Alternative francophone (Journal)
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    An Ecocritical Approach to Identity Representation in Patrick Chamoiseau’s Chronique des sept misères.

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    L’écocritique et les liens entre l’humanité et la nature sont les thèmes persistants dans l’œuvre de l’auteur martiniquais Patrick Chamoiseau. Dans son premier livre, Chronique des sept miseres (1986), il écrit : ‘“Il faut accompagner l’énergie du monde frère, pas la soumettre”’ (Chronique 140), un argument qui lève le voile sur la lutte entre le pouvoir européen et l’Autre pendant la période de la colonisation, et il démontre que la nature et les êtres humains ont été contrôlés par les mêmes colonisateurs. Cet article monte comment la conquête de la terre et celle de l’identité par les pouvoirs européens sont étroitement liées dans les Amériques, et comment cette conquête représente la source de l’exploitation postcoloniale subséquente de la Martinique et de la Guadeloupe par la métropole. Une analyse approfondie de Chronique par Chamoiseau révélera comment l’auteur représente la conscience universelle, qui vise à unifier l’humanité et la nature par sa présentation des relations entre les personnages et la terre, et la personnification du monde naturel. Cet article examine les liens entre l’identité et l’environnement dans Chronique et la façon dont Chamoiseau résiste au dualisme entre la nature et l’humanité par le moyen de ces liens. Ensuite, il sera question de la relation entre l’intervention coloniale et de l’exploitation à la fois de l’humanité et de la nature et les problèmes de la production alimentaire dans la région, avant d’examiner le rôle que le capitalisme et le consumérisme ont joué dans la perpétuation de ce dualisme

    L\u27islamisme, le temps et la femme dans Je viens d\u27ailleurs de Chahdortt Djavann

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    Chahdortt Djavann est une écrivaine franco-iranienne de langue française installée en France depuis 1993. Ayant passé sa jeunesse en Iran et ayant vécu la Révolution iranienne, elle écrit son premier roman, Je viens d’ailleurs (2002), en français, une langue qu’elle ne connaissait pas à son arrivée en France. Dans ce roman autobiographique, Djavann raconte son retour en Iran des années après avoir quitté le pays. A la recherche de l’Iran de son adolescence, Djavann se heurte à la réalité brutale d’un pays qui a rompu avec son passé. Un pays qui écrit désormais une nouvelle page de son Histoire, une page de laquelle le passé de l’écrivaine, son militantisme, ses amitiés et ses bons souvenirs sont effacés. Dans cet article, il sera question de montrer comment l’écrivaine livre dans son premier roman un point de vue franc et acéré sur la société iranienne postrévolutionnaire. Nous proposons ainsi d’étudier comment la société iranienne régie par l’islamisme est écrite et représentée dans le roman de Djavann. Dans Je viens d’ailleurs, le persan est écrit en français et la société iranienne postrévolutionnaire est décrite au prisme de la francophonie. Héritière du lyrisme persan et hôte de la culture francophone, Chahdortt Djavann illustre le mariage parfait entre deux cultures littéraires à la poétique exacerbée

    L’efficacité de l’écriture dans Fukushima. Récit d’un désastre (2012) de Michaël Ferrier : contre la résignation face à la catastrophe.

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    In Fukushima. Story of a disaster, published in 2012, Michaël Ferrier recounts his experience regarding a catastrophe that he partly lived from within: the French writer and academic has been living in Tokyo for more than twenty-five years, and was on the scene on March 11, 2011 when one of the largest earthquakes in Japan\u27s history occured. The tsunami and the subsequent nuclear disaster led him to the north of the country, close to the ravaged area of Fukushima, where it was necessary to help the survivors, but also to discover for himself the extent of the disaster by gathering their testimonies. The consequences of the nuclear incident that took place at the Fukushima power plant are finally developed in the third and last part of the book, where the author explains to what "half-life" the Japanese are now condemned. The book could have therefore been limited to a purely informative, documentary purpose. But the ambition of its author is quite different, and engages the question of the efficiency of the writing. It is here that he shares the very sensory experience of the earthquake, and makes us fully understand the upheaval of the world it involves. The stories of the victims of the tsunami, poignant but modest, the images of the devastated landscapes available to the eyes through the pen of Michael Ferrier then solicit our responsibility. When one discovers the horror of the atomic situation in the country, with its procession of contaminations, one can hear the bitter and biting irony of the author as the expression of an unappeasable revolt. Because even today, the disaster of Fukushima is prolonged: the writing of Michael Ferrier makes us sensitive to its violence as well as the need to remain vigilant and active.Avec Fukushima. Récit d’un désastre, publié en 2012, Michaël Ferrier nous livre son expérience d’une catastrophe qu’il a en partie vécue de l’intérieur : l’écrivain et universitaire français habite en effet à Tokyo depuis plus de vingt-cinq ans, et se trouvait sur les lieux le 11 mars 2011 lorsque s’est déclenché l’un des plus grands séismes de l’histoire du Japon. Le tsunami et la catastrophe nucléaire qui lui ont succédé l’ont par la suite conduit à remonter en direction du nord du pays, tout près de la zone ravagée de Fukushima : il s’agissait alors pour lui de porter secours aux survivants, mais aussi de découvrir par lui-même l’ampleur du désastre en recueillant leurs témoignages. Les conséquences des accidents nucléaires qui ont eu lieu dans la centrale de Fukushima sont finalement développées dans la troisième et dernière partie de l’ouvrage, où l’auteur explique à quelle « demi-vie » les Japonais sont désormais condamnés. L’ouvrage pourrait donc se limiter à une visée purement informative, documentaire. Mais l’ambition de son auteur est tout autre, et engage la question de l’efficacité de l’écriture. Il s’agit en effet ici de nous faire partager l’expérience très sensorielle du séisme, de nous faire saisir pleinement le bouleversement du monde qu’il implique. Les récits des victimes du tsunami, poignants mais pudiques, les paysages dévastés qui s’offrent aux regards à travers la plume de Michael Ferrier sollicitent ensuite notre responsabilité. Lorsque l’on découvre l’horreur de la situation atomique dans le pays, avec son cortège de contaminations, on peut entendre l’ironie amère et mordante de l’auteur comme l’expression d’une révolte inapaisable. Car aujourd’hui encore, le désastre de Fukushima se prolonge : l’écriture de Michaël Ferrier nous aura rendus sensibles à sa violence ainsi qu’à la nécessité de demeurer vigilants et actifs.&nbsp

    Introduction

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    Introduction du numéro spécia

    Une poétique des espaces : lecture écocritique des géographies et langages hybrides dans Verre Cassé

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    The novel Verre Cassé by Alain Mabanckou offers an alternative reality of contemporary Africa. Through the writings of the eponymous character, the reader enters into the daily life of a poor neighborhood in Pointe-Noire, Republic of the Congo. The book gives voice to this typically mute space; through playful language alternating between literary and popular French registers, simultaneously global and local. This article analyses language’s role in creating an opening to the world’s complexity and its possibility of creating unexpected relations between distant geographical spaces. Verre Cassé seems to provide us an “in-between” mode of existence: between literary and popular French, between local awareness and a more global engagement. This article proposes to examine the relationship between the local (in the “Trois-Cents” neighborhood) and the global space (Republic of the Congo, France, or the world at large) in Verre Cassé. To what extent does language permit both local rootedness and global openness at the same time? Drawing inspiration from several essential geographical notions, this article will analyse Mabanckou’s novel as a poetics of space. Finally, in examining the theories of Édouard Glissant (Relation, “Tout-monde”, “mondialité”), this study explores the original vision of space that Mabanckou proposes, while demonstrating the relevance of ecocritical approaches for francophone literatures.Le roman Verre Cassé d’Alain Mabanckou présente une nouvelle réalité de l’Afrique. A travers les écrits du personnage éponyme, le lecteur entre dans la vie quotidienne d\u27un quartier pauvre à Pointe-Noire, au Congo. Le livre est un effort de donner une voix à cet espace normalement muet ; dans un langage qui est toujours à mi-chemin entre le français littéraire et le français populaire, Verre Cassé représente une manière de tenir compte de plusieurs espaces, tant global que local. Cet article se propose d’analyser le rôle que joue le langage dans cette ouverture aux complexités du monde et dans la mise en relation de plusieurs espaces géographiques. Verre Cassé semble nous donner un moyen d’existence « entre-deux » : entre le français littéraire et populaire, entre une prise de conscience locale et un engagement plus global. Cet article se propose donc d’examiner le rapport entre l’espace local (dans le quartier Trois-Cents) et l’espace global (le Congo, la France, ou le monde en général) dans Verre Cassé. Dans quelle mesure peut-on dire que le langage permet un enracinement et une ouverture en même temps? À partir de quelques notions géographiques de base, cet article analyse le roman de Mabanckou comme une poétique des espaces. Enfin, en examinant les théories de Glissant (Relation, Tout-monde, mondialité), l’étude explore la vision originale de l’espace que propose Mabanckou tout en démontrant la pertinence des approches écocritiques portant sur des littératures francophones.&nbsp

    L’imaginaire “vrai” : Françoise Lalande, entre biographie et biofiction

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    Cette étude se propose de réfléchir sur les sept textes de Françoise Lalande qui se situent aux frontières entre la biographie et la biofiction. Après un bref aperçu théorique sur ces genres narratifs, très importants surtout dès les années 80 et jusqu’à nos jours, nous procéderons à une réorganisation des ouvrages de l’auteure, en fonction de la problématique générique, puisque ces biofictions sont non seulement narratives mais aussi dramatiques et même poétiques. Les différents textes se basent sur la vie, ou des épisodes de vies, des personnages d’un univers culturel qui vont de Jean-Jacques Rousseau à Christian Dotremont. Le présent article considère les procédés de représentation des différents personnages, ainsi que les thèmes ou les préoccupations majeures qui y sont évoqués : a production artistique et sa relation avec le malheur, les pertes de l’enfance, les relations familiales, les amours parfois tragiques, la tentation du suicide, et toujours, la quête d’un bonheur qui se dérobe. Finalement, nous nous demandons ce qui pousse l’auteure à se greffer sur ces vies tourmentées et son éventuel lien avec le reste de son œuvre

    Le théâtre francophone à Calgary et ses publics –la recherche de communautés identitaires caractérisées par la dispersion et la pluralité, ouvertes à la diversité

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    Abstract Theatre in French has existed in Calgary for more than a century. However, this existence has been difficult. Before and around the turn of the twentieth century, theatrical activities formed an integral part of community events, at the heart of which was the French language, a shared religious faith and a sense of belonging felt by the those living in Rouleauville, a village situated near the forks of the Bow and Elbow rivers. It was the arrival in this place of thousands of English-speaking immigrants, thanks to the newly constructed railroad, which brought about the dispersal of the inhabitants of the village and resulted in its disappearance as Rouleauville. Subsequent to the arrival of these waves of immigrants, the village was rebaptised as part of Calgary. The name of the church was anglicised; the streets all lost the names of its francophone founders and were replaced by numbers. The consequence of this dispersal still exists today insofar as there exists in Calgary neither a francophone quarter nor a neighborhood identifiable as coherently francophone. Although there are thousands of Francophones in Calgary today and schools at all levels, this geographical scattering and this absence of shared demographics (made worse by the diverse origins and employment of these French-speaking people) stand in the way of the development of a large and loyal theatre public. Initiatives throughout the twentieth century to do theatre in French in Calgary have invariably been faced with the harsh reality of a scattered and unengaged public. There has never been a francophone professional company in this city. In the twenty-first century, the support of Canadian and Alberta francophone organisations bring hope for the survival of the theatre cooperative, le Théâtre à pic, which has been active for a decade. This company has permanent access for the first time in Calgary to a suitable theatre space: la Cité des Rocheuses.Cet article trace l\u27histoire plutôt difficile des diverses étapes de l\u27activité théâtrale francophone à Calgary. L\u27auteure insiste surtout sur les obstacles créés par l\u27absence centenaire dans cette ville d\u27un quartier francophone, et donc d\u27une collectivité cohérente.&nbsp

    Les belles rencontres d’une « Belge méchante »

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    Dans ses œuvres de critique, mais aussi dans ses romans où les personnes réelles se muent en personnages, Françoise Lalande fait part de ses rencontres impromptues ou prolongées avec Jean-Jacques Rousseau, Arthur Rimbaud (et sa mère Vitalie Cuif), Vincent Van Gogh, Alma Mahler, Christian Dotremont, Germain Nouveau et d’autres. Loin de pratiquer l’hagiographie et particulièrement soucieuse de recréer l’atmosphère dans laquelle ils ont créé, Lalande entretient un commerce familier avec les artistes, les écrivains, les poètes surtout. Elle les piste sur tous les chemins qu’ils ont foulés, dans leurs œuvres, leurs tableaux, leurs poèmes, mais aussi dès qu’elle le peut dans la réalité de ce que fut leur vie. Elle cherche à les rencontrer partout, dans des lieux insolites ou de pure fiction, mais aussi dans les lieux réels où ils ont vraiment vécu

    Lalande, écrivaine de passions et de combats

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    De par son vécu, Françoise Lalande sait qu’une enfance heureuse ou une enfance triste produisent des êtres au destin fort différent. Ceux qui, comme elle, ont grandi dans une famille « handicapée de l’amour » devront tout au long de leur vie chercher une impossible compensation que d’aucuns trouveront vaille que vaille dans l’expression d’un art, telles la littérature et l’écriture d’une (auto)fiction haute en couleur. Une existence de nomade, pleine de passions et combats, telle est la voie que s’est proposée cette humaniste d’une sensibilité à fleur de peau, dont nous retraçons, dans un premier temps, l’itinéraire bio-bibliographique, dans un second temps, le parcours fictionnel. Avec, en bout de course, l’apaisement et le bonheur que procurent la découverte d’un mystère longtemps caché et la victoire dans la dure lutte contre le fatum familia

    D\u27un monde boiteux au bonheur retrouvé : abolition des contradictions dans quelques romans de Françoise Lalande

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    Du Gardien d’abalones à Nous veillerons ensemble sur le sommeil des hommes, en passant par La Séduction des hommes tristes, Françoise Lalande trace la voie d’une compréhension des contradictions inhérentes à l’humain. Si celles-ci restent insolubles dans le premier roman au point d’en tuer la protagoniste (Louise Keil), elles trouvent un point de conciliation à travers l’amour des deux personnages de La Séduction des hommes tristes, en une fusion éphémère, car vouée à la mort. Cette contradiction irrésolue entre la vie et la mort, la plus insoluble sans doute, se dénoue dans l’amour entre trois personnages, qui, unis par une loyauté fraternelle, se donneront ensemble une mort douce

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