Canadian Journal of Bioethics / Revue canadienne de bioéthique
Not a member yet
438 research outputs found
Sort by
L'étude des données "grises" issues de la détection illégale de métaux : sauvegarde du patrimoine ou cercle vicieux du pillage?
The practice of metal detection has developed considerably over the past forty years. Taking into account the risk that it posed to the archaeological heritage, public authorities, following international recommendations, have put implemented legislation to try to reduce its impact. Some nations such as England and Wales, and recently Belgium, nevertheless consider users of metal detectors more as research assistants than as a real risk to the archaeological heritage and encourage them to report their findings to the competent authorities. In addition, discoverers of exceptional objects can be rewarded financially. In France, where legislation requires administrative authorization to use a metal detector, declaratory systems are models for the detector user community who have dreamed of “active collaboration” between themselves and archaeologists. Some scientists, arguing that illegal detection is a reality that cannot be combated, nevertheless choose to record and study the discoveries of clandestine users of metal detectors, seeing in this the possibility of “saving what can be saved”. However, various examples from current events and the media show that, far from its original purpose, this practice provides a scientific validation for the detection of metals and a market value for the objects discovered, thus creating a demand for the looting of heritage sites.
In France, where restrictive legislation requires the obtaining of an administrative license to use a metal detector, the declarative systems are examples for the community of detector users, dreaming of "active collaboration" between them and archaeologists. Some scientists, arguing that illegal detection is a reality that can not be fought, respond to sirens making the distinction between "honest prospectors" and "looters". They make the choice to record and study the discoveries of clandestine users of metal detectors, thus seeing the possibility of "saving what can be". However, various examples from the news and various media show that, far from its original purpose, this practice offers a scientific guarantee to the detection of metals and a market value to the discovered objects, thus creating a demand fueling the looting of heritage.La pratique de la détection de métaux a connu un développement considérable durant les quarante dernières années. Prenant la mesure du risque que celle-ci faisait courir au patrimoine archéologique, les pouvoirs publics, à la suite de recommandations internationales, ont mis en place des législations pour tenter de diminuer son impact. Certaines nations à l’image de l’Angleterre et du Pays de Galles, et récemment des Flandres belges, considèrent néanmoins les utilisateurs de détecteurs de métaux plus comme des auxiliaires à la recherche que comme un réel risque pour le patrimoine archéologique, et les encouragent à déclarer leurs trouvailles aux autorités compétentes. De plus, les découvreurs d’objets exceptionnels peuvent se voir récompensés financièrement. En France, où la législation impose l’obtention d’une autorisation administrative pour utiliser un détecteur de métaux, les systèmes déclaratifs font figure d’exemples pour la communauté des utilisateurs de détecteurs, rêvant d’une « collaboration active » entre eux et les archéologues. Certains scientifiques, arguant que la détection illégale est une réalité qu’on ne peut combattre, font cependant le choix d’enregistrer et d’étudier les découvertes des utilisateurs clandestins de détecteurs de métaux, voyant ainsi la possibilité de « sauver ce qui peut l’être ». Cependant, divers exemples issus de l’actualité et de différents médias démontrent que, loin de son but originel, cette pratique offre une caution scientifique à la détection de métaux et une valeur marchande aux objets découverts, créant ainsi une demande alimentant le pillage du patrimoine
Professionnels, bénévoles, amateurs et citoyens : des acteurs de la recherche pour quels apports?
Since the 1970s, archaeology has been very rapidly professionalized with the evolution of the French administration and the explosion of preventive archaeology positions. The benefits of this rapid evolution must now take into account the non-professional actors (volunteers, amateurs and citizens) whose diversity has also evolved. Indeed, the distance taken by professionals towards the latter is increasing a little more every day. Yet, for a long time, learned societies and associations have fuelled scientific production. Some have even led to the creation of research centres, sometimes associated with the creation of a museum. These large-scale initiatives from legal entities may also be found in the case of individuals. To very different degrees, many other volunteer archaeologists, sometimes defining themselves as independent researchers, have contributed to knowledge about human beings through an archaeological approach. Some have even become professionals. Through the presentation of the contributions and limitations of the various non-professional research actors (in particular volunteer archaeologists and amateur researchers), we highlight the importance of strengthening the link between professionals and non-professionals for tomorrow’s archaeological research in mode3 science 4.0.Depuis les années 1970, l’archéologie s’est professionnalisée à une très grande vitesse avec l’évolution de l’administration française et l’explosion des postes en archéologie préventive. Les avantages apportés par cette évolution rapide doivent aujourd’hui tenir compte des acteurs non professionnels (bénévoles, amateurs et citoyens) dont la diversité a également évolué. En effet, la distance prise par les professionnels à l’égard de ces derniers se creuse un peu plus chaque jour. Pourtant, pendant longtemps, sociétés savantes et associations ont alimenté la production scientifique. Certaines ont même donné lieu à la création de centres de recherches associés parfois à la création d’un musée. Ces initiatives d’envergure issues de personnes morales peuvent également se retrouver au titre d’une personne physique. À des degrés très divers, bien d’autres archéologues bénévoles, se définissant parfois comme libres chercheurs, ont apporté leur pierre à la connaissance de l’être humain via une approche archéologique. Certains sont même devenus professionnels. Au travers de la présentation des apports et des limites des différents acteurs non professionnels de la recherche (en particulier archéologues bénévoles et chercheurs amateurs), nous mettrons en évidence l’importance qu’il y aurait à renforcer le lien entre professionnels et non professionnels pour la recherche archéologique de demain en mode science3 4.0
Alésia : l’instrumentalisation actuelle d’une prétendue controverse, entre mythe national et théorie du complot
The siege of Alesia, a major episode of the Gallic wars, in 52 BC saw the Gallic coalition gathered around Vercingetorix fail to repel the Roman army led by Caesar. There is a strong dichotomy between the important place that this episode plays in the construction of the French national myth and the brevity of the siege, with the few visible and intelligible archaeological traces left by this type of event for the general public. These aspects contributed to the debate in the 19th century on the location of Alesia’s headquarters. This controversy emerged from the scientific field over the course of a century and a half of field research that had brought to light the remains of this episode in Alise-Sainte-Reine. However, alternative locations of the site are still being defended and this pseudo-controversy continues to receive unexpected media coverage in view of the weakness of the arguments put forward. This raises questions about the ethical issues raised by such media presentations of archaeological subjects, when they submit a scientific question to commercial considerations. Indeed, these theories seek to stick to the myth, in particular by matching a site to a preconceived idea. They also feed on the ingredients of a conspiracy theory: either by deduction, because if these locations lack evidence, it is because they are hidden by archaeologists; or as a starting point, out of mistrust of the scientific discourse referred to as “official history”. There is also an ethical question for the researcher about how to deal with these situations.Le siège d’Alésia, épisode majeur de la guerre des Gaules, voit en 52 av. n. è. la coalition gauloise rassemblée autour de Vercingétorix échouer à repousser l’armée romaine menée par César. Il y a une forte dichotomie entre la place importante que prend cet épisode dans la construction du mythe national français et la brièveté du siège, avec le peu de traces archéologiques visibles et intelligibles du grand public que laisse ce type d’événement. Ces aspects ont contribué à ce qu’au XIXe siècle la question de la localisation du siège d’Alésia fasse débat. Cette controverse est sortie du champ scientifique au gré d’un siècle et demi de recherches de terrain qui ont mis au jour les vestiges de cet épisode à Alise-Sainte-Reine. Toutefois, des localisations alternatives du site sont toujours défendues et cette pseudo-controverse trouve un écho médiatique inespéré au regard de la faiblesse des arguments évoqués. On s’interroge ici sur les questions éthiques que soulèvent de telles présentations médiatiques de sujets archéologiques, lorsqu’elles soumettent une question scientifique à des considérations mercantiles. En effet, ces théories cherchent à coller au mythe, notamment en faisant correspondre un site à une idée préconçue. Elles se nourrissent également des ingrédients d’une théorie du complot : soit par déduction, car si ces localisations manquent de preuves, c’est donc que ces dernières sont cachées par les archéologues ; soit comme point de départ, par défiance envers le discours scientifique désigné comme « l’histoire officielle ». Se pose également une question éthique pour le chercheur sur l’attitude à avoir face à ces situations
Le délicat problème des restes humains en archéologie
The problem I am interested in is above all that of the biomedical management of human remains in archaeology, these ancient artifacts “unlike any other”, these “atypical patients”. In the following text, I will examine, with an interdisciplinary perspective (anthropological, philosophical and medical), how it is possible to work on human remains in archaeology, but also how to manage their storage after study. Working in archaeology is already a political problem (in the Greek sense of the word, i.e., it literally involves the city), and one could refer directly to Laurent Olivier’s work on the politics of archaeological excavations during the Third Reich and the spread of Nazi ideology based on excavation products and anthropological studies. But in addition, working on human remains can also pose political problems, and we paid the price in my team when we worked on Robespierre’s death mask (the reconstruction of the face having created a real scandal on the part of the French far left) but also when we worked on Henri IV’s head (its identification having considerably revived the historical clan quarrel between Orléans and Bourbon). Working on human remains is therefore anything but insignificant.Le problème qui nous intéresse est avant tout celui de la gestion biomédicale des restes humains en archéologie, ces artefacts anciens « pas comme les autres », ces « patients atypiques ». Dans l’article suivant, on va tenter de voir, avec un regard interdisciplinaire (anthropologique, philosophique et médical), comment il est possible de travailler sur les restes humains en archéologie, mais aussi comment gérer le stockage de ces derniers après étude. Car déjà, travailler sur l’archéologie est un problème politique (au sens grec du terme, c’est-à-dire qui implique littéralement la cité, et l’on pourrait faire référence directement aux travaux de Laurent Olivier sur la politique des fouilles archéologiques pendant le troisième Reich et la diffusion de l’idéologie nazie fondée sur des produits de fouilles et des études anthropologiques. Mais en outre, travailler sur des restes humains peut également poser des problèmes politiques, et nous en avons fait les frais dans notre équipe lorsque nous avons travaillé d’une part sur le masque mortuaire de Robespierre (la reconstitution du visage ayant créé un véritable esclandre du côté de l’extrême gauche française) mais aussi lorsque nous avons travaillé sur la tête de Henri IV (l’identification de celle-ci ayant ravivé considérablement la querelle clanique historique entre Orléans et Bourbon)… Travailler sur les restes humains est donc tout sauf anodin
Un besoin d'éthique en archéologie?
This introductory text provides a summary of the Archaeo-Ethics Conference held in Paris on May 25-26 2018. It also introduces the texts in this special issue devoted to ethics in archaeology, proceedings of the Conference. The texts have been separated into five parts:"What collaborations between archaeologists and local populations?", "(Re-)appropriation or instrumentalization of archaeological research?",“What collaborations between professional archaeologists and heritage enthusiasts (from qualified amateurs to looters)?”, "Human remains, archaeological remains unlike any other", and "Archaeology in the face of a management imperative: what consequences for our practice?". Two transversal papers serve as an introduction and conclusion to the volume, which starts with this editorial and is closed with a conclusion by the conference organizers.Ce texte introductif dresse le bilan du Colloque Archéo-Éthique qui s'est déroulé à Paris les 25 et 26 mai 2018. Il présente également les contributions de ce numéro spécial consacré à l'éthique en archéologie, qui rassemble les actes du colloque. L'ensemble des contributions a été classé en cinq grandes parties : « Quelles collaborations entre archéologues et populations locales? », « (Ré)appropriation ou instrumentalisation des recherches archéologiques? », « Quelles collaborations entre archéologues professionnels et passionnés du patrimoine (de l’amateur qualifié au pillard)? », « Les restes humains, des vestiges archéologiques pas comme les autres », « L’archéologie face à l’impératif de gestion : quelles conséquences sur notre pratique? ». Deux articles transversaux font office d'introduction et de conclusion au volume, qui est ouvert par cet éditorial, et clos par une conclusion des organisatrices du colloque
Le sexisme en archéologie, ça n’existe pas
Archaeologists are confronted with many ethical issues in their daily practice; these questions also concern their practices and their behaviour towards their peers. The highlighting of gender discrimination, sometimes combined with other elements such as ethnicity, sexual orientation, social origin, physical abilities or religious beliefs, should thus be a fundamental element in reflections on professional ethics in archaeology. The “Archaeo-Sexism” exhibition presented here, a joint initiative of the Archaeo-Ethics Association and Paye Ta Truelle, is an example of such reflection.Les archéologues sont confronté·e·s à de nombreuses questions éthiques dans leur pratique quotidienne ; ces questionnements portent aussi sur leurs pratiques et sur leurs comportements vis-à-vis de leurs pairs. La mise en lumière des discriminations liées au genre, parfois combinées à d’autres éléments tels que l’ethnicité, l’orientation sexuelle, l’origine sociale, les capacités physiques ou les croyances religieuses, apparaît dès lors comme un élément fondamental de la réflexion sur l’éthique professionnelle en archéologie. L’exposition « Archéo-Sexisme » présentée ici, initiative conjointe de l’association Archéo-Éthique et de Paye Ta Truelle, est un exemple d’une telle réflexion
L’archéologie de la mort face aux temps récents : pratiques et questionnements éthiques à partir d’une étude de cas
Based on an undocumented excavation of a cemetery in use between 1784 and 1905 in Marseille, this commentary aims to decipher the questions of deontology and ethics raised by the archaeology of recent death.Partant de la fouille inédite d’un cimetière en usage entre 1784 et 1905 à Marseille, ce commentaire vise à décrypter les questions relevant de la déontologie et de l’éthique que pose l’archéologie de la mort récente
Les grèves de médecins en République Démocratique du Congo : quels repères éthiques généralisables?
For several years, the Democratic Republic of Congo has been the scene of strikes by the country’s doctors. The strikers’ demands are essentially financial and statutory and are intended to put pressure on the government. In this country, as is the case almost everywhere in the world, medical strikes are allowed. Every worker has the right to denounce by strike working conditions that are considered unacceptable. But are doctors just like any other workers? Do they not have particular moral obligations linked to the specificities of their profession? To shed light on these questions, the authors of this article propose three essential moral benchmarks that can be generalized to medical strike situations elsewhere in the world. The first concerns the recognition of the right to strike for doctors, including for strictly financial reasons. Health professionals cannot be asked to work in inhuman working conditions or without a salary to support their families. The second benchmark argues that it is unacceptable for this right to strike to be exercised if it sacrifices the most vulnerable patients and thus denies the very essence of the medical profession. A third benchmark complicates the reflection by reminding us that the extreme dilapidation of the Congolese health system makes it impossible to organise a minimum quality service in the event of a strike. To overcome these difficulties, we propose a national therapeutic alliance between doctors and citizens to put patients back at the centre of the health system’s concerns.Depuis plusieurs années, la République Démocratique du Congo est le théâtre de grèves menées par les médecins du pays. Les revendications des grévistes en question sont essentiellement financières et statutaires, et visent à faire pression sur le gouvernement. Dans ce pays, comme c’est le cas presque partout dans le monde, les grèves médicales sont autorisées. Tout travailleur a le droit de dénoncer par la grève des conditions de travail jugées inacceptables. Mais les médecins sont-ils des travailleurs comme les autres? N’ont-ils pas des obligations morales particulières liées aux spécificités de leur profession? Pour éclairer ces questions, les auteurs de cet article proposent trois repères moraux essentiels généralisables à des situations de grèves médicales ailleurs dans le monde. Le premier porte sur la reconnaissance du droit de grève pour les médecins, y compris pour des motifs strictement financiers. On ne peut demander à des professionnels de santé d’exercer leur métier dans des conditions de travail inhumaines ou sans un salaire permettant de faire vivre leur famille. Le deuxième repère estime que l’on ne peut pas accepter que ce droit de grève s’exerce en sacrifiant les patients les plus fragiles et en niant ainsi l’essence même de la profession médicale. Un troisième repère vient complexifier la réflexion en rappelant que l’extrême délabrement du système de santé congolais rend impossible l’organisation d’un service minimum de qualité en cas de grève. Pour sortir de ces difficultés, nous proposons une alliance thérapeutique nationale entre les médecins et les citoyens pour replacer les patients au centre des préoccupations du système de santé
L’instrumentalisation des sites archéologiques incas. Questions d’éthique
On the occasion of Peru’s Independence, the champions of the Creole nation elevated the Inca State Indian to the status of a respectable ancestor, thus eliminating the Amerindian historicity of the population. The archaeological remains provide support to an indigenist ideology that ignores the sociological Indian, considered to be ontologically inferior. Today, these Inca vestiges contribute to the construction of the national narrative: the Inca solar cult is thus reinvented on the site of Sacsayhuaman. To what extent can the work of archaeologists serve to corroborate partisan ideologies? The presidents of the Peruvian and Bolivian Republics were inducted as pre-Hispanic rulers, the first on the Inca site of Machu Picchu, the second at the Tiwanaku Sun gate. To what extent can the vestiges of a civilization be instrumentalized by politics? The Inca sites are now assailed by New Age mystics from the United States and Europe under the leadership of local neo-shamans. They are indeed reputed to carry positive “energy”, one that is exploited by mystical tourism agencies. To what extent can the heritage of the nation, maintained by public services, be the object of private profits, ideologies that may be sectarian and possibly irreparable damages? In the culture of traditional Andean communities, the pre-Hispanic ruins had a classificatory and symbolic function. This function disappears when the setting of a myth is replaced by a historical site. How can we respect the indigenous perception of archaeological remains? These are the ethical questions that this article seeks to raise on the basis of specific and concrete cases of archaeological sites on which the author has carried out excavations.À l’occasion de l’Indépendance du Pérou, les champions de la nation d’origine créole ont érigé l’Indien étatique inca en ancêtre présentable, éliminant ainsi l’historicité amérindienne de la population. Les restes archéologiques viennent appuyer alors une idéologie indigéniste qui ignore l’Indien sociologique, considéré comme ontologiquement inférieur. Aujourd’hui ces vestiges incas contribuent à construire le roman national : le culte solaire inca est ainsi réinventé sur le site de Sacsayhuaman. Dans quelle mesure les travaux des archéologues peuvent-ils servir d’argument à des idéologies partisanes? Les présidents des Républiques péruvienne et bolivienne ont été intronisés comme souverains préhispaniques, le premier sur le site inca de Machu Picchu, le second à la porte du Soleil de Tiwanaku. Dans quelle mesure les vestiges d’une civilisation peuvent-ils être instrumentalisés par la politique? Désormais les sites incas sont investis par des mystiques venus des États-Unis et d’Europe sous la conduite de néo-chamanes locaux. Ils sont en effet réputés contenir de l’ « énergie » positive. Celle-ci est exploitée par des agences de tourisme mystique. Dans quelle mesure le patrimoine de la nation, entretenu par les services publics, peut-il faire l’objet de profits privés, d’idéologies parfois sectaires et de dommages irréparables? Dans la culture des communautés andines traditionnelles, les ruines préhispaniques avaient une fonction classificatoire et symbolique. Celle-ci disparaît quand le lieu du mythe est remplacé par des sites historiques. Comment respecter la perception indigène des vestiges archéologiques? Tels sont les questions éthiques que cet article entend poser à partir de cas précis et concrets de sites archéologiques sur lesquels l’auteur a mené des enquêtes
Entretien avec Peter Singer sur Jonathan Glover et l'éthique du faire-mourir
For this special issue dedicated to Jonathan Glover, Peter Singer was asked to reflect on the influence that the book Causing Death and Saving Lives had on him, as well as the Glover seminar in Oxford that Peter Singer attended in the late 1960s. One of Peter Singer's recurring arguments is the criticism of the traditional distinction between acts and omissions. But Glover is no stranger to this questioning, even if the two thinkers do not seem to want to draw exactly the same conclusions. What is at stake is this: what are we really responsible for and how demanding should our morality be?Dans le cadre de ce numéro spécial consacré à Jonathan Glover, nous avons demandé à Peter Singer de revenir sur l’influence qu’a pu exercer sur lui l’ouvrage Questions de vie ou de mort, ainsi que le séminaire de Glover à Oxford auquel Peter Singer assista à la fin des années soixante. L’un des arguments récurrents de Peter Singer réside dans la critique de la distinction traditionnelle entre les actes et les omissions. Mais Glover n’est sans doute pas étranger à cette remise en cause, même si les deux penseurs ne semblent pas vouloir en tirer exactement les mêmes conséquences. L’enjeu s’avère être le suivant : de quoi sommes-nous réellement responsable et quel est le degré d’exigence auquel doit s’élever la morale