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«Chromomentalisme» : psychologies de la couleur et cultures visuelles en France au passage du siécle (1870-1914)
Whilst the influence of color optical theories on the development of pictorial techniques in the Nineteenth and Twentieth centuries has been the subject of numerous studies, the field of color psychology needs to be explored further. Our research focuses on the historical and epistemological links between psycho-physiological approaches to color - derived from the discourse of experimental psychology, psychiatry and psychic sciences - and visual cultures at the turn of the Twentieth century. This dissertation explores the power of color as mental conditioning, or «chromomentalism» : how color influences the mind and more broadly the body of the individual by affecting its ability to concentrate, health or mood. The thesis presents three major axes that correspond to multiples aspects of color psychology : color-attention, color-energy and color-emotion. The first part analyzes the attention-grabbing devices used both in the laboratory and on stage, the dialectic between attention and distraction in urban experiences, and the rise of psychotechnics of color (art, cinema, advertising). The second part explores the oractices of energetic control (the utopian goal of the "body without fatigue", neurasthenia, psychotechnics of energy) and the bio-aesthetic interpretation of color that emerges from occultism and experimental sciences. The third part focuses on the power of color to affect emotion, by questioning the debate on empathy and the education of the senses, the popular aesthetics of colors, the link between chromatic and social harmonies.Alors que l'influence des théories optiques de la couleur sur le développement des techniques picturales aux XIXe et XXe siècles a fait l'objet d'études nombreuses, le champ, tout aussi déterminant, de la psychologie de la couleur demande à être exploré plus en avant. Notre recherche porte sur les liens historiques et épistémologiques entre les approches psycho-physiologiques de la couleur - empruntées aux discours de la psychologie expérimentale, de la psychiatrie et des sciences psychiques - et les cultures visuelles, au tournant du XXe siècle. Ce travail explore le pouvoir de conditionnement mental de la couleur, ou «chromomentalisme» : comment la couleur influence l'esprit et plus largement le corps de l'individu en affectant sa capacité de concentration, sa santé ou son humeur. La thèse présente trois grands axes qui correspondent à des déclinaisons différentes des psychologies de la couleur : la couleur-attention, la couleur-énergie et la couleur-émotion. La première partie analyse les dispositifs d'emprise attentionnelle utilisés à la fois en laboratoire et sur scène, la dialectique entre attention et distraction dans les expériences urbaines, et l'essor des psychotechniques de la couleur. La deuxième partie explore les pratiques d'emprise énergétique (le mythe du corps sans fatigue, la neurasthénie) et l'interprétation bio-esthétique de la couleur qui émerge à fois du débat occultiste et expérimental. La troisième partie porte sur le pouvoir de gestion des affects, en mobilisant le débat sur l'empathie et l'éducation des sens, l'esthétique populaire des couleurs, les modes de relation entre harmonies chromatiques et sociales
Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis
The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation
counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings
are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that
only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into
account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed
« Psychotechniques de la couleur. Publicité expérimentale et attention visuelle en France autour de 1900 »
International audienceÀ partir de l’étude exemplaire de Jonathan Crary sur le rôle ambivalent de l’attention dans la culture moderniste et des travaux récents de Yves Citton sur l’économie et l’écologie de l’attention, nous nous proposons d’enquêter sur les logiques d’emprise attentionnelle jouées par les psychotechniques de la couleur dans l’essor de la publicité « expérimentale » française au tournant du XXe siècle. À l’instar de la « psychologie de la publicité » américaine (de Harlow-Gale à Scott), les premiers manuels français de publicité (de Clerget à Gérin) développent une « science des annonces » par les biais de l’application des études de psychologie expérimentale. Ce sont notamment les études sur l’oculométrie et le champ visuel (de Helmholtz à Jastrow), sur la force d’attention de la couleur (de Mustenberg à Ribot) et sur la suggestibilité de la foule et le caractère hypnotique du monde de consommation (de Le Bon à Souriau) qui sont systématisées sous forme de psychotechniques publicitaires pour composer des réclames, des affiches ou des étalages chromatiquement plus efficaces. Dans ce cas, l’objectif est celui d’organiser les stratégies visuelles de l’affiche en fonction d’une économie du regard du flâneur. L’affichiste était ainsi censé réaliser des images capables de frapper le flâneur-consommateur, d’attirer son attention et de la retenir dans le contexte de dispersion de stimuli qui s’affirme par la naissance de la société urbaine moderne. Dans le but de considérer la culture visuelle issue de ces systèmes d’emprise, nous interrogerons une imagerie plurimédiatique (peinture, estampe, photographie) documentant les logiques attentionnelles du chromatisme urbain et un corpus d’affiches et annonces publicitaires qui utilisent les psychotechniques de la couleur pour organiser et contrôler le champ de la perception sensorielle
« ’Fasciner l’attention’. Le chromatrope et le pouvoir suggestif de la couleur en France au XIXe siècle »
International audienceLe chromatrope est une plaque animée, constituée de deux verres peints avec des bandes de couleurs brillantes formant des motifs ornementaux abstraits ; les verres sont mis en rotation en sens inverse l’un de l’autre grâce à un châssis à manivelle qui, une fois inséré dans la lanterne magique, permet de projeter sur un écran des compositions de couleurs en mouvement. Grâce au succès public des spectacles présentés au théâtre optique de la Royal Polytechnic Institution de Londres par le peintre et lanterniste Henry Childe Langdon, le chromatrope devient à partir des années 1840 une forme d’attraction très populaire dans les théâtres français, qui a à la fois une fonction de divertissement et une fonction pédagogique visant à instruire les spectateurs sur les théories de la couleur. Si les origines culturelles de l’instrument sont liées à une sorte d’hybridation entre la tradition pré-moderne des spectacles pyrotechniques et les développements plus récents de l’ornement industriel, sa longévité au cours du XIXe siècle s’explique plutôt par l’évolution de son statut et des discours savants qui l’ont accompagné à travers le passage de la physiologie optique à la psychophysiologie de la couleur. Grâce au mouvement captivant et répétitif de ses rosaces multicolores, le chromatrope, avec son potentiel de projection suggestive, paraît susceptible de produire un conditionnement psychologique sur les spectateurs. En vertu de ce pouvoir de suggestion, l’instrument est alors décrit à la fois comme un mécanisme spectaculaire et comme un dispositif hypnotique à visée thérapeutique
« La “Musica cromatica” come training sensoriale nelle sperimentazioni futuriste »
International audienceThe article aims to reflect on the sensory impact of colour in chromo-luminous projections made by futurist Italian artists Arnaldo Ginna and Bruno Corra. A wide range of studies situated these experiments of chromatic music in continuity with the tradition of synesthetic devices, which, starting from Castel’s ocular harpsichord, focused on the equivalence between music and luminous féeries. Scholars also insisted on a relationship with psychological theories, paying attention to the psychological function of projected colours as signs of certain moods. However, the influence of the psychophysiology of color on Ginna’s and Corra’s animated paintings needs to be investigated more deeply. Starting from the connection between experimental psychology and avant-garde experiences, the essay seeks to discuss the practices and devices based on chromatic suggestion, which were used as therapeutic tools in the medical field, and the way in which the futurist chromo-luminous projections utilized these practices to condition the spectator. In Ginna’s and Corra’s experiments and writings, indeed, colour was conceived as a suggestive medium. The notion of suggestion (“A.B.C. Metodo”, 1910) was specifically borrowed from nineteenth century medical terminology (Charcot, Bernheim, etc.) and was popularized in Italy by Giulio Belfiore. This notion permitted Ginna and Corra to elaborate upon an experimental method meant to fascinate the spectator. In some ways, these visual experiments aspired to replicate suggestive practices typical of hypnotism, which used colour for its power to condition the mind. Various devices were adopted in psychological laboratories in order to induce hypnotic or suggestive reactions: rotating discs, coloured lights, magic lantern projections, chromatropes, etc. Therefore, Ginna and Corra used colour in the same experimental manner. As in psychological laboratories, moving coloured lights were thus projected in order to create different chromatic environments able to influence the spectator in various ways (“Musica cromatica”, 1912)
Voir violet. Les limites du visible et la violettomanie des impressionnistes
International audienceThe violettomania is attributed to the Impressionists by a 19th century critical tradition, which, influenced by the physiology of the eye and the psychiatric sciences, links the use of dazzling blue-violet tones in painting with an aspiration to go beyond the conventional limits of the visible. The question conveys a larger notion of chromomania related to the artificial culture of mauve and the scientific fascination with the ultra-violet. The psychopathologization of the painter’s gaze also leads to reading violettomania through the critical paradigm of hysteria in fin-de-siècle French visual culture. The rise of colour psychology therefore influence critics to question the abilities of the artist, to who is ascribed the mental power of seeing beyond the limits of the senses.La violettomanie est attribuée aux impressionnistes par une tradition critique dix-neuvièmiste, laquelle, influencée par la physiologie de l’œil et les sciences psychiatriques, lie le recours à des tons bleu-violet éclatants en peinture au dépassement des limites conventionnelles du visible. La question s’inscrit dans le cadre plus large d’une chromomanie qui s’affirme dans la culture visuelle du second XIXe siècle (de la culture du mauve à la fascination pour l’ultra-violet). Le regard du peintre s’accompagne d’un phénomène de psychopathologisation qui, dans la culture décadente de la fin du siècle, conduira à lire la violettomanie à travers le paradigme critique de l’hystérie. L’essor d’une conception psychologique des couleurs pousse la critique à questionner les capacités de l’artiste, auquel est attribué de plus en plus la faculté mentale de voir au-delà du sensible
« Colori in posa. L’atelier di pittura come dispositivo visuale : 1810-1840 »
International audienceLa maggior parte delle consuetudini odierne sulla rappresentazione del colore nelle immagini ha le sue radici in idee, teorie e applicazioni codificate nella prima metà dell’Ottocento. Come hanno mostrato gli studi di Jonathan Crary, gli anni compresi tra il 1810 e il 1840 segnano un periodo seminale per l’affermazione di nuovo modello di osservatore sulla scena nascente della modernità, con il passaggio da una considerazione delle impressioni percettive come attributo delle cose esterne a un paradigma che definisce invece, sulla scia dell’ottica fisiologica, la visione come risultato del ruolo della mente. Sullo sfondo di questo orizzonte problematico, nel presente intervento propongo una rilettura dei più importanti trattati di pittura francesi pubblicati nella prima metà dell’Ottocento, al fine di mostrare come l’affermarsi di un nuovo paradigma sulla visione del colore evidenzi interessanti convergenze con i problemi concreti che il pittore si trova ad affrontare nel suo atelier. Come tradurre i colori reali sulla tela del dipinto? Come organizzare lo spazio dell’atelier in funzione del quadro? In che modo deve essere vista la realtà da dipingere da parte del pittore? Un sistema articolato di allestimento dell’atelier, che utilizza la luce naturale, si codifica definitivamente attorno agli anni trenta dell’Ottocento attraverso un modello che continuerà a sopravvivere negli studi d’artista nella seconda metà del secolo e troverà particolare fortuna in quelli fotografici
Retour au noir : une couleur à la mode de Worth à Chanel
Numéro dirigé par Agnès Lattuati-Derieux, Charlotte Ribeyrol, Arlen HeginbothamInternational audienceWhile menswear remained mainly dominated by black throughout the 19th century, the new bright and glowing colours of aniline dyes influenced women’s fashion, relegating black to a background trend. This article addresses the riseof black as a womenswear trend, from the popularity of “imperial black silks” during Second Empire fashion, and the revival of black in eveningwear in fin-de-siècle culture, to Chanel’s modern little black dress (1926) interpreted as the ultimate reaction against the gaudy colours inherited from the 19th century chromatic revolution. This research thus explores black as a fashionable colour related to material, popular and visual cultures, and discusses the notion of “artificial black” that emerges more generally from 19th century visual culture.Alors que le noir a principalement dominé la mode masculine tout au long du XIXe siècle, les nouvelles couleurs aussi vives qu’éclatantes des teintures à l’aniline ont influencé la mode féminine, reléguant le noir à une tendance de fond. Le présent article traite de l’essor du noir en tant que tendance de la mode féminine, depuis la vogue des soies noires impériales du Second Empire et le retour du noir dans les tenues de soirée de la culture fin- de-siècle jusqu’à la petite robe noire moderne de Chanel (1926), interprétée comme l’ultime et définitive opposition en réaction aux couleurs criardes héritées de la révolution chromatique du xixe siècle. L’étude aborde par conséquent le noir en tant que couleur en vogue liée aux cultures matérielles, populaires et visuelles, et examine la notion de « noir artificiel » qui prend plus généralement naissance dans la culture visuelle du XIXe siècle
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