Alternative francophone (Journal)
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    Le traducteur juridique algérien face à la difficulté de traduire certains termes juridiques arabes

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    The Algerian legal translator is confronted with real difficulties during the transfer of Arabic into French of certain Arab legal terms drawn from the Islamic law. Indeed, besides the linguistic obstacle holding with the passage of Arabic to French, he is confronted with the difficulty which the cultural transfer of a legal system closely related to the Islamic religion represents, with another system of very an other legal tradition. He is thus strongly pulled about between his research of linguistic equivalence and his search of fidelity towards the legal consequences of the starting text. The difficulty is accentuated by the nature of the Islamic legal terminology, strongly culturally marked.Le traducteur juridique algérien est confronté à de réelles difficultés lors du transfert de l’arabe vers le français de certains termes juridiques arabes tirés du droit musulman. En effet, en plus de l’obstacle linguistique tenant au passage de l’arabe au français, il est confronté à la difficulté que représente le transfert culturel d’un système juridique étroitement lié à la religion musulmane, à un autre système d’une toute autre tradition juridique. Il se trouve donc fortement tiraillé entre sa recherche de l’équivalence linguistique et sa quête de fidélité envers la portée juridique du texte de départ. La difficulté est accentuée par la nature de la terminologie juridique islamique, fortement marquée culturellement

    Marguerite Duras: l’exil en langue maternelle

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    Abstract In the works of Maguerite Duras, the experience of the “outre-langue” is unique in that contrary to many writers in exile, it is born from the impossible yet effective passage from an initial (franco-vietnamese) bilingualism to the monolingual writing in her so-called maternal language, French. This experience is that of emptiness in each language, each language being irrevocably that of the other, that is, inadequate since each subject talks inexorably about something absent. For Duras, writing in French is far more than a literary adventure; it is sometimes painful through the experimentation of an identity crisis, it is sometimes jubilatory during a poetic dazzle when the improbable yet perceptible accents of a hybrid language can be perceived.L’expérience de l’outre-langue a ceci d’original chez Marguerite Duras qu’a contrario de celle de bien des écrivains en exil, elle procède de l’impossible passage – et pourtant du passage – d’un bilinguisme originel (franco-vietnamien) au monolinguisme de l’écriture dans sa langue dite maternelle, à savoir le français. Cette expérience est celle d’un vide au creux de toute langue, chaque langue étant irrévocablement langue de l’autre, c’est-à-dire impropre, chaque sujet parlant imparablement absent de son dire. Ecrire en langue française est pour Duras aventure bien plus que scripturaire, tantôt douloureuse dans l’épreuve de son déchirement identitaire et linguistique, tantôt jubilatoire, dans les moments de fulgurance poétique où se donnent à entendre les accents aussi improbables que perceptibles d’un métissage linguistique

    Utopies et angoisses de l’entre-deux identitaire chez les exilés/migrants africains : La Traversée nocturne d’Isaac Bazié

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    Taking into account the emerging context and the twist and turns of utopia identified in the works of Thomas More, this study aims at presenting the case of La Traversée nocturne by Isaac Bazié, better known as a literary critic than as an author. This text gives us the opportunity to examine the thematic and ideological profile of the Francophone African Novel resulting from immigration, in the sense that, La Traversée nocturne addresses issues related to migration, following earlier works by Cheik Hamidou Kane, Alain Mabanckou and Fatou Diome, and life back home, in the wake of the social criticism that underlies the African Novel.En tenant compte du contexte d’émergence et des contours de la notion d’utopie repérée chez Thomas More, la présente réflexion vise à présenter l’exemple de La Traversée nocturne d’Isaac Bazié, plus connu comme critique que comme auteur. Ce texte nous donne l’opportunité d’examiner le profil thématique et idéologique du roman francophone africain issu de l’immigration, en ce sens que La Traversée nocturne dit à la fois les difficultés de l’émigration, à la suite de Cheik Hamidou Kane, Alain Mabanckou et Fatou Diome, et celles de la vie au pays, dans le sillage de la critique sociale qui sous-tend le roman africain

    L’allemand comme langue imaginaire chez Victor Hugo et Balzac

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    Writers such as Victor Hugo and Balzac not only considered the German language as typical of « otherness », but by intertwining German and French, they were able to produce a language beyond limits. To attain this outre-langue is the dream of any poet. The first literary example analyzed in this article is an excerpt from Hugo’s Le Rhin. In letter XXXVII, a ludicrous dialog occurs in French between the traveler and the waiter in a restaurant in Schaffhouse. In this dialog, some kind of fancy German language lurking in the textual background helps Hugo to distort the French language, thus confronting the reader with a puzzling yet creative mother tongue. The writer has made use of another linguistic discrepancy, which is that the oral stuff never coincides with the written stuff. This transgression is even more visible in Balzac’s work. The article focuses on one of his characters who appears in several novels of his Comédie humaine: the banker Nucingen. Nucingen’s identity itself is questionable. Is he an Alsatian, a German, a Pole, a Jew? We can rely on one thing only: his existence is based entirely upon his speech. In a novel however, speech can only be written. Nucingen’s speech is written but hardly readable. Only through writing could Balzac achieve such a creation. And interestingly enough, he invented Nucingen’s impossible language at a late stage, in the process of checking the proofs for press.Pour des écrivains comme Victor Hugo et Balzac, l’allemand n’est pas seulement « l’autre langue » par excellence. Au contact du français, l’allemand produit cette outre-langue que tout poète rêve d’approcher. Le premier texte étudié est extrait du Rhin. Dans la XXXVIIe lettre, un amusant dialogue en français s’établit entre le voyageur et le garçon de restaurant, à Schaffhouse. Dans ce dialogue, une langue allemande imaginaire tapie à l’arrière-plan du texte permet à Hugo de défigurer le français, confrontant le lecteur avec une langue maternelle soudain énigmatique et méconnaissable, mais créatrice. L’écrivain s’est aussi servi du principe de non-coïncidence entre oralité et écriture. Une transgression encore plus marquée se rencontre dans le travail de Balzac, quand il met en scène un personnage qui apparaît dans plusieurs des romans de La Comédie humaine : le banquier Nucingen. Ce personnage à l’identité indécise (est-il Alsacien, Allemand, Polonais, Juif ?) existe uniquement par sa parole. Or dans un roman, la parole ne peut qu’être écrite. La parole de Nucingen est écrite, mais elle est à peine lisible. C’est justement en écrivant que Balzac a pu inventer l’impossible langue de Nucingen. Et il est intéressant de noter qu’il l’a inventée à un stade tardif, sur les épreuves d’imprimerie

    La langue française dans la presse du Burkina Faso

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    Many questions arise from the analysis of French in the francophone press. In particular, this is the case of the African press. If sometimes we may find new forms and revolutionary changes, in other cases we may discover a freedom whose reasons are difficult to understand. This is the reason why we will study the importance of this second yet official language, in order to define its evolution in some contexts where it has to co-exist with other ethnical languages with multiple aspects and varieties, too. After an essay on the Ivorian press and another on the Togolese press, this third study is devoted to the lexicon and the morphosyntax of the Burkinabe press. Meanwhile, we will try to verify which trends are nowadays dominating in this particular field of study. Finally, this project illustrates the vitality and the richness of French in a French-speaking country.Maintes questions surgissent de l’analyse de la langue française dans la presse des pays francophones, en particulier de l’Afrique subsaharienne. Si dans certains cas on assiste à des créations inattendues ou à des changements révolutionnaires, dans d’autres cas on atteste une désinvolture dont les motivations sont difficiles à cerner. Il s’agit alors d’étudier la portée de cette langue seconde, et toujours officielle, pour en saisir l’évolution dans des contextes où elle se trouve à co-exister avec des langues ethniques aux aspects multiples et variés. Après avoir consacré une étude à la presse ivoirienne et une autre à la presse togolaise, nous voudrions analyser ici les articles des journaux burkinabè en ce qui concerne tant le lexique que la morpho-syntaxe. Ainsi, essayerons-nous de vérifier quelles sont les tendances qui s’imposent à l’heure actuelle non seulement à l’intérieur de ce domaine particulier, mais également par rapport aux recherches précédentes. Ce projet ne serait alors qu’une excuse ultérieure pour attester la vitalité et la richesse de la langue française en milieu francophone

    Cacophonie linguistique dans l’espace francophone montréalais, ou comment redéfinir la francophonie québécoise

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    This article examines the definition of francophonie québécoise based on empirical data collected in a training centre also operating as a manufacturing business for immigrants in Montreal. Its goal is to compare and contrast discourse regarding the working language as explained by the personnel of the training centre and actual language use. Language choices and discourse are documented through the recordings and transcriptions of more than twenty-four hours of naturally-occurring conversations on site, ten hours of participant observation, and four hours of interviews with staff members. The analysis will focus on the linguistic choices of allophone workers. The existence of two dominant linguistic groups enables them to establish strong linguistic barriers that make inter-group communication quite difficult. Several arguments will be proposed to explain this situation. First, these workers are only partially proficient of the official languages, so they have to turn to their native language whenever possible although this practice only comprises negative repercussions. Although the use of the native language enables them to maintain solidarity with their linguistic group, it also impairs their ability to fully participate in their workplace, as they themselves recognize. Systemic reasons also explain linguistic practices. First, the sector in which they work does not value the use of French. Second, the training center tries very hard to maintain a French-speaking image that is detrimental to the trainees because in fact, French is the lingua franca only at the surface of things whereas reality would required a global strategy of integration including appropriate language training. Consequently, the French language is only partially accessible and its use does not encompass enough advantages for these workers to make it their normal and habitual language choice in the workplace. Hence, linguistic integration is second to economic forces driving the workface, namely, training people to perform a job regardless of their linguistic ability.Cet article s’interroge sur la définition de la francophonie québécoise à partir de l’analyse de données empiriques recueillies dans une entreprise d’insertion pour immigrants à Montréal. Il vise à mettre en contraste le discours sur la langue de travail tel qu’il est articulé par le personnel administratif de cette entreprise et les choix langagiers des immigrants en formation dans ce même centre. Ces choix, ainsi que les discours qui s’y rapportent, ont été documentés à l’aide de transcriptions de plus de vingt-quatre heures de conversations spontanées enregistrées sur magnétophone, de dix heures d’observation participante et de quatre heures d’entrevues avec les membres du personnel. L’analyse porte particulièrement sur les choix linguistiques de ces immigrants. La présence de deux groupes linguistiques dominants leur permet de communiquer dans leur langue maternelle et d’ériger des barrières linguistiques assez étanches laissant peu de place à la communication intergroupe. Plusieurs éléments d’explication seront proposés. D’abord, la compétence approximative dans les langues officielles oblige les allophones à recourir à leur langue maternelle, même si cette pratique n’a pas que des répercussions positives. S’il est vrai que l’usage de la langue maternelle permet de maintenir les liens qui existent dans la communauté linguistique d’appartenance, elle rend l’intégration dans le milieu de travail, de l’aveu même des immigrants, plus difficile. Des raisons systémiques rendent compte de cette pratique. D’abord, le domaine d’emploi dont il est question ici ne valorise pas l’usage du français. De plus, le centre de formation s’efforce de maintenir une image francophone qui nuit aux stagiaires, car si en surface le français est la langue véhiculaire, la réalité requiert une stratégie d’intégration globale incluant l’apprentissage adéquat du français. En conséquence, le français n’est que peu accessible pour ces allophones et ne comporte pas suffisamment d’avantages pour qu’il devienne le choix normal et habituel au travail. Bref, les prérogatives économiques, c’est-à-dire la formation d’une main-d’œuvre manufacturière, sont priorisées au détriment de l’intégration linguistique

    L’écriture « entre-les-langues » des auteures maghrébines de langue française et des auteures de « l’entre-des »

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    Abstract: In 1977, when he gave his inaugural lecture at the Collège de France, Roland Barthes spoke about power and knowledge. He proposes a deliberately provocative definition of language as “fascist” and realises that we must “trick with the language”, “trick the language”, in order to understand “speech outside the bounds of power” (461): “This salutary trickery, this evasion, this grand imposture that allows us to understand speech outside the bounds of power, in the splendour of a permanent revolution of language, I for one call literature.” (462) Literature is and must be a wonderful field of experimentation. I will analyse in this article the work of female Algerian authors whose mother tongue is Arabic but who have chosen French, the language they “trick” to understand “speech outside the bounds of power” (Assia Djebar, Malika Mokeddem). I will also examine the work of the Tunisian writer Nine Moati, who perpetuates in her texts the memory of her father Serge Moati.En 1977, au moment où il inaugure son enseignement au Collège de France, Roland Barthes s’interroge sur le pouvoir et le savoir. Il propose une définition volontairement provocatrice de la langue comme « fasciste » et constate qu’il faut « tricher avec la langue » et « tricher la langue », pour entendre la « langue hors-pouvoir » : « Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d’entendre la langue hors-pouvoir, dans sa splendeur d’une révolution permanente du langage, je l’appelle pour ma part : littérature. » (15) La littérature est donc et doit être un merveilleux terrain d’expérimentation. Nous proposons d’analyser dans cet article l’œuvre d’écrivaines algériennes dont la langue maternelle est l’arabe parlé, l’arabe féminin, et qui écrivent en français, qui est la langue de l’école et la langue qu’elles « trichent » pour entendre « la langue hors-pouvoir » (Assia Djebar, Malika Mokeddem). Nous analysons aussi l’œuvre de l’écrivaine tunisienne Nine Moati, qui perpétue dans ses textes le souvenir de son père Serge Moati

    D’outre-monde : du fantôme de la perte vers une mémoire de l’oubli, ou le moteur caché de la relation à l’autre

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    In a post-colonial situation, the criticism of the way colonization operated leads to a radical questioning of the notion of “territorial identity”, that splits, in a hierarchical way, the same and the other, center and periphery(ies). As Édouard Glissant puts it, the target is therefore to liberate oneself from such limits, be they stereotypic or stereotopic, in order to create a new relation to the world, a creolization of space – geographical, linguistic, identity-related, that celebrates the birth of a “poetics of Relation”. Is not such a wish merely utopian? When they consider the experience of de-centering only as a glorified starter to the opening to the other, the advocates of creolization are utterly oblivious of the ordeal in which it consists – brought to its acme by colonialism. Roger Toumsoun (1998) nevertheless reminds us that the West Indian reality is still at grips with the disillusionment that made it. Therefore, “root-identity”, as well as “rhizome-identity” are similarly utopian. And, even worse: “rhizome-identity” as a rejection of “root-identity” might perpetuate the denial of the suffered loss, thereby reinforcing the power of the model that was to be rejected. Césaire, is the author who made this loss perceivable, and thinkable. La tragédie du roi Christophe shows that “la Négritude” is a broken line of ascendance to Africa, whereby we are invited, in a cathartic way, not to exorcize it, but rather to give it a place of remembrance – a “remembrance of oblivion” (Agamben) capable of preserving the relation to the other from the ghost of loss it unknowingly contains.En situation postcoloniale, la critique des rouages de l’aliénation coloniale débouche sur une remise en cause radicale de la notion d’identité territoriale, elle qui, invariablement, clive, et hiérarchise, entre même et autre, comme entre centre et périphéries. Comme l’entend Edouard Glissant, il s’agit désormais de s’affranchir de l’arbitraire de telles frontières stéréotypiques, et stéréotopiques, pour inaugurer une relation au monde nouvelle : celle d’une créolisation de l’espace – géographique, linguistique, identitaire – qui consacre l’avènement de la poétique de la Relation. Mais ce vœu n’est-il pas utopique ? A ne vouloir voir dans l’expérience du décentrement que le moteur magnifié de l’ouverture à l’autre, les tenants de la créolisation se font soudain singulièrement oublieux de l’épreuve en quoi elle consiste, et que, pourtant, le colonialisme a porté à son acmé. Or, comme le rappelle Roger Toumson (1998), la réalité antillaise est toujours aux prises avec la symptomatique du désillusionnement identitaire auquel elle fut contrainte. Toutes aussi utopiques y sont donc l’« identité-racine » décriée que l’« identité-rhizome » prônée. Pire : dans sa volonté de rejet de la première, la célébration de la seconde risque fort de reconduire le déni de la perte subie, et de conforter ainsi l’effet de pouvoir du modèle qu’il s’agissait de renverser. Or, s’il est un auteur qui ait rendu sensible, et pensable, cette perte, c’est Césaire – lui dont la Négritude signifiait, précisément, la filiation rompue à l’Afrique. A travers La tragédie du roi Christophe, nous verrons donc comment l’auteur nous invite à en faire la catharsis, et ce non pour l’exorciser, mais, au contraire, pour lui donner son lieu de mémoire. Une « mémoire de l’oubli » (Agamben) seule susceptible de sauver la relation à l’autre du fantôme de la perte qui la hante à son insu, pour s’en faire le moteur – mais cette fois explicite

    De la Francophonie “centripète” à une Francophonie périphérique

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    Abstract : The definition of a standardized French has massively developed as the concepts of Francophony and regionalism have been recently accepted in the language. But between their first occurrence at the end of the 19s century and their usage which has spread during the 1960s and 1970s, the reality which they denote and the frequency of their use have largely evolved. Indeed, in a historic context which presents a binding relationship both between the variety of dialects and national (even international) French and between the universal and the private individual; it does not seem surprising that the term Francophony denotes an essentialist, monolithic and centrifugal vision of the French language, which makes sense only when coupled with variation. The 1960s saw a more progressive passage from a universalizing inner trend to particuliarising outer trends which emphasise and highlight variation. This article shows that the realities indicated by the two terms are based on the neocolonialist and post-colonialist context, and that their current meanings turn out to be a more decentralized vision of the French language. The notions of the inner and the outer open up a discussion on the utopian dimension of Francophony.Résumé : La définition d’un français standardisé se développe massivement au moment où les termes de francophonie et régionalisme sont reconnus pour la première fois dans la langue. Mais entre leur première attestation à la fin du XIXe siècle et leur usage répandu dans les années 1960 et 1970, la réalité qu’ils dénotent et leur fréquence d’utilisation a fort évolué. En effet, dans un contexte historique qui présente un rapport contraignant entre la diversité des patois et un français national voire international, entre l’universel et le particulier, il ne semble pas étonnant que le terme francophonie renvoie à une vision essentialiste, monolithique et centrifuge de la langue française qui n’a de sens que dans un rapport généralisant avec la variation. Les années 60 marqueront le passage progressif de la tendance centrifuge universalisante à la tendance centripète particularisante qui tend à souligner et à afficher la variation. Dans le cadre de cet article nous montrerons que les réalités désignées par nos deux termes s’appuient sur le contexte néo-colonialiste et post-colonialiste, et que leur acception actuelle s’oriente vers une vision un peu plus décentralisée de la langue française. Nos observations prennent tout leur sens dans une problématique articulant les notions de centre et de périphérie et ouvrant ainsi une réflexion sur la dimension utopique de la Francophonie

    Détrôner Dieu et les médias : carnavalisation et hybridité dans Zéro mort de YB

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    This article will analyse certain processes of “carnavalising” and hybridising in the novel of Algerian ex-journalist YB. This novel’s principal theme is the redemption of an Islamic terrorist. It presents the political and ideological landscape of today’s Algeria by underlining contemporary debates such as the religious question. These arguments are never-ending, often receive a biased treatment, and are even caricatured by the media. YB addresses these issues by mixing language, “crossbreeding” it, or by bringing to it various strands. In a seriocomic register, he mixes things and enters the territory of “literary incorrectness” which is commonplace in French-Algerian literature. He takes the liberty to “break” the language, and with it the tragic discourse, the comical discourse, and even the historical one.Cet article propose l’analyse des procédés de carnavalisation et d’hybridation dans un roman de l’ex-chroniqueur de presse algérien YB. Avec pour toile de fond les années de guerre civile et pour thématique principale le salut d’un terroriste islamiste, ce roman inscrit les enjeux politiques et idéologiques en cours dans la société algérienne, en particulier à travers la reprise d’éléments de débats ─ sur le religieux notamment ─ non épuisés mais souvent biaisés, caricaturés par les médias eux-mêmes. Que ce soit en « resémantisant » la langue, en la métissant, en lui inoculant des « virus exogènes », YB, sur un registre comico-sérieux, brouille les cartes et pénètre un territoire qui profane un « littérairement correct » plutôt de bon ton dans la littérature algérienne d’expression française. Il prend la liberté de « casser » la langue et avec elle le discours tragique, le discours comique et même le discours historique

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