École Nationale d'Administration Publique

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    The efficiency of institutions in regards to disputes within the Arctic: a case study of the Beaufort sea and the Barents sea disputes

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    La présence de ressources dans l'Arctique, qu'elles soient découvertes ou estimées, a encouragé les États de l'Arctique à une ruée vers territoire et ressources naturelles. Ce potentiel de ressources inconnues dans l'Arctique a la possibilité d'aggraver les différends existants ou de conduire à des conflits. Il peut également causer des tensions entre les divers États de l'Arctique. Le présent mémoire porte sur le rôle de deux institutions internationales présentes dans l'Arctique, soit la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer et sur le Conseil de l'Arctique, notamment sur leur efficacité dans le maintien de la paix et la coopération en matière territoriale et de ressources. La première étape consiste à analyser les deux institutions, dans le but de mieux comprendre leurs mécanismes. Afin de déterminer leur efficacité, deux études de cas seront utilisées. La première est la dispute de la mer de Barents entre la Norvège et la Russie. La deuxième est le différend relatif à la mer de Beaufort entre le Canada et les États-Unis. Une conclusion est déterminée grâce à l'analyse des institutions, et une autre est trouvée par les deux études de cas. La première est que le Conseil de l'Arctique, en tant que forum de coopération axé sur les questions environnementales, n'a pas été en mesure d'adapter son mandat à celui du règlement des différends. Il a également été constaté qu'il est peu probable qu'il s'adapte à l'orientation des différends. La deuxième conclusion est celle du rôle mitigé de l'UNCLOS dans l'Arctique, lorsqu'il s'agit de régler les différends. Bien qu'il ait été démontré qu'il a été efficace pour résoudre le différend relatif à la mer de Barents, il a eu un succès limité en ce qui concerne le différend relatif à la mer de Beaufort. Par contre, malgré le succès limité de l'UNCLOS, les États de l'Arctique ont manifesté le désir de coopérer et de résoudre les problèmes communs à travers l’assistance des institutions

    La gouvernance régionale de l'éducation au Québec, entre collaboration et inertie : les tables régionales d'éducation interordres

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    La demande du ministère de l’Éducation, en 2006, d’étendre à l’ensemble du territoire québécois le modèle des Tables régionales d’éducation interordres visait à « positionner l’éducation comme acteur-clé du développement régional » (Lettre, ministre Fournier, 2006). Dans un contexte où l’action publique est par nature complexe et empreinte d’incertitude, il s’avère pertinent de mieux comprendre comment les acteurs ont conçu leur gouvernance régionale de l’éducation, afin de permettre notamment un rapprochement entre la formation professionnelle au secondaire et la formation technique au collégial et d’accroître la réussite éducative des jeunes. Les trois dimensions d’analyse de la gouvernance collaborative – management, conditions et gouvernance, et le croisement des cadres d’analyse de la théorie de l’avantage collaboratif et des « trois I », Idées, Intérêts, Institutions, mettent en lumière l’importance de la dimension cognitive dans l’étude de la gouvernance collaborative. Plus précisément, notre thèse montre que celle-ci repose sur deux pôles interdépendants dont l’un est exogène et l’autre endogène. Le premier pôle – celui des conditions – révèle que la configuration des milieux a des incidences sur le modèle de gouvernance en place. À cet égard, l’analyse de la gouvernance collaborative régionale révèle que la logique territoriale supplante la logique sectorielle dans la construction d’un référentiel commun pour deux des trois tables étudiées. Ce référentiel s’établit à partir de l’histoire commune des acteurs régionaux et de la perception que leurs actions jouent un rôle majeur dans le développement socio-économique régional. Cette appartenance régionale se développe dans un territoire vécu et signifiant. Le deuxième pôle – de nature endogène – suggère que les dispositifs de gestion en place appuient et renforcent l’intensité des relations entre acteurs, favorisant ainsi le maintien et la pérennité de la gouvernance collaborative. Malgré la présence d’un référentiel commun régional et le désir de faire reconnaitre l’apport de l’éducation au développement socio- économique de la région, les tables régionales d’éducation interordres vivent des tensions et des conflits, principalement entre acteurs éducatifs et politiques. La présence et l’efficacité des dispositifs de gestion adaptables selon les contextes évolutifs des instances, notamment la présence de mécanismes de gestion des risques et d’autonomisation face à l’État, favorisent la collaboration

    L'intégration des autochtones dans l'Armée canadienne : entre émancipation et assujetissement : une étude des représentations sociales qu'ont les militaires des autochtones dans l'Armée canadienne

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    Dans la foulée de la Commission Vérité et réconciliation, l'intégration des Autochtones dans les Forces aimées canadiennes constitue une préoccupation primordiale pour le gouvernement fédéral canadien. Alors qu'en vertu de la Loi sur l'équité à l'emploi les Autochtones devraient représenter la même proportion dans les Forces aimées canadiennes que dans la population active en général, ceux-ci sont sous-représentés (Canada, 2015). Les causes de cette sous-représentation sont multiples. Ce mémoire vise spécifiquement à examiner la perception qu'ont les militaires (sujets) des Autochtones (objets) afin de déterminer si ce schéma de perceptions est de nature à faciliter ou à restreindre l'intégration des Autochtones dans les Forces aimées canadiennes. Le cadre théorique sélectionné est la théorie des représentations sociales qui se recoupe en deux courants, soit le noyau central et les principes organisateurs. Les questions de recherchent sont d'ailleurs orientées autour de ces deux approches. Notre première question de recherche est qu'elles sont les représentations sociales qu'ont les militaires des Autochtones en vertu de la théorie du noyau central. Le noyau central est composé des éléments au cœur de la représentation, il conditionne le schéma perceptuel et résiste au changement. Le système périphérique comprend quant à lui les éléments modulateurs en périphérie de la représentation, permettant au sujet d'adapter la représentation dans ses rapports interindividuels, ainsi qu'à intégrer les nouveaux éléments qui viendraient changer ou renforcer la représentation. Les données collectées à l'aide du questionnaire que nous avons distribué à des militaires aléatoirement nous permettent de constater que le rôle de l'aimée constitue le centre de la représentation. Plus spécifiquement, les militaires perçoivent les Autochtones sous le prisme de leur apport stratégique, ainsi que selon le grade qu'ils occupent. Le système périphérique est quant à lui formé de la valorisation des échanges culturels, de la discrimination positive et des actions affirmatives, des préjugés et stéréotypes ainsi que des stratégies d'intégration préconisées. Il est question des éléments présentant un moins grand consensus auprès des militaires. Ainsi, nous constatons que la culture organisationnelle prime sur les considérations ethniques. La seconde question est de savoir quelles sont les représentations sociales qu'ont les militaires des Autochtones en fonction de la théorie des principes organisateurs. Il n'est pas possible d'établir le schéma des perceptions en fonction de la théorie des principes organisateurs, puisque cette théorie vise à étudier une différence de perception qu'ont les sujets de l'objet d'étude (c.-à-d. Autochtone) à travers leur groupe d'appartenance distinct au sein de l'organisation. Par exemple, notre objectif est de déterminer si une différence de perception sépare les officiers (c.-à-d. cadres de l'armée) des militaires du rang (c.-à-d. exécutants). Or, il n'est pas possible de repérer une différence dans le schéma de perception de ces deux groupes. Cette étude nous pe1met d'aller puiser dans l'intimité de la culture organisationnelle des Forces armées canadiennes

    **(Thèse confidentielle)**

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    La contribution des réseaux informels à la compétence des cadres et au capital social organisationnel : les femmes cadres de la fonction publique québécoise

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    Cette recherche porte sur la dynamique des réseaux informels dans les organisations, en tant que facteur qui contribue à l'amélioration de la compétence des cadres et à la création de capital social organisationnel. Le réseau informel est abordé en termes de sociabilité. Ces réseaux déterminent et sont déterminés à travers l'interdépendance des niveaux micro et macro organisationnels et façonnent la manière d'organiser le travail de gestion. Cette étude s'est intéressée aux femmes cadres de la fonction publique québécoise, à la façon dont elle conçoivent les réseaux informels, comment elles s'intègrent à ces réseaux, quelle est la nature des liens qu'elles y établissent et les ressources qu'elles y échangent. Deux séries d'entrevues ont été réalisées. L'objectif était de mieux appréhender la conception que ces femmes cadres ont des réseaux informels dans le but de dessiner un portrait permettant d'envisager comment elles se situent par rapport à la dynamique de ces réseaux, pour en dégager des possibles facteurs, autres que le fait d'être femmes, qui pourraient s'avérer importants pour le réseautage. Les résultats montrent que les femmes participent aux réseaux mais les conçoivent de façon plutôt formelle, associé aux personnes qu'elles ont à gérer, ce que constitue une limitation en termes de développement de leur capital humain. Il apparaît aussi une claire différence générationnelle parmi les participantes à l'étude. La compétence des cadres est conçue en termes de formation et avec une vision très instrumentale. L'organisation du travail apparaît comme possible facteur limitatif du réseautage derrière cette vision instrumentale

    Le rôle et la place de la conflictualité dans la Gestion intégrée des zones côtières (GIZC) : le cas des Îles-de-la-Madeleine

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    Les zones côtières sont des territoires riches, fragiles et complexes qui lient la terre et la mer. Ils connaissent des pressions et des enjeux largement reconnus surtout dans le contexte des changements climatiques. Le Canada et le Québec ont pris conscience de ces enjeux à la fin des années 70 alors que la qualité des eaux du Saint-Laurent était problématique. Le Plan d’action Saint-Laurent (PASL) fut une première initiative conjointe pour atténuer les pressions subies par cet écosystème. Peu à peu, à l’échelle fédérale comme à l’échelle provinciale, des cadres normatifs d’action ont pris forme pour gérer durablement l’ensemble des mers et littoraux. Parmi les initiatives proposées, les instruments de Gestion intégrée des zones côtières (GIZC) ont pris un essor dans les années 90. Il s’agit d’instruments processuels permettant, par la participation du public, la concertation et la prise en compte de l’échelon local, de mettre en œuvre une politique de développement durable sur les littoraux et les mers. Ces derniers visent, par l’intégration et la concertation, à atténuer d’une part les conflits d’usage, mais aussi à proposer un développement qui tienne compte des dimensions environnementales, sociales et économiques. Les recherches sur la GIZC se sont d’abord concentrées au niveau organisationnel et managérial, en proposant un éclairage sur ces nouvelles formes d’organisation collective territoriale et le fonctionnement de ces nouveaux processus de gestion (Hazel et al., 2006). D’autres études ont tenté de saisir la portée et l’efficacité de ces dispositifs du point de vue de la mise en œuvre du développement durable (Gareau, 2000 et 2014; Gareau et Lepage, 2005). Une grande majorité de travaux ont exploré le rôle des acteurs locaux dans ces nouveaux mécanismes de gouvernance locale (Plante et al., 2006). Ces recherches font la promotion de la concertation, du consensus, et de l’atteinte d’une plus grande équité en délaissant les questions de pouvoirs, d’autorité, de conflits, et de ressources nécessaires pour mettre en œuvre la GIZC. Pourtant, la gestion intégrée, en tant que dynamique sociale, modifie les rapports de force locaux (Nichols, 1999), et peut, par le fait même, constituer une source additionnelle de conflits et de dégradation environnementale, alors même que l’instrument est censé servir à s’en prémunir. Elle manquerait aussi de l’autorité et des ressources nécessaires pour être efficace (McKenna et Cooper, 2006), et laisserait l’action locale reposer sur un consensus incertain et une neutralité bienveillante de l’État (Billé, 2006). C’est pourquoi il est pertinent d’explorer le rôle et la place de la conflictualité dans les instruments de GIZC, afin de mieux cerner la dimension politique de l’instrument et de saisir les bénéfices d’une démocratie agonistique. Il nous apparaît alors opportun d’explorer la GIZC comme un instrument d’action publique qui n’est pas neutre. En effet, les instruments participatifs comme la GIZC sont des dispositifs à la fois techniques et sociaux qui organisent les rapports gouvernants⁄gouvernés (Lascoumes et Le Galès, 2004). Plus spécifiquement, en explorant le rôle et la place de la conflictualité dans ces dispositifs participatifs, il est possible de contribuer à une réflexion critique sur la GIZC (Billé, 2006; Gareau 2000 et 2013; Gareau et Lepage 2005; Gauthier et Lepage 2005; Lepage, Gauthier et Champagne, 2002; Margerum, 2011, 2015; Mermet 1992; Nichols, 1999). Cette recherche de nature qualitative s’appuie sur l’étude du cas du territoire provincial québécois des Îles-de-la-Madeleine. Ce territoire a un long historique de GIZC avec notamment la présence d’un comité ZIP et plusieurs autres organismes environnementaux qui agissent de façon concertée. Par ailleurs, deux nouveaux projets en mer et sur terre, liés à l’industrie des hydrocarbures sont venus bousculer les acteurs engagés dans le développement durable du territoire madelinot. Les controverses qui se sont construites autour de ces deux projets de développement nous ont permis d’explorer avec plus d’acuité la capacité des instruments de GIZC à se saisir de cette conflictualité ambiante. En analysant les effets d’instrumentation (Lascoumes et Le Galès, 2004), nous avons pu identifier les limites des instruments GIZC à prendre en charge la conflictualité et comprendre les rationalités politiques qui expliquent cette tendance. La conflictualité est ballottée d’un instrument à l’autre, voire étouffée, non seulement par les règles de fonctionnement de l’instrument et la manière dont les enjeux sont problématisés en fonction des ressources dont disposent les acteurs qui pilotent ces instruments, mais également selon la nature des institutions qui les portent. Cette lecture de l’instrumentation de l’action publique nous a permis de construire une grille de lecture de la conflictualité à partir d’une adaptation enrichie du modèle théorique de Hirschman (1970) : « exit, voice loyalty », pour notre cas d’étude. Cette grille met en évidence les différents mécanismes de résistance utilisés par les acteurs engagés dans, autour et envers les instruments en tenant compte de l’insularité pour faire valoir leurs points de vue divergents et créer des espaces pour que la conflictualité se déploie. Notre analyse montre que des conflits latents ou ouverts apparaissent sous diverses formes, lieux et échelles de temps. Au final, même si la plupart des instruments examinés sont peu propices à la mise en place d’une réelle démocratie agonistique (Blondiaux, 2008), la prise en charge de la conflictualité par plusieurs mouvements populaires et coalitions d’acteurs permet de néanmoins de transformer ces instruments en « tournois » (Lascoumes et Le Bourhis, 1998) et de dessiner les contours d’une gouvernance émergente construite sur un bien commun territorialisé. Ainsi, malgré la présence de cadres normatifs solides portant la GIZC, il existe un profond décalage entre, d’une part la gestion intentionnelle des zones côtières dirigée selon les principes de développement durable et de gestion écosystémique et, d’autre part, la gestion effective qui demeure fragmentaire, orientée secteur par secteur et surtout guidée par des intérêts privés. L’État maintient un mode de fonctionnement hiérarchique et techniciste derrière l’illusion d’instrument de GIZC et laisse les communautés côtières sans réels pouvoir d’action

    Les mécanismes de diffusion de l'évaluation auprès des bénéficiaires de programmes fédéraux : étude de cas organisationnelle d'un ministère du gouvernement fédéral canadien

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    Les études dans le domaine de l'évaluation portent en grande partie sur l'utilisation des rapports et autres produits issus des évaluations par les gestionnaires des programmes plutôt que par l'ensemble de la société. L'étude présentée dans ce mémoire se penche sur cette problématique dans le contexte fédéral canadien, et plus particulièrement, sur la Politique sur l'évaluation (2009), qui exige la publication des rapports d'évaluation sur les sites Web des ministères et agences afin d'en accroître la visibilité et l'utilisation. L'étude vise ainsi à découvrir dans quelle mesure les informations recueillies au sein des rapports d'évaluation rejoignent les bénéficiaires des programmes, ainsi que les mesures prises pour leur rendre cette information accessible. Pour ce faire, une analyse du contenu des cinq rapports d'évaluation publiés par un ministère du gouvernement fédéral entre 2012 et 2014 a été effectuée. De plus, des entretiens semi-dirigés ont été menés auprès de trois gestionnaires d'évaluation et cinq représentants des organismes bénéficiaires des programmes évalués. Un cadre conceptuel hybride combinant des éléments de ceux de Cousins et Leithwood (1986) et Landry, Amara et Lamari (2001) a permis d'opérationnaliser les éléments qualitatifs recherchés. Les résultats de l'étude laissent paraître que la publication en ligne des rapports d'évaluation ne constitue pas un mécanisme de diffusion efficace auprès des bénéficiaires de programmes fédéraux. Pour renforcer cet outil important de reddition de comptes, la participation accrue des parties prenantes externes dans le processus d'évaluation permettrait de renforcer leurs connaissances de l'évaluation, et mènerait, à terme, à une plus grande utilisation de l'évaluation et de ses produits

    La transformation de la contribution canadienne dans le maintien de la paix (1993-2003) : les cas de la Bosnie, du Kosovo et de l’Afghanistan

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    Le Canada possède une longue et riche tradition dans le maintien de la paix. Depuis la création des Casques bleus des Nations Unies lors de la crise de Suez en 1956 et l’attribution du prix Nobel de la paix à l’ancien Secrétaire d’État aux Affaires extérieures Lester B. Pearson pour cette initiative, la politique canadienne de maintien de la paix constitue un véritable symbole de tradition et de fierté nationale (Coulon, 1994, Cohen, 2008). Or, avec la fin de la guerre froide, le rôle de spécialiste du Canada dans les opérations de maintien de la paix chapeautées par les Nations Unies est remis en question (Legault et Tessier, 1999; Coulon et Liégeois, 2010), notamment par la multiplication des conflits intra étatiques et par la nature changeante du maintien de la paix, mais aussi par l’entrée en scène de l’OTAN en tant qu’acteur de la gestion des crises en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan. L’objet de cette thèse est d’expliquer la transformation de la contribution canadienne dans le maintien de la paix sous le gouvernement libéral dirigé par le premier ministre Jean Chrétien (1993-2003) à travers trois études de cas, soit l’implication du Canada lors des interventions militaires en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan. Plus spécifiquement, l’objectif central de la thèse est de cerner les relations politico-administratives lors des processus de prise de décision gouvernementale entourant les choix politiques d’intervention militaire canadienne passant d’opérations de maintien de la paix à des opérations d’imposition de la paix, dans une perspective d’administration publique. À la lumière de ce qui précède, nous formulons la question de recherche de la manière suivante : qu’est-ce qui explique que le gouvernement Chrétien, héritier de l’internationalisme pearsonien, a engagé le Canada dans des opérations d’imposition de la paix (OIP) alors que nous pouvions nous attendre, notamment par son discours, à ce qu’il n’accepte de ne s’engager que dans des opérations de maintien de la paix (OMP) ? Pour répondre à cette question, nous pouvons nous tourner vers le « paradigme bureaucratique » (Allison et Zelikow, 1999), une approche qui met justement en évidence les relations politico-administratives, soit une dimension particulièrement d’intérêt en administration publique. Le « paradigme bureaucratique » nous amène ainsi à formuler les trois hypothèses suivantes : (1) les choix faits par le gouvernement dépendent d’une décision purement rationnelle; (2) les choix faits par le gouvernement dépendent d’un processus organisationnel normé; (3) les choix faits par le gouvernement dépendent d’une lutte bureaucratique entre ceux qui formulent les options et leurs maîtres politiques, voire entre les maîtres politiques. Sur le plan méthodologique, cette recherche s’inscrit dans le cadre d’une démarche qualitative, positiviste et empirique basée sur l’étude de cas multiples. Dans le cadre d’une analyse documentaire et d’entrevues semi-dirigées réalisées avec des acteurs et des experts, les résultats de la recherche démontrent que les trois modèles du « paradigme bureaucratique » sont à l’oeuvre. En effet, les trois études de cas font ressortir une explication exposant une réponse caractérisée par un amalgame des trois hypothèses, dans une perspective comparative. Au final, les trois études de cas révèlent l’influence particulière des militaires dans le processus de prise de décision gouvernementale entourant les choix politiques d’intervention militaire canadienne; la thèse supporte l’idée que les militaires des Forces canadiennes ont influencé la réponse, l’implication et le type d’opération préconisée. Ainsi, un lien de causalité peut être établi dans les trois cas étudiés entre la transformation de la contribution canadienne dans le maintien de la paix, les ressources limitées du Canada pour intervenir militairement et le développement des options militaires pour la prise de décision gouvernementale. Dans cette recherche doctorale, nous soutenons donc que l’application stricte du « paradigme bureaucratique » constitue encore une approche d’analyse qui se démarque dans le domaine de la recherche académique en administration publique, en offrant une meilleure compréhension de l’interface politico-administratif et des processus de prise de décision dans le contexte canadien

    Des réformes impossibles ? : analyse comparée des mécanismes de concertation dans les réformes de la santé et des normes du travail dans le secteur public au Québec et en Suède

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    L’objectif de cette recherche est de comprendre la concertation entre le gouvernement et les groupes de pression lors des réformes de l’État au Québec et en Suède. Plusieurs universitaires se sont questionnés sur les différents aspects de la « crise » du modèle québécois, dont le mode de concertation. Pour certains, la concertation est la clé du succès du modèle québécois, alors que pour d’autres, elle est la cause de l’incapacité du gouvernement du Québec de procéder à des réformes en profondeur. Dans ce contexte, la question de la recherche est: est-ce que l’inclusion des partenaires sociaux et la mise en place de mécanismes de concertation favorisent ou nuisent aux différents processus de réformes de l’État au Québec et en Suède? De cette question générale découle deux autres questions : 1) Est-ce que les partenaires sociaux, qui ont un pouvoir important lors des négociations de type néo-corporatiste comme en Suède, se servent de leur pouvoir pour nuire ou pour faire avancer le processus de réforme ? 2) Dans le cas du Québec, est-ce que la plus faible institutionnalisation des mécanismes de concertation et la participation fluctuante des acteurs sociaux ont eu pour effet que les partenaires sociaux nuisent au processus menant à des réformes ou est-ce que l’État a plus de marges de manoeuvres pour contourner les partenaires sociaux et ainsi procéder à des réformes? Pour répondre à ces questions, nous procédons avec une thèse par articles. Le premier article contraste la nature du modèle québécois de concertation, en le comparant à la Suède. L’article met en relief les deux modèles. Nous démontrons que le modèle québécois de concertation est hybride, se situant entre le modèle néocorporatiste suédois à son apogée et le modèle pluraliste américain. Ensuite, nous analysons deux études de cas de réformes similaires dans les deux territoires mais qui ont donné des résultats différents : les négociations collectives des conditions de travail des employés du secteur public et la santé. Dans les deux cas, les intérêts des syndicats et de leurs membres sont en jeu. Nous voulons savoir si au Québec et en Suède, les acteurs socio-politiques ont utilisé leur influence pour bloquer ce type de réformes. Dans le cas du Québec, nous considérons que c’est le cas alors que pour la Suède, les acteurs, entre autres syndicaux, ont davantage utilisé leur pouvoir pour que la réforme se produise. La méthodologie de cette recherche est basée sur des études de cas comparées à partir de la perspective néo-institutionnaliste. Afin de collecter l’information, nous utilisons des méthodes mixtes. Pour le premier article, nous optons pour des méthodes quantitatives pour établir une grille d’analyse basée sur des analyses en composantes principales. Pour le deuxième et troisième article, nous utilisons des sources institutionnelles comme des monographies, des articles scientifiques et des articles de journaux. Grâce à nos résultats, nous tirons la conclusion que la concertation n’est pas le problème mais que c’est plutôt l’absence de mécanismes de concertation stable, avec des règles claires et prévisibles qui posent problèmes

    Relationality and legitimacy : learning to negotiate meaningful research among aboriginal and non-aboriginal researchers

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    This paper describes the ethical issues involved when research is conducted in a Inuit context by non-Inuit researchers. It draws on the experience of a three-year participatory action research project in Nunavik. It describes the strategies and approaches deployed and adapted by the "Other" researchers to apply the principles of critical Indigenous methodologies. The paper is a reflection on our relationship with the research participants and stakeholders and how our approaches and actions facilitated or hindered their meaningful participation in and ownership of the research. Participants' feedback and reactions to the research process were elicited and are reflected in the paper. This article is of significance for researchers who are thinking of working in Aboriginal communities or other communities to which they are outsiders. While focusing mainly on the role of researchers and their approach, the paper also questions the challenge of bridging Western research practices and critical Indigenous research methods

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