Madagascar Conservation & Development (E-Journal)
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Bats as bushmeat in Madagascar
Bats are eaten by people throughout Madagascar and although the larger species like Pteropus rufus, Eidolon dupreanum, Rousettus madagascariensis and Hipposideros commersoni are preferred, small insectivorous bats are also eaten. The national hunting season for bats is widely ignored and both unsuitable hunting practices and high offtake represent a serious threat to bat populations in some areas. Bat bushmeat may be an important source of protein for Malagasy people during periods of food shortage but in general there are few data on the socioeconomic and cultural importance of bats. Fruit bats produce a single offspring per year and are therefore susceptible to over-hunting. Nevertheless, large roosts offer the possibility of community managed harvests to secure the colony and provide a source of meat but further research is needed before this can be considered. Roost sites also present the best focus for conservation and greater effort is needed to control hunting using existing legislation and flexible community-based solutions that are sensitive to the local context. The threat of pathogen transfer from bats to people is of growing concern as more bat species are identified as vectors of emergent viral diseases.RÉSUMÉLes gens consomment des chauves-souris partout à Madagascar et s’ils préfèrent les plus grandes espèces comme Pteropus rufus, Eidolon dupreanum, Rousettus madagascariensis et Hipposideros commersoni, les petites chauves-souris insectivores sont également consommées. La période d’ouverture nationale de la chasse n’est généralement pas respectée et l’on assiste aussi bien à de mauvaises pratiques cynégétiques qu’à des prélèvements importants qui représentent une menace sérieuse pour les populations de chauves-souris dans certaines régions. Les chauves-souris peuvent constituer une source de protéines importante pour les populations villageoises pendant les périodes de soudure alimentaire mais en règle générale, il existe peu de données sur les valeurs socio-économiques ou culturelles des chauves - souris. Les chauves-souris frugivores ne produisent qu’un seul jeune par an, de sorte qu’elles sont sensibles à la pression de chasse bien que les grands dortoirs pourraient offrir l’occasion d’une exploitation gérée par la communauté pour assurer la sécurité des colonies et fournir une source de protéines mais de plus amples recherches sont nécessaires avant que cette alternative ne puisse être retenue. Les dortoirs constituent également les meilleures cibles des actions de protection de la nature et des efforts plus importants sont nécessaires pour contrôler la chasse en s’appuyant sur la législation nationale ainsi que sur des solutions locales plus souples et adaptées, basées sur la communauté. Les chauves-souris peuvent aussi transmettre des agents pathogènes et cette menace est une source d’inquiétude grandissante car de plus en plus d’espèces de chauves-souris ont été identifiées en tant que vecteurs de maladies virales émergentes.
Radio broadcasting for sustainable development in southern Madagascar
The Millennium Development Goals have been written into the Madagascar Road Map (2007 - 2012) in order to improve the Malagasy social, economic and environmental situation. The Andrew Lees Trust Radio Broadcasting Project in southern Madagascar has been set up to alleviate poverty and, through a recent DFID (Department for International Development) funded evaluation study, has demonstrated its contribution and work towards the United Nations targets set for 2015. This article draws on the DFID study, “The Contribution of Radio to Millennium Development Goals in Southern Madagascar“, to illustrate the project’s success in approaching the main goals of poverty alleviation and education. Radio is a cost effective, non-formal learning medium, which can reach across vast geographic distances to communities in the most remote and isolated regions, and can deliver vital development information to all members of the community irrespective of age, gender, or beliefs. This article reinforces the assertion that radio can act as a vital tool in reaching Millennium Development Goals in Madagascar and beyond.RÉSUMÉ Les Objectifs de Développement du Millénium ont été inscrits sur la Feuille de Route de Madagascar afin d’améliorer la situation sociale, économique et environnementale à Madagascar. Le projet d’émission radiophonique de l’ONG Andrew Lees Trust a été élaboré pour lutter contre la pauvreté et s’est avéré capable d’apporter des éléments décisifs pour atteindre les objectifs fixés par les Nations Unies pour 2015 selon une étude récente du Département pour le Développement International (DFID). Cet article s’inspire des études du DFID “The Contribution of Radio to Millennium Development Goals in Southern Madagascar” pour illustrer en partie la réussite du projet quant à la réalisation des principaux objectifs que sont l’éducation et la diminution de la pauvreté. La radio est un moyen de communication peu onéreux, qui ne nécessite aucune formation particulière mais qui a la capacité de couvrir de vastes zones géographiques pour atteindre les communautés les plus isolées et les plus reculées afin qu’elles aient accès, quel que soit leur age, sexe, et croyance, à des informations essentielles portant sur le développement. Cet article confirme l’importance vitale de la radio pour atteindre les Objectifs de Développement du Millénium à Madagascar
Un arbre ne fait pas la forêt
Un Arbre ne fait pas la Forêt En tant que Malgaches, nous apprécions la beauté de notre patrimoine naturel et la richesse de notre culture. Ces éléments contribuent à modeler le sens collectif de l‘identité et de la fierté nationales à Madagascar. Bien que de divers horizons culturels et géographiques, le peuple malgache se sent uni par ces éléments qui, en même temps, mettent en exergue la diversité du pays. Les Malgaches partagent ces richesses entre eux et invitent les autres à les connaître, à les apprécier et à les respecter. Avec le nouveau Systèmes des Aires Protégées de Madagascar, nous célébrons cet héritage naturel à travers les six catégories d’aires protégées préconisées par l’UICN : les Réserve naturelles intégrales, les Parcs nationaux, les monuments naturels, les Aires aménagées pour l’habitat et les espèces, les Paysages terrestres ou marins protégés et les Aires protégées de ressources naturelles aménagées. Ces symboles nationaux contribuent à notre identité malgache de plusieurs façons. Ils dépeignent une diversité de cultures et d‘environnements naturels. Ceux - ci peuvent être situés dans n‘importe quelle région du pays, au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest. Ce sont des liens tangibles non seulement avec le passé et le présent mais aussi avec le futur. Ces endroits patrimoniaux nous ouvrent une fenêtre sur le monde et mettent en évidence notre devoir d‘assurer de façon continue, la protection et la mise en valeur d‘un patrimoine dont l‘importance dépasse nos frontières. En effet, nous assistons à l’heure actuelle, à un foisonnement de projets, nationaux et internationaux, de recherche générant ainsi des données considérables et nous ne pouvons que nous en féliciter. Il suffit de consulter les excellents articles, qui traitent de la culture, de la biodiversité et du développement du peuple Malgache, publiés dans le présent numéro du bulletin de MCD, ainsi que dans les précédents, pour s’en convaincre. Ces données nous sont utiles pour honorer notre devoir envers la conservation de ce patrimoine naturel, ce qui nous permettra de transmettre à la génération suivante un patrimoine intact, plus ou moins ! Mais, comme nous le savons tous, la nature est encore loin d’avoir livré tous ses secrets. Ce qui m’amène à dire que la recherche ne doit plus être l’apanage des chercheurs uniquement ! Encore mieux, la compréhension de son importance doit dépasser les cercles de la communauté scientifique, des responsables de la gestion des ressources naturelles et des responsables politiques, et intéresser tout un peuple car, finalement, les résultats de ces recherches visent à promouvoir son développement harmonieux dans son propre environnement naturel et culturel. Ainsi, quelle que soit la modestie de nos connaissances, quels que soient nos manques en ressources et quels que soient nos retards sur la technologie, nous avons tous le devoir d’apporter à la recherche notre contribution.A Tree does not make a Forest As Malagasy, we appreciate the beauty of our natural patrimony and the richness of our culture. These elements contribute to the collective sense of national identity and pride in Madagascar. Despite having different cultural and geographical horizons, the Malagasy people feel united through these elements, which at the same time stress the diversity of the country. The Malagasy share this richness amongst each other and invite others to experience it, to appreciate it and to respect it. With the new system of protected areas of Madagascar, we celebrate this natural heritage throughout all of the six categories of protected areas recognised by the IUCN: the strict nature reserves, the national parks, the natural monuments, the areas established for habitat and species, the protected terrestrial or marine areas and the protected areas for the conservation of natural resources. These national symbols contribute in different ways to our identity. They depict a diversity of culture and natural landscapes. These can be located at any region of the country, north or south, east or west. They are tangible links not only to the past and the present but also to the future. These sites, our patrimony, open a window to the world for us and underline our duty to reassure in continuous fashion, the protection and development of a heritage whose importance goes beyond our boundaries. Now, we Malagasy are involved more than ever before on a multitude of research projects, both national and international, generating considerable data and we can only congratulate ourselves for that. It suffices to consult the excellent articles on culture, biodiversity and the development included in this present issue of the journal MCD, as well as in the previous ones, for a concrete demonstration of our active participation in research. This data is useful for us to honour our duty towards the conversation of this natural heritage, guiding us as to how best to pass our natural legacy to the next generation. But, as we all know, nature is far from having revealed all its secrets. Research activities need to be encouraged yet further, and the fruits of this research must spread far beyond the confines of the scientific community to those responsible for the management of natural resources, to politicians, and out into the realms of the whole nation. This information is needed by all concerned with the harmonious development of their natural and cultural environment. So despite our modest knowledge, our lack of resources and our technical inadequacies, we all have the duty to encourage research and be ready to integrate its results into our decision-making
Behavior and diet of the Critically Endangered Eulemur cinereiceps in Manombo forest, southeast Madagascar
Manombo Special Reserve is a parcel of rainforest along the southeastern coast of Madagascar, containing eight lemur species, including the White-collared brown lemur (Eulemur cinereiceps [Eulemur albocollaris]). Following a drastic cyclone in the region in January of 1997, the population of E. cinereiceps at Manombo was reduced by half. Results indicate that individuals of this critically endangered species at Manombo consume a total of 54 plant species belonging to 24 families, with over two-thirds of the diet comprised of ripe and unripe fruits. White-collared brown lemurs also opportunistically feed on novel food items and invasive plants in their recovering habitat. We report the first record of E. cinereiceps consuming a shelf fungus species growing on invasive trees. During feeding, lemurs tore pieces of the fungus from the trees with their hands and mouth (chewing cycle duration mean 0.28 s; SD 0.01). White-collared brown lemurs also consumed spicy fruits of a non-native plant species (Aframomum angustifolium) growing in highly disturbed open areas. Feeding bouts typically began by stripping away the outer covering with the anterior dentition, with pulp and seeds then consumed (chewing cycle duration mean 0.22 s; SD 0.005). This is the first record of consumption of either of these resources for any lemur species at Manombo. Ability to feed on items like A. angustifolium may permit E. cinereiceps to avoid competition with other species in this highly degraded forest environment.RÉSUMÉ La Réserve Spéciale de Manombo est un fragment de forêt dense humide de basse altitude et située le long de la côte Sud-est de Madagascar. Cette partie de forêt abrite au total huit espèces de lémuriens, y compris le Lémur à collier blanc (Eulemur cinereiceps [Eulemur albocollaris]). Le passage dramatique du cyclone Gretelle dans la région en janvier 1997 a réduit de moitié la taille de la population d’E. cinereiceps dans sa zone de distribution. Les résultats des études effectuées sur les individus restants de cette espèce, qui est classée comme Gravement Menacée, permettent d’énumérer un total de 54 espèces de plantes appartenant à 24 familles qui sont consommées par l’espèce. D’autre part, deux tiers du régime alimentaire d’E. cinereiceps sont représentés par des fruits mûrs ou non. Le Lémur à collier blanc consomme occasionnellement une quantité assez importante de plantes envahissantes pour assurer ses besoins nutritifs, ce qui n’est pas habituel dans l’histoire naturelle de la vie des lémuriens. La présente étude constitue également la première observation de consommation d’une espèce inconnue de champignon par les représentants d’E. cinereiceps. Dans le présent cas, ledit champignon venait juste de pousser sur un pied mort de Cecropia peltata, une espèce allogène et envahissante de la région. Durant la prise de nourriture, l’animal a arraché des morceaux du champignon sur l’arbre mort avec la main et puis la bouche. La partie consommée a été mâchée par l’animal pendant une période de 0,28 s. Le Lémur à collier blanc consomme aussi des fruits épicés d’une espèce de plante allogène (Aframomum angustifolium) qui ne pousse que dans des zones ouvertes et extrêmement dégradées. La prise de nourriture sur cette espèce de plante commence par l’enlèvement de la partie dure du fruit, pour cela l’animal utilise ses dents antérieures très puissantes, puis il tire soigneusement en même temps avec ses dents et sa langue la partie charnue et les graines. Cette prise de nourriture s’effectue pendant une période d’environ 0,22 s. C’était la première fois dans l’histoire des lémuriens de Manombo que des observations ont été effectuées sur un animal en train de manger des espèces de plantes inhabituelles. L’aptitude de manger des espèces de plantes telle que A. angustifolium pourrait permettre à E. cinereiceps d’éviter la compétition avec les autres espèces de lémuriens vivant dans cet environnement dégradé
Image in action
The attachment that we feel to Madagascar compels us to talk about it – its richness, its values, its people and about life lessons learned and taught. As these experiences may differ in many aspects, a journal is the ideal place for sharing our common ideas, as well as expressing our divergent thoughts and theories. It is also a conduit for the exchange and transmission of our ideas and perspectives to the world. Thus, it is the ambition of this journal to talk about Madagascar – it’s natural richness and its conservation, about development and challenges in the country, and more generally about components and facets of conservation and development. In this volume, the Journal launches two new rubrics, which emerged from the energetic enthusiasm of the authors, editors and our friends. Words are not the only way to formulate and share stories, pictures can carry messages as well; and they can speak without using words while still diligently evoking emotions and reactions in all of us. Now, we want to hear what your reactions are; we need to hear and to read how images from Madagascar capture and affect you. The Journal is doing this for the very first time and no matter who, whether men, women, or children, all of them have voiced their feelings about the photo of the little girl on the front cover of this volume. We want you to participate in Voicing Over Pictures, to share your ideas, for those of you not having a scientific based project ready yet, or simply to tell your experience in a different way. For example, those who have the courage to circulate photos and stories about the dead stranded dolphins of the port of Antsohihy. They suspected a link between the sonar systems of Exxon Mobil and the dolphins’ navigation off the coasts of Analalava and Antsohihy (and they may be right, as such correlations are scientifically proven in peer - reviewed publications) even though they did not want to believe that such a tragedy could happen in their Madagascar. These people felt motivated to reach out into the world and show us what is happening. Madagascar can sometimes seem too far away from the rest of the world but this story brings us back to our sense of place in the country. Some pictures have been circulated but lately there has been only a dull silence, as scientists take time to research the issue and publish the evidence that they find. We have received a broad variety of contributions to this volume such as “Bats as bushmeat in Madagascar”. This is not only the first MCD review focussing on Madagascar’s bats, but it also shows some impressive pictures including a rather unusual and unfortunate shot of bats in a context that is more common than you think: the bat on the dinner plate. Another contribution addresses one of the top 25 most endangered primates in the world. Instead of resigning and continuing what others of their ilk have done for generations (and seriously risking a listing in the history books under the chapter ‘Extinct’) the White - collared brown lemur has adapted to new and changing situations and has even been flexible enough to tackle the aftermath of cyclones and start feeding on mushrooms and spicy invasive plants. Is this a recipe for survival? We shall see. In another story, the authors of the Manambolomaty Lake Project draw on local taboos and beliefs to establish a conservation framework for the protection of natural resources – a success story showing how important the traditional knowledge and culture of the local people is to achieving conservation that really matters. Sharing information is important, that is nothing new. Before you can share, however, you need the ability to access it. In a piece about the power of radio, the authors show that radio broadcasting can be utilized beyond the daily spread of news and entertainment: it can also be an effective tool for community outreach. This has so far been ‘off the radar’ for most international aid agencies. Broadcasting information and knowledge over the radio can be an effective tool in the fight to alleviate poverty; which is so far still the biggest challenge in Madagascar. As our words mark the passage of time into history, then you will be part of Madagascar’s history of tomorrow. MCD is presenting another new rubric; Travelling Through Time will be talking about people who have written Madagascar’s history in the past century, about people who were building on Madagascar’s milestones for present and future conservation and development endeavours. There are people who have been participating in Madagascar’s history. Some of them are almost living legends; they have made their imprints on this island; and whether they are appreciated or not, people talk about these personalities. At the beginning of the 19 th century oil mining industries (often with governments in the background) were endorsing renowned geologists for their endeavours such as Raymond Decary (1891 - 1973) who over the years became an accomplished humanist and naturalist. There is also the story of Charles A. Domergue, a hydro - geologist who also ended up dedicating his life to development in southern Madagascar where he pursued scientific studies and the conservation of the biological riches of Madagascar that mesmerized him. We invite you to talk in Travelling Through Time about your own heroes, men and women who have been the pioneers and advocates for Madagascar’s Conservation and Development. Returning to the picture as a medium of information, some of these are also meant to satisfy the classic clichés, the ones that reinforce stereotypes that the rest of the world has about Madagascar. Madagascar is a country of the South, and the world expects to see pictures mirroring these characteristics. In the South, mining is often married with the traditional picture of gold miners: deep pits bored by using the angady (the Malagasy spade), causing sweaty and muddy foreheads on the miners’ emotionless faces while the mining dumps grow bigger and taller. One might think of a new Germinal or Assommoir - like novel of Emily RaZola’s, with the toka Gasy replacing the absinthe, with the North pointing fingers and watching the South. However, the question remains, what is the real picture? Modern mines are equipped with sophisticated exploitation tools, and the companies have the backing of conduits of social and environmental impact studies, employing an international guild of workers, efficient and trained in using the latest technology, rearing to go. The Journal would like to call upon people who know about these mining activities and who are studying specific social, economic and environmental impacts; people who also are aware that these activities are unavoidable, and people who know that tropical forests are disappearing quickly from the maps of Madagascar, and with them the Indris that sing no longer, crying if they only could. We need these people to tell their stories and share their expertise and experience, since we all want to know and would like to understand what the benefits and negative impacts of large - scale mining or farming are for Madagascar. The Journal would like to emphasize one more time that sharing information between agencies (governmental and non), universities and private persons is crucial. Whether you are in the field, in a forest, a community or a laboratory; sharing and informing is the most important step to moving Madagascar further ahead! You can simply share your impressions of the breath - taking photo on this volume’s cover (which has been kindly contributed by Peter Oxford and Reneé Bish); as college students, children and older people have done, or you can go further and contribute more to the information sharing in the pages of this Journal. Submit us your stories and impressions as photo essays, or bring your experiences and findings to paper and send us articles, reviews or essays. We are sure you will enjoy the articles in this issue and we hope to see more in the near future.Image en Action Comme tous ceux qui sont affectivement attachés à Madagascar, nous aimons parler de cette grande île, de ses richesses, de ses valeurs profondes, de ses gens, des leçons de vie qu’ils nous ont inculquées, mais si nos expériences aux uns et aux autres ont Madagascar en commun, elles diffèrent certainement en tous points et un journal est ainsi le lieu idéal pour échanger nos points de vue. Ici nous voulons parler des richesses naturelles de Madagascar et de leur protection, de développement et des défis à relever, ou un seul aspect lié à la protection de la nature ou au développement mais surtout et avant tout, nous invitons des hommes et des femmes à prendre la parole. Le journal lance ainsi deux nouvelles rubriques qui sont nées de l’enthousiasme des auteurs, des éditeurs et de nos amis qui partagent tous cette même volonté de communiquer ; les mots sont loin d’être les seuls outils de communication et si nous ne pouvons employer tous les moyens ici, nous savons cependant que les images véhiculent bien des messages, ont cet incroyable pouvoir de nous émouvoir et nous parlent. Et nous avons besoin de vous, de vous entendre, de vous lire, comme nous l’avons fait ici lorsque nous avons donné la parole à des femmes, des hommes et des enfants pour qu’ils nous disent avec leurs mots, leur sensibilité, ce qu’ils ont entendu dans les yeux de cette enfant. Et nous vous attendons pour participer à cette rubrique ‘Voicing Over Pictures’ ou ‘Paroles d’Images’ pour partager vos idées, pour communiquer en attendant d’avoir matière à produire un article scientifique, ou pour le dire autrement. Nous pensons par exemple à ceux d’entre vous qui ont eu le courage de faire circuler ces photos de dauphins échoués dans le port d’Antsohihy. Certains ont soupçonné un rapport entre les sonars à balayage latéral d’Exxon Mobil et l’échouage des dauphins sur les côtes proches d’Analalava et d’Antsohihy, ils ne peuvent pas avoir tort car tout cela est connu depuis bien longtemps ; de tels faits sont scientifiquement prouvés et publiés dans des revues à comité de lecture, mais ceux qui constataient les faits sur les côtes malgaches ne voulaient tout simplement pas croire que cela se passait aussi chez eux, en étaient émus, voulaient le hurler, et très fort car Madagascar est parfois tellement loin du reste du monde ! Quelques photographies circulèrent mais furent rapidement remplacées par un silence pesant car la science a besoin de bien plus d’éléments et qu’il lui faut du temps pour procéder aux recherches et mettre ses résultats sous presse. Nous avons reçu des contributions variées pour ce volume et pour n’en citer que quelques unes, l’article « Bats as bushmeat in Madagascar » est une première sur les chauves-souris pour le journal mais qui nous montre des images impressionnantes de ces animaux dans un contexte qui n’est pourtant pas inhabituel, celui où ils se retrouvent accommodés dans une assiette. Un autre article concerne l’un des 25 primates les plus menacés du Monde. Et plutôt que de démissionner et de poursuivre comme d’autres de la lignée l’avaient fait pendant des générations (pour prendre inéluctablement le risque d’aller rejoindre les livres d’Histoire sous la rubrique ‘Éteints’), le Lémurien à collier blanc montre qu’il s’adapte à une situation changeante en étant capable de composer dans une forêt ravagée par un cyclone et de s’alimenter de champignons et de fruits épicés d’espèces allogènes ; recette pour survivre ou non, il s’agit pour le moment d’une affaire à suivre. Les auteurs de l’article sur le projet du lac Manambolomaty s’inspirent des croyances et des tabous locaux pour mettre en place un réseau destiné à la protection des ressources naturelles – l’histoire d’une réussite qui relate une fois de plus à quel point les gens sont importants pour protéger une nature qui compte. Partager l’information est primordial et ceci n’est pas un scoop ! Mais avant de pouvoir partager il vous faut les moyens de le faire comme il est montré ici dans l’article sur la radiodiffusion qui peut aller au - delà de la transmission de nouvelles et de divertissement en constituant un outil capable de s’adresser aux communautés les plus isolées et qui étaient loin de toutes les priorités des agences d’aide internationales. La radio peut constituer un outil de choix pour lutter contre la pauvreté qui reste encore et par - dessus tout le plus grand défi à relever à Madagascar. Ainsi, les mots marqueraient - ils le passage du temps dans l’Histoire, de sorte que vous êtes alors tous la future Histoire de Madagascar. Dans ce contexte, le journal présente donc une autre rubrique pour parler des gens qui ont écrit l’histoire du siècle dernier de Madagascar, de ceux qui ont posé des jalons sur la route de la conservation et du développement présents et futurs de l’île. Car il y a des gens qui ont participé à cette Histoire, parfois des légendes vivantes qui ont marqué l’île de leur empreinte, on les aime ou non mais on parle d’eux. Au début du XIXe siècle, les explorations pétrolières firent appel à d’éminents géologues et nous nous rappelons de Raymond Decary (1891 - 1973) qui est, par la suite, devenu un humaniste et un naturaliste chevronné. Plus jeune, un autre géologue a partagé un destin semblable en consacrant sa vie au développement du Sud de Madagascar ainsi qu’à la science et la protection de ses richesses naturelles, ce naturaliste est Charles A. Domergue. Dans Travelling Through Time ou Voyage dans le Temps, nous donnons la parole à ceux qui veulent nous parler de leurs héros, de ces hommes et ces femmes qui ont marqué l’histoire de la protection de la nature et du développement de Madagascar. Pour revenir aux paroles émanant des images, il nous faut admettre que certaines d’entres elles sont aussi destinées à contenter les clichés, ces caricatures qui rassurent et qui doivent traduire la bonne marche du monde. Madagascar est un pays du Sud et le monde veut y voir des images du Sud. Dans le Sud, l’exploitation minière se marie avec l’orpaillage traditionnel, des puits profonds creusés à la sueur du front, des terrils érigés à la force des angady (les pelles locales) dans une ambiance où on frôle un nouveau ‘Germinal’ ou ‘Assommoir’ d’un Émile RaZola où le toka gasy (rhum local) remplacerait l’absinthe dans le Sud qui sera pointé du doigt par le Nord. Mais savons - nous seulement à quoi ressemble la réalité ? L’exploitation minière moderne met en place des chantiers élaborés, des moyens d’extraction sophistiqués, se contraint à réaliser les études sociales et d’impact environnemental conformément à des normes internationales, fait appel à des travailleurs et experts de toutes nationalités, efficaces et rompus à utiliser les dernières technologies en la matière. Le Journal voudrait donc inviter ceux qui connaissent ces activités minières, qui étudient spécifiquement les impacts sociaux, économiques et environnementaux mais aussi tous ceux qui admettent qu’il n’y a généralement pas le choix, qui savent que des forêts tropicales disparaissent rapidement de la carte de Madagascar, et avec elles des Indris qui ne chantent plus mais pleureraient s’ils le pouvaient ou si nous pouvions les entendre. Nous avons besoin de vous entendre avec des mots, des paroles d’images et vous invitons à partager vos expertises et expériences car nous voulons tous savoir et nous voudrions comprendre ce que sont les avantages et les inconvénients des exploitations minières ou agricoles à grande échelle à Madagascar. Madagascar Conservation & Development voudrait insister une fois de plus sur le besoin de partager les informations, aussi bien celles des agences gouvernementales que non gouvernementales, des universités ou des particuliers, que des gens de terrain, qu’ils soient en forêt, dans un village ou dans un laboratoire ; le partage et l’information sont des éléments déterminants pour faire avancer Madagascar ! Vous pouvez simplement partager votre sensibilité en nous disant ce que vous voyez dans des images comme l’ont fait des collégiens, des enfants et des moins jeunes pour la superbe photo de couverture aimablement mise à disposition par Peter Oxford et Reneé Bish. Mais avant tout, le journal voudrait inviter des gens qui travaillent dans la Conservation et le Développement à participer à l’échange de l’information ! Soumettez nous vos histoires et vos impressions, sous la forme d’images accompagnées d’une courte légende, ou partagez vos expériences et vos découvertes dans des articles, des revues ou des essais. Nous sommes certains que vous apprécierez la lecture de ce numéro et espérons vous y voir davantage dans un proche avenir
Three flying fox (Pteropodidae: Pteropus rufus) roosts, three conservation challenges in southeastern Madagascar
We visited three roosts of the Madagascar flying fox Pteropus rufus in December 2005 in the Anosy Region. Colony size was 900 at Berenty Private Reserve, 412 at Amborabao and 54 at Sainte Luce, based on single counts at each site. Hunting at the roost is prohibited at Berenty but P. rufus is trapped at night in the area surrounding the reserve, where it feeds on sisal. At Amborabao, the bats roost in a sacred forest and hunting is forbidden. At Sainte Luce, the forest is highly degraded and the bats are hunted frequently, despite efforts to engage the local community in forest conservation. Questionnaires with people living near the roosts revealed the flying foxes were regarded as pests of litchis in Amborabao and Sainte Luce. Berenty is the only site where tourists are able to observe roosting P. rufus. The role of sacred forests and local taboos (fady) is very relevant for P. rufus conservation and might be the only practical mechanism in sites where legislation on hunting and land use is not being enforced. RÉSUMÉTrois gîtes de Pteropus rufus ont été visités dans la région Anosy en décembre 2005. La population était composée de 900 individus à Berenty, 412 à Amborabao et 54 à Sainte Luce, le comptage ayant été fait une seule fois dans chaque gîte. La chasse au dortoir est interdite à Berenty mais P. rufus est capturé la nuit, lorsque les individus se nourrissent dans les plantations de sisal environnantes. A Amborabao, le dortoir se trouve dans une forêt sacrée où la chasse est interdite. A Sainte Luce, la forêt est extrêmement dégradée et les chauves-souris sont chassées fréquemment malgré les efforts pour impliquer la communauté locale dans la conservation de la forêt. Les interviews avec les gens vivant près des dortoirs ont montré que les P. rufus sont considérés comme nuisibles car consommateurs de fruits de litchis à Amborabao et Sainte Luce. Berenty est le seul site où les touristes peuvent observer P. rufus au dortoir. Les forêts sacrées, les croyances locales et les tabous (fady) sont importants pour la conservation de P. rufus et pourraient être les seuls facteurs pour expliquer le respect des régulations cynégétiques et foncières
Taboos and social contracts: Tools for ecosystem management – lessons from the Manambolomaty Lakes RAMSAR site, western Madagascar
Traditional taboos and social contracts played an important role in managing the Manambolomaty RAMSAR site. Taboos are defined as a prohibition imposed by social custom as a protective measure’ and social contracts are – in conservation sense – a common agreement for achieving conservation, sustainable development and development of resources objectives. The Manambolomaty Lakes RAMSAR site, District of Antsalova in western Madagascar, is composed of four lakes (Soamalipo, Befotaka, Ankerika and Antsamaka) surrounded by the Tsimembo deciduous forest. The first three lakes with forest surrounding encompass 14,701 ha and are being managed by two local Associations: FIZAMI (FIkambanana Zanatany Andranobe MIray) and FIFAMA (FIkambanana FAmpandrosoana Mamokatra Ankerika). The associations have used traditional taboos and social conventions to manage their local natural resources by incorporating a GELOSE (GEstion Locale SEcurisée) management system to conserve biological diversity, maintain resource sustainability and socio - economic viability. This site has the highest concentration of the endemic and critically endangered Madagascar fish eagle (Haliaeetus vociferoides), representing 10% of the global population, and many other species of different faunal groups are also in good conservation status such as Decken’s sifaka (Propithecus deckeni) and Western lesser bamboo lemurs (Hapalemur occidentalis) and Madagascar flying fox (Pteropus rufus). Culturally, the site is known as a unique source of the endemic tree Hazomalania voyroni (Hernandiaceae), which is used by the Sakalava people for constructing coffins, and being buried in a coffin made of this wood is a great honour for the Sakalava people. From Manambolomaty’s Lakes fish yields, estimated at 60 - 100 tons per fishing season, FIZAMI and FIFAMA are one of the few Malagasy Associations with active bank accounts supported by management of their natural resources and associated activities. Their fisheries management system has increased the annual local revenue estimated at more than / pêcheur par saison. La taxe collectée à partir de la ristourne de pêche constitue près de 56% du budget communal des deux communes. Cette gestion communautaire de la zone humide de Manambolomaty est si bien connue dans le domaine de la conservation à Madagascar, qu’elle sert de modèle pour d’autres organisations et associations. En conséquence, le Complexe Lacustre Manambolomaty est proposé pour être inclus dans le Système des Aires Protégées de Madagascar connu sous le sigle SAPM