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Les effets d'une posture monolingue et plurilingue lors d'une tâche d'écriture collaborative sur les épisodes relatifs à la langue et sur la qualité du texte en contexte francominoritaire
L’objectif de cette recherche était de déterminer, dans un premier temps, quelles langues étaient utilisées dans une posture plurilingue et une posture monolingue lors d’une tâche d’écriture collaborative, dans un contexte francophone minoritaire, selon les profils linguistiques. Le deuxième objectif était de déterminer comment une posture plurilingue ou monolingue influence les épisodes relatifs à la langue et finalement, comment la posture linguistique interagit avec la qualité de la production écrite. À ces fins, 12 élèves de 7e année étudiant dans une école francophone albertaine, tous d’une classe de français, ont formé des dyades et ont rédigé collaborativement des textes dans deux conditions expérimentales : l’une imposant l’utilisation du français lors de l’interaction et l’autre laissant le libre choix quant aux langues à utiliser. Afin de déterminer quelles langues ont été utilisées, nous avons analysé les enregistrements audios des interactions et les résultats démontrent que peu importe leur profil linguistique, les participants s’expriment majoritairement en français dans la condition monolingue, alors que les résultats démontrent l’opposé dans la condition plurilingue. En ce qui concerne les ERL, la condition linguistique semble influencer l’engagement, sans toutefois avoir d’effet sur la cible de l’attention ou la résolution. Enfin, afin qu’une relation entre la condition linguistique lors de l’interaction et la qualité du texte puisse être établie, les textes produits ont été évalués selon une rubrique analytique et les résultats démontrent que les textes rédigés collaborativement en français sont de plus haute qualité.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Écriture collaborative, utilisation de la L1 et de la L2, qualité des productions écrites, ERL, communauté franco-minoritaire, posture plurilingue, franco-albertain
Approches plurilingues en classe de langue additionnelle : croyances des enseignants et des apprenants
L’intégration d’un espace plurilingue en contexte d’apprentissage d’une langue seconde (L2) /étrangère (LE) fait couler beaucoup d’encre étant donné l’hétérogénéité linguistique grandissante dans la société canadienne (de la Campa et Nassaji, 2009) et contredit des approches d’enseignement prônant une salle de classe monolingue pour maximiser l’exposition à la langue cible (Cenoz et Gorter, 2011; Maatouk et Payant, 2022). En classe d’anglais langue seconde (ALS) au Québec, tant le programme ministériel que les enseignants favorisent un environnement monolingue et ce, malgré les avancées scientifiques et la présence d’apprenants ayant des répertoires langagiers variés (Payant et Bell, 2021). Cette conclusion rejoint d’autres résultats provenants de diverses recherches ayant des participants pratiquant la profession enseignante ou étant en formation, plus précisément dans un programme menant à l’obtention d’un brevet d’enseignement (Maatouk et Payant, 2022; Paquet et Woll, 2021; Wouters et coll, 2023). Toutefois, à notre connaissance, aucune recherche n’a examiné les croyances et les pratiques déclarées des apprenants. Cette lacune est significative puisque les approches plurilingues tentent de valoriser le répertoire langagier de l’apprenant pour des raisons cognitives et socioaffectives. Pour répondre à ce besoin, cette recherche a examiné les croyances et les pratiques langagières des enseignants et des apprenants d’ALS. Premièrement dans le but de brosser un portrait de ces pratiques pour les deux groupes de participants et deuxièmement afin de mettre en évidence les similarités et différences, dans l’intention de mieux saisir l’utilité de ces approches dans les classes d’ALS du Québec. Afin de répondre à ces objectifs, nous avons demandé à 64 enseignants d’ALS et 109 apprenants d’ALS à l’école secondaire de remplir un questionnaire portant sur leurs croyances concernant les approches plurilingues en classe de LA. Les questionnaires, comprenant des échelles de Likert, ont été analysés en calculant les moyennes. Nos résultats de nature quantitative ont démontré qu'il existe une cohérence entre les croyances des enseignants et celles des apprenants. Nos résultats démontrent également qu’ils sont majoritairement en faveur d’un plurilinguisme en salle de classe d’ALS et qu'ils valorisent l'hétérogénéité linguistique naturellement présente dans les classes d'ALS. Cela dit, nous avons pu observer que bien peu d’enseignants incluent les approches plurilingues dans leur enseignement malgré qu’ils reconnaissent le rôle qu’ont les langues préalablement apprises des apprenants dans l’apprentissage d’une langue additionnelle (LA). Les pratiques langagières des enseignants, qui contredisent leurs croyances, semblent être le résultat d’un environnement prônant le monolinguisme. Pour les apprenants, nous avons observé qu’il y a un intérêt et une demande d’apprentissage lié à une approche éducative plurilingue. Ce résultat soutient l’importance donnée aux approches plurilingues pour valoriser l’entièreté du répertoire linguistique des apprenants (Cenoz, 2013).
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : anglais langue seconde, plurilinguisme, croyances des enseignants et des apprenants, pratiques déclarée
Siège social de grande entreprise et dynamique des quartiers : Ubisoft et le Mile-End
Ce mémoire examine les effets de l’arrivée d’une grande entreprise sur les quartiers environnants. Plus précisément, il cherche à examiner les répercussions de l’installation d’Ubisoft en 1997, sur la trajectoire socio-économique du Mile-End. En mobilisant des aires de diffusion bien délimitées ainsi que la méthode du contrôle synthétique, ce mémoire parvient à obtenir des résultats significatifs quant à l’impact de l’implantation de cette entreprise dans le Mile-End. Les résultats révèlent une augmentation du loyer moyen, le revenu moyen et le taux d’activité. De plus, on remarque une diminution du taux de chômage chez les personnes âgées de 15 ans et plus.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : gentrification, effets, Mile-End, Ubisoft, variable socio-économique, contrôle synthétique, immobilier, revenu
Autour du monoïde stylique
Dans cette thèse nous étudions une action du monoïde libre A∗ sur les tableaux colonnes à l’aide de l’insertion de gauche de Schensted. Cette action définit une relation de congruence ≡Styl et ainsi un monoïde quotient de A∗ appelé le monoïde stylique, Styl(A). Il s’avère être un quotient fini du monoïde plaxique. Le monoïde stylique présente plusieurs propriétés intéressantes. Nous décrivons la structure de ce monoïde à l’aide d’un algorithme d’insertion de lettre dans des tableaux appelés des N-tableaux, très proche de l’insertion de Schensted. Grâce à cela nous montrons que sa cardinalité est égale au nombre de partitions ensemblistes d’un ensemble à |A| + 1 éléments. Ce monoïde possède une présentation simple, il est quotient du monoïde libre A∗ par l’union des relations plaxiques avec l’idempotence a2 = a des lettres a ∈ A. L’antiautomorphisme involutif canonique sur A∗, renversant l’ordre de A, induit une involution sur Styl(A) qui, tout comme l’involution correspondante dans le monoïde plaxique, peut se calculer à l’aide d’une opération d’évacuation sur les tableaux immaculés standards (de manière analogue à l’involution de Schützenberger sur les tableaux pour le monoïde plaxique). Le monoïde Styl(A) estJ-trivial, et sonJ-ordre est gradué : le co-rang est le nombre d’éléments dans le N-tableau. Le monoïde Styl(A) est le monoïde syntaxique pour la fonction associant à chaque mot W ∈ A∗ la longueur de son plus long sous-mot strictement décroissant. Au travers de cette étude, nous revisitons deux résultats connus pour lesquels il manque une preuve directe et complète. Le premier est un résultat de Lascoux et Schützenberger (Lascoux, Schüztzenberger, 1981, Théorème 2.15) dans lequel ils affirment que le monoïde plaxique est le monoïde syntaxique pour la fonction associant à chaque mot W ∈ A∗ la forme de son P-tableau. Cependant, ils énoncent ce théorème sans preuve. Le deuxième est un résultat dû à Schensted (Schensted, 1961, Lemma 6) dans lequel il affirme la commutativité entre ses insertions à gauche et à droite. Sa preuve est malheureusement incomplète. Nous en donnons une complète en étudiant les chemins d’insertion gauche et droit. Finalement, nous construisons un système complet d’idempotents primitifs et orthogonaux de l’algèbre du monoïde stylique. Grâce à ces idempotents, nous construisons de manière explicite une présentation de cette algèbre en terme de quotient d’une algèbre de chemin dans un carquois
La relation dialectique des modes de production dans les tentatives de construction du socialisme : le cas de la Chine postsocialiste, 1978-2024
L’objectif de cette thèse est de déterminer la nature du mode de production dominant de la formation sociale chinoise depuis 1978. Notre méthodologie s’inspire de celle de Marx et Engels, le matérialisme historique et la montée de l’abstrait vers le concret, afin de comprendre de manière dialectique les articulations et les relations de détermination entre les différents modes de production de la formation sociale chinoise. Le premier mode de production analysé est le mode de production patriarcal. L’origine de son existence se trouve dans la destruction des communes rurales par le Parti au tout début des réformes économiques. En raison de son articulation aux marchés nationaux et internationaux, le mode de production patriarcal se transforme en capitalisme agraire par la différenciation de la paysannerie qui était ralentie durant les deux premières décennies des réformes par le Parti, mais qui, depuis les années 2000, est activement promue par ce dernier. Ce mode de production est totalement dominé par celui capitaliste et a perdu sa prédominance économique au courant des réformes. Il maintient cependant une importance structurelle dans la formation sociale en raison de l’existence de l’accumulation primitive capitaliste. Celle-ci est un type d’articulation entre le capitalisme et le patriarcat par laquelle le Parti organise un transfert de ressources de la paysannerie pour accélérer l’accumulation du capital chinois et international. L’accumulation primitive prend son origine de la période socialiste et constitue l’une des tendances critiques de l’établissement du socialisme dans le Sud global. L’accumulation socialiste s’opère par un transfert de ressources de modes de production non socialistes vers les industries socialistes afin d’industrialiser l’entièreté des branches de l’économie. Tandis que l’accumulation socialiste oeuvrait dans les intérêts de la paysannerie et des travailleurs, l’accumulation primitive capitaliste qui a été implémentée lors des réformes oeuvre entièrement dans l’intérêt du capital privé et capitaliste étatique. Celle-ci s’opère par la superexploitation de la paysannerie mise en place par l’État par l’établissement d’un système de discrimination sociale de la paysannerie et la non-application des lois du travail, permettant d'abaisser le salaire des travailleurs migrants en dessous de la valeur de leur reproduction sociale. Nous avons par la suite analysé l’évolution quantitative des modes de production socialiste et capitaliste en Chine depuis les réformes. Nous avons démontré que le socialisme a largement perdu sa prédominance dans la grande majorité des industries en matière de capital, d’emplois et d’investissements. La perte de la dominance du socialisme s’affiche par le fait que l’investissement public ne croit que lors des crises capitalistes lorsque la bourgeoisie cesse ses investissements. Cette discussion nous amène à analyser de manière qualitative le mode de production capitaliste chinois, qui correspond parfaitement à la définition et aux tendances principales que Marx établit dans Capital. En particulier, la tendance critique du capitalisme, la baisse du taux de profit, est celle qui détermine l’évolution des principales caractéristiques de l’économie chinoise depuis son introduction, notamment la financiarisation de l’économie, l’augmentation du taux d’exploitation de la classe ouvrière et l’informalisation du travail. La domination du capitalisme sur la formation sociale s’affiche aussi par la transformation du socialisme en capitalisme d’État, signalée par le caractère mixte des entreprises, l’importance de la profitabilité, l’existence de la plus-value et la domination de cadres embourgeoisée au sein de celles-ci. Ces transformations ont causé l’embourgeoisement des hauts fonctionnaires, une stratification générale de la société chinoise, l’universalisation du surtravail dans l’économie entière et une dégradation rapide des conditions sociales et économiques des femmes. Ces transformations ne sont pas un signe d’une transition vers le socialisme et ne possèdent aucune rationalité d’un point de vue marxiste. Elles sont plutôt le signe de la domination complète du capitalisme mise en place par une superstructure fasciste créée à travers une alliance entre une fraction libérale du Parti communiste chinois avec la classe moyenne et la nouvelle bourgeoisie afin de détruire les institutions socialistes ouvrières et paysannes qui dominaient la Chine jusqu’aux années 1980. À travers cette recherche, nous avons identifié les principaux modes de production dans la formation sociale chinoise, leurs articulations, leurs déterminations et leurs tendances. Nous avons par celle-ci conçu une méthode d’analyse apte à analyser les formations sociales en transition et qui permet d’enrichir la conceptualisation des économies postsocialistes. Enfin, nous avons contribué au débat sur la nature sociale de la Chine en indiquant que la Chine est d’une nature capitaliste et que, bien que des vestiges du socialisme demeurent, la domination du capitalisme transforme la nature de ceux-ci en aspects du capitalisme étatique caractérisant les régimes fascistes contemporains de l’Asie de l’Est.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Chine; socialisme; capitalisme; réformes; classes sociale
Lettre d'un poisson solitaire – Recherche création sur les mouvements discursifs des corps fluides // Dialogue entre le Drag et le Continuum
Lettre d’un poisson solitaire est une recherche création qui interroge les mouvements discursifs des corps fluides par la mise en dialogue de la pratique performative du Drag et de la pratique somatique du Continuum. Elle propose une réflexion par l’art vivant sur ce que peut être un corps fluide et ses potentielles réverbérations politiques. Le dialogue entre le Drag et le Continuum est étudié dans une perspective queer et est réfléchi à partir des épistémologies post-humanistes féministes. Cette recherche s’inscrit dans une démarche personnelle où j’ai été accompagné, informé et inspiré par l’élément eau qui traverse mon corps et circule mon quotidien. Cette recherche éclaire les paradoxes, les détours et les rythmes nécessaires au développement d’une démarche hydrologique de création. Les phénomènes de dissolution, de stratification, de sédimentation, de résistance, de transgression et de gestation du chaos y sont dépliés à travers un récit de pratique. Ce récit illustre des processus de transformation personnels, artistiques, conceptuels et politiques. Ce projet repense l’entrelacement des conceptions matérielles, conceptuelles et expérientielles des corps fluides comme une modalité de micro-activisme. Ce processus créatif réfléchit à comment la mise en dialogue de deux pratiques de corps fluides aux épistémologies éloignées peut informer les contextes politiques, écologiques et relationnels en constante fluctuation et peut alimenter des démarches nécessaires pour rendre aux corps leurs aptitudes d’adaptation. Les résultats de cette recherche n’amènent ni solution ni connaissances immuables, ils s’inscrivent davantage dans une perspective de contribution par l’art vivant à un processus collectif de création d’un avenir habitable pour touste. En laissant émerger une éthique du processus, de la connectivité et de la différence, cette recherche reconnait l’importance de l’art vivant comme une opportunité d'explorer autrement les préoccupations d’un corps complexe, affirmé et mobilisable.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Arts vivants, Continuum, Devenir autrement, Drag, Fluidité, Hydrologique, Incarnation, Microactivisme, Performativité, Pratiques somatiques
Relations au territoire et conflit écologique territorialisé : le cas du terrain vague d'Hochelaga
Le Terrain Vague d’Hochelaga est la scène d’une confrontation de vision du territoire. Dans l’est de Montréal, depuis 2016, un conflit oppose les citoyen·nes regroupés sous la bannière Mobilisation 6600 Parc-Nature Mercier-Hochelaga-Maisonneuve à des acteurs industriels et gouvernementaux. Ce terrain en friche fait l’objet de projets de réindustrialisation portés par les institutions publiques et privées. En réaction, une mobilisation citoyenne axée sur la protection des milieux naturels, la justice environnementale et la défense des usages libres du lieu a émergé. Partant de l’hypothèse que le Terrain Vague est un espace où l’ontologie moderne naturaliste est remise en question, avec une posture engagée en participant directement à la mobilisation citoyenne, je propose d'approfondir le conflit de relation au territoire à travers les cadres conceptuels des discours environnementaux, de la transition écologique, du tournant ontologique en anthropologie de la Nature et du droit au territoire. Enrichie de mon expérience au sein du mouvement, basé sur une enquête menée de 2021 à 2025, les résultats témoignent de la construction de deux visions qui s'opposent : celle, technocentrée et gestionnaire, qui conçoit le territoire comme une ressource à aménager pour répondre aux impératifs climatiques en se concentrant sur la réduction des gaz à effet de serre, et celle, plus relationnelle et située, portée par les habitant·es, qui envisagent l’espace comme un territoire à ménager, porteur d’usages sociaux, écologiques et symboliques. Si les acteurs industriels et gouvernementaux favorisent une transition écologique technique hors sol, les citoyen·nes mobilisé·es expérimentent une transition socioécologique territorialisée, où les enjeux environnementaux s’entrelacent aux luttes sociales et au droit au territoire. Bien que la mobilisation se heurte à des rapports de pouvoir asymétriques, à une planification fermée et à un imaginaire dominant du progrès basé sur la croissance économique, en valorisant les savoirs expérientiels, la réappropriation collective de l’espace, cette mobilisation propose une autre manière d’habiter. Le cas du Terrain Vague d’Hochelaga illustre ainsi les tensions profondes entre deux visions du territoire. Celle de l’aménagement du territoire conçu comme un objet à exploiter impliquant sa privatisation et sa marchandisation, et celle du ménagement du territoire, résonnant avec une ontologie relationnelle, considérant le territoire comme un sujet à ménager pour habiter.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Discours environnementaux, Discours de la transition, Transition écologique, Lutte territoriale, Conflit socio-territorial, Territoire, Ontologie relationnelle, Tournant ontologique, Ménagement du territoire, Aménagement du territoir
Méthodes bio-informatiques pour les analyses de données scRNA-seq pour étudier la maladie d’Hirschsprung
Le séquençage de l’ARN de cellule unique a permis de mieux comprendre le transcriptome sur le plan cellulaire. Puisque cette méthode génère beaucoup de données, il y a eu un développement de plusieurs méthodes d’analyses sous forme d’outils. Cependant, ils sont trop spécialisés et ils ne sont pas complètement automatisés. De plus, ils requièrent d’avoir des compétences en programmation afin d’adapter leur code ainsi que leurs paramètres. Enfin, les données produites ne sont pas toujours sauvegardées dans un format qui est compatible entre les outils ainsi que pour l’interprétation des résultats. Afin de résoudre ces problèmes, nous proposons une méthode d’analyse sous une forme de flux de travail. L’objectif de notre méthode est de rendre les analyses plus accessibles pour les biologistes et les bio-informaticiens. Nous avons implémenté plusieurs solutions qui incluent l’automatisation de toutes les étapes d’analyses et de transferts de données entre les outils, de l’utilisation de paramètres, ainsi que la sauvegarde automatique des résultats pertinents. Nous avons testé l’efficacité de notre méthode sur un jeu de données de cellules provenant de tissus intestinaux de souris Holstein, un modèle murin utilisé pour la maladie d’Hirschsprung. Notre flux de travail a permis de détecter et d’isoler les différents types de cellules d’intérêt, telles que des cellules gliales et neuronales. Il a aussi décelé des phénomènes biologiques, tels que l’inflammation, la différenciation, la transdifférenciation, ainsi que la prolifération cellulaire. Le principal avantage de notre flux de travail est que nous avons intégré tous les outils nécessaires afin d’effectuer toutes les étapes essentielles d’analyses. Ces dernières peuvent être exécutées successivement de manière automatisée et reproductible. De plus, nous avons aussi implémenté l’option d’exécuter les outils individuellement, ainsi que des paramètres personnalisables.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : bio-informatique, flux de travail, maladie d’Hirschsprung, outils, séquençage de l’ARN de cellule uniqu
Symbiose entre la théorie du biomimétisme et la prospective territoriale dans la pédagogie d'atelier en architecture et urbanisme : expérimentation d'un cadre méthodologique à Douala au Cameroun
Cette thèse a comme objectifs principaux 1) de développer un cadre méthodologique permettant d’intégrer le biomimétisme à la démarche d’atelier en architecture et en urbanisme comme réponse possible au développement d’une ville plus durable, 2) de tester et valider ce cadre dans un contexte universitaire et 3) de définir la pertinence du cadre méthodologique et réfléchir à des améliorations possibles afin de le rendre plus efficient. Elle a été l’occasion de présenter, d’expérimenter et d’améliorer une méthodologie de recherche dite « combinée ». Afin d’atteindre convenablement ces objectifs, il a été question d’utiliser « l’atelier de conception urbaine » en faisant intervenir des participants (étudiants issus des programmes d’architecture et d’urbanisme) de l’Institut Universitaire de la Côte (IUC) et des personnes ressources (architecte, urbanistes et un cadre municipal) à Douala au Cameroun. Les principaux enseignements tirés de cette thèse comprennent notamment la formulation de la méthodologie dite « combinée » qui résulte de la symbiose entre la démarche prospective et la démarche biomimétique. Cette symbiose constitue la première innovation de cette thèse et a permis de façonner un cadre favorable à l’apprentissage pédagogique en biomimétisme au travers d’un workshop qui s’est déroulé en cinq (5) ateliers. Bien que notre mission fût celle de créer des conditions d’apprentissage favorable à l’innovation et à la créativité urbaine par les participants en testant la méthodologie « combinée », nous questionnons également l’efficacité du biomimétisme à répondre aux enjeux d’assainissement et de confort des constructions du quartier autoconstruit Makèpè-Missokè afin de le rendre plus durable. Ce workshop décliné en cinq (5) ateliers s’est déroulé dans un contexte d’apprentissage pédagogique au centre duquel trois (3) groupes réunissant dix-huit (18) participants ont coconstruits trois (3) projets présentés devant un jury (composé des personnes ressources et d’un enseignant de l’Institut Universitaire de la Côte). Ces trois (3) projets et le processus d’apprentissage qui ont contribués à leurs productions ont été les deux principales bases d’observation et de données qui ont permis d’évaluer à la fois l’apport et l’efficacité du biomimétisme à répondre aux enjeux de durabilité abordés et la méthodologie « combinée ». À l’issue des apprentissages, deux types d’évaluations ont été menés à savoir : l’évaluation de type 1 qui permet de jauger la compréhension du processus méthodologiques auprès des participants; l’évaluation de type 2 qui permet d’analyser les trois projets à l’aide des trois grilles d’analyse présentées au chapitre 3 (voir 3.2.6). Dans un second temps, il a été question de formuler des constats regroupés en trois (3) catégories à savoir : les constats relatifs aux dynamiques de groupes et aux trois (3) projets développés; les constats d’ordre méthodologique 1 (les capacités et niveaux d’adaptation des participants); les constats d’ordre méthodologique 2 (un regard sur les différentes étapes de l’apprentissage). Enfin, il a été question d’analyser les neuf (9) questions posées par le jury à l’endroit des trois (3) groupes durant la restitution des projets, de présenter une analyse des modes de défaillances de la méthodologie « combinée » afin de porter un diagnostic et un regard critique sur le processus des ateliers, de mener une discussion de groupe (Focus group) avec le jury, ce qui a permis d’identifier les points clés d’amélioration du cadre méthodologique. Parmi les points des améliorations nous avons l’intégration d’un biologiste spécialisé dans la conception, la reformulation lexicale, et syntaxique des étapes 1 à 8 en des termes simples et moins techniques, l’introduction de brainstormings aux étapes 2 et 4, la structuration du niveau d’implication et la définition précise des rôles et des attributs des différents acteurs impliqués dans le processus. A l’issue de cette recherche, nous avons proposé de formaliser la méthodologie « combinée » employée sous le nom « MiméTree » qui veut dire « imitation des caractéristiques de l’arbre ».
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : prospective territoriale, biomimétisme, workshop, pédagogie, apprentissage, régénération urbaine, ville durable, habitat autoconstrui
Intra-annual dynamics of carbon and oxygen isotopes and wood formation in black spruce within North America's boreal forest
Les analyses intra-annuelles des isotopes stables δ¹³C et δ¹⁸O dans différents compartiments de l’arbre sont des outils puissants pour étudier le stockage du carbone et les dynamiques hydriques à des échelles temporelles fines. Dans la tige, le continuum cambium-xylème constitue un site critique pour l’étude des dynamiques des isotopes stables. Cependant, les processus post-photosynthétiques peuvent introduire des différences entre la composition isotopique de ces deux tissus, en raison de l’utilisation de glucides stockés comme substrat pour la croissance, avec des signatures en δ¹³C distinctes. De plus, la formation du bois peut dépendre de différentes sources d’eau au cours de la saison de croissance, modifiant ainsi les signaux en δ¹⁸O provenant du niveau foliaire. Les avancées récentes dans l’analyse intra-annuelle du δ¹³C et du δ¹⁸O dans les cernes des arbres ont amélioré notre compréhension des cycles du carbone et de l’eau dans la tige des arbres. Toutefois, un cadre global permettant de suivre les isotopes stables tout au long de la saison de croissance fait encore défaut. Cette lacune limite notre compréhension du stockage du carbone et de l’oxygène dans les cernes des arbres à des échelles temporelles fines et contraint l’utilisation des données de δ¹³C et δ¹⁸O comme proxys fiables dans les études dendroclimatologiques. De plus, le suivi des valeurs des isotopes du carbone au cours de la saison de croissance offre une opportunité d’analyser l’efficacité intrinsèque d’utilisation de l’eau (intrinsic Water Use Efficiency, iWUE) chez les arbres. Cela permet d’obtenir des informations sur les processus physiologiques au niveau foliaire et les facteurs environnementaux qui régulent la formation du bois durant le développement du cerne annuel. Cette thèse vise à élucider comment les processus post-photosynthétiques influencent les signaux en δ¹³C et δ¹⁸O dans le continuum cambium-xylème de l’épinette noire (Picea mariana) dans la forêt boréale d’Amérique du Nord. Pour ce faire, une méthode non destructive a été développée afin de suivre le fractionnement cumulatif des isotopes du carbone et de l’oxygène au cours de la saison de croissance. L’étude vise également à identifier les principaux facteurs déterminant la dynamique de formation du bois, en mettant l’accent sur l’interaction entre la cinétique de formation des cellules et l’iWUE à des échelles saisonnières. L’étude a été réalisée dans deux sites, Simoncouche (SIM) et Bernatchez (BER), tous deux situés dans la forêt boréale du Québec, au Canada. Les observations ont été menées au cours des saisons de croissance de 2019 à 2021 pour SIM et de 2020 à 2021 pour BER. Sur chaque site, cinq épinettes noires matures ont été sélectionnées chaque année. De la fin avril à octobre, des échantillons de bandes de bois rectangulaires ont été prélevés chaque semaine sur la tige des arbres afin de suivre la discrimination des isotopes du carbone et de l’oxygène dans le continuum cambium-xylème en croissance. Simultanément, des microcarottes ont été extraites de la zone d’échantillonnage pour surveiller la xylogenèse. Afin d’analyser les traits cellulaires, deux microcarottes supplémentaires ont été prélevées sur chaque arbre à la fin de la saison de croissance (mi-octobre), lorsque le cerne était complètement formé. Cette étude a permis de développer une méthode innovante pour suivre le fractionnement hebdomadaire du δ¹³C et du δ¹⁸O dans le continuum cambium-xylème en croissance de l’épinette noire. Des profils hebdomadaires ont été établis pour les isotopes stables du carbone et de l’oxygène dans la région cambiale (δ¹³Ccam et δ¹⁸Ocam) et dans le cerne en formation (δ¹³Cxc et δ¹⁸Oxc). Les résultats suggèrent qu’un apport constant d’assimilats frais au continuum cambium-xylème est le principal moteur de la croissance secondaire sur les deux sites d’étude. Toutefois, le δ¹³Ccam et le δ¹³Cxc ont été peu influencés par la variabilité climatique, ce qui indique que les variations intra-annuelles de ces profils reflètent probablement des changements dans les stratégies d’allocation du carbone. Ces changements pourraient améliorer la résistance au gel et réduire l’absorption d’eau aux stades tardifs de la croissance, et sont possiblement liés à la diminution saisonnière du rayonnement photosynthétiquement actif. La conductance stomatique a été identifiée comme le principal facteur physiologique influençant le fractionnement saisonnier du δ¹³Ccam et du δ¹⁸Ocam. Cependant, les échanges proportionnels entre l’eau du xylème et les sucres au site de synthèse de la cellulose (effet Pex) ont masqué les tendances du δ¹⁸Ocam. Cette découverte suggère que les signaux du δ¹⁸Oxc diffèrent de ceux d’origine dans le puits cambial initial. Alors que le cambium utilise principalement l’eau issue des feuilles, la cellulose du xylème en formation puise à la fois dans l’eau foliaire et dans l’eau du xylème provenant des racines durant la saison de croissance. Des liens négatifs forts entre la cinétique de formation cellulaire (taux d’élargissement des cellules et taux de dépôt pariétal) et l’iWUE suggèrent que les processus physiologiques au niveau foliaire régulent la formation du bois. Une photopériode plus longue et des niveaux de stress hydrique plus faibles ont favorisé des taux élevés d’élargissement cellulaire et de dépôt pariétal. En revanche, les taux de production cellulaire sont davantage influencés par la température et le déficit de pression de vapeur (VPD), avec une augmentation des taux de production cellulaire en réponse à des températures et à un VPD plus élevés dans notre région d’étude. Les résultats ont mis en évidence un découplage entre la dynamique de production cellulaire et l’iWUE chez l’épinette noire durant la saison de croissance, tout en soulignant le lien entre les processus physiologiques foliaires et les contraintes climatiques, telles que la disponibilité en eau du sol. Les conclusions de cette étude apportent de nouvelles perspectives sur la dynamique saisonnière du carbone et de l’oxygène ainsi que sur les contraintes de croissance secondaire de l’épinette noire dans les écosystèmes de la forêt boréale. En introduisant une approche méthodologique novatrice pour le suivi des signaux isotopiques à des échelles temporelles fines, ce travail comble des lacunes essentielles dans la compréhension des processus d’allocation du carbone et de leurs déterminants environnementaux. Ces résultats mettent en évidence la nécessité d’interpréter avec précaution les signaux isotopiques afin d’éviter toute mauvaise représentation dans les études dendroclimatologiques. De plus, l’étude éclaire les facteurs environnementaux et physiologiques foliaires influençant la dynamique de formation du bois, fournissant ainsi des informations précieuses sur les réponses des arbres aux changements climatiques futurs.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : carbone, oxygène, iWUE, analyse hebdomadaire, forêt boréal