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The Power of Music: Women and Resistance
International audienceThis essay explores the emancipatory potential of music in 19th-century Italy, focusing on the political and philosophical resonance of Italian opera in the context of Hegel’s aesthetics. By analyzing Rossini’s La Gazza Ladra and the roles of female singers like Angelica Catalani, the essay argues that musical performance can express not only individual subjectivity but also collective political resistance. Drawing on Hegel’s writings and lectures, especially his correspondence from Vienna and the 1828–1829 Aesthetics lectures, the article tries to show how music embodies the consciousness of freedom – a key category in Hegelian thought. Italian opera, often dismissed as merely entertaining, becomes in this reading a site for aesthetic and political agency. The essay challenges the traditional separation between form and content, performance and composition, and reveals how singers, particularly women, enact a form of “absolute subjectivity.” The discussion extends to a comparison between Hegel’s ideal of the singer and Puccini’s Tosca, highlighting contrasting visions of artistic power and political knowledge. Ultimately, the text reclaims the figure of the female singer as a speculative subject, articulating both freedom and resistance through voice, beauty, and presence
Permacrisis and the Policy Continuum in the UK: Deepening inequalities before, during and after Covid-19
International audienc
Odoïevski et Nodier : une épistémologie romantique
International audienceÀ partir de la comparaison entre « Jean-François les Bas-bleus », (Nodier, 1833) et « L’Improvisateur » ( Odoïevski, 1833), enchâssé dans Les Nuits russes (1844), la communication s’est interrogée sur le rapport romantique au savoir-voir. Comme Juliette Azoulai (2017) l’a montré, la relation entre voir et savoir pose, au moins, des questions de trois ordres. Premièrement, elle pose la question épistémologique de la place de l’expérience sensible dans l’élaboration des savoirs : puis-je me fier à mon regard pour connaître la nature ? Deuxièmement, elle ouvre un questionnement sur la capacité du langage à rendre compte, organiser et transmettre l’expérience pour en faire une « science », susceptible d’être partagée. Troisièmement, la relation entre savoir et voir pose également la question de la relation entre sciences et arts : le regard de l’expert est-il le même que celui de l’artiste ? Ce dernier voit-il autrement ? Dispose-t-il d’autres moyens pour rendre compte de son expérience sensible
Delhi in the Shadow of Partition
International audienceWhereas Partition Fiction has been widely examined since the 1990s in echo to the historian ‘Partition mania’, the movement naī kahānī (New Story) that emerged in the early 1950’s in the Hindi literary field has received comparatively little attention in research adopting this perspective. In fact, Partition does not represent a central position in the themes that naī kahānī developed or explored; rather, they focus on the quotidian experiences of ordinary men and women, set mostly in an urban environment (predominantly, Delhi) characterised by an oppressive atmosphere. However, Kamleshwar, a critic and novelist and a 'key' theorist of naī kahānī, has identified a clear link between the 'role of naī kahānī' and the memory of the 1947 violence and exile. The fact that Delhi, which was profoundly impacted by forced migrations, remains a prominent locale in numerous naī kahānī stories and novels, underscores a discernible correlation between the genesis of this movement and the harrowing experience of Partition. As historian Pandey writes, “the Delhi of the 1950s to the 1980s was a 'Partition' city” (1997: 2263). The present study aims to illuminate the 'shadows of Partition' in two exemplary naī kahānī fictions—one story and one novel—in which Delhi plays a pivotal role. The fate of the characters, who are not explicitly described as refugees, reflects the specific historical context of post-1947 Delhi
Penser les identités enseignantes depuis la complexité et le ch’ixi: Une Approche narrative réflexive et décoloniale en didactique des langues
International audienceCette communication propose une réflexion théorique sur la construction des identités enseignantes en formation initiale, à partir d’un positionnement épistémologique situé en contexte latino-américain. Elle interroge la manière de penser les identités sans les stabiliser ni neutraliser les tensions qui les traversent, et sans reproduire des cadres théoriques centralisés et dominants en didactique des langues.La réflexion s’inscrit dans un double ancrage épistémologique : la pensée complexe d’Edgar Morin et la perspective ch’ixi développée par Silvia Rivera Cusicanqui. La pensée complexe permet de concevoir les processus identitaires comme dynamiques, relationnels et non linéaires, en insistant sur la réalité sociale comme système ouvert, constitué d’interactions, de temporalités et de relations multiples. Elle offre ainsi un cadre pour penser l’identité comme un tissu d’éléments hétérogènes, où les dimensions individuelle et collective sont imbriquées et se co-déploient sans relation de causalité.Toutefois, cette communication montre que la pensée complexe, à elle seule, ne permet pas toujours de rendre compte des formes concrètes de coexistence des contradictions dans des contextes historiquement et politiquement situés. Le risque de lectures désincarnées appelle alors un déplacement épistémologique vers une perspective capable de penser les rapports de pouvoir, les ancrages territoriaux et la colonialité du savoir.C’est dans cette perspective que le ch’ixi est mobilisé comme opérateur épistémologique central. En refusant la synthèse, l’hybridation et la résolution harmonisante des contradictions, le ch’ixi permet de penser la co-présence durable de logiques hétérogènes et conflictuelles. Cette approche éclaire les tensions identitaires non comme des problèmes à résoudre, mais comme des dimensions constitutives des processus de subjectivation.Enfin, la communication ouvre sur une rethéorisation des tensions identitaires dans la formation des enseignants de langues, en proposant de les envisager comme des forces de subjectivation. L’approche narrative et réflexive est présentée comme un mode d’intelligibilité cohérent avec ce cadre épistémologique, permettant d’accéder à la texture des expériences vécues sans en neutraliser la complexitéépistémologique 5. Rethéorisation</div
Les parcours bilingues franco-allemand au Lycée, la langue du partenaire comme « soft power » pour l’Europe ?
International audienceLe 9 mai 2025, la France et la Pologne ont signé un nouveau traité d’amitié et de coopération. Il s’inscrit dans une série d’accords bilatéraux conclus par la France avec d’autres pays européens. Comparé à l’intense coopération franco-allemande, le traité avec la Pologne semble toutefois plus modeste – notamment dans les domaines de l’éducation et de la culture. Du côté allemand, un accord de coopération avec le Royaume-Uni a suivi en juillet 2025. Les nouvelles coopérations, avant tout diplomatiques et économiques, qui s’expliquent par l’évolution de la situation géopolitique en Europe, relèguent souvent les aspects culturels – c’est-à-dire le « soft power » – au second plan. Pourtant, la France et l’Allemagne ont démontré, à travers des décennies de collaboration éducative, l’efficacité de telles mesures. Depuis les années 1960, les deux pays soutiennent des parcours éducatifs bilingues afin de transmettre les valeurs européennes à la jeune génération. Le programme AbiBac, en particulier, permet depuis plus de 30 ans l’obtention d’un double diplôme franco-allemand et constitue l’un des fleurons d’une coopération éducative certes parfois complexe, mais néanmoins fructueuse. Les deux lycées franco-allemands récemment inaugurés à Hambourg et à Strasbourg viennent enrichir cette offre, avec l’objectif de renforcer ensemble les valeurs européennes chez les jeunes. L’article s’intéresse à l’élargissement de cette offre éducative bilingue dans le contexte franco-allemand, ainsi qu’à l’évolution des objectifs poursuivis ces dernières années. D’un côté, la coopération vise aujourd’hui à former une élite multilingue commune, pour contribuer durablement à une Europe pacifique, démocratique et multilingue. De l’autre côté, des offres éducatives attrayantes et multilingues deviennent de plus en plus un avantage concurrentiel pour les acteurs régionaux sur le plan économique
Les voix du TNP dans les disques de poésie (1955-1965) : traces d’un lien intime entre les deux arts dans la France de l’après-guerre
L'article est issu de l'exposé effectué lors du colloque international "Archives sonores de poésie 2. Dans la bibliothèque des voix » (Sorbonne Université et Université Paris Cité) en novembre 2022.International audienceLes productions phonographiques des comédiens de théâtre des années cinquante et soixante comportent souvent des disques de poésie. Or, bien que certaines de leurs interprétations soient entrées dans la mémoire collective, Cuny disant François Villon [Ill. 2] ou Barrault disant les « poètes maudits », ces disques semblent n’intéresser personne, quelques collectionneurs mis à part. Il y a à cela plusieurs raisons : les textes que l’on entend ne correspondent pas, sauf exceptions, à l’actualité poétique vivante de leur temps ; leur diffusion paraît socialement négligeable par rapport aux récitals radiophoniques ; ils sont en outre difficiles à retrouver, à écouter, à dater, à documenter. Ils peuvent pourtant beaucoup apporter, tant aux spécialistes de théâtre qu’aux spécialistes de poésie, en permettant d’abord de ressaisir un pan important de l’histoire moderne de la diction et plus largement de l’art du dire littéraire. Mon projet dans cet article est différent : la reconstitution du processus de production de ces phonogrammes « interarts » fait comprendre les relations aussi libres que fortes qui, pendant les années qui ont suivi l’immédiate après-guerre, se sont retissées entre le théâtre, art officiellement social, et cet autre art qui s’était avéré socialement vital pendant les années noires : la poésie
Les Jésuites des Etats-Unis (XVIe-XXIe siècles): L' Américanisation de l'Eglise catholique
International audience2024. L'élection de Donald Trump, soutenue par 56 % des catholiques, semble sonner le glas de 6 décennies d’un catholicisme américain fortement humaniste. Au sein d’une communauté de plus en plus fracturée, les jésuites en particulier semblent avoir perdu en influence après 200 ans passés à façonner le catholicisme américain. Car c’est aux États-Unis que les jésuites ont trouvé un refuge aux XVIIIe et XIXe siècles. Contre toute attente, c’est dans ce pays qui les traitait avec suspicion qu’ils ont découvert de nouvelles formes d’interaction catholique dans les sociétés contemporaines. Aux Etats-Unis, la Compagnie de Jésus s’est réinventée, forte d’une énergie renouvelée pour révolutionner le catholicisme mondial, notamment pendant le Concile Vatican II. Aujourd’hui les jésuites font face aux défections et aux révélations : scandales sexuels et financiers, gestion controversée des pensionnats pour enfants autochtones, etc. En même temps leur réseau est en première ligne contre la nouvelle politique trumpienne