University of Quebec at Montreal

Archipel - Université du Québec à Montréal
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    1996-2025 : l'image d'après-guerre comme catalyseur mémoriel, récolte de témoignages de survivants au siège de Sarajevo et création de nouveaux souvenirs photographiques

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    Ce texte précède la création et l’exposition de l’oeuvre Prvo Proljeće/Premier printemps qui présente un ensemble d’images photographiques et de témoignages écrits récoltés en deux temps. Le premier temps est celui d’un voyage au printemps de 1996 dans la Bosnie-Herzégovine d’après-guerre, à peine trois mois après la signature de l’accord de Dayton mettant fin à quatre ans de guerre. J’y ai fait plus de 3 000 photographies. Le deuxième temps est celui d’une résidence de recherche-création au Musée d’histoire de Bosnie-Herzégovine (HmBiH) à l’automne 2024 où j’ai rencontré des résident·es de Sarajevo. À travers un processus d’élicitation photographique utilisant mes images de 1996 comme catalyseur de la mémoire, j’ai présenté dans le hall du HmBiH plus de 260 photographies imprimées. Au cours d’une conversation dans un studio d’enregistrement audio, j’ai recueilli les témoignages d’une cinquantaine de résident·es de Sarajevo qui réagissaient aux images, partageant leurs souvenirs, leurs idées, leurs réflexions du moment. À partir d’une carte de la ville et de la question « Où aimerais-tu qu’on se souvienne de toi ? », nous avons ensuite choisi un lieu significatif pour les participant·es où j’ai effectué un portrait photographique afin de constituer un nouveau souvenir ancré dans le présent. Dans ce texte, je contextualise ma pratique photographique dans le corpus d’oeuvres réalisées par les photoreporters et artistes photographes en ex-Yougoslavie depuis les années 90. J’adopte une approche active de mémorialisation en présentant mon archive de Sarajevo aux résident·es qui en sont les sujets à travers un processus d’élicitation photographique informé des traumatismes. J’explore les notions de mémoire, d’oubli et de nostalgie. Avec une posture éthique sur la recherche-création et sur la représentation d’autrui en photographie, je développe une méthodologie adaptée au contexte historique et culturel de Sarajevo. Ce processus enrichit mon rapport à l’autre dans ma pratique photographique et m’amène à adopter une approche de collaboration circulaire et de partage d’agentivité avec la photographie documentaire d’après-guerre. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Photographie, mémoire, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine, guerre, après-guerre, archive, témoignage oral, hantise

    L'impact de la méthode de formation des binômes sur la performance écrite des apprenants de français langue seconde lors d'une tâche d'écriture collaborative

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    Des recherches antérieures ont démontré que les tâches d’écriture collaborative (EC) constituent des activités pédagogiques intéressantes grâce à une augmentation de possibilités d’apprentissage en classe de langue seconde (L2) (Li et Zhu, 2017). Cependant, lors de l’implantation des tâches d’EC, les enseignants se retrouvent confrontés à une question cruciale : doivent-ils former eux-mêmes les binômes ou laisser les apprenants choisir leur partenaire, étant donné que confier ce choix aux apprenants peut avoir un impact favorable potentiel sur leur satisfaction, leur compréhension et leur anxiété (Philp et al., 2014) ? Les études existantes ont démontré que les relations amicales existantes entre les membres des binômes choisis par les apprenants en contexte de langue étrangère (LE) les poussent fréquemment à entamer des discussions non liées à la tâche, ce qui pourrait limiter leurs opportunités d’apprentissage (Mozaffari, 2017). Toutefois, il reste à déterminer si l’amitié constitue toujours le critère privilégié par les apprenants en contexte de L2. De plus, ces recherches ont principalement exploré le processus d’interaction lors des tâches d’EC, tandis que l’évaluation de la performance langagière finale des apprenants demeure encore peu explorée. Ainsi, dans le but d’enrichir les recherches antérieures, la présente étude vise à examiner l’impact de la méthode de formation des binômes, qu’ils soient constitués par les apprenants eux-mêmes ou désignés par l’enseignant, sur la qualité de l’EC. Elle s’intéresse également aux critères privilégiés par les apprenants de français langue seconde dans le choix de leur partenaire de travail pour réaliser une tâche d’EC. Afin d’atteindre ces objectifs, une étude descriptive comparative s’appuyant sur une approche méthodologique quantitative a été mise en place. Douze apprenants adultes de français langue seconde ont participé à deux tâches d’EC, réalisées dans le cadre de deux conditions de formation des binômes. De plus, ils ont complété un questionnaire sociodémographique, incluant une partie pour recueillir leurs critères de choix du partenaire de travail. Les résultats ont montré que les apprenants ont principalement choisi leur partenaire en fonction de critères tels que la capacité à collaborer efficacement, l’expérience antérieure, le niveau de compétence en français et l'intelligence. Par ailleurs, l’analyse des productions écrites n’a révélé aucune différence significative en termes de complexité, d’aisance ou de précision entre les deux conditions de formation des binômes. Ces résultats suggèrent que lorsque les apprenants choisissent leur partenaire de travail selon des critères plus réfléchis, ils bénéficient d’opportunités d’apprentissage comparables à celles des binômes formés par les enseignants. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : écriture collaborative en L2, formation des binômes (enseignant vs apprenants), critères de choix des partenaires, qualité de l’écritur

    Trauma cumulatif à l'enfance et problèmes de comportement chez les adolescentes victimes d'agression sexuelle : le rôle médiateur de la résilience

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    Ce mémoire porte sur la résilience chez les adolescentes qui ont été victimes d’agression sexuelle. Le présent mémoire vise à examiner l’effet de la résilience dans la relation entre les traumas cumulatifs et les problèmes de comportement chez les adolescentes victimes d'agression sexuelle. L’analyse se base sur le modèle conceptuel de Ungar (2011) sur la résilience identifiant trois facteurs : les ressources individuelles, les ressources relationnelles et les ressources communautaires. L'échantillon est composé de 194 adolescentes (M = 15; ET = 1,50) âgées de 12 à 18 ans ayant été victimes d’agression sexuelle. Les données ont été analysées à l’aide de six médiations. Les résultats révèlent que les facteurs relationnels et communautaires associés à la résilience contribuent à l’association entre le trauma cumulatif et les problèmes de comportement. Ces résultats témoignent de l'importance d'intervenir sur la résilience chez les adolescentes victimes d'agression sexuelle afin de réduire le risque de développer des symptômes intériorisés et extériorisés. Le cadre conceptuel de la résilience proposé représente un modèle pertinent pour explorer les facteurs favorisant une adaptation positive et pour identifier des pistes d’intervention pour les victimes d’agression sexuelle. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : adolescentes victimes d’agression sexuelle; trauma cumulatif en enfance; problèmes de comportement; résilience; médiation

    Favoriser l'inclusion sociale : perceptions d'élèves autistes et d'enseignantes au secondaire

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    Depuis plusieurs années, on retrouve davantage d’élèves ayant des plans d’intervention, notamment des élèves ayant une déficience langagière, mais surtout des élèves autistes. Ainsi, le ministère de l’Éducation du Québec s’est engagé à rendre les milieux scolaires plus inclusifs, ce qui signifie qu’ils permettront à tous les élèves de socialiser et de jouir d’une réussite sur le plan académique, et ce, en fonction de leurs capacités. Peu de littérature québécoise actuelle s’intéresse à l’inclusion vécue en milieu scolaire et celle donnant la parole aux enseignantes et aux élèves autistes est particulièrement limitée. Devant ce manque au sein de la littérature, nous avons choisi de donner la parole aux personnes directement concernées par l’autisme et par le milieu scolaire, soit des enseignantes et des élèves autistes fréquentant des écoles secondaires québécoises. C’est grâce aux 14 groupes de discussion, totalisant 60 participants.es (élèves autistes âgés de 14 à 17 ans, enseignantes en classe ordinaire, spécialisée et école spécialisée), que cette recherche a permis d’examiner et de comprendre les besoins perçus par des élèves autistes au secondaire en ce qui a trait à leur inclusion et de mettre au jour les stratégies mises en place par des enseignantes travaillant auprès d’eux. Une analyse qualitative a été réalisée à l’aide du cadre théorique de Simplican et ses collègues (2015). Ce cadre a été utile pour comprendre à quels niveaux s’opèrent les stratégies déployées par les enseignantes et pour constater jusqu’où il est possible pour les élèves autistes de percevoir les facteurs influençant leurs besoins d’inclusion. Plusieurs constats ont été faits, d’abord, les analyses montrent que la définition et la vision de l’inclusion varient selon les enseignantes, tout comme leur niveau d’implication envers les élèves, en fonction du type de classe dans lequel elles enseignent (classe ordinaire, classe spécialisée ou école spécialisée). De plus, les enseignantes sont à même de constater les besoins des élèves autistes, toutefois il peut arriver qu’elles ne comprennent pas nécessairement la cause spécifique derrière le besoin de chaque élève, ce qui résulte le plus souvent en stratégies généralisées, ce qui fait en sorte que les élèves se sentent incompris et pas suffisamment impliqués dans les prises de décisions les concernant. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : autisme, inclusion, milieu scolaire, besoins, stratégie

    La monstruosité queer comme espace de résistance dans la série vidéoludique Extreme Meatpunks Forever (2018-2020)

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    Menace rôdant aux abords de la société, le monstre définit l’humanité en incarnant son antithèse. Réprimé, démonisé, expulsé, pourchassé, il est le réceptacle des anxiétés d’un « moment culturel » (Cohen, 1996, p. 4). Pourtant, le monstre fait aussi miroiter des désirs transgressifs et présage l’ébranlement des normes qui s'évertuent à se faire passer pour naturelles. Si chaque époque fabrique une monstruosité qui lui est propre, depuis la fin du 19e siècle, le monstre est notamment connoté par des référents aux genres et aux sexualités queer. À première vue, ce rapprochement entre la queerness et la monstruosité semble néfaste, et a effectivement été mobilisé pour justifier l’altérisation des individus LGBTQ. Cependant, parer le monstre d’un vernis queer ne devrait pas être uniquement compris en termes de représentation péjorative. En effet, il est possible pour les personnes queer de reconnaître au travers de cette figure un reflet de leur propre ostracisation, et ainsi trouver un potentiel libérateur dans son refus des normes, voire un plaisir dans la destruction qu’il engendre. Un processus complexe d’identification à la monstruosité peut donc s’opérer. Ce mémoire creuse la question de l’association entre la monstruosité et la queerness, de sorte à jeter un éclairage sur les espaces de résistance générés lorsque l’individu marginalisé se réapproprie la position du monstre. Afin d’étudier cette thématique, la recherche se penche sur un média qui est encore peu étudié en employant une approche queer, soit le jeu vidéo indépendant. Puisque le contexte indépendant encourage un développement de jeux par et pour les personnes queer, des contre-discours peuvent y poindre avec plus de facilité que dans les titres ayant des visées commerciales massives. Il devient alors pertinent d’interroger comment les artiste queer lient la queerness à la monstruosité dans leurs oeuvres, et dans quel but. Plus précisément, le mémoire propose l’étude de la série vidéoludique EXTREME MEATPUNKS FOREVER (2018-2020), produite sous la direction de Heather Flowers. La recherche s’effectue par une analyse (para)textuelle de l’oeuvre, donc de son esthétique, sa jouabilité, son récit et son positionement par les développeur·se·s. La mise en dialogue de ces observations avec la construction historique de la monstruosité, l’expérience de la marginalité et le contexte sociopolitique actuel permet de comprendre en quoi la monstruosité queer peut être réappropriée comme forme d’expression artistique, voire comme outil politique. Grâce à cette démarche, il a été possible de mettre en lumière des formes de résistance dans la forme vidéoludique des jeux, dans la représentation narrative de la queerness, dans la déconstruction de l’identité et de la subjectivité humaine ainsi que dans l’élaboration d’une fantaisie d’activisme violent. En faisant usage d’une monstruosité queer, la série révèle les conséquences individuelles et interpersonnelles de la marginalisation, tout en ouvrant la voie à des façons d’être et de résister alternatives. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : queer, représentation LGBT, monstruosité, identité, jeux vidéo, jeux indépendant

    Résilience et gestion adaptative face aux changements climatiques : analyse du plan directeur du Parc national Forillon

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    Face à l’accélération des changements climatiques, les aires protégées côtières comme le Parc national Forillon se trouvent à la croisée de défis écologiques, sociaux et institutionnels. Ce mémoire analyse comment Forillon intègre les principes de résilience socio-écologique et de gestion adaptative pour répondre aux enjeux du développement durable dans un contexte marqué par la vulnérabilité accrue des écosystèmes, la pression touristique et la montée en puissance des savoirs autochtones. En mobilisant une approche qualitative fondée sur l’analyse des politiques publiques (Knoepfel et al., 2015), la recherche identifie les stratégies d’adaptation mises en oeuvre à Forillon, en évaluant leur capacité à articuler urgences climatiques, pressions socio-historiques et cogestion des ressources. L’étude révèle que, si le parc a développé des réponses innovantes en matière de restauration écologique et d’adaptation des infrastructures, la pleine intégration des dimensions sociales, culturelles et autochtones demeure limitée par des dynamiques institutionnelles et des rapports de pouvoir asymétriques. La participation des acteurs locaux et autochtones, bien que reconnue dans les discours officiels, reste souvent consultative et encadrée par les cadres fédéraux. Les résultats soulignent la nécessité d’une gouvernance plus inclusive et d’une meilleure prise en compte des mémoires collectives pour renforcer la capacité d’adaptation du parc. L’expérience de Forillon met en lumière l’importance d’une gestion adaptative évolutive, fondée sur l’apprentissage, la négociation et la reconnaissance de la diversité des intérêts et des savoirs. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : adaptation, résilience socio-écologique, gestion adaptative, changements climatiques, développement durable

    Autogestion néorurale et « le politique de la maison » : ethnographie d'un collectif néo-paysan, anticapitaliste, écologiste, féministe et queer

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    Ce mémoire porte sur un collectif autogéré, féministe et queer établi en milieu rural québécois, dont les membres partagent une socialisation militante ancrée dans le mouvement étudiant urbain, et qui s’est constitué dans le contexte de précarité amplifiée par la pandémie de COVID-19. Nous l’avons appelé la Maison jaune. La Maison jaune se présente sur les réseaux sociaux comme un collectif « anticapitaliste, anarchiste, féministe, décolonial, paysan et queer ». Les membres s’organisent de manière autogérée, confectionnent et diffusent du matériel militant, en plus de s’impliquer au sein de divers projets communautaires locaux, promouvant l’autonomie collective et le changement social et écologique. Ce mémoire cherche à éclairer les pratiques de ce collectif et le sens qui lui est donné en ce qu’il interroge explicitement les normes de division du travail, de consommation et de rapport à la propriété – ce qui participe d’ailleurs d’un phénomène plus large de recomposition et de réappropriation des milieux ruraux. Sur le plan théorique, cette recherche s’appuie sur une problématisation du collectif et du travail (domestique, agricole, militant) qu’il implique en termes de rapports sociaux de sexe (Kergoat, Dunezat) ainsi que sur la conceptualisation de l’espace social du genre proposé par Beaubatie. L’analyse repose sur une enquête ethnographique par observation participante et par entretiens semi-dirigés. Elle s’articule en trois volets : les trajectoires militantes et l’activité politique du collectif ; l’organisation du travail sécrété par cette vie en collectivité autogérée et fondée sur un projet d’autosubsistance, ses divisions et les tensions qu’elles suscitent ; les dynamiques internes et externes qui précarisent le collectif et menacent sa perennité. Ce travail jette les bases pour une documentation sociologique des tentatives contemporaines et alternatives d’investissement de l’espace rural québécois, en mettant en lumière les manières dont s’articulent les aspirations politiques à une vie collective égalitaire et les rapports sociaux de sexe et de classe. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : néoruralité, collectifs néo-paysans, communautés autonomes, autogestion, militantisme, rapports sociaux de sexe, division sexuelle du travail, ethnographie

    Conjurer l'extraction : pierres, récits et contextes dans une pratique élargie de la sculpture in situ

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    Le carillon du clocher de l’UQAM est un monument emblématique liée à la cyclicité temporelle. À son sommet, la figure du coq de la flèche du clocher nous rappelle chaque jour le chant de l’oiseau, synonyme du levé de la lumière du jour dans l’obscurité de la nuit. En 1975, lors de la construction du pavillon Judith-Jasmin, le coq original de l’église Saint-Jacques, qui ornait la flèche depuis 1905, disparaît mystérieusement, sans explications. Acte de bravoure d’un cambrioleur? Scène d’une revendication politique? Blague? J’ai pensé m’approprier le sort du coq dérobé et faire appel à sa tradition solaire pour situer la création d’un corpus de sculptures que je nomme les Coque-soleils. Composées de figures célestes et astrales à l’échelle de mon propre corps ou bien d’autres miniatures, elles émergent des gestes que je pose avec les formes des marbres et des calcaires que je glane sur des terrains dévastés par l’activité humaine. Ce mémoire accompagne l’exposition Le-coq-la-nuit-chante-le-jour, la-mouche-la-rosée-tombe, la-mouche-se-couche présentée du 17 au 22 septembre 2024 au pied du clocher de l’UQAM. Cette installation de sculptures en déplacement cyclique représente ma première tentative de faire correspondre la générosité presqu’infini du rayonnement solaire et de sa lumière avec la temporalité immémoriale des pierres. Chaque jour, je suis sortie sur la Place Pasteur pour y déplacer des sculptures de pierres de petits formats en repiquant dans le sol leurs ancrages en formes de pointes. Chaque jour, ayant pris l’air et le soleil, elles se sont rétractées dans la salle d’exposition du Centre de diffusion et d’expérimentation (CDEx) pour y passer la nuit. Depuis les quatre dernières années, je développe une approche de la sculpture élargie et in situ. Ma pratique appréhende le mystère du médium de la pierre dans un rapport étroit avec la continuité et la discontinuité matérielle de ses horizons anciens et primordiaux. Le présent texte s’ouvre sur un assemblage de récits qui réfléchissent tout haut et qui se répondent dans leur succession. Il faut les lire un à la suite de l’autre pour voir apparaître des motifs qui reviennent en boucles, comme des échos qui ne s’épuisent pas et qui, je l’espère, feront résonner les pistes de réflexion de cette recherche sur la nature des rapports tant matériels qu’immatériels que nous entretenons inconsciemment avec le soleil et son apport continu d’énergie généreuse. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : ensoleillement, sculpture, in situ, figure, récit, cyclicité, temporalité, immémorial, éthique, sensibilité, esthétique, rapport au monde, énergie, générosité, extractivisme, violence, poids, mains, échelle, déplacement, pierres levées, origines, humilité

    Language writ large: LLMs, ChatGPT, meaning, and understanding

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    Apart from what (little) OpenAI may be concealing from us, we all know (roughly) how Large Language Models (LLMs) such as ChatGPT work (their vast text databases, statistics, vector representations, and huge number of parameters, next-word training, etc.). However, none of us can say (hand on heart) that we are not surprised by what ChatGPT has proved to be able to do with these resources. This has even driven some of us to conclude that ChatGPT actually understands. It is not true that it understands. But it is also not true that we understand how it can do what it can do. I will suggest some hunches about benign “biases”—convergent constraints that emerge at the LLM scale that may be helping ChatGPT do so much better than we would have expected. These biases are inherent in the nature of language itself, at the LLM scale, and they are closely linked to what it is that ChatGPT lacks, which is direct sensorimotor grounding to connect its words to their referents and its propositions to their meanings. These convergent biases are related to (1) the parasitism of indirect verbal grounding on direct sensorimotor grounding, (2) the circularity of verbal definition, (3) the “mirroring” of language production and comprehension, (4) iconicity in propositions at LLM scale, (5) computational counterparts of human “categorical perception” in category learning by neural nets, and perhaps also (6) a conjecture by Chomsky about the laws of thought. The exposition will be in the form of a dialogue with ChatGPT-4. Mis à part ce que OpenAI pourrait nous cacher, nous savons à peu près comment fonctionnent les grands modèles de langage comme ChatGPT : leurs immenses bases de données textuelles, leurs statistiques, leurs représentations vectorielles, leurs innombrables paramètres, leur entraînement à la prédiction du mot suivant, etc. Pourtant, aucun d’entre nous ne peut honnêtement dire qu’il n’a pas été surpris par ce que ChatGPT a démontré être capable de faire avec ces ressources. Certains en sont même venus à conclure que ChatGPT comprend réellement. Ce n’est pas vrai : ChatGPT ne comprend pas. Mais il n’est pas vrai non plus que nous comprenons comment il peut faire ce qu’il fait. Je proposerai quelques intuitions sur des biais bénins, des contraintes convergentes qui émergent à l’échelle des grands modèles de langage et qui pourraient expliquer pourquoi ChatGPT dépasse largement ce à quoi nous nous attendions. Ces biais sont intrinsèques à la nature du langage lui-même, à cette échelle, et ils sont étroitement liés à ce qui manque à ChatGPT : un ancrage sensorimoteur direct, qui lui permettrait de connecter ses mots à leurs référents et ses propositions à leur signification. Ces biais convergents concernent le parasitisme de l’ancrage verbal indirect sur l’ancrage sensorimoteur direct, la circularité de la définition verbale, le rapport entre la production et la compréhension du langage, l’iconicité des propositions à l’échelle des LLM, les équivalents computationnels de la perception catégorielle humaine dans l’apprentissage des catégories par les réseaux neuronaux, et peut-être aussi une conjecture de Chomsky sur les lois de la pensée. L’exposé prendra la forme d’un dialogue avec ChatGPT-4

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