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L'approche à « double-regard » et son potentiel de soutenir l'avènement d'aires protégées à initiative autochtone au Québec
Fondées sur vision autochtone de la conservation prônant le respect, l’interdépendance et la réciprocité, les aires protégées et de conservation autochtones (APCA), désormais reconnues sur la scène internationale comme des solutions efficaces pour enrayer la perte de biodiversité, s'avèrent souvent plus performantes que les approches étatiques classiques. Dans cet ordre d'idée, le Canada s'est engagé à la mise en place d'APCA en 2018 en vue de protéger 30% de ses milieux terrestres et aquatiques d'ici 2030. Pour sa part, le Québec adhère à un modèle similaire par le développement d'aires protégées à initiative autochtone (APIA) depuis février 2021. Ces projets qui favorisent la conservation bioculturelle se développent sur le globe depuis qu'un consensus scientifique existe du fait que la perte de diversité biologique s'avère intrinsèquement reliée à celle de la perte de la diversité culturelle. Puisque l'humain est aujourd'hui confronté à une crise sans précédent qui menace son existence, les effets dévastateurs de la sixième extinction de masse des espèces sur Terre, causée par les activités humaines, attirent l'attention internationale et exigent un changement de paradigme de la conservation. Justement, l'incitatif à protéger les éléments écologiques en y intégrant l’humain, ses langues et ses cultures, s’avère aujourd’hui reconnu comme une solution crédible et efficace. Dans ce contexte, les peuples autochtones jouent un rôle central et revendiquent leur rôle en termes de protection et de gestion environnementale, compte tenu de leurs savoirs qui leur ont permis de vivre durablement depuis des temps immémoriaux, en connexion avec le vivant et le non-vivant. Toutefois, peu de projets d'APCA et aucun projet d'APIA n'ont vu le jour. Devrions-nous craindre une instrumentalisation de cet outil législatif aux fins d’un système en quête de "réconciliation" ? Comment mettre en place de réelles aires protégées qui servent les communautés autochtones ? L'intégration de l'approche à "double-regard" au processus de travail partenarial nécessaire à leur réalisation semble une piste de solution selon des instances dirigées par les Premières Nations. Il s'agit d'une manière de faire et d'être ensemble qui a pour objectif le coapprentissage et la coproduction de savoirs depuis des perspectives autochtones et allochtones. Cette approche mise sur l'établissement de relations respectueuses et justes capables de guider des actions de conservation culturellement et scientifiquement adéquates et durables. Cet essai a pour objectif d'identifier les défis et les écueils de la mise en oeuvre de projets de conservation de la diversité bioculturelle, plus précisément les APCA, et cerner le potentiel de l'approche à "double-regard" dans leur mise en oeuvre. Depuis une posture décoloniale et située, la méthodologie de recherche consiste en une revue de littérature scientifique et grise portant sur la conservation bioculturelle, les APCA et leurs défis en considérant deux cas québécois d'application de l'approche à "double-regard". Une analyse de son potentiel est réalisée grâce à l'élaboration d'un modèle basé sur des concepts allochtones et autochtones. Les résultats de cette recherche démontrent que son application a le potentiel de soutenir la mise en oeuvre d'APCA lorsque la gouvernance, la culture et la vision du monde autochtones transcendent les étapes de réalisation. Son application ne se voit possible qu'en développant des relations basées sur une volonté de soutenir une vraie réconciliation et d'agir en réciprocité. Ainsi, cela permet d'utiliser les savoirs autochtones et occidentaux sans qu'une perspective domine l'autre, donnant lieu à une compréhension plus globale d'enjeux socioécologiques ainsi qu'à des réponses de conservation plus durables aux bénéfices mutuellement partagés. Il reste que d'en dégager les résultats escomptés demande du temps et de l'engagement.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : conservation, diversité bioculturelle, aire de protection et de conservation autochtone, savoirs traditionnels autochtones, droits autochtones, approche à "double-regard", two-eyed seeing, applicatio
Politiques publiques d'innovation dans les pays aux économies avancées : les limites de l'évaluation et l'anarchie organisée des gouvernements
Cette thèse examine les pratiques d’évaluation des politiques publiques d’innovation dans six juridictions aux économies avancées : le Canada, la France, le Québec, la Suisse, les États-Unis et le Royaume-Uni. À travers l’analyse de 301 rapports d’évaluation, l’auteur démontre que les gouvernements ne s’appuient pas sur des cadres théoriques clairs pour apprécier les efforts, ce qui nuit à la capacité de bien mesurer le retour sur investissement des mesures d’encouragement à l’innovation. Ces évaluations, souvent partielles, parfois superficielles, et basées sur des approches linéaires d’une autre époque, empêchent une bonne orchestration des politiques publiques, conduisant potentiellement à des investissements inefficaces et à des pertes pour l'État et la société en général.
La recherche révèle que les méthodes actuelles d’évaluation, notamment l'utilisation d'indicateurs axés sur les intrants plutôt que sur les résultats, sont insuffisantes. L'étude souligne la fragmentation des dispositifs de soutien à l'innovation et les difficultés à identifier les dépenses budgétaires dédiées à ces initiatives. En outre, le recours massif aux crédits d’impôt et autres incitations fiscales, qui ne sont pas suffisamment valorisés dans les rapports budgétaires, complique davantage l’évaluation de leur efficacité. L’auteur conclut que pour améliorer les politiques d’innovation, il est impératif d’adopter des pratiques d’évaluation plus intégrées, transparentes, collaboratives et axées sur les résultats, telles les méthodes ayant cours en Finances publiques, notamment avec le PEFA.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : politique publique, innovation, système national d’innovation (SNI), évaluation des politiques publiques, théorie du changement, programme de services, dispositif, indicateur de performance, modèle explicatif de l’innovation, approche comparative, modèle linéaire / push model, modèle de la demande / pull model, Chain-linked model, triple / quadruple / quintuple hélice, multi-channel interactive learning mode
Les dispositions réglementaires en matière d'environnement établies par l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM)
Ce mémoire présente une analyse des dispositions législatives relatives à l’environnement contenues dans le nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Cet accord reconnaît l’importance de protéger l’environnement et de sauvegarder la biodiversité ; il contient également divers mécanismes permettant d’atteindre ces objectifs. De plus, l’ACEUM encourage la collaboration entre les différentes parties afin de favoriser la production de produits chimiques sécuritaires et de réduire les risques pour la santé humaine et l’environnement. Il définit également certaines règles concernant l’échange d’informations sur les substances chimiques et coordonne les activités de réglementation. Enfin, cet accord vise à empêcher ou à réduire les mouvements illicites de déchets dangereux en imposant des mesures rigoureuses pour éviter que ce type de matériel circule. L’application des dispositions environnementales de l’accord est soumise à des procédures nationales que chaque partie doit suivre afin d’assurer le respect de ses engagements envers l’environnement et sa responsabilité quant à sa protection. De plus, un comité de l’environnement est mis sur pied pour étudier tous les aspects de la mise en application de cet accord et favoriser une collaboration accrue entre les deux parties. Par conséquent, on peut affirmer que la protection de l’environnement a pris de l’importance avec les années grâce aux conférences internationales, qui servent également de moteurs industriels et technologiques dans différents secteurs et sont à l’origine de nombreuses voies commerciales. Cela s’est traduit par la ratification de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), entré en vigueur en 1994, incluant notamment un chapitre intitulé « Environnement », qui contient plusieurs lois visant à protéger l’environnement et à assurer son développement durable. Ce mémoire examinera l’importance des accords commerciaux dans la transformation de l’environnement par l’humain. Il aborde le volet environnemental de l’ACEUM, le nouveau traité commercial international, tout en prenant en considération les enjeux mondiaux actuels comme le changement climatique et la perte de biodiversité. Cette analyse suscite un grand intérêt pour l’étude des mesures prises par le gouvernement canadien en matière d’environnement. Elle se penchera sur l’organisme chargé de ces questions dans le pays ainsi que sur les règlements mis en place. Il est possible d’établir un précédent concernant le rôle potentiel que la Commission de coopération environnementale (CCE) aurait pu jouer dans l’application des dispositions environnementales du nouvel Accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Cet accord, négocié pendant la même période, comporte la responsabilité du suivi de la mise en oeuvre des dispositions environnementales de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Sa mission première est d’encourager une coopération écologique entre ces pays, évitant ainsi que le commerce ne nuise à la préservation de notre planète. Elle analyse les plaintes pour infraction environnementale et propose des correctifs.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : normes environnementales, libre-échange, changement climatique, protection de l’environnement et santé humain
Les risques psychosociaux dans le secteur communautaire
La détresse psychologique au travail est un phénomène préoccupant. Il s’agit d’un état psychologique pénible marqué par des symptômes de dépression (tristesse, fatigue, désespoir, dévalorisation de soi) et d’anxiété (ex. : nervosité, inquiétude). Au-delà de sa prévalence de plus en plus élevée, ses conséquences néfastes sont nombreuses, tant pour les travailleurs et travailleuses, que pour les organisations et la société dans son ensemble. Généralement désignés par l’expression « risques psychosociaux » (RPS), les éléments du milieu de travail susceptibles d’engendrer de la détresse psychologique ont largement été étudiés en mobilisant deux principaux modèles théoriques : le modèle demande-contrôle (Karasek, 1979) et le modèle du déséquilibre effort-récompense (Siegrist, 1996). Ces modèles sont largement soutenus par les résultats des études réalisées auprès de la population générale et dans des organisations du secteur privé et public. Or, les études dans le secteur communautaire sont presque inexistantes. Ce secteur compte des organismes à but non lucratif (OBNL) dont l’objectif consiste à offrir « des solutions collectives et solidaires à un problème social ou à un besoin commun » (CSMO-ÉSAC, n.d.). Pourtant, les particularités des organismes communautaires (du point de vue de leur mission, de leur structure de financement et de leur organisation du travail) donnent lieu à un contexte de travail unique susceptible d’engendrer des risques spécifiques dont l’étude permettrait de mieux comprendre le phénomène de la détresse psychologique. L’objectif de ce mémoire visait ainsi à mettre en lumière les risques psychosociaux ainsi que les mécanismes par lesquels ces derniers exercent leur influence sur la détresse psychologique chez les intervenantes d’organismes communautaires. De nature inductive, notre étude s’appuie sur trois concepts centraux: la détresse psychologique, les organismes communautaires et les risques psychosociaux. Ces derniers sont notamment abordés à travers le modèle demande-contrôle (Karasek, 1979) qui porte sur le rôle que jouent certaines dimensions de l’organisation du travail (demande psychologique, latitude décisionnelle). Le modèle du déséquilibre effort-récompense (Siegrist, 1996), quant à lui, concerne l’influence qu’exerce l’équité perçue des rétributions obtenues (rétributions économiques et sociales). Notre étude repose sur un devis de recherche exploratoire. Les données ont été collectées à l’aide d’entrevues individuelles semi-dirigées réalisées auprès d’un échantillon constitué de 12 intervenantes du secteur communautaire. Les participantes sont des femmes qui oeuvrent dans divers secteurs d’activité : itinérance, persévérance scolaire, violences sexuelles, handicap, éducation, dépendance, jeunesse, pair-aidance. Nos résultats ont permis de mettre en lumière six (6) risques psychosociaux: 1) la demande psychologique quantitative, 2) la demande psychologique qualitative, 3) la demande psychologique émotionnelle, 4) l’insécurité financière (la difficulté à satisfaire ses besoins économiques), 5) la dévalorisation professionnelle (le dénigrement des compétences et de l’utilité sociale) et 6) l’inertie systémique. Nous définissons ce nouveau concept comme : « l’insuffisance des contributions des acteurs et les obstacles qu’ils érigent dans la poursuite des objectifs communs ». Ce nouveau facteur de risque psychosocial se situe au coeur de la dynamique de la détresse psychologique des intervenantes en milieu communautaire. Notre étude fait également ressortir l’existence de trois (3) facteurs de « protection » : 1) l’autonomie, 2) le soutien social émotionnel et 3) les rétributions prosociales (utilité sociale), lesquels entrainent également des effets pervers. De plus, nos résultats permettent de comprendre de quelle manière les risques psychosociaux agissent sur la détresse psychologique : tensions psychologiques, tristesse, frustration, colère et fatigue (cognitive, de compassion et sociale). Le sentiment d’impuissance à l’égard de l’amélioration de l’état de bien-être des bénéficiaires s’avère un mécanisme psychologique central. Nos résultats révèlent également l’existence d’une boucle de rétroaction qui pousse les intervenantes au surinvestissement et accroît leur exposition aux risques psychosociaux. Nos résultats ont donné lieu à l’élaboration d’un modèle explicatif intitulé : Modèle de la détresse psychologique dans le milieu communautaire.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Détresse psychologique, santé mentale, risques psychosociaux, organismes communautaires, demandes psychologiques, sentiment d’impuissance
Juifs et catholiques à Montréal (1930-1945) : de l'indifférence au dialogue. Parcours et rencontres du rabbin Joshua Stern
Ce mémoire s’attache à la genèse du dialogue judéo-chrétien à Montréal dans les années 1930. Il s’agit d’une période marquée par divers moments de tensions et de crises. La communauté juive de Montréal compte alors plus de 60 000 personnes, originaires essentiellement d’Europe centrale et orientale. Cette population immigrée avant et après la Première Guerre mondiale est doublement isolée en tant que non chrétienne et non francophone au sein d’une province catholique et francophone du Canada. Confrontée aux préjugés de l’antijudaïsme catholique diffusé par l’Église, elle subit également l’antisémitisme qui se répand alors dans la société. C’est dans ce contexte que quelques personnes vont entreprendre à titre personnel des échanges et rencontres, indépendamment de toute hiérarchie religieuse. Les rencontres entre le rabbin Joshua Stern et quelques prêtres jésuites sont ainsi devenues dès 1937 le point de départ d’un dialogue fructueux qui s’engage largement après 1945 avec de nouvelles personnalités.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Juifs – Québec – Dialogue judéo-chrétien – Antisémitisme – Montréal – Entre-deux-guerre
Analyse sémantique et morphosyntaxique des morphèmes de temps gradables de passé de l'inuktitut du sud de Baffin
Ce mémoire a pour objectif de développer une analyse sémantique et morphosyntaxique des morphèmes gradables de passé de l’inuktitut du sud de Baffin (Qikiqtaaluk Nigiani), avec une attention particulière sur les morphèmes de temps dits secondaires dans la littérature. Cette recherche suit une longue lignée de travaux qui tentent non seulement de décrire le marquage temporel dans certains dialectes de la langue inuit, mais également de déterminer si ces derniers possèdent une catégorie grammaticale qu’on appelle Temps. Ce travail tente de concilier les précédentes analyses sur le marquage du temps en inuktitut du sud de Baffin avec celle développée par Cable (2013) pour le gĩkũyũ, une langue bantoue parlée au Kenya qui possède également un inventaire de morphèmes qui marquent la distance d’une situation dans le passé ou le futur. À partir de ses recherches sur le gĩkũyũ, il présente une catégorie grammaticale temporelle très peu (ou pas) attestée dans la littérature basée sur des critères sémantiques, pragmatiques et morphosyntaxiques. Ces morphèmes, qu’il nomme Temporal Remoteness Morphemes (ou TRM), véhiculent des informations pré-suppositionnelles sur la distance entre le moment d’une éventualité (ET) et le moment d’énonciation (UT) d’un énoncé. En gĩkũyũ, les TRM constituent un paradigme dont la distribution est hiérarchique, et leur production est soumise à des contraintes pragmatiques basées sur les connaissances (ou sur l’ignorance) des locuteurs quant au moment exact où une situation a lieu. Cable projette sa théorie et avance que cette catégorie est présente dans toutes les langues qui ont un inventaire de morphèmes qui marquent les informations temporelles de gradabilité. La description des morphèmes de l’inuktitut SB présentée ici se base donc sur son hypothèse ainsi que sur les éléments clés qui composent la théorie linguistique sur la temporalité pour déterminer si ceux-ci sont des TRM, tel que suggéré par Cable, ou des morphèmes de temps. Je défends que les morphèmes de passé de l’inuktitut SB ne sont pas des TRM, ou du moins qu’ils ne partagent pas assez de leurs propriétés pour être identifiés comme tels. En effet, les morphèmes à l’étude divergent des TRM sur plusieurs aspects, tout d’abord sur le fait que les morphèmes de l’inuktitut encodent les informations relatives au temps (passé) et à la distance dans le temps (lointain, aujourd’hui, etc.), alors que ces informations sont encodées et produites par le biais de deux morphèmes distincts en gĩkũyũ. Je soulève également que le critère de spécificité énoncé par Cable pour le gĩkũyũ ne constitue pas une contrainte ferme en inuktitut, puisqu’on retrouve plusieurs cas de figure où un locuteur produit un morphème moins spécifique, même s’il sait avec plus de précision à quel moment l’éventualité en question a lieu. Dans le même ordre d’idée, nous verrons qu’en inuktitut, l’utilisation de locutions adverbiales temporelles explicites (p.ex. ‘il y a vingt ans’) semble permettre au locuteur d’utiliser un morphème moins précis que ses connaissances, alors qu’elle contraint le locuteur d’utiliser le morphème le plus précis selon ses connaissances en gĩkũyũ. Je soulève également des questions quant à l’appartenance des morphèmes de passé de l’inuktitut à une seule catégorie grammaticale. Une catégorisation primaire/secondaire a déjà été proposée par Hayashi pour distinguer ces morphèmes sur la base de critères sémantiques et morphosyntaxiques, mais je postule que les trois morphèmes qui composent la catégorie des temps secondaires ne constituent pas un ensemble paradigmatique, questionnant par le fait même la légitimité de la catégorie des temps secondaires.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : inuktitut, temps, aspect, sémantique, passé, gradabilité, morphosyntaxe, polysynthèse, présuppositio
Développement d'un modèle de caractérisation des impacts du cycle de vie de la dissipation des ressources abiotiques
Les ressources minérales et fossiles sont intimement liées au développement des sociétés industrielles. De l’exploitation du premier puits de pétrole en Pennsylvanie en 1859 jusqu’à l’utilisation de plus en plus massive des terres rares depuis les années 2020 telles que le néodyme dans les aimants permanents des éoliennes, les ressources n’ont cessé de fournir des services aux êtres humains. Le pétrole est majoritairement utilisé en tant que carburant pour le transport de passagers et de marchandises. Le phosphate est utilisé majoritairement en tant que fertilisant pour augmenter la production de nourriture. Ainsi les ressources minérales et fossiles ont une fonctionnalité propre et rendent des services différents à la société. Les ressources rendent des services à la société quand elles sont présentes dans des produits ou technologies que nous utilisons. C’est le cas par exemple du lithium dans la batterie de mon ordinateur me servant à rédiger cette thèse. Ainsi, si l’on veut pouvoir répondre aux besoins de la population mondiale, il est essentiel de maintenir un stock de ressources fonctionnelles pour fournir des services à la société. Cependant, il y a des pertes de ressources ayant lieu à l’étape d’extraction des ressources, lors de leur utilisation dans des produits et lors de leur fin de vie. Ces ressources perdues peuvent être considérée comme dissipées, c’est à dire qu’elles se retrouvent dans un stock inaccessible. Par exemple, les métaux dispersés dans les champs agricoles via l’application de pesticides ne sont plus récupérables car leur concentration dans les sols est très faible. Si l’on veut guider la prise de décision pour changer nos systèmes de production pour limiter la dissipation des ressources, il nous faut un indicateur nous permettant d’estimer l’ampleur des conséquences de la dissipation pour les générations présentes et futures. L’analyse du cycle de vie (ACV) est un outil d’évaluation des impacts potentiels d’un système de produit ou de service, qui permet de guider la prise de décision. Pour caractériser l’impact potentiel d’un flux dissipatif, il est nécessaire de développer un modèle de caractérisation fournissant des facteurs de caractérisation pour chaque flux dissipatif. Bien que plusieurs modèles d’évaluation des impacts du cycle de vie (ÉICV) de la dissipation des ressources aient été proposés dans la littérature, aucun ne prend en compte la fonctionnalité des ressources ainsi que l’évolution de la demande des services rendus par les ressources dans différents scénarios d’évolution de la société. Cette thèse vise donc à développer un modèle d’évaluation des impacts du cycle de vie de la dissipation prenant en compte la fonctionnalité des ressources et l’évolution de la demande des services rendus par les ressources à l’avenir. Pour atteindre cet objectif principal, quatre sous-objectifs spécifiques ont été définis et quatre articles scientifiques ont été rédigés pour répondre à chaque sous-objectif spécifique. Le premier sous-objectif a été d’établir un cadre méthodologique permettant de caractériser les conséquences de la dissipation d’impact en termes de pertes de services rendus par les ressources. Deux principales voies d’impact ont été mises en lumière : d’une part, l’adaptation à la perte de service (qui représente un coût pour la société pour remplacer le service perdu à cause de la ressource dissipée) et d’autre part, la perte de service (lorsque la ressource dissipée est irremplaçable en tenant compte des stocks, des capacités de production et de l’évolution de la demande). Pour opérationnaliser ce cadre méthodologique, il est essentiel de modéliser de manière prospective l’évolution de la production des ressources et de la demande (i.e. sous- objectif 3). Cependant, au préalable, il est important de bien comprendre les interrelations entre les ressources qui sont extraites de manière conjointes dans les mêmes minerais. Le sous-objectif 2 vise donc à établir ces relations à l’aide de matrices sous-produits/hôtes. Finalement, le sous objectif 4 vise à opérationnaliser le cadre méthodologique par le calcul de facteurs de caractérisation pour les deux voies d’impact identifiées (adaptation et manque). La première étape porte sur l’établissement d’un cadre conceptuel permettant de guider le développement d’un modèle de caractérisation de la dissipation. Le cadre conceptuel décrit la chaîne de cause à effet liant les flux de dissipation de l’inventaire à l’effort additionnel pour compenser la perte des services induite par la dissipation. Il fournit également un cadre conceptuel pour décrire les conséquences de la dissipation sur le stock accessible pouvant être utilisé pour fournir les services. La dissipation contribue à la baisse du stock accessible. Il est donc potentiellement nécessaire d’extraire la ressource dans l’environnement et le transférer dans ce stock accessible pour compenser la diminution du stock. Enfin, il décrit les adaptations à effectuer sur les flux d’inventaires du cycle de vie pour prendre en compte la perte de fonctionnalité d’une ressource. La deuxième étape méthodologique porte sur l’établissement d’une base de données de ratios massiques sous-produit/hôte des éléments (ex. cuivre, fer, zinc) présents dans les minerais de 3422 gisements dans le monde. Bien qu’un minerai contienne généralement plus de 10 éléments, l’extraction de ce minerai ne se justifie que pour 1 élément (ou 2 ou 3 éléments dans des cas spécifiques), qui génère suffisamment de revenus à la compagnie minière pour être rentable. Cet élément est nommé élément hôte. Les autres éléments présents dans le minerai, mais qui ne génèrent que des revenus marginaux pour la compagnie minière (s’ils sont exploités) ou aucun revenu, sont qualifiés de sous produit (byproduct en anglais). La quantité extraite des sous produits dépend de la demande de l’élément qualifié d’hôte dans le minerai. Pour chacun des 3422 gisements, on détermine le ratio massique de chaque sous produit (par exemple le tellure) par rapport à l’élément hôte (par exemple le cuivre). Cette deuxième étape méthodologique est donc nécessaire pour renforcer la robustesse de l’évaluation prospective de l’extraction des métaux (y compris ceux extraits comme sous-produits). Ce travail est essentiel pour bien évaluer l’impact de la dissipation. En effet, lorsqu’une ressource est dissipée, il est nécessaire d’extraire une quantité équivalente de la ressource pour compenser cette perte. Or, si l’on dissipe du tellure, soit il est possible de compenser cette perte en extrayant une quantité de ressource équivalente, soit il n’est pas possible de la compenser et il y aura une perte de services dû au manque de ressource, car il se trouve que le tellure est uniquement extrait en tant que sous produit dans les mines de cuivre et de zinc. Ainsi, dans un scénario où les capacités de production au niveau mondial (c.à-d. le maximum de la production) du tellure sont atteintes, la dissipation du tellure peut entraîner un déficit de services rendus par le tellure. La quantification de ce potentiel déficit n’aurait pas été possible sans prendre en compte les ratios sous produit-hôte. La troisième étape de ce projet de thèse consiste à construire un modèle prospectif d’évaluation de l’évolution des flux et stocks de ressource dans le temps, qui prend en compte des limites physiques et économiques de la production de ressources. Ce modèle se nomme WILMFlo (Within Limits Metal Flows). Trois scénarios d’évolution de la société d’aujourd’hui à 2100 sont sous étude : (i) un premier scénario où l’ensemble des êtres humains a un niveau de consommation proche du Decent Living Standards de Rao et Min (2018) dans un monde qui se décarbone, (ii) un second scénario où le niveau de consommation de la population mondiale se rapproche du niveau de consommation des pays développés dans un monde qui se décarbone et enfin (iii) un scénario de développement économique et de consommation qui suit les politiques publiques mises en place actuellement. Pour un scénario donné, une demande de services, telle que la mobilité terrestre (en passager-kilomètre par année), peut être définie au niveau mondial. En utilisant des données de la littérature, il est possible d’estimer la quantité de ressource à extraire, qui vont par la suite être utilisées dans diverses technologies telles que les voitures électriques, des bus ou des trains, pour répondre à cette demande de mobilité. WILMFlo permet de calculer les coûts énergétiques engendrés par l’extraction des ressources. Ce modèle prend également en compte les capacités minières, c’est à dire la quantité maximale de chacun des métaux qui peut être extraite chaque année. Ainsi, si la demande d’un métal se retrouve à être plus grande que la capacité minière, WILMFlo détermine un déficit du métal en question. WILMFlo est utilisé pour déterminer les coûts énergétiques et le déficit annuel de 50 métaux entre 2025 et 2100. La quatrième étape se focalise sur le développement de deux modèles de caractérisation des impacts du cycle de vie de la dissipation des ressources. Le développement de ces deux modèles est le résultat de l’opérationnalisation du cadre conceptuel établi lors de la première étape de ce projet de thèse. Le premier modèle se nomme Additional Energy Cost Potential (ACP). Il permet de quantifier les coûts énergétiques additionnels à dépenser par la société pour compenser la dissipation d’une ressource quand c’est possible. Le second modèle de caractérisation se nomme Resource Services Deficit Assessment (RESEDA). Il permet d’évaluer la quantité de ressource manquante à cause de la dissipation de cette même ressource quand aucune adaptation n’est possible. Ces deux modèles de caractérisation prennent en compte l’évolution de la demande des ressources, en utilisant le modèle WILMFlo pour obtenir les facteurs de caractérisation. On peut identifier trois limites majeures de cette thèse. La première concerne le niveau d’opérationnalisation des deux modèles ÉICV développés et elle concerne l’absence partielle des flux dissipatifs dans les bases de données d’inventaires du cycle de vie (ICV) utilisées par les praticiens de l’analyse du cycle de vie. Tout d’abord, les émissions dans l’environnement de certains métaux sont absentes des bases de données comme ecoinvent : aucun processus d’ecoinvent ne répertorie, par exemple, une émission d’indium, de sélénium ou en encore de gallium dans l’environnement. Ces émissions potentiellement dissipatives ne peuvent donc pas être caractérisées à l’heure actuelle. De plus, toute émission de métal déjà répertoriée dans un ICV n’est pas nécessairement dissipative. De plus, la composition des matériaux, utilisés comme entrants et sortants dans les inventaires du cycle de vie de produits, n’est pas connue. Par exemple, on ne connaît pas la quantité de cuivre dans un alliage d’acier à l’étape de recyclage. Il est donc impossible de savoir si ce cuivre est utile dans l’alliage ou qu’il est dissipé. Ainsi, il est pour le moment impossible de caractériser les flux dissipatifs dans les flux intermédiaires, comme un flux d’alliage d’acier inoxydable dans un ICV de 100 mètres carré de bâtiment. Enfin, une méthode de classification des flux d’inventaires du cycle de vie permettant d’identifier un flux comme dissipatif (ou non) cohérente avec le cadre méthodologique reste à développer. La seconde limite est que la substitution des ressources en cas de déficit de l’une d’entre elles n’est pas intégrée dans le modèle WILMFlo, qui est utilisé pour déterminer les facteurs de caractérisation des méthodes ACP et RESEDA. La troisième limite majeure de cette thèse est la relative fiabilité des ratios sous produit-hôte utilisés pour évaluer la production future de métaux produits en tant que sous-produit d’autres métaux. De nombreuses données restent à collecter pour améliorer la fiabilité des résultats obtenus en utilisant ces ratios. Si l’on veut guider la prise de décision pour changer nos systèmes de production pour limiter la dissipation des ressources, il nous faut un indicateur nous permettant d’estimer l’ampleur des conséquences de la dissipation pour les générations présentes et futures. Ce projet de thèse a permis de développer des facteurs de caractérisation de la dissipation des ressources permettant d’évaluer les conséquences de la dissipation pour la société suivant le scénario d’évolution de la société. Deux modèles de caractérisation complémentaires ont ainsi été développés. Le premier modèle permet d’évaluer le coût additionnel à payer par la société pour compenser la dissipation, nommé ACP. Le deuxième modèle permet d’évaluer le déficit potentiel de la ressource lié à la dissipation de cette ressource, nommé RESEDA
Albéric Bourgeois caricaturiste-chroniqueur au Québec : modernité culturelle et satire au journal La Presse (1920-1937)
Cette thèse traite de l’histoire de la caricature au Québec dans le contexte de l’avènement de la modernité culturelle et artistique de l’entre-deux-guerres. Elle porte sur les satires graphiques d’Albéric Bourgeois (1876-1962) publiées dans le journal La Presse à Montréal durant les années 1920. Son discours sur l’art et l’humour développé durant la même période et diffusé par l’entremise de ses conférences et de sa chronique illustrée « En Roulant ma Boule », est aussi analysé. En considérant la caricature comme une forme esthétique qui décrit les transformations d’une société, la réflexion est centrée sur la relation qu’entretient la production de Bourgeois avec l’histoire de cette modernité. Le but est d’inscrire cette production dans l’histoire de l’art et de la caricature au Québec par rapport aux questions de régionalisme et de modernité telles qu’elles sont activées dans son histoire culturelle. Spécifiquement, il s’agit de mettre en lumière le statut de ce caricaturiste dans la presse à grand tirage de même que son apport à la vie culturelle de Montréal, puis à cerner les discours qui transparaissent dans son oeuvre en soulevant la question du pouvoir de la caricature sur le public et de sa résonance socioculturelle. La première partie de la thèse présente une biographique critique de l’artiste préalable à l’étude de ses oeuvres effectuée dans la seconde partie. Un cadre théorique axé sur les outils de la satire et une attention portée à la relation texte/image permet de réaliser une étude stylistique et thématique en identifiant les stratégies graphiques et satiriques employées par Bourgeois. Les caractéristiques rédactionnelles et éditoriales des chroniques apparaissent en croisant les épreuves publiées dans La Presse avec les dessins originaux conservés dans les archives. L’analyse montre comment sont traités les sujets de l’actualité ainsi que de la vie moderne des Canadiens français avec la figure folklorique de l’Habitant incarné dans ses versions comiques par les personnages de Baptiste et Catherine Ladébauche. L’étude des types et des stéréotypes dévoile les préoccupations de la société canadienne-française relativement à la question identitaire : d’abord, du point de vue nationaliste avec les critiques émises envers Ladébauche et la question de langue française ; ensuite, par rapport à la perception de l’autre, en révélant les tensions vécues entre les communautés francophone et anglophone, ou encore celles qui ont pu être générées par l’immigration. Il est également démontré que, dans ses satires graphiques, Bourgeois insère des éléments qui témoignent de la professionnalisation de son métier. Cette tendance culmine avec la transcription de ses conférences dans sa chronique et s’incarne dans le type de l’humoriste imagé en 1927. La participation de Bourgeois au Deuxième Congrès de la langue française en 1937 traduit un changement dans les mentalités envers la caricature. Enfin, il appert que l’élaboration d’un discours critique par Bourgeois envers sa pratique participe d’une transition vers la modernité culturelle et artistique au Québec.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Albéric Bourgeois, caricature, satire graphique, dessinateur de presse, chronique, Baptiste Ladébauche, régionalisme, modernité, entre-deux-guerre
Arpenter le viaduc Rosemont-Van Horne : une exploration des espaces interstitiels et des usages non productifs dans une pratique photographique, vidéographique et installative
Pour mon projet de maîtrise, j’ai arpenté le territoire du viaduc Rosemont-Van Horne et exploré ses espaces interstitiels et ses usages non productifs à travers une démarche artistique combinant photographie, vidéo et installation. Ce mémoire rassemble l’ensemble des résultats de ma recherche-création effectués entre septembre 2021 et mai 2025. L’approche, la méthode et les théories abordées montrent comment les espaces interstitiels du viaduc, non pris en compte lors de leur conception par les politiques publiques, sont nécessaires à la création d’un imaginaire urbain contemporain, à la fois ancré dans l’histoire et tourné vers le futur. Elles rendent visibles les usages non productifs que l’on peut trouver sur le territoire du viaduc, par opposition à la fonction utilitaire selon laquelle il a été originellement créé. Ce projet de recherche-création présente différentes manières d’habiter une architecture déterminée à l’origine par sa fonction unique de passage des automobiles, en donnant à voir des activités invisibilisées. Il présente également le rôle historique et social du viaduc, son importance dans la mémoire collective montréalaise, et s’interroge sur son devenir dans l’espace urbain. Ainsi, il dévoile le potentiel poétique et narratif de cette structure, et apporte un nouveau récit sur la ville de Montréal.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : architecture, ville, urbanisme, viaduc, espace interstitiel, usage non productif, photographie, vidéographie, installatio
Étude des liens entre l’attention portée aux activités d’apprentissage dans une formation en ligne asynchrone, l’acquisition et la rétention de connaissances ainsi que le transfert des apprentissages en milieu de travail
De plus en plus d’organisations adoptent la formation en ligne asynchrone pour développer des connaissances et des compétences chez leur personnel. Cependant, le transfert des apprentissages du contexte de formation vers le milieu de travail ne semble pas se produire automatiquement. De plus, il est souvent présumé que le personnel accorde une attention soutenue aux contenus en ligne, ce qui n’est pas toujours le cas. Ce qui capte véritablement l’attention des personnes participant à une formation en ligne asynchrone et l’effet de cette attention sur l’acquisition de connaissances et le transfert des apprentissages restent inconnus. Bien que le transfert des apprentissages et la formation en ligne asynchrone aient fait l’objet de multiples métanalyses, peu d’études ont porté conjointement sur ces deux concepts, surtout en contexte de milieu de travail. De plus, aucune étude n’a mis en relation le transfert des apprentissages réel avec l’attention mesurée dans un contexte de formation en ligne asynchrone. L’objectif de cette étude était d’explorer les liens entre l’attention portée aux activités dans une formation en ligne asynchrone, l’acquisition et la rétention des connaissances ainsi que le transfert des apprentissages en milieu de travail. Cette étude a été menée en quatre phases avec un groupe de 20 manutentionnaires travaillant dans un entrepôt de la région de Montréal. Des données initiales sur les connaissances et les comportements ont été recueillies en prétest une semaine avant la formation. Ensuite, des données d’attention, mesurées à l’aide d’un casque d’électroencéphalographie et d’un oculomètre, ont été collectées durant la formation en ligne, ainsi que des données sur l’acquisition de connaissances immédiatement après la formation. Cinq semaines après la formation, des données de connaissances et de comportements ont été collectées à nouveau pour en évaluer l’évolution. Enfin, dix manutentionnaires ont été convoqués pour des entretiens semi-dirigés afin d’obtenir des données qualitatives sur la perception des facteurs influençant l’attention, l’apprentissage et le transfert. Les résultats d’analyse ont montré que l’attention était soutenue durant toute la formation, avec des nuances en fonction des différents types d’activités d’apprentissage. L’acquisition de connaissances a été possible, mais non la rétention. De plus, une amélioration de comportements a été observée entre la phase 1 et la phase 3 pour deux objectifs d’apprentissage, suggérant un certain transfert des apprentissages. Des analyses corrélationnelles ont montré un lien partiel entre le type d’activités et l’attention des personnes participantes, mais aucun lien significatif entre l’attention et l’acquisition de connaissances. De même, aucun lien significatif n’a été observé entre l’attention portée à la formation et le transfert des apprentissages. Les résultats concernant l’attention pourraient être expliqués par le respect des principes liés à la modalité, le caractère multidimensionnel de l’attention ainsi que l’intérêt envers le contenu et la tâche d’apprentissage. Les conditions neurologiques autodéclarées de certaines personnes participantes pourraient expliquer partiellement le manque de corrélations entre l’attention et l’acquisition de connaissances. L’utilisation de questionnaires écrits en ligne pourrait avoir fait en sorte que les résultats aux tests de connaissances ne reflètent pas les connaissances réelles de certaines personnes participantes qui ont peut-être éprouvé des difficultés en lecture en raison d’un niveau de littératie assez faible. Une situation de transfert peut-être plus éloignée que prévu ainsi que la participation même à l’étude ont pu influencer les résultats de transfert. De même, les questionnaires sur les comportements utilisés en prétest et posttest semblent avoir amené certaines personnes à modifier leurs comportements plus que les contenus de la formation. Finalement, le niveau élevé d’expérience et de connaissances antérieures de l’échantillon a pu affecter l’ensemble des résultats. Les limites de l’étude, telle une faible taille d’échantillon limitant la puissance statistique des analyses et l’utilisation d’outils EEG portatifs limitant le nettoyage des artéfacts myographiques et oculaires, n’affectent en rien son caractère novateur. En effet, la mixité des données recueillies, la collecte des données neurophysiologiques en milieu authentique, la mesure du transfert réel plutôt que des seuls facteurs influençant le transfert ainsi que l’utilisation d’une tâche réelle d’apprentissage et un échantillon écologique ont permis de produire des données inédites ainsi que des recommandations réalistes et concrètes pour les milieux de pratique.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Transfert des apprentissages, attention, acquisition de connaissances, rétention de connaissances, EEG, électroencéphalographie, oculométrie, pupillométrie, comportements, milieu de travail, formation en ligne asynchrone, elearnin