Alternative francophone (Journal)
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L’As du Lycée, une contribution à la connaissance des droits de l’enfant congolais ? La réception de la série télévisée dans le milieu scolaire kinois.
Cet article s’interroge sur la fonction jouée par les médias en général et les séries télévisées pour enfants en particulier dans l’apprentissage des droits des enfants en République Démocratique du Congo. En partant d’une situation contextuelle donnée, notre réflexion se base sur deux méthodes : une étude qualitative du discours véhiculé par la fiction L’As du lycée d’une part et une étude de réception d’autre part. L’analyse de contenu s’intéresse aux trois épisodes les plus cités par les adolescentes interrogées. L’étude de réception s’est focalisée sur un échantillon d’adolescentes de Kinshasa. Les résultats de recherches montrent que la série véhicule bien des savoirs liés à la question du droit des enfants. Les entretient prouvent que les adolescentes perçoivent certains éléments mais qu’elles ont besoin d’un accompagnement pour pouvoir réellement relier ces éléments au système légal. L’article montre que la série télévisée pourrait être considérée comme un support à l’apprentissage des droits de l’enfant auprès des téléspectateurs, mais que pour être totalement efficace le programme doit être accompagné de séances pédagogiques.
Abstract:
This paper questions the function played by media in general and series for children in particular in the teaching of children rights in Democratic Republic of the Congo. Our reflection is based on two methods: a qualitative analysis of the discourse carried by the fiction L’As du lycée on one hand, and a reception study on the other hand. The content analysis is focused on the three episodes most quoted by a sample of teenage girls of Kinshasa. The results show that the series is indeed carrying some knowledge linked to the children rights. The interviews demonstrate that teenagers do perceive certain facts, however they need to be guided to really be able to connect these elements to the legal system. The paper demonstrates that the series could be considered as a learning medium but, to be fully efficient, the program must be completed by pedagogical sessions
Postcolonial Interjections: Jean-Philippe Stassen Illustrates Heart of Darkness and We Killed Mangy Dog
odes de représentation. In 2006, Belgian cartoonist Jean-Philippe Stassen produced new editions of two books from the European colonial era—Joseph Conrad’s Heart of Darkness and Luìs Bernardo Honwana’s We Killed Mangy Dog—which he provided illustrations and, in the case of Heart of Darkness, other contextualizing materials. Part of a broader trend in which artists illustrate classic literature, these two publications invite readers to return to the original texts to explore the notion of silence and how it functions differently in each of the texts. This article considers Stassen’s various paratextual practices to examine how, through interjections across time and space, he disrupts, enhances, challenges, and complements the originals. In the case Heart of Darkness, framing becomes a multivalent strategy that exposes gaps and shortcomings in Conrad’s writing. Conversely, Stassen adapts Honwana’s literary strategies and transposes them to the visual field, thus emphasizing silences and the subtle power of the piercing eye in the political allegory We Killed Mangy Dog. The choice of these two particular texts suggests an overhauling of colonial discourse. Ultimately, the range of Stassen’s paratextual practices and the formal characteristics of his illustrations, meant to reconfigure readers’ approach to the original texts, seek to rethink European colonialism, imperialism, and their modes of representation.En 2006, le bédéiste belge Jean-Philippe Stassen publia de nouvelles éditions de deux livres de l’ère du colonialisme européen—Cœur des ténèbres de Joseph Conrad et Nous avons tué le Chien Tiegneux de Luìs Bernardo Honwana—pour lesquels il fournit des illustrations et, dans le cas de Cœur des ténèbres, d’autres matériaux qui contextualisent le roman. Faisant partie d’une tendance plus large dans laquelle les artistes illustrent la littérature classique, ces deux nouvelles publications invitent les lecteurs à retourner aux originaux pour explorer la notion de silence et la facon dont elle fonctionne différemment chez les deux auteurs différents. Cet article considère les pratiques variées du paratexte de Stassen afin d’examiner comment, grâce aux interjections à travers le temps et l’espace, Stassen interrompt, augmente, conteste et accompagne les textes originaux. Pour Cœur des ténèbres, le cadrage devient une stratégie polyvalente qui montre les écarts et les défauts dans l’écriture de Conrad. Par contre, Stassen adapte les stratégies littéraires de Honwana et les transpose au domaine visuel, ainsi il souligne les silences et le pouvoir subtile de l’œil perçant dans l’allégorie politique Nous avons tué le Chien Teigneux. Le choix de ces deux textes suggère tout un remaniement du discours colonial. En fin de compte, la gamme des pratiques du paratexte de Stassen et les caractéristiques formelles de ses illustrations, destinées à faire repenser comment les lecteurs abordent les originaux, cherche à faire aussi repenser le colonialisme européen, l’impérialisme et leurs modalites de representation. 
La Belgique dans les épisodes de séries françaises coproduits avec la RTBF : de l’Atomium au conflit linguistique
Popular fictions convey representations, which some consider as fixed. TV series are no exception. This allows the researcher to analyze them through a sociological perspective and to check what they tell about the world we live in. This article depicts the portrait of Belgian and Belgium in French TV series. The selected corpus is comprised of sixteen episodes co-produced by Belgian and French televisions. As an exception, the plot brings the French heroes to Belgium. The content analysis is inductive and attempts to delineate the traits present in the narratives without referring to a pre-established list of Belgian stereotypes. The locations, the social milieu, the characters, the plots and the topics, the typical characteristics used in the stories and the sequences in which Belgium or Belgians are explicitly discussed will be at the centre of the analysis. A presentation of the notions of social representation, national stereotype and the link between these concepts and television will precede the demonstration. The study shows that stereotypes on Belgians can be found, but not as much as one would have expected. The narratives convey consensual representations on Belgium, but at the same time they allow for a certain evolution of the stereotypes (notably the topics linked to the linguistic conflict). The typical features used to show that France and Belgium are closed (which may explain that the stereotypes discussed are not as significant). However the journey to Belgium reveals some elements that seemed exotic for the French characters. Ultimately, it appears that the clichés employed are for the most part understandable for the French people.Les récits populaires véhiculent des représentations, que certains considèrent comme figées. Les séries télévisées n’échappent pas à la règle. Cela permet de les analyser sous un angle sociologique et de vérifier ce qu’elles disent du monde. Dans ce numéro consacré aux Francophones, l’article vérifie le portrait qui est produit des Belges et de la Belgique dans les séries françaises. Le corpus sélectionné est composé de seize épisodes co-produits entre les deux pays et se déroulent exceptionnellement en Belgique. L’analyse de contenu est inductive et tente de repérer les traits présents dans les récits sans avoir au préalable établi de liste de stéréotypes sur les Belges. Les lieux représentés, les milieux, les personnages intervenant dans les récits, les intrigues et les thèmes abordés, les traits typiques utilisés dans les intrigues et les séquences où la Belgique ou les Belges étaient explicitement discutés ont retenu l’attention. L’analyse est précédée d’un état de l’art où les notions de représentations sociales, de stéréotypes nationaux sont précisées ainsi que les liens qu’elles entretiennent avec le média télévision. L’article montre que les stéréotypes sur les Belges sont présents dans les épisodes, mais peut-être pas autant qu’on aurait pu l’attendre. Les récits donnent à voir des représentations consensuelles de la Belgique, tout en permettant une certaine évolution des images (notamment celles liées au conflit linguistique). Les traits typiques utilisés montrent les deux pays sont proches (ce qui expliquent peut-être que les stéréotypes relèvent du détail), mais que le voyage en Belgique révèle malgré tout un certain exotisme. Enfin, il apparaît que les clichés employés se veulent surtout lisibles pour les Français. 
Introduction au numéro spécial
Introduction au numéro special sur les séries télévisées dans le contexte francophone
Le port du foulard dit « islamique » ou l’entre-deux culturel
For over a decade, the "Islamic" headscarf has been fuelling debates: after agitating the political sphere and becoming the object of media hype in France, it is moving to Québec where it is spreading anxiety and division within society. In this article, I wish to defuse tension and controversy by focusing on certain Koranic verses believed to “prescribe” the veil, on phenomena that led, at a certain time, to its being set aside, and on the reasons that underlie its resurgence nowadays. To this end, I will examine the verses within their social context, and demonstrate that seeing the scarf as a "religious" obligation is inappropriate from both semantic and socio-historical points of view. In this context, I will reiterate the dichotomy made between Ibadat (verses dealing with the relationship of human beings to God and governed by absolute and immutable rules), and Muamalat (verses dealing with interpersonal relations and which is to be read according to specific circumstances). Moreover, using translation as a metaphor of transportation across (linguistic and cultural) borders, I will try to read the "clothing" of some Muslim women as a phenomenon resulting, as the language of translation (third language), from the intersection of two cultures. I will also bring up the meaning the "veil" may have taken on over the time and the meaning it is now being assigned by the Islamic feminists whose reflection falls within the Post-Colonial Studies approach. MOTS-CLÉS Femmes, islam, hijâb, choix, métissage culturelCela fait plus d’une décennie que le foulard dit « islamique » alimente les débats : après avoir agité la sphère politique et fait l’objet d’un battage médiatique en France, voilà qu’il vient semer l’inquiétude et la division au sein de la société québécoise. Or, dans le présent article, nous souhaiterions désamorcer cette polémique en nous penchant à la fois sur les versets à l’origine de la « prescription » du voile, sur les phénomènes ayant motivé son abandon, à une certaine époque, et sur les raisons à l’origine de sa résurgence. Pour ce faire, nous examinerons, dans une perspective traductologique, les versets en question et le contexte qui les entoure pour montrer que la conception selon laquelle le port du foulard serait une obligation « religieuse » est erronée d’un point de vue sémantique et sociohistorique. Dans cette optique, nous rappellerons la dichotomie établie déjà entre les ibadât (versets traitant de la relation de l’être humain à Dieu — relation verticale — et régis par des règles absolues et immuables) et les muamalât (versets traitant des relations interindividuelles – relations horizontales — et dont la lecture doit se faire en fonction des circonstances). Par ailleurs, nous emploierons la traduction comme une métaphore du transport à travers les frontières (linguistiques et culturelles) pour faire une lecture du vêtement de certaines musulmanes qui résulte, comme la langue de la traduction (troisième langue), de la rencontre de deux cultures. Nous rappellerons également les sens qu’a pu revêtir le « voile » suivant les contextes et le sens que lui assignent aujourd’hui les féministes islamiques dont la réflexion s’inscrit dans la perspective des Post-colonial Studies
L’influence du théâtre français sur le théâtre persan moderne à la fin du XIXe siècle : le rôle des traductions et des traducteurs
Le théâtre persan moderne est véritablement né au XIXe siècle, avec la découverte du théâtre occidental. Des hommes politiques éclairés ont tenté de moderniser la Perse en envoyant des étudiants en France pour apprendre les sciences modernes. Rentrés au pays, ces étudiants avaient un vif intérêt pour la culture française, y compris pour le théâtre. En outre, en Perse, nous constatons également la montée d’une classe bourgeoise au sein de laquelle se développaient des idées réformistes et néo-religieuses. C’est sur ce fond de réformes et de mutations économiques, politiques et sociales que se crée la nouvelle forme littéraire que constitue le théâtre persan moderne.
Ainsi, Le Misanthrope de Molière a été traduit sous le titre de Gozâreš-e mardom goriz par Mirzâ Habib Esfahâni, un exilé politique (Istanbul, 1869), avec toutefois une grande liberté dans la restitution des noms des personnages et des traits de caractère, de sorte que le jeu était plus persan que français.
En plus des adaptations directes, le théâtre persan a également été influencé par le théâtre classique français à travers les œuvres des hommes de théâtre persans comme Mirzâ Aghâ Tabrizi. Ses comédies traitent essentiellement, sur un mode ironique, de la corruption politique et des superstitions.
Ces écrivains ont essayé de composer ou d’adapter des pièces modernes, généralement dans l’esprit de Molière, mettant en scène des personnages typiques, décrivant des épisodes à la fois comiques et satiriques qui témoignent d’une volonté de s’adresser à toutes les classes sociales. Étant donné ce lien évident entre théâtre persan et théâtre français, nous envisageons une analyse socio-historique des pièces persanes, surtout depuis la fin du XIXe siècle, qui souligne notamment leurs rapports avec l’œuvre de Molière, tout en mettant en évidence leurs enjeux culturels
Les figures hybrides dans Les Chemins qui montent de Mouloud Feraoun
This study focuses on mixed and hybrid images in Algerian writer Mouloud Feraoun’s works (1913-1962) titled Les Chemins qui montent. The different and simultaneous situations of in-betweenness and intersection between two territories very common in this text create a favorable opportunity for the exploration of the question of hybridity and mixing in its various senses and in the specific geo-temporality of Kabylie under the French colonial authority in 1950s. Issues concerning hybrid identity, sites they occupy as well as identity negotiations unfold through a variety of images highlighting this problematic space situated in between or simultaneously between two or several discourses where they meet. The dominant ideology which takes the center position compared to identity differences to be found on the liminal boundary, is similar not only to the hegemony imposed by the colonizer, but also mostly to the essentialism based on the unwavering traditions and the purity of races and cultures, which make Les chemins qui montent a committed and critical work, and also a testimony and a warning on Kabylie’s situation, which is at the crossroads of tradition and modernity.La présente étude se focalise sur les figures hybrides et métisses dans Les Chemins qui montent de l’écrivain algérien d’origine kabyle Mouloud Feraoun (1913-1962). Les diverses situations d’entre-deux et de croisement de deux territorialités à la fois que l’on trouve abondantes dans cette œuvre créent un lieu ou un mi-lieu fructueux pour l’exploitation de la question de l’hybridité et du métissage dans ses sens multiples et dans la géo-temporalité spécifique qu’est la Kabylie sous la colonisation française en Algérie dans les années cinquante. Des enjeux concernant l’identité hybride, les mi-lieux qu’ils occupent ainsi que les négociations identitaires se déploient à travers un éventail de figures, permettant de mettre en relief cet espace problématique à mi-chemin ou simultanément entre deux voire plusieurs discours ou dans un tiers espace où elles convergent. On constate aussi que l’idéologie dominante qui tient la place du centre par rapport aux différences identitaires se trouvant à la frontière liminale s’apparente non seulement à l’hégémonie imposée par le colonisateur mais aussi et grandement à l’essentialisme basé sur les traditions inébranlables et sur la pureté des races et des cultures, ce qui fait des Chemins qui montent une œuvre consciente et critique, étant aussi bien un témoignage qu’un avertissement de la situation de la Kabylie arrivant au carrefour des traditions et de l’ouverture. 
Pennac, Daniel. Journal d’un corps, Paris : Gallimard, 1e éd. 2012 ; 2e éd. augmentée, 2014.
Compte rendu de Pennac, Daniel. Journal d’un corps, Paris : Gallimard, 1e éd. 2012 ; 2e éd. augmentée, 2014
Sadegh Hedayat, un écrivain francophone iranien de l\u27entre-deux-mondes
Abstract In Iran, Sadegh Hedayat is a very important author who was the first to embrace francophonie. In his works, he criticizes harshly the society he belongs to and so remains a controversial writer. Lonely and banned from his country, he went into exile in France where he wrote his most remarkable work, in complete marginalization. He writes in Persian and in French with the same eloquence. It is generally regarded that writing in another language in another country is a liberation, but, Sadegh Hedayat was never separated from his maternal language nor from his country. This ambivalent attitude is illustrated in his major work La chouette aveugle which remains singular and eccentric in the literary history of Iran. This text seems to cling to the consciousness of the western and eastern texts which pervade his writings. Outside the two societies at the same time – the western and eastern civilizations- Sadegh Hedayat finds himself in a self-imposed and voluntary solitude. This article aims to study the situation of the exiled Iranian writer stuck between two worlds, the West and the East.En Iran, Sadegh Hedayat est un auteur important qui, le premier, a pris le chemin de la francophonie. Il fustige dans ses œuvres la société à laquelle il appartient et reste un écrivain controversé. Devenu solitaire et exclu de son pays d’origine, il s’exile en France où il crée ses œuvres les plus remarquables, mais toujours dans une marginalisation absolue. Il écrit en persan et en français avec un égal talent. Partir dans un autre pays et écrire dans la langue de l’autre sont en général ressentis comme une délivrance, mais Sadegh Hedayat n’a jamais pu rompre ni de sa langue maternelle ni de son pays d’origine. Cette attitude ambivalente se reflète dans son chef-d’œuvre La Chouette aveugle qui reste singulier et excentrique dans l’histoire littéraire iranienne. Cette œuvre semble s’être lovée dans la conscience des textes occidentaux et orientaux qui hante son écriture. En marge de deux sociétés à la fois – celle de la civilisation orientale et celle de la civilisation occidentale – Sadegh Hedayat se retrouve dans une solitude délibérément choisie. Ce présent article a pour objectif d’étudier la situation d’un écrivain iranien exilé qui est coincé entre deux mondes, l’Orient et l’Occident. 
La série québécoise du nouveau millénaire: une sérietélé distinctive
The article shows that the actual renewal of TV series in the last 20 years is also reflected in Quebec production. First, it briefly traces the historical development of the fictional Quebec TV tradition, specifying what characterizes it. Then, it proposes an analysis of some footage of a recent Quebec television series, 19-2, to identify the distinctive traits that define this new production. We conclude by proposing the new word "sérietélé", as Quebec echo of the current international TV series revival.L’article montre que le renouveau de la série télé depuis le nouveau siècle se manifeste aussi au Québec. D’une part, il retrace brièvement le développement historique de la tradition fictionnelle à la télé québécoise en précisant ce qui la caractérise. D’autre part, il étudie quelques séquences d’une série télé québécoise récente, 19-2, afin de cerner les traits qui définissent cette production distinctive, et avance le mot nouveau de sérietélé, comme l’écho québécois du renouveau actuel de la série télé à l’échelle internationale.