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Vidéos TikTok mettant en scène des grands-parents et leurs petits-enfants adultes : quelles représentations du lien intergénérationnel ?
Ce mémoire porte sur le lien intergénérationnel visible dans les vidéos TikTok francophones mettant en scène des aînés grands-parents et leurs petits-enfants adultes. Il s’agit là d’un public non-prévu, analysé à partir d’un usage également non-prévu : des mises en scènes inspirées de l’histoire personnelle voire intime des familles ou au contraire totalement fantasques. Ce mémoire montre que le lien intergénérationnel s’épanouit sur la plateforme et que les grands-parents TikTokeurs développent des formes d’appropriation du dispositif sociotechnique. Il révèle également que TikTok peut devenir unsupport de socialisation pour ces aînés. Inscrite dans le courant théorique de la sociologie des usages, cette enquête s’articule autour des concepts d’usages, d’appropriation et de lien intergénérationnel. Pour notre devis méthodologique, nous avons retenu une démarche qualitative abductive. Elle s’est développée à partir de l’analyse de contenu des vidéos TikTok sélectionnées et d’une observation flottante de la plateforme de plus de trois ans.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : TikTok, usages, public non-prévu, lien intergénérationnel, appropriation, autonomie, cognition distribuée, déprise, socialisatio
Exploration du discours narratif des femmes cisgenres sur leur sexualité tardive et leur non-hétérosexualité à partir de leurs événements marquants
La sexualité tardive réfère à une transition à la vie sexuelle active, c’est-à-dire une première relation sexuelle consentante (souvent marquée par la pénétration), survenant à l’âge adulte plutôt qu’à l’adolescence. Au Canada, près de 11% des adultes rapportent n’avoir jamais eu de relations sexuelles, et les jeunes de 19 à 29 ans sont les plus concernés. Cette tranche d’âge correspond à l’âge adulte émergent, une période caractérisée par le décalage temporaire des rôles, des responsabilités et des attentes de l’âge adulte , ainsi que par l’exploration de son identité, sa sexualité et ses relations. Jusqu’à présent, peu de recherches ont porté sur les femmes cisgenres non hétérosexuelles sexuellement tardives, et encore moins sous l’angle des trajectoires sexuelles, relationnelles et/ou identitaires. Cette étude qualitative explore, à partir du discours, l’interprétation des événements marquants au regard des normes sociales. La théorie de l’identité narrative et les normes sociales, dont la sexualité obligatoire, l’hétéronormativité et la monosexualité, guident l’analyse des événements marquants, en mettant en évidence le rôle de la narration dans la construction du récit de vie. Dix femmes, âgées de 21 à 28 ans, ont complété un calendrier de vie et participé à une entrevue semi-dirigée. Les résultats révèlent que la découverte et l’affirmation de soi sont les deux principales significations accordées aux événements marquants, ce qui est cohérent avec les études précédentes sur la sexualité tardive et sur la nonhétérosexualité. Outre, trois points de tension entre les événements marquants et les normes sociales ont été observés : la centralité de la pénétration, les expériences sexuelles sous pression, et l’invisibilisation de l’orientation sexuelle. Les implications de ces résultats pour les recherches futures et pour la pratique professionnelle seront discutées, notamment la nécessité d’étudier les normes sociales, les violences sexuelles et les populations marginales sous l’angle de l’identité narrative.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : sexualité tardive, transition à la vie sexuelle active, femmes cisgenres, non-hétérosexualité, événements marquants, violence sexuelle, identité narrative, analyses thématiques, Québec (Canada
À la croisée des chemins : l'identité narrative du Quartier chinois de Montréal
Le Quartier chinois, à la fois comme lieu d’urbanité imaginée et comme réalité sociale et politique, demeure trop peu connu des décideurs publics. Si à Montréal, Tiohtià:ke, il s’est imposé dans l’imaginaire collectif comme un lieu emblématique de la différence culturelle, sa pérennité est aujourd’hui fragilisée par la gentrification et la spéculation immobilière qui grugent la ville. Luttant contre l’oubli qu’entraîneraient la destruction ou la réécriture fonctionnelle de son cadre bâti, une mobilisation citoyenne a permis l’obtention en juin 2023 dernier, de sa nomination au statut patrimonial québécois. Au-delà de le faire appartenir à un registre symbolique, ce titre agira aux yeux de certain.e.s comme un levier de protection susceptible de limiter l’imposition d’un développement par le marché. Notre recherche explore une mobilisation et une entreprise d’interpréter l’histoire, de l’écrire, pour rallier à la cause de sa transmission, une nouvelle vague d’acteur.ice.s communautaires. Nous avons, pour ce faire, effectué une ethnographie du milieu communautaire dans le Quartier chinois et analysé le travail des mémoires comme une praxis sociale de l’histoire en train de se faire. Notre projet montre l’éclosion d’une culture historique et d’une lutte discursive. Il fait figure de cas d’une communauté en pleine mouvance qui reprend le pouvoir d’écrire la suite de l'histoire, en consolidant les accises d’une identité de soi permettant de se projeter dans l’avenir en contexte de planification urbaine.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Quartier chinois, herméneutique critique, ethnographie , mobilisation, contre-récit, narratio
Incarner l'empreinte environnementale du capitalocène sur les rives et les îles de Tiohtià:ke / Mooniyang : écoconception de corps plastiques et performatifs
Ma recherche-création puise dans les traces matérielles et immatérielles de l’activité humaine sur les rives, îles et littoraux de Tiohtià:ke / Mooniyang à l’ère du capitalocène. Ma démarche explore les possibilités artistiques de la performativité et de la plasticité, de l’espace riverain au milieu muséal, qui participent à l’émergence de modèles d’agir écologique. Le projet d’exposition qui accompagne ce texte déploie une iconographie performative, plastique et queer, issue d’un travail de terrain réparti en 20 interventions. Déployée pendant deux années sur les rives du Magtogoeg / Kaniatarowanénhne à la Skawanoti / Pamskodategw, cette recherche empirique en milieu riverain comprend nettoyage de berges, caractérisation de déchets, ainsi qu’actions performatives et documentation médiatique. Grâce à des critères innovants d’écoconception valorisant l’adaptabilité et l’agentivité en contexte de transition socioécologique et d’urgence environnementale, j’édifie une écologie de pratiques interdisciplinaires. Ce texte d’accompagnement situe les réalités écosystémiques locales en se positionnant à l’ère du capitalocène, qui désigne l’époque géologique actuelle caractérisée par les impacts de la pollution humaine et capitaliste sur la biosphère. Avec ce mémoire-création, je m’intéresse tant aux relations entre l’oeuvre performative authentique et sa documentation médiatique comme création à part entière, qu’aux liens entre la création plasticienne, la pollution plastique et la matière plastique issue du polymère. Ces recherches mènent à mon exposition finale, composée d’écoperformances, de photographies aériennes, d’essais cinématographiques, de dispositifs maritimes, de collections de déchets érodés et d’installations de plastiques retirés des littoraux émanant du travail de terrain. Mon mémoire-création vise à générer de nouveaux imaginaires environnementaux, tout en créant des effets bénéfiques pour les rives investiguées.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : capitalocène, performatif, plastique, documentation, rives, écoresponsabilité écoconception, Magtogoeg / Kaniatarowanénhne / Fleuve Saint-Laurent, Skawanoti / Pamskodategw / Rivière-des-Prairies, Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal
Les rôles des habiletés spatiales et des connaissances spatiales en résolution de problèmes de géométrie de l'espace
Les habiletés spatiales (visualisation et transformations spatiales), les connaissances spatiales et les connaissances géométriques en résolution de problèmes de géométrie de l’espace se constituent en un domaine d’études qui est ancré dans la recherche actuelle en didactique des mathématiques. Je m’intéresse à l’apprentissage de la géométrie de l’espace chez les élèves du secondaire. Plus spécifiquement, au modus operandi du triplet « habiletés spatiales », « connaissances spatiales » et « connaissances géométriques » et de leurs interactions en résolution de problèmes. Sans m’y attacher exclusivement, les processus où le raisonnement déductif (la « preuve mathématique ») est impliqué feront l’objet d’une attention particulière. Les différents rôles que peuvent jouer les habiletés spatiales (par ex. la visualisation mentale), les connaissances spatiales (par ex. celles à l’aide desquelles on élabore des représentations 2D selon des techniques établies, ou à l’aide desquelles on décode de telles représentations) et les connaissances géométriques (par ex. application d’un théorème traitant de la perpendicularité dans l’espace) dans l’apprentissage de la géométrie 3D au secondaire sont mal compris. Le problème de recherche se résume ainsi : en résolution de problèmes, la mise en fonctionnement des habiletés spatiales, des connaissances spatiales et des connaissances géométriques — en particulier du point de vue de leur coordination — que l’élève fait intervenir, autant chez celui qui solutionne convenablement des problèmes spatiaux que chez celui qui éprouve des difficultés, doit être analysée et mieux comprise. Comment peut-on décrire et caractériser cette mise en fonctionnement ? En quoi les problèmes spatiaux soumis aux élèves, les solutions qu’ils élaboreront et les stratégies qu’ils mettront en oeuvre pour résoudre, peuvent-ils aider à investiguer et mieux comprendre le rôle joué par les habiletés spatiales, les connaissances spatiales, les connaissances géométriques et leurs interactions ? L’objectif de la recherche consiste à décrire et analyser les rôles possibles des habiletés spatiales, des connaissances spatiales et des connaissances géométriques ainsi que leurs interactions, dans un contexte d’apprentissage par résolution de problèmes en géométrie spatiale. Les questions de recherche se déclinent ainsi : 1) Quels rôles peuvent jouer (potentiellement) ou jouent (réellement) les habiletés spatiales et les connaissances spatiales, notamment via les processus d’encodage et de décodage des représentations 2D ? Comment les décrire et les analyser à partir des démarches de résolution des problèmes proposés ? 2) En quoi les problèmes proposés ont-ils été propices à faire travailler de manière interdépendante les habiletés spatiales, les connaissances spatiales, les connaissances géométriques et leur coordination ? Sinon, peut-on retravailler ces problèmes, les revoir, les ajuster relativement à certains aspects des habiletés spatiales, des connaissances spatiales et géométriques qu’ils mettent en jeu ? La méthodologie employée est celle du Design Research, selon laquelle j’ai élaboré une séquence d’enseignement de 7 séances de 75 minutes, qui est bâtie autour de trois problèmes de géométrie de l’espace. Ils ont été conçus pour que les habiletés spatiales, les connaissances spatiales et les connaissances géométriques soient fortement susceptibles d'être mobilisées concurremment pour la résolution. Les données sont constituées des solutions écrites à ces problèmes, provenant d’un groupe de trente-deux élèves suivant le cours de mathématiques de 5e secondaire, séquence Culture, société et technique, dans une école publique de l’Outaouais. À ces productions écrites s’ajoutent les échanges d’élèves en binômes, recueillis via la méthode Think aloud (van Someren et al., 1994). Les données ont été examinées en s’appuyant sur des grilles d’analyse : visualisation externe, visualisation interne (mentale), conflit « vu/su » adaptées à chacun des problèmes. Les analyses résultantes ont permis de donner des éléments de réponse aux questions de recherche. L’étude révèle des résultats de recherche qui éclairent les rôles que peuvent jouer les habiletés spatiales, les connaissances spatiales et les connaissances géométriques lors de la résolution de problèmes de géométrie de l’espace : 1) La visualisation spatiale (directe et interne), certaines connaissances spatiales (savoir représenter en perspective cavalière des objets 3D) mises en interaction avec des connaissances géométriques, constituent des éléments importants, gages de réussite en résolution de problèmes de géométrie de l’espace; 2) Dans la résolution d’un problème de géométrie de l’espace où le raisonnement déductif (processus de preuve) est impliqué, la visualisation spatiale (surtout interne) agit synergiquement avec une connaissance géométrique que je nomme « savoir faire le passage du repérage des plans perpendiculaires et des angles entre deux plans, au repérage des droites perpendiculaires et des angles entre deux droites incluses dans ces plans »; 3) La déconstruction dimensionnelle des formes (Duval, 2005; Mithalal, 2010; 2014) ainsi que le « raisonnement relationnel-inférentiel basé sur les propriétés » de Battista et al. (2019), viennent renforcer et bonifier le cadre théorique et aident à mieux comprendre comment se font les interactions; 4) Lorsque la visualisation spatiale (plus particulièrement interne) agit en interdépendance avec des connaissances spatiales (savoir représenter en perspective cavalière des objets 3D, savoir repérer des informations spatiales) dans la résolution d’un problème de géométrie de l’espace, cela implique qu’elle est étroitement liée à la capacité de structurer l’espace et de mener à bien le processus d’encodage/décodage d’éléments spatiaux clés dessinés dans la représentation 2D; 5) Les habiletés spatiales (visualisation et transformations spatiales) remplissent un rôle heuristique important lorsqu’elles fonctionnent en interaction avec le discours déductif pour élaborer une démonstration; 6) Les 3 problèmes et la séquence d’enseignement se constituent subsidiairement en véritables résultats de recherche. L’analyse rétrospective de la séquence d’enseignement selon le Design Research, dont les ajustements proposés aux 3 problèmes dans les secondes phases, rend possible un traitement des justifications mathématiques par les élèves d’un point de vue déductif. Ces ajustements permettent de faire « basculer » chacun des 3 problèmes d’un problème de G1 (géométrie naturelle) à un problème de G2 (géométrie axiomatique naturelle). Ainsi, je pose l’hypothèse que la séquence d’enseignement « améliorée » permet de faire travailler aussi efficacement que possible la géométrie spatiale au secondaire.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : habiletés spatiales, visualisation, transformations spatiales, connaissances spatiales, connaissances géométriques, problèmes en géométrie 3D, formules de volume, représentations des objets 3D, raisonnement déductif, conflit « vu/su
Espaces de sociabilités queers à Montréal : expériences vécues dans un contexte de gentrification
L’élargissement de la tolérance à l’égard des personnes queers a mené à un désenclavement de leurs urbanités, souvent illustré par le désinvestissement des quartiers gays par les nouvelles générations. Pour autant, cette dissolution du queer au sein du tissu urbain ne semble pas s’être faite de manière si uniforme : les nouveaux quartiers perçus et vécus comme queer-friendly correspondent souvent à des quartiers gentrifiés, ou en voie de l’être, à l’image du Mile-End à Montréal (Podmore, 2019). Dans ces mêmes environnements domine un idéal de diversité, de convivialité et d’ouverture – autant de valeurs bourgeoises modernes, où l’acceptation de la différence et le culte de l’alternatif sont de bon goût (Tissot, 2011, 2018, 2021). C’est une gentrification impulsée par des classes disposant d’un capital culturel valorisé, où l’on retrouve des artistes, des personnes queers, qui deviennent alors les symboles d’une urbanité glamour et subversive. Un culte de la diversité dont les limites se calquent sur les frontières de classe sociale : les personnes queers intégrées aux valeurs bourgeoises deviennent l’archétype d’une urbanité moderne et attractive. Les esthétiques qui leur sont associées forment alors une sous-culture hégémonique dessinant les normes d’un queer désirable, devenant socialement et spatialement un outil de distinction (Demetriou, 2015 ; Bourdieu, 1979). Se pose alors la question de la persistance d’un queer subversif, dans des sphères sociales où les enjeux d’inclusivité et de déconstruction du privilège sont centraux. En tant que lieux souvent observés sur les lignes de front de la gentrification, je m’intéresse dans cette recherche aux espaces de sociabilités queers, dans tout ce qu’ils peuvent (ou non) avoir de fluide, d’inclusif, de dispersé et de militant. Ceci dans la perspective de répondre à la problématique de recherche suivante : comment est vécue et perçue la gentrification dans un contexte urbain où le queer est valorisé par les classes dominantes ? Dans une perspective phénoménologique et auto-ethnographique, je déploierai une méthodologie qualitative reposant sur deux outils : des observations directes au sein de divers espaces de sociabilités queers situés dans des quartiers se trouvant à différents stades de gentrification, et des entrevues semi-dirigées auprès de personnes queers pour comprendre la perception qu'iels ont de leur expérience urbaine. Les résultats montrent la volonté de maintenir des espaces de sociabilités inclusifs et militants, quand bien même un décalage entre les discours et l’accessibilité réelle semble être vécu. La difficulté rencontrée à aborder l'objet de la gentrification et à se situer par rapport à celle-ci ramène à l'enjeu de la positionnalité des personnes queers au sein de la gentrification marginale.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : queer, espaces de sociabilités, gentrification, distinction sociale, habitus, capital culturel, inclusivité, performance, sous-culture hégémoniqu
Les effets des groupes de rédaction scientifique structurés sur la santé mentale des doctorant·es
Ces dernières années, les recherches portant sur le contexte doctoral ont mis en lumière une problématique de taille, à savoir la prévalence élevée des enjeux de santé mentale chez les doctorant·es. Selon diverses enquêtes, environ la moitié des doctorant·es présentent de multiples manifestations de détresse psychologique, ainsi que des scores d’anxiété et de dépression significativement plus élevés que ceux des étudiant·es des cycles précédents et des travailleurs d’âge comparable issus de la population générale. Ces problèmes de santé mentale s’expliqueraient par les conditions souvent difficiles dans lesquelles les doctorant·es rédigent leur thèse, soit souvent seul·es et sans soutien. Au regard de cette problématique, la présente thèse explore des interventions prometteuses pour favoriser la santé mentale des doctorant·es, en se concentrant sur deux types de groupes de rédaction scientifique structurés : les groupes de productivité et les groupes de critique. Le groupe de productivité retenu dans l’étude est celui des retraites de rédaction scientifique structurées qui offrent une communauté scientifique dans un environnement physique propice à l’avancement de la rédaction de thèse, par les stratégies organisationnelles et rédactionnelles éprouvées, ainsi que les activités de ressourcement, mises de l’avant. Ces retraites pourraient ainsi contribuer à améliorer la santé mentale des doctorant·es, une hypothèse centrale examinée dans cette thèse. Les groupes de critique, soit des séminaires de rédaction scientifique axés sur la rétroaction par les pairs en tant que stratégies de collaboration, sont aussi évalués, afin d’en comparer les effets à ceux des retraites de rédaction, pour identifier et comprendre les similarités et les différences de leurs impacts respectifs. Dans un premier temps, un devis de recherche mixte séquentiel explicatif, incluant un protocole expérimental, a été mené. Un échantillon composé de 100 doctorant·es provenant de diverses universités et de domaines de recherche variés a été obtenu. Les participant·es ont été invité·es à s’inscrire à une retraite de rédaction Thèsez-vous. Dès lors, une attribution au hasard a été réalisée pour assigner les participant·es de manière aléatoire à un groupe expérimental (n = 50) ou à un groupe contrôle en attente (n = 50). Pour comparer l’évolution de la santé mentale au doctorat des participant·es, des questionnaires incluant des échelles validées et des questions ouvertes évaluant la détresse psychologique, le bien-être émotionnel, le bien-être psychologique et le bien-être social ont été administrés deux semaines avant, puis tout de suite après la retraite de rédaction. Deux semaines plus tard, le groupe contrôle en attente a ensuite aussi pris part à une retraite et a complété un post-test d’intervention. Pour mesurer le bien-être social au doctorat, une échelle a été développée et validée dans le cadre de cette thèse pour mesurer le sentiment de communauté scientifique des doctorant·es, soit leur perception d’appartenir à la communauté scientifique, de l’influencer et de bénéficier de son soutien. Ce premier article, publié dans la revue Mesure et Évaluation en Éducation, est inclus dans le chapitre méthodologique de la thèse. Pour vérifier si la santé mentale avait évolué différemment en fonction des groupes, des analyses de variance (ANOVA) à mesures répétées ont été menées sur les données quantitatives. Puis, une analyse thématique a été réalisée avec le corpus de réponses aux questions ouvertes afin de mieux comprendre les perceptions des participant·es à l’égard de chaque aspect de la retraite et de ses effets sur leur santé mentale au doctorat. Les résultats ont révélé que la participation à une retraite de rédaction a significativement réduit la détresse psychologique des doctorant·es et amélioré leur bien-être émotionnel, psychologique et social. Parmi les multiples aspects de la retraite de rédaction évalués, seules la productivité perçue et les opportunités de socialisation/réseautage ont agi comme des prédicteurs de toutes les mesures de santé mentale des doctorant·es, des constats que l’analyse thématique a aussi fait ressortir. Ce travail a été présenté dans un deuxième article de thèse, publié dans la revue International Journal of Environmental Research and Public Health et inséré dans le chapitre de résultat. Dans un second temps, un protocole quasi-expérimental a été réalisé auprès d’un échantillon composé de doctorant·es participant aux séminaires de rédaction scientifique de l’Université du Luxembourg (n = 20), afin de comparer les effets des retraites de rédaction à ceux de ces séminaires sur la santé mentale des doctorant·es. Comme pour la procédure précédente, les mêmes échelles et questions qualitatives ont été utilisées et un devis incluant les mêmes temps de mesure a été adopté. Pour répondre à l’objectif ciblé, une ANOVA à mesures répétées comparant les trois groupes et les deux temps de mesure a été menée, et des analyses qualitatives visant à dégager les thèmes liés à l’impact perçu du séminaire sur le bien-être doctoral ont été conduites. Les résultats ont révélé que les retraites de rédaction sont efficaces pour améliorer à la fois la santé psychologique et le sentiment de communauté scientifique, alors que les séminaires n’amélioreraient que le sentiment de communauté scientifique. Néanmoins, selon les participant·es, les différents aspects pédagogiques des deux dispositifs ont tous été favorables au bienêtre. Cette étude a fait l’objet du troisième et dernier article de thèse, publié dans la Revue internationale de Pédagogie en Enseignement Supérieur et placé, lui aussi, dans le chapitre de résultats. À l’issue de cette thèse par articles, la discussion met en lumière sa contribution à l’avancement des connaissances sur la santé mentale doctorale et propose des pistes d’actions universitaires pour favoriser le bien-être des doctorant·es. Finalement, la conclusion expose les limites et les forces de la présente thèse.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : santé mentale au doctorat, groupes de rédaction scientifique, bien-être au doctorat, productivité rédactionnelle, sentiment de communauté scientifiqu
What Is the Current State of Precision Rehabilitation? Protocol for a Scoping Study with a Consultation Phase
Introduction: Precision health can be described as the right intervention, at the right time, for the right person, with a focus on monitoring and maintaining health in a longitudinal approach. Despite an increasing focus on precision approaches in medicine, their application in a rehabilitation context remains unexplored. As such, a greater understanding of the current state of the literature is required, in combination with clinician, researcher and healthcare manager perspectives regarding barriers and facilitators to the practical implementation of precision rehabilitation in clinical practice.
Objective: Describe and map the current state of knowledge regarding precision rehabilitation to identify gaps in knowledge and inform future research directions and clinical implementation strategies.
Methods and analysis: A scoping study will be conducted following current methodological recommendations (Peters et al, 2021) and reported according to the Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses—Scoping Review Extension guidelines. A convergent mixed-methods design will combine quantitative and qualitative findings. A search in Medline, CINAHL, Embase, Scopus, Web of Science and PsycINFO databases will be conducted for articles published between 2010 and 2023 referring to the concept of precision rehabilitation. Two reviewers will complete an abstract and full-text review based on eligibility criteria; data will be extracted from accepted papers using a data extraction framework. Results will be aggregated and synthesised using descriptive and thematic analyses. The consultation phase will involve a purposeful sampling of key stakeholders (clinicians, researchers and managers) in large North American rehabilitation centres. Semi-structured individual interviews will be conducted and analysed using deductive thematic analysis. Convergent mixed-methods data analyses will combine quantitative and qualitative datasets to highlight similarities and differences between the current literature on the subject and the understanding of stakeholders.
Ethics and dissemination: Ethical approval has been obtained from the Research Ethics Board of the Sainte-Justine University Health Centre (no. 2024–6324). Results will be disseminated through professional networks, conference presentations and publications in scientific journals
L'effet de l'acculturation sur la perception des émotions dans une langue seconde : le cas des personnes migrantes d'origine mexicaine au Québec
L’objectif de ce travail est d’examiner la relation possible entre la langue, la culture et les émotions pour observer la manière dont l’acculturation influence la perception des émotions dans une langue seconde (L2). Cette relation est explorée chez des personnes d’origine mexicaine vivant au Québec et ayant l'espagnol comme langue première (L1). Des études, comme celles de Panicacci (2019a, 2019b), ont démontré qu’il existe un lien entre l’acculturation et les émotions pouvant influencer la maitrise d'une L2. Par émotion, on entend des scripts provenant des expériences répétées informant le corps de la manière de réagir à une situation (Pavlenko, 2008a). Par acculturation, on entend un processus de changements culturels et psychologiques qui implique diverses formes d'accommodement mutuel, conduisant à des adaptations entre la culture d'origine et la culture d'accueil (Berry, 2005). Chez les humains, les outils émotionnels sont universels, mais la vie émotionnelle est façonnée par la culture qui définit les manières de conceptualiser et d'exprimer les émotions (Wierzbicka, 1999). Ce lien est d’autant plus important que les émotions peuvent être exprimées de manière différente selon la langue utilisée. L’étude menée dans le cadre de ce mémoire est empirique et quantitative. Il s’agit d’une reprise partielle des travaux de Panicacci (2019a, 2019b), mais menée auprès d’une population hispanophone partageant une réalité commune qui est l’immigration. Un sondage en ligne anonyme a été réalisé en utilisant un questionnaire adapté du Vancouver Index of Acculturation (VIA), créé par Ryder, Alden et Paulhus (2000), ainsi que d’une version révisée du Bilingualism and Emotions Questionnaire (BEQ), qui a été développé par Dewaele et Pavlenko (2001-2003). Les résultats des analyses montrent qu’il existe une relation entre le niveau d’acculturation et la perception des émotions chez la population examinée. Ces observations rejoignent les conclusions des travaux s’inspirant du BEQ et renforcent l’idée que la perception des émotions est un aspect important dans l’acquisition et la maitrise d’une L2.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Acculturation, Perception, Émotion, Langue second
« You guys are always in our business » : les pratiques de profilages racial et social dans la vie quotidienne des jeunes issu.e.s de l'immigration de Vanier dans la ville de Québec
Ce mémoire s’intéresse aux pratiques de profilages racial et social dans la vie quotidienne des jeunes issu.e.s. de l’immigration du quartier Vanier dans la ville de Québec. Pour arriver à saisir les enchevêtrements des expériences des profilages dans la vie quotidienne des jeunes, il importe de comprendre l’organisation du quartier Vanier, territoire stigmatisé de la ville de Québec, et les relations sociales qui s’y jouent. Cette recherche propose de s’éloigner des définitions institutionnelles des pratiques de profilages, parfois limitatives pour appréhender les discriminations à même le quotidien, pour plutôt comprendre ces expériences à travers une épistémologie de la vie quotidienne. Celle-ci s’est construite par étape : d’abord avec les concepts de convenance (Mayol, 1994) et de stratégies de pouvoir (de Certeau, 1990 ; Foucault, 1976), puis avec les théorisations faites autour du racisme ordinaire (Essed, 1991). Cette épistémologie de la vie quotidienne s’est concrétisée en effectuant un terrain de recherche inspiré des approches ethnographiques, rassemblant des entretiens formels, des conversations avec des jeunes et des acteur.rice.s du quartier, ainsi qu’à partir de moments d’observation participante et non-participante dans Vanier. Cette étude permet de constater que les pratiques de profilage à l’égard des jeunes issu.e.s de l’immigration et de leur famille se (re)produisent dans toutes les sphères de leur vie quotidienne; l’école, le logement, l’emploi, les espaces publics, les activités sportives, etc. Celles-ci sont l’expression d’un racisme de vertu, qui s’ancre dans une prise en charge différenciée « pour leur bien ». En contextualisant les récits des participant.e.s dans la généalogie du quartier, il est possible de comprendre que ce rapport paternaliste s’inscrit dans le temps long, à la rencontre de l’ordre social et racial qui structurent le quartier. Le renversement de l’hypothèse répressive pour aborder les profilages met en lumière comment le contrôle ne s’opère pas dans ses formes les plus entendues – voire attendues – mais passe davantage par un ordre racial, se matérialisant dans les relations sociales de la vie de quartier. Dans cette recherche, la parole des jeunes incarne un statut de savoir sur nos institutions et notre organisation sociale. Le récit de leurs expériences offre ainsi une compréhension socio-politique des profilages comme phénomène systémique.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : profilage, racisme ordinaire, jeunes, inégalités sociales, milieux urbains