Recherches en Communication
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Identité narrative et Internet : quel concept pour quelle réalité ?
Cet article vise à explorer la notion d'identité narrative de Paul Ricoeur dans le cadre d'une réflexion théorique sur les technologies de communication, et plus spécifiquement internet. Il s'agira de s'interroger sur la validité conceptuelle de la notion d'identité narrative dans une analyse des usages d'internet. Si le rapport à soi est médié chez Ricoeur par les ressources de l'histoire racontée, le rapport à cette histoire suppose des formes préalablement instituées. Dans ce cadre, le rapport institué entre l'usager et sa machine suppose de s'interroger sur les possibilités de s'appuyer sur le concept d'identité narrative pour définir ces pratiques. Cet article ne prétend pas étudier les usages proprement dits d'internet mais vise à questionner l'adéquation théorique d'une notion susceptible d'être mobilisée dans les études sur les usages d'internet
Le récit radiophonique d’affaire judiciaire. Une narration à enjeux de fidélisation et de cohérence hyperstructurelle. L’exemple de « Café Crime »
Cette contribution se situe dans le cadre de l’analyse du discours médiatique (Charaudeau) et s’interroge sur le récit radiophonique de fait divers et d’affaires criminelles. Elle prend pour objet d’analyse l’émission quotidienne « Café Crime » présentée par Jacques Pradel et diffusée sur la station de grande écoute Europe 1 (jusqu’en juillet 2011) et plus particulièrement le récit qui inaugure chaque émission. Ainsi, cette étude analyse le fonctionnement narratif récurrent de ce récit en tenant compte de la nature du contrat de communication médiatique mais également du contexte de diffusion, des contraintes imposées par le medium et de l’hyperstructure de l’émission qui y recourt. Elle examine les modalités par le biais desquelles le récit radiophonique de fait divers répond à la double finalité qui anime le contrat médiatique et notamment les stratégies utilisées pour alimenter et stimuler l’attention de l’auditeur (captation). Après une brève présentation de l’émission en première partie, un second temps est consacré à une analyse du récit consacré à l’affaire Jacques Viguier de façon à montrer que l’auditeur n’est pas simplement invité à écouter mais qu’il devient un témoin, acteur voire co-narrateur des évènements racontés. Enfin, la troisième partie resitue le récit dans l’hyperstructure de l’émission dans la perspective de mettre en évidence les interrelations entre le récit et les contraintes pragmatiques et structurelles imposées par le support radiophonique
Les pièces radiophoniques expérimentales. L’exemple de Peter Handke et de Georges Perec (1968)
En 1968, au moment où le succès de la pièce radiophonique commence à décliner, le genre se prête particulièrement aux expériences de création alternative, qui expérimentent d’autres voies d’expression. Georges Perec et Peter Handke, deux jeunes écrivains à l’époque, conçoivent des œuvres radicales et originales. L’intrigue est négligée au profit de la réflexion sur le langage, chez Perec, qui propose dans Die Maschine une lecture apparemment automatique – en réalité très éloquente et ironique – d’un poème de Goethe. Chez Handke, c’est une situation très typique de la pièce radiophonique classique, l’interrogatoire de police, qui est exploitée, décortiquée et tournée en dérision. Dans deux autres pièces, ces auteurs expérimentent presque en même temps la juxtaposition et la simultanéité des voix. Pourtant, il ne s’agit pas, pour eux, de critiquer l’écriture radiophonique, de montrer ses limites narratives. Loin de là : sous la plume de ces auteurs, elle affiche une nouvelle force d’expression, qui exploite le médium radiophonique pour raconter autrement et solliciter la réaction de l’auditeur
Faut-il écouter pour entendre ?
Deux modalités de narration radiophonique, celle du documentaire (en l’occurrence Les Pieds sur Terre sur France-Culture) et celle de la matinale sont mises en regard à propos de l’expérience de détention de Clotilde Reiss en Iran (2009-2010). Alors que la matinale scénarise, démultiplie angles et temps, et fait fond sur la doxa, le documentaire use du montage pour ménager au témoignage son identité énonciative et son mouvement propre, et rendre sensible la singularité vécue de la réalité
Le stéréotypage médiatique du genre féminin
Cet article a pour vocation d’ouvrir une nouvelle perspective quant aux fonctions du procédé de stéréotypage dans les messages médiatiques à l’adresse d’un public féminin. Mobilisant la sémiologie des indices pour produire une étude en production des images de mode présentées dans trois titres de presse magazine féminine française, cette analyse tend à introduire le rôle d’amorce du stéréotype dans le contrat de lectorat et propose son utilisation stratégique, non plus pour une énonciation aliénante quant aux représentations du genre mais pour une négociation du genre mettant en scène une nouvelle forme de mascarade
La radio de tous les maux
À l’heure de la généralisation de la parole des anonymes dans les médias, cet article s’interroge sur l’évolution des modalités d’expression du moi et de ses difficultés personnelles dans le cadre radiophonique. Malgré la diversité des genres, des thématiques et des époques concernant les programmes interactifs diffusés sur les ondes, la plupart d’entre eux prennent le parti d’exposer la vie privée des personnes sur la place publique. L’assistance, le soutien voire la prise en charge de leurs problèmes sont couramment en toile de fond. Nous concentrerons plus particulièrement notre attention sur les dispositifs interactifs radiophoniques ainsi que sur la place accordée à la parole des auditeurs dans le cadre de l’émission de Menie Grégoire sur RTL de 1967 à 1981 et au sein de « Lahaie, l’amour et vous » diffusée sur RMC depuis 2001. Animées toutes les deux par des femmes, elles se proposent de recueillir sur un mode cathartique les témoignages intimes des personnes dans le besoin afin de les conseiller ou de les aider. En confrontant les différents dispositifs mis en place entre les années 1960 / 1970 et les années 2000, et leurs appropriations par les auditeurs, nous reviendrons sur leurs temps d’expression, leurs degrés d’implication et les différents modes discursifs afin de mieux saisir la portée et l’impact de la parole profane à la radio
Du « d’où tu parles ? » au « d’e tu parles ? ». Dystopies, utopies et expérimentations de la place du sujet dans l’imaginaire social et problématiques symboliques de sociabilité qui leur sont corrélatives.
Le « souci de soi » implique, avant tout, de situer le soi dans l’espace public. L’identité du sujet est symboliquement reconnue et objectivée par l’imaginaire. Cependant, différentes recherches en Sciences de l’Information et de la Communication tendent à pointer une modification de la logique symbolique et imaginaire de subjectivation : nous passons d’une logique de rés-solution et d’individu, à une logique de dis-solution et d’une identité de réseau. Il s’agit de rendre compte du caractère problématique de cette transition : d’une part, montrer que l’imaginaire social dominant reste ancré dans une interprétation superficielle de l’héritage théorique des Modernes ; d’autre part, en contrepoint, rendre compte de certaines expérimentations artistiques des NTIC qui valorisent le sujet d’une manière nouvelle
Le réenchantement du récit radiophonique comme réenchantement du monde
Cet article consiste principalement à décrire et analyser la place et la contribution du récit de la radio New Age Ici et Maintenant au sein des phénomènes d’enchantement, de désenchantement et de réenchantement du monde. Il s’agira de se demander comment l’enchantement ou le réenchantement du récit radiophonique peut conduire à une forme d’enchantement ou de réenchantement du monde. L’hypothèse de départ est que ce qui a été qualifié de fin progressive des « grands récits » est consubstantielle à une forme de « désenchantement du monde » qui trouve des formes de compensation par l’apparition de « petits récits » réenchanteurs comme celui diffusé par la radio associative parisienne Ici et Maintenant (RIM). En effet, cette radio tente de réenchanter ce récit par la propagation de ses idées New Age tant du point de vue de sa forme discursive que de son contenu politico-religieux