Revues électroniques université Paris Ouest Nanterre La Défense
Not a member yet
365 research outputs found
Sort by
La hantise et le reflet. Entre Narcisse et Persée, périls du commerce poétique de Milton a Wordsworth et de Quincey
-----
Les Vestiges du SIDA: la survivance du texte
Because in the early years of the epidemic the gay literature of AIDS almost always postulated the death of the author and/or the hero, the issue ofsurvival seems to have a single answer: there allegedly is a “before”and an “after” AIDS, a historical and literary fracture which is said to be as irreversible as that brought about by the demise of the writer. This article aims at qualifying the notion that AIDS completely disrupted American gay literature, using first Armistead Maupin's eight-volume work Tales of the City as a case study: it is a light, colorful narrative, often described as the first work of fiction that includes the AIDS crisis. Tales of the City allows us to answer questions that are at the core of the issue of textual survival: what is it that remains from the “before” in the “after”? Are the “post-AIDS” volumes really unrecognizable? The hero survives, San Francisco and the Castro survive, why has the narrative technique, i.e. the text itself, changed? In the case of David Feinberg, who kept writing while lying on his deathbed in 1994, the author himself has changed: John Weir takes over twenty years later to narrate the death of his friend David. In this context, what is at stake when the author dies and the text survives?La littérature gay du SIDA des premières années de l'épidémie ayant pour postulat quasi-systématique la mort de l'auteur et/ou du héros, la question de la survivance semble avoir une réponse évidente : il y aurait un « avant » et un « après » SIDA, une césure historique et littéraire aussi irréversible que la solution de continuité induite par le décès de l'écrivain. Cet article se propose de nuancer l'idée que le SIDA a complètement bouleversé la littérature gay américaine en prenant d’abord comme cas d’étude les huit tomes des Tales of the City d’Armistead Maupin : best-seller depuis qu’il est paru et jusqu’à aujourd’hui, ce récit léger et haut en couleurs est souvent décrit comme la première œuvre de fiction incluant la crise du SIDA. Le premier tome datant de 1978 et le dernier en date ayant été publié en 2010, Tales of the City permet de répondre aux questions centrales de la survivance : que reste-t-il de l’ « avant » dans l’ « après » ? Les tomes « post-SIDA » sont-ils méconnaissables ? Le héros survit, San Francisco et le Castro survivent, pourquoi est-ce la technique narrative de Maupin, c’est-à-dire le texte lui-même, qui a changé ? Dans le cas de David Feinberg, qui écrivait encore sur son lit de mort en 1994, c’est l’auteur lui-même qui change : John Weir prend le relai après plus de vingt ans pour écrire la mort de son ami David. Dans ce contexte, comment s’articulent mort de l’auteur et survie du texte ?La littérature gay du SIDA des premières années de l'épidémie ayant pour postulat quasi-systématique la mort de l'auteur et/ou du héros, la question de la survivance semble avoir une réponse évidente : il y aurait un « avant » et un « après » SIDA, une césure historique et littéraire aussi irréversible que la solution de continuité induite par le décès de l'écrivain. Cet article se propose de nuancer l'idée que le SIDA a complètement bouleversé la littérature gay américaine en prenant d’abord comme cas d’étude les huit tomes des Tales of the City d’Armistead Maupin : best-seller depuis qu’il est paru et jusqu’à aujourd’hui, ce récit léger et haut en couleurs est souvent décrit comme la première œuvre de fiction incluant la crise du SIDA. Le premier tome datant de 1978 et le dernier en date ayant été publié en 2010, Tales of the City permet de répondre aux questions centrales de la survivance : que reste-t-il de l’ « avant » dans l’ « après » ? Les tomes « post-SIDA » sont-ils méconnaissables ? Le héros survit, San Francisco et le Castro survivent, pourquoi est-ce la technique narrative de Maupin, c’est-à-dire le texte lui-même, qui a changé ? Dans le cas de David Feinberg, qui écrivait encore sur son lit de mort en 1994, c’est l’auteur lui-même qui change : John Weir prend le relai après plus de vingt ans pour écrire la mort de son ami David. Dans ce contexte, comment s’articulent mort de l’auteur et survie du texte ?Because in the early years of the epidemic the gay literature of AIDS almost always postulated the death of the author and/or the hero, the issue ofsurvival seems to have a single answer: there allegedly is a “before”and an “after” AIDS, a historical and literary fracture which is said to be as irreversible as that brought about by the demise of the writer. This article aims at qualifying the notion that AIDS completely disrupted American gay literature, using first Armistead Maupin's eight-volume work Tales of the City as a case study: it is a light, colorful narrative, often described as the first work of fiction that includes the AIDS crisis. Tales of the City allows us to answer questions that are at the core of the issue of textual survival: what is it that remains from the “before” in the “after”? Are the “post-AIDS” volumes really unrecognizable? The hero survives, San Francisco and the Castro survive, why has the narrative technique, i.e. the text itself, changed? In the case of David Feinberg, who kept writing while lying on his deathbed in 1994, the author himself has changed: John Weir takes over twenty years later to narrate the death of his friend David. In this context, what is at stake when the author dies and the text survives
Continuité et discontinuité dans Benang de Kim Scott : la survivance à l’œuvre
The continuity and discontinuity of History, stories, memories and narrative are at the heart of Kim Scott’s postmodern novel, Benang, which won the prestigious Miles Franklin Award in 2000. The novel explores the narrator’s uncertain and painful attempts to reconstitute his family history and his identity which was shattered by his grand-father’s desire to make his grand-son “the first white man born”. This article examines how Benang’s intertextual writing weaves together stories and archives in order to bring to the fore the history of elimination policies and practices (the so-called assimilation policies) that impacted the lives of Aboriginal people in Australia. The article highlights the strategies through which the novelist creates a narrative that is haunted by absence while countering colonial discourse. It analyses the writing as a force of remaking, through which ancestral traces are rediscovered, renewed and thereby open onto a personal and collective future filled with hope. Drawing on the concept of survivance that was developed by Native American writer Gerald Vizenor and then taken up by Deborah L. Madsen, this article shows how survivance comes to light in Benangas “an active sense of presence”, the “continuance of stories” and “a dynamic condition of historical and cultural survival”.Continuité et discontinuité de l’Histoire, des histoires, des mémoires, et de la narration, sont au cœur de l’œuvre Benang de Kim Scott, roman postmoderne qui remporta le prestigieux prix littéraire australien Miles Franklin en 2000. Le roman explore l’incertaine et douloureuse quête du narrateur pour reconstituer l’histoire de ses ancêtres et de sa famille, ainsi que son identité éclatée par le désir de son grand-père d’avoir fait de lui « le-premier-homme-né-blanc ». Cet article analyse comment l’écriture intertextuelle de Benang fait s’entrecroiser histoires, Histoires, et archives pour mettre en lumière l’histoire des politiques et pratiques d’élimination dites d’assimilation qui ont marqué l’existence des Aborigènes. Il souligne par quelles stratégies le romancier parvient à créer un récit à la fois hanté par le manque et qui s’érige contre le discours colonial. Il analyse comment l’écriture se révèle être une force de recréation dans Benang, dans lequel les traces ancestrales sont redécouvertes, renouvelées, et ouvrent sur un futur plein d’espoir. Cet article s’appuie sur le concept de survivance tel qu’il a été développé par l’écrivain amérindien Gerald Vizenor et repris par Deborah L. Madsen, pour montrer que la survivance dans Benangs’établit comme « présence active », « continuation des histoires », et comme « condition dynamique de survie historique et culturelle ».Continuité et discontinuité de l’Histoire, des histoires, des mémoires, et de la narration, sont au cœur de l’œuvre Benang de Kim Scott, roman postmoderne qui remporta le prestigieux prix littéraire australien Miles Franklin en 2000. Le roman explore l’incertaine et douloureuse quête du narrateur pour reconstituer l’histoire de ses ancêtres et de sa famille, ainsi que son identité éclatée par le désir de son grand-père d’avoir fait de lui « le-premier-homme-né-blanc ». Cet article analyse comment l’écriture intertextuelle de Benang fait s’entrecroiser histoires, Histoires, et archives pour mettre en lumière l’histoire des politiques et pratiques d’élimination dites d’assimilation qui ont marqué l’existence des Aborigènes. Il souligne par quelles stratégies le romancier parvient à créer un récit à la fois hanté par le manque et qui s’érige contre le discours colonial. Il analyse comment l’écriture se révèle être une force de recréation dans Benang, dans lequel les traces ancestrales sont redécouvertes, renouvelées, et ouvrent sur un futur plein d’espoir. Cet article s’appuie sur le concept de survivance tel qu’il a été développé par l’écrivain amérindien Gerald Vizenor et repris par Deborah L. Madsen, pour montrer que la survivance dans Benang s’établit comme « présence active », « continuation des histoires », et comme « condition dynamique de survie historique et culturelle ».The continuity and discontinuity of History, stories, memories and narrative are at the heart of Kim Scott’s postmodern novel, Benang, which won the prestigious Miles Franklin Award in 2000. The novel explores the narrator’s uncertain and painful attempts to reconstitute his family history and his identity which was shattered by his grand-father’s desire to make his grand-son “the first white man born”. This article examines how Benang’s intertextual writing weaves together stories and archives in order to bring to the fore the history of elimination policies and practices (the so-called assimilation policies) that impacted the lives of Aboriginal people in Australia. The article highlights the strategies through which the novelist creates a narrative that is haunted by absence while countering colonial discourse. It analyses the writing as a force of remaking, through which ancestral traces are rediscovered, renewed and thereby open onto a personal and collective future filled with hope. Drawing on the concept of survivance that was developed by Native American writer Gerald Vizenor and then taken up by Deborah L. Madsen, this article shows how survivance comes to light in Benang as “an active sense of presence”, the “continuance of stories” and “a dynamic condition of historical and cultural survival”