Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires
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Étude ethno-zoologique et formes d’utilisation de Trichechus senegalensis au Sud Bénin
The African manatee (Trichechus senegalensis) is after hippopotamus the largest mammal of the wetlands of southern Benin. To understand the importance of the African manatee, its organs and products for the populations of southern Benin, a survey was conducted among 225 people in eleven (11) localities in six (6) communities. In the study environment, the species use is for food (96.8%), medicinal (83,0 %), cultural (29,8 %) and tourism (13,8%). A total of 25 manatee organs are known in the pharmacopoeia and in the food of the communities of southern Benin. The products are used either alone or in combination with plant or other animal products. Diversity of use is more pronounced in fon and Mina communities. For the pharmacopoeia, the diversity index is very high among the Goun and Wémè with respectively 0.43 and 0.41. The diversity of ethno-zoological knowledge on the manatee, the varied use of its organs and products, the anthropic and natural pressures denote both strengths and weaknesses for the conservation and enhancement of the species in the study environment. For the conservation and sustainable management of the species and its habitats, the study suggests the implementation of a plan of action including the local populations to the conservation of the manatee which will take into account the prohibition of hunting, valorization of the ecotourism potentialities of the region, participatory monitoring of habitats and the creation of a conservation area for all manatee habitats in Africa and other species of importance for biodiversity in southern Benin.
Keywords: Manatee, Trichechus senegalensis, ethno-zoology, conservation, wetlands, ecotourism, BeninLe lamantin Africain (Trichechus senegalensis) est une espèce fortement utilisée par les communautés riveraines du sud-Bénin. L’objectif de cette étude est de recenser les importances ethno-zoologiques et les formes d’usage de l’espèce. Ainsi, une enquête ethno-zoologique a été réalisée auprès de 255 personnes réparties dans 11 localités. Six (6) groupes socio-culturels ont été pris en compte. Quelques indices ethno-zoologiques comme la Valeur d’Usage de l’espèce, la Diversité d’Utilisation, l’Equitabilité d’Utilisation, la Connaissance Globale et la Fréquence d’Utilisation de l’espèce ont été calculés. Au total, 25 organes de l’espèce sont utilisés en alimentation (96,8%), médecine traditionnelle (83,0 %), les activités culturelles (29,8 %) et dans le touristique (13,8%). La diversité d’utilisation est plus élevée chez les groupes socio-culturels Fon et Mina en alimentation. En médecine traditionnelle, il est élevé chez les groupes socio-culturels Goun et Wémè. Les populations disposent d’une bonne connaissance du Trichechus senegalensis et sa fréquence d’utilisation (FU=73,7 %) est supérieur à 50 %. Les pressions anthropiques et naturelles dénotent tant des atouts que des faiblesses pour la conservation et la valorisation de l’espèce. Il est suggéré la mise en œuvre d’un plan d’action incluant les populations locales à la conservation de l’espèce qui tiendra compte de l’interdiction de la chasse, la valorisation des potentialités écotouristiques, les suivis participatifs de ses habitats et de ses effectifs ainsi que la création d’une Aire communautaire de conservation pour tous les habitats de l’espèce et pour d’autres espèces.
Mots clés: Lamantin, Trichechus senegalensis, ethno-zoologie, conservation, zones humides, écotourisme, Béni
Prévalence trypanosomienne dans le bassin cotonnier en zone soudanaise de Côte d’Ivoire
Trypanosomiais prevalence was evaluated in the flocks of the cotton basin in the Sudanese zone of Côte d\u27Ivoire. The blood samples were taken from April 22 to May 21, 2016, on 582 cattle including 374 males and 195 females, belonging to the phenotypes Méré, Zébu and Ndama. Trypanosome species were first identified in the field from blood smears and then characterized in the laboratory using PCR (Polymerase Chain Reaction). The three species diagnosed are, in decreasing order of their prevalence rate, Trypanosoma congolense savannah group, Trypanosoma vivax and Trypanosoma brucei brucei. Most of the infected cattle come from Korhogo, followed by M\u27Bengué and then Ferkessédougou. The infection rate is lower and of the same order in Katiola, Koumbala, Diawara and Niellé. Méré are the most infected compared to Zebu and Ndama. The latter are the most weakly infected. For the Ndama, trypanotolerance appears to be even more efficient in animals less than 8 years old. The Méré show a strong parasitaemia due to Trypanosoma congolense or Trypanosoma vivax, without however being sick.
Keywords : AAT, Prevalence, Sudanese zone, Côte d’IvoireLa prévalence trypanosomienne a été évaluée dans les cheptels du bassin cotonnier en zone soudanaise de Côte d’Ivoire. Les prélèvements de sang ont été effectués du 22 avril au 21 mai 2016, sur 582 bovins dont 374 mâles et 195 femelles, appartenant aux phénotypes Méré, Zébu et Ndama. Les espèces de trypanosomes ont été d’abord identifiées sur le terrain à partir de frottis sanguins, puis caractérisées au laboratoire au moyen de la PCR (Polymerase Chain Reaction). Les trois espèces diagnostiquées sont, dans l’ordre décroissant de leur taux de prévalence, Trypanosoma congolense groupe savane, Trypanosoma vivax et Trypanosoma brucei brucei. Le plus grand nombre de bovins infectés provient de Korhogo, suivi de M’Bengué, puis de Ferkessédougou. Le taux d’infection est plus faible et du même ordre à Katiola, Koumbala, Diawara et Niellé. Les Méré sont les plus infectés par rapport aux Zébu et aux Ndama. Ces derniers sont les plus faiblement infectés. Chez les Ndama, la trypanotolérance apparaît encore plus efficiente chez les animaux de moins de 8 ans. Les Méré montrent une forte parasitémie due à Trypanosoma congolense ou à Trypanosoma vivax, sans toutefois faire la maladie.
Mots clés : TAA, Prévalence, Zone soudanaise, Côte d’Ivoir
Babésiose canine au Maroc: description de deux cas cliniques
Two dogs presented at the companion animals\u27 clinic of the Hassan II Institute of Agronomy and Veterinary Medicine were diagnosed with babesiosis. Both dogs presented an acute onset of fever, lethargy and anorexia. Other clinical signs included vomiting and icterus. Blood hematological and biochemical modifications included monocytosis, lymphopenia and thrombocytopenia for the first dog, mild anemia and increased serum concentration of alcaline phosphatases for the second patient. Microscopic evaluation of blood smears revealed intra-erythrocytes inclusions compatible with Babesia inclusions in both dogs.
Keywords: Babesiosis, Babesia spp., dog, tick-borne diseases, MoroccoDeux chiens présentés à la clinique des animaux de compagnie de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II ont été diagnostiqués avec une babésiose. Les chiens ont manifesté de façon aiguë de la fièvre, un abattement et de l’anorexie. D’autres signes cliniques ont été observés incluant vomissement et ictère. Les modifications hémato-biochimiques détectées incluaient une monocytose, une lymphopénie et une thrombocytopénie pour le premier cas, une discrète anémie et une élévation importante de l’activité sérique des phosphatases alcalines pour le deuxième cas. Des inclusions intra-érythrocytaires de piroplasmes ont été détectées à l’examen microscopique des frottis sanguins chez les deux chiens.
Babésiose, Babesia spp., chien, maladies transmises par les tiques, Maroc
Les Marchés à terme des importations de céréales au Maroc
Commodity futures markets are significantly expanding worldwide. The interest of these markets is underlined upon the discovery and management of price risk. Based on collected field data, this paper describes the place of these markets in current Moroccan cereal imports. The survey results show that access to hedging instruments is still limited and does not exceed 26% of importing companies and concerns mainly traders and some grain collectors. Traders hedge almost 83% of their physical positions for maize and 75% for soft wheat (2015-2018 average) while the positions of grain collectors in the futures market are 46% for maize and 42% for soft wheat. Thus, the use of futures contracts is not systematic. Furthermore, we estimate that only 1% of the imported volume is hedged by buying option contracts and 10% are hedged on future contracts. Traders hedge more than 78% of their physical market positions through the purchase (or sale) of futures contracts. They hedge nearly 47% of their positions on the physical market through option contracts and nearly 32% of their positions on futures contracts. Faced with this situation, several measures can be applied to review the costs and documents required for hedging operations and to improve the visibility for Moroccan cereal importers.
Keywords: futures markets, hedging, cereals importLes marchés à terme de matières premières connaissent un développement considérable dans le monde. L’intérêt de ces marchés réside dans la fonction de découverte et de gestion de risque de prix. Dans cet article, nous caractérisons à travers un travail d’enquête la place qu’occupent ces marchés dans les importations courantes de céréales au Maroc. Les résultats de l’enquête montrent que l’accès aux instruments de couverture contre le risque de prix pour les importateurs céréaliers reste limité et ne dépasse pas 26% des entreprises importatrices et concernent principalement les négociants et quelques marchands de grains. Les négociants couvrent près de 83% de leurs positions sur le marché physique pour le maïs et 75% pour le blé tendre (moyenne 2015-2018) tandis que les positions des marchands de grains sur le marché à terme sont de 46% pour le maïs et 42% pour le blé tendre. Le recours des marchands de grains aux contrats à terme n’est pas systématique. On estime que 1% seulement du volume importé est couvert en achetant des contrats d’option et 10% des positions sur le marché physique fait l’objet d’une couverture sur contrats futures. Les négociants couvrent plus de 78% de leurs positions sur le marché physique par l’achat (ou la vente) des contrats à terme. Ils couvrent près de 47% de leurs positions sur le marché physique par les contrats d’options et près de 32% de leurs positions sur les contrats futures. Face à cette situation, plusieurs mesures peuvent être appliquées pour revoir les coûts et les documents exigés pour les opérations de couverture et pour améliorer davantage la visibilité pour les importateurs marocains de céréales.
Mots clés : Marchés à terme, couverture, importations de céréale
Effet de la durée d’exploitation de la culture du safran, installée à différentes densités, sur la production et la multiplication des cormes «semences» dans la région de Taliouine
In Taliouine region, the expansion of saffron cultivation requires the availability of good quality corms as propagated material. It is essential to establish an on-farm multiplication scheme to optimize corms production. A multi-year experiment over 5 seasons was carried out to study saffron behavior, planted at different planting densities (35, 50 and 100 corms/m2) in comparison with the traditional planting method (150 corms/m2), in local conditions of Taliouine. The results showed that low planting densities (35 and 50 corms/m2) favored higher multiplication rates of replacement corm and the number harvested was significantly similar to high planting density and to the traditional method. Nevertheless, the latter methods have produced low-weight replacement corms because of the negative effect on their sizes. On the other hand, in the case of low densities, 65% and 75% of corms had a satisfactory size, ensuring good production of saffron spice. Finally, we conclude that production and multiplication of corms “seeds” is directly related to the choice of planting density and expected yield of stigmas and corms according to the age of this perennial crop.
Keywords: Saffron, corm, planting density, multiplication, TaliouineDans la région de Taliouine, le projet d’extension des superficies de la culture du safran suscite la question de la disponibilité des cormes-semences de bonne qualité. Il est primordial de dresser un schéma de multiplication en plein champ et d’optimiser la production des cormes «semence». Une expérimentation pluriannuelle, sur 5 saisons, dont l’objectif est l’étude du comportement d’une safranière installée à différentes densités (35, 50 et 100 cormes/m2) en comparaison avec le mode traditionnel (semis en poquet à 150 cormes/m2), a été réalisé dans les conditions du terroir de Taliouine. Les résultats ont montré que les densités de plantation légères (35 et 50 cormes/m2) ont engendré des taux de multiplication supérieurs et un rendement en nombre de cormes récoltés significativement semblables au cas des hautes densités et de la méthode traditionnelle de semis. Néanmoins, ces derniers cas ont engendré une production de cormes de remplacement de faibles poids et un effet négatif sur leurs calibres. Dans le cas de faibles densités, 65% et 75% des cormes ont un diamètre commercial supérieur assurant une bonne production de safran épice. La production et la multiplication des cormes de safran est directement liée au choix de la densité et du rendement escompté.
Mots clés: Safran, corme, densité de plantation, multiplication, Taliouin
Technologie de séchage solaire des boues des stations d’épuration des eaux usées et son impact sur la gestion des boues au Maroc
Sludge management is a major problem in wastewater treatment plants (WWTPs), its cost can reach up to 60% of the global operating cost. The objective of this work is to review the solar drying technology of wastewater sludge worldwide and then analyze its impact on sludge management in Morocco. The sludge solar drying is done in greenhouses that can be open, closed or heated. The performance of a greenhouse is evaluated by its drying rate (DR). The DR varies from 2.2 to 12 kg of evaporated water per m² per day depending on the climate of the installation site, the season of the year and the type of technology installed. The DR is also a major parameter in the design of a sludge solar drying plant. The use of solar energy reduces the operating costs compared to conventional drying. The investment cost varies from 250 to 500 €/m² and the operating cost from 20 to 250 €/tonne of dry matter (DM) per year, depending on the technology installed. The use of dried sludge as a biofuel is increasingly being adopted. In Morocco, by 2030, with the completion of the national sanitation programme (PNA), about 900 million m3 of wastewater will be treated per year. This treatment will generate about 2 million tonnes of sludge per year with 25% dryness degree. In terms of sludge management, the technology used consists of installing solar drying greenhouses, as in the cities of Marrakech, Laayoune, Ben Guerir and Youssoufia. Assuming that half of the sludge production by 2030 will be treated by solar drying, the estimated costs are 2 billion Dirhams (197 M€) for the installation and 750 million Dirhams (68 M€) for a 20-year operation. Drying is only one step in sludge management, one or more disposal and/or recovery processes still need to be put in place. The co-composting of sludge with green waste is an application that is being studied and tested in Morocco. On the regulatory side, no specific laws for WWTPs sludge management are formally in place but other environmental and water protection laws can already be applied.
Keywords: Solar drying of sludge, WWTP, greenhouse, energy recovery, sludge management, MoroccoLa gestion des boues est un problème majeur dans les stations d’épuration des eaux usées (STEP), son coût peut aller jusqu’à 60% du coût d’exploitation de ces dernières. L’objectif de ce travail est de faire le point sur le séchage solaire de ces boues au niveau mondial et ensuite analyser son impact sur la gestion des boues au Maroc. Le séchage solaire des boues se fait dans des serres pouvant être ouvertes, fermées ou chauffées. La performance d’une serre est évaluée par sa capacité évaporatoire (CE). La CE varie de 2,2 à 12 kg d’eau évaporée par m² et par jour selon le climat du site d’installation, la saison de l’année et le type de technologie installée. La CE constitue aussi le paramètre majeur du dimensionnement des serres de séchage solaire. L’utilisation de l’énergie solaire permet de diminuer le coût d’exploitation par rapport au séchage conventionnel. Le coût d’investissement varie de 250 à 500 €/m² et le coût d’exploitation de 20 à 250 €/tonne de matière sèche (MS) par an, selon la technologie installée. L’utilisation des boues séchées comme biocombustible est de plus en plus adoptée. Concernant le Maroc, d’ici 2030, avec la finalisation du programme national d’assainissement (PNA), environ 900 millions de m3 d’eaux usées seront traitées par an. Ce traitement engendrera environ 2 millions de tonnes de boues par an à 25% de siccité. En matière de gestion des boues, la technologie utilisée consiste à installer des serres de séchage solaire comme c’est le cas des villes de Marrakech, Laayoune, Ben Guerir et Youssoufia. Dans l’hypothèse de traiter la moitié de la production de boues à l’horizon 2030 par le séchage solaire, l’estimation des coûts s’élève à 2 milliards de Dirhams (197 M€) pour l’installation et 750 millions de Dirhams (68 M€) pour une exploitation de 20 ans. Le séchage ne représente qu’une étape dans la gestion des boues, une ou plusieurs filières d’élimination et/ou de valorisation doivent être encore mises en place. Le co-compostage des boues avec les déchets verts est une application qui est en cours d’étude et de test au Maroc. Du côté de la réglementation, aucune loi spécifique à la gestion des boues des STEP n’est mise en place officiellement, mais d’autres lois sur la protection de l’environnement et de l’eau peuvent déjà être appliquées dans la gestion des boues.
Mots clés: Séchage solaire des boues, STEP, serre, valorisation énergétique, gestion des boues, Maroc
Éléments d’aide au contrôle de gestion et au management de l’agrumiculture au Maroc
The study concerns the large structured and decentralized citrus fruit companies. It provides the agronomic and financial tools for management control. The present management model is based on a bottom-up design. It is inspired from the new citrus cropping experience born from the Green Morocco plan. The model assumes transparency, farm and management control partnership, reliable information system and fluidity of information. In agriculture, there is no perfect analogy with the industry sector concerning the assessment of performance gaps compared to the management objectives reported by the budget. In industry, the same inputs combined to the same process generally produce the same result. Thus, the analysis of the observed performance gaps become easier and corrective measures can be suggested. In agriculture, the result can’t be similar even the same amount of inputs (water, fertilizer, pesticides), and the same production process (rootstock, cultivar, density, pruning) have been used. This situation is related to climatic year, location and soil type. Therefore, the most important in agricultural activity, is to explain the causes of the performance gap. Then, to classify these causes into manageable factors and not manageable factors of the environment. A low performance on productivity or quality can be related to the negative effect of “Chergui” wind (fall, physical damage, sunburn, ...) even we keep the same usual production process. Also, an excellent performance is sometimes related to a very good climate year and not to a specific management effort. The enormous difficulty of predicting confidently the orchard behavior, for each year, constrains the establishment of fixed "standards" useful for management control. Thus, in the present study, we try to explore causes of deviations around average numbers. In Morocco, a liberal economy is established. However, the overproduction with the idea of selling the citrus fruit as dime a dozen or leaving the Adam Smith invisible hand regulates the market has never been the goal of the Green Morocco Plan. Such plan aims to produce and to export more in order to improve the country\u27s trade balance. Today, we are in a situation of excessive clementine supply aggravated by the difficulty to increase export quantity. This situation pushes each producer to perform well. Regarding the difficulty to regulate prices, the basic mission of the management control is to master at least the production costs. The true solution would to introduce an innovative super-control management of citrus sector. This management would include a provisional plantation freezing waiting for finding new markets. In fact, the feared problem is occurred in 2018. Indeed, high quality clementine has been sold at 10 cts kg-1. on the local market after many investments of the producer. The study aims to give suggestions to producers on how to manage this troubled period and overcome the crisis with minimal damage.
Key words: Management control, citrus fruits, MoroccoL’étude est dédiée aux grandes entreprises agrumicoles structurées et décentralisées. Elle fournit les éléments agronomiques et financiers pour un modèle de contrôle de gestion de type bottom-up concevable à partir de l’expérience sur la nouvelle agrumiculture née du plan Maroc Vert. Le modèle suppose la transparence, un travail en partenariat fermes-contrôle de gestion, un système d’information fiable et une fluidité de circulation de l’information. En agriculture, il n’y a pas d’analogie parfaite avec l’industrie concernant l’évaluation des écarts de performance par rapport aux objectifs de gestion affichés par le budget. Dans l’industrie, les mêmes inputs et le même process produisent en général le même résultat, ce qui facilite amplement l’analyse des écarts constatés et aide beaucoup à proposer des mesures correctives. En agriculture, avec une même quantité d’inputs (eau, engrais, pesticides), et un même process de production (porte greffe, variété, densité, taille), le résultat peut être très différent selon l’année climatique, la région ou le type de sol. Par conséquent, le plus important dans cette activité, n’est pas l’écart de performance lui-même, mais de pouvoir expliquer la part de cet écart qui revient à la gestion et celle due aux facteurs externes non maitrisables du milieu. Une contre-performance sur la productivité ou la qualité peut être la conséquence d’effets pervers d’un Chergui (chute des fruits, marbrures, coup de soleil) alors qu’aucune modification n’a été apportée au process usuel de production. De même qu’une excellente performance est parfois en partie le fait d’une année climatique favorable et d’un bon prix sur le marché et non d’un effort particulier de gestion. Cette énorme difficulté à prévoir avec une certaine confiance, ce que sera le comportement du verger d’une année à l’autre, rend donc malaisé l’usage de « normes » figées pour le contrôle de gestion. C’est pourquoi dans la présente étude, l’effort a plus porté sur l’exploration des causes des écarts autour des chiffres moyens que sur les chiffres eux-mêmes. Au Maroc, on est en présence d’un système économique libéral certes, mais la surproduction avec l’idée d’ensuite vendre les agrumes « a dime a dozen » ou de laisser la main invisible d’Adam Smith réguler le marché n’a jamais été un objectif du plan Maroc Vert. Le but recherché, est plutôt de produire pour ensuite exporter davantage afin d’améliorer la balance commerciale du pays. Aujourd’hui, on est en situation d’offre excessive en petits fruits aggravée par un Export qui peine à monter en charge, il est donc légitime que chacun cherche à tirer son épingle du jeu. Faute de pouvoir agir sur les prix, la mission basique du contrôle de gestion est donc de maîtriser au moins les charges. Même si la vraie solution pour le Maroc, aurait été plutôt d’instaurer un super-contrôle de gestion innovant de type filière avec notamment des prérogatives de gel provisoire des plantations, le temps de conquérir de nouveaux marchés. Ce que nous craignions est maintenant arrivé en 2018, c\u27est-à-dire finir après autant d’investissements par vendre la clémentine de qualité sur le marché local à 10cts/kg. L’étude suggère entre autres, comment sortir de cette période trouble et surmonter la crise avec un minimum de dégâts pour le producteur.
Mots clés : Contrôle de gestion, agrumes, Maro
Origine et étapes historiques de la profession vétérinaire en République Démocratique du Congo
In the Democratic Republic of Congo (DRC), the first vocational training at the secondary level started in 1951 in Butembo (North Kivu), then in Sandoa (Lualaba), Loda (Bas-Uele) and Bolombo (Equateur). It was not until 1968 that the first Faculty of Veterinary Medicine opened its doors at the Official University of the Congo (UOC) in Lubumbashi, 207 years after the Lyon School. The second Faculty of Veterinary Medicine was opened at the Catholic University of Graben (UCG) in Butembo in 1989, 23 years after Lubumbashi. Two other Faculties will be created later in Kinshasa, more precisely at the National Pedagogical University (UPN) (2005) and at the University of Kinshasa (UNIKIN) (2009). In the DRC, Veterinary Doctors are almost men (90.1%) against 9.9% of women. Most of them (87.4%) are trained in the Faculty of Veterinary Medicine of the University of Lubumbashi, while 6.4% of them are trained in the Faculty of Veterinary Medicine of the University Catholic of Graben, 5.1% to that of the National Pedagogical University and 1% to that of the University of Kinshasa. The density of Veterinary Doctors is only 3.10-5/Km2, with disparities according to the Provinces. With this very insignificant density, we should not really hope to properly develop a country with an agro-pastoral vocation like the DRC. 29 years after the creation of the Association of Veterinary Doctors of the DRC (AMVC), a dynamic from the Congress of the AMVC which was held in Kinshasa in September 2016, led to the creation of the National Order of Veterinary Doctors of the Democratic Republic of Congo by Law No. 18/029 of December 13, 2018 establishing, organizing and operating the National Order of Veterinary Doctors, which is working to revitalize the profession in the country. We therefore suggest that the Congolese government invest enough in the veterinary sector.
Keywords: History, Veterinary Profession, DRC.En République Démocratique du Congo (RDC), la première formation professionnelle de niveau secondaire démarre en 1951 à Butembo (Nord-Kivu), ensuite à Sandoa (Lualaba), à Loda (Bas-Uele) et Bolombo (Équateur). Il a fallu attendre 1968 pour voir la première Faculté de Médecine Vétérinaire ouvrir ses portes au sein de l’Université Officielle du Congo (UOC) de Lubumbashi, soit 207 ans après l\u27École de Lyon. La deuxième Faculté de Médecine Vétérinaire est ouverte à l’Université Catholique du Graben (UCG) de Butembo en 1989, soit 23 ans après Lubumbashi. Deux autres Facultés seront créées plus tard à Kinshasa, plus précisément à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) (2005) et à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) (2009). En RDC, les Médecins Vétérinaires sont quasiment des hommes (90,1%) contre 9,9% des femmes. La plus part d’entre eux (87,4%) sont formés à la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Lubumbashi, alors que 6,4% d’entre eux le sont à la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université Catholique de Graben, 5,1% à celle de l’Université Pédagogique Nationale et 1% à celle de l’Université de Kinshasa. La densité des Médecins Vétérinaires n’est que de 3.10-5/Km2, avec des disparités selon les Provinces. Avec cette densité très insignifiante, il ne faut pas vraiment espérer développer correctement un pays à vocation agro-pastorale comme la RDC. 29 ans après la création de l’Association des Médecins Vétérinaires de la RDC (AMVC), une dynamique partie du Congrès de l’AMVC qui s’est tenu à Kinshasa au mois de septembre 2016, a conduit à la création de l’Ordre National des Médecins Vétérinaires de la République Démocratique du Congo par la Loi n°18/029 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre National des Médecins Vétérinaires, qui s’emploie à redynamiser la profession dans le pays. Nous suggérons ainsi au Gouvernement congolais d’investir suffisamment dans le secteur Vétérinaire.
Mots clés: Histoire, Profession Vétérinaire, RDC
Effet de l’équilibre potassium-azote en fertigation sur la productivité et la qualité de trois variétés de fraise
L’objectif du présent travail de recherche est d’évaluer l’équilibre potassium-azote sur les paramètres de production et de qualité des trois principales variétés de fraise au Maroc (Fortuna, San Andreas et Sabrina). L’expérimentation a été contuite durant la campagne 2017-2018 en deux essais: 1) en serre de production à la sation expérimentale de l’INRA-Larache, 2) en hors sol à la serre expérimentale de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat. Les programmes de fertilisation testés ont un équilibre K2O/N croissant durant la phase végétative: 1,2; 1,7; 2,4; 3,0 et décroissant durant la phase de production: 2,0; 1,7; 1,1; 0,9. La fertilisation totale en N, P, K, Ca et Mg est identique pour tous les traitements. Le dipositif expérimental est un split-plot avec trois répétitions. Les résultats ont montré qu\u27un programme avec les ratios 2,4/1,1 était supérieur aux autres programmes en améliorant les paramètres de productivité et de qualité des fraises. L\u27apport d\u27une solution nutritive avec un rapport K2O/N de 2,4 durant la période végétative et 1,1 durant la période de production de fruits a augmenté le taux de chlorophylle de 12,7%, le calibre des fruits de 9%, le rendement de 2,3 T/ha (6%) et la teneur en sucre de 13%. Le programme de fertilisation avec un K2O/N de 2,4/1,1 devrait être adopté pour améliorer la productivité et la qualité des fraises marocaines.
Mots clés: Fraise, variété, équilibre, potassium, azote, fertigation, productivité, qualit
Effet du stress salin sur le système foliaire d’une légumineuse vivrière (Phaseolus vulgaris L.) cultivée dans un sol de bentonite
The purpose of this research is to characterize the effect of salt stress on two varieties of Phaseolus vulgaris L. which is a salinity sensitive plant. To study the response of the two varieties to salt stress, we analyzed some of the plant’s morphological and biochemical parameters to identify the stress indicators, tolerance strategies, and highlight adaptation criteria as well as the genotype that could be grown under salinity without significantly decreasing yield. For this purpose, the two varieties were (“coco rose” and “djedida”) were subjected to salt stress of 6 g/l or approximately 100 mM of NaCl supplemented with “bentonite” clay at 2 different rates (3.5 and 7%) until the fruiting stage, compared to the control without salt or “bentonite”. According to the results, the two studied varieties have different reactions to salt stress. The biomass of the aerial part of the “pink coco” variety is greater than that of the variety “djedida”, especially in the presence of NaCl. On the other hand, the strategy of the bean variety “pink coco” was to accumulate more soluble sugars in leaves as well as reducing leaf area and decreasing the number of fruits. On the other hand, there was a larger accumulation of soluble sugars and proline in leaves of the variety “djedida” as well as reduced leaves, a less developed root system and zero number of fruits which show high sensitivity to excess salt for this variety. Finally, addition of “bentonite” reduced the harmful effect of salinity in the plant.
Keywords: Variety, Phaseolus vulgaris, salinity, bentonite, proline, sugars, adaptation.Le but de ce travail est de caractériser l’effet du stress salin sur deux variétés de l’espèce Phaseolus vulgaris L. qui est une plante sensible à la salinité. Pour étudier la réponse des deux variétés utilisées en situation de stress salin, nous avons analysés certains paramètres morphologiques et biochimiques du système foliaire de la plante afin d’identifier les bio-indicateurs de stress, certaines stratégies de tolérance et mettre en évidence des critères d’adaptation ainsi que le génotype qui pourrait être cultivé en condition de salinité sans que le rendement ne soit fortement diminué. Pour cela, les deux variétés testées («coco rose» et «djedida») ont étés soumises au stress salin à raison de 6 g/l soit environ 100 mM de NaCl additionné d’argile «bentonite» à 2 doses différentes (3,5 et 7%) jusqu’au stade fructification, en plus du témoin à 0 g/l et sans bentonite. Selon les résultats obtenus, les deux variétés étudiées ont eu des réactions différentes vis-à-vis du stress salin. En effet, la biomasse de la partie aérienne de la variété «coco rose» est plus importante que celle de la variété «djedida», surtout en présence du NaCl. D’autre part, la stratégie de la variété de haricot «coco rose» est d’accumuler plus de sucres solubles dans les feuilles ainsi que la réduction de la surface foliaire et une diminution du nombre de fruits. Par contre, il y a eu une accumulation plus importante de sucres solubles et de proline dans les feuilles de la variété «djedida» ainsi que des feuilles réduites, un système racinaire moins développé et un nombre de fruit nul, ce qui démontre sa grande sensibilité à l’excès de sel. Enfin, l’ajout de bentonite réduit l’effet nocif de la salinité chez la plante.
Mots clés: Variété, Phaseolus vulgaris, salinité, bentonite, proline, sucres, adaptation