The Canadian Journal of Hospital Pharmacy (CJHP) / Le Journal canadien de la pharmacie hospitalière (JCPH)
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Utilisation des jeux d’évasion en santé : une revue de littérature
RÉSUMÉContexte : Il existe différentes stratégies pédagogiques permettant l’apprentissage, tant en milieu universitaire qu’en milieu professionnel. Parmi toutes ces stratégies, on note l’émergence de simulation ayant recours au concept de jeu d’évasion.Objectif : L’objectif était de recenser les modalités entourant l’utilisation, la conception et la réalisation de jeux d’évasion dans le domaine de la santé.Sources des données : Les recherches sur Pubmed, Embase et CINAHL ont été effectuées jusqu’au 3 décembre 2018. Sélection des études : Toutes les études portant sur la conception ou la réalisation de jeux d’évasion dans le domaine de la santé, en anglais et en français, ont été incluses. Extraction des données : Le pays, la population cible, la conception, la réalisation, la méthode d’évaluation et les résultats ont été extraits.Synthèse des données : Sept résumés de communication affichée et neuf articles ont été inclus. Douze jeux d’évasion ont été réalisés aux États-Unis. Ils sont utilisés en médecine (n = 5), en pharmacie (n = 4), en sciences infirmières (n = 4) ainsi que dans d’autres disciplines (n = 3), principalement dans un cadre pédagogique universitaire (n = 12) mais aussi professionnel (n = 4). Leurs objectifs visaient à améliorer les connaissances (n = 8), à augmenter l’intérêt et la motivation des participants pour un sujet précis (n = 2) et à améliorer la cohésion et la communication dans une équipe (n = 2). Dix des jeux d’évasion décrits dans les articles étaient basés sur un scénario orienté vers la clinique. Dix équipes ont réalisé un débriefing avec les participants, une équipe n’en a pas fait et cinq articles ne mentionnaient pas cette information.Conclusion : Il existe peu de données entourant l’utilisation de jeux d’évasion en santé. Il est trop tôt pour juger de l’efficacité de cette approche. Toutefois, l’intérêt grandissant justifie l’instauration d’une veille documentaire pour suivre l’évolution et mieux comprendre la place de ce type de stratégie dans l’apprentissage en santé.ABSTRACTBackground: Many different teaching strategies are used to promote learning in an academic or professional environment. Among these can be noted the emergence of simulation, based on the concept of escape games.Objective: To identify methodologies relating to the use, design, and implementation of escape games in health care.Data Sources: The Pubmed, Embase, and CINAHL databases were searched up to December 3, 2018.Study Selection: All studies focusing on the design or development of escape games in the health care field (published in English or French) were included.Data Extraction: For each study, the country, target population, design, development, method of evaluation, and results were extracted for analysis.Data Synthesis: Seven poster abstracts and 9 published articles were included. Twelve escape games were developed in the United States. They were used in medicine (n = 5), pharmacy (n = 4), nursing (n = 4) and other fields (n = 3), mainly within academic teaching contexts (n = 12) but also in professional settings (n = 4). Their goals were to improve knowledge (n = 8), to increase participants’ interest and motivation regarding a specific topic (n = 2), and to improve cohesion and commu-nication within a team (n = 2). Ten of the escape games described in the articles were based on a clinical scenario. Ten of the research teams held debriefings with participants, and one did not; 5 articles did not report information about debriefing.Conclusions: Few data exist concerning the use of escape games in the health care setting, and it is too early to judge the efficiency of this approach to learning. However, growing interest justifies systematic monitoring of the literature to follow the evolution of such strategies and to better understand their place in health care education
Evaluation of a Novel Audit Tool for Medication Reconciliation at Hospital Discharge
ABSTRACTBackground: Discharge medication reconciliation (MedRec) is designed to reduce medication errors and inform patients and key postdischarge providers, but it has been difficult to implement routinely in Canadian hospitals.Objectives: To evaluate and optimize a new discharge MedRec quality audit tool and to use it at 3 urban teaching hospitals.Methods: The discharge MedRec quality audit tool, developed by the Canadian Patient Safety Institute and the Institute for Safe Medication Practices Canada, was assessed and modified to improve comprehensiveness, clarity, and quality. The modified tool was then used to evaluate the quality of the discharge MedRec process for adult patients discharged to home from the general internal medicine service at 3 academic hospitals. Postdischarge telephone interviews were conducted with consenting patients, their community pharmacists, and their family doctors.Results: The audit tool required modification to include aspects of admission MedRec, high-risk medication discrepancies, and direct communication of discharge MedRec to key follow-up providers. Thirty-five patients (mean age 67.7 years, standard deviation [SD] 18.0 years; 17 [49%] women), with a mean of 8.8 (SD 4.5) prescribed medications at discharge, participated in the discharge MedRec evaluation. Documentation of any discharge MedRec was found for only 1 patient (3%), and no discharge MedRec was carried out by pharmacists. Postdischarge follow-up interviews elicited major gaps in communication with community pharmacists and with family physicians, which could lead to serious medication errors.Conclusions: The modified audit tool was useful for identifying gaps in the quality of discharge MedRec.RÉSUMÉContexte : Le bilan comparatif des médicaments (BCM) au moment du congé est conçu pour réduire les erreurs médicamenteuses et informer les patients ainsi que les principaux prestataires de soins de santé après le congé, mais sa mise en œuvre systématique dans les hôpitaux canadiens s’est heurtée à de grandes difficultés.Objectifs : Évaluer et optimiser un nouvel outil d’évaluation de la qualité du BCM au moment du congé et l’utiliser dans trois hôpitaux universitaires urbains.Méthodes : Cet outil développé par l’Institut canadien pour la sécurité des patients (ICSP) et l’Institut pour la sécurité des médicaments aux patients du Canada (ISMP) a fait l’objet d’une évaluation et d’une modification visant à améliorer son exhaustivité, sa clarté et sa qualité. L’outil modifié a ensuite servi à évaluer la qualité du processus du BCM pour des patients adultes ayant obtenu leur congé après un séjour dans un service général de médecine interne dans trois hôpitaux universitaires. Des entretiens téléphoniques après le congé ont été menés avec les patients consentants, leur pharmacien communautaire et leur médecin de famille.Résultats : L’outil d’évaluation a dû être modifié pour inclure le BCM au moment de l’admission, des écarts de médication à haut risque et une communication directe du BCM aux prestataires de soins de santé principaux chargés du suivi après le congé. Trente-cinq patients (âge moyen : 67,7 ans; écart type [ET] 18 ans; 17 [49 %] femmes), chacun ayant reçu en moyenne 8,8 (ET 4,5) médicaments prescrits, ont participé à l’évaluation du BCM au congé de l’hôpital. Au moment du congé, on n’a trouvé de renseignements relatifs au BCM que pour un seul patient (3 %) et aucun BCM n’avait été préparé par les pharmaciens. Le suivi après le congé a généré des écarts de communication importants entre les pharmaciens communautaires et les médecins de famille, ce qui pourrait entraîner des erreurs médicamenteuses importantes.Conclusions : L’outil d’évaluation modifié a été utile pour déterminer les écarts relatifs à la qualité du BCM au moment du congé.
Implementation of a Clinical Decision Support Tool to Improve Antibiotic IV-to-Oral Conversion Rates at a Community Academic Hospital
ABSTRACTBackground: Antibiotic IV-to-oral (IV–PO) conversion is a key initiative of antimicrobial stewardship programs. Guidelines and education are commonly described interventions to promote IV–PO conversion; however, technological interventions may be more effective in changing practice. Objective: To determine the impact of a clinical decision support (CDS) tool on the adoption and sustainability of an antibiotic IV–PO conversion program at a community-academic hospital.Methods: A quasi-experimental study consisting of 3 phases was conducted. During phase 1, the pre-intervention antibiotic IV–PO conversion rate was determined. During phase 2, the IV–PO conversion policy was updated, education was provided to pharmacists and physicians, and a post-intervention evaluation was conducted. During phase 3, a CDS tool was developed to generate real-time electronic alerts prompting pharmacists to assess antibiotic therapy, and post-intervention audits were performed 1 month, 3 months, and 15 months after implementation of the tool. Pantoprazole IV–PO conversion was assessed during each phase as a non-equivalent dependent variable. The primary outcome was the proportion of patients eligible for IV–PO conversion who were switched to oral therapy. Results: Of 332 patients receiving targeted IV antibiotic therapy during the overall study period, 122 (37%) met the criteria for IV–PO conversion. The phase 2 IV–PO conversion rate of 35% (9/26) was comparable to the pre-intervention rate of 29% (10/35) (p = 0.61). Implementation of the CDS tool significantly increased the conversion rate to 78% (14/18), an increase that was sustained at 3 months (71% [17/24]) and 15 months (74% [14/19]) after implementation (p < 0.05 for all comparisons with phases 1 and 2). Pantoprazole conversion rates were similar across all phases.Conclusions: Implementation of the CDS tool was effective in improving and sustaining antibiotic IV–PO conversion rates and enhancing policy compliance beyond the effects of policy revision and education. Refinement of both the policy and the tool is warranted to maximize adoption of the IV–PO conversion program.RÉSUMÉContexte: Le passage de l’antibiothérapie par voie intraveineuse (IV) à la voie orale (PO) (IV-PO) est une initiative clé des programmes de gestion des antimicrobiens. On a communément recours à des formations et à des lignes directrices pour encourager le passage d’une voie à l’autre; cependant, les interventions technologiques sont parfois plus efficaces pour favoriser le changement de pratique. Objectif : Déterminer l’impact d’un outil d'aide à la décision clinique (ADC) sur l’adoption et la viabilité d’un programme de conversion IV-PO dans un hôpital universitaire.Méthodes : Une étude quasi expérimentale en trois phases a été menée. La première phase a permis la détermination du taux de conversion IV-PO avant l’intervention. La deuxième phase concernait l’actualisation de la politique de conversion IV-PO, la formation des pharmaciens et médecins et la conduite d’une évaluation après l’intervention. La troisième phase a vu le développement d’un outil ADC qui génère des alertes électroniques en temps réel pour inciter les pharmaciens à évaluer l’antibiothérapie. Des évaluations ont en outre été effectuées 1 mois, 3 mois et 15 mois après la mise en place de l’outil. Le passage de l’administration du pantoprazole par voie intraveineuse (IV) à voie orale (PO) a été évalué au cours de chaque phase comme une variable dépendante non équivalente. Le résultat principal fut la proportion de patients admissibles à la conversion IV–PO qui ont été orientés vers un traitement par voie orale.Résultats : Des 332 patients recevant une antibiothérapie ciblée par voie intraveineuse (IV) pendant l’étude, 122 (37 %) répondaient au critère de la conversion IV–PO. Le taux de conversion IV–PO de 35 % (9/26) de la phase 2 était comparable au taux avant l’intervention de 29 % (10/35)(p = 0,61). La mise en place de l’outil ADC a grandement augmenté le taux de conversion, qui est passé à 78 % (14/18) : une augmentation maintenue trois mois (71 % [17/24]) et 15 mois (74 % [14/19]) après la mise en place (p < 0,05 par rapport aux phases 1 et 2). Les taux de conversion du pantoprazole étaient similaires durant toutes les phases.Conclusions : La mise en place de l’outil ADC a permis d’améliorer et de maintenir les taux de conversion IV–PO et de renforcer le respect des politiques au-delà des effets de la révision des politiques et de la formation à celles-ci. Le perfectionnement de la politique et de l’outil se justifie pour maximiser l’adoption du programme de conversion IV–PO
2019 CSHP National Awards Program Winners / Programme national des prix 2019 de la SCPH : lauréats et lauréates
Real-Life Frequency of New-Onset Thrombocytopenia during Linezolid Treatment
ABSTRACTBackground: Thrombocytopenia is a well-recognized adverse effect of linezolid; however, the frequency of this adverse effect during therapy has been variable across previous studies, and the associated risk factors are unclear. Objectives: To identify the real-life frequency of new-onset thrombo -cytopenia due to linezolid and to determine the associated risk factors. Methods: A retrospective observational cohort study was conducted among consecutive inpatients at a tertiary care hospital who received linezolid for a minimum of 5 days between January 2013 and August 2017. Data were extracted from electronic medical records obtained from a hospital database. Thrombocytopenia was defined as platelet count less than 100 × 109/L or a 50% reduction from baseline (i.e., before linezolid initiation). Risk factors were identified by comparing the characteristics of patients who experienced the adverse effect during linezolid therapy with those of patients who did not experience the adverse effect. Continuous data were analyzed with the t test and categorical data with the 2 test. Results: A total of 102 patients were included (38 women, 64 men; overall mean age 50 years, standard deviation [SD] 21). The mean duration of linezolid therapy was 14 (SD 10) days. Thrombocytopenia occurred in 18 patients (17.6%). Risk factors for the development of thrombocytopenia included mean duration of therapy (22 [SD 18] days versus 12 [SD 7] days; p = 0.023), renal replacement therapy (17% versus 4%; p = 0.032), renal impairment (61% versus 32%; p = 0.021), and concomitant administration of unfractionated heparin (50% versus 21%; p = 0.013). Conclusions: The real-life frequency of new-onset of thrombocytopenia in patients receiving linezolid for a minimum of 5 days was 17.6%. Risk factors for linezolid-induced thrombocytopenia included prolonged duration of therapy, renal impairment, and concomitant unfractionated heparin.RÉSUMÉContexte : La thrombopénie est une réaction indésirable bien connue, induite par le linézolide; cependant, la fréquence de cette réaction indésirable pendant le traitement hvariait d’une étude à l’autre et on ignore quels sont les facteurs de risque associés à cet antibiotique. Objectifs : Découvrir la fréquence réelle des nouveaux cas de thrombopénie causés par le linézolide et déterminer les facteurs de risque qui lui sont associés. Méthodes : Une étude de cohorte observationnelle rétrospective a été menée auprès de patients hospitalisés consécutivement dans un hôpital de soins tertiaires, qui ont reçu du linézolide pendant au moins cinq jours entre janvier 2013 et août 2017. Les données ont été tirées des dossiers médicaux électroniques provenant d’une base de données d’un hôpital. La thrombopénie a été définie comme un taux de plaquettes de moins de 100 × 109/L ou comme une réduction de 50 % de leur valeur initiale (c’est-à-dire, avant l’amorce du traitement au linézolide). Les chercheurs ont établi les facteurs de risque en comparant les caractéristiques des patients ayant subi la réaction indésirable pendant leur traitement au linézolide avec les caractéristiques des patients n’ayant pas subi cet effet indésirable. Les données continues ont été analysées à l’aide d’un test t et les données catégoriques à l’aide d’un test de 2. Résultats : Au total, 102 patients ont été admis (38 femmes, 64 hommes; âge moyen de 50 ans, écart-type de 21). La durée du traitement au linézolide était de 14 jours (écart-type de 10). Dix-huit patients (17,6 %) ont souffert de thrombopénie. Parmi les facteurs de risque de thrombopénie, on comptait la durée moyenne du traitement (22 jours [écart-type de 18] contre 12 jours [écart-type de 7]; p = 0,023), le traitement de suppléance rénale (17 % contre 4 %; p = 0,032), l’insuffisance rénale (61 % contre 32 %; p = 0,021) et l’administration concomitante d’héparine non fractionnée (50 % contre 21 %; p = 0,013). Conclusions : La fréquence réelle de nouveaux cas de thrombopénie parmi les patients recevant du linézolide pendant un minimum de 5 jours était de 17,6 %. Parmi les facteurs de risque de thrombopénie associés au linézolide, on mentionne l’allongement de la durée du traitement, l’insuffisance rénale et l’administration concomitante d’héparine non fractionnée.