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Le relèvement des modérés lyonnais : un exemple de la reconstruction des droites après Vichy (1945-1953)
En 1945, les droites françaises, frappées d’infamie pour avoir soutenu Pétain, semblent vivre leurs dernières heures. En moins d’une décennie, elles se relèvent pourtant, revenant au pouvoir dès 1952 avec le gouvernement Pinay. L’itinéraire des modérés lyonnais est représentatif de cette renaissance. Coincés entre des gaullistes offensifs et Édouard Herriot, indéboulonnable maire radical, ils se redressent progressivement jusqu’à devenir en 1953 la première force politique municipale.Disgraced by its support for Pétain, in 1945 the French right seemed on its last legs. In less than a decade, it nevertheless recovered, returning to power in 1952 with the Pinay government. The itinerary of the Lyonnais moderates is emblematic of this rebirth. Wedged between aggressive Gaullists and the immoveable radical mayor, Édouard Herriot, they gradually got back on their feet, becoming the city’s leading political force in 1953
L’accusation de corruption comme moyen d’affaiblir un adversaire politique: La triple enquête sur les « trafics » d’Edouard Herriot (1918-1919)
International audienceEntre septembre 1918 et le printemps 1919, Edouard Herriot, maire de Lyon et sénateur du Rhône, est visé par des procédures portant sur des soupçons de corruption et d’enrichissement personnel dans le cadre de la politique de ravitaillement de sa ville pendant la guerre. Alors que les succès obtenus dans ce domaine avaient valu au jeune édile une renommée nationale et une première expérience ministérielle, il doit se soumettre à trois enquêtes, et est visé par les attaques d’un préfet qui l’accuse dans la presse de « trafiquer » avec des profiteurs de guerre. L’affaire a en fait été montée de toutes pièces par trois rivaux d’Herriot : Georges Clemenceau, le Président du Conseil, et deux adversaires locaux, Victor Augagneur, ancien maire de Lyon, et son ancien adjoint Pierre Colliard, ministre du Travail de Clemenceau. Si la campagne est un échec, les trois enquêtes étant finalement abandonnés et les magistrats limogés pour étouffer le scandale, elle est l’occasion d’un double affrontement entre Herriot et ses accusateurs : par voie de presse, avec une presse nationale de droite qui relaie les accusation, et une presse de gauche qui, comme la presse locale, défend Herriot, et dans les assemblées politiques nationales (Chambre et Sénat) et locale (Conseil municipal)
Guignol, journal hebdomadaire humoristique and Lyon’s identity in the 20th century: perspectives on a reciprocal construction
International audienceThe war had just begun in 1914 when Victor Lorge, an independent printer and trade union leader, gave birth to Guignol, journal hebdomadaire humoristique. For 58 years, this weekly illustrated satirical journal would be the symbol of Lyon’s identity.Not only was Guignol a transposition of France’s 2nd city’s puppet theater tradition, the famous théâtre de Guignol. But it also quickly became the incarnation of lyonnitude, an original form of local identity forged through the violence of the 19th century. Focusing its articles and caricatures on Lyon, the magazine played a major part in local politics, being one of the main supporters of the immovable mayor Edouard Herriot. With the use of iconic puppet characters as Guignol or Gnafron, and articles written in a fanciful language intending to replicate the idioms spoken by Lyon’s working class, it also became a conservatory of the disappearing local culture as well as a laboratory of a new form of local humor
Edouard Herriot and Lyon’s political forces. 1904-1957.
Maire de Lyon entre 1905 et 1957 et homme politique national de premier plan, Edouard Herriot influence pendant un demi-siècle la vie politique lyonnaise. Sa mainmise sur le pouvoir local, construite progressivement et fondée sur un triptyque centralité – modération – lyonnitude, influence les forces politiques locales, de droite comme de gauche, en les forçant à se situer politiquement avec ou contre le maire radical-socialiste. La présente thèse examine ainsi l’herriotisme lyonnais sous ces deux angles : la construction, la consolidation et la conservation du pouvoir par Edouard Herriot, et son influence sur les forces politiques à Lyon tout au long de son demi-siècle de règne municipal. Entre 1904 et 1919, s’installe progressivement au pouvoir. Elu maire de manière inattendue, il doit s’imposer au sein de la gauche radicale-socialiste lyonnaise, qu’il réorganise et dont il prend progressivement le contrôle. Dans le même temps il affronte des droites offensives dans un contexte marqué notamment par la question laïque et les enjeux autour de l’enseignement privé. La Grande Guerre marque cependant un tournant, la politique municipale originale et efficace d’Herriot lui permettant d’unir les forces politiques lyonnaises autour d’un objectif commun et de nouer des liens avec la droite modérée. Entre 1919 et 1936, Edouard Herriot s’impose comme un leader national de premier plan, occupant à plusieurs reprises la tête du parti radical et la Présidence du Conseil. A Lyon, il est cependant confronté à l’opposition croissante d’une SFIO qui connait un développement important. Au gré des alliances nationales, puis en dépit de celles-ci, radicaux et socialistes lyonnais s’affrontent. Minoritaire à plusieurs reprises, Herriot réussit cependant à conserver son siège en s’appuyant sur sa position centrale et sa modération, qui lui permet de se rapprocher de la droite modérée. Ce rapprochement se confirme entre 1936 et 1957. Après avoir définitivement triomphé de l’opposition socialiste, Edouard Herriot, déchu de ses fonctions par Vichy, fait son retour en 1945 dans un contexte politique profondément renouvelé. Il réussit pourtant à conserver la mairie de Lyon face à l’offensive gaulliste et à la poussée communiste. Dans le même temps, la reconstruction de la droite modérée lyonnaise est fortement influencée par l’emprise locale vieux maire radical.As Mayor of Lyon from 1905 to 1957 and as a high-profile national leader, Edouard Herriot influenced his city’s political life for half a century. Founded on three main principles – centrality, moderation and lyonnitude –, his control over local politics was progressively built. This allowed him to influence the whole local political spectrum, whose members had no choice but to position themselves with or against the radical-socialist mayor. This thesis thus examines Herriotism through two aspects: how Edouard Herriot gradually gained strength and stayed in power in Lyon, and how he influenced the local politics throughout his half-a-century municipal reign. From 1904 to 1919, Edouard Herriot gradually built his power. As the unexpected, newly-elected mayor of France’s second largest city at the age of 32, he had to reorganize and establish his authority over Lyon’s radical-socialist left. At the same time, he faced offensive right-wing opponents in the midst of conflicts on secularism and confessional schools. The First World War was nevertheless a turning point: Herriot’s original and effective municipal policies unified Lyon’s political forces around a common objective and bridged the gap with right-wing moderates. Between 1919 and 1936, Herriot established himself as a high-profile statesman, presiding over the French government and leading the radical-socialist party several times. However, in Lyon, he was confronted with growing opposition from his former allies from Lyon’s SFIO socialist party. Successively allies and opponents on the national political scene, the two parties gradually became enemies in Lyon. Without a majority at the City Council, Herriot still managed to stay in power thanks to his central and moderate position which enabled him to secure the support of right-wing moderates. This rapprochement between left-wing and right-wing moderates was confirmed between 1936 and 1957. After permanently getting rid of the socialist opposition, Edouard Herriot, deprived of his local mandates by Petain’s government, came back to a deeply renewed political context in 1945. He nevertheless regained his city and was able to retain it against Gaullist offensives and a surge in Communism. At the same time, the way Lyon’s center-right politics was rebuilt was heavily influenced by the domination of the old radical mayor
Herriot et les droites lyonnaises
Lors du Conseil Municipal du 7 mai 1953, Herriot est pour la dernière fois de sa carrière réélu maire de Lyon. Un peu moins de deux semaines plus tôt, au terme d’une campagne où les deux camps se sont ménagés, la liste radicale d’Herriot et la liste modérée de Pierre Montel se retrouvent en situation d’égalité quasi parfaite – les radicaux remportent 7 voix de plus mais un siège de moins –, mettant en échec l’offensive gaulliste de Jacques Soustelle et les communistes. À l’unanimité des 15 r..
Le kiosque et le castelet : Guignol, journal hebdomadaire humoristique (1914-1972) et le théâtre de Guignol
International audienceEntre 1914 et 1972, Guignol, journal hebdomadaire humoristique tient à Lyon la chronique de la vie politique locale et nationale. Inspiré de la marionnette créée en 1808 par le canut Laurent Mourguet, le journal est le dernier d’une longue série de périodiques, souvent éphémères, qui se veulent, dès 1865 et tout au long du XIXe siècle, les héritiers du Guignol politique et subversif, exclu des théâtres par arrêté préfectoral en 1852. Cet article interroge la continuité entre le Guignol des castelets et celui des kiosques à journaux, que l’hebdomadaire Guignol incarne, à la fois par sa filiation esthétique avec le théâtre de marionnettes et en incarnant l’esprit de Guignol, un certain esprit lyonnais hérité des pièces de Mourguet
La guerre des gauches: La rivalité entre radicaux et socialistes lyonnais dans l’entre-deux-guerres au prisme de la caricature locale
International audienceDans l'entre-deux-guerres, la presse lyonnaise tient la chronique de la lutte fratricide entre radicaux et socialistes pour le contrôle de la mairie. Cet épisode donne lieu à de nombreuses caricatures et dessins satiriques. L'étude de ce riche corpus permet d'interroger les modalités de la représentation de la lutte politique comme un affrontement normé et la construction de l'identité caricaturale des gauches locales et de leurs protagonistes, dont certains connaissent une carrière caricaturale qui influence leur image publique
Un maire dans la guerre (1914-1918)
Contribution au dossier "Naissance d'Edouard Herriot. 5 juillet 1872" de France MémoireTexte accessible sur : https://www.france-memoire.fr/1914-1918-un-maire-dans-la-guerre
Guignol, journal hebdomadaire humoristique and Lyon’s identity in the 20th century: perspectives on a reciprocal construction
International audienceThe war had just begun in 1914 when Victor Lorge, an independent printer and trade union leader, gave birth to Guignol, journal hebdomadaire humoristique. For 58 years, this weekly illustrated satirical journal would be the symbol of Lyon’s identity.Not only was Guignol a transposition of France’s 2nd city’s puppet theater tradition, the famous théâtre de Guignol. But it also quickly became the incarnation of lyonnitude, an original form of local identity forged through the violence of the 19th century. Focusing its articles and caricatures on Lyon, the magazine played a major part in local politics, being one of the main supporters of the immovable mayor Edouard Herriot. With the use of iconic puppet characters as Guignol or Gnafron, and articles written in a fanciful language intending to replicate the idioms spoken by Lyon’s working class, it also became a conservatory of the disappearing local culture as well as a laboratory of a new form of local humor
Guignol, journal hebdomadaire humoristique and Lyon’s identity in the 20th century: perspectives on a reciprocal construction
International audienceThe war had just begun in 1914 when Victor Lorge, an independent printer and trade union leader, gave birth to Guignol, journal hebdomadaire humoristique. For 58 years, this weekly illustrated satirical journal would be the symbol of Lyon’s identity.Not only was Guignol a transposition of France’s 2nd city’s puppet theater tradition, the famous théâtre de Guignol. But it also quickly became the incarnation of lyonnitude, an original form of local identity forged through the violence of the 19th century. Focusing its articles and caricatures on Lyon, the magazine played a major part in local politics, being one of the main supporters of the immovable mayor Edouard Herriot. With the use of iconic puppet characters as Guignol or Gnafron, and articles written in a fanciful language intending to replicate the idioms spoken by Lyon’s working class, it also became a conservatory of the disappearing local culture as well as a laboratory of a new form of local humor
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