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Écrire le territoire : dialogue entre géographie libertaire et littérature innu
Malgré le déploiement de diverses initiatives académiques pour combler ce « reste à penser » que sont les cultures autochtones du Québec, une distance incompressible résiste aux bonnes volontés de part et d’autre. La géographie contemporaine s’appuie pourtant sur ses auteurs historiques, souvent libertaires, forts d’une expérience sensible et personnelle de la nature et de la liberté, ayant entretenu une fréquentation amicale tant avec les cultures vernaculaires qu’avec la Terre elle-même. Leurs écrits en témoignent. Ainsi à l’heure où l’urgence écologique appelle à d’autres lectures du monde, il est possible de faire dialoguer entre elles, par une approche réconciliante à travers le temps et l’espace, cette géographie libertaire et l’expérience du territoire autochtone telle que la littérature innu contemporaine nous permet de l’envisager. Ce mémoire s’appuie donc sur un corpus d’essais et de poésies disposés en miroir, se réfléchissant mutuellement dans une vision élargie de la géographie. Cette recherche participe à quelque déplacement paradigmatique, aux côtés de tous ceux qui y oeuvrent déjà, pour que la parole poétique autochtone et le témoignage de l’expérience en territoire puissent être reçus comme une forme aboutie de connaissance et comme un savoir autonome. Il nous faudra alors constater que le savoir autochtone, remarquablement précis, s’épanouit dans l’expression poétique et résonne avec l’écriture cosmiciste des premiers géographes. Pour en finir avec une géographie des refusés, devant systématiquement être prise en charge, interprétée, scientifisée par les académies savantes, la discipline doit laisser s’épanouir la parole sauvagesse en dehors des guillemets réservés aux citations et sans la prendre en étau dans des critères de validation exogènes.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Géographie – littérature – Poésie innu – Pensée libertair
Les espaces de socialisation des femmes issues des communautés visibles du quartier Parc-Extension à Montréal : le jardin communautaire Babylone et le parc Saint-Roch
Ce mémoire s’intéresse aux modes d’appropriation et aux dynamiques sociales des femmes issues des minorités visibles dans deux espaces publics de Montréal : le jardin communautaire Babylone et le parc Saint-Roch, situés dans le quartier de Parc-Extension. L’étude examine comment ces femmes investissent ces lieux au quotidien, à travers des pratiques souvent discrètes ou fragmentées, révélant des formes d’appropriation informelles et contextuelles. Plutôt que de témoigner d’une intégration fluide ou d’une cohésion sociale affirmée, les observations révèlent des usages marqués par des ajustements quotidiens, des stratégies discrètes et des formes de négociation identitaire qui varient selon les contextes et les moments. En utilisant une approche qualitative basée sur une étude de cas, cette recherche exploratoire étudie le jardin communautaire Babylone et le parc Saint-Roch comme des espaces d'appropriation urbaine par les femmes. Le jardin Babylone, bien que restreint par un accès encadré, se révèle être un lieu de rencontre important où les femmes, souvent accompagnées de leurs familles, participent à des activités de jardinage qui favorisent la collaboration sans égard à leur origine ethnoculturelle. Cependant, l'absence d'activités communautaires formelles limite les interactions sociales à des échanges informels, centrés sur les pratiques de jardinage. Les observations montrent ainsi que les femmes utilisent cet espace non seulement pour cultiver des plantes, mais aussi pour tisser des liens sociaux faibles, ce qui pourrait néanmoins contribuer au renforcement de leur sentiment d'appartenance à la communauté. Le parc Saint-Roch, quant à lui, offre un cadre plus ouvert et diversifié quant aux usages possibles pour la socialisation. Ce parc est principalement utilisé par des familles et des groupes de femmes pour des activités de loisirs et de détente. Les interactions y sont plus explicites et spontanées, contribuant à un environnement dynamique et inclusif. Nos observations indiquent que cet espace est essentiel pour la socialisation intergénérationnelle et interculturelle, ce qui le distingue du jardin Babylone par sa fonction plus diversifiée et son accessibilité. En somme, notre étude montre que ces espaces publics jouent un rôle important dans la socialisation des femmes issues des minorités visibles, ce qui pourrait faciliter leur intégration sociale. Alors que le jardin Babylone sert de lieu de socialisation structuré, le parc Saint-Roch permet des interactions plus libres. Cette recherche souligne l'importance de soutenir et de développer des espaces publics accessibles et inclusifs pour renforcer les liens communautaires et favoriser l'inclusion sociale dans les quartiers urbains diversifiés comme Parc-Extension.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : appropriation des espaces publics, femmes issues des minorités visibles, jardin communautaire, diversité culturelle, interactions sociales, Quartier Parc-Extensio
L'origami. Mémoire d'un oiseau en chute libre
L’origami. Mémoire d’un oiseau en chute libre est un mémoire hybride où récit individuel et recherche se rencontrent pour interroger certains aspects identitaires entourant la question de l’adoption internationale. La première partie, D’un livre à l’autre, se déploie en deux volets : d’une part, elle présente le contexte socio-historique de la narratrice, adoptée de Chine, en retraçant les causes et les conséquences de cette trajectoire spécifique; d’autre part, elle expose les ressorts littéraires utilisés dans sa recherche-création où s’entremêlent différentes approches féministes et artistiques telles que l’autofiction, l’hybridité et l’autothéorie. La seconde partie est écrite en fragments, et propose une exploration intime et éclatée des expériences de la narratrice qui tente de recoller les morceaux d’une identité marquée par l’abandon initial. Dans cette seconde partie, le récit tisse un fil ténu entre les différentes dimensions de sa vie : le mystère irrésolu de sa naissance, le décès de son père adoptif, une peine d’amour qui persiste, ainsi que la pression de la performance qui traverse son parcours atypique. Explorant le mouvement dans le langage comme dans le corps, les scènes s’entrecroisent dans une structure non linéaire qui épouse le chaos des souvenirs et des questionnements identitaires présentés en vrac. En écrivant – et en s’écrivant –, la narratrice cherche à trouver un sens au vide laissé par l’adoption. Ce vide, métaphorisé par un « trou » au coeur de son être, devient un moteur de création et de réflexion. Le récit convoque des éléments autofictionnels, des souvenirs vécus ou réinventés, ainsi que des théories autour de l’identité, de l’appartenance et de la performativité. Ces théories sont intégrées aux réflexions personnelles pour former une autothéorie sur l’expérience spécifique de la personne adoptée de la Chine au Québec. L’utilisation d’une structure fragmentaire et d’un mouvement concentrique permet au texte de revenir sans cesse aux mêmes questions fondatrices. À travers cette quête identitaire sans promesse de résolution, L’origami expose l’instabilité inhérente à la mémoire et au langage. Il célèbre également l’acte d’écrire comme une forme de résistance face au vide, un espace où la narratrice peut se réapproprier son histoire, aussi fragmentaire soit-elle.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : adoption internationale, identité, hybridité, autofiction, autothéorie, écriture, deuil, performance, fragmentation
Entre pression et souplesse, entre vécu et idéal : l'expérience de socialisation des directions générales dans les entreprises de l'économie sociale
Ce mémoire porte sur le déroulement du processus de socialisation organisationnelle (SO) de directions générales (DG) dans les entreprises de l’économie sociale. Les défis persistants d’attraction et de rétention des directions dans ces organisations, ainsi que la professionnalisation croissante de leur gestion incitent à intégrer des concepts tels que la socialisation pour lutter contre le roulement dans les postes de responsabilité. Des recherches doivent être menées afin de permettre de développer une approche du processus de SO adaptée à ces organisations et qui tienne compte de leurs spécificités. Cette étude, dont l’objectif est d’explorer l’expérience de socialisation et de comprendre comment les directions la perçoivent, est la première étude québécoise à se pencher sur le processus de SO de DG en économie sociale. Pour mener cette recherche, des entretiens semi-dirigés ont été réalisés avec 10 directions d’entreprises d’insertion (EI). Du côté de l’organisation comme du côté de l’individu les résultats ont apporté un éclairage sur les différents aspects du processus de SO. En effet, les pratiques organisationnelles et leur échelonnement dans le processus ainsi que les comportements adoptés par la DG pour faciliter sa socialisation ont été identifiés. Les résultats ont également permis de mettre en lumière les agents de socialisation, révélant ainsi le rôle crucial du CA et celui de la DG sortante dans le soutien aux apprentissages. Cette recherche a aussi révélé l'environnement externe comme domaine d'apprentissage particulier en économie sociale, mais aussi comme agent socialisateur, ouvrant ainsi la voie pour des réflexions sur une approche collectiviste du processus de SO. Par ailleurs, les résultats ont permis de confirmer l’importance de la dimension contextuelle et situationnelle du processus, laquelle doit être considérée par l’organisation pour accueillir la nouvelle DG. La transparence du conseil d’administration vis-à-vis de la DG quant à la situation de l’organisation contribue à une perception positive de l’expérience de socialisation. Enfin, le cadre d’analyse mobilisé dans ce mémoire, proposé par Bargues et Perrot (2016), a permis de comprendre que les actions engagées par les agents socialisateurs et la DG exercent à la fois des pressions et des souplesses et agissent comme des leviers ou des freins sur le processus de socialisation, révélant ainsi le caractère non linéaire du processus.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : socialisation organisationnelle, direction générale, entreprise d’insertion, économie social
The effects of local governance and systemic shocks on disturbance patterns in neotropical moist forests
Une perspective sur la gouvernance et la gestion des forêts qui repose sur la notion de systèmes complexes met en avant l’interdépendance entre les éléments sociaux et écologiques des systèmes forestiers, le large éventail de contributions matérielles et immatérielles apportées par les forêts aux sociétés humaines et la manière dont ces contributions émergent à partir des interactions entre nombreux éléments du système. La conceptualisation des forêts en tant que systèmes complexes a donc été proposée comme un moyen de développer des approches contextuelles qui tiennent compte de la multifonctionnalité des systèmes forestiers et qui soutiennent d’une manière plus efficace la gouvernance et la gestion forestière locale. Un obstacle fondamental à l’application concrète de ces approches est le manque de méthodes d’inférence causale spatialement explicites qui permettraient que des changements dans les patrons spatio-temporels des forêts puissent être attribués de manière quantitative à des interventions spécifiques (telles que les mesures de conservation incitatives), aux changements des conditions externes (telles que les récessions économiques majeures) ou à des attributs particuliers du système (tel que le régime foncier), tout en tenant compte des effets des variables confusionnelles qui ne présentent pas un intérêt principal. Ce besoin est particulièrement urgent dans le contexte des forêts humides néotropicales, qui sont caractérisées par des niveaux élevés de diversité biologique et culturelle – abritant un grand nombre d’espèces de vertébrés et de plantes vasculaires de la planète, ainsi qu’une forte proportion de langues menacées d’extinction – et par des pressions anthropiques croissantes qui entraînent la conversion et la dégradation de ces forêts. Le premier chapitre examine les caractéristiques qui permettraient aux méthodes d’attribution causale de répondre aux défis posés par la confusion spatiale. Ensuite, le chapitre présente Embedded Gaussian Process Attribution (EGPA), une méthode bayesienne spatialement explicite conçue en fonction de ces caractéristiques. Une évaluation de performance basée sur 12 000 paysages simulés montre qu’EGPA fournit des estimations ponctuelles précises et robustes ainsi que des estimations d’incertitude de meilleure qualité que celles des méthodes fréquemment recommandées pour l’inférence causale. L’étude de simulation est suivie d’une étude de cas portant sur un mécanisme de conservation incitatif mis en place en Amazonie équatorienne, illustrant la manière dont EGPA élargit le champ d’application des méthodes d’attribution causale en situation réelle. Le deuxième chapitre évalue les effets de la gouvernance autochtone et de la protection formelle sur la conversion des forêts et les perturbations forestières à court terme en Amazonie et en Amérique centrale. Dans ce contexte, EGPA permet de ajuster pour des différences en topographie, isolement, potentiel agricole et accès aux marchés, représentées par un ensemble de dix covariables spatialement structurées et corrélées. Les évaluations montrent une efficacité élevée de la gouvernance autochtone, évitant au moins autant de déforestation que le réseau d’aires protégées dans chaque région étudiée, en particulier à proximité des routes, des mines et des frontières agricoles dynamiques. La reconnaissance formelle des droits fonciers autochtones contribue fortement à réduire les perturbations forestières, tandis que la protection formelle des terres autochtones a peu d’effet supplémentaire dans la plupart des cas. Le troisième chapitre utilise EGPA (ainsi que d’autres méthodes d’inférence) afin d’évaluer les perturbations forestières en Amazonie lors de la pandémie de COVID-19, en se concentrant tant sur des changements en termes d’ampleur que sur des signes indiquant un réarrangement structurel des processus de perturbation. Les résultats montrent une première phase d’augmentation des perturbations forestières anthropogéniques dans des paysages déjà fragmentés, et une deuxième phase d’expansion rapide des frontières forestières vers des zones plus éloignées de l’Amazonie. Au cours de cette dernière phase, la gouvernance autochtone s’est avérée hautement efficace dans la prévention de perturbations forestières supplémentaires. Étant donné que les relations entre les facteurs et les perturbations forestières n’ont pas été fondamentalement modifiées, la pandémie de COVID-19 a entraîné une intensification de la dynamique des perturbations plutôt qu’une réorganisation, possiblement liée à l’augmentation de la production de boeuf et à l’affaiblissement des réglementations environnementales, et contre laquelle les populations autochtones ont résisté. Dans l’ensemble, les résultats empiriques présentés dans les deuxième et troisième chapitres soulignent l’importance des systèmes de gouvernance autochtones quant à l’intégrité des forêts humides néotropicales restantes, tant à long terme que face à des chocs systémiques abrupts. L’autonomie territoriale des groupes autochtones – y compris la reconnaissance formelle des droits fonciers – constitue donc un pilier important des systèmes de gouvernance autochtones et influe sur leur efficacité à limiter les perturbations forestières d’origine anthropique. En même temps, la protection formelle (sous forme d’aires protégées désignées) n’est pas une condition préalable à une gouvernance autochtone efficace. De plus, les avancées méthodologiques présentées dans le cadre de cette thèse de doctorat permettent une meilleure attribution des causes pour des patrons géographiquement variables au sein des systèmes social-écologiques : EGPA permet d’augmenter d’au moins un ordre de magnitude le nombre d’observations utilisées pour l’inférence causale (jusqu’à 10 millions et plus dans les chapitres empiriques), ce qui permet d’évaluer des combinaisons de politiques plus complexes et des attributs de systèmes spatialement superposés, de fournir des estimations d’effets causaux spatialement explicites et de tenir compte des relations non linéaires entre les patrons spatio-temporels observés et plusieurs variables de confusion. Les outils et les connaissances développés dans le cadre de cette thèse de doctorat pourraient s’avérer utiles pour orienter et contextualiser de futures études de cas à plusieurs échelles spatiales, permettant ainsi de relier des études détaillées au niveau local avec des évaluations régionales agrégées. Ceci est important pour se concentrer non seulement sur la question de savoir si des interventions ou caractéristiques systémiques influencent le comportement de systèmes forestiers, mais aussi pour diriger plus d’attention vers la contextualité et la variabilité intra-régionale, ou la question de savoir où et dans quelles circonstances des interventions ou structures de gouvernance spécifiques peuvent être efficaces. Ces avancées – conjuguées à la disponibilité croissante des bases de données géospatiales sur un plus large éventail de variables écosystémiques et de caractéristiques spatio-temporels des forêts – permettent également de réaliser de futures études à l’échelle régionale qui peuvent aller au-delà des perturbations forestières détectables par la télédétection, ce qui constitue l’une des principales limites de cette thèse. De telles études pourraient contribuer des informations plus détaillées sur des processus de changement des forêts en dessous de la canopée et sur la manière dont ces changements affectent les contributions matérielles et immatérielles fournies aux sociétés humaines, y compris celles liées à la reproduction de systèmes de connaissances bioculturelles complexes.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Gouvernance autochtone, analyse d’impact, confusion spatiale, Néotropiques, COVID-1
Soutenir l'empowerment et l'aide mutuelle avec des femmes demandeuses d'asile enceintes ou ayant récemment accouché
Le Québec a vécu de nombreux flux de migration au cours de son histoire et est, aujourd’hui, une des provinces au Canada accueillant le plus grand nombre de demandeurs d’asile (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, 2024). En réponse à ce contexte de migration, de nombreux programmes publics et organismes communautaires ont été créés pour accompagner les individus dans leur installation et leur intégration. Le contexte post-migratoire demeure parsemé de défis : une complexité par rapport à l’orientation dans les systèmes administratifs et les processus associés, un statut migratoire précaire, des défis émotionnels et psychologiques. Les femmes enceintes ou ayant récemment accouché font face à des défis additionnels spécifiques à leur situation, dont les barrières aux soins périnataux, l'isolement et les enjeux de santé mentale. Face à ces enjeux, nous avons mis en place et évalué un groupe d’intervention axé sur l’aide mutuelle avec des femmes demandeuses d’asile enceintes ou ayant récemment accouché chez Alima, Centre de nutrition sociale périnatale. Ce projet d'intervention s’interroge sur le potentiel du travail social de groupe dans le renforcement de l’empowerment et dans la promotion de l’aide mutuelle. Les objectifs principaux sont de renforcer l’empowerment face aux enjeux liés à la demande d’asile, l’installation et la maternité et de favoriser l’aide mutuelle au sein du groupe de femmes. Les concepts clés du courant structuraliste et féministe établissent une base théorique à l’analyse de l’intervention menée. Ceux-ci incluent la conscientisation, les oppressions et rapports sociaux, l’appropriation du pouvoir, puis la collectivisation et la solidarisation. Les besoins fondamentaux des participantes étaient au coeur du projet. Les résultats démontrent que le groupe, constitué de huit femmes, a non seulement contribué à alléger leur détresse respective, mais a également favorisé leur épanouissement. L’intégration des informations dans leur quotidien a permis à celles-ci de renforcer leurs compétences et leur estime de soi. L’engagement de chacune a contribué à l’évolution vers des discussions plus complexes et personnelles. Ces partages ont permis aux participantes de socialiser et de réduire le sentiment de solitude et de s’affirmer quant à la légitimité de revendiquer leurs droits. Les approches méthodologiques, découlant des deux courants structuraliste et féministe, modulent aussi la posture de l’intervenante au sein du groupe. Cette dernière permet de favoriser l’empowerment et les dynamiques de l’aide mutuelle. Finalement, on peut conclure que le travail social de groupe est un outil pertinent pour des interventions avec des femmes demandeuses d’asile enceintes ou ayant récemment accouché. Le dispositif a favorisé un environnement répondant aux besoins prioritaires des femmes, tout en leur offrant un espace où elles peuvent se sentir soutenues, vivre leurs émotions sans la pression de leurs rôles sociaux et se sentir comme des êtres humains à part entière.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : demande d’asile, femmes, périnatalité, maternité, empowerment, aide mutuelle, travail social de groupe
Rôle du goéland à bec cerclé (Larus delawarensis) comme biovecteur de pathogènes en région urbaine en lien avec l'exposition aux retardateurs de flamme halogénés et aux substances per- polyfluoroalkylées
Les goélands exploitent opportunément les habitats anthropiques pour se nourrir, et propagent des agents pathogènes via leur guano. Des études antérieures ont montré que les goélands à bec cerclé (Larus delawarensis) se reproduisant dans la région de Montréal (QC, Canada) sont fortement exposés aux substances per- et polyfluoroalkylées (SPFA) ainsi qu’aux retardateurs de flamme halogénés (RFH), contaminants pouvant être biotransportés dans les fèces. Cependant, les informations sur leur capacité à disséminer des bactéries et virus pathogènes, les risques associés pour la santé humaine et animale ainsi que leurs associations avec l’exposition aux contaminants sont encore peu documentés. Cette étude a examiné le rôle des goélands à bec cerclé comme biovecteurs de pathogènes en analysant divers micro-organismes fécaux et leurs liens avec les habitats d’alimentation fréquentés dans la région de Montréal. Le séquençage métagénomique d'échantillons de fèces de goélands a permis d’identifier plusieurs bactéries et virus, dont l'abondance était corrélée avec leurs déplacements de recherche alimentaire. Le genre bactérien Enterococcus ssp. et la famille virale Picobirnaviridae ont montré les plus fortes abondances relatives. Des corrélations positives ont été établies entre la probabilité de présence des goélands dans certains habitats et l'abondance des micro-organismes. Notamment Clostridium spp., Helicobacter spp., Legionella spp., Mycoplasma spp., Pseudomonas spp. et Staphylococcus spp. étaient significativement plus abondants chez les individus s'alimentant dans les champs agricoles. De plus, une différence de communauté bactérienne a été observée entre les goélands qui fréquentaient ou non les dépotoirs pour s'alimenter. L’abondance d'Enterococcus spp. était également associée à l'exposition aux SPFA et aux RFH, ainsi qu'à la présence de goélands dans les divers habitats. Cette étude souligne l’importance du rôle des goélands à bec cerclé comme biovecteurs de pathogènes viraux et bactériens dans la région fortement urbanisée de Montréal, soulignant ainsi l'importance de contrôler leur présence dans certains sites afin de réduire les risques pour la santé publique et animale.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Métagénomique; Virus; Bactérie; Utilisation de l’habitat; Contaminants environnementau
Regards de l’IEIM – cahier 2024-2025 : les insécurités
La série « Regards de l’IEIM » est née en 2020, à l’initiative de l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM). En 2024-2025, l’IEIM a choisi de mettre en valeur le travail de la communauté étudiante de l’UQAM, en lien avec la thématique annuelle choisie par l’Institut et ses unités membres : la polycrise et les insécurités.
Ce recueil rassemble les contributions issues de plusieurs champs disciplinaires qui ont été retenues dans le cadre d’un appel à propositions. Découvrez les textes de Sarah Hassnaoui, Hiruni Nathasha Fernando, Djelika Keita, Amélie Chalivet, Mohamed Anoir Zayani, Camille Laty, Sihem Attalah et Marwan Attalah, Homba Alban Bassowa, Fernanda Sigüenza-Vidal, Cécilia Philippe et Lena Trottein
De Griffintown au Quartier de l'innovation : les transformations d'un ancien quartier industriel analysées au prisme de l'habiter de ses résidents
Le succès du paradigme de « ville intelligente » depuis le début des années 2000 s’est accompagné, entre autres stratégies d’attraction de capital financier et humain, de la thématisation d’anciens quartiers industriels péricentraux autour de la créativité et de l’innovation. Ces projets urbains d’envergure, qui se fondent le plus souvent sur une refonte totale des fonctions urbaines, du cadre bâti et de l’identité du quartier, soulèvent alors des questions quant à la place qu’y occupent les résidents. D’un côté, la littérature autour de la « néolibéralisation » de la ville met de l’avant certains enjeux liés à ces projets à plusieurs niveaux : matière de gouvernance urbaine, en raison d’une dépendance financière au secteur privé qui déséquilibre les négociations; sur le plan de la pratique spatiale, les aménités urbaines étant pensées pour une « élite urbaine » aux dépens des populations les plus précaires; et sur le plan de l’appropriation du quartier, puisque ces efforts de thématisation tendraient à effacer l’histoire et la culture endogène à ces quartiers au profit de discours et de symboles néolibéraux. De l’autre, certains écrits émettent l’hypothèse d’un renouvellement des modalités de développement urbain lié à certaines caractéristiques propres aux quartiers de l’innovation. Certains cas d’études laissent ainsi entrevoir la possibilité de pratiques collaboratives au sein d’un « laboratoire urbain » mettant en relation les acteurs publics, privés, universitaires et citoyens. Cette approche favoriserait l’ancrage d’une population mixte par le biais de la co-production des modalités de développement urbain, passant par une accessibilité accrue aux espaces publics et communautaires et offrant les possibilités d’une plus grande appropriation du projet de quartier de l’innovation et de ses aménités. Cette thèse propose alors d’interroger ces deux hypothèses au prisme de l’habiter des résidents des quartiers de l’innovation, c’est-à-dire par l’analyse de leurs pratiques, perceptions et représentations du quartier. Pour cela, ce projet de recherche s’appuie sur une étude de cas de Griffintown à Montréal, ancien secteur industriel ciblé depuis les années 2010 par le projet du Quartier de l’innovation. Les résultats présentés découlent de la triangulation de données issues de trois méthodes de collecte : une revue documentaire autour des divers plans de développement économique et urbain du quartier, des entretiens semi-dirigés avec les parties prenantes publiques, privées et universitaires, d’une part, et les résidents de l’autre, et, enfin, l’observation non participante de divers événements organisés sur l’espace public de Griffintown. Plusieurs constats émergent de cette enquête de terrain. Le premier est que le projet du Quartier de l’innovation participe d’une volonté du milieu universitaire et de la municipalité d’atténuer l’emprise du secteur immobilier sur les terrains et la programmation du quartier, et ainsi de renouveler les manières de faire la ville. Malgré cette volonté affichée et les résolutions qui l’accompagnent en matière d’aménagement du territoire et de gouvernance urbaine, les outils et structures mobilisées ont été trop faibles pour contrebalancer la mainmise des promoteurs immobiliers. Cette dernière s’est répercutée sur l’habiter des résidents, qui révèlent des effets semblables à ceux mis de l’avant dans les écrits sur la « néolibéralisation » de la ville : une privatisation des espaces et services publics, un repli sur le logement et un entre-soi accru, et des difficultés à négocier avec les acteurs du développement urbain au sein des structures classiques de consultation publique. La recherche met toutefois de l’avant un certain nombre de tactiques développées par les résidents pour contourner ces obstacles et se réapproprier le quartier, passant par un usage alternatif des espaces (le logement), des acteurs (l’université) et des outils (les réseaux sociaux) de la part de certains groupes de résidents.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Quartier de l’innovation, projet urbain, habiter, résidents, Griffintown, Montréa
La construction sociale de l’autonomie dans la vie quotidienne : une étude de cas dans le champ du soutien à l’habitation en santé mentale
Cette thèse en travail social poursuit l’objectif de tracer une esquisse de la conception de la mobilisation du concept d’autonomie dans le champ de la santé mentale. Pour ce faire, elle répond à deux questions : 1) comment les intervenants conçoivent-ils l’autonomie des personnes utilisatrices de services ? et 2) comment les intervenants mobilisent-ils l’autonomie dans leurs pratiques ? Le soutien à l’habitation a été retenu comme domaine d’étude. Celui-ci inclut l’ensemble des pratiques d’intervention réalisées par des intervenants en santé mentale dont l’objectif est de favoriser l’accès d’un usager à un milieu de vie qui lui convient et son maintien dans celui-ci. Ce domaine a été choisi parce qu’il permet la prise en compte d’interventions qui touchent toutes les sphères de la vie des personnes utilisatrices de services et qu’il constitue une bonne illustration des transformations du champ de la santé mentale suivant la modernité. Cette dernière est envisagée comme la toile de fond du phénomène à l’étude. En ce sens, l’importance accordée à l’autonomie dans le champ de la santé mentale découle de l’importance de plus en plus grande accordée à l’autonomie en cette ère de modernité. Afin d’appréhender l’autonomie, celle-ci a été opérationnalisée comme une construction sociale. S’inscrivant dans une épistémologique constructiviste, cette recherche cherche à comprendre l’autonomie telle qu’elle est conçue et mobilisée par les acteurs. Élaborée sous forme d’étude de cas, le cas étant le domaine du soutien à l’habitation, cette recherche a employé deux méthodes de collecte de données. Premièrement, des séances d’observation participante ont été menées dans trois organismes communautaires de la grande région de Montréal offrant des services de soutien à l’habitation. Deuxièmement, 11 entrevues individuelles semi-dirigées ont été effectuées avec des intervenants oeuvrant dans le domaine du soutien à l’habitation à la grandeur du Québec. Les résultats sont composés d’une part d’une description du cas à l’étude en fonction des acteurs impliqués, de l’organisation des services et du déroulement des interventions. D’autre part, les réponses aux questions de recherche sont présentées. On apprend que les intervenants en soutien à l’habitation conçoivent l’autonomie comme étant l’exercice de cinq verbes : 1) se connaître, 2) se gouverner, 3) s’activer, 4) être indépendant, 5) être en relation. C’est aussi en fonction de ces cinq verbes que les intervenants mobilisent l’autonomie des usagers. Ainsi, pour promouvoir l’exercice et le développement de l’autonomie des usagers, les intervenants interviennent sur ces cinq sphères de l’autonomie. Finalement, l’esquisse théorique de la conception et de la mobilisation du concept d’autonomie prend la forme de l’autonomie dans la vie quotidienne. Il appert en effet que l’autonomie telle que conçue et mobilisée par les intervenants en soutien à l’habitation est résolument liée au contexte dans lequel les pratiques des intervenants ont lieu : la vie quotidienne. Cette autonomie dans la vie quotidienne a trois caractéristiques : elle est influencée par le contexte des pratiques (tant le contexte social général que l’organisation des services), elle est réaliste (c’est-à-dire qu’elle s’exerce tant dans les petits que les grands événements de la vie) et elle se construit au coeur d’une relation singulière entre l’intervenant et la personne utilisatrice de services.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : autonomie, santé mentale, hébergement, soutien au logement, étude de ca