University of Quebec at Montreal

Archipel - Université du Québec à Montréal
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    Transformations et circulations des corps sexisés et exilés à Calais : reflet d'un impérialisme des régimes frontaliers européens

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    L'objectif principal de cette recherche réside dans l'identification des formes de violence engendrées par les régimes frontaliers européens à l’égard des personnes sexisées et exilées. Pour ce faire, ce projet de recherche adopte comme objet d’étude central le corps, dans ses dimensions physiques et symboliques, et s'appuie sur une analyse des réalités des personnes sexisées et exilées dans la ville française de Calais. S'inscrivant dans la perspective selon laquelle les frontières européennes et leur sécurisation perpétuent un continuum de violences, cette recherche se concentre sur les vécus physiques et la circulation des corps sexisées en situation d’exil dans l’espace-frontière de Calais, mettant en lumière les structures de domination genré et racialisé qui sous-tendent la frontière franco-britannique. Dans un premier temps, cette étude examine les préjudices corporels subis par les personnes sexisées en situation d’exil à Calais, soulignant que leurs corps sont des lieux d'incorporation des politiques migratoires genrées et racialisées ainsi que des dispositifs de contrôle des mobilités. Dans un second temps, une attention particulière est accordée à la mobilité des personnes sexisées et exilées dans différents micro-espaces de Calais, révélant que la circulation de leur corps dans l'espace-frontière est régie par des pratiques quotidiennes de ségrégation spatiale et de hiérarchisation sociale. Enfin, cette recherche met en exergue la dimension corporelle des pratiques de résistance individuelles et collectives des personnes sexisées et exilées à Calais, soutenant ainsi leurs droits à la subversion et à la mobilité transfrontalière face au régime frontalier. Ces conclusions découlent d'une analyse inductive de données qualitatives recueillies lors d'une étude ethnographique de neuf semaines en 2023, comprenant des observations participantes, des entretiens semi-structurés et des ateliers d'écriture. Confrontées à un contrôle multi-niveaux, multidimensionnel et continu, les corps des personnes sexisées et exilées à Calais mettent ultimement en lumière l’impérialisme des régimes frontaliers européens, fondée sur une différenciation de genre et de race. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Corps, Frontières, Personnes sexisées, Exil, Calais, Violences, Résistance

    Inertie politique et efficacité gouvernementale en RD Congo

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    La RD Congo est l’un des pays les plus riches au monde en termes de ressources naturelles, pourtant elle figure sur la liste des pays les plus pauvres du monde selon le classement de la Banque Mondiale en raison de son PIB. Plusieurs chercheurs ont tenté d’expliquer ce paradoxe de plusieurs façons. Certains ont trouvé la faille dans l’inefficacité de son administration publique, d’autres ont évoqué des problèmes liés à des guerres civiles qui secouent le pays depuis plus de deux décennies, etc. Pour notre part, nous l’appréhendons par une dimension institutionnelle. Plus spécifiquement, nous focalisons notre analyse sur l’absence de changement politique. Nous pensons que l’inertie politique qui caractérise certaines politiques publiques majeures a un effet négatif sur l’efficacité gouvernementale, ce qui handicape sérieusement le développement du pays. Un changement politique majeur est donc nécessaire pour aboutir à la promotion et au renforcement de la bonne gouvernance. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Inertie politique, changement politique, bonne gouvernanc

    Étude de cas sur le développement de compétences à superviser chez des personnes conseillères d'orientation dans le contexte d'une formation pilote et initiale à la supervision clinique

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    Devant la multiplicité des secteurs de pratique, des enjeux rencontrés et des populations vulnérables desservies par les personnes conseillères d’orientation (CO), la supervision clinique (SC) est reconnue pour faciliter leur développement professionnel et contribuer à l’amélioration des services. Il est recommandé que les personnes superviseures cliniques (PSC) soient formées considérant la complexité du rôle et les écueils répertoriés. Les écrits scientifiques offrent un portrait clair des compétences à développer ainsi que des dimensions pédagogiques et didactiques d’un dispositif de formation à la SC. Ils renseignent sur l’efficacité des formations évaluées par des questionnaires autorapportés et des devis transversaux, rencontrant des limites dans l’examen des processus individuels impliqués dans la construction des compétences. Enfin, aucune étude répertoriée n’a étudié le phénomène, en contexte de formation, auprès de CO. Conséquemment, le but de cette recherche concerne l’étude du développement de compétences à superviser de personnes CO dans le contexte d’une formation universitaire de 45 heures et à distance. Cette recherche exploratoire s’outille de la didactique professionnelle, notamment des travaux de Vergnaud (1990, 1996) (schème : composantes intentionnelle, procédurale, adaptative et conceptuelle de la compétence) et du modèle de la compétence de Coulet (2011) en plus des trois objectifs de SC de Proctor (1986) et de l’approche cognitive développementale de SC (Milne et Reiser, 2017). Un devis longitudinal de type étude de cas multiples et multisources (explicitation écrite et orale de l’activité, observation de comportements, perception d’efficacité) est sélectionné pour approfondir l’étude du développement de six compétences à superviser (Alliance; Approches, modèles théoriques et pratiques; Éthique et déontologie; Stratégies pédagogiques; Évaluation du développement de la PS; Pratique réflexive) auprès d’autant de personnes CO. Des analyses qualitatives de contenu et thématique ainsi que quantitatives descriptives sont conduites. Les résultats révèlent une variété de ressources que les personnes CO transfèrent dès leur première rencontre de SC, ce qui pourrait expliquer la perception d’efficacité élevée des personnes supervisées ainsi qu’un nombre appréciable de comportements attendus mobilisés qui se maintiennent dans le temps. Ces résultats sont une première dans le domaine de l’orientation. Ainsi, autant les futures formations de SC, que les PSC en devenir ou en exercice pourront tenir compte de ces acquis et reconnaître les ressources transférables. Les résultats suggèrent que les personnes CO, à la fin de la formation, sont davantage conscientes de ce qu’est une pratique de SC et des buts à investir et qu’elles ont intégré (dans une certaine mesure) des fondements guidant leurs actions. Leur développement pourrait aussi exiger plus d’expérimentations et de retour sur celles-ci pour construire leur adaptation et être en mesure de la repérer. Ces résultats sont cohérents avec les écrits en faveur de former les PSC et ajoutent aux réflexions relatives au temps de formation à la SC, puisqu’une formation de plus longue durée pourrait potentiellement permettre un plus grand développement des compétences. Ils permettent aussi d’apprécier la pertinence d’une explicitation de l’activité à partir des quatre composantes du schème, facilitant le repérage des processus individuels de construction des compétences. Les résultats mettent aussi en lumière une limite d’une explicitation productive (ce que j’ai fait) de l’activité réalisée en solo, à partir des composantes du schème, suggérant qu’elle pourrait profiter d’un dialogue afin de faciliter la réflexivité en contexte de formation. À l’instar de plusieurs recherches, les résultats font ressortir le bien-fondé du volet pratique et théorique de la formation, tout en signalant la pertinence d’inclure des moments d’échanges informels, sans l’équipe formatrice, en contexte de formation en ligne. Deux compétences se démarquent dans leur évolution au cours de la formation, soit Approches, modèles théoriques et pratiques et Stratégies pédagogiques. Les personnes CO sont en plus interpellées par la place à assumer à titre de superviseure et à celle qu’elles souhaitent offrir à la PS. Ainsi, bien que les CO se présentent avec diverses ressources, leur transfert ne se réalise pas systématiquement et plusieurs objectifs de développement sont ciblés. Sur le plan de la recherche, de futurs travaux pourront procéder à des analyses de l’activité des PSC d’expérience dans l’objectif d’enrichir les dispositifs de formation et potentiellement faciliter la reconnaissance formelle des acquis. Un devis de recherche, incluant au moins trois temps de collecte de données, pourrait mieux capter le développement des compétences, notamment sur le plan adaptatif tout en explorant les modalités facilitant la réflexivité en contexte de formation. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : développement de compétences, supervision clinique, orientation, didactique professionnelle, analyse de l’activit

    Le «travail domestique» et sa distribution entre hommes et femmes en contexte de télétravail : le cas des couples hétérosexuels «les plus égalitaires»

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    Ce mémoire s’intéresse aux formes prises par la division du travail domestique dans les couples hétérosexuels qui semblent les plus égalitaires : sans enfant, dont les deux membres sont financièrement autonomes, diplômés et âgés de 20 à 30 ans. Il s’agit par ailleurs d’examiner l’organisation du travail domestique en contexte de télétravail. Il entend donc de voir comment, et selon quelles logiques, les couples organisent la répartition du travail domestique quand ils se voient libérés des contraintes du travail en présentiel. Cette recherche s'articule autour des questions de recherche suivantes : dans ce contexte de reconfiguration des espaces et des temps du travail que constitue le télétravail, comment est-ce que les jeunes couples montréalais ont-ils (ré)organisé la répartition du travail domestique ? En d'autres mots, comment et selon quelles logiques le travail domestique gratuit est-il séparé, divisé et (re)distribué quand les lieux et les temps du travail rémunéré et du travail domestique sont brouillés ? La problématique qui oriente ce mémoire s'inscrit au croisement des sociologies du travail et du genre. Sur le plan théorique, il s'appuie sur les conceptualisations féministes matérialistes de la division sexuelle du travail. Dans cette perspective, l'assignation dissymétrique des hommes et des femmes au travail comme les principes de séparation et de hiérarchisation (privé/public ; productif/ reproductif) entre travaux d'hommes et travaux de femmes sont des phénomènes sociaux et non pas naturels (Delphy, 1970 ; Kergoat 2000). Par contraste, le télétravail est ici envisagé comme une occasion privilégiée d'observer ce qu'il advient quand la séparation (domestique/professionnel) avec les logiques propres à l'un et à l'autre de ces espaces de travail se voit suspendue en télétravail. Parmi les principaux résultats d’analyse, ce mémoire montre la spécialisation genrée de l’échantillon en termes de tâches et de temps. En terme de tâches, j’y conclus qu’il existe bien une spécialisation genrée (différente d’un couple à l’autre) de la répartition des tâches. En termes de temps, chez chaque couple étudiés, la proportion moyenne du temps passé au travail domestique est plus élevée chez les femmes que les hommes de l’échantillon malgré une proportion quasi égale de temps passé au travail rémunéré. Il présente également en quoi les discours entourant le travail domestique et les représentations des participant.e.s diffèrent et parfois contredisent les données produites par les carnets d’emploi du temps. Je termine en identifiant quatre principaux registres justificatifs derrière la répartition du travail domestique; les exigences; le plaisir ou la pénibilité du travail; les habiletés et le rapport pathologique au ménage. Finalement, y sont analysés les effets du télétravail en tant que facteur incitatif à la prise en charge du travail domestique, comme facteur de visibilité du travail domestique à effectuer et finalement, comme facteur de disponibilité à sa prise en charge. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Travail domestique (travail salarié, travail pour soi), Division sexuelle du travail, Rapports sociaux de sexe, Télétravail, Répertoires d’actio

    Comparaison des méthodes de simulation, avec réalité virtuelle immersive et patient simulé, auprès de personnes étudiantes en sciences infirmières

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    Dans un contexte où les systèmes de santé peinent à répondre aux besoins de la population, les besoins d’infirmières et infirmiers ont explosé. La nécessité de former davantage de personnels du domaine de la santé apparait ainsi de plus en plus criante. Au Québec, les pressions politiques sont grandissantes pour que les universités forment un plus grand nombre de ressources en sciences infirmières. Or, maints programmes de formation en sciences infirmières ont pris le virage de la professionnalisation préconisant des pédagogies qui valorisent le développement de compétences professionnelles en situation authentique. Toutefois, considérant les obstacles qui se posent pour un accès aux milieux cliniques et de stages, les instances de formation se tournent vers des stratégies pédagogiques alternatives de simulation, comme le patient simulé, qui tend à reproduire la réalité d’une situation ou d’un environnement professionnel. La réalité virtuelle immersive (RVI) en constitue une récente qui présente un niveau de réalisme significatif, un facteur propice à l’engagement et au développement des compétences de la personne apprenante. En contrepartie, la RVI, par son caractère multisensoriel, peut être source de distraction du fait qu’elle peut induire une surcharge cognitive potentielle importante. Puisque la contribution de la RVI à la formation est relativement récente, ses enjeux méritent d’être étudiés plus en profondeur. Le présent mémoire a pour objectif de comparer deux méthodes de simulation, la RVI et le PS, en termes de développement de compétences, d’engagement, de charge cognitive et d’expérience d’apprentissage. S’inspirant de cadres théoriques et conceptuels permettant de bien définir et situer les différents concepts et notions mobilisés dans la présente recherche, ceux-ci ont également permis de positionner nos choix méthodologiques. Une approche mixte et convergente a donc été choisie, combinant en complémentarité des méthodes quantitative et qualitative. Un échantillon de neuf personnes étudiantes en 3e année du baccalauréat en sciences infirmières a donc participé à un protocole expérimental comportant des tâches relatives à l’évaluation et la communication en situation clinique d’un cas en santé mentale. Celles-ci ont répondu à un ensemble de questionnaires mesurant la performance dans des tâches d’évaluation clinique, le niveau d’engagement ainsi que la charge cognitive perçue. Des entretiens semi-dirigés ont également été réalisés auprès des personnes participantes afin de leur permettre de décrire leur expérience d’apprentissage. En synthèse, les résultats quantitatifs reflètent qu’il n’y a pas de différence significative entre les deux méthodes de simulation concernant les compétences, l’engagement et la charge cognitive. Seule une différence statistiquement significative a été relevée quant à la perception de contrôle qui est plus importante pour la simulation avec PS que celle avec la RVI. Par ailleurs, les résultats qualitatifs révèlent que les personnes participantes perçoivent la simulation RVI comme étant plus favorable au développement de compétences de la pratique infirmière et de composantes plus opérationnelles et procédurales relatives à l’évaluation clinique, alors que la simulation avec PS est perçue comme pouvant soutenir le développement de compétences relationnelles et communicationnelles. Quant aux thèmes émergents, le facteur de « réalisme » des méthodes de simulation a été identifié comme un enjeu, la RVI semblant bien illustrer un environnement réaliste, mais les réponses préprogrammées de la patiente et le délai de réaction ont amené une perte de ce réalisme. Pour la simulation avec PS, elle peine à représenter la réalité d’une unité de médecine. Toutefois, le fait de pouvoir parler avec une « vraie » personne lors de la simulation PS a suscité une perception de réalisme élevé. Sur le plan des retombées scientifiques, notre démarche de recherche vient corroborer maints constats évoqués dans la littérature scientifique, à savoir que les deux méthodes de simulation apparaissent comparables et favorables au développement de compétences et qu’elles favorisent un engagement élevé chez les personnes apprenantes. En revanche, contrairement à ce qui est soutenu par la littérature, nos résultats révèlent que notre protocole expérimental n’a pas produit de surcharge cognitive. Nos résultats soutiennent clairement la pertinence de considérer la RVI et le PS de manière complémentaire. Certaines limites sont à souligner : l’ampleur restreinte de l’échantillon limite la généralisation des résultats; l’utilisation du Self-Assessment Manikin est à reconsidérer du fait qu’il présente des limites sur le plan psychométrique. En ce qui a trait à la RVI, des avancées technologiques sont encore nécessaires pour améliorer la fluidité des échanges avec le patient virtuel et le réalisme des émotions. Les développements continus de l’intelligence artificielle pourront très certainement contribuer à surpasser ces limites. D’autres recherches sont également nécessaires pour étudier le développement d’autres types de compétences en sciences infirmières, notamment le jugement clinique, la prise de décision ou les soins à prodiguer. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : réalité virtuelle immersive, patient simulé, simulation, méthodes pédagogiques, sciences infirmière

    Exploration des effets du travail hybride sur les rôles et les pratiques des gestionnaires

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    Cette recherche examine les effets du travail hybride sur les rôles et les pratiques des gestionnaires. Elle examine comment les gestionnaires font face aux défis et complexités liés à la multiplication des espaces de travail numériques et physiques et quelles sont les transformations qui s’opèrent dans leur manière de travailler. La recherche souligne également la nécessité pour les gestionnaires de maîtriser à la fois les compétences managériales traditionnelles et les rôles contemporains tels que le coaching et la facilitation dans un environnement numérique. Adoptant une approche phénoménologique, l’étude explore les expériences et les perceptions des gestionnaires à travers 10 entretiens approfondis, suivis d’une analyse thématique pour comprendre les effets du travail hybride sur les participants. Les résultats révèlent une transition vers la flexibilité et l’autonomie des salariés, soulignée par l’accent mis sur le coaching, la supervision individualisée et le feedback, reflétant une intensification considérable de certains aspects théorisés de la gestion traditionnelle. Les résultats abordent en outre l’impact des environnements de travail hybrides sur le stress et l’anxiété des gestionnaires, soulignant la nécessité pour les organisations de reconnaître et de relever les défis personnels et professionnels auxquels sont confrontés les gestionnaires. La recherche appelle à une réévaluation complète de la formation, du soutien et de la reconnaissance des gestionnaires afin de mieux doter les gestionnaires des compétences et des ressources nécessaires pour prospérer dans des contextes de travail hybrides. En outre, la recherche identifie un point important dans les pratiques managériales actuelles, indiquant une transition vers une gestion plus intense où les responsables voient leurs tâches augmenter en termes d’exécution et d’application de méthodes et techniques, tout en mettant l’accent sur les aspects émotionnels et relationnels du travail ainsi que sur l’utilisation d’outils pratiques. L’étude se termine par des implications pratiques pour les organisations, en encourageant la nécessité de la redéfinition de la formation managériale, l’apprentissage continu, de l’adaptabilité. Par ailleurs, plaidant pour des structures de soutien améliorées, la reconnaissance des efforts de gestion et une refonte des systèmes de rémunération et de récompense pour refléter la complexité et l’importance accrue des responsabilités relationnelles dans l’environnement de travail hybride. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Travail hybride, Rôles managériaux, Pratiques de management, Gestionnaire, Perspective de la pratiqu

    « De bouger, ça fait comme d'être libéré.e » : un projet de danse combiné au travail social de groupe auprès d'adolescent.e.s placé.e.s en centre jeunesse

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    Ce mémoire fait suite à un projet d’intervention effectué dans le cadre de la maîtrise en travail social à l’Université du Québec à Montréal. Ce projet d’intervention a visé l’implantation d’une intervention de groupe dansée, axée sur le modèle d’aide mutuelle et sensible aux traumas auprès d’adolescent·e·s âgé·e·s de 12 à 17 ans pris·e·s en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et vivant dans une unité d’un centre jeunesse (CJ) pour filles. La problématique de ce mémoire concerne le corps contraint des jeunes pris·e·s en charge par la DPJ et vivant en CJ ou autre milieu substitut contraint, à savoir les répercussions des expériences traumatiques et de l’institutionnalisation sur leur corps. Un intérêt spécifique est aussi porté aux filles placées en raison des expériences particulières auxquelles elles font face et qui peuvent aussi avoir des incidences sur leur rapport au corps. Dès lors, les jeunes placé·e·s se retrouvent avec peu de contrôle sur elleux-mêmes et leur corps en raison des différentes expériences vécues. Ainsi, j’ai créé un projet qui avait pour but de favoriser la reprise du pouvoir d’agir des jeunes, en passant par le bien-être et la reconnexion au corps, ce que j’ai cru possible par l’inclusion d’une pratique dansée. Au total, neuf participant·e·s ont pris part au projet d’intervention proposé. À raison d’une fois par semaine pendant huit semaines, le groupe a pu bénéficier d’un espace sécuritaire et confidentiel dans lequel vivre et partager une expérience de groupe, échanger sur leurs expériences, développer de nouvelles habiletés ainsi que profiter d’un moment de détente et de plaisir. Dans le dernier chapitre de ce mémoire, l’analyse des résultats de l’intervention accomplie est présentée. Cette analyse tente d’ailleurs de répondre à la question de recherche suivante : comment la danse combinée au travail social de groupe axé sur le modèle d’aide mutuelle et sensible aux traumas peut-elle favoriser la (re)prise du pouvoir d’agir chez les adolescent·e·s âgé·e·s de 12 à 17 ans placé·e·s en centre jeunesse ? La danse comme levier d’intervention s’est présentée comme un moyen favorable au développement du pouvoir d’agir chez la population visée. En effet, le langage s’avère un moyen de partage plus difficilement exploité alors que le corps, lui, se présente comme un outil de communication révélateur, notamment pour parler de l’expérience corporelle. Si la littérature sur les bienfaits de la danse en contexte de relation d’aide peine encore à se faire valoir, le présent mémoire permet de contribuer à cette revue de littérature déjà présente et permet aussi d’avancer la pertinence d’intégrer une dimension corporelle dans l’offre de service en protection de la jeunesse (PJ). _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : intervention de groupe axée sur le modèle d’aide mutuelle en travail social, danse, approches sensibles aux traumas, traumas, corps, protection de la jeunesse, centres jeunesse, pouvoir d’agi

    Obscurité et modernité : une représentation sociale dans le roman hard-boiled (1929-1953)

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    Ce mémoire analyse l’histoire des États-Unis entre 1929 et 1953 à travers le prisme du genre littéraire hard-boiled en historisant des sources provenant de la littérature populaire et en analysant les mythes culturels et la vision du passé social et politique qu’elles contiennent. Il ouvre donc de nouvelles perspectives sur la dimension spécifiquement historique de la littérature de masse aux États-Unis. Le premier chapitre propose une mise en contexte historiographique. Il démontre que l’étude du roman hard-boiled comme objet historique se trouve au carrefour de plusieurs historiographies. Le deuxième chapitre s’interroge sur le lecteur de ce genre littéraire et sur la matérialité du roman hard-boiled. Il démontre pourquoi et comment ses lecteurs, contrairement aux lecteurs des décennies précédentes, se sont fait une interprétation plus subjective, plus affective et personnelle de ces récits, par l’intermédiaire du héros et de son destin. De plus, l’histoire de ce genre littéraire étant étroitement liée à celle de l’impression et de la diffusion de l’écrit aux États-Unis, l’homogénéité éditoriale de leurs textes, l’évolution de leurs conditions de production et la contrainte que les impératifs des éditeurs et du marché ont fait peser sur les auteurs sont également étudiées. Le troisième chapitre met en perspective la littérature hard-boiled avec l’histoire sociale et politique des États-Unis pour démontrer que ce genre était aux prises avec l’histoire et la société de son temps. Pour ce faire, une approche à la fois thématique et chronologique est utilisée. Les rôles sociaux en changement, l’urbanisation, la médiatisation du crime et la révolution dans les codes narratifs sont donc analysés dans ce chapitre. Les conséquences de la Première Guerre mondiale et de la crise économique de 1929, les aspects liés à la Prohibition, au New Deal et à Deuxième Guerre mondiale ainsi que la lutte des classes et la guerre froide sont ensuite abordés. Ce mémoire met donc en lumière ce paradoxe de la société américaine de 1929 à 1953 : celui d’une période de grande modernité en même temps qu’une période de grande obscurité. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Histoire des États-Unis, Histoire du livre, 1929-1953, Littérature hard-boile

    La participation citoyenne aux processus de prise de décision politique au Québec sous les gouvernements libéraux et péquistes, 1970-1989

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    Lorsqu’il accède au pouvoir le 15 novembre 1976, le Parti québécois (PQ), alors sous la chefferie de René Lévesque, se démarque des principaux partis auxquels il s’oppose — le Parti libéral du Québec (PLQ) et l’Union nationale (UN) — en raison de son option souverainiste ainsi que de sa tendance sociale-démocrate. Le programme mis en oeuvre par le PQ s’inscrit aussi dans la droite ligne des multiples transformations économiques, politiques et sociales de la société québécoise qui surviennent durant une « longue Révolution tranquille » qui débute en 1960 par l’élection du gouvernement libéral de Jean Lesage et qui se poursuit jusqu’au tournant des années 1980. Si les positions nationaliste, sociale-démocrate et providentialiste des gouvernements Lévesque sont assez généralement reconnues dans l’historiographie, cette thèse met en évidence un autre aspect souvent méconnu des orientations du PQ, soit la volonté d’associer les groupes de pression issus de la société civile à la prise de décision politique. Peu abordée dans les travaux des historiens, politologues et sociologues, cette dimension de l’approche « participationniste » du PQ entre 1976 et 1985 est, comme cette étude le montre, une dimension constitutive de la vision du projet politique portée par ce parti politique. En cela, les deux gouvernements Lévesque se singularisent par rapport aux trois autres gouvernements en place durant ces deux décennies, soit les deux gouvernements Bourassa entre 1970 et 1976, et le gouvernement Bourassa qui reprend le pouvoir entre 1985 et 1989. Pour combler ce qui nous apparaît être une lacune dans l’historiographie, nous avons choisi l’histoire de la culture politique et de la valorisation des acteurs de la société civile comme perspective d’analyse. Cette analyse prend appui sur les concepts de participation citoyenne, plus spécifiquement sur ceux de consultation et de concertation, ainsi que sur celui des groupes de pression en tant qu’acteurs dans le champ politique. Nous adoptons aussi une approche comparative entre les gouvernements Lévesque des 31e et 32e Législatures et les gouvernements Bourassa des 29e, 30e et 33e Législatures. Cette thèse est découpée en trois parties. La première montre comment les gouvernements libéraux et péquistes ont utilisé un mécanisme de consultation prévu par le système parlementaire québécois, soit celui des commissions parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec. Nous constatons d’abord que cette instance occupe une place de plus en plus importante dans le processus législatif après 1970 — plus de 4 200 séances durant la période de notre étude — et qu’elle constitue un lieu permettant la prise de parole citoyenne sur des enjeux spécifiques. Puis, en utilisant comme source principale le Journal des débats de l’Assemblée nationale et de ses comités permanents, nous analysons les 248 consultations tenues durant la période, durant lesquelles 4 369 interventions ont été effectuées par 2 570 groupes différents. Cela nous permet de voir comment s’actualise concrètement cette prise de parole citoyenne et de comparer la pratique de consultation des gouvernements Lévesque par rapport à celle des gouvernements Bourassa. Nous mettons aussi en évidence la contribution des différents types d’acteurs, notamment les organismes issus du milieu communautaire. Dans la deuxième partie de cette thèse, nous nous intéressons aux trois sommets nationaux — Pointe-au-Pic en mai 1977, Montebello en mars 1979, et Québec en avril 1982 —, de même qu’aux trente-et-une conférences sectorielles, régionales ayant eu lieu entre septembre 1977 et décembre 1985. En nous appuyant sur la documentation produite par le Secrétariat permanent des conférences socio-économiques (SPCSE), les archives de cet organisme, ainsi que des articles de journaux publiés au moment de ces événements, nous sommes en mesure de cerner, d’une part, les mécanismes de concertation mis en place par les autorités gouvernementales durant cette période et, d’autre part, d’en identifier les participants ainsi que la manière dont ils se sont impliqués dans les différentes activités. À partir des conclusions dégagées quant aux pratiques de consultation et de concertation, nous nous focalisons, dans la troisième partie de la thèse, sur la participation des acteurs de la société civile à la prise de décision politique, tant sous les gouvernements Bourassa que sous les gouvernements Lévesque. Nous constatons que si l’instance des commissions parlementaires constitue, durant les années 1970-1990, une tribune favorisant la prise de parole des acteurs de la société civile voulant exercer une influence sur les décisions gouvernementales, ce n’est pas dans le contexte des consultations qui y sont effectuées que l’approche péquiste se distingue significativement de celle des libéraux. Il en va toutefois différemment pour une formule de participation davantage associée aux gouvernements péquistes, soit la concertation. En effet, c’est en s’appuyant sur une conception structurée de la concertation que le gouvernement Lévesque réalise une série d’événements qui s’étale sur toute la durée de son premier mandat et du suivant. Cette vision de la concertation est portée par les acteurs au sommet de la pyramide gouvernementale, soutenue par des organismes créés à cette fin au sein de la haute fonction publique, et vise à instaurer un dialogue constructif entre les principaux agents socioéconomiques afin de favoriser le développement économique du Québec — développement considéré comme un moyen incontournable pour l’atteinte du bien commun, but ultime de la démarche. La comparaison avec les gouvernements Bourassa nous révèle que sous ceux-ci, la concertation est soit absente avant 1976, soit concentrée à un niveau régional et subordonnée aux objectifs gouvernementaux après 1985. Par ailleurs, nous sommes en mesure d’identifier des acteurs que nous qualifions de « majeurs » car ils sont présents de façon importante tant lors des activités de consultation que de celles de concertation, ce qui leur confère un pouvoir d’influence relativement important. Cela ne doit cependant pas conduire à négliger le pouvoir d’influence potentiel d’autres acteurs, notamment ceux issus du milieu communautaire, en regard d’une décision dans un domaine spécifique. Finalement, nous sommes en mesure de corroborer notre hypothèse initiale et d’affirmer qu’entre 1976 et 1985, les gouvernements Lévesque adoptent une approche de concertation visant véritablement à associer les acteurs non gouvernementaux de la société civile à la prise de décision politique. De même, nous concluons que cette approche constitue une caractéristique distinctive de ces gouvernements, au même titre que l’option nationaliste et que l’orientation sociale-démocrate associée au PQ pour cette période. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : participation citoyenne, groupes de pression, Parti québécois (PQ), Parti libéral du Québec (PLQ), commissions parlementaires, sommets et conférences socioéconomiques, Révolution tranquille, consultation, concertation, néocorporatism

    Analyse de l'adoption et de la durabilité de l'agriculture de conservation dans les grandes cultures de maïs et soja au Québec

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    L’agriculture de conservation est apparue depuis quelques décennies comme une pratique alternative au travail conventionnel du sol pour limiter la dégradation des sols. Depuis son apparition dans les années 1970, les champs sous agriculture de conservation sont sans cesse croissants au fil des années, passant d’environ 106 millions d’hectares en 2008/2009 à plus de 205 millions d’hectares en 2018/2019 (Kassam et al., 2022). Malgré cette croissance, le taux d’adoption de l’agriculture de conservation au niveau mondial reste encore marginal, estimé à environ 14,7 % en 2018/2019. En plus de cette faible adoption de l’agriculture de conservation, il existe encore de nombreuses zones d’ombre concernant la durabilité de l’agriculture de conservation, l’identification de ses adoptants et les facteurs d’adoption. L’objectif général de la thèse est donc d’analyser l’adoption et la durabilité de l’agriculture de conservation. L’agriculture de conservation est définie ici comme étant une pratique agricole qui est caractérisée par l’application des trois principes suivants : une absence du travail du sol ou travail minimum du sol, une couverture végétale permanente du sol et une association et/ou rotation culturale (Kassam et al., 2018). La durabilité quant à elle traduit la capacité d’un système agricole à répondre aux besoins sociétaux actuels et futurs en termes de nourritures, fibres, services écosystémiques et vie en santé, le tout obtenu en maximisant les bénéfices nets de la société lorsque tous les bénéfices et coûts du système agricole sont pris en compte (Tilman et al., 2002). Le premier chapitre de la thèse utilise la méthode PROMETHEE (Preference Ranking Organisation Method for Enrichment Evaluations) et deux groupes de discussion dont un avec les parties prenantes du système agricole et l’autre avec les experts pour analyser la durabilité de 36 pratiques agricoles potentiellement observables dans les grandes cultures au Québec. Les résultats identifient dans l’ordre décroissant les pratiques de conservation suivantes comme étant les pratiques agricoles les plus durables : agriculture de conservation AC1 (Travail réduit du sol + rotation des cultures + plantes de couverture vivantes + résidus agricoles + intrant organique), AC2 (Travail réduit du sol + rotation des cultures+ plantes de couverture mortes + résidus agricoles + intrant organique), semis direct sous couverture végétale permanente SCV (Semis direct + rotation des cultures + plantes de couverture mortes + résidus agricoles + intrant chimique), AC3 (Travail réduit du sol + rotation des cultures+ plantes de couverture mortes + résidus agricoles + intrant chimique) et AC4 (Travail réduit du sol + rotation des cultures+ plantes de couverture vivantes + résidus agricoles + intrant chimique). Les résultats montrent également que les meilleures pratiques dans la dimension économique sont AC1 et AC2. Ces deux pratiques agricoles ont des performances économiques similaires et sont suivies respectivement par les pratiques agricoles AC3, AC4 et SCV. Les résultats montrent aussi que les meilleures pratiques agricoles dans l’ordre décroissant sont respectivement dans la dimension sociale AC2, AC3, SCV, AC1 et AC4; et dans la dimension environnementale AC1, SCV, AC2, AC4 et AC3. L’étude encourage donc l’adoption des pratiques agricoles basées sur les principes de l’agriculture de conservation pour atteindre la durabilité du secteur agricole. La promotion devrait d’abord se concentrer sur les pratiques d’agriculture de conservation biologique (CA1 et CA2) qui ont montré une plus grande durabilité par rapport aux autres pratiques de l’agriculture de conservation (SCV, CA3 et CA4). Le deuxième chapitre de la thèse propose un nouvel indice composite de l’adoption de l’agriculture de conservation permettant de mesurer le niveau d’adoption de l’agriculture de conservation des producteurs de maïs et soja au Québec. Le nouvel indice a été construit à partir du développement d’un modèle d’adoption partielle de l’agriculture de conservation à l’échelle de la parcelle et de la ferme. À partir des données collectées auprès de 144 producteurs de maïs et soja québécois, le nouvel indice révèle que 77,1 % des producteurs de maïs et soja sont des adoptants partiels de l’agriculture de conservation contre 21,5 % et 1,4 % qui sont respectivement des adoptants complets et des non-adoptants de l’agriculture de conservation. De plus, les résultats montrent aussi que beaucoup de producteurs de maïs et soja québécois (38,9 %) ont une certaine flexibilité dans l’adoption de l’agriculture de conservation, c’est-à-dire qu’ils modifient leur niveau d’application des principes de l’agriculture de conservation d’une année à une autre. Il est donc important de tenir compte de la partialité et de la flexibilité dans l’adoption de l’agriculture de conservation si le législateur souhaite rétribuer équitablement les agriculteurs pour leur adoption de l’agriculture de conservation. À partir des données collectées auprès de 93 producteurs de maïs et soja québécois, le troisième chapitre de la thèse utilise l’indice composite de l’adoption de l’agriculture de conservation de Takam Fongang et al. (2023) et un modèle Logit fractionnaire pour analyser les déterminants de l’adoption de l’agriculture de conservation. Les résultats montrent globalement que l’éducation, la possession d’un emploi non agricole et les bonnes perceptions de l’agriculteur sur les rendements et la facilité de mise en oeuvre de l’agriculture de conservation ont des effets positifs sur l’adoption de l’agriculture de conservation. Ces résultats militent donc pour un plus grand soutien technique aux agriculteurs et un plus grand accès à l’éducation à travers les champs-écoles afin d’accroitre le taux d’adoption de l’agriculture de conservation. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : pratiques agricoles, durabilité agricole, analyse multicritère, agriculture de conservation, adoption, grandes cultures, Canad

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