerre germano-soviétique [...]. Mais ce qu’il dit de cette passion amoureuse de la guerre excède ce que l’on peut attendre du discours martial. [...] Ce renversement des valeurs, cette palinodie, sont-ils de pures positions de circonstance [...] ? Peut-être, mais il n’est pas interdit de se demander si l’expérience limite de la guerre totale n’est pas, pour Cohen, une mise à l’épreuve plus profonde. » Cette épreuve « plus profonde » tient à mes yeux à ce que Cohen, qui a dès les années trente formulé le « combat de l’homme » comme une « guerre » contre les instincts naturels s’avise alors de l’existence d’une autre guerre, plus archaïque : « Antérieurement au “combat de l’homme”, surplombé par des valeurs, des idéaux – la justice, l’altruisme, la compassion –, il y aurait un combat primitif, alimenté par des passions élémentaires » qui ont à voir avec la survie et le territoire. « Et cette lutte à mort est “bête”, [...] récuse l’intelligence, [...] fait de nous des bêtes [...] Ce n’est là rien de moins qu’une renaturalisation de la morale – ou plutôt de ses conditions de possibilités [...] Ce que l’écrivain entr’aperçoit dans ce combat primitif, [...] c’est donc que les préconditions de la morale ne sont pas elles-mêmes morales mais passionnelles, ne sont pas intellectuelles, mais vitales. [...] Telle est l’obscénité profonde de la révélation dans Salut à la Russie, de cette “fête horrible de la patrie” ».Reste que cet « ensauvagement » inévitable n’est pas accepté de gaieté de cœur et que, en chemin, l’écrivain semble se rendre compte qu’« exalter la guerre, c’est faire allégeance aux valeurs mêmes de l’ennemi [...]. Il y a là un état d’exception non seulement littéraire mais moral, c’est-à-dire suspension des normes éthiques de l’existence commune. Reste à savoir comment, dans cet état politique qui est aussi un état d’esprit, préserver cette part d’humanité au nom de laquelle ce combat est mené. » Cette « injonction contradictoire », Cohen cherche à la surmonter dans son texte même par une pensée de la dérogation, qui passe par une série de « dissociations » : « dissociation historique entre le moment de la guerre et l’horizon moral de l’après-guerre ; dissociation intime entre le poète épique et le poète lyrique » que détaille la fin de mon article, et dont l’une des expressions est l’usage des digressions poétiques où le thuriféraire de la guerre « cherche [...] à respirer à une autre hauteur que les champs de bataille et à écrire sur d’autres airs que le chant du canon. Cohen y fait la guerre buissonnière, marque ses distances, au risque de se dédire ». Cohen semble éprouver, dans l’urgence de la guerre, ce risque d’appauvrissement éthique qui faisait dire à René Char qu’il avait été contraint, à son corps défendant, de devenir “un monstre de justice et d’intolérance”. C’est ainsi qu’au cœur de cette « littérature en état d’urgence » parvient à se dire « l’ardent désir de sortir au plus vite de cette disposition belliqueuse qui met en péril les fragiles assises psychiques, éthiques et culturelles de l’humanité.

    Albert Cohen

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    Honorable Mention winner in the Modern Language Association's Aldo and Jeanne Scaglione Prize competition for French and Francophone Literary StudiesA major figure in twentieth-century letters, Albert Cohen (1895–1981) left a paradoxical legacy. His heavily autobiographical, strikingly literary, and polyphonic novels and lyrical essays are widely read by a devout public in France, yet have been largely ignored by academia. A self-consciously Jewish writer and activist, Cohen remained nevertheless ambivalent about Judaism. His self-affirmation as a Jew in juxtaposition with his satirical use of anti-Semitic stereotypes still provokes unease in both republican France and institutional Judaism.In Albert Cohen: Dissonant Voices, the first English-language study of this profound and profoundly misunderstood writer, Jack I. Abecassis traces the recurrent themes of Cohen's works. He reveals the dissonant fractures marking Cohen as a modernist, and analyzes the resistance to his work as a symptom of the will not to understand Cohen's main theme—"the catastrophe of being Jewish."For Abecassis, Cohen's diverse oeuvre forms a single "roman fleuve" exploring this perturbing theme through fragmentation and grotesquerie, fantasies and nightmares, the veiling and unveiling of the unspeakable.Abecassis argues that Cohen should not be read exclusively through the prism of European literature (Stendhal, Tolstoy, Proust), but rather as the retelling—inverting and ultimately exhausting, in the form of submerged plots—of the Biblical romances of Joseph and Esther. The romance of the charismatic Court Jew and its performance correlative, the carnival of Purim, generate the logic of Cohen's acute psychological ambivalence, historical consciousness and carnal sensuality—themes which link this modernist author to Genesis as well as to the literary practices of Sephardic crypto-Jews. Abecassis argues that Cohen's best-known work, Belle du Seigneur (1968), besides being an obvious tale of obsessive love and dissolution, is foremost a tale of political intrigue involving Solal, the meteoric-rising Jew in the League of Nations during the period of Appeasement (1936), and his ultimate self-destruction. Providing close readings and imaginative analyses of the entire literary output of one of twentieth-century France's most important Jewish writers, Abecassis presents here a major work of literary scholarship, as well as a broader study of the reception and influence of Jewish thought in French literature and philosophy

    Hermann Cohen Collection 1872-1992

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    LBI (Jerusalem), 1969Philosopher, born 1842 in Anhalt. Died 1918 in Berlin.Photographs removed to Photograph CollectiondigitizedBadt-Strauss, Bertha; Buchholtz, Henny; Cohen, Gerson; Cohen, Hermann; Cohen, Martha; Geiger, Ludwig; Keller, Gottfried; Kraemer, Erich; Lange, Friedrich Albert; Liebermann, Max; Pasternak, Leonid; Schliessler, Otto; Weinberg, S

    Albert Cohen, Belle du seigneur !

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    Bruit Guy. Albert Cohen, Belle du seigneur !. In: Raison présente, n°185, 1er trimestre 2013. Émancipation plurielles. pp. 116-117

    Albert Cohen, Belle du seigneur !

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    Bruit Guy. Albert Cohen, Belle du seigneur !. In: Raison présente, n°185, 1er trimestre 2013. Émancipation plurielles. pp. 116-117

    Robert Elbaz, ou les torts du discours évasif

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    International audienceCompte-rendu de lecture de Albert Cohen, ou la pléthore du discours narratif, de Robert Elbaz (Publisud, 2000)

    Albert Cohen on screen

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    Cet article se penche sur l’adaptation cinématographique de Mangeclous et Belle du Seigneur. Ces deux romans qui appartiennent à la saga Solal d’Albert Cohen (1895-1981) ont été adaptés à l’écran par Moshé Mizrahi (1931-) et Glenio Bonder (1956-2011). Nous verrons tout d’abord l’importance qu’a le cinéma dans la genèse de l’oeuvre de l’auteur. Puis, en comparant les films et les oeuvres originales nous observerons les différences qui ont été nécessaires aux adaptations. Enfin, nous discernerons si les films ont su traduire complètement l’imaginaire, très riche, qui habite les romans de l’auteur.Este artículo trata de la adaptación cinematográfica de Mangeclous y Belle du Seigneur, dos novelas que pertenecen a la saga Solal de Albert Cohen (1895-1981) y versionadas por Moshé Mizrahi (1931-) y Glenio Bonder (1956-2011). Apuntaremos en un primer lugar la importancia que tiene el cine en la génesis de la obra del autor. Luego compararemos las dos películas con las novelas de Albert Cohen, de cada una analizaremos las diferencias que ha supuesto el proceso de adaptación. Finalmente veremos si las películas responden, como producto artístico, al complejo universo que constituye el sello del autor.The main purpose of this article is to analyse the film adaptations of Mangeclous and Belle du Seigneur. These novels, which have been adapted by Moshé Mizrahi (1931-) and Glenio Bonder (1956-2011), are part of a main saga called Solal and written by Albert Cohen (1895-1981). First, we will insist on the importance of cinema for the beginning of Albert Cohen’s work as a writer. Then, by comparing the films and the novels, we will observe the differences that had been necessary for such adaptations. Moreover, with this comparison, we will discover if the adaptations have succeeded in transmitting the universe that lies behind the novels

    Belle du Seigneur au cinéma : le roman compressé

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    Communication dans le cadre de la journée d’étude « Albert Cohen, les arts et la création » (Paris, 12-13 mai 2017)International audienceCet article aborde la question de la relation entre Albert Cohen et les arts à travers le prisme intermédial de l'adaptation cinématographique de son oeuvre romanesque, plus spécifiquement celle de Belle du Seigneur par le co-scénariste et réalisateur brésilien Glenio Bonder, sortie en salles en France le 19 juin 2013. L'effet d'ensemble produit par le film est celui d'une passion ordinaire, dont les crises et l'échec final semblent n'obéir à aucune nécessité, par un effet d'aplatissement, d'élagage et de compression appliqué à l'oeuvre romanesque

    Albert Cohen écrivain séfarade?

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    L’article se propose, notamment, de faire le point sur la manière dont la critique a reconnu en Cohen un écrivain séfarade – adjectif dont l’acception exige un éclaircissement d’ordre terminologique – en retournant pour cela aux origines corfiotes d’Albert Cohen telles que les révèlent, d’une part, l’approche biographique, d’autre part, le versant autofictionnel de l’œuvre. L’article soulève ainsi plusieurs questions : est-il légitime de considérer Albert Cohen comme un écrivain séfarade à part entière ? Quelle langue a bercé la tendre enfance de Cohen, et quels rapport entretiendra-t-il avec la langue première lorsque la langue seconde, le français, garant de l’intégration sociale, prendra le pas sur la première ? Quelles traces de la culture séfarade peut-on relever dans l’œuvre fictionnelle ? La fière revendication d’une filiation séfarade par la branche aînée du héros Solal suffit-elle à justifier la « séfaradité » du petit monde juif des Valeureux de Céphalonie? Parmi les traits caractéristiques identifiés par Albert Bensoussan – nomadisme, lien viscéral à la mère, retour sur l’enfance, culture de la « table dressée », emphase verbale – nous avons opté pour une perspective d’ordre linguistique. Cet angle d’attaque permet en effet d’approfondir, d’abord, la question centrale de la langue maternelle, qui a partie liée avec le concept clé d’ancrage culturel et avec l’axiome langue-patrie, ensuite, l’isotopie de l’emphase et de la jouissance langagière chez les Valeureux, enfin, le lien symbolique existant entre l’amour des mots et celui des mets emblématiques de la tradition culinaire juive méditerranéenne
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