Recherches en Communication
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Le “vintage transactionnel” dans les fictions plurielles de la télévision
Tout a été dit - ou presque - sur la façon dont la série Mad Men (AMC, 2007-2015) a contribué au développement d'une certaine « culture vintage » qui a fini par imprégner différents lieux de l'espace social. Certains des travaux consacrés à la série ont bien montré qu'en jouant sur une double relation au passé (celle des téléspectateurs avec l'époque diégétique - les années 60 - et celle des personnages avec les années 50), Mad Men abordait des problématiques contemporaines d'une façon inédite. Dans le prolongement de ces travaux, nous nous intéresserons à Life on Mars (BBC One, 2006-2007), diffusée un an plus tôt en Grande-Bretagne, afin de mettre en évidence ce que nous nommerons le "vintage transactionnel", c'est-à-dire la capacité qu'a la fiction plurielle de la télévision à opérer une transaction entre passé et présent, en nous faisant éprouver des émotions contradictoires se situant entre nostalgique d'un passé connu mais parfois idéalisé et crainte d'un présent incertain nous ramenant inéluctablement à notre condition de mortel. Nous tenterons en outre de définir cette notion de "vintage transactionnel" à travers une étude comparée de la série originelle avec son remake américain (ABC, 2008-2009) et son retake britannique, Ashes to Ashes (BBC One, 2008-2010)
De la fonction au mythe ? La K7 audio : perspective documentaire
À la fin du mois d’août 1963, la marque Philips lance le premier lecteur-enregistreur audio portable et présente la Compact Cassette, petit boîtier en plastique renfermant une bande magnétique enroulée autour de deux bobines. La cassette audio connaîtra un phénoménal succès de masse avant de décliner au cours des années quatre-vingt dix avec l’arrivée du Compact Disc Digital Audio. Tandis que le son digital domine le marché musical à travers les supports ou dispositifs numériques qui lui sont liés, la « K7 » opère aujourd’hui un retour, à première vue paradoxal. L’examen de sa trajectoire d’objet technique et de ses actualisations successives invite à questionner sa réapparition dans le contexte occidental actuel, que celle-ci relève de la quête du son ou du sens, du système de la mode ou d’une esthétique de la mémoire. L’analyse menée dans le cadre de la théorie documentaire permet ainsi d'approfondir le processus signifiant généré par ce support singulier que constitue la cassette
La communication des musées d’entreprise en Provence et la construction de la provençalité
Face à un besoin de transformation du discours publicitaire, le musée d’entreprise pourrait bien être une nouvelle stratégie communicationnelle permettant d’allier arguments culturels et commerciaux. En intégrant une exposition patrimoniale à un espace de promotion des produits commerciaux, ces institutions deviennent des acteurs de la patrimonialisation. Mais comment arrivent-elles à articuler culture et économie ? Comment les stratégies patrimoniales et institutionnelles s’articulent-elles ? S’entremêlent-elles ou cohabitent-elles ? Cet article développe l’idée que le fonctionnement sémiotique de la communication des musées d’entreprise permet de porter un double discours sans contradiction apparente. A partir de l’étude de quatre musées d’entreprise situés en Provence, quatre stratégies énonciatives de valorisation d’une organisation sont identifiées : s’inscrire dans un temps long, refléter un territoire historique et culturel, offrir des trésors à la contemplation, être le garant d’une éthique patrimoniale.
La portée de l’hybridité : une composante ancienne mais aujourd’hui démultipliée de la communication publique
La communication publique est assez bien reconnue aujourd’hui. Elle est concernée par la thématique de l’hybridité par les spécificités du modèle bureaucratique, ses formes de professionnalisation empruntant au secteur privé. Dès lors comment appréhender dans sa globalité la portée de l’hybridité dans le champ qu’elle recouvre ? Comment appréhender heuristiquement cette communication dont les ressorts et modèles organisationnels sont hybrides entre public, politique et privé
Communication et dynamiques d’hybridation dans les organisations de type laboratoire vivant : un regard constitutif sur le démarrage d’un living lab au service des aînés
Ancrée dans le paradigme de l’innovation ouverte, la méthodologie laboratoire vivant (living lab) met en relation chercheurs, représentants des secteurs public et privé et citoyens afin de créer des solutions innovantes à des problématiques complexes. À travers un partage mutuel de connaissances et d’expériences autour d’un but commun, ce mode d’organisation hybride suppose également de maintenir les intérêts de chaque acteur, ce qui vient avec son lot de tensions. À partir d’une analyse des figures (Cooren, 2013) animées dans des textes et des conversations entourant le démarrage d’un laboratoire vivant axé sur les enjeux du vieillissement, nous exposons différentes tensions émanant du processus d’hybridation, mais également le favorisant. Quatre enjeux sont particulièrement porteurs des tensions : le statut du laboratoire, son fonctionnement, la représentation des parties prenantes et la terminologie en usage. D’un point de vue constitutif, nous démontrons que les tensions liées à l’appartenance participent du processus d’hybridation, ce dernier étant fait de dynamiques de détachements/rattachements.
Les collections de part et d’autre du miroir. Collections d’entreprise et entreprise objet de collections ?
La marque Michelin est un miroir à double face reflétant les expériences de l'entreprise et celles des parties prenantes par rapport à un objet commun : les collections. Quel état des lieux des collections Michelin ? Quel sens l'entreprise attribue à ses collections ? Comment elle les intègre à sa stratégie de communication notamment en termes de valorisation de l'organisation ? Qui sont les collectionneurs et quelles motivations les animent ? La présente communication dévoile les motivations et les perceptions des acteurs participant à la conservation de ce patrimoine à la fois historique, culturel, mémoriel et affectif. Elle s'appuie sur des enquêtes auprès des divers acteurs institutionnels, associatifs et particuliers
De fétiche à marqueur d’une célébrité passée : la carte de hockey comme objet au cœur d’une culture matérielle nostalgique
Cet article s’intéresse à la « vieille » carte de hockey de Léo Gravelle, un ancien joueur du club de hockey Canadien de Montréal, de même qu’aux pratiques culturelles réalisées par son entremise. Par le biais d’une approche inspirée des cultural memory studies- et particulièrement de celles qui ont développé des réflexions sur la matérialité des objets souvenirs et des traces du passé-, il s’agit d’identifier différentes trajectoires de la carte et d’interroger comment le passé de cette ancienne célébrité est réactualisé par l’entremise de cet objet populaire. À partir d’une entrevue et d’une analyse médiatique qui a recensé les événements publics au sein desquels cette carte de hockey a refait surface, le but est de mettre de l’avant comment cet objet incarne et réarticule, à l’échelle d’un individu, certaines manières de faire déjà bien établies au sein d’une culture sportive nostalgique. Ainsi, en étant la fois un objet de mémoire, mémoriel vivant et un marqueur d’une célébrité passée, la carte de hockey de Léo Gravelle contribue à chaque fois qu’elle est mobilisée, à le rendre encore là et surtout encore signifiant en tant qu’ancien joueur de hockey vieillissant.
Destructions, héritages, constructions. Figures de l’exonostalgie sur les fleuves de Belgique francophone.
A partir de terrains ethnographiques réalisés en Wallonie et à Bruxelles auprès d’habitants d’anciens bateaux de commerce transformés en habitations, nous envisageons deux questions : Comment ces « gens d’à terre » peuvent-ils regretter un passé et une profession qu’ils n’ont pas connus ? Comment la péniche suggère-t-elle des gestes et des relations entre anciens et nouveaux habitants ? En examinant les accroches narratives et matérielles du bateau, nous verrons que les relations qui se nouent entre le nouvel habitant fluvial et l’objet de son acquisition oscillent entre souvenir, oubli, permanence et anticipation. C’est donc une lecture de l’exo-nostalgie que nous proposons, dans ses rapports au patrimoine, à la mémoire autant qu’à l’innovation et à la réinvention
Les collections de l’industrie du luxe : requalification symbolique & communication ostentatoire
Organisé autour de valeurs telles que la rareté, la sélectivité et la qualité, le luxe regroupe des secteurs d'activités différents : joaillerie, horlogerie, mode, design, cosmétiques, parfums, vin, automobile. Malgré cet univers axiologique, le luxe doit faire face, notamment au travers des stratégies communicationnelles, à une contrainte majeure : celle de son industrialisation. Cette contribution interroge l'exposition des collections de l'industrie du luxe - et plus précisément de la mode - en tant que dispositifs permettant de faire face à cette contrainte et de maquiller la dimension industrielle du secteur. Bien que les expositions proposées par les acteurs du luxe se donnent à être vues comme une reconstitution historique et une valorisation du patrimoine commercial et symbolique, en l'occurrence, de la mode, elles permettraient également la requalification de l'industrie en question : d'acteur économique elle se transformerait en instance artistique
Lorsque château rime avec musée : entreprises viticoles et espaces muséographiques
Dans le Bordelais, des viticulteurs et négociants ouvrent en leur château des espaces muséographiques à côté des espaces dévolus à la dégustation. Notre propos est d’étudier ces musées d’entreprise girondins hors normes (Cousserand, 2009), qu’il s’agisse des musées des châteaux de Mongenan, Maucaillou et Lagueloup, du jardin de sculptures du château d’Arsac, de la salle L’Art et l’étiquette du château Mouton Rothschild et en contrepoint de la maison Lillet, dans le contexte global de la stratégie de communication menée au sein de ces organisations, suivant une perspective sémio-pragmatique, ancrée en muséologie. Ces musées, par leurs collections et la façon de les mettre en scène, tiennent du musée de société, du musée d’art ou du musée de marque et donnent une image différente de l’entreprise qui les a vu naître et du vin en général, communiquant sur des valeurs telles que l’authenticité, la tradition, le luxe et la notabilité