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Les politiques de développement technologique : contenu, organisation et évaluation de la fonction d'intermédiation technologique
Depuis les lois de décentralisation de 1982, les pouvoirs publics locaux doivent
assurer un rôle d'intermédiation entre les entreprises et les pôles d'innovation technologique (laboratoires, universités, etc.). Les modalités de cette intermédiation ont évolué depuis 15 ans et se sont complexifiées. C'est dans ce cadre que l'évaluation de l'action d'une agence régionale de développement technologique (ARDT) a été menée en Pays de la Loire. Nous montrons que l'intermédiation réalisée par cette agence se situe sur un continuum dont les deux extrémités sont l'intermédiation acteur et l'intermédiation réseau. Se pose alors le problème de la cohérence entre la politique publique et le mode d'intermédiation ainsi que celui de l'évaluation des actions mises en place.Clergeau Cécile, Detchessahar Mathieu, Quinio Bernard. Les politiques de développement technologique : contenu, organisation et évaluation de la fonction d'intermédiation technologique. In: Politiques et management public, vol. 18, n° 2, 2000. pp. 25-42
Le dialogue sur le travail au service d’une organisation plus subsidiaire : une intervention dans une grande banque
National audienceLe monde de l'entreprise est en pleine mutation. Le sentiment que l'on arrive au bout d'un modèle d'organisation et de management est désormais très largement partagé. Les tourments de la perte de sens montrent qu'il est grand temps de changer de modèle.Cette aspiration au changement est reprise avec enthousiasme par les cadres et dirigeants eux-mêmes qui proposent de « libérer l'entreprise ». Ils promeuvent alors l'autonomie, la liberté, la responsabilité, la suppression des hiérarchies... Pourtant, et aussi séduisante soit- elle, cette approche souffre d'un défaut originel : les entreprises ne peuvent être le monde de l'autonomie et de la liberté ! Elles sont au contraire le monde des dépendances assumées dans lequel chaque participant renonce à déterminer seul son action pour la définir de façon coopérative avec les autres... et faire mieux ensemble !En tant que lieu de l'interdépendance choisie et de la coopération volontaire, l'entreprise est nécessairement le lieu du dialogue au travers duquel se tissent et se retissent en permanence les fils de l'action commune. Cette pratique du dialogue ne suppose pas la suppression des règles ou de l'autorité mais leur refondation. C'est un défi pour le management que de savoir soutenir, animer et organiser le dialogue. Ce sont les voies d'un management par le dialogue que L'entreprise délibérée entend explorer
Le dialogue sur le travail au service d’une organisation plus subsidiaire : une intervention dans une grande banque
National audienceLe monde de l'entreprise est en pleine mutation. Le sentiment que l'on arrive au bout d'un modèle d'organisation et de management est désormais très largement partagé. Les tourments de la perte de sens montrent qu'il est grand temps de changer de modèle.Cette aspiration au changement est reprise avec enthousiasme par les cadres et dirigeants eux-mêmes qui proposent de « libérer l'entreprise ». Ils promeuvent alors l'autonomie, la liberté, la responsabilité, la suppression des hiérarchies... Pourtant, et aussi séduisante soit- elle, cette approche souffre d'un défaut originel : les entreprises ne peuvent être le monde de l'autonomie et de la liberté ! Elles sont au contraire le monde des dépendances assumées dans lequel chaque participant renonce à déterminer seul son action pour la définir de façon coopérative avec les autres... et faire mieux ensemble !En tant que lieu de l'interdépendance choisie et de la coopération volontaire, l'entreprise est nécessairement le lieu du dialogue au travers duquel se tissent et se retissent en permanence les fils de l'action commune. Cette pratique du dialogue ne suppose pas la suppression des règles ou de l'autorité mais leur refondation. C'est un défi pour le management que de savoir soutenir, animer et organiser le dialogue. Ce sont les voies d'un management par le dialogue que L'entreprise délibérée entend explorer
Subsidiary principle and organizational management, opportunities, conditions and limitations of a subsidiary management : the case of a Regional Bank
Il n’y a pas de « bien être » sans « bien faire » (Clot, 2010). La question du « travail bien fait » mobilise chacun d’entre nous dans son activité quotidienne. Cependant, qu’est-ce que le travail bien fait ? De quelles ressources avons-nous besoin pour bien faire notre travail ? Qu’est-ce qui empêche le travail bien fait ? Ces questions fondamentales pour le bon fonctionnement d’une entreprise et la santé au travail méritent de mobiliser l’ensemble des travailleurs de la ligne hiérarchique afin de contribuer à un ajustement permanent et pertinent entre « fiabilité réglée » et « fiabilité gérée » (Petit, Dugué, Daniellou, 2011). Dans un contexte contemporain de diminution du « pouvoir d’agir » des individus au travail (Clot, 2008, 2010), une vieille notion de philosophie politique, la subsidiarité, fait un retour remarquable dans la recherche en sciences sociales : en ergonomie (Petit, Dugué, Daniellou, 2011), en droit (Barroche, 2012), en économie (Gomez, 2011), en gestion (Detchessahar, 2013 ; Melé 2005), parce que la subsidiarité envisage l’organisation par le bas en ayant le souci majeur de préserver l’agir créatif des individus et l’ambition permanente de placer la décision au plus près de l’action. Mais un management subsidiaire est-il envisageable concrètement ? Dans ce cas, quelles sont ses conditions de mise en oeuvre, et ses limites. Dans le cadre d’une recherche-intervention au sein d’une Banque Régionale, nous testons l’hypothèse suivante : la mise en place, dans les routines managériales, d’espaces de discussion sur le travail bien fait, permet d’alimenter un management subsidiaire qui concilie santé au travail et performance organisationnelle.There is no "well-being" without "well-doing" (Clot, 2010). The issue of « work well done » mobilizes each of us in its daily activity. However, what is a « work well done » ? What resources are needed to do our job properly ? What impedes work well done ? These fundamental questions for the proper functioning of a company and the health at work deserve to mobilize all the hierarchy of workers to contribute to a permanent and appropriate adjustment between "settled reliability" and "managed reliability" (Petit, Dugué, Daniellou 2011). In a contemporary context of decreasing "power to act" of individuals at work (Clot, 2008, 2010), an old concept of political philosophy, subsidiarity, made a remarkable comeback in the social science research: ergonomics (Petit, Dugué, Daniellou, 2011), law (Barroche, 2012), economics (Gomez, 2011), management (Detchessahar, 2013 ; Melé, 2005), because subsidiarity is considering organizing from the bottom to the top by having the aim of safeguarding the creative act of individuals and permanent ambition to place the decision as close as possible to the action. However, is a subsidiary management actually possible? In this case, what are the conditions of implementation, and limitations. In the framework of an intervention-research in a Regional Bank, we are testing the following hypothesis: the settlement of discussion areas about what is « work well done » into managerial routines (by managerial animation) allows to feed a subsidiary management that combines health at work and organizational performance
Working via Digital Platforms : a Theoretical Approach in terms of management instruments
La thèse aborde la question du management algorithmique du travail local via plateforme. Plutôt que de simples intermédiaires de marché, nous considérons les artefacts des plateformes numériques comme exerçant un pouvoir de structuration sur les comportements des travailleurs pourtant indépendants. La mobilisation d’une grille d’analyse en termes d’instruments de gestion, empruntant autant à la perspective socio-cognitive des outils de gestion, aux dispositifs de pouvoir foucaldiens, qu’à l’ergonomie française de l’activité, nous amène à questionner l’articulation entre structures managériales et subjectivités des travailleurs. Nous mettrons en perspective le présupposé selon lequel les travailleurs seraient des victimes passives et impuissantes du contrôle algorithmique. À la suite d’une enquête préliminaire visant à établir une typologie de plateformes à partir de leur instrumentation, trois études de cas ont été conduites afin d’investiguer l’expérience vécue du management algorithmique. Notre recherche souligne à la fois l’hétérogénéité du management algorithmique et le caractère faillible du projet de rationalisation du travail qui l’accompagne. Toutefois, la conformation des travailleurs se comprend aussi par des mécanismes d’adhésion à l’égard d’une instrumentation gestionnaire jugée vectrice d’un idéal de justice hyper-méritocratique. Enfin, nous définirons les conditions d’une instrumentation capacitante des plateformes, respectueuse de l’autonomie et du développement des travailleurs.The thesis addresses the issue of algorithmic management of on-location platform work. Rather than mere market intermediaries, we consider that platforms’ artifacts exert a structuring power on - yet self-employed - workers’ behavior. We utilize an analytical grid in terms of management instruments, drawing as much on the socio-cognitive perspective of management tools, Foucauldian dispositives and French ergonomics of the activity, to question the relationship between managerial structures and workers’ subjectivities. We will put into perspective the assumption that workers are passive and helpless victims of algorithmic control. Following a preliminary investigation aimed at establishing a typology of platforms based on their instrumentation, three case studies were conducted to explore the lived experience of algorithmic management. Our research underlies both the heterogeneity of algorithmic management and the fallible nature of the work rationalization project it supports. Still, worker compliance must also be understood as the result of adherence to management tools, perceived as vectors of a hyper-meritocratic ideal. Finally, we define characteristics of empowering platforms’ instrumentation, more respectful of the autonomy and development of workers
The organization against the management : the role of regulation of the firstline manager and its impediments
Il y a une véritable contradiction dans nos organisations contemporaines sur le constat unanime de la dimension essentielle du rôle du manager de proximité dans l’entreprise, et le manque de connaissances portant sur le contenu de son travail.S’appuyant sur la reproduction de la méthodologie d’observation structurée mise en place par Mintzberg (1970), nous avons cherché à comprendre et à analyser ce qui constitue désormais le travail de cet encadrant, quels sont les empêchements potentiels à ce rôle, et quels sont les impacts potentiels en termes de performance et de santé au travail dans l’organisation ?There is a real contradiction in our contemporary organizations on theunanimous recognition of the essential dimension of the role of the firstline manager withincompanies, and the lack of knowledge about the content of his work. Based on thereproduction of the structured observation methodology implemented by Mintzberg (1970),we sought to understand and analyze what does presently contain the work of this manager,what are the potential impediments to this role, and what are the potential impacts in termsof performance and health work in the organization
The cooperative management : how does dialogue build cooperation?
La coopération dans le travail est encore peu étudiée. Le but de cette thèse est de montrer comment les managers peuvent la favoriser en entretenant un dialogue efficace sur le travail opérationnel dans les espaces de discussion. Elle s’appuie sur une recherche dans une association nationale à vocation éducative et sociale. Nous avons réalisé 89 entretiens, 8 focus groups, et 29 observations du travail. L’analyse qualitative révèle l’importance d’un cadre de travail sécurisant qui est entretenu ou non par la coopération. Elle montre que celle-ci est favorisée lorsque les postures des managers renforcent des dynamiques de don qui permettent aux équipes de gérer conjointement le travail, de telle sorte que les attentes et les besoins mutuels des professionnels et de leur encadrement sont satisfaits. À l’inverse, nous avons pu également observer comment ce processus se bloque lorsque les dynamiques de don sont dégradées par le manque de réciprocité des managers, et comment les professionnels réagissent par une suspension simultanée de leur coopération verticale et horizontale. Ces résultats nous permettent de proposer une nouvelle définition de la coopération et un schéma dynamique de son processus, ainsi que des recommandations destinées aux praticiens et un kit opérationnel de diffusion du management coopératif.Cooperation at work is still rarely investigated. The aim of this thesis is to show how managers can foster it by sustaining an effective dialogue on work in discussion spaces. It is based on a research in a national association with an educational and social vocation. We conducted 89 interviews, 8 focus groups, and 29 work observations. The qualitative analysis reveals the importance of a secure working environment that is supported or not by cooperation. It shows that cooperation is fostered when managers' postures reinforce giving dynamics that enable teams to comanage work in such a way that the mutual expectations and needs of professionals and their managers are met. Conversely, we have also noticed how this process is blocked when gift dynamics are compromised by managers' lack of reciprocity, and how professionals react by simultaneously interrupting their vertical and horizontal cooperation. These findings enable us to propose a new definition for cooperation and a dynamic scheme of its process, as well as guidelines for practitioners and an operational kit for the promotion of cooperative management
The meaning of contemporary work, between work and distance from this work : an approach from the CEOs of digital start-ups and incubators
Cette thèse prend pour objet les dirigeants de start-up du numérique. souvent médiatisés et accueillis dans des incubateurs, ils sont parfois présentés comme prophétisant un futur du travail idéal. Au-delà des seuls enjeux économiques, ils seraient même la condition de développement de la “start-up nation” qui embrasse les sphères politique, culturelle, institutionnelle et administrative. Articulant sciences de gestion et sciences du travail qui ont mis en évidence l’importance du « travail bien fait » (Clot, 2010), cette thèse puise également en philosophie du travail pour montrer que le travail trouve son accomplissement dans la participation à une « œuvre ». Simone Weil (1909-1943) en propose une approche intérieure et subjective, Hannah Arendt (1906-1975) une approche extérieure et objective. C’est à partir de cette notion – l’œuvre – que ce travail de thèse tente d’apprécier le sens du travail contemporain. Basée sur vingt-sept entretiens avec des créateurs et dirigeants de start-up, enrichie d’observations, cette recherche montre le sens du travail tel qu’il s’est formé et tel qu’il apparaît. D’une part, dans une perspective chronologique et processuelle sont mis en lumière les facteurs, tels que les expériences professionnelles passées, les formations, les rencontres et les références qui ont pu modeler le sens du travail. D’autre part, nous proposons une typologie qui présente quatre idéaux-types de sens du travail classique-pragmatique ; aventurier-sportif ; hédoniste ; idéaliste. In fine, cette recherche montre un écartèlement entre deux grandes tendances du sens du travail chez les start-uppers, entre idéalisme et divertissement pascalien, entre participation à l’œuvre ou à un désœuvrement contemporain. Ce faisant cette thèse contribue, à partir des dirigeants de start-up, relativement jeunes, à la compréhension du sens du travail aujourd’hui.This thesis analyses the meaning of work of CEOs of digital start-ups. Often mediated and hosted in incubators, they are sometimes presented as prophesying the future of work as ideal. Beyond the economic stakes alone, they would even be the condition for the development of the « start-up nation » which embraces the political, cultural, institutional and administrative spheres. Combining management sciences and the sciences of the work that have highlighted the importance of the « work well done » (Clot, 20 i O), this thesis also draws on the philosophy to show that the work finds its fulfillment in the participation of a « work », in the sense of Simone Weil (1909-1943) and Hannah Arendt (1906- 1975). The former proposes an internal and subjective approach, the latter an external and objective one. Based on twenty-seven interviews with creators and CEOs of start-ups, enriched with observations, this research shows the meaning of the work as it has been shaped and as it appears. On the one hand, from a processual and chronological perspective, factors such as past professional experiences, trairung, references which may have shaped the meaning of work are highlighted. On the other hand, we propose a typology that presents four ideal-types of meanings: classic-pragmatic; adventurersportsman; hedonist; idealist. In the end, this research shows a tension between two main tendencies of the meaning of work, between idealism and Pascalian diversion, between contributing to a « work » and a distance from this work. ln doing so, this thesis contributes to the understanding of the meaning of the work of the CEOs of start-ups, at a time when the world of work is constantly changing
For a reorganization of expertise in information security : three paths to reduce the specialist-user divide by revealing the nexus of cognition and ethics
Le besoin de sécuriser ses informations dans un monde connecté est devenu majeur. Le comportement des membres d’une organisation est ainsi devenu un élément incontournable à évaluer et à transformer pour protéger les informations sensibles de son organisation. Pour transformer ce comportement, le raisonnement acquis depuis plus de trente ans privilégierait les objectifs de l’expert au détriment de ceux de l’utilisateur. Or, ce raisonnement semble limité dans ses solutions, car le comportement des utilisateurs reste un problème continu et pressant. Nous proposons dans cette thèse de poser différemment ce problème de gestion opposant spécialistes et utilisateurs. Notre thèse vise à comprendre les raisons du clivage entre utilisateurs et spécialistes sur lequel repose l’expertise actuelle dans les comportements de sécurité de l’information. Nous visons également à identifier les pistes de réduction de ce clivage par une attention particulière au sensemaking des utilisateurs. Nous avons analysé les présupposés explicites et implicites du champ de la Sécurité des Systèmes d’Information. Puis, nous avons mené une première étude qualitative sur les utilisateurs-apprenants d’un centre de formation. Enfin, nous avons étudié des petites organisations dans le secteur du numérique. Au terme de notre enquête, nous constatons que ce clivage est certes très fort, mais qu’il n’est pas incommensurable par nature. Il dépendrait au moins du sensemaking délibéré et immanent, des valeurs sociotechniques, codées et axiologiques et de la gestion du besoin de sécurité ontologique de ses parties prenantes.The need to secure information in a connected world has become a major issue. The behavior of the members of an organization has thus become an essential element to evaluate and transform in order to protect the sensitive information of one’s organization. In order to transform this behavior, the reasoning acquired over the last thirty years would privilege the objectives of the expert over those of the user. However, this reasoning seems to be limited in its outputs, as user behavior remains a continuous and pressing problem. We propose to pose differently this management problem, opposing experts and users. Our thesis aims to understand the reasons for the divide between users and specialists on which the current expertise in information security behaviors is based. We also aim to identify ways to reduce this divide by focusing on users’ sensemaking. We analyzed the explicit and implicit assumptions of the Information Systems Security field. Then, we conducted a first qualitative study on users-learners of a training center. Finally, we studied small organizations in the digital sector. At the end of our investigation, we note that this divide is certainly very strong, but that it is not incommensurable in nature. It would at least depend on deliberate and immanent sensemaking, on sociotechnical, coded and axiological values and on the management of the ontological security needs of its stakeholders
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