Revues électroniques université Paris Ouest Nanterre La Défense
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« Something flickers and dances. » L'écriture à la rencontre de la danse : Poétique du moment dans The Waves et The Years de Virginia Woolf
The Waves (1931), which is considered the epitome of Woolf's « experimental » novels, has been praised by academia just as The Years (1937) has been overlooked or despised for its alleged « realistic » theme and structure. This article argues, however, that both novels partake of Virginia Woolf's search for a poetics of the moment which they create as they gesture towards dance. In these novels, dance is not the mere matter of thematic vignettes; rather The Waves and The Years resort to dance to express « the present moment » as well as its disappearance, or rather to hollow it out and write a world that no conscience would perceive, the « world seen without a self » (The Waves 192) that Bernard, the writer, is looking for. Reading the two novels in relation to contemporary dance theory, it is suggested, sheds light on their poetics. Both articulate body to space through dancing and walking, that this architectural co-presence partakes of a poetics of the moment that consists in holding together individual rhythms, in abolishing what is sketched at the very moment when it emerges, an « incessant appearance-disappearance » (Fontaine), something that « remains to disappear » (Fabbri), to quote from modern dance theory. Finally, in these novels, Woolf's poetics of the moment strives to achieve what Deleuze calls « depersonification » of the world in musical comedies, when cinema dances and helps the philosopher think movement and time. The Waves (1931), roman dit « expérimental », est encensé par la critique autant que The Years (1937), saga familiale dite « réaliste », est décrié ou ignoré. Cet article avance pourtant que ces deux romans illustrent la continuité de la quête woolfienne d'une poétique du moment, poétique qu'ils esquissent à la rencontre de la danse, selon des modalités proches. Loin de se résumer à une série de vignettes ornementales et thématiques, la danse participe, dans ces deux romans, à l’expérimentation d’une écriture qui cherche à représenter le « moment présent », qui s'abolit aussitôt qu'il émerge, ou plutôt son creusement qui actualiserait la quête impossible d'un monde que ne percevrait aucune conscience, ce « world seen without a self » (The Waves 192) que cherche Bernard, l’écrivain.Faisant l'hypothèse que la théorie contemporaine de la danse peut éclairer la lecture d'une œuvre de fiction, cet article montre comment la poétique propre à ces deux romans invente une mise en relation architecturale du corps à un espace par la danse ou par la marche, ainsi qu'une écriture du moment comme tenue de rythmes autonomes, du moment comme saut, comme intermittence, comme ce « apparaître-disparaître incessant » (Fontaine) ou ce « rester-à-disparaître » (Fabbri) de la théorie contemporaine de la danse. Il apparaîtra enfin que cette poétique du moment relève d'une tentative de dépersonnalisation du monde proche de celle que Gilles Deleuze attribue aux comédies musicales, quand le cinéma qui danse aide le philosophe à penser le mouvement et le temps.The Waves (1931), roman dit « expérimental », est encensé par la critique autant que The Years (1937), saga familiale dite « réaliste », est décrié ou ignoré. Cet article avance pourtant que ces deux romans illustrent la continuité de la quête woolfienne d'une poétique du moment, poétique qu'ils esquissent à la rencontre de la danse, selon des modalités proches. Loin de se résumer à une série de vignettes ornementales et thématiques, la danse participe, dans ces deux romans, à l’expérimentation d’une écriture qui cherche à représenter le « moment présent », qui s'abolit aussitôt qu'il émerge, ou plutôt son creusement qui actualiserait la quête impossible d'un monde que ne percevrait aucune conscience, ce « world seen without a self » (The Waves 192) que cherche Bernard, l’écrivain. Faisant l'hypothèse que la théorie contemporaine de la danse peut éclairer la lecture d'une œuvre de fiction, cet article montre comment la poétique propre à ces deux romans invente une mise en relation architecturale du corps à un espace par la danse ou par la marche, ainsi qu'une écriture du moment comme tenue de rythmes autonomes, du moment comme saut, comme intermittence, comme ce « apparaître-disparaître incessant » (Fontaine) ou ce « rester-à-disparaître » (Fabbri) de la théorie contemporaine de la danse. Il apparaîtra enfin que cette poétique du moment relève d'une tentative de dépersonnalisation du monde proche de celle que Gilles Deleuze attribue aux comédies musicales, quand le cinéma qui danse aide le philosophe à penser le mouvement et le temps.The Waves (1931), which is considered the epitome of Woolf's « experimental » novels, has been praised by academia just as The Years (1937) has been overlooked or despised for its alleged « realistic » theme and structure. This article argues, however, that both novels partake of Virginia Woolf's search for a poetics of the moment which they create as they gesture towards dance. In these novels, dance is not the mere matter of thematic vignettes; rather The Waves and The Years resort to dance to express « the present moment » as well as its disappearance, or rather to hollow it out and write a world that no conscience would perceive, the « world seen without a self » (The Waves 192) that Bernard, the writer, is looking for.Reading the two novels in relation to contemporary dance theory, it is suggested, sheds light on their poetics. Both articulate body to space through dancing and walking, that this architectural co-presence partakes of a poetics of the moment that consists in holding together individual rhythms, in abolishing what is sketched at the very moment when it emerges, an « incessant appearance-disappearance » (Fontaine), something that « remains to disappear » (Fabbri), to quote from modern dance theory. Finally, in these novels, Woolf's poetics of the moment strives to achieve what Deleuze calls « depersonification » of the world in musical comedies, when cinema dances and helps the philosopher think movement and time.
Mythes, Images et Histoire(s) : moments de crise chez W. B. Yeats, Ezra Pound et Basil Bunting
How can one analyze the historical temporality of events (in Derrida’ sense of this term) through myth and what temporality does myth suggest ? What specific experience of time is presented in modernist poetry ? These are the questions this article addresses, while concentrating on the poetry of W. B. Yeats, Ezra Pound and Basil Bunting. The first stage of this reflection focuses on the devices used by the poets to juxtapose several temporalities. Then, I suggest that paradoxically, it is an effect of contemporaneity that is produced, which is to be read in the context of the poets’ poetic programs, which consist in conveying the intensity and dynamism that will best suggest their diverse experience of history in the making. Comment la temporalité historique de l'événement - au sens derridien du terme - peut-elle être analysée à travers le mythe, et la temporalité qu'il suppose? Quelle expérience du temps la poésie moderniste donne-t-elle à lire? C'est à ces questions que tente de répondre cet article, en se concentrant sur la poésie de W. B. Yeats, Ezra Pound et Basil Bunting. Après une analyse des procédés permettant de juxtaposer au moins deux temporalités, on souligne l'effet de contemporanéité ainsi produit, pour enfin lire les poètes au prises avec les notions de dynamisme et d'intensité que supposent leur poésie, dans les moments où elle tente de transmettre une expérience du divers historique.Comment la temporalité historique de l'événement - au sens derridien du terme - peut-elle être analysée à travers le mythe, et la temporalité qu'il suppose? Quelle expérience du temps la poésie moderniste donne-t-elle à lire? C'est à ces questions que tente de répondre cet article, en se concentrant sur la poésie de W. B. Yeats, Ezra Pound et Basil Bunting. Après une analyse des procédés permettant de juxtaposer au moins deux temporalités, on souligne l'effet de contemporanéité ainsi produit, pour enfin lire les poètes au prises avec les notions de dynamisme et d'intensité que supposent leur poésie, dans les moments où elle tente de transmettre une expérience du divers historique.How can one analyze the historical temporality of events (in Derrida’ sense of this term) through myth and what temporality does myth suggest ? What specific experience of time is presented in modernist poetry ? These are the questions this article addresses, while concentrating on the poetry of W. B. Yeats, Ezra Pound and Basil Bunting. The first stage of this reflection focuses on the devices used by the poets to juxtapose several temporalities. Then, I suggest that paradoxically, it is an effect of contemporaneity that is produced, which is to be read in the context of the poets’ poetic programs, which consist in conveying the intensity and dynamism that will best suggest their diverse experience of history in the making.
(Mé)lire La Déclosion : au nom de Jacques Derrida
This article is an attempt to analyze the demonstrative logic in a collection of articles by Jean-Luc Nancy entitled La Déclosion : déconstruction du christianisme : 1 published soon after Jacques Derrida’s death. In this text of mourning, Nancy investigates the connection and potential affinities uniting Christianity and deconstruction. He elaborates a thesis which he never explicitly formulates, addressing the late father of deconstruction in quite an unsettling and ambiguous way.Cet article tente de cerner la logique argumentative à l’œuvre dans un recueil d’articles publié par Jean-Luc Nancy sous le titre de La Déclosion : déconstruction du christianisme : 1. Dans ce texte endeuillé paru peu de temps après la mort de Jacques Derrida, Nancy interroge la nature des relations, les possibles affinités qui unissent le christianisme et la déconstruction. S’y suggère une thèse qui n’est pas explicitement formulée dans une adresse ambiguë et déroutante au père de la déconstruction à peine disparu