1,721,028 research outputs found
Aluminium, environmental risk factor involved in the pathogenesis of intestinal diseases
L’aluminium (Al) est le métal le plus abondant de notre environnement. Il est naturellement présent dans les sols, les roches, les minéraux, l’air, l’eau, et son utilisation pour la fabrication de produits de consommation courante n’a cessé d’augmenter de façon exponentielle dans les pays industrialisés. Durant les dernières décennies, la biodisponibilité de l’Al a fortement augmenté par l’activité humaine et les populations sont exposées quotidiennement à de multiples sources et doses d’Al, notamment par la voie orale. En se basant sur la description des effets toxiques et délétères de l’Al dans diverses pathologies ainsi que sur les doses d’Al ingérées, nous avons montré que l’Al pouvait participer à l’aggravation de l’inflammation intestinale, diminuer la cicatrisation muqueuse et le renouvellement cellulaire (Pineton de Chambrun et al., 2014).Dans le but de comprendre les mécanismes par lesquels l’Al perturbait l’épithélium intestinal, nous avons évalué la toxicité de l’Al sur la cellule épithéliale intestinale. Nous avons montré dans cette étude que l’Al diminuait la viabilité cellulaire, favorisait l’apoptose et perturbait le cycle cellulaire. L’Al avait également des effets pro-carcinogènes et pro-inflammatoires sur les cellules épithéliales intestinales. Ainsi, nous avons démontré que l’Al pouvait avoir des effets toxiques sur la muqueuse intestinale.Nous avons ensuite étudié les effets de l’Al sur la sensibilité viscérale chez le rongeur. Nous avons montré que l’ingestion d’une dose d’Al cohérente avec l’exposition humaine induisait une augmentation de la sensibilité viscérale chez le rat et la souris. Cette hypersensibilité induite par l’Al était persistante et exacerbée lors d’une nouvelle intoxication, indiquant ainsi qu’il n’y a pas de phénomène de tolérance. De plus, les femelles étaient plus affectées par l’hypersensibilité induite par l’Al que les mâles. Nous avons montré que les mécanismes impliquaient une augmentation de la perméabilité et étaient dépendants de la dégranulation des mastocytes et du récepteur aux protéases 2. Ces résultats sont pertinents avec la description des mécanismes observés dans la pathogénèse du syndrome de l’intestin irritable (SII). En effet, les malades présentent le plus souvent une hypersensibilité viscérale, une augmentation de la perméabilité intestinale, une altération du microbiote et une inflammation intestinale à bas grade. Les causes de cette maladie sont inconnues mais les facteurs environnementaux sont fortement suspectés. Ainsi, l’Al pourrait être un nouveau facteur de risque environnemental impliqué dans le développement du SII.En conclusion, ces résultats nous ont permis de démontrer la toxicité de l’Al sur le tube digestif et de mettre en avant un nouveau facteur de risque environnemental dans la physiopathologie des maladies intestinales telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et le syndrome de l’intestin irritable.Aluminium (Al) is the most abundant metal in our environment. Al naturally occurs in soils, rocks, minerals, air, water and its use in consumer products increase exponentially in industrialized countries. During last decades, human activities led to an increase in the bioavailability of Al and populations are exposed daily to multiple sources and doses of Al, including the oral route. Based on the description of toxic and deleterious effects of Al in various pathologies as well as ingested doses of Al, we showed that Al could participate in the exacerbation of intestinal inflammation, decrease mucosal healing and cell renewal (Pineton de Chambrun et al., 2014).In order to understand the mechanisms involved in the perturbations of the intestinal epithelium, Al toxicity was evaluated on intestinal epithelial cells. This study showed that Al decrease cell viability, promote apoptosis and disturb cell cycle. Al had also pro-tumorigenic and pro-inflammatory effects on intestinal epithelial cells. Thus, we demonstrated that Al could promote toxic effects on intestinal mucosa.Then, we evaluated the effects of Al on visceral sensitivity in rodents. We have demonstrated that currently ingested amounts of Al, in humans, induced in mice and rats a dose dependent increase of colorectal sensitivity. Al-induced hypersensitivity persists over time so that intoxication was arrested, and appears again when Al intoxication resumes, dismissing any tolerance phenomenon. Moreover, female gender was more affected by Al-induced hypersensitivity than male gender. Mechanisms involved an increased permeability and were dependent on mast cell degranulation and protease activated receptor 2. These results are relevant to the mechanisms observed in the pathogenesis of irritable bowel syndrome (IBS). Indeed, patients usually exhibit visceral hypersensitivity, increased permeability, impaired microbiota and low inflammation degree of the gastrointestinal tract. Causes of the disease remain unknown but environmental factors are strongly suspected to be involved in the pathogenesis. Thus, Al could be a new environmental risk factor involved in the development of IBS.In conclusion, these results demonstrate the toxicity of Al on the digestive tract and highlight a new environmental risk factor in the physiopathology of intestinal diseases such as inflammatory bowel diseases and irritable bowel syndrome
Study of Inflammatory Bowel Diseases from a Population-based Registry : Contributions to Epidemiology and Statistical Analysis of Clinical and Omics Data
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), incluant la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), sont des maladies chroniques évoluant par poussées entrecoupées de rémissions, pouvant mener à des complications (sténoses, fistules, cancer..) et des lésions irréversibles de l’intestin. Les MICI se manifestent souvent à un jeune âge et impactent fortement la qualité de vie. Leur fréquence élevée en Europe du Nord en fait un problème de santé publique, justifiant la mise en place du registre épidémiologique Epimad dans le Nord-Ouest de la France en 1988. Cette thèse vise à apporter des connaissances sur les MICI à partir des données de ce registre en population générale selon deux axes : épidémiologie et analyse de données cliniques et omiques.Dans une première partie épidémiologique, nous avons étudié les incidences de MICI à partir de 22 879 cas incidents sur une période de 30 ans (1988-2017). L'incidence de la MC a augmenté de 5,1 à 7,9 (Annual percent change (APC) : +1,9 % [1,6 ; 2,2]), et celle de la RCH de 4,5 à 6,1 (APC : +1,3 % [0,9 ; 1,7]). Cette augmentation était particulièrement marquée chez les enfants et les jeunes adultes. Pour la RCH, l'incidence augmentait plus chez les femmes, atteignant celle des hommes en fin de période d’étude. En 2030, près de 0,6 % de la population du nord de la France pourrait être atteinte de MICI, avec un vieillissement de cette population.Dans une deuxième étude épidémiologique menée sur 361 patients ayant débuté leur MICI dans l’enfance, nous avons montré que le taux de chômage était significativement plus bas parmi les patients (9 % contre 15 % dans la population générale de même âge et même sexe), et que le niveau d’études était plus élevé (57 % avaient obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur contre 41 % dans la population générale). Cela souligne les capacités d’adaptation des patients ayant déclaré leur maladie dans l’enfance.Dans la seconde partie, nous avons analysé des données cliniques et omiques. Un premier chapitre a comparé plusieurs méthodes d’apprentissage statistique sur des simulations de données. Nous avons conclu que l’approche en deux étapes, avec sélection des variables cliniques par analyses univariées et sélection des variables génétiques par Lasso avec stability selection au seuil de 0,7, était un choix raisonnable. Nous avons appliqué ces méthodes à des données de 156 patients du registre Epimad pour construire un modèle, PREDICT-EPIMAD, basé sur la combinaison de 8 facteurs cliniques, sérologiques et génétiques pour prédire le risque individuel à cinq ans de résection intestinale et/ou de complications sténosantes ou pénétrantes de la MC à début pédiatrique. La validation interne a montré une bonne discrimination et calibration du modèle, ainsi que son utilité clinique.En conclusion, les MICI demeurent une question de santé publique importante avec une incidence croissante, en particulier chez les jeunes. Le coût des nouvelles thérapeutiques accentue leur poids sur le système de santé. Nous devons préparer notre système de santé et la recherche sur des méthodes de stratification des patients selon leur risque de complication et leur réponse au traitement doit se poursuivre. Ces travaux ont également montré l’importance des registres épidémiologiques, permettant de produire des données exhaustives et détaillées en population générale et de soutenir des études observationnelles et analytiques pour améliorer la connaissance sur les MICI.Inflammatory bowel diseases (IBD), including Crohn's disease (CD) and ulcerative colitis (UC), are chronic conditions characterized by an alternation of remission and flares, which can lead to complications (strictures, fistulas, cancer) and irreversible intestinal damage. IBD often manifest at a young age and significantly impact quality of life. Their high prevalence in Northern Europe constitutes a public health issue, justifying the establishment of the Epimad epidemiological registry in North of France in 1988. This work aims to provide insights into IBD based on data from this population-based registry through two main axes: epidemiology and the analysis of clinical and omics data.In the first epidemiological part, we studied the incidences of IBD using 22,879 incident cases over a 30-year period (1988-2017). The incidence of CD increased from 5.1 to 7.9 (Annual percent change (APC): +1.9% [1.6; 2.2]), and that of UC from 4.5 to 6.1 (APC: +1.3% [0.9; 1.7]). This increase was particularly marked among children and young adults. For UC, the incidence rose more among women, reaching that of men by the end of the study period. By 2030, nearly 0.6% of the population in Northern France could be affected by IBD, with this population aging.In a second epidemiological study conducted on 361 patients who developed IBD during childhood, we found that the unemployment rate was significantly lower among patients (9% compared to 15% in the general population of the same age and sex), and that the level of education was higher (57% had obtained a higher education degree compared to 41% in the general population). This highlights the capacities to cope of patients who developed their disease during childhood.In the second part, we analyzed clinical and omics data. The first chapter compared several statistical learning methods on data simulations. We concluded that the two-step approach, with the selection of clinical variables by univariate analyses and selection of genetic variables by Lasso with stability selection at a 0.7 threshold, was a reasonable choice. We applied these methods to data from 156 patients in the Epimad registry to construct a model, called PREDICT-EPIMAD, based on the combination of 8 clinical, serological, and genetic factors to predict the individual five-year risk of intestinal resection and/or stenosing or penetrating complications of pediatric-onset CD. Internal validation showed good discrimination and calibration of the model, as well as its clinical utility.In conclusion, IBD remain a significant public health issue with increasing incidence, particularly among young people. The cost of new therapeutics accentuates their burden on the healthcare system. We must prepare our healthcare system, and research on methods for stratifying patients according to their risk of complications and treatment response must continue. This work also highlighted the importance of epidemiological registries, enabling the production of exhaustive and detailed data in the general population and supporting observational and analytical studies to improve knowledge about IBD
Epidemiology of inflammatory bowel diseases : new insights from a French population-based registry (EPIMAD)
Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI) comprennent la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH). Ce sont des inflammations chroniques du tube digestif dont les causes sont inconnues. Une meilleure connaissance de leur épidémiologie pourrait orienter vers des pistes étiologiques. Jusqu’à la création du Registre EPIMAD en 1988, il n’existait en France aucune donnée d’incidence. Nous avons créé en 1988 une étude prospective d’incidence des MICI, reconnu «Registre» par l’Inserm et l’InVS en 1992. Le territoire couvert par Epimad comporte le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme et la Seine-Maritime avec près de 6 millions d’habitants soit 9,3% de la population française. La collection des cas repose sur une collaboration multidisciplinaire incluant les gastroentérologues (GE) (libéraux, hospitaliers, adultes et pédiatres; n=262), les services d’Epidémiologie de Lille et Rouen, la plateforme d’aide méthodologique en Biostatistiques du CHRU de Lille et les Centres Hospitalo-Universitaires de Lille, Amiens et Rouen. Neuf enquêteurs se déplacent sur les lieux de consultation des GE et recueillent les informations nécessaires à la validation des diagnostics. Deux GE experts revoient chaque dossier indépendamment et posent le diagnostic final de MC ou RCH certaine, probable ou possible, de colite indéterminée, de colite aiguë ou de colite inclassée. Pour les cas atypiques et non classés, un suivi systématique est effectué pour le classement définitif (MICI ou non MICI). Un croisement des bases du Registre et des bases hospitalières est effectué une fois par an pour mesurer l’exhaustivité. 80% des cas incidents sont diagnostiqués par les GE libéraux, 13% par les GE des hôpitaux généraux et 7% par les GE universitaires. Entre 1988 et 2008, l’incidence moyenne des MICI était de 11,3/105 habitants (6,4 pour la MC, 4,4 pour la RCH et 0,5 pour IBDU). Pendant cette période, l’incidence de la MC a augmenté de 30% (100% chez l’adolescent) alors que celle de la RCH est restée stable. Le délai diagnostique médian était de 3 mois dans la MC et de 2 mois dans la RCH. Le pourcentage de patients ayant un diagnostic posé plus de 9 mois après l’apparition des symptômes a diminué avec le temps. La validité diagnostique dans les cas non classant d’emblée a été assurée par un suivi de 2 ans et a montré que seul l’âge 60 ans au diagnostic. Grâce à un nombre élevé de cas incidents, une hétérogénéité spatiale de l’incidence des MICI a été montrée dans les zones agricoles et suburbaines sans lien avec le niveau social des populations. En utilisant la méthode des statistiques de scan rajoutant la dimension temporelle à l’analyse spatiale, nous avons trouvé plusieurs clusters de sur et sous incidence constants dans le temps. Nos perspectives sont: 1) Poursuivre l’enregistrement des cas incidents et établir des données de prévalence; 2) Etudier les facteurs de risque environnementaux par des études d’épidémiologie analytique (corrélations écologiques, études cas témoins, études exposés-non exposés); 3) Etudier les facteurs de risque génétiques (fréquence des variants NOD2) dans la population du Registre; 4) Créer une étude prospective sur les paramètres prédictifs (profil génétique, profil métagénomique du microbiote intestinal, profil sérologique) de développer une MC dans une population de sujets à haut risque (sujets indemnes de MC âgés de 10 à 35 ans et appartenant à une famille multiplexe, à la descendance de formes conjugales ou à une paire de jumeaux discordants). Conclusions: EPIMAD est le plus gros Registre mondial sur les MICI en population générale, reconnu pour la qualité de ses travaux, rendu possible par la création d’un réseau-ville-hôpital unique.Inflammatory Bowel Disease (IBD) including Crohn’s disease (CD) and ulcerative colitis (UC) are among the most serious and perplexing of digestive diseases. Their pathophysiology remains poorly understood. Geographic variations in the incidence of IBD could offer new clues about environmental risk factors. There were no data concerning the incidence of IBD in France. We created the first French prospective study on IBD incidence in 1988. This study became “Registre” recognized by Inserm and InVS in 1992. This prospective study was performed through all gastroenterologists (GE) (n=262) of the region of Nord, Pas-de-Calais, Somme and Seine-Maritime including near of 6 million of inhabitants corresponding to 9.3% of the whole French population. Collection of new cases is based on a close multidisciplinary collaboration including GE (whatever their practice), Epidemiology Unit of Hospital and University of Lille and Rouen, Biostatistics Unit of Lille Hospital and University and Academic Hospitals of Amiens, Lille and Rouen. Each GE referred patients consulting for the first time with clinical symptoms compatible with IBD. Data are collected by 9 interviewer practitioners present at the GE’s consulting room. Two independent experts GE assessed each case independently and made a final diagnosis of definite, probable, possible CD, UC or ulcerative proctitis (UP); Inflammatory Bowel Disease unclassifiable (IBDU); acute colitis or unspecified colitis. Possible cases of IBD, acute colitis and unspecified colitis are systematically followed-up and when a new event is recorded the chart is reviewed by the experts and a new final diagnosis is made. A control of the completeness collection is made each year by crossing data from Hospital Health databases. 80% of incident cases have been reported by private GE, 13% by general hospitals and 7% by academic centres. From 1988 to 2008 the mean annual incidence was 11.3/105 inhabitants for IBD including 6.4 for CD, 4.4 for UC and 0.5 for IBDU with a ratio CD/UC of 1.45. During this period CD incidence increased by 30% (100% in young adults) while that of UC remained stable. Valuable clinical information has been obtained; median time between onset of symptoms and diagnosis was 3 months in CD and 2 months in UC. The number of patients with a diagnosis delay > 9 months decreased over time. Age < 40 years at diagnosis was the only clinical predictor for subsequent IBD in patients with an initial diagnosis of acute colitis. Clinical presentation according to age at diagnosis may influence clinical course of IBD. In younger patients IBD had a more disabling course than in the elderly-onset IBD patients. Thanks to the large number of incident cases, we assessed spatial IBD incidence variation at the canton level and analyzed its association with a deprivation index. A spatial heterogeneity was found with a noteworthy predominance of CD in agricultural areas but no significant link with deprivation. We completed the spatial analysis using spatial scan statistics methods allowing revealing several time-constant (since 1988) clusters and other time-varying clusters. Perspectives: 1) To continue to record incident cases and establish prevalence data of IBD; 2) To study environmental risk factors using epidemiological analytic studies; 3) To study genetic risk factors establishing a geographic map of NOD2 variants in the EPIMAD’s area and 4) To assess the predictiveness of patient microbiota and host factors in a prospective, longitudinal study enrolling yet-healthy subjects at risk to develop CD (healthy patients aged 10-35 years and belonging to discordant twins, to offspring of IBD affected couples and to IBD multiplex families). In conclusion, since 1988, the EPIMAD registry has been recognized as a valuable tool for studies on genetic and environmental risk factors. It has also made it possible to reinforce networking between private practices, general and university hospitals at a regional level
Epidémiologie des maladies inflammatoires chroniques de l'Intestin en France : apport du registre EPIMAD
Inflammatory Bowel Disease (IBD) including Crohn’s disease (CD) and ulcerative colitis (UC) are among the most serious and perplexing of digestive diseases. Their pathophysiology remains poorly understood. Geographic variations in the incidence of IBD could offer new clues about environmental risk factors. There were no data concerning the incidence of IBD in France. We created the first French prospective study on IBD incidence in 1988. This study became “Registre” recognized by Inserm and InVS in 1992. This prospective study was performed through all gastroenterologists (GE) (n=262) of the region of Nord, Pas-de-Calais, Somme and Seine-Maritime including near of 6 million of inhabitants corresponding to 9.3% of the whole French population. Collection of new cases is based on a close multidisciplinary collaboration including GE (whatever their practice), Epidemiology Unit of Hospital and University of Lille and Rouen, Biostatistics Unit of Lille Hospital and University and Academic Hospitals of Amiens, Lille and Rouen. Each GE referred patients consulting for the first time with clinical symptoms compatible with IBD. Data are collected by 9 interviewer practitioners present at the GE’s consulting room. Two independent experts GE assessed each case independently and made a final diagnosis of definite, probable, possible CD, UC or ulcerative proctitis (UP); Inflammatory Bowel Disease unclassifiable (IBDU); acute colitis or unspecified colitis. Possible cases of IBD, acute colitis and unspecified colitis are systematically followed-up and when a new event is recorded the chart is reviewed by the experts and a new final diagnosis is made. A control of the completeness collection is made each year by crossing data from Hospital Health databases. 80% of incident cases have been reported by private GE, 13% by general hospitals and 7% by academic centres. From 1988 to 2008 the mean annual incidence was 11.3/105 inhabitants for IBD including 6.4 for CD, 4.4 for UC and 0.5 for IBDU with a ratio CD/UC of 1.45. During this period CD incidence increased by 30% (100% in young adults) while that of UC remained stable. Valuable clinical information has been obtained; median time between onset of symptoms and diagnosis was 3 months in CD and 2 months in UC. The number of patients with a diagnosis delay > 9 months decreased over time. Age 60 ans au diagnostic. Grâce à un nombre élevé de cas incidents, une hétérogénéité spatiale de l’incidence des MICI a été montrée dans les zones agricoles et suburbaines sans lien avec le niveau social des populations. En utilisant la méthode des statistiques de scan rajoutant la dimension temporelle à l’analyse spatiale, nous avons trouvé plusieurs clusters de sur et sous incidence constants dans le temps. Nos perspectives sont: 1) Poursuivre l’enregistrement des cas incidents et établir des données de prévalence; 2) Etudier les facteurs de risque environnementaux par des études d’épidémiologie analytique (corrélations écologiques, études cas témoins, études exposés-non exposés); 3) Etudier les facteurs de risque génétiques (fréquence des variants NOD2) dans la population du Registre; 4) Créer une étude prospective sur les paramètres prédictifs (profil génétique, profil métagénomique du microbiote intestinal, profil sérologique) de développer une MC dans une population de sujets à haut risque (sujets indemnes de MC âgés de 10 à 35 ans et appartenant à une famille multiplexe, à la descendance de formes conjugales ou à une paire de jumeaux discordants). Conclusions: EPIMAD est le plus gros Registre mondial sur les MICI en population générale, reconnu pour la qualité de ses travaux, rendu possible par la création d’un réseau-ville-hôpital unique
Epidémiologie des maladies inflammatoires chroniques de l'Intestin en France : apport du registre EPIMAD
Inflammatory Bowel Disease (IBD) including Crohn’s disease (CD) and ulcerative colitis (UC) are among the most serious and perplexing of digestive diseases. Their pathophysiology remains poorly understood. Geographic variations in the incidence of IBD could offer new clues about environmental risk factors. There were no data concerning the incidence of IBD in France. We created the first French prospective study on IBD incidence in 1988. This study became “Registre” recognized by Inserm and InVS in 1992. This prospective study was performed through all gastroenterologists (GE) (n=262) of the region of Nord, Pas-de-Calais, Somme and Seine-Maritime including near of 6 million of inhabitants corresponding to 9.3% of the whole French population. Collection of new cases is based on a close multidisciplinary collaboration including GE (whatever their practice), Epidemiology Unit of Hospital and University of Lille and Rouen, Biostatistics Unit of Lille Hospital and University and Academic Hospitals of Amiens, Lille and Rouen. Each GE referred patients consulting for the first time with clinical symptoms compatible with IBD. Data are collected by 9 interviewer practitioners present at the GE’s consulting room. Two independent experts GE assessed each case independently and made a final diagnosis of definite, probable, possible CD, UC or ulcerative proctitis (UP); Inflammatory Bowel Disease unclassifiable (IBDU); acute colitis or unspecified colitis. Possible cases of IBD, acute colitis and unspecified colitis are systematically followed-up and when a new event is recorded the chart is reviewed by the experts and a new final diagnosis is made. A control of the completeness collection is made each year by crossing data from Hospital Health databases. 80% of incident cases have been reported by private GE, 13% by general hospitals and 7% by academic centres. From 1988 to 2008 the mean annual incidence was 11.3/105 inhabitants for IBD including 6.4 for CD, 4.4 for UC and 0.5 for IBDU with a ratio CD/UC of 1.45. During this period CD incidence increased by 30% (100% in young adults) while that of UC remained stable. Valuable clinical information has been obtained; median time between onset of symptoms and diagnosis was 3 months in CD and 2 months in UC. The number of patients with a diagnosis delay > 9 months decreased over time. Age 60 ans au diagnostic. Grâce à un nombre élevé de cas incidents, une hétérogénéité spatiale de l’incidence des MICI a été montrée dans les zones agricoles et suburbaines sans lien avec le niveau social des populations. En utilisant la méthode des statistiques de scan rajoutant la dimension temporelle à l’analyse spatiale, nous avons trouvé plusieurs clusters de sur et sous incidence constants dans le temps. Nos perspectives sont: 1) Poursuivre l’enregistrement des cas incidents et établir des données de prévalence; 2) Etudier les facteurs de risque environnementaux par des études d’épidémiologie analytique (corrélations écologiques, études cas témoins, études exposés-non exposés); 3) Etudier les facteurs de risque génétiques (fréquence des variants NOD2) dans la population du Registre; 4) Créer une étude prospective sur les paramètres prédictifs (profil génétique, profil métagénomique du microbiote intestinal, profil sérologique) de développer une MC dans une population de sujets à haut risque (sujets indemnes de MC âgés de 10 à 35 ans et appartenant à une famille multiplexe, à la descendance de formes conjugales ou à une paire de jumeaux discordants). Conclusions: EPIMAD est le plus gros Registre mondial sur les MICI en population générale, reconnu pour la qualité de ses travaux, rendu possible par la création d’un réseau-ville-hôpital unique
L'évolution des formes familiales de maladies de Crohn dans les familles multiplexes est-elle différente des cas sporadiques (étude cas/témoin en population générale)
Un à 22% des malades atteints de maladie de Crohn possèdent au moins un membre de leur famille au 1er degré atteint de la maladie. Bien que rares, les formes familiales multiplexes, définies par au moins 3 membres au 1er degré atteints, ont une incidence particulièrement élevée dans notre région. Cependant, peu de données sont disponibles concernant le profil évolutif de ces formes multiplexes. Objectif : L objectif principal de ce travail était de comparer le profil évolutif des formes familiales multiplexes à celui des formes sporadiques. Méthodes : Nous avons recensé des formes multiplexes exceptionnelles de maladie de Crohn, en population générale, à partir du registre EPIMAD. Chaque individu issu des formes multiplexes a été apparié à au moins un cas sporadique. Les critères d appariement étaient les suivants : âge, sexe et phénotype au diagnostic selon la classification de Montréal. Les différentes variables étudiées et comparées entre les deux groupes, au cours du suivi, étaient les suivantes : l extension digestive de la maladie, l évolution phénotypique, la survenue de manifestations extra-digestives, la mise en place d une corticothérapie, d un traitement immunosuppresseur ou d une biothérapie, et le recours à une chirurgie de résection. Résultats : Cinquante-neuf malades issus de 24 familles ont été inclus dans ce travail, appariés à 88 malades sporadiques. La durée médiane de suivi était de 16 ans. Il n a pas été mis en évidence de différence entre les 2 groupes, multiplexes et sporadiques, en termes d extension digestive (75% contre 70%, n.s), d évolution phénotypique ou de la survenue de manifestations extra-digestives (27% contre 31%, n.s). La probabilité cumulée de recevoir un traitement immunosuppresseur était de 46% contre 62% à 10 ans et 61% contre 73% à 20 ans (n.s). Concernant les biothérapies, la probabilité cumulée d avoir recours à ce traitement était de 14% contre 24% à 10 ans et 46% contre 52% à 20 ans (n.s). La probabilité cumulée de recours à une chirurgie de résection était de 42% contre 50% à 10 ans et de 49% contre 57% à 20 ans (n.s). Le taux de fumeurs et d ancien fumeurs était significativement plus élevé chez les malades multiplexes (93% contre 53%, p<0,0001). Conclusion : Dans cette étude réalisée en population générale, l évolution des formes familiales multiplexes n est pas plus défavorable que celle des formes sporadiques appariées. Chez les familles multiplexes, il existe une susceptibilité génétique majorant le risque de développer la maladie, mais celle-ci n a probablement que peu d impact sur son profil évolutif, qui pourrait être alors plutôt sous l influence de facteurs environnementaux.LILLE2-BU Santé-Recherche (593502101) / SudocSudocFranceF
Complications post-opératoires au cours des maladies inflammatoires chroniques intestinales pédiatriques (étude en population générale à partir du registre EPIMAD)
Dans une cohorte de MICI diagnostiquée =30 j) et leur gravité selon la classification de Dindo. Les facteurs prédictifs de complications ont été recherchés par un modèle multivarié de Cox et exprimés par leur HR et leur IC à 95%. Résultats:Après un suivi médian post chirurgical de 8 ans [3-12], 76 patients (50%) avaient présenté un total de 114 complications post-opératoires; 51 n avaient présenté qu une complication et 25 plus d une. Le pourcentage des complications graves (grade Dindo>2) était similaire dans la MC et la RCH (28% vs 27% ; p=0.95). 47 patients (31%) ont présenté 64 complications précoces incluant 32 (50%) complications infectieuses et 32 non infectieuses. 37 patients (24%) ont présenté 50 complications tardives dont la majorité était d ordre mécanique. Deux patients sont décédés 5 et 16 ans après une iléostomie définitive, l un d une défaillance multiviscérale, l autre d un probable accident vasculaire cérébral. Le risque de survenue d une complication post-opératoire était de 31% (IC 95% : 24-39) à 6 mois et de 45% (38-54) à 1 an. Pour l ensemble des MICI, l analyse multivariée a retrouvé que la RCH était prédictive de complication post-opératoire (HR=2.2, 1.3-3.9). Dans la MC, l âge au diagnostic <14 ans et dans la RCH, un délai <15 mois entre le diagnostic et la colectomie étaient prédictifs de complications post opératoires. La corticothérapie systémique et les IS dans les 3 mois avant la chirurgie n étaient pas associés au risque de complications post-opératoires. Conclusions:Dans cette cohorte en population générale, la moitié des patients opérés de MICI à l âge pédiatrique a présenté une complication post-opératoire. Alors que la fréquence des complications graves était similaire dans les 2 MICI, la RCH était le seul facteur de risque de complication post-opératoire. La corticothérapie systémique et les IS dans les 3 mois avant la chirurgie n étaient pas associés au risque de complications post-opératoiresLILLE2-BU Santé-Recherche (593502101) / SudocSudocFranceF
Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis
The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation
counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings
are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that
only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into
account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed
Variations on the Author
“Variations on the Author” discusses two of Eduardo Coutinho’s recent films (Um Dia na Vida, from 2010, and Últimas Conversas, posthumously released in 2015) and their contribution to the general question of documentary authorship. The director’s filmography is characterized by a consistent yet self-effacing form of authorial self-inscription: Coutinho often features as an interviewer that rather than express opinions propels discourses; an interviewer that is good at listening. This mode of self-inscription characterizes him as an author who is not expressive but who is nonetheless markedly present on the screen. In Um Dia na Vida, however, Coutinho is completely absent form the image, while Últimas Conversas, on the contrary, includes a confessional prologue that moves the director from the margins to the center of his films. This article examines the ways in which these works stand out in the filmography of a director who offers new insights into the notion of cinematic authorship
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