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Les cadres théoriques et méthodologiques
La partie thématique de ce numéro 11 de RDST se donne pour but de faire le point et de discuter les choix des cadres théoriques et méthodologiques en didactique des sciences et des technologies. Même si ce dossier ne peut, a lui tout seul, donner une vue d’ensemble de la structuration du champ des recherches en didactique des sciences et des technologies, les quatre articles présentés rendent compte de la diversité des objets de recherche travaillés dans le champ (pratiques enseignantes, pratiques efficaces, description des situations d’enseignement-apprentissage, travail de l’obstacle), de la diversité des cadres théoriques construits par les chercheurs (travail de l’obstacle, théorie de l’action conjointe en didactique, problématisation) et des emprunts réalisés à d’autres disciplines (comme aux travaux réalisés en sciences du langage). Ainsi, ces articles permettront aux lecteurs de comprendre : - comment un même objet (description de débats scientifiques autour d’objets géologiques) peut être étudié à partir de deux cadres théoriques différents et en quoi cela permet d’engager un travail de comparaison entre ces cadres ; - comment des nouvelles questions de recherche (la variété des échelles de temps à prendre en compte pour décrire des situations d’enseignement-apprentissage et la question des liens entre ces échelles, les pratiques efficaces) conduisent à la construction de nouvelles élaborations théoriques et méthodologiques ou à une reprise de certains travaux avec un déplacement des points de vue rendu nécessaire par la mise en dialogue d’une tradition de recherche anglo-saxonne et francophone dans le champ de la didactique des sciences ; - comment l’analyse des travaux d’un scientifique peut contribuer à documenter la mise au travail des obstacles épistémologiques. The theme of this issue aims at discussing the choice of theoretical and methodological frameworks in science and technology education. Although this issue cannot give a complete overview of the structure of research in the field of science and technology education, the four papers presented here reflect the diversity of the research subjects in this field (teaching practices, efficient practices, description of teaching-learning situations, working the obstacle), the diversity of theoretical frameworks built by researchers (working the obstacle, the joint action theory in didactics, problematization) and loans made to other disciplines (such as the work done in Language Sciences). These articles thus will help readers to understand: - How the same object (description of scientific debates around geological objects) can be studied from two different theoretical frameworks and how this allows to initiate a working comparison between these frameworks; - How new research questions (the variety of time scales to consider to describe the teaching-learning situations and the issue of the links between these scales, efficient practices, etc.) lead to the construction of new theoretical and methodological elaborations or a reevaluation of some works with a shift in viewpoints made necessary by the setting of a dialogue between Anglo-Saxon and Francophone traditions in the field of science education; - How the analysis of a scientist’s work can contribute to document the work of epistemological obstacles
L’éducation scientifique et technologique : quelles évolutions ?
Les articles du dossier thématique du numéro 7 de la revue RDST portent sur l'analyse de la signification et des effets potentiels ou réels des changements récents dans l’éducation scientifique et technologique. En effet, des préconisations institutionnelles récentes suivent de grandes orientations impulsées par des organismes supranationaux (OCDE, Union européenne, etc.) dans un contexte de diminution des effectifs d’étudiants dans les filières scientifiques et technologiques et de comparaisons des systèmes éducatifs nationaux (enquêtes PISA, etc.) qui révèlent des performances des élèves variables d’un pays à l’autre en matière d’acculturation aux sciences. Ces préconisations visent explicitement à faire évoluer l’enseignement des sciences et des technologies de l’école primaire à l’enseignement universitaire et à la formation des enseignants pour favoriser les processus d’acculturation aux sciences et aux technologies, rapprocher les élèves et le public, de la science qui se fait, susciter la vocation de scientifiques, etc. Les articles rassemblés portent un regard critique sur les conséquences de ces changements à différents niveaux d’analyse : celui des prescriptions, celui des mises en œuvre effective et enfin celui des apprentissages des élèves. Ils analysent l’impact de ces nouvelles orientations dans l’éducation scientifique et technologique et contribuent à aider les chercheurs et les praticiens (formateurs d’enseignants, enseignants, médiateurs scientifiques) à mieux comprendre ces changements et leurs conséquences épistémologiques et didactiques, aussi bien au niveau de leurs finalités que des valeurs qu’ils véhiculent
Teaching biodiversity , obstacle and difficulties for a generalized teaching : philosophical, epistemological and didactic approach
L’enseignement de la biodiversité reste encore particulièrement difficile. Il conjugue des problèmes de multiréférentialité, de finalités et valeurs éducatives mais aussi de controverses (sociale, scientifique et didactique). Cette recherche propose de tenter de mieux comprendre les difficultés et obstacles dans les pratiques des enseignants de l’école primaire pour pouvoir ensuite réfléchir à la façon de les aider. Comment permettre aux enseignants de s’engager dans un enseignement de la biodiversité à l’école primaire avec une relative sérénité mais en évitant certains « risques » qui semblent jalonner la conception et mise en œuvre de projets d’enseignement-apprentissages à son sujet ? Comment penser, dans un cadre scolaire, une éducation aux problèmes environnementaux qui articule fondement épistémologique et développement d’une conscience environnementale et citoyenne ?Biodiversity teaching remains particularly difficult. It deals with, and combines, many problems such as multireferentiality, educational issues and values, but also controversy (socio-scientific and didactic issues). This study aim for essay to a better understanding of the difficulties and obstacles met in the professional teaching practice at primary school. Then, we will consider the type of support for the teachers. How enable teachers to involve themselves in an environmental education or a biodiversity teaching with a relative serenity but by avoiding risks? There are some specific risks, which appear in deal with conception and implementation of learning-teaching projects about biodiversity. How conceive, at primary school, an environmental problem education which congregate epistemological fundament and the development of an environmental, citizen awareness
Les sciences et les technologies pour les élèves de 2 à 6 ans
Les recherches consacrées aux sciences et technologies pour les élèves de 2 à 6 ans sont encore peu nombreuses. Elles sont souvent limitées aux élèves les plus âgés (élèves de 5-6 ans – grande section en France) en reprenant généralement des thématiques abordées à des niveaux plus élevés de la scolarité. Ces recherches ont en particulier étudié les relations entre le développement de la pensée et la première construction de concepts scientifiques chez de jeunes enfants ; elles ont ainsi identifié des « modèles précurseurs » des concepts abordés avec des élèves plus âgés. Cependant, ces travaux, conçus généralement dans une logique disciplinaire, ne peuvent pas éclairer totalement certaines pratiques professionnelles relevant d’une tout autre logique même si ces pratiques ont un rapport avec les sciences et la technologie. Il est donc nécessaire de les compléter par des recherches prenant en compte non seulement les contenus scientifiques et techniques mais aussi les spécificités du fonctionnement de l’école maternelle, les réalités du travail des enseignants et les limites liées à l’âge des élèves. Depuis de nombreuses années, les programmes français de maternelle sont découpés en domaines d’activité ou d’apprentissage (découvrir le monde, explorer le monde, etc.) aux contours beaucoup plus larges que les disciplines et difficiles à séparer des autres domaines, notamment celui consacré au langage qui organise une part importante du travail en classe. Même si certains découpages internes des programmes préfigurent clairement les découpages disciplinaires des niveaux scolaires plus élevés, peut-on parler d’un enseignement des sciences et de la technologie à l’école maternelle ? Faut-il plutôt considérer que les visées scientifiques et technologiques sont des visées possibles parmi d’autres dans certaines parties du curriculum de l’école maternelle ? Quelles sont alors les références possibles pour penser les enseignements et les apprentissages à visée scientifique ou technologique à ce niveau de la scolarité ? Selon quels critères de scientificité et de technicité ? Comment concilier les exigences épistémologiques des sciences et technologies et les contraintes spécifiques de ce segment scolaire ? Quel curriculum peut-on envisager ? Quelles continuités et ruptures avec les sciences et technologies dans la poursuite de la scolarité ? Quelle progressivité selon l’âge des élèves entre 2 et 6 ans ? Comment prendre en compte les relations possibles entre visées scientifiques et technologiques et d’autres visées (positionnement dans le temps et l’espace, enjeux de socialisation, de développement, etc.) ? Quels éléments de professionnalité faut-il envisager chez les enseignant(e)s de maternelle pour prendre en charge ces enjeux ? Quelles articulations entre didactique des sciences et de la technologie et d’autres didactiques ou d’autres disciplines sont-elles nécessaires pour conduire des recherches sur ce niveau scolaire ? Les réponses aux questions précédentes sont de nature à baliser le curriculum scientifique et technologique pour l’école maternelle et à identifier les conditions de sa mise en œuvre tant du côté des élèves que de celui des enseignants et de leur formation, même si cela constitue encore un défi pour les didacticiens des sciences et de la technologie. Plus largement, ces recherches peuvent contribuer à repenser les enjeux de l’école maternelle dans un contexte national et international qui met en avant l’importance de cette école et plus généralement des dispositifs institutionnels d’éducation des jeunes enfants (assises nationales de la maternelle en mars 2018 en France, programmes internationaux de développement de l’éducation préscolaire). Sur un autre plan, les recherches sur ce niveau peuvent amener à repenser ce que peut être une éducation scientifique et technologique à d’autres niveaux de la scolarité. Ce dossier de la revue RDST sur les sciences et technologies à l’école pour des élèves de 2 à 6 ans vise à rendre compte de la diversité des recherches actuelles dans ce champ. Les contributions attendues peuvent être de différentes natures : état de l’art, études empiriques, approches théoriques ; elles peuvent concerner des contenus scientifiques particuliers ou des questions plus générales, s’intéresser aux élèves, aux enseignants, aux programmes ou à l’institution scolaire en France ou à l’étranger, actuellement ou pour d’autres époques
Vers la caractérisation de processus d’acculturation scientifiques à l’école primaire. Analyse de situations en classe de CP portant sur la construction d’une conception scientifique du vivant
Our research examines indicators and conditions required for pupils coming into a scientific culture in elementary school. First, we consider that preparation for scientific learning needs pupils to move from everyday world into scientific world ; then, this scientific acculturation processes consist both in building scientific knowledge and in appropriating specific uses of this knowledge, of which uses of language. The aim of our study is to characterize scientific acculturation processes in order to understand how involve pupils in scientific culture. This experiment is carried out with a class of six years old pupils (grade 1), during science lessons on the concept of life. The analysis reveals that pupils modify their original ideas concerning the categories living and non-living. We also identify conditions that contribute to engage pupils into scientific acculturation processes.Notre objectif est de dégager à la fois des indicateurs et des conditions d’entrée des élèves dans une culture scientifique afin de caractériser des processus d’acculturation scientifique scolaire. Pour cela, notre recherche s’appuie sur une approche constructiviste des apprentissages, laquelle consiste à considérer qu’apprendre en sciences ne se limite pas à l’acquisition de savoirs scientifiques mais passe aussi par l’appropriation de pratiques spécifiques de ces savoirs, parmi lesquelles les pratiques langagières. L’entrée des élèves dans une culture scientifique s’accompagne d’un changement de leurs façons d’agirparler-penser. Les résultats présentés proviennent de l’analyse d’une séquence réalisée en CP autour d’un projet sur le vivant. Nous mettons en évidence des évolutions dans les conceptions des élèves en faveur de la construction d’une conception scientifique du vivant et identifions quelques conditions qui participent à l’engagement des élèves dans les processus d’acculturation scientifique.Rancher Céline, Schneeberger Patricia, Lhoste Yann. Vers la caractérisation de processus d’acculturation scientifiques à l’école primaire. Analyse de situations en classe de CP portant sur la construction d’une conception scientifique du vivant. In: Spiral-E. Revue de recherches en éducation, supplément électronique au n°55, 2015. Supplément au n° 55 : Supports et pratiques d'enseignement : quels risques d'inégalités ? pp. 139-164
Problematization, investigations and learning in natural science : Didactic-pedagogical study of the conditions of possibility for problematizing empirical investigations, at elementary school, in two biological domains : plant nutrition and reproduction
Depuis quelques années déjà, et en référence aux épistémologies rationalistes de Bachelard, Canguilhem et Popper, les relations entre problèmes, savoirs et apprentissages scientifiques sont au centre de nombreuses recherches didactiques. Au cœur de cela les interactions langagières y tiennent une place de premier choix, ce qui explique notamment l'importance accordée au débat scientifique, et dont la représentation du produit, en termes d'activité problématisante, est rendue possible par la réalisation d'“espaces contraintes et nécessités”, lesquels s'appuient sur la distinction centrale du registre empirique et du registre du modèle [ou des modèles], mais également sur la distinction tout aussi centrale de l'assertorique et de l'apodictique, c'est-à-dire de ce qui relève du contingent et du nécessaire. Reste cependant que, si le débat scientifique semble consacré à la construction du problème en jeu, se pose à présent la question, au sein du cadre conceptuel de la problématisation que nous mobilisons, de la fonction même des investigations empiriques, au regard de leur structure propre : participent-elles encore à la construction du problème en jeu et, le cas échéant, à quelles conditions ? De ces quelques constats, le présent travail de recherche vise donc à la conceptualisation, la mise en œuvre et l'analyse de deux dispositifs didactiques en sciences, et ce dans une classe du cycle de consolidation du premier degré, le tout afin de mettre en évidence les quelques éléments pouvant participer à l'activité de problématisation scientifique engagée, notamment dans l'articulation de la construction à la résolution du problème en jeu.For several years now, and with reference to the rationalist epistemology of Bachelard, Canguilhem and Popper, the relationship between problem, scientific knowledge and learning is the focus of extensive educational research. Language holds a first choice place at the heart of this interaction, which explains more particularly the importance given to scientific debate, and whose representation of the outcome, in terms of problematizing activity, is enabled by creating “spaces of constraints and needs”, which build on the fundamental distinction of an empirical thesaurus and the thesaurus of the model [or the models], and also on the equally fundamental distinction of the apodictic and assertoric, that is what is the contingency and the necessary. Furthermore, though the scientific debate seems centered around the construction of the problem at stake, another question is raised, within the conceptual framework of problematization that we mobilize, the very function of empirical investigations, according to their own structure : are still involved in the construction of the problem at stake and, where appropriate, under what conditions ? Based on these recent findings, this research work aims at the conceptualization, the implementation and the analysis of two teaching-learning science sequence, in a class of year 9 and 10, so as to highlight some elements which may participate in the scientific case of problematization to be surveyed, more particularly in the articulation of the construction to solve the problem at stake
Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis
The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation
counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings
are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that
only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into
account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed
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