Revues électroniques université Paris Ouest Nanterre La Défense
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    365 research outputs found

    De la théorie dans ses rapports avec la réserve : Sigmund Freud et l'écriture du cas Schreber

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    L'article interroge les différentes façons dont la dimension de l'énonciation dans l'écriture du "cas Schreber" par Freud est liée à la problématique de la réserve. Que ce soit dans la façon dont la polysémie du vocable "cas" est mise en jeu, ou dans la manière dont est abordée au seuil du texte la question de l'autorisation : dans ces deux cas, la réserve semble déployer, décliner ses différentes figures. Mais ce peut être aussi la façon dont la théorie explore la réserve de la "forme autobiographique" à laquelle le cas Schreber emprunte, ou bien tantôt circonscrit le champ d'une doctrine qu'elle institue, tantôt spécule sur ses propres limites discursives, donnant à entendre ce qui se réserve au-delà ou en-deçà de son énoncé. Y compris quand une telle réserve lui échappe

    La scolarisation du poète américain, de Longfellow à Dickinson

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    Cet article se propose d’analyser le passage de la poésie américaine de l’école à l’université entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. En interrogeant les discours qui ont permis successivement à l’école et à l’université américaines de se prévaloir de Longfellow ou de Dickinson comme adjuvants à leurs missions respectives, l’article lie la canonisation de ces poètes américains au rôle de « personnage pédagogique » qu’ils étaient amenés à jouer à l’intérieur de l’institution. La scolarisation du poète ne désigne donc pas seulement l’intégration de son œuvre aux programmes des écoles et des universités, mais, préalablement à cette intégration, la capacité du poète lui-même à incarner une fonction scolaire, à devenir soit celui qui s’éduque soit celui qui instruit. Alors même que la critique universitaire cherche à distinguer son expertise d’une première réception immature de la littérature américaine, elle va pourtant recourir elle aussi à cette scolarisation du poète, et c’est alors l’infantilisation d’Emily Dickinson chez le critique Allen Tate qui pose particulièrement question, dans la mesure où elle va révèler un recours détourné aux configurations amateures de la poésie américaine que Tate, dans son appel à un New Criticism, cherche précisémment à révoquer.Commenting on the delayed recognition of American literature by the American university, this article dwells on the efforts displayed by academic critics at the beginning of the twentieth century to make American poetry a respectable and serious area of study by dissociating it from the childishness with which it had been read at school. Studying the ways in which both educational sites framed the importance of American poets, this article looks at the roles played by Longfellow at the end of the XIXth century and Dickinson at the beginning of the XXth as they each enabled the institutions which promoted them. Authorizing the very discourses in which they were valued, the canonical status of these poets is linked to the « pedagogical persona » they were made to play, so that their institutionnalization really depended on how they were « schooled », be it by playing the part of the instructed or the instructor. This pedagogical role-playing remains crucial even within the newly-founded academic criticism, which strives to promote its expertise by demoting the immature responses which American literature had solicited in the past. The paradoxes which this entails are fully revealed when looking at Allen Tate’s criticism on Dickinson, where the poet’s infantilization denotes the ongoing influence of amateur appreciations of her work, even while the author’s call for a New Criticism would revoke them

    Le chant en réserve : lecture de deux poèmes de Louise Glück

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    Dans un court essai intitulé « Au séminaire » de 1974, Roland Barthes affirme que le texte est « en même temps une folle dépense et une réserve inflexible ». Or, c’est dans le tiraillement entre « folle dépense » et « réserve inflexible » que cet article propose de lire deux poèmes de la poète américaine contemporaine Louise Glück : l'aria de « Penelope's Song » du recueil Meadowlands (1996) confesse l'impossibilité même de la confession alors que son lyrisme semble jeter le dire sans aucune réserve. Le poème dit, par sa forme même, la contra-diction, l'opposition comme l'entrelacs entre chant et poème, entre la parole et le corps d'une écriture toujours déjà épuisée. Dans « A Sharply Worded Silence » de Faithful and Virtuous Night, (2014) la parole se trouve prise dans le mince écart entre l'urgence de raconter et le diffèrement infini du dire et de son objet, gardé précieusement en réserve. Cet article se propose de voir comment la poétique de Glück oscille entre écriture et oralité, entre expansion narrative et repli du sujet lyrique sur lui-même. Il s’agit d’étudier comment celle-ci explore ce qui semble être un à-côté du lyrisme sans jamais s’en déprendre. In a short essay titled "To the seminar" (1974) Roland Barthes stated that the text is "both an irrational expenditure and an inflexible reserve." This article proposes a reading of two poems by contemporary American poet Louise Glück. It explores how these are torn between "an irrational expenditure" and "an inflexible reserve." "Penelope's Song" (Meadowlands 1996) confesses the utter impossibility to confess anything while casting Romantic lyricism away in an ironic aria. The poem and its form are caught in a literal contra-diction, interweaving song and poem, speech and writing. In "A Sharply Worded Silence," (Faithful and Virtuous Night 2014) speech is caught between the urgency of saying something and the endless deferring of the saying itself. Its writing preciously holds meaning in reserve, underneath language while keeping it at bay. This article means to show how Glück's poetics oscillates between writing and orality, between narrative expansiveness and the folding of the lyrical instance on itself. It explores how her poetics examine the very margin of lyricism without ever giving it up

    Proletarian Literature, an Unidentified Literary Object

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    RESUME: A la fin des années 1920, lorsque le Comintern lance la “troisième période” et promeut la littérature prolétarienne comme arme dans le combat contre la bourgeoisie, le Parti communiste américain s’aligne sur ses directives. Néanmoins, la définition de la littérature prolétarienne donne lieu à de nombreux débats et controverses dans les revues de gauche (New Masses, Partisan Review,…) et les romans produits sous sa bannière sont souvent accusés de n’être pas assez vrais, de ne pas donner à voir le sort véritable des travailleurs. La littérature prolétarienne est ainsi en partie un produit de la critique et, après les années 1930, elle en fut souvent la victime. Les New Critics considéraient que les romans prolétariens – ou même simplement radicaux – n’étaient guère plus que des documents historiques, et ne leur accordèrent jamais de véritable valeur littéraire. Les bouleversements politiques des années 1960 et 1970, l’émergence de nouvelles disciplines universitaires (autour du genre, de la race et de la classe) permirent aux romans prolétariens de sortir de l’oubli. Ils furent analysés, parfois réédités, car ils semblaient offrir un modèle alternatif au récit politique américai majoritaire. Mais une fois encore, les analyses se concentraient principalement sur ce que ces oeuvres disaient d’une période ou d’un groupe particulier (les femmes, les Noirs, les communistes,…). Depuis le début des années 2000, cependant, de plus en plus de chercheurs ont cherché à saisir les romans prolétariens dans leur dimension narrative, pour tenter de cerner ces objets littéraires non identifiés.   ABSTRACT: At the end of the 1920s, when the Comintern launched its “third period” by promoting the rise of proletarian literature everywhere, the American Communist Party followed suit. Many debates and controversies on the definition of proletarian literature took place in radical journals (New Masses, Partisan Review,…); the novels themselves were often accused of not being “authentic” enough, of not revealing the true plight of the working class. The proletarian novel was therefore, in part, the product of theory, and after the 1930s, it was often its victim. The New Critics considered proletarian, or even radical novels to be little more than historical documents, and never deemed them worthy of literary consideration; with the political upheavals of the 1960s and 1970s and the rise of new academic trends (feminist studies, African-American studies, radical studies…), proletarian novels were exhumed from the drawers of history, sometimes republished, and analyzed, since they seemed to offer a counter-model to the American political narrative. But once again, the focus was, more often than not, on what these works said about a given period or a given group (women, Blacks, communists…) rather than on what they were as literary productions. Over the past fifteen years, however, more and more scholars have reclaimed proletarian novels as novels, trying to come to terms with these unidentified literary objects.

    Marges (de la littérature)

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    Cet article a été pensé comme un retour réflexif sur la profession d'enseignant et de chercheur en littérature. En interrogeant la place que peut avoir la littérature à l'université et en soulevant la question de l'enseignement de la littérature et du rapport institutionnel qui se dessine en creux -- à l'heure où la "création littéraire" revendique sa part du gâteau -- dans la notion de "pratique", cet article cherche aussi à inscrire, dans la marge de réflexion qu'il ouvre, la possibilité d'une profession de foi. S'il s'écrit en outre à la deuxième personne, c'est que s'y joue un rapport problématique à l'autorité du "professeur"/professant qui écrit et, surtout, qui lit et fait lire

    "Putting It Together": l'antinomie de la modernité dans Sunday in the Park with George de Stephen Sondheim et James Lapine

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    Cf envoi précéden

    La réserve et le sens (Citizen Kane et Heart of Darkness)

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    Focusing on the seemingly opposed examples of Citizen Kane and Heart of Darkness, this paper intends to examine the paradoxical relations of meaning and reserve as instanced by narrative – be it cinematographical or fictional.The quest for meaning suggests that meaning can and should be culled from a reserve – e.g. the storehouse of History, memory or facts – but on close scrutiny it also reveals that there is no end to such quest, that somehow meaning is never "delivered" fully, unreservedly – there is no meaning without reserve. Yet such reserve, the very unattainability of the reserved, the secret, is the condition of meaning as quest – without reserve, there is no meaning.  Il n’y a pas de sens sans réserve. Examinant les exemples en apparence opposés de Citizen Kane et Heart of Darkness, cet article s'attache aux rapports paradoxaux de la réserve et du sens exemplifiés par le récit, cinématographique ou littéraire. Si, d'une part, il n’y aurait aucun sens à se mettre en quête du sens sans présupposer qu’il puisse ou doive être de quelque manière puisé dans une réserve (l’Histoire, la mémoire, « les faits », …), on constate que, d’autre part, au sens il y a toujours une réserve inaccessible même lorsque l’on pense l’avoir atteinte au terme d’un parcours plus ou moins semé d’embûches. Il y a toujours un au-delà ou un en-deçà, ou un non-lieu du sens que le secret (se) réserve, mais on verra que l'inaccessibilité de la réserve est la condition même du sens comme quête. Il n’y a donc pas de sens sans réserve : il n’y a pas de sens qui se livre intégralement ; mais sans réserve, il n’y a pas de sens. Focusing on the seemingly opposed examples of Citizen Kane and Heart of Darkness, this paper intends to examine the paradoxical relations of meaning and reserve as instanced by narrative – be it cinematographical or fictional.The quest for meaning suggests that meaning can and should be culled from a reserve – e.g. the storehouse of History, memory or facts – but on close scrutiny it also reveals that there is no end to such quest, that somehow meaning is never "delivered" fully, unreservedly – there is no meaning without reserve. Yet such reserve, the very unattainability of the reserved, the secret, is the condition of meaning as quest – without reserve, there is no meaning

    Obliquité de la littérature chez Jacques Derrida

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    Espaces de la réserve dans l'oeuvre de Graham Swift

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    Le récit swiftien inscrit dans sa facture un silence qui peut être mis au compte de l’impuissance ou de la défaillance, mais qui constitue par ailleurs une des ressources du texte. Il faut attendre le septième roman de Swift pour trouver dans son œuvre un narrateur que l’on puisse dire réservé : George Webb, le détective à l’écoute se donne comme l’image inversée de l’enquêteur trop avide de vérité (celui-là même qu’il fut jadis, celui qu’incarne, mieux que tout autre, Prentis, le narrateur du deuxième roman de Swift). Travaillée par la béance de l’origine et le défaut de l’ordre symbolique, la fiction de Swift se trouve ainsi hantée à l’inverse par le spectre terrifiant d’une parole qui se voudrait sans faille et sans réserve. Faute de constituer une position subjective assumée par un narrateur – une disposition d’esprit – la réserve s’impose chez Swift comme disposition d’espace. Il s’agit de considérer dans la diégèse les espaces de vie et de circulation dans lesquels se reflètent le régime narratif et l’économie de la parole (système de retenue et de réservoirs dans les Fens de Waterland ; espace de commerce et d’échanges, d’avoir et de dettes dans le Londres de Last Orders). La distribution formelle du récit et la disposition de la scène énonciative ménagent des écarts, condition d’un jeu qui s’affirme également grâce au travail des mots : dans la façon dont le récit se déplie, se répète et s’espace, le texte swiftien nous offre une résistance qui signale l’infinie réserve de sens à laquelle il puise ainsi que l’énergie pulsionnelle qui l’alimente. La réserve à laquelle le texte est tenu s’impose pleinement comme disponibilité : ce qui est retenu est offert, et inversement. Elle relève d’un « mi-dire » où ce qui est dit et ce qui est tu sont indissociables. A maints égards, c’est à la lumière du motif omniprésent de la dette que la fiction de Swift nous invite à rendre compte d’un reste que la parole n’épuise pas – dette insolvable que chacun contracte en venant à la vie et en entrant dans le langage ; mais elle suggère aussi que c’est dans ce qu’elle crée et invente à partir de rien que la parole trouve son énergie et ses ressources, dans ce qui se donne alors même – du fait même – qu’on ne l’a pas

    "Always try and do too much. Dispense with safety nets" : Rushdie et l'écriture de l'excès

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    Dans les romans de Rushdie, l’excès peut s’entendre à la fois dans une acception quantitative et qualitative. Dans un premier temps, la prolifération qui marque les personnages et leur corps en excès, s’avère fonctionner également du point de vue syntaxique et narratif. L’hypertrophie de la phrase (qui s’épanche sur plusieurs pages et qui fait proliférer les signes de ponctuation comme les subordonnées), affecte également la narration marquée par la digression et l’emboîtement des récits. En parallèle, l’excès s’entend également comme un mouvement de dépassement de la mesure, une transgression. Il implique une exploration de  territoires hors normes et instables comme le révèlent son usage novateur de la langue anglaise avec un déplacement de la langue vers « lalangue », territoire du reste, mais aussi sa représentation de la réalité qui déborde dans l’imaginaire et se déplace à l’oblique du réel. Ainsi Rushdie fait de l’excès une stratégie face à la crise de la représentation  et propose une autre manière d’appréhender la langue et la mimesis. In Rushdie’s novels, excess corresponds to a quantitative and a qualitative acceptation. First, the proliferation typical of the characters and their body turns out to work on the level of the syntax and the narrative. The hypertrophy of the sentence (flowing on several pages and integrating a profusion of punctuation marks and subordinate clauses), affects also the narrative, which ramifies into constant digressions and embedded narratives. Besides, excess also conveys a notion of movement and of transgression. It implies exploring the unchartered territories lying beyond the norm. This is particularly relevant as regards Rushdie’s innovative use of the English language and its constant shift from la langue to « La Langue », but also as regards the representation of reality overlapping the imaginary world. In that sense, Rushdie uses excess as a strategy to confront the crisis of representation in a biased way, and to initiate a new way of apprehending language and mimesis.

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