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    Giannini (Gabriele) & Gingras (Francis), éds. Les centres de production des manuscrits vernaculaires au Moyen Âge, (Rencontres, 136 ; Civilisation médiévale, 16) 2015

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    Tock Benoît-Michel. Giannini (Gabriele) & Gingras (Francis), éds. Les centres de production des manuscrits vernaculaires au Moyen Âge, (Rencontres, 136 ; Civilisation médiévale, 16) 2015. In: Revue belge de philologie et d'histoire, tome 94, fasc. 2, 2016. Histoire Médiévale, Moderne et Contemporaine – Middleleeuwse, Moderne en Hedendaagse Geschiedenis. pp. 562-563

    L’auteur au temps du recueil : repenser l’autorité et la singularité poétiques dans les premiers manuscrits à collections auctoriales de langue d’oïl (1100-1340)

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    Cette thèse entend proposer une analyse originale du phénomène connu mais polémique que constitue l’introduction de la notion d’auteur dans la littérature de langue française au Moyen Âge. Il s’agira d’essayer de contribuer à repenser la signification poétique, culturelle et historique de ce moment particulier où l’auteur – c’est-à-dire l’attribution d’un texte ou d’une série de textes à un nom propre donné – s’est imposé pour la première fois comme un critère structurant et primordial dans la production et surtout la transmission des textes de langue française dans les manuscrits médiévaux. Usant du concept foucaldien de fonction-auteur, des théories de la réception et du paratexte, ainsi que de la « Nouvelle Codicologie », l’approche déployée ici aborde l’auteur en tant que construction textuelle et éditoriale signifiante au sein d’un corpus de recueils littéraires de langue d’oïl où la volonté de construire des figures d’auteurs par les éditeurs de ces ouvrages est à la fois claire et indiscutable. Partie à l’origine d’un examen systématique de la tradition manuscrite d’environ 320 noms de poètes de langue d’oïl actifs entre 1100 et 1340, l’analyse se concentre principalement sur 25 manuscrits contenant des collections auctoriales dédiées à 17 poètes, dont le nom est associé avec insistance à une série de textes copiés les uns à la suite des autres. Parmi ces auteurs, on trouve les célèbres Chrétien de Troyes, Rutebeuf et Adam de la Halle, mais aussi Philippe de Thaon, frère Angier, Guillaume le clerc de Normandie, Pierre de Beauvais, Philippe de Remi, Gautier le Leu, Jacques de Baisieux, Geoffroi de Paris, Jean de l’Escurel, Baudouin de Condé, Jean de Condé, Watriquet de Couvin et Nicole Bozon. La présente analyse tente de nuancer et de dépasser la lecture répandue selon laquelle ces manuscrits à collections auctoriales individuelles constitueraient, de concert avec les fameuses biographies de troubadours et les chansonniers de trouvères, souvent présentés comme leurs « ancêtres », les débuts balbutiants d’une vaste épopée de l’avènement de l’« auteur moderne », annonciateur tout à la fois d’une « subjectivité littéraire », d’une « esthétique autobiographique » et d’un contrôle accru des auteurs historiques, réels, sur la transmission manuscrite de leurs propres œuvres. Tout en offrant une mise à jour contextuelle et matérielle – données originales à l’appui – concernant la dimension collaborative de la genèse de ces recueils et le caractère modulaire de leur transmission, on montrera qu’ils sont le fruit d’un dialogue nourri avec le modèle livresque latin et pluriséculaire de l’auctor – qui est à la fois un auteur, un garant de la vérité (auctoritas) et un ambassadeur prestigieux de la grammaire –, ainsi qu’avec l’antique exemple d’œuvres dites « biobibliographiques », qui décrivent la vie et l’œuvre d’auteurs illustres et exemplaires, comme le fait le De viris illustribus de saint Jérôme. Les manuscrits étudiés usent à répétition de ce modèle ancestral de la biobibliographie (« la vie et l’œuvre ») pour mettre en scène un face-à-face entre auteurs de langue d’oïl et auctores. Or cette mise en regard s’avère d’autant plus intéressante que, contrairement à ce qu’on observe pour les troubadours, considérés très tôt comme de nouveaux auctores illustres en langue vulgaire, dignes de cautionner l’excellence de la poésie et de la grammaire d’oc, elle ne prend pas uniquement, en français, la forme d’une imitation ou d’une adaptation de modèles anciens. En fait, l’analogie avec les auctores donne lieu à des exercices savants, autoréflexifs et parfois ironiques sur la fabrique éditoriale, poétique et épistémologique du type d’auteur et d’auctoritas qui peuvent (ou non) être bâtis dans des recueils en langue d’oïl, idiome qui était encore dépourvu à l’époque (1100-1340) de véritable grammaire, et où fleurissaient en revanche les genres littéraires de divertissement comme le roman, où l’on explorait la porosité des frontières entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal. Plus qu’un pas pris dans la direction d’un sacre inéluctable, l’« invention de l’auteur français » à laquelle procèdent les recueils étudiés est un geste pétri des incertitudes et des interrogations de ceux qui le posaient, et qui en mesuraient la profonde vanité au regard de Dieu et de la mort.This thesis aims to provide an original analysis on an often studied yet controversial issue: the introduction of the notion of authorship in French language medieval literature. The objective here is to reconsider the poetic, cultural, and historical signification of the particular moment when the author – understood here as the attribution of a text or of a series of texts to a proper noun – first became an essential structuring criteria in the production, and more importantly, in the transmission of French-language texts through medieval manuscripts. Using Michel Foucault’s concept of fonction-auteur, theories of reception and of the paratext, as well as New Codicology, this thesis will consider the author as a signifying textual and editorial construction within several literary collections written in langue d’oïl, in which the editors clearly and undeniably sought to construct figures of the author. Based on the systematic examination of the manuscript tradition of approximately 320 names of langue d’oïl poets, who were active between 1100 and 1340, this analysis will focus primarily on 25 manuscripts containing authorial collections dedicated to 17 poets, whose names are strongly associated with a series of texts that are copied one after the other. Among these authors are the famous Chrétien de Troyes, Rutebeuf and Adam de la Halle, as well as Philippe de Thaon, frère Angier, Guillaume le clerc de Normandie, Pierre de Beauvais, Philippe de Remi, Gautier le Leu, Jacques de Baisieux, Geoffroi de Paris, Jean de l’Escurel, Baudouin de Condé, Jean de Condé, Watriquet de Couvin and Nicole Bozon. This thesis attempts to question and ultimately discard the common conception according to which the manuscripts containing individual authorial collections constituted – along with the famous biographies of the troubadours and the chansonniers of the trouvères, often considered as their « ancestors » – the timid beginnings of the rise of the « modern author », himself a prequel to « literary subjectivity », « autobiographical aesthetics » and an ever stronger control exerted by actual empirical authors over the manuscript transmission of their own works. While offering contextual and material updates – supported by original data – regarding the collaborative process that went into the creation of these collections, as well as the modular aspect of their reception, this thesis will show that these collections were formed through a rich dialogue with the centuries-old latin model of the auctor – who is at once an author, a guardian of truth (auctoritas) and a prestigious ambassador of grammar –, as well as with the antique tradition of « biobibliographical » texts, dealing with the life and works of famous and exemplary authors, such as De viris illustribus, by saint Jerome. The manuscripts studied here repeatedly used this ancient model of biobibliography (« the life and works ») in order to stage a competition between authors writing in langue d’oïl and auctores. This confrontation is particularly interesting when one considers that – contrary to what may be observed in the case of the troubadours, who were quickly seen as the new illustrious vernacular auctores, worthy of vouching for the excellency of langue d’oc poetry and grammar – , we are not simply dealing here with a form of imitation or adaptation in French of ancient models. In fact, the analogy with auctores allows for autoreflexive and sometimes ironic learned exercises, dealing with the editorial, poetic and epistemological creation of the type of author and auctoritas in manuscript collections in langue d’oïl, an idiom which at the time (1100-1340) lacked a true grammar, yet was used in various literary genres meant for entertainment, such as romance, which explored the evanescent barriers between truth and lies, good and evil. Rather than a small step in the long path towards an inevitable coronation, the « invention of the French author » undertaken by these collections constitutes an action that reflects all the uncertainty and interrogations of those who undertook it, while being fully convinced of its utter vanity in the eyes of God and death

    Le «translateur» translaté : l’imaginaire et l’autorité d’un romancier médiéval à travers le cycle post-vulgate et son adaptation portugaise

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    La traduction portugaise de la version post-vulgate française de la Quête du Graal achevée vers la fin du XIIIe siècle et intitulée A Demanda do Santo Graal, offre un prisme intéressant pour saisir, en contexte et à travers les jeux de déplacements et de reconfiguration, l’imaginaire caractéristique du cycle Post-Vulgate, autrement difficilement accessible. La Demanda do Santo Graal permet de mieux comprendre l’imaginaire du roman français et d’accompagner son évolution en dehors de ses frontières linguistiques à une époque où le romancier n’est plus traducteur, mais devient lui-même une figure d’autorité. Ce travail consiste essentiellement à voir comment la Queste Post-Vulgate lue en parallèle avec la traduction/adaptation portugaise permet de comprendre l’évolution du roman vers la fin du Moyen Âge et la notion d’auteur en faisant la distinction entre le translateur, le créateur et le romancier dans le récit médiéval tout en faisant témoin de l’évolution de leur subjectivité littéraire du roman des origines à celui du Moyen Âge tardif.The Portuguese translation of the Post-Vulgate Cycle completed towards the end of the 13th century and entitled A Demanda do Santo Graal offers an interesting prism to grasp, within the context and through a set of displacement and of reconfiguration, the characteristics of the Queste Post-Vulgate’s imagination, otherwise difficult to access. The Demanda do Santo Grail gives the reader access to the imagination of the Medieval French novel while tracing the different aspects of its evolution outside of its linguistic borders in an era where the writer is no longer a translator, but becomes an auctor. This work mainly shows how the Queste Post-Vulgate, read in conjunction with the Portuguese translation/adaptation, illustrates the evolution of the novel and the concept of author while distinguishing between the translator, the creator and the writer. This important distinction between the different representations of the writer during the medieval period allows one to understand their literary subjectivity in the narrative from the beginning to the end of the Middle Ages

    Le «translateur» translaté : l’imaginaire et l’autorité d’un romancier médiéval à travers le cycle post-vulgate et son adaptation portugaise

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    La traduction portugaise de la version post-vulgate française de la Quête du Graal achevée vers la fin du XIIIe siècle et intitulée A Demanda do Santo Graal, offre un prisme intéressant pour saisir, en contexte et à travers les jeux de déplacements et de reconfiguration, l’imaginaire caractéristique du cycle Post-Vulgate, autrement difficilement accessible. La Demanda do Santo Graal permet de mieux comprendre l’imaginaire du roman français et d’accompagner son évolution en dehors de ses frontières linguistiques à une époque où le romancier n’est plus traducteur, mais devient lui-même une figure d’autorité. Ce travail consiste essentiellement à voir comment la Queste Post-Vulgate lue en parallèle avec la traduction/adaptation portugaise permet de comprendre l’évolution du roman vers la fin du Moyen Âge et la notion d’auteur en faisant la distinction entre le translateur, le créateur et le romancier dans le récit médiéval tout en faisant témoin de l’évolution de leur subjectivité littéraire du roman des origines à celui du Moyen Âge tardif.The Portuguese translation of the Post-Vulgate Cycle completed towards the end of the 13th century and entitled A Demanda do Santo Graal offers an interesting prism to grasp, within the context and through a set of displacement and of reconfiguration, the characteristics of the Queste Post-Vulgate’s imagination, otherwise difficult to access. The Demanda do Santo Grail gives the reader access to the imagination of the Medieval French novel while tracing the different aspects of its evolution outside of its linguistic borders in an era where the writer is no longer a translator, but becomes an auctor. This work mainly shows how the Queste Post-Vulgate, read in conjunction with the Portuguese translation/adaptation, illustrates the evolution of the novel and the concept of author while distinguishing between the translator, the creator and the writer. This important distinction between the different representations of the writer during the medieval period allows one to understand their literary subjectivity in the narrative from the beginning to the end of the Middle Ages

    Li Preus Dervés : dialogues entre folie et courtoisie dans les romans de Lancelot et de Tristan en prose et le cycle de Guiron le Courtois

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    Le statut de la folie au Moyen Âge est souvent problématique : si le fou est une figure le plus souvent conspuée et chassé de l’espace social, il peut aussi être une source de rire. La folie en tant que motif démultiplie ces mêmes incertitudes. Les théologiens n’oublient jamais la « folie de la croix » qui pose la déraison chrétienne aux yeux des sages païens comme la véritable sagesse. Si l’Occident chrétien comprend la folie comme une perturbation de l’ordre, elle présente néanmoins un aspect transgressif et libérateur qui invite et fascine. La fête des fous en est la preuve. Dans les romans, la démence se fait tout aussi présente : les plus grands héros perdent la raison tandis qu’ils parcourent la voie de leur destin. Si chevalier fou est d’abord un fou par amour, avec le développement de l’esthétique romanesque, surtout avec l’établissement de la prose comme forme de raconter, la folie littéraire est à son tour enrichie de ses propres complexités. La chevalerie errante étant la personnification de la prouesse « en armes et en amour », la folie du chevalier devient pour l’auteur médiéval un instrument narratif grâce auquel il explore les écarts entre le héros, les valeurs courtoises que celui-ci revendique et le monde dans lequel le chevalier évolue. À travers la construction des conditions qui précèdent la démence du héros, le récit de ses errances en tant que fou et sa guérison, l’auteur médiéval parvient non seulement à offrir à son lecteur des situations où l’ordre attendu ou établi est contesté, mais aussi à fournir des pistes de réflexion permettant de cerner la senefiance du discours qu’il développe. En accompagnant les personnages fous dans les textes de notre corpus, nous comprenons que chaque manifestation de folie se dérobe à l’idée d’un motif fixe pour agir comme vecteur de messages parfois très différents, permettant de mieux cerner les particularités des récits qui les portent.The status of madness in the Middle Ages is often problematic: while the madman is a figure most often reviled and banished from social space, he can also be a source of laughter. Madness as a motif multiplies these same uncertainties. Theologians never forget the "madness of the cross," which posits Christian unreason in the eyes of pagan sages as true wisdom. While the Christian West understands madness as a disruption of order, it nevertheless presents a transgressive and liberating aspect that invites and fascinates, as proven by the popularity of the Fête des Fous. In Medieval romances, madness is just as present, and the greatest heroes lose their minds as they travel the path of their destiny. Initially, the mad knight loses his sanity for love, but with the development of the novelistic aesthetic, mostly due to the prose being elected as the mains form of storytelling, literary madness will develop its own complexities. If knight-errantry is the personification of prowess "in arms and in love", the madness of the knight becomes for the medieval author a narrative instrument allowing the exploration of the tensions between the hero, the courtly values that he claims and the world in which he evolves. Through the construction of the conditions that precede the hero's madness, the story of his wanderings as a madman and his recovery, the medieval author not only manages to offer his reader situations where the expected or established order is contested, but also to provide avenues of reflection that allow us to identify the senefiance of the discourse that he develops. By accompanying the mad characters in the texts of our corpus, we understand that each manifestation of madness eludes the idea of a fixed motif to act as a vector of sometimes very different messages, shedding light instead of chaos on each story in which it erupts

    Cultures courtoises en mouvement

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    Les études regroupées dans cet ouvrage offrent une sélection de contributions parmi les plus représentatives proposées au XIIIe congrès de la Société internationale de littérature courtoise qui s'est tenu à Montréal en 2010. Les axes de recherche reflètent les questions qui ont plus particulièrement occupé les médiévistes depuis la dernière décennie autour des problèmes de transmission et de diffusion, notamment par un retour à la spécificité de la « manuscriture » médiévale : la transmission et la réception de la courtoisie, la culture courtoise et le livre, et les langues de la courtoisie. Ces axes, qui ordonnent aussi la composition du présent livre, correspondent bien à quelques-uns des principaux mouvements critiques qui ont animé les études médiévales depuis le débat autour de la « nouvelle philologie » et de la « nouvelle codicologie ». Par ailleurs, l'étude des rapports entre la langue et la littérature du point de vue de l'histoire culturelle et non strictement de la philologie a offert l'un des points de rencontre les plus naturels pour le dialogue entre critiques littéraires, philologues et historiens

    Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis

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    The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed

    Le parfait exemple du Reclus de Molliens : poétique de la réception du texte édifiant en strophe d’Hélinand (XIIIe-XVe siècles)

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    Poète picard du début du XIIIe siècle, le Reclus de Molliens est l’auteur à de deux textes à teneur morale, religieuse et savante, qui circulent sous les titres de Miserere et Carité. Même si ces deux textes édifiants connaissent une diffusion considérable au Moyen Âge et qu’ils rencontrent une réception plus que favorable auprès de plusieurs générations de lecteurs et d’auteurs anciens, ils ont largement été délaissés, voire négligés par la critique moderne, qui ne leur a accordé aucune monographie depuis la fin du XIXe siècle (Van Hamel, 1885). Si la présente thèse vise en partie à combler cette lacune par le moyen d’une mise à jour des données de base quant à la diffusion et au legs littéraire du Reclus de Molliens, elle propose avant tout une réflexion d’ordre poétique, qui engage de façon active le statut de canon littéraire de l’œuvre. À titre de textes à succès – qui font acte de modèle et d’étalon poétique aux yeux d’un vaste public –, Miserere et Carité paraissent tout désignés pour servir de guide et de point de repère poétique permettant de repenser la vitalité et les codes de la poésie édifiante, à l’aune des critères de jugement et des pratiques de lecture concrètes du public médiéval. La documentation historique liée au Reclus de Molliens révèle que le système de versification adopté dans Miserere et Carité, soit la strophe d’Hélinand (8aabaabbbabba), joue un rôle primordial dans la réception de l’œuvre. Comme il faudra le montrer, les textes en strophe d’Hélinand répondent à une série de règles cohérentes, spécifiques et différenciées (partie I), si bien qu’ils s’apparentent à un système poétique à part entière, doté de son propre « horizon d’attente » et de ses propres conventions de lecture (partie II). Ces règles non écrites, qui semblent directement infléchir la réception de Miserere et Carité, participent également du procès du sens en ajoutant un impact dramatique au propos édifiant (partie III). Dès lors que l’analyse de Miserere et Carité sera ainsi imbriquée à celle de ce corpus formel, il deviendra possible de dégager une poétique du texte édifiant en strophe d’Hélinand, qui sera guidée et balisée par le parfait exemple d’un poète à succès.The Reclus de Molliens, an early 13th century French poet, is the author of two moralizing, religious and didactic texts known as Miserere and Carité. Despite its wide circulation, as well as its significant influence over subsequent generations of authors and readers, this work has been largely neglected by modern critics: the most recent monograph on Miserere and Carité was indeed published over one hundred thirty years ago (Van Hamel, 1885). The following dissertation aims at filling this gap in research by updating the basic data regarding the circulation and literary legacy of this medieval best-seller. Moreover, it provides a reflection surrounding the poetics of this work, which draws on its status as a part of a forgotten literary canon. The fact that Miserere and Carité were so widely read, and therefore constituted models and poetic benchmarks for a wide audience, makes them ideal case studies to rethink the vitality and the codes of moralizing poetry, based on the actual criteria and reading practices of the medieval audience. The historical documentation pertaining to the Reclus de Molliens reveals that the versification system adopted in Miserere and Carité, known as the Helinandian stanza (8aabaabbbabba), plays a vital role in the reception of his works. As will be demonstrated, works that are composed using this type of verse follow a consistent set of poetic rules (part 1). This means that they constitute a legitimate poetic system, with its own “horizon of expectations” and reading conventions (part 2). These implicit rules, which seem to have impacted the reception of Miserere and Carité, also contribute to the construction of meaning by adding a dramatic impact to their moralizing content (part 3). Once the analysis of Miserere and Carité is thus imbricated in the analysis its “formal family”, it will then be possible to define a poetics of the moralizing text written in Helinandian stanza, guided and framed by this successful poet

    Réécriture romantique du Moyen Âge, le chevalier transformé et réactualisé

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    En France, les changements sociaux, culturels et politiques du tournant des XVIIIe et XIXe siècles vont imposer au romantisme naissant une autre base d’inspiration que l’Antiquité qui fut celle du classicisme : le Moyen Âge. Victor et Hugo et Honoré de Balzac feront partie des auteurs romantiques qui adapteront les ressources imaginaires des œuvres médiévales dont la figure du chevalier. Pourquoi les romantiques ont-ils perçu en cette figure une source de sens ? Quels sont les aménagements nécessaires pour qu’une figure aussi liée au Moyen Âge soit réactualisée dans l’esthétique romantique? Cette étude se propose de répondre à ces question en observant la figure du chevalier dans des œuvres médiévales, Le chevalier de la charrette (Chrétien de Troyes) et Le Lancelot en prose (auteur inconnu), comparée au chevalier romantique présenté dans La légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour (Victor Hugo) et Le frère d’armes (Honoré de Balzac). Cette comparaison permettra de mettre en lumière que cette figure est représentée dans ces œuvres transformée et actualisée.In France, the social, cultural, and political changes of the turn of the eighteenth and nineteenth centuries will impose on nascent romanticism another basis for inspiration than that of antiquity, which is that of classicism: the Middle Ages. Victor Hugo and Honoré de Balzac will be part of the romantic authors who will adapt the imaginary resources of the medieval works including the knight figure. Why did the romantics observe such a source of sense in this figure? What are the necessary amendments for a symbol so strongly linked to the Middle Ages, required for adapted use in romantic aesthetics? This will be examined through observation of the knight figure in the medieval works, Le chevalier de la charrette (Chrétien de Troyes) and Le Lancelot en prose (unknown author), compared to the romantic knight that is present in La légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour (Victor Hugo) and Le frère d’armes (Honoré de Balzac). This comparison will highlight that the symbol of the knight represented in these romantics works is transformed and adapted
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