122 research outputs found
VERBUM : La compositionnalité en question
International audienceCe numéro a pour objectif de contribuer au débat sur la notion de (non-) compositionnalité dans les domaines de la linguistique où elle est actuellement opérationnelle, de la prosodie au discours, en passant par le morphologie, la sémantique lexicale et la syntaxe.Auteurs : Mathilde Dargnat, Cristel Portes & Claire Beyssade, Delphine Tribout, Alain Polguère, Marie-Laurence Knittel, Claire Badiou-Monferran, Pascal Amsili & Grégoire Winterstein
VERBUM : La compositionnalité en question
International audienceCe numéro a pour objectif de contribuer au débat sur la notion de (non-) compositionnalité dans les domaines de la linguistique où elle est actuellement opérationnelle, de la prosodie au discours, en passant par le morphologie, la sémantique lexicale et la syntaxe.Auteurs : Mathilde Dargnat, Cristel Portes & Claire Beyssade, Delphine Tribout, Alain Polguère, Marie-Laurence Knittel, Claire Badiou-Monferran, Pascal Amsili & Grégoire Winterstein
Subjectivité et projection : le cas des particules discursives
International audienceThis paper deals with French discourse particles, that is, words or frozen complex expressions anchored to the utterance situation and to the speaker (bon, en fait, tiens, tu m’étonnes, quoi, zut, etc.). The perspective I adopt is relatively rare in the field of discourse markers studies . I focus on their behavior with respect to projection. Projection is a well-known problem in semantics. It refers to the fact that some operators (negation, question, possibility modals) do not affect the whole content of their host-uterrance. Some part of the semantic content is said to project whenever it is not affected by such operators. Presuppositions are a prototypical case. Particles behave like inherently projective items. I claim that this is due to their presuppositionnal status and to their necessary association with the speaker, which derives from their specific enunciative profile.Cet article traite des particules discursives, qui sont des lexèmes ou expressions complexes figées connectés à la situation d’énonciation et au locuteur (bon, en fait, tiens, tu m’étonnes, quoi, zut, etc.). Elles sont abordées ici sous un angle relativement nouveau dans le domaine de l’étude des marqueurs de discours, celui de leur comportement vis-à-vis de la projection. La projection, problème connu en sémantique, désigne le fait que certains opérateurs (la négation, l’interrogation, les modaux de possibilité) n’affectent qu’une partie du contenu de l’énoncé dans lequel ils se trouvent. Un élément se projette s’il n’est pas affecté par ces opérateurs, l’exemple couramment donné étant celui des présuppositions. Les particules se comportent comme des éléments systématiquement projectifs. L’hypothèse est que cela est dû à leur nature présuppositionnelle et à la subjectivité inhérente à leur profil énonciatif
L’oral au pied de la lettre : raison et déraison graphiques
Dans cet article, je discute les principaux procédés graphiques utilisés par Michel Tremblay pour rendre compte des particularités orales de langue de ses personnages, en me concentrant sur cinq pièces. Je m’intéresse plus précisément aux procédés graphiques qui permettent une « mise en texte » des caractéristiques communicationnelles de l’oralité et de ses variations. Ces éléments sont de trois ordres, en rapport avec le dispositif discursif particulier de la littérature et du genre dramatique. Je me concentre sur les éléments graphiques qui relèvent de l’échange personnage-personnage. Dans les textes choisis, ces éléments sont souvent associés à une « déraison graphique » (Christin en référence à Goody), c’est-à-dire à une certaine iconicité du langage, mais cette déraison est toute relative. Les « néographies phonétisantes » (Anis) en constituent un exemple majeur. Ces formes, qui sont détournées de l’orthographe pour rendre compte de phénomènes oraux comme le débit ou la variation phonétique, résultent plus d’une négociation avec les contraintes du code écrit, que de leur remise en cause radicale. La plupart des dramaturges qui usent de ce procédé n’inventent pas une nouvelle langue ni de nouveaux graphèmes, ils essaient de rendre compte de la variété linguistique des personnages qu’ils créent, ils bricolent des profils langagiers crédibles pour stigmatiser une classe sociale ou simplement différencier les personnages entre eux.In this paper, focusing on a set of five plays by Michel Tremblay, I discuss the major graphical techniques that he exploits in order to take into account the spoken language features of his characters’ linguistic usage. More precisely, I examine those techniques that allow one to “textualize” the specific aspects of oral speech and its variations. I investigate the graphical elements of communication between characters. In the texts at hand, these elements are often associated with some “déraison graphique” (“graphical deviance,” Christin echoing Goody) that is, to a form of iconicity in language, whose deviant character is in fact rather moderate. The phonetic transliterations are a case in point. Those forms depart from standard spelling to capture oral phenomena such as speed and phonetic variation and result more from an adaptation of the code constraints, than from a radical upturn. Most drama writers who use that technique do not create new languages nor new graphemes ; rather, they try to do justice to the linguistic diversity of their creations, making up plausible linguistic profiles in order to stigmatise a social class or just to distinguish between the characters
Quelques éléments d’histoire sur les particules discursives : entre parties du discours et adjoints à la phrase (grammaires françaises 17ème-19ème siècles).
journées d’étude du Projet Région Lorraine PARDI! "Particules discursives : sens et corrélats prosodiques"Organisation : Mathilde Dargnat et Katarina Barkova (Université de Lorraine, ATILF UMR 7118)International audienceLa question de l’étude des « particules discursives » dans les grammaires anciennes est typiquement une question anachronique pour l’historien des sciences du langage, et donc difficile à traiter. Ceci parce que d’une part, il n’existe pas à proprement parler de catégorie « marqueur discursif », ou « particules de discours » dans les grammaires de l’Âge classique, d’autre part, la notion de « discours » (au sens de mise en fonctionnement de la langue par le locuteur) n’est pas conceptualisée. Dès lors, la position de l’historien peut être de deux types : soit il recherche dans les grammaires du passé les catégories du récent, et dans ce cas-là il ne pourra qu’être confronté à leur absence, soit il recherche ce qui est dit des marqueurs à valeur discursive, dans des systèmes de description autres, et souvent à propos d’autres objets, notamment en repérant dans les exemples traités des formes que nous classons aujourd’hui dans les marqueurs discursifs. La seconde solution semble préférable car elle offre des perspectives d’analyse, du point de vue des données et de l’interprétation, plus riches. Cette communication a consisté à relever ce qui est dit sur les particules discursives dans un corpus de grammaires françaises du 17ème au 18ème siècle. Les commentaires sur le rôle discursif de certains mots ou groupes de mots apparaissent à deux occasions privilégiées : lorsqu’il est question de catégoriser les unités lexicales, c’est à dire lorsqu’il s’agit de fonder l’appartenance d’un lexème à une catégorie grammaticale ou à une de ses sousclasses, dans notre cas il s’agit surtout des interjections, des adverbes voire des « particules » (on verra ce que les grammairiens rangent sous cette étiquette), lorsque le grammairien décrit la structure de la proposition et nomme les différentes fonctions logicosyntaxiques des groupes par rapport au verbe ou dans l’énoncé, dans notre cas c’est la fonction d’ « adjoint » qui donne parfois lieu à des analyses énonciative ou métadiscursive, sans pour autant que les marqueurs discursifs soient thématisés en tant que tels
Constructionnalité des parataxes conditionnelles
International audienceDans ce texte, je décris les principales propriétés d'une construction illustrée par des exemples comme "Tu serais venu, j'aurais fait un gâteau au chocolat" ou "Avance, je te casse la figure". Je montre essentiellement trois choses. Premièrement, cette construction relève de la famille générale des parataxes propositionnelles, c'est-à-dire de couples de syntagmes saturés à noyau verbal de forme AB, avec une montée finale sur A et une pause faible ou nulle entre A et B. Je discute brièvement à cet égard les usages du terme parataxe pour établir en quoi les parataxes propositionnelles se distinguent en particulier des coordinations (A "et" B, etc.). Deuxièmement, son interprétation ne se réduit pas à une combinaison discursive des deux segments A et B, mais présente des traits qui lui sont propres, notamment pour ce qui est de la concordance des temps et des modes de A et de B. Cela justifie qu'on utilise la notion de construction, au sens des Grammaires de Construction, notion dont je rappelle la différence cruciale avec la notion de compositionnalité. Troisièmement, je propose une représentation simplifiée des constructions paratactiques conditionnelles dans un cadre de type HPSG, afin d'expliciter les interactions de base entre les différentes contraintes prosodiques, morpho-syntaxiques et sémantico-discursives
Lexique et discours: Thèse d'HDR
In this document, I have summarized and put into perspective three research orientations I have been developing in the past fifteen years (2006-2022).The first one concerns the way spoken language is adapted in literary works, a technique used by a number of famous writers (Dickens, Molière, and many others). I was interested in the specific strategy of the French-Canadian author Michel Tremblay, who used phonetic, syntactic and lexical features of spoken French-Canadian language not only as a means of mirroring social differences within the French Quebec community but also as a source of genuine literary effects involving in particular metarepresentational ones. I studied five plays by Tremblay over a thirty year period (1968-1998), extracting the idiolectal statistical contrasts between socially symbolic characters and discussing them in the context of textual structure.My second field of research concerns discourse relations. In order to show that they are more than just a long list of terms for labeling relations between discourse segments, I chose three illustrative examples. (I) So-called paratactic constructions, where there is no lexical marking of discourse articulation, exhibit in some cases (pseudo-declaratives and pseudo-imperatives) interesting properties, such as non-compositionality or special prosodic patterns. (ii) I examine critically a particular symbolic/statistical treatment of argumentative relations in NLP, aiming at measuring the (non-)alignment of discourse and argumentative relations between discourse segments in short normalized texts. I point out that the results delivered by the algorithms are difficult to interpret and misrepresent the real geometry of argumentation in the texts. (iii) Finally I present some aspects of the evolution of comparative discourse markers over a period of six centuries, tracing back their path of change from comparative to causal and concessive values.My last area of interest concerns the semantic status of discourse markers. My general goal was to bring closer the large literature on such markers and the more general literature on information layering, most notably the approaches on presuppositions, implicatures and side issues in the sense of Gutzmann and Turgay (2019). I show that the broad category of discourse markers (DM) gathers those indexicals which are relevant to discourse interpretation, either with respect to its organization (structuring DM) or to the monitoring of the speaker’s “stance”, i.e. her emotional, attentional or belief state, her perception of events in the discourse situation and her interaction with other participants. As a result, I divided DM into two subcategories: connectives and hic and nunc particles (HNP). Connectives convey discourse relations between the semantic objects they refer, such as illocutionary acts, states of affairs, belief states, etc. They correspond to well-known cases like but, because or therefore. Certain connectives behave as presupposition triggers. HNP refer to external or internal (psychological) events, to other participants or to the speaker's speech itself (hesitations, corrections). They are partly analogous to expressives, in the sense of Potts (2005, 2007), but include non-expressive terms and are anchored to the utterance situation even more strongly than expressives. I also consider the combinations of DM, reporting on recent work using association measures and work in progress addressing jointly their semantic, prosodic and statistical properties. This kind of approach is developped in the CODIM project framework (Compositionality and Discourse Markers). This project, which I coordinate, is funded by the ANR (https://www.codim-project.org/).Ce document synthétise et met en perspective les trois orientations des recherches que j’ai développées entre 2006 et 2022 et leurs impacts sur mes recherches actuelles.La première orientation concerne la manière dont la parole authentique est représentée en littérature, à l’instar de pratiques d’auteurs célèbres comme Dickens, Molière et beaucoup d’autres. Je me suis intéressée à une « stratégie » spécifique, celle de l’auteur québécois Michel Tremblay, qui a emprunté des traits phonétiques, syntaxiques et lexicaux au français populaire parlé à Montréal dans les années 1960, non seulement pour rendre compte de différences sociales entre ses personnages mais aussi pour structurer ses textes et produire des effets méta-représentationnels. L’étude repose sur une comparaison d’extraits des corpus Sankoff-Cedergren et Montréal 84 et sur cinq pièces de théâtre couvrant la période 1968-1998. Elle met en évidence des différences statistiques plus ou moins significatives entre les personnages, sur la base de traits jugés pertinents et représentatifs de la variété étudiée ; différences qui sont ensuite discutées en fonction de la structure des textes et de leur contexte social, idéologique et culturel de production.Le second champ de recherche concerne les relations de discours. Afin de montrer que l’étude de ces relations va au-delà d’une liste d’étiquettes indiquant la dépendance sémantique entre des segments de discours, j’ai choisi d’illustrer et de détailler trois cas. (1) D’abord, les constructions juxtaposées, c’est-à-dire les constructions ne présentant aucune marque lexicale de connexion entre les deux propositions. Je pointe en particulier la question des constructions pseudo-déclaratives et pseudo-impératives, en m’intéressant à certaines de leurs propriétés, telles que la non-compositionnalité et leur réalisation prosodique sous forme de patrons spécifiques. (2) Je rends compte et discute ensuite des travaux traitant de certaines relations argumentatives dans la perspective du TAL, en cherchant à mesurer l’alignement ou le non-alignement des relations de discours et des relations argumentatives dans des textes courts et comparables. Il en ressort que les résultats obtenus par les algorithmes utilisés sont parfois difficiles à interpréter en l’état et ne rendent pas forcément bien compte de la dimension et de l’organisation argumentatives effectives des textes. (3) Enfin, j’ai présenté quelques aspects de l’évolution diachronique longue de marqueurs discursifs à l’origine comparatifs, en montrant les différentes étapes du changement vers des valeurs causales et concessives.Le troisième et dernier domaine d’intérêt exposé concerne le statut sémantique des marqueurs discursifs (MD). L’objectif principal est de rapprocher un ensemble toujours grandissant d’études dans le domaine et de travaux plus généraux sur la stratification sémantique de l’information, en particulier sur la question des présuppositions, des implicatures et du contenu périphérique (side issues) dans le sens de Gutzmann & Turgay (2019). Je montre que la catégorie des MD, appréhendée dans un sens large, rassemble les expressions indexicales pertinentes pour l’interprétation du discours, que ce soit au niveau de son organisation logico-temporelle ou de la gestion des positions (stance) du locuteur (son état émotionnel, attentionnel ou son état de croyance, sa perception des événements dans la situation et son interaction avec les autres participants). Sur cette base, je distingue deux sous-catégories de MD : les connecteurs et les particules déictiques. Les connecteurs marquent une relation de discours entre des objets sémantiques auxquels ils renvoient (par exemple des actes illocutoires, des états de choses, des états de croyance, etc.) et semblent se comporter, pour certains, comme des déclencheurs de présupposition. Ils correspondent à des cas bien connus comme mais, parce que ou donc. Les particules renvoient à des événements externes ou internes (psychologiques), aux autres participants ou discours du locuteur lui-même (hésitations, corrections, reformulations, etc.). Ces particules se rapprochent des expressifs, dans le sens de Potts (2005, 2007), mais incluent aussi des éléments non expressifs. Elles sont avant tout fortement et obligatoirement ancrées dans la situation d’énonciation. Une partie récente de mes travaux porte sur les combinaisons de MD, dans une perspective cherchant à articuler leurs propriétés sémantiques, prosodiques et statistiques. J’en présente quelques résultats, notamment ceux qui utilisent les mesures d’association. Ce type d’approche est le centre du projet CODIM (Compositionality and Discourse Markers) par l’ANR et que je coordonne (https://www.codim-project.org/)
Support linguistique de la métalepse
International audienceDans ce chapitre, l'auteur étudie comment la figure de la métalepse narrative est marquée linguistiquement
"Portée des particules énonciatives : éléments de réflexion"
Dans cette présentation, l'auteur étudie les particules énonciatives du français en utilisant (mettant à l'épreuve) les critères habituels de la dépendance syntaxique (complément, ajout) et de la portée sémantique (argument, modifieur)
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