Alternative francophone (Journal)
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    De l’absence à l’omniprésence de la traduction. Stratégies d’écriture dans le domaine francoprovençal rhônalpin

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    Historically spoken in France, Switzerland and Italy, Francoprovençal has been a language of oral communication since the 6th century and a literary language since the 13th century. Diffused from Lyon on both sides of the major Alpine passes, it includes many dialects, but has often been autonomous from French. Production of texts in Francoprovençal is now rare in the Rhône-Alpes region, even in Savoie and Bresse, where there are still some speakers. If the language is to find an audience, even a small one, translation into French has become essential - especially as people who still understand the language are not used to reading it. Yet there was a time, particularly in the 17th century, when epics and plays were published in Francoprovençal without translation. Only the paratext was in French. At the turn of the 20th century, many chronicles in local newspapers were still published solely in “patois”. Then, as linguistic assimilation progressed after 1945, French appeared alongside Francoprovençal, particularly in bulletins from associations of “Patois” speakers or glossaries, which have multiplied since the 1980s and are often accompanied by bilingual stories. Translation into Francoprovençal also plays a role, but enriched with metalinguistic comments in French, especially in the case of comic strips or fables that are easily accessible in the original language. At a time when the native language has become almost inaudible in the public sphere, we seek to illustrate the issues surrounding translation, whether in terms of self-translation and double writing (two languages facing each other), the coexistence of languages to reflect the former societal diglossia, or the question of spelling - regional or supradialectal as the case may be.Le francoprovençal, parlé historiquement en France, en Suisse et en Italie, a été langue de communication orale dès le 6e siècle et langue littéraire depuis le 13e siècle. Diffusé à partir de Lyon de part et d’autre des grands cols alpins, il comprend de nombreux dialectes, mais a souvent affiché son autonomie face au français. La production de textes en francoprovençal est désormais rare dans la région Rhône-Alpes, y compris en Savoie ou en Bresse, où il reste des locuteurs. La diffusion de la langue est devenue indissociable de la traduction vers le français s’il s’agit de trouver un public, même restreint — d’autant que les personnes comprenant encore la langue ne sont guère habituées à la lire. Pourtant, il fut un temps, notamment au 17e siècle, où l’on publiait des épopées ou du théâtre en francoprovençal sans traduction d’appoint. Seul le paratexte était en français. Au tournant du 20e siècle, nombreuses étaient encore les chroniques qui, dans les journaux locaux, étaient publiées uniquement en « patois ». Puis, à mesure que l’assimilation linguistique a progressé après 1945, le français est apparu aux côtés du francoprovençal, en particulier dans des bulletins d’associations de patoisants ou les glossaires, qui se sont multipliés depuis les années 1980 et sont souvent accompagnés d’histoires bilingues. La traduction vers le francoprovençal joue également un rôle, mais enrichie de commentaires métalinguistiques en français et surtout dans le cas de bandes dessinées ou de fables facilement accessibles en langue originale. Alors que la langue autochtone est devenue presque inaudible dans l’espace public, nous cherchons à illustrer les enjeux existant autour de la traduction, qu’il s’agisse d’autotraduction et d’écriture double (deux langues en regard), de coexistence des langues pour refléter l’ancienne diglossie sociétale, ou encore de la question de la graphie — régionale ou supradialectale selon le cas

    Engagement et créativité des traducteurs mə̀dʉ̂mbὰ au Cameroun : Le CEPOM et la correction de l’histoire

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    The intricacies of one-way globalization, whether real or imagined, are likely to provoke reactions that fall within the scope of what has come to be known as “cultural exception.” When it comes to languages, the conveyor par excellence of cultures, linguistic rights underpin all initiatives aimed at safeguarding and enhancing ecolinguistic niches in particular. The promoters of the Medumba language (mə̀dʉ̂mbὰ) in Cameroon have stepped into this breach. Creativity in awareness-raising, standardization, teaching, terminology work, translation operations and popularizing usage unveils the committed momentum of the Comité de langue et d’étude pour la production des œuvres mə̀dʉ̂mbὰ (CEPOM).Les méandres d’une mondialisation à sens unique, supposée ou réelle, sont de nature à susciter des réactions rentrant dans ce qu’il est désormais convenu de nommer « exception culturelle ». Sur le plan des langues, véhicules par excellence des cultures, les droits linguistiques sous-tendent toutes les initiatives visant à sauvegarder et à valoriser des niches écolinguistiques, particulièrement. C’est dans cette brèche que s’engouffrent les promoteurs de la langue medumba (mə̀dʉ̂mbὰ) au Cameroun. La créativité dans la sensibilisation, la standardisation, l’enseignement, les travaux terminologiques, les opérations traductives et la vulgarisation de l’usage dévoile l’élan engagé du Comité de langue et d’étude pour la production des œuvres mə̀dʉ̂mbὰ (CEPOM)

    Ye azali mwána moke néti ngai : Sociopoétique de l’enfance dans la littérature de jeunesse congolaise au XXIe siècle

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    Childhood is a concept that varies from era to era (Ariès 1962; Cunningham 2017) and from one culture to another (Boyden 1990; Twum-Danso Imoh et al. 2; Hollindale 76-79). This article examines the sociopoetics of childhood in Congolese (DRC) children\u27s literature. On the one hand, it analyzes the textual and pictorial representations of childhood in a corpus of 16 children\u27s books by Congolese authors and illustrators, and on the other, examines which conceptions of the young readership are implicit in the latter\u27s formal choices. These include the idea of the child as a developing being, in need of guidance from adults with knowledge, and the conception of the child as competent, autonomous and resourceful. Finally, there is the image of the innocent, vulnerable child in need of protection. These different conceptions of childhood may be linked to the cultural origins of the target readership - some of these books are published in Europe and others in the DRC - but also to their genre. For example, the representation of the child as innocent and vulnerable is most often found in books about children in social crisis, and must therefore be linked to the idea of childhood constructed by the UN Convention on the Rights of the Child and to humanitarian discourse. The article also concludes that conceptions of childhood in some of these Congolese works vary from those conveyed in European children\u27s books about sub-Saharan children.L’enfance est un concept qui varie d’une époque (Ariès 1962 ; Cunningham 2017) et d’une culture à l’autre (Boyden 1990 ; Twum-Danso Imoh et al. 2; Hollindale 76-79). Cet article examine la sociopoétique de l’enfance dans la littérature de jeunesse congolaise (RDC). Il analyse, d’une part, les représentations textuelles et picturales de l’enfance dans un corpus de 16 ouvrages pour enfants d’auteurs et illustrateurs congolais et, de l’autre, examine quelles conceptions du jeune lectorat implicite se dégagent à travers les choix formels de ces derniers. On y trouve l’idée de l’enfant comme être en devenir, nécessitant le guidage d’adultes détenteurs du savoir, ainsi que la conception de l’enfant compétent, autonome et débrouillard. On trouve enfin l’image de l’enfant innocent et vulnérable ayant besoin de protection. Ces différentes conceptions de l’enfance peuvent être liées à l’origine culturelle du lectorat visé – certains de ces ouvrages étant publiés en Europe et d’autres en RDC – mais également au genre dans lequel s’inscrivent ces livres. Ainsi la représentation de l’enfant comme être innocent et vulnérable est surtout retrouvée dans les ouvrages sur les enfants en situation de crise sociale, et doit donc être reliée à l’idée de l’enfance construite par la Convention des droits de l’enfant de l’ONU et au discours humanitaire. L’article conclut également que les conceptions de l’enfance dans une partie des ces ouvrages congolais varient de celles transmises dans les livres européens pour la jeunesse traitant d’enfants subsahariens

    Contribuer à la valorisation de la documentation des langues autochtones au Québec: Le projet Awikhiganisaskak à l’Université de Sherbrooke

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    This article describes the Awikhiganisaskak project, a collaboration between the Abenaki nation, one of the eleven Aboriginal nations of Quebec, and a number of researchers associated with the Université de Sherbrooke. Intended as an initiative to enhance the documentation of Aboriginal languages and cultures, the first phase of the project focused on the Abenaki language, a member of the Algonquian linguistic family. Faced with the rapid decline of native languages over the course of the 20th century, Abenaki being no exception, various preservation initiatives have been attempted by the nation, mainly through the teaching of the language. The project presented here focuses on the collection and processing of written and oral documentation related to the language. Two examples of the work carried out by the Awikhiganisaskak project are discussed in the article: firstly, the study of the translation into French-Abenaki of an English-Abenaki work entitled New Familiar Abenakis and English Dialogues, by Joseph Laurent (1884) and the creation of an audio recording of the work read by speakers of the language; secondly, the study of the transcription, translation into English and oral recording of Joseph Aubéry\u27s French-Abenaki dictionary (1715) by Étienne (Stephen) Laurent, son of Joseph Laurent. Finally, one of the project\u27s research interests focuses on translation from and into native languages, and attempts to document the many facets of the phenomenon.Le présent article brosse le portrait du projet Awikhiganisaskak, une collaboration entre la nation abénakise, une des onze nations autochtones du Québec, et quelques chercheurs associés à l’Université de Sherbrooke. Se voulant une initiative pour la valorisation de la documentation des langues et cultures autochtones, la première phase du projet s’est surtout attardée à la langue abénakise, une des langues de la famille linguistique algonquienne. Face au déclin rapide des langues autochtones au cours du XXe siècle, l’abénakis n’y échappant pas, diverses initiatives de préservation ont été tentées par la nation, principalement à travers l’enseignement de la langue. Le projet présenté s’est surtout concentré sur la cueillette et le traitement de la documentation écrite et orale en lien avec la langue. Deux exemples du travail effectué par le projet Awikhiganisaskak sont abordés dans l’article : dans un premier temps, l’étude de la traduction en français-abénakis d’un ouvrage anglais-abénakis intitulé New Familiar Abenakis and English Dialogues, de Joseph Laurent (1884) et la création d’un enregistrement sonore de l’ouvrage lu par des locuteurs de la langue; dans un deuxième temps, l’étude de la transcription, traduction en anglais et enregistrement oral du dictionnaire français-abénakis de Joseph Aubéry (1715) par Étienne (Stephen) Laurent, fils de Joseph Laurent. Enfin, un des intérêts de recherche du projet porte sur la traduction depuis et vers des langues autochtones et tente de documenter les multiples facettes du phénomène

    La confiance comme axe de définition des politiques de traduction dans les langues autochtones

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    Language policies should be designed for speakers, not languages. To this end, trust in speakers and of speakers of indigenous languages could be a guiding principle in the definition of translation policies on at least three points: the right to use one\u27s “heart language” requires constant information on multilingualism for speakers, and also for non-speakers, of the indigenous languages of a given territory; translation and self-translation, terminography and interpreting are likely to support the choice to live in this language; training, resources and linguistic tools are required to enable the exercise of these activities. For this type of translation policy, the Breton case studied here suggests exploring the paths of descriptive rather than prescriptive terminology, dialectology, science and collaborative productionsLes politiques linguistiques devraient être conçues pour les locuteurs et non pour les langues. Pour cela, la confiance des locuteurs et aux locuteurs pourrait être un axe de définition des politiques de traduction sur au moins trois points : le droit d’utiliser sa « langue de cœur » nécessite une information constante des locuteurs, et aussi des non-locuteurs des langues autochtones d’un territoire donné, sur le multilinguisme ; la traduction et l’autotraduction, la terminographie, ainsi que l’interprétation, sont de nature à soutenir le choix de vivre dans cette langue ; des formations, des ressources et des outils linguistiques sont requis pour permettre l’exercice de ces activités. Pour ce type de politique de traduction, le cas breton étudié ici suggère d’explorer les voies d’une terminologie descriptive plutôt que prescriptive, la dialectologie, la science et les productions collaboratives

    La promotion de la traduction des langues vernaculaires en Inde passera-t-elle par le numérique ?

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    The language policy of India, a multilingual state par excellence, is intended to be inclusive, right down to the most minority languages, with a multidirectional application of administrative translation protected by law. In reality, this policy is hierarchical. It gives pride of place to Hindi among regional languages, and is not applied to many minorities. This is reflected in the public/private initiatives that have been developing digital localization technologies for vernacular languages at a rapid pace since 2020. The combination of translation is most often from English to other languages in a recurring order (Hindi, then the first seven regional languages, then the other listed languages), indicating the pre-eminence of English and the symbolic place of other languages in this hierarchy. This emphasis on mastery of the languages “at the top” of the pyramid does not encourage the development of translation into minority languages, or even between “listed languages” other than Hindi. What’s more, the current translation policy does not precisely define the criteria for its implementation. Moreover, for almost 10 years now, India has been banking on the development of its economy through digital technology. Non-English-speaking Internet users represent a gigantic market for the private sector, as well as a pool of skills, provided they can access the knowledge hitherto dispensed in English. This development towards Indian languages also reflects the nationalist ideology advocated by the current government. The example of the dissemination of information during the COVID-19 pandemic shows, however, that the languages of the most vulnerable minorities were not taken into account. And yet, new information technologies, particularly AI, can become allies in preserving and translating minority languages.La politique linguistique de l’Inde, État plurilingue par excellence, se veut inclusive jusqu’aux langues les plus minoritaires avec une application multidirectionnelle de la traduction administrative protégée par la loi. En réalité cette politique est hiérarchisée. Elle met en avant l’hindi parmi les langues régionales et n’est pas appliquée pour de nombreuses minorités. Ceci transparaît dans les initiatives public/privé qui développent à grands pas depuis 2020 la localisation des technologies numériques pour les langues vernaculaires. La combinaison de traduction est le plus souvent de l’anglais vers les autres langues selon un ordre récurrent (hindi, puis les sept premières langues régionales, puis les autres langues répertoriées), indiquant la prééminence de l’anglais et la place symbolique des autres langues dans cette hiérarchie. Cette valorisation de la maîtrise des langues « du sommet » de la pyramide n’incite pas au développement de la traduction dans les langues minoritaires ou même entre « langues répertoriées » autres que l’hindi. De plus, la politique de traduction actuelle ne définit pas précisément les critères de sa mise en œuvre. Par ailleurs, depuis près de 10 ans, l’Inde a choisi de miser sur le développement de son économie par le numérique. Les internautes non anglophones constituent un marché gigantesque pour le secteur privé et un vivier de compétences pour peu qu’ils puissent accéder aux savoirs dispensés jusqu’ici en anglais. Ce développement vers les langues indiennes répond aussi à l’idéologie nationaliste prônée par le gouvernement en place. L’exemple de la diffusion de l’information lors de la pandémie du COVID-19 montre cependant que les langues des minorités les plus fragiles n’ont pas été prises en compte. Pourtant, les nouvelles technologies de l’information, en particulier l’IA, peuvent pourtant devenir des alliées dans la préservation et la traduction des langues minoritaires

    Interpréter en LSF / FR est-il (finalement) un acte militant ? Analyse de la place des professionnels à la lumière de l’étude d’un groupe de discussion

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    In 2003, Quipourt and Gache asked the question: is interpreting a militant act? The deaf community is a minority cultural and linguistic group in French society (Bertin); interpreters would be associated in this “microcosm” (Millet) and, as translation professionals, involved in ideological structures (Munday). What is the place of hearing interpreters today? To reflect on these questions, we organized a focus group in March 2020, bringing together ten professional interpreters from all over France. We identified several themes during the exchanges: the evolution of political positioning between the interpreters of the Réveil Sourd era and today’s interpreters, the prevailing paradox of the interpreter’s visibility and the societal responsibility of hearing interpreters.En 2003, Quipourt et Gache posaient la question : interpréter est-il un acte militant ? La communauté sourde est un groupe culturel et linguistique minoritaire dans la société française (Bertin) ; les interprètes seraient associés dans ce « microcosme » (Millet) et, en tant que professionnels de la traduction, impliqués dans des structures idéologiques (Munday). Quelle est la place des interprètes entendants aujourd’hui ? Afin de réfléchir à ces questions, nous avons organisé un groupe de discussion en mars 2020 regroupant dix professionnelles exerçant sur la France entière. Nous avons identifié plusieurs thématiques lors des échanges : l’évolution du positionnement politique entre les interprètes de l’époque du Réveil Sourd et les interprètes d’aujourd’hui, le paradoxe prégnant de la visibilité de l’interprète et la responsabilité sociétale des interprètes entendants

    La linguistique du discours en classe de français : Objet ou moyen d’enseignement ?

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    Since the advent of communicative approaches, language didactics have replaced the goal of “mastering discourse” with that of “mastering language”. The evolution of language teaching implies a revision of the reference linguistic theories to be used in didactics. The reference to discourse linguistics, the benchmark discipline of communicative approaches, oscillates between predominantly applicationist exploitations, making this linguistics an explicit object of learning, and others with a praxeological aim, calling upon it as a means at the service of curricular engineering. These two types of reference will be the subject of our reflection through the analysis of two corpus models: the first corresponds to Tunisian school textbooks illustrating the first form of exploitation, the second to documents published by the Council of Europe, reflecting the contribution of discourse linguistics to language training engineering.La didactique des langues avait substitué, depuis l’avènement des approches communicatives, l’objectif de « maîtrise des discours » à celui de « maîtrise de la langue ». L’évolution de la visée assignée à l’enseignement des langues implique des révisions quant aux théories linguistiques de référence à solliciter en didactique. Le recours à la linguistique du discours, discipline de référence des approches communicatives, oscille entre des exploitations à dominante applicationniste, faisant de cette linguistique un objet explicite d’apprentissage et d’autres à visée praxéologique, la convoquant comme moyen au service de l’ingénierie curriculaire. Ces deux types de références feront l’objet de notre réflexion à travers l’analyse de deux modèles de corpus : le premier correspond à des manuels scolaires tunisiens illustrant la première forme d’exploitation, le second à des documents publiés par le Conseil de l’Europe, reflétant l’apport de la linguistique du discours pour l’ingénierie des formations en langues

    Introduction : traduire, (auto)traduire les langues minoritaires : engagement et créativité

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    Introduction to the special issue.Introduction au numéro spécial

    Sociopoétique de la parole de l\u27enfant africain

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    The emancipation of children in children\u27s literature gives rise to the presence of remarkable characters. But they are often seen as substitutes for an adult voice, whether auctorial or lectorial. This article examines the child\u27s voice in African children\u27s literature, starting from the idea that this perception of the child\u27s mature discourse deserves to be nuanced and relativized. By contextualizing this discourse, we attempt to highlight the mechanisms and factors that underpin its strength and depth. The articulation of such discourse contributes to the complexification of children\u27s literature, long confined to its characteristic simplicity.L’émancipation de l’enfant dans la littérature de jeunesse donne lieu à la présence de personnages remarquables. Mais on pense souvent qu’ils sont le substitut d’une voix adulte, auctoriale ou lectoriale. Cet article examine la parole de l’enfant dans la littérature de jeunesse africaine en partant de l’idée que cette perception du discours mature de l’enfant mérite d’être nuancée, relativisée. En contextualisant cette parole, il tente de mettre en évidence les mécanismes et les facteurs qui fondent sa force et son épaisseur. L’articulation d’un tel discours participe de la complexification de la littérature pour la jeunesse longtemps confinée dans sa simplicité caractéristique

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