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    Innover sans évoluer ? Imaginaire et pratiques autour de la femme (au foyer) dans la cuisine commune du projet Tast’in Fives

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    International audience« Le bruit des casseroles, des assiettes et des couverts résonne encore dans notre esprit fatigué. Dans l’ombre qui recouvre l’immense espace extérieur de la friche et habille les vestiges murés des halles laissées à l’abandon, on ne perçoit que la luminosité intérieure de la cuisine commune qui termine sa journée, occupée par les derniers participants qui passent le balai, remettent les tables dans leur position initiale et vérifient que tous les appareils sont éteints. Une fois de plus, nous avons la sensation d’avoir vécu plusieurs journées en une. Comme dans les cabarets parisiens, qui enchaînent les spectacles et les publics dans une même soirée, ce sont des dizaines de personnes qui ont foulé son lino gris, passé des assiettes sales sous l’eau vacillante de l’évier, coupé des fruits et légumes de saison. Tout a commencé très tôt, à l’aube : il a fallu préparer un repas pour les enfants de l’école voisine, animer une réunion professionnelle sous forme d’auberge espagnole, accueillir les représentantes d’une association cultuelle qui souhaitaient obtenir des informations sur les conditions de réservation du lieu, planifier un autre repas pour le lendemain. C’est ainsi que fonctionne quotidiennement la cuisine commune située au cœur d’un terrain qui, il y a de cela quelques mois, n’avait pour seuls occupants que des chats errants dont les miaulements nocturnes brisaient, par intermittence, le silence des souvenirs d’une fermeture d’usine restée douloureuse. C’est bel et bien cette cuisine qui, par son effervescence journalière, fait renaître tous les jours une vieille dame de fer et d’acier que beaucoup d’habitants respectent, mais qu’ils avaient enfoui dans leur mémoire ».Cette observation est l’une des nombreuses observations que nous avons menées, pendant près de 2 ans, au sein de la cuisine commune du projet Tast’in Fives (TIF). TIF est un projet de réhabilitation urbaine autour de l’alimentation durable qui vise à rénover une ancienne friche industrielle située au coeur du quartier populaire de Fives. Porté par la Ville de Lille avec l’appui d’une dizaine de partenaires institutionnels et associatifs, ce projet souhaite réunir, au sein d’une grande halle de l’ancienne usine sidérurgique Fives-Cail-Babcock, des activités de production et de consommation alimentaires, d’agriculture urbaine, mais aussi de restauration et de services liés à l’alimentation. C’est dans ce cadre que la « cuisine commune » (qualifiée comme telle dans le projet) destinée à l’usage des habitants et des structures associatives du quartier a été conçue par les porteurs du projet. Cette cuisine commune, comme d’autres aménagements connexes, redonne incontestablement vie à la friche : comme en témoigne l’observation, la cuisine commune est un espace qui grouille et rompt, en cela, avec la lourdeur du passé. Un va et vient perpétuel l’agite, qui ne passe pas inaperçu aux yeux des habitants.Mais cette agitation ne se produit pas en ordre dispersée : les groupes qui viennent y confectionner leurs mets doivent préalablement obtenir une autorisation ou sont savamment sélectionnés. De même, nous avons observé des pratiques et des rôles, implicitement ou explicitement, attribués à chacun, en particulier aux femmes de catégories populaires qui se trouvent maintenues dans un imaginaire traditionnel de la femme au foyer affectée à des tâches ménagères. Partant, la patrimonialisation de cette friche prendrait-elle, avec la cuisine commune, une forme de matrimonialisation ? Les usagères du lieu parviennent-elles à échapper à cette assignation de rôle qui rappelle aujourd’hui un peu plus le passé ? Telles sont les deux questionnements auquel nous voudrions répondre dans notre proposition de communication Il s’agira donc d’interroger - d’une part, comment l’offre d’activités tout à la fois convoque les femmes du quartier dans des tâches ménagères traditionnelles et, sous certaines conditions, participe partiellement d’une forme possible d’émancipation de ces femmes en les faisant sortir de chez elles et en les visibilisant dans l’espace public de l’ancienne friche urbaine et ainsi, potentiellement en introduisant un « trouble dans le genre »-et, d’autre part, combien le dispositif de patrimonialisation du site tel qu’il est engagé fait tendanciellement assez peu de cas d’un possibilité de matrimonialisation avec une réattribution très partielle des lieux industriels à des figures féminines du quartier (i.e. noms de rue), avec une absence de témoignage visibilisé et permanent des anciens modes d’habiter et de travailler des actrices de l’usine (même si le lieu est souvent présentée avec des vocables féminins) , avec cependant une réaffectation des usages des lieux (food court) où les femmes peuvent être présentes comme productrices gastronomiques (restauratrices) et, bien sûr, comme consommatrices.Nous nous basons, pour y répondre, sur un riche matériau d’enquête constitué d’observations et d’entretiens menés de juillet 2017 à novembre 2019 et réactualisés en 2024. Bibliographie : Bessière, Céline ; Gollac, Sybille (2020). Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités, Paris, La Découverte.Butler, Judith (2004). Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité. Paris : La Découverte.Caeymaex, Florence, (2021). « Reprise. Mémoire, histoire et espace public à l’épreuve du matrimoine », in, Coll. Matrimoine. Quand des femmes occupent l’espace public. Cahiers du Centre Pluridisciplinaire de la Transmission de la Mémoire, #2, MNEMA- Cité Miroir, Liège, 2021, p. 177-191Cousin, Saskia ; Tassi, Sara ; Yêhouétomé. Madina (2022). « Les bo des Agoojiée / Les amulettes des amazones. Le retour d’un matrimoine oublié ? », Politique africaine, vol. 165, no. 1, 2022, pp. 187-220.Fauquette, Alexandre ; Gibout, Christophe, 2023, Éduquer au risque d’exclure ? Le cas du projet d’alimentation durable Tast’in Fives. Lien social et Politiques, 90, pp.35-61.Gibout, Christophe ; Fauquette, Alexandre (2022). « La « cuisine commune » de Fives : pratiques sociales et transactions au cœur d’un espace participatif lillois », Pensée plurielle, vol. 55 (2022/1), pp. 109-123.Hertz, Ellen, 2002. « Le Matrimoine », in, M.-O. Gonseth, J. Hainard, et R. Kaehr (dir.), Le Musée cannibale, Neuchâtel : Musée d’Ethnographie, p. 153-168Nguyen, Anh Thy (2021). De l'historicité à la contemporanéité du matrimoine : enjeux critiques. Mémoire-essai. Faculté de philosophie, arts et lettres, Université catholique de Louvain (Prom. : Jean-Didier Bergilez). http://hdl.handle.net/2078.1/thesis:3211

    Innover sans évoluer ? Imaginaire et pratiques autour de la femme (au foyer) dans la cuisine commune du projet Tast’in Fives

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    International audience« Le bruit des casseroles, des assiettes et des couverts résonne encore dans notre esprit fatigué. Dans l’ombre qui recouvre l’immense espace extérieur de la friche et habille les vestiges murés des halles laissées à l’abandon, on ne perçoit que la luminosité intérieure de la cuisine commune qui termine sa journée, occupée par les derniers participants qui passent le balai, remettent les tables dans leur position initiale et vérifient que tous les appareils sont éteints. Une fois de plus, nous avons la sensation d’avoir vécu plusieurs journées en une. Comme dans les cabarets parisiens, qui enchaînent les spectacles et les publics dans une même soirée, ce sont des dizaines de personnes qui ont foulé son lino gris, passé des assiettes sales sous l’eau vacillante de l’évier, coupé des fruits et légumes de saison. Tout a commencé très tôt, à l’aube : il a fallu préparer un repas pour les enfants de l’école voisine, animer une réunion professionnelle sous forme d’auberge espagnole, accueillir les représentantes d’une association cultuelle qui souhaitaient obtenir des informations sur les conditions de réservation du lieu, planifier un autre repas pour le lendemain. C’est ainsi que fonctionne quotidiennement la cuisine commune située au cœur d’un terrain qui, il y a de cela quelques mois, n’avait pour seuls occupants que des chats errants dont les miaulements nocturnes brisaient, par intermittence, le silence des souvenirs d’une fermeture d’usine restée douloureuse. C’est bel et bien cette cuisine qui, par son effervescence journalière, fait renaître tous les jours une vieille dame de fer et d’acier que beaucoup d’habitants respectent, mais qu’ils avaient enfoui dans leur mémoire ».Cette observation est l’une des nombreuses observations que nous avons menées, pendant près de 2 ans, au sein de la cuisine commune du projet Tast’in Fives (TIF). TIF est un projet de réhabilitation urbaine autour de l’alimentation durable qui vise à rénover une ancienne friche industrielle située au coeur du quartier populaire de Fives. Porté par la Ville de Lille avec l’appui d’une dizaine de partenaires institutionnels et associatifs, ce projet souhaite réunir, au sein d’une grande halle de l’ancienne usine sidérurgique Fives-Cail-Babcock, des activités de production et de consommation alimentaires, d’agriculture urbaine, mais aussi de restauration et de services liés à l’alimentation. C’est dans ce cadre que la « cuisine commune » (qualifiée comme telle dans le projet) destinée à l’usage des habitants et des structures associatives du quartier a été conçue par les porteurs du projet. Cette cuisine commune, comme d’autres aménagements connexes, redonne incontestablement vie à la friche : comme en témoigne l’observation, la cuisine commune est un espace qui grouille et rompt, en cela, avec la lourdeur du passé. Un va et vient perpétuel l’agite, qui ne passe pas inaperçu aux yeux des habitants.Mais cette agitation ne se produit pas en ordre dispersée : les groupes qui viennent y confectionner leurs mets doivent préalablement obtenir une autorisation ou sont savamment sélectionnés. De même, nous avons observé des pratiques et des rôles, implicitement ou explicitement, attribués à chacun, en particulier aux femmes de catégories populaires qui se trouvent maintenues dans un imaginaire traditionnel de la femme au foyer affectée à des tâches ménagères. Partant, la patrimonialisation de cette friche prendrait-elle, avec la cuisine commune, une forme de matrimonialisation ? Les usagères du lieu parviennent-elles à échapper à cette assignation de rôle qui rappelle aujourd’hui un peu plus le passé ? Telles sont les deux questionnements auquel nous voudrions répondre dans notre proposition de communication Il s’agira donc d’interroger - d’une part, comment l’offre d’activités tout à la fois convoque les femmes du quartier dans des tâches ménagères traditionnelles et, sous certaines conditions, participe partiellement d’une forme possible d’émancipation de ces femmes en les faisant sortir de chez elles et en les visibilisant dans l’espace public de l’ancienne friche urbaine et ainsi, potentiellement en introduisant un « trouble dans le genre »-et, d’autre part, combien le dispositif de patrimonialisation du site tel qu’il est engagé fait tendanciellement assez peu de cas d’un possibilité de matrimonialisation avec une réattribution très partielle des lieux industriels à des figures féminines du quartier (i.e. noms de rue), avec une absence de témoignage visibilisé et permanent des anciens modes d’habiter et de travailler des actrices de l’usine (même si le lieu est souvent présentée avec des vocables féminins) , avec cependant une réaffectation des usages des lieux (food court) où les femmes peuvent être présentes comme productrices gastronomiques (restauratrices) et, bien sûr, comme consommatrices.Nous nous basons, pour y répondre, sur un riche matériau d’enquête constitué d’observations et d’entretiens menés de juillet 2017 à novembre 2019 et réactualisés en 2024. Bibliographie : Bessière, Céline ; Gollac, Sybille (2020). Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités, Paris, La Découverte.Butler, Judith (2004). Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité. Paris : La Découverte.Caeymaex, Florence, (2021). « Reprise. Mémoire, histoire et espace public à l’épreuve du matrimoine », in, Coll. Matrimoine. Quand des femmes occupent l’espace public. Cahiers du Centre Pluridisciplinaire de la Transmission de la Mémoire, #2, MNEMA- Cité Miroir, Liège, 2021, p. 177-191Cousin, Saskia ; Tassi, Sara ; Yêhouétomé. Madina (2022). « Les bo des Agoojiée / Les amulettes des amazones. Le retour d’un matrimoine oublié ? », Politique africaine, vol. 165, no. 1, 2022, pp. 187-220.Fauquette, Alexandre ; Gibout, Christophe, 2023, Éduquer au risque d’exclure ? Le cas du projet d’alimentation durable Tast’in Fives. Lien social et Politiques, 90, pp.35-61.Gibout, Christophe ; Fauquette, Alexandre (2022). « La « cuisine commune » de Fives : pratiques sociales et transactions au cœur d’un espace participatif lillois », Pensée plurielle, vol. 55 (2022/1), pp. 109-123.Hertz, Ellen, 2002. « Le Matrimoine », in, M.-O. Gonseth, J. Hainard, et R. Kaehr (dir.), Le Musée cannibale, Neuchâtel : Musée d’Ethnographie, p. 153-168Nguyen, Anh Thy (2021). De l'historicité à la contemporanéité du matrimoine : enjeux critiques. Mémoire-essai. Faculté de philosophie, arts et lettres, Université catholique de Louvain (Prom. : Jean-Didier Bergilez). http://hdl.handle.net/2078.1/thesis:3211

    Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis

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    The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed

    Variations on the Author

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    “Variations on the Author” discusses two of Eduardo Coutinho’s recent films (Um Dia na Vida, from 2010, and Últimas Conversas, posthumously released in 2015) and their contribution to the general question of documentary authorship. The director’s filmography is characterized by a consistent yet self-effacing form of authorial self-inscription: Coutinho often features as an interviewer that rather than express opinions propels discourses; an interviewer that is good at listening. This mode of self-inscription characterizes him as an author who is not expressive but who is nonetheless markedly present on the screen. In Um Dia na Vida, however, Coutinho is completely absent form the image, while Últimas Conversas, on the contrary, includes a confessional prologue that moves the director from the margins to the center of his films. This article examines the ways in which these works stand out in the filmography of a director who offers new insights into the notion of cinematic authorship

    Appropriate Similarity Measures for Author Cocitation Analysis

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    We provide a number of new insights into the methodological discussion about author cocitation analysis. We first argue that the use of the Pearson correlation for measuring the similarity between authors’ cocitation profiles is not very satisfactory. We then discuss what kind of similarity measures may be used as an alternative to the Pearson correlation. We consider three similarity measures in particular. One is the well-known cosine. The other two similarity measures have not been used before in the bibliometric literature. Finally, we show by means of an example that our findings have a high practical relevance.information science;Pearson correlation;cosine;similarity measure;author cocitation analysis

    Dispelling the Myths Behind First-author Citation Counts

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    We conducted a full-scale evaluative citation analysis study of scholars in the XML research field to explore just how different from each other author rankings resulting from different citation counting methods actually are, and to demonstrate the capability of emerging data and tools on the Web in supporting more realistic citation counting methods. Our results contest some common arguments for the continued use of first-author citation counts in the evaluation of scholars, such as high correlations between author rankings by first-author citation counts and other citation counting methods, and high costs of using more realistic citation counting methods that are not well-supported by the ISI databases. It is argued that increasingly available digital full text research papers make it possible for citation analysis studies to go beyond what the ISI databases have directly supported and to employ more sophisticated methods

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