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    La crise syrienne (2011-2021) : essai d'interprétation : Economie, Histoire et Société

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    This thesis focuses on the study of the crisis in Syria since the beginning of the protest movement that emerged in 2011, in the context of what has been called the «Arab Spring». Contributions from different fields of the human and social sciences are mobilized to try to place this crisis in the historical, political, social and economic context that saw it emerge. Interviews conducted with different actors (in arabic language), legislative texts, statistical benchmarks are, among others, in support of this work, the collection of these data in a context of violence being questioned as a component of the corpus. The historical trajectory of the young Syrian nation as well as that of the Baath party in power since 1963 are studied as contributing to form the framework in which events are inscribed. It is also an attempt to describe the socio-economic changes experienced by Syrian society in the decade 2000-2010, that is, from the accession to power of Bashar al-Assad. Even before the year 2011, political economy foreshadowed the way in which a war economy was recomposed, which is not without links with the extremely complex networks pre-existing the crisis. The object of study, an uprising that is evolving towards violence and then war is also questioned from the angle of the grids of readings and epistemological approaches applied to its study and description. This work also articulates the study of social and economic changes that have impacted Syrian society, to that of peri-urban spaces, scenes on which violence has been deployed with particular acuteness since the beginning of the movement. The study of the genesis of armed movements in opposition to the regime that took shape in these areas, on the margins of large agglomerations, allows both to establish the relevance of the local scale in the study of the crisis, but also to look in detail at the mechanisms leading to militarization. Other forms of opposition, political opposition, and Local Councils are also studied to understand how they emerged and how they unfolded before a relative retreat from the pre-eminence of armed conflict. The itinerary of some of the main Syrian cities in the uprising, then in the war, also brings elements allowing to see how the crisis was actualized in a singular way on the local scenes, in connection with the history of each of these territories.Cette thèse s’attache à l’étude de la crise que traverse la Syrie depuis le début du mouvement de contestation qui a émergé en 2011, dans le contexte de ce que l’on a nommé les « printemps arabes ». Des apports issus de différents champs des sciences humaines et sociales sont mobilisés pour tenter de replacer cette crise dans le contexte historique, politique, social et économique qui l’a vue naître. Des entretiens menés avec différents acteurs et actrices en langue arabe (arabe dialectal syrien), des textes législatifs, des repères statistiques sont, entre autres, à l’appui de ce travail, le recueil de ces données dans un contexte de violence étant questionné comme un élément constitutif du corpus. La trajectoire historique de la jeune nation syrienne ainsi que celle du parti Baath au pouvoir depuis 1963 sont étudiées comme contribuant à former la trame dans laquelle s’inscrivent les événements. Il s’agit également de tenter de décrire les mutations socio-économiques traversées par la société syrienne dans la décennie 2000-2010, soit à compter de l’accession au pouvoir de Bachar al-Assad. Avant même l’année 2011, l’économie politique a en effet préfiguré la manière dont s’est recomposée une économie de guerre qui n’est pas sans liens avec les réseaux extrêmement complexes préexistant à la crise. L’objet d’étude, un soulèvement qui connaît une évolution vers la violence, puis vers la guerre est également questionné sous l’angle des grilles de lectures et approches épistémologiques appliquées à son étude et à sa description. Ce travail articule aussi l’étude des mutations sociales et économiques ayant impacté la société syrienne, à celle des espaces périurbains, scènes sur lesquelles la violence s’est déployée avec une acuité particulière dès le début du mouvement. L’étude de la genèse des mouvements armés d’opposition au régime ayant pris corps dans ces zones, en marge des grandes agglomérations, permet à la fois de poser la pertinence de l’échelle locale dans l’étude de la crise, mais également de regarder en détails les mécanismes conduisant à la militarisation. D’autres formes d’oppositions, opposition politique, et Conseils locaux sont également étudiés pour comprendre comment elles ont émergé et comment elles se sont déployées avant un relatif repli face à la prééminence du conflit armé. L’itinéraire de quelques-unes des principales villes syriennes dans le soulèvement, puis dans la guerre, apporte également des éléments permettant de regarder comment la crise s’est actualisée de manière singulière sur les scènes locales, en lien avec l’histoire de chacun de ces territoires

    The Syrian crisis (2011-2021) : an attempt of interpretation : Economy, History and Society

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    Cette thèse s’attache à l’étude de la crise que traverse la Syrie depuis le début du mouvement de contestation qui a émergé en 2011, dans le contexte de ce que l’on a nommé les « printemps arabes ». Des apports issus de différents champs des sciences humaines et sociales sont mobilisés pour tenter de replacer cette crise dans le contexte historique, politique, social et économique qui l’a vue naître. Des entretiens menés avec différents acteurs et actrices en langue arabe (arabe dialectal syrien), des textes législatifs, des repères statistiques sont, entre autres, à l’appui de ce travail, le recueil de ces données dans un contexte de violence étant questionné comme un élément constitutif du corpus. La trajectoire historique de la jeune nation syrienne ainsi que celle du parti Baath au pouvoir depuis 1963 sont étudiées comme contribuant à former la trame dans laquelle s’inscrivent les événements. Il s’agit également de tenter de décrire les mutations socio-économiques traversées par la société syrienne dans la décennie 2000-2010, soit à compter de l’accession au pouvoir de Bachar al-Assad. Avant même l’année 2011, l’économie politique a en effet préfiguré la manière dont s’est recomposée une économie de guerre qui n’est pas sans liens avec les réseaux extrêmement complexes préexistant à la crise. L’objet d’étude, un soulèvement qui connaît une évolution vers la violence, puis vers la guerre est également questionné sous l’angle des grilles de lectures et approches épistémologiques appliquées à son étude et à sa description. Ce travail articule aussi l’étude des mutations sociales et économiques ayant impacté la société syrienne, à celle des espaces périurbains, scènes sur lesquelles la violence s’est déployée avec une acuité particulière dès le début du mouvement. L’étude de la genèse des mouvements armés d’opposition au régime ayant pris corps dans ces zones, en marge des grandes agglomérations, permet à la fois de poser la pertinence de l’échelle locale dans l’étude de la crise, mais également de regarder en détails les mécanismes conduisant à la militarisation. D’autres formes d’oppositions, opposition politique, et Conseils locaux sont également étudiés pour comprendre comment elles ont émergé et comment elles se sont déployées avant un relatif repli face à la prééminence du conflit armé. L’itinéraire de quelques-unes des principales villes syriennes dans le soulèvement, puis dans la guerre, apporte également des éléments permettant de regarder comment la crise s’est actualisée de manière singulière sur les scènes locales, en lien avec l’histoire de chacun de ces territoires.This thesis focuses on the study of the crisis in Syria since the beginning of the protest movement that emerged in 2011, in the context of what has been called the «Arab Spring». Contributions from different fields of the human and social sciences are mobilized to try to place this crisis in the historical, political, social and economic context that saw it emerge. Interviews conducted with different actors (in arabic language), legislative texts, statistical benchmarks are, among others, in support of this work, the collection of these data in a context of violence being questioned as a component of the corpus. The historical trajectory of the young Syrian nation as well as that of the Baath party in power since 1963 are studied as contributing to form the framework in which events are inscribed. It is also an attempt to describe the socio-economic changes experienced by Syrian society in the decade 2000-2010, that is, from the accession to power of Bashar al-Assad. Even before the year 2011, political economy foreshadowed the way in which a war economy was recomposed, which is not without links with the extremely complex networks pre-existing the crisis. The object of study, an uprising that is evolving towards violence and then war is also questioned from the angle of the grids of readings and epistemological approaches applied to its study and description. This work also articulates the study of social and economic changes that have impacted Syrian society, to that of peri-urban spaces, scenes on which violence has been deployed with particular acuteness since the beginning of the movement. The study of the genesis of armed movements in opposition to the regime that took shape in these areas, on the margins of large agglomerations, allows both to establish the relevance of the local scale in the study of the crisis, but also to look in detail at the mechanisms leading to militarization. Other forms of opposition, political opposition, and Local Councils are also studied to understand how they emerged and how they unfolded before a relative retreat from the pre-eminence of armed conflict. The itinerary of some of the main Syrian cities in the uprising, then in the war, also brings elements allowing to see how the crisis was actualized in a singular way on the local scenes, in connection with the history of each of these territories

    La crise syrienne (2011-2021) : essai d'interprétation : Economie, Histoire et Société

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    This thesis focuses on the study of the crisis in Syria since the beginning of the protest movement that emerged in 2011, in the context of what has been called the «Arab Spring». Contributions from different fields of the human and social sciences are mobilized to try to place this crisis in the historical, political, social and economic context that saw it emerge. Interviews conducted with different actors (in arabic language), legislative texts, statistical benchmarks are, among others, in support of this work, the collection of these data in a context of violence being questioned as a component of the corpus. The historical trajectory of the young Syrian nation as well as that of the Baath party in power since 1963 are studied as contributing to form the framework in which events are inscribed. It is also an attempt to describe the socio-economic changes experienced by Syrian society in the decade 2000-2010, that is, from the accession to power of Bashar al-Assad. Even before the year 2011, political economy foreshadowed the way in which a war economy was recomposed, which is not without links with the extremely complex networks pre-existing the crisis. The object of study, an uprising that is evolving towards violence and then war is also questioned from the angle of the grids of readings and epistemological approaches applied to its study and description. This work also articulates the study of social and economic changes that have impacted Syrian society, to that of peri-urban spaces, scenes on which violence has been deployed with particular acuteness since the beginning of the movement. The study of the genesis of armed movements in opposition to the regime that took shape in these areas, on the margins of large agglomerations, allows both to establish the relevance of the local scale in the study of the crisis, but also to look in detail at the mechanisms leading to militarization. Other forms of opposition, political opposition, and Local Councils are also studied to understand how they emerged and how they unfolded before a relative retreat from the pre-eminence of armed conflict. The itinerary of some of the main Syrian cities in the uprising, then in the war, also brings elements allowing to see how the crisis was actualized in a singular way on the local scenes, in connection with the history of each of these territories.Cette thèse s’attache à l’étude de la crise que traverse la Syrie depuis le début du mouvement de contestation qui a émergé en 2011, dans le contexte de ce que l’on a nommé les « printemps arabes ». Des apports issus de différents champs des sciences humaines et sociales sont mobilisés pour tenter de replacer cette crise dans le contexte historique, politique, social et économique qui l’a vue naître. Des entretiens menés avec différents acteurs et actrices en langue arabe (arabe dialectal syrien), des textes législatifs, des repères statistiques sont, entre autres, à l’appui de ce travail, le recueil de ces données dans un contexte de violence étant questionné comme un élément constitutif du corpus. La trajectoire historique de la jeune nation syrienne ainsi que celle du parti Baath au pouvoir depuis 1963 sont étudiées comme contribuant à former la trame dans laquelle s’inscrivent les événements. Il s’agit également de tenter de décrire les mutations socio-économiques traversées par la société syrienne dans la décennie 2000-2010, soit à compter de l’accession au pouvoir de Bachar al-Assad. Avant même l’année 2011, l’économie politique a en effet préfiguré la manière dont s’est recomposée une économie de guerre qui n’est pas sans liens avec les réseaux extrêmement complexes préexistant à la crise. L’objet d’étude, un soulèvement qui connaît une évolution vers la violence, puis vers la guerre est également questionné sous l’angle des grilles de lectures et approches épistémologiques appliquées à son étude et à sa description. Ce travail articule aussi l’étude des mutations sociales et économiques ayant impacté la société syrienne, à celle des espaces périurbains, scènes sur lesquelles la violence s’est déployée avec une acuité particulière dès le début du mouvement. L’étude de la genèse des mouvements armés d’opposition au régime ayant pris corps dans ces zones, en marge des grandes agglomérations, permet à la fois de poser la pertinence de l’échelle locale dans l’étude de la crise, mais également de regarder en détails les mécanismes conduisant à la militarisation. D’autres formes d’oppositions, opposition politique, et Conseils locaux sont également étudiés pour comprendre comment elles ont émergé et comment elles se sont déployées avant un relatif repli face à la prééminence du conflit armé. L’itinéraire de quelques-unes des principales villes syriennes dans le soulèvement, puis dans la guerre, apporte également des éléments permettant de regarder comment la crise s’est actualisée de manière singulière sur les scènes locales, en lien avec l’histoire de chacun de ces territoires

    La crise syrienne (2011-2021) : essai d'interprétation : Economie, Histoire et Société

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    This thesis focuses on the study of the crisis in Syria since the beginning of the protest movement that emerged in 2011, in the context of what has been called the «Arab Spring». Contributions from different fields of the human and social sciences are mobilized to try to place this crisis in the historical, political, social and economic context that saw it emerge. Interviews conducted with different actors (in arabic language), legislative texts, statistical benchmarks are, among others, in support of this work, the collection of these data in a context of violence being questioned as a component of the corpus. The historical trajectory of the young Syrian nation as well as that of the Baath party in power since 1963 are studied as contributing to form the framework in which events are inscribed. It is also an attempt to describe the socio-economic changes experienced by Syrian society in the decade 2000-2010, that is, from the accession to power of Bashar al-Assad. Even before the year 2011, political economy foreshadowed the way in which a war economy was recomposed, which is not without links with the extremely complex networks pre-existing the crisis. The object of study, an uprising that is evolving towards violence and then war is also questioned from the angle of the grids of readings and epistemological approaches applied to its study and description. This work also articulates the study of social and economic changes that have impacted Syrian society, to that of peri-urban spaces, scenes on which violence has been deployed with particular acuteness since the beginning of the movement. The study of the genesis of armed movements in opposition to the regime that took shape in these areas, on the margins of large agglomerations, allows both to establish the relevance of the local scale in the study of the crisis, but also to look in detail at the mechanisms leading to militarization. Other forms of opposition, political opposition, and Local Councils are also studied to understand how they emerged and how they unfolded before a relative retreat from the pre-eminence of armed conflict. The itinerary of some of the main Syrian cities in the uprising, then in the war, also brings elements allowing to see how the crisis was actualized in a singular way on the local scenes, in connection with the history of each of these territories.Cette thèse s’attache à l’étude de la crise que traverse la Syrie depuis le début du mouvement de contestation qui a émergé en 2011, dans le contexte de ce que l’on a nommé les « printemps arabes ». Des apports issus de différents champs des sciences humaines et sociales sont mobilisés pour tenter de replacer cette crise dans le contexte historique, politique, social et économique qui l’a vue naître. Des entretiens menés avec différents acteurs et actrices en langue arabe (arabe dialectal syrien), des textes législatifs, des repères statistiques sont, entre autres, à l’appui de ce travail, le recueil de ces données dans un contexte de violence étant questionné comme un élément constitutif du corpus. La trajectoire historique de la jeune nation syrienne ainsi que celle du parti Baath au pouvoir depuis 1963 sont étudiées comme contribuant à former la trame dans laquelle s’inscrivent les événements. Il s’agit également de tenter de décrire les mutations socio-économiques traversées par la société syrienne dans la décennie 2000-2010, soit à compter de l’accession au pouvoir de Bachar al-Assad. Avant même l’année 2011, l’économie politique a en effet préfiguré la manière dont s’est recomposée une économie de guerre qui n’est pas sans liens avec les réseaux extrêmement complexes préexistant à la crise. L’objet d’étude, un soulèvement qui connaît une évolution vers la violence, puis vers la guerre est également questionné sous l’angle des grilles de lectures et approches épistémologiques appliquées à son étude et à sa description. Ce travail articule aussi l’étude des mutations sociales et économiques ayant impacté la société syrienne, à celle des espaces périurbains, scènes sur lesquelles la violence s’est déployée avec une acuité particulière dès le début du mouvement. L’étude de la genèse des mouvements armés d’opposition au régime ayant pris corps dans ces zones, en marge des grandes agglomérations, permet à la fois de poser la pertinence de l’échelle locale dans l’étude de la crise, mais également de regarder en détails les mécanismes conduisant à la militarisation. D’autres formes d’oppositions, opposition politique, et Conseils locaux sont également étudiés pour comprendre comment elles ont émergé et comment elles se sont déployées avant un relatif repli face à la prééminence du conflit armé. L’itinéraire de quelques-unes des principales villes syriennes dans le soulèvement, puis dans la guerre, apporte également des éléments permettant de regarder comment la crise s’est actualisée de manière singulière sur les scènes locales, en lien avec l’histoire de chacun de ces territoires

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    This thesis focuses on the study of the crisis in Syria since the beginning of the protest movement that emerged in 2011, in the context of what has been called the «Arab Spring». Contributions from different fields of the human and social sciences are mobilized to try to place this crisis in the historical, political, social and economic context that saw it emerge. Interviews conducted with different actors (in arabic language), legislative texts, statistical benchmarks are, among others, in support of this work, the collection of these data in a context of violence being questioned as a component of the corpus. The historical trajectory of the young Syrian nation as well as that of the Baath party in power since 1963 are studied as contributing to form the framework in which events are inscribed. It is also an attempt to describe the socio-economic changes experienced by Syrian society in the decade 2000-2010, that is, from the accession to power of Bashar al-Assad. Even before the year 2011, political economy foreshadowed the way in which a war economy was recomposed, which is not without links with the extremely complex networks pre-existing the crisis. The object of study, an uprising that is evolving towards violence and then war is also questioned from the angle of the grids of readings and epistemological approaches applied to its study and description. This work also articulates the study of social and economic changes that have impacted Syrian society, to that of peri-urban spaces, scenes on which violence has been deployed with particular acuteness since the beginning of the movement. The study of the genesis of armed movements in opposition to the regime that took shape in these areas, on the margins of large agglomerations, allows both to establish the relevance of the local scale in the study of the crisis, but also to look in detail at the mechanisms leading to militarization. Other forms of opposition, political opposition, and Local Councils are also studied to understand how they emerged and how they unfolded before a relative retreat from the pre-eminence of armed conflict. The itinerary of some of the main Syrian cities in the uprising, then in the war, also brings elements allowing to see how the crisis was actualized in a singular way on the local scenes, in connection with the history of each of these territories.Cette thèse s’attache à l’étude de la crise que traverse la Syrie depuis le début du mouvement de contestation qui a émergé en 2011, dans le contexte de ce que l’on a nommé les « printemps arabes ». Des apports issus de différents champs des sciences humaines et sociales sont mobilisés pour tenter de replacer cette crise dans le contexte historique, politique, social et économique qui l’a vue naître. Des entretiens menés avec différents acteurs et actrices en langue arabe (arabe dialectal syrien), des textes législatifs, des repères statistiques sont, entre autres, à l’appui de ce travail, le recueil de ces données dans un contexte de violence étant questionné comme un élément constitutif du corpus. La trajectoire historique de la jeune nation syrienne ainsi que celle du parti Baath au pouvoir depuis 1963 sont étudiées comme contribuant à former la trame dans laquelle s’inscrivent les événements. Il s’agit également de tenter de décrire les mutations socio-économiques traversées par la société syrienne dans la décennie 2000-2010, soit à compter de l’accession au pouvoir de Bachar al-Assad. Avant même l’année 2011, l’économie politique a en effet préfiguré la manière dont s’est recomposée une économie de guerre qui n’est pas sans liens avec les réseaux extrêmement complexes préexistant à la crise. L’objet d’étude, un soulèvement qui connaît une évolution vers la violence, puis vers la guerre est également questionné sous l’angle des grilles de lectures et approches épistémologiques appliquées à son étude et à sa description. Ce travail articule aussi l’étude des mutations sociales et économiques ayant impacté la société syrienne, à celle des espaces périurbains, scènes sur lesquelles la violence s’est déployée avec une acuité particulière dès le début du mouvement. L’étude de la genèse des mouvements armés d’opposition au régime ayant pris corps dans ces zones, en marge des grandes agglomérations, permet à la fois de poser la pertinence de l’échelle locale dans l’étude de la crise, mais également de regarder en détails les mécanismes conduisant à la militarisation. D’autres formes d’oppositions, opposition politique, et Conseils locaux sont également étudiés pour comprendre comment elles ont émergé et comment elles se sont déployées avant un relatif repli face à la prééminence du conflit armé. L’itinéraire de quelques-unes des principales villes syriennes dans le soulèvement, puis dans la guerre, apporte également des éléments permettant de regarder comment la crise s’est actualisée de manière singulière sur les scènes locales, en lien avec l’histoire de chacun de ces territoires

    Une tentative d’interprétation de la société syrienne trente ans après Michel Seurat – critique et analyse du discours confessionnel

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    International audienceLa Syrie est la nation arabe la plus affectée par la violence ; plus que le mot « révolution », c’est le mot « guerre » qui vient immédiatement à l’esprit en cette année 2014. Pourtant, au commencement, la contestation qui visait le régime était fondamentalement pacifique. A cet égard, il convient de noter la réussite indéniable d’un régime qui, traitant de façon policière ou militaire la question politique, a réussi à militariser l’insurrection. Ainsi, le caractère originellement multiforme de celle-ci a cédé la place à des logiques de polarisation et de radicalisation qui menace la substance même de la société. Les ingérences étrangères, qui se sont développées, avec le concours actif du régime avide de construire d’utiles ennemis, ont incité nombre de commentateurs à nier le caractère révolutionnaire du moment que traverse la Syrie.Il est vrai que, marqués par une certaine tradition orientaliste, certains spécialistes peinent à penser que le monde arabe puisse connaître d’authentiques révolutions au sens où l’Occident les a connues depuis trois siècles. Les ingrédients critiques de ces révolutions, comme l’égalité ou une certaine autonomie individuelle, n’existeraient pas encore, en effet, dans le monde arabe contemporain. Le culturalisme orientaliste consent, certes, à reconnaître que des soulèvements puissent résulter de l’indignité dans laquelle certains Etats maintiennent leurs peuples ; un manque d’une minimale redistribution des fruits de la croissance économique peut aussi être considéré comme une cause des révoltes. Mais, l’ampleur des événements en Syrie, notamment, suggère, dans cette perspective, de mettre en avant des facteurs propres aux sociétés orientales, comme le confessionnalisme ou leur perméabilité aux influences étrangères. Selon cette hypothèse, le déchaînement guerrier ne ferait qu’objectiver de violents sentiments sectaires enfouis jusqu’alors. Le ressentiment d’une partie de la population, avivé par de multiples ingérences étrangères, serait donc le moteur d’une révolte qui n’a rien d’une révolution. La possibilité d’une dictature confessionnelle, qui s’esquisserait dans les revendications de certains rebelles, serait la vérité d’une révolte qui ne pose pas la question de l’émancipation, et qui ne serait donc pas, par conséquent, une révolution.Notre thèse, à l’inverse, est que l’insurrection syrienne a une signification profondément révolutionnaire, c’est-à-dire que la question politique centrale est originellement celle de l’émancipation collective et individuelle ; la question syrienne est donc essentiellement une question révolutionnaire. Son origine ne peut se trouver dans le vieux cadre du confessionalisme ou de la politique des puissances, même si le régime réactive le vieux monde déclinant pour pouvoir persister. Nous tenons, ainsi, que le déchaînement du confessionalisme manifeste cette politique de la contre-révolution et non la vérité profonde de la révolution. Néanmoins, ce que la contre-révolution ne pourra sans doute jamais effacer, même si elle devait triompher, c’est l’idée, partagée au plus profond de la société, que les événements ont brisé toute continuité entre passé et avenir, c’est l’idée révolutionnaire elle-même.Dans une première partie consacrée à l’idéologie, nous discuterons de cette idée selon laquelle la révolution n’a pas eu lieu, pas plus en Syrie qu’ailleurs. Selon cette conception orientaliste, l’Arabe se réduit essentiellement à un homo religiosus à la Mircéa Eliade, qui demeure étranger à l’idée de révolution. Cette hypothèse rejoint une conception apologétique de certains régimes arabes et musulmans, selon laquelle leurs peuples ne les contestent pas radicalement dès lors qu’ils ne sont pas inféodés à l’Occident. Il y règnerait, ainsi, des voies singulières adaptées à l’esprit de certains peuples, que ce soit en Syrie ou en Iran. Dans une deuxième partie plus sociologique, nous réaffirmerons la réalité révolutionnaire que l’on veut occulter. À cet égard, il est nécessaire de discuter de la riche mais trop brève œuvre de Michel Seurat, qui utilisait des catégories du marxisme pour les retourner contre elles-mêmes, et qui rejoignait in fine l’analyse des Frères Musulmans

    La Syrie entre révolutions et ingérences 

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    Parti de la discussion de certaines lectures de la révolution syrienne qui la rabaissent à une simple émeute ou l’abordent à travers le prisme du religieux, ce travail montre comment les événements survenus en 2011 dans les différents territoires de ce pays ont eu pour but l’émancipation individuelle et collective, et qu’un tel élan vers la liberté et la dignité ne peut être objectivement décrit qu’à travers la catégorie de la « révolution ». L’article s’attarde sur la vision du politique dans le monde arabe telle qu’elle se reflète dans quelques travaux d’historiens, de sociologues ou de politistes, mais insiste sur l’approche de Michel Seurat (L’État de barbarie) qui mobilise des paradigmes comme le clanisme et le confessionnalisme pour approcher la société syrienne, et qui est encore à l’œuvre dans l’analyse de la phase historique que traverse actuellement ce pays. Based on readings of the Syrian revolution which undermines as a simple riot or viewed it through the religious prism, this work shows how the 2011 events in the different territories of this country have aimed the individual and collective emancipation, and that such an impulse towards freedom and dignity can be objectively described as through the category of “revolution”. The article focuses on the vision of politics in the Arab world as reflected in some work of historians, sociologists or political scientists, but focuses on the approach of Michel Seurat (specially his book, L’État de barbarie) mobilizing paradigms such as tribalism and sectarianism to approach the Syrian society. This point of view is still at work in the analysis of the historical phase that this country is going through

    Une tentative d’interprétation de la société syrienne trente ans après Michel Seurat – critique et analyse du discours confessionnel

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    International audienceLa Syrie est la nation arabe la plus affectée par la violence ; plus que le mot « révolution », c’est le mot « guerre » qui vient immédiatement à l’esprit en cette année 2014. Pourtant, au commencement, la contestation qui visait le régime était fondamentalement pacifique. A cet égard, il convient de noter la réussite indéniable d’un régime qui, traitant de façon policière ou militaire la question politique, a réussi à militariser l’insurrection. Ainsi, le caractère originellement multiforme de celle-ci a cédé la place à des logiques de polarisation et de radicalisation qui menace la substance même de la société. Les ingérences étrangères, qui se sont développées, avec le concours actif du régime avide de construire d’utiles ennemis, ont incité nombre de commentateurs à nier le caractère révolutionnaire du moment que traverse la Syrie.Il est vrai que, marqués par une certaine tradition orientaliste, certains spécialistes peinent à penser que le monde arabe puisse connaître d’authentiques révolutions au sens où l’Occident les a connues depuis trois siècles. Les ingrédients critiques de ces révolutions, comme l’égalité ou une certaine autonomie individuelle, n’existeraient pas encore, en effet, dans le monde arabe contemporain. Le culturalisme orientaliste consent, certes, à reconnaître que des soulèvements puissent résulter de l’indignité dans laquelle certains Etats maintiennent leurs peuples ; un manque d’une minimale redistribution des fruits de la croissance économique peut aussi être considéré comme une cause des révoltes. Mais, l’ampleur des événements en Syrie, notamment, suggère, dans cette perspective, de mettre en avant des facteurs propres aux sociétés orientales, comme le confessionnalisme ou leur perméabilité aux influences étrangères. Selon cette hypothèse, le déchaînement guerrier ne ferait qu’objectiver de violents sentiments sectaires enfouis jusqu’alors. Le ressentiment d’une partie de la population, avivé par de multiples ingérences étrangères, serait donc le moteur d’une révolte qui n’a rien d’une révolution. La possibilité d’une dictature confessionnelle, qui s’esquisserait dans les revendications de certains rebelles, serait la vérité d’une révolte qui ne pose pas la question de l’émancipation, et qui ne serait donc pas, par conséquent, une révolution.Notre thèse, à l’inverse, est que l’insurrection syrienne a une signification profondément révolutionnaire, c’est-à-dire que la question politique centrale est originellement celle de l’émancipation collective et individuelle ; la question syrienne est donc essentiellement une question révolutionnaire. Son origine ne peut se trouver dans le vieux cadre du confessionalisme ou de la politique des puissances, même si le régime réactive le vieux monde déclinant pour pouvoir persister. Nous tenons, ainsi, que le déchaînement du confessionalisme manifeste cette politique de la contre-révolution et non la vérité profonde de la révolution. Néanmoins, ce que la contre-révolution ne pourra sans doute jamais effacer, même si elle devait triompher, c’est l’idée, partagée au plus profond de la société, que les événements ont brisé toute continuité entre passé et avenir, c’est l’idée révolutionnaire elle-même.Dans une première partie consacrée à l’idéologie, nous discuterons de cette idée selon laquelle la révolution n’a pas eu lieu, pas plus en Syrie qu’ailleurs. Selon cette conception orientaliste, l’Arabe se réduit essentiellement à un homo religiosus à la Mircéa Eliade, qui demeure étranger à l’idée de révolution. Cette hypothèse rejoint une conception apologétique de certains régimes arabes et musulmans, selon laquelle leurs peuples ne les contestent pas radicalement dès lors qu’ils ne sont pas inféodés à l’Occident. Il y règnerait, ainsi, des voies singulières adaptées à l’esprit de certains peuples, que ce soit en Syrie ou en Iran. Dans une deuxième partie plus sociologique, nous réaffirmerons la réalité révolutionnaire que l’on veut occulter. À cet égard, il est nécessaire de discuter de la riche mais trop brève œuvre de Michel Seurat, qui utilisait des catégories du marxisme pour les retourner contre elles-mêmes, et qui rejoignait in fine l’analyse des Frères Musulmans

    Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis

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    The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed
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