Recherches en Communication
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Paradoxes et bilan critique des processus de patrimonialisation dans les industries aromatiques de Grasse
Après avoir été une industrie florissante, à partir années soixante-dix, la parfumerie grassoise paraissait s’être engagée sur la voie inéluctable du déclin, à l’instar de bien d’autres fleurons industriels. Et pourtant, un demi-siècle plus tard, les entreprises de production des matières premiers aromatiques implantées à Grasse et dans ses environs affichent une belle santé et continuent de représenter un élément particulièrement conséquent de l’identité et du tissu économique de la cité. Leur redéploiement s’est accompagné de nombreuses d’initiatives, tout à la fois désordonnées et foisonnantes, passant par la valorisation de cette histoire et par la constitution de collections patrimoniales. La parfumerie demeure un univers complexe, plein de contradictions ; elle puise ses racines de la Haute Antiquité mais perdure inexorablement, avec ses effluves cosmétiques sans cesses réinventées, tant vantées par un effort omniprésent de publicité sophistiquée que par ses parfumants et arômes alimentaires qui imprègnent nos univers contemporains. Pour avoir observé et suivi, depuis une trentaine d’années, l’évolution des industries aromatiques grassoises, nous commencerons par revenir, à la lumière des dernières études parues en 2016 aux Cahiers de la Méditerranée, au Bulletin d’études orientales et dans Hermes, sur son histoire, celle du parfum, de la ville et des techniques de fabrication, pour ensuite pointer les contradictions auxquelles sont confrontés les acteurs des processus de patrimonialisation rencontrés, notamment au musée international de la Parfumerie, qui s’efforcent de conserver et de rendre signifiantes les traces de cette longue épopée
Conclusion : Entre marché, état et société civile: Exploration de la nature hybride et des phénomènes d’hybridation des organisations
Constatant que les recherches sur l’hybridité organisationnelle résolvent de façon trop souvent binaire les tensions inhérentes à ces formes, ce numéro a pour ambition de mettre en lumière les paradoxes et les ambiguïtés hybrides comme des dynamiques qui émergent de l’organisation elle-même et qui, in fine, la constituent. En partant des phénomènes et évènements communicationnels (interactions, discours, pratiques discursives), les neuf articles de ce dossier questionnent les processus d’hybridation organisationnelle du point de vue (1) des finalités et des identités organisationnelles, mais aussi individuelles et des imaginaires collectifs; (2) des logiques multiples qui les traversent : professionnelles, sociales, artistiques, financières, par exemple et (3) des spécificités des actrices et des acteurs qui les animent. Ces articles soulignent la nécessité d’explorer les modalités d’expression, les traces et les pratiques des processus d’hybridation organisationnelle et des tensions qu’ils génèrent. Les travaux présentés démontrent la valeur théorique et conceptuelle d’une approche communicationnelle comme lentille permettant d’interroger ces processus travaillés « de l’intérieur »
Alexandra Saemmer et Nolwenn Tréhondart (dir.), Livres d’art numériques. De la conception à la réception, Hermann, Paris, 2017.
Équivalent d’un dossier de revue bien documenté et bien étayé, l’ouvrage s’intéresse principalement à un outil transmédiatique actuel conçu par les institutions muséales pour fidéliser leurs publics et satisfaire leurs besoins. Le livre d’art numérique tel qu’il est présenté dans cet ouvrage se concentre en effet sur le e-catalogue d’exposition, analysé sous ses différents aspects, techniques, éditoriaux, stratégiques, cognitifs, symboliques
Aux origines du musée d’entreprise : Musées industriels et commerciaux
Je souhaiterais établir, dans cet article, à travers la création de quelques musées emblématiques comme le Conservatoire national des Arts et Métiers ou le Victoria & Albert Museum et de deux catégories spécifiques d’institutions – les musées d’art industriels et les musées commerciaux –, le fait que les musées d’entreprise, loin d’apparaître comme une excroissance un peu embarrassante dans le monde des musées, s’inscrivent au cœur de son histoire et de ses enjeux actuels
Etudier l’hybridation organisationnelle par le prisme des publics : les publics comme pierre angulaire des tensions qui animent une association de solidarité internationale
Comment les acteurs d’une organisation se représentent les publics que ses activités visent ? Comment cette activité de représentation, ou de figuration, nous renseignent-elles sur la nature hybride de l’organisation et sur les tensions qui l’animent ? Ces questions indiquent une voie originale pour l’analyse des logiques organisationnelles d’hybridation qui émanent de différents mondes sociaux. Celle-ci mobilise une approche pragmatique et constructiviste de la communication, envisagée comme constitutive de l’organisation. Grâce à l’analyse discursive des procédés rhétoriques mobilisés par les salariés d’une association de solidarité internationale pour figurer leurs publics, nous restituons les traces des logiques organisationnelles en tension. Deux usages dominants de la figure du public émergent alors des processus de figuration, amenant avec eux des référentiels d’évaluation divergents : d’une part une approche politique et d’autre part une approche gestionnaire de l’organisation. Nous montrons ainsi l’apport d’une approche par les discours sur les publics pour analyser l’hybridation organisationnelle.
Paul Rasse, Le musée réinventé. Culture, patrimoine, médiation. CNRS Editions, Paris, 2017.
Comme d'autres médias, notamment le cinéma, le musée passe par des crises et connaît des mutations et des périodes de redéfinition. Il arrive même que sur base de désertion des visiteurs, sa mort ait été annoncée.Pour qui lit Paul Rasse, pas de doutes à cet égard, le musée est bien un média. Il est même « le premium » des médias...
Entre rétro et futurisme. Le zeppelin dans la culture visuelle contemporaine
Cet article a pour objectif d’étudier la culture visuelle qui entoure le zeppelin en retraçant ce que Pascal Ory dans L’histoire culturelle (2004) a nommé une imagerie, c’est-à-dire les actualisations successives d’un imaginaire donné à travers le temps. Il s’agit de porter attention non pas tellement à l’évolution de l’objet technologique lui-même, mais à la trajectoire de ses images, particulièrement dans la culture contemporaine et les productions liées au rétro-futurisme. Le propos consistera à montrer comment le sentiment du sublime depuis toujours associé à l’image du zeppelin se reconfigure dans des représentations visuelles qui peuvent aussi bien faire le deuil d’utopies passées qu’en projeter de nouvelles
Du mal du pays aux nostalgies numériques. Réflexions sur les liens entre nostalgie, nouvelles technologies et médias
Cet article examine les différentes nostalgies exprimées en ligne et hors ligne et en trace les fondements théoriques. Il met en perspective le lien historique entre nostalgie, communication et productions médiatiques afin de mieux saisir les expressions nostalgiques « récentes » telles que les nostalgies de l’analogique et du numérique
La publicité nostalgique d’elle-même. Du discours à l’objet de la consommation
Cet article propose d’étudier la manière dont des publicités contemporaines miment, à travers un jeu d’autoréférences, l’esthétique des publicités des années 50 et 60, pour déployer l’imaginaire d’un « bon vieux temps » des techniques commerciales. Ce phénomène réflexif repose sur la reconstruction fantasmée d’une continuité, sur l’illusion d’une transmission immanente du passé au présent. La pratique de la nostalgie réflexive par la publicité est ensuite envisagée comme un métadiscours, qui prétend écrire sa propre histoire et la légitimer dans le même mouvement, à travers notamment l’édification performative d’un supposé « âge d’or » de la publicité. Cet usage réflexif de la nostalgie permet également d’euphémiser l’objectif commercial de toute publicité : en produisant ces virtuosités mémorielles, la publicité n’est plus seulement discours sur la consommation, mais elle se donne elle-même à consommer en tant qu’objet-simulacre du passé.
L’économie collaborative : entre jeu, participation et confiance.
L’économie collaborative d’aujourd’hui repose sur une logique contributive où l’homo oeconomicus n’est plus un simple consommateur mais devient aussi producteur, commentateur ou facilitateur. Cette contribution est sollicitée par des dispositifs sociotechniques reposant sur des mécaniques ludiques et véhiculant des valeurs de partage, de rencontre et de bonheur collectif. La confiance, nécessaire à toute forme d’économie, se construit ici à travers la participation et les liens sociaux qui se créent. Partant de l’étude de plusieurs cas, l’analyse sémiotique des discours de ces plateformes permet de comprendre comment s’articulent ces mécanismes de gamification, de participation et de confiance.