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Une linguistique au 7ème ciel
International audienceAnne Condamines a rédigé une thèse en linguistique sur un sujet assez classique : l’expression de la répétition dans les phrases à subordonnée temporelle mais avec une particularité : dans un laboratoire d’informatique (l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse). Elle a ensuite effectué un post-doctorat dans un laboratoire mixte CNRS/ Matra Marconi Space : Action Recherche et Application en Interface Homme Système (ARAHMIIS). Son rôle a été de repérer la terminologie propre à cette entreprise afin qu’elle puisse utiliser, en les adaptant, les outils définis dans le cadre du projet Eurolang, dont MMS faisait partie. Venant d’une linguistique descriptive, qui commençait à se baser sur des données de corpus réelles, la surprise d’Anne Condamines fut grande lorsqu’elle découvrit les travaux qui existaient alors (au début des années 1990) en terminologie. La plupart se situait dans une visée très prescriptive , tenant très peu de la réalité des usages et des variations qui pouvaient selon les entreprises et même selon les services. Grâce à la présence d’informaticiens, et des quelques notions de TAL acquises lors de sa thèse à l’irit, elle a pu mettre en place les prémices d’une approche outillée sur des corpus de l’entreprise ainsi que des binômes linguistes/experts du domaine (français et anglais) pour élaborer une terminologie bilingue ainsi que commencer à mettre en place un modèle d’enregistrement que, à la suite des travaux d’Ingrid Meyer en particulier KBS. Sa présence en entreprise lui a permis de constater que la linguistique et ses possibilités étaient à peu près totalement inconnus dans les contextes professionnels. Lorsque on parlait du facteur humain, c’était la seule ergonomie qui était convoquée. A la suite des travaux menés pendant ce post-doc, Anne Condamines a reçu le prix ANVI/CNRS de valorisation de la recherche en sciences humaines dans les entreprises. Entrée comme chargée de recherche au CNRS en 1993, Anne Condamines n’a pas cessé de mener de front deux types d’études. D’une part, des analyses lui permettant de comprendre le fonctionnement des discours spécialisés, c’est-à-dire des discours qui sont prononcés dans un cadre où les protagonistes partagent une connaissance sur un domaine. D’autre part, des analyses en lien avec des demandes extérieures (le plus souvent des entreprises), toutes reliées à la nécessité de mettre au jour des fonctionnements non conscients liés à l’utilisation de la langue (voir ci-dessous). Ces deux types d’analyse, loin de se faire de manière parallèle se nourrissent l’une l’autre. La connaissance a priori des fonctionnements langagiers dans les contextes spécialisés permet de prendre en compte les besoins exprimés et d’y répondre. Mais les besoins permettent aussi de proposer des points de vue d’analyse nouveaux, peu pris en compte par les linguistes qui éclairent le fonctionnement de la langue en contexte professionnel. Au début des années 1990, Anne Condamines a fondé avec Didier Bourigault (chercheur à EDF à ce moment-là, puis au CNRS), le groupe de recherche « Terminologie et Intelligence Artificielle » rassemblant des chercheurs en linguistique, terminologie, ingénierie des connaissances et sciences de l’information. Une des question qui a été débattue est celle de la possibilité de construire des réseaux de termes à partir de corpus en utilisant des marqueurs de relation (par exemple : tous les mammifères sauf les baleines). La modélisation sous la forme de bases de connaissance a aussi été interrogée : lien avec le sens, richesse et insuffisances de ce mode de représentation. Mais la variation dans les fonctionnements, en fonction des domaines et des genres textuels a aussi été abordée. Prémices de la définition d’une terminologie textuelle, sur laquelle nous avons retravaillé avec Aurélie Picton (U. de Genève). Etudes de la variation des fonctionnements dans les langues spécialisées-Mise au jour de points de vue sur la base de structures syntaxiques (avec J. Rebeyrole, CNES (Centre National d’Etudes Spatiales)-Rôle du genre textuel dans l’interprétation sémantique de prépositions (avec et la méronymie) ou de structures plus complexes (reprise anaphorique et hyperonymie). + ANR CONTINT, thèse de L. Lefeuvre-Rôle de l’implication affective dans l’apparition de constructions syntaxiques inattendues : pêcher une rivière plutôt que pêcher dans une rivière chez les pêcheurs-Repérage d’évolution de connaissances à travers la mise au jour d’une évolution langagière (thèse d’A. Picton, CNES)-Etude du lexique dans un contexte pluridisciplinaire afin d’aider à la construction d’une néo-discipline : l’exobiologie (thèse de N. Dehaut avec le CNES, GDR CNRS Origines des planètes et de la vie).Etudes menées avec des organismes privés sur la question des langues contrôlées-ENAC (Ecole Nationale de l’Aviation Civile). Thèse de S. Lopez-Airbus Group. Thèse de N. Jahchan-CNES. Thèse de M. Warnier-Airbus Helicopter. Thèse de M. Faye, en cours-EDF R et D. Thèse de E. Martel. en coursLinguistique ergonomique :-partir de productions réelles (étudiées avec des outils), évaluer la pertinence des propositions et leur acceptabilité auprès des utilisateurs finauxLinguistique située :La science ne va pas vers une vérité que les chercheurs devraient découvrir. Les progrès s’inscrivent dans des situations sociétales, économiques, financières difficilement contournables au moins dans un premier temps. Les besoins en lien avec l’utilisation de la langue font partie de ces éléments situationnels ce qui peut créer de nouvelles perspectives de réflexion ou une adaptation de problématiques déjà connues
Une linguistique au 7ème ciel
International audienceAnne Condamines a rédigé une thèse en linguistique sur un sujet assez classique : l’expression de la répétition dans les phrases à subordonnée temporelle mais avec une particularité : dans un laboratoire d’informatique (l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse). Elle a ensuite effectué un post-doctorat dans un laboratoire mixte CNRS/ Matra Marconi Space : Action Recherche et Application en Interface Homme Système (ARAHMIIS). Son rôle a été de repérer la terminologie propre à cette entreprise afin qu’elle puisse utiliser, en les adaptant, les outils définis dans le cadre du projet Eurolang, dont MMS faisait partie. Venant d’une linguistique descriptive, qui commençait à se baser sur des données de corpus réelles, la surprise d’Anne Condamines fut grande lorsqu’elle découvrit les travaux qui existaient alors (au début des années 1990) en terminologie. La plupart se situait dans une visée très prescriptive , tenant très peu de la réalité des usages et des variations qui pouvaient selon les entreprises et même selon les services. Grâce à la présence d’informaticiens, et des quelques notions de TAL acquises lors de sa thèse à l’irit, elle a pu mettre en place les prémices d’une approche outillée sur des corpus de l’entreprise ainsi que des binômes linguistes/experts du domaine (français et anglais) pour élaborer une terminologie bilingue ainsi que commencer à mettre en place un modèle d’enregistrement que, à la suite des travaux d’Ingrid Meyer en particulier KBS. Sa présence en entreprise lui a permis de constater que la linguistique et ses possibilités étaient à peu près totalement inconnus dans les contextes professionnels. Lorsque on parlait du facteur humain, c’était la seule ergonomie qui était convoquée. A la suite des travaux menés pendant ce post-doc, Anne Condamines a reçu le prix ANVI/CNRS de valorisation de la recherche en sciences humaines dans les entreprises. Entrée comme chargée de recherche au CNRS en 1993, Anne Condamines n’a pas cessé de mener de front deux types d’études. D’une part, des analyses lui permettant de comprendre le fonctionnement des discours spécialisés, c’est-à-dire des discours qui sont prononcés dans un cadre où les protagonistes partagent une connaissance sur un domaine. D’autre part, des analyses en lien avec des demandes extérieures (le plus souvent des entreprises), toutes reliées à la nécessité de mettre au jour des fonctionnements non conscients liés à l’utilisation de la langue (voir ci-dessous). Ces deux types d’analyse, loin de se faire de manière parallèle se nourrissent l’une l’autre. La connaissance a priori des fonctionnements langagiers dans les contextes spécialisés permet de prendre en compte les besoins exprimés et d’y répondre. Mais les besoins permettent aussi de proposer des points de vue d’analyse nouveaux, peu pris en compte par les linguistes qui éclairent le fonctionnement de la langue en contexte professionnel. Au début des années 1990, Anne Condamines a fondé avec Didier Bourigault (chercheur à EDF à ce moment-là, puis au CNRS), le groupe de recherche « Terminologie et Intelligence Artificielle » rassemblant des chercheurs en linguistique, terminologie, ingénierie des connaissances et sciences de l’information. Une des question qui a été débattue est celle de la possibilité de construire des réseaux de termes à partir de corpus en utilisant des marqueurs de relation (par exemple : tous les mammifères sauf les baleines). La modélisation sous la forme de bases de connaissance a aussi été interrogée : lien avec le sens, richesse et insuffisances de ce mode de représentation. Mais la variation dans les fonctionnements, en fonction des domaines et des genres textuels a aussi été abordée. Prémices de la définition d’une terminologie textuelle, sur laquelle nous avons retravaillé avec Aurélie Picton (U. de Genève). Etudes de la variation des fonctionnements dans les langues spécialisées-Mise au jour de points de vue sur la base de structures syntaxiques (avec J. Rebeyrole, CNES (Centre National d’Etudes Spatiales)-Rôle du genre textuel dans l’interprétation sémantique de prépositions (avec et la méronymie) ou de structures plus complexes (reprise anaphorique et hyperonymie). + ANR CONTINT, thèse de L. Lefeuvre-Rôle de l’implication affective dans l’apparition de constructions syntaxiques inattendues : pêcher une rivière plutôt que pêcher dans une rivière chez les pêcheurs-Repérage d’évolution de connaissances à travers la mise au jour d’une évolution langagière (thèse d’A. Picton, CNES)-Etude du lexique dans un contexte pluridisciplinaire afin d’aider à la construction d’une néo-discipline : l’exobiologie (thèse de N. Dehaut avec le CNES, GDR CNRS Origines des planètes et de la vie).Etudes menées avec des organismes privés sur la question des langues contrôlées-ENAC (Ecole Nationale de l’Aviation Civile). Thèse de S. Lopez-Airbus Group. Thèse de N. Jahchan-CNES. Thèse de M. Warnier-Airbus Helicopter. Thèse de M. Faye, en cours-EDF R et D. Thèse de E. Martel. en coursLinguistique ergonomique :-partir de productions réelles (étudiées avec des outils), évaluer la pertinence des propositions et leur acceptabilité auprès des utilisateurs finauxLinguistique située :La science ne va pas vers une vérité que les chercheurs devraient découvrir. Les progrès s’inscrivent dans des situations sociétales, économiques, financières difficilement contournables au moins dans un premier temps. Les besoins en lien avec l’utilisation de la langue font partie de ces éléments situationnels ce qui peut créer de nouvelles perspectives de réflexion ou une adaptation de problématiques déjà connues
Une linguistique au 7ème ciel
International audienceAnne Condamines a rédigé une thèse en linguistique sur un sujet assez classique : l’expression de la répétition dans les phrases à subordonnée temporelle mais avec une particularité : dans un laboratoire d’informatique (l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse). Elle a ensuite effectué un post-doctorat dans un laboratoire mixte CNRS/ Matra Marconi Space : Action Recherche et Application en Interface Homme Système (ARAHMIIS). Son rôle a été de repérer la terminologie propre à cette entreprise afin qu’elle puisse utiliser, en les adaptant, les outils définis dans le cadre du projet Eurolang, dont MMS faisait partie. Venant d’une linguistique descriptive, qui commençait à se baser sur des données de corpus réelles, la surprise d’Anne Condamines fut grande lorsqu’elle découvrit les travaux qui existaient alors (au début des années 1990) en terminologie. La plupart se situait dans une visée très prescriptive , tenant très peu de la réalité des usages et des variations qui pouvaient selon les entreprises et même selon les services. Grâce à la présence d’informaticiens, et des quelques notions de TAL acquises lors de sa thèse à l’irit, elle a pu mettre en place les prémices d’une approche outillée sur des corpus de l’entreprise ainsi que des binômes linguistes/experts du domaine (français et anglais) pour élaborer une terminologie bilingue ainsi que commencer à mettre en place un modèle d’enregistrement que, à la suite des travaux d’Ingrid Meyer en particulier KBS. Sa présence en entreprise lui a permis de constater que la linguistique et ses possibilités étaient à peu près totalement inconnus dans les contextes professionnels. Lorsque on parlait du facteur humain, c’était la seule ergonomie qui était convoquée. A la suite des travaux menés pendant ce post-doc, Anne Condamines a reçu le prix ANVI/CNRS de valorisation de la recherche en sciences humaines dans les entreprises. Entrée comme chargée de recherche au CNRS en 1993, Anne Condamines n’a pas cessé de mener de front deux types d’études. D’une part, des analyses lui permettant de comprendre le fonctionnement des discours spécialisés, c’est-à-dire des discours qui sont prononcés dans un cadre où les protagonistes partagent une connaissance sur un domaine. D’autre part, des analyses en lien avec des demandes extérieures (le plus souvent des entreprises), toutes reliées à la nécessité de mettre au jour des fonctionnements non conscients liés à l’utilisation de la langue (voir ci-dessous). Ces deux types d’analyse, loin de se faire de manière parallèle se nourrissent l’une l’autre. La connaissance a priori des fonctionnements langagiers dans les contextes spécialisés permet de prendre en compte les besoins exprimés et d’y répondre. Mais les besoins permettent aussi de proposer des points de vue d’analyse nouveaux, peu pris en compte par les linguistes qui éclairent le fonctionnement de la langue en contexte professionnel. Au début des années 1990, Anne Condamines a fondé avec Didier Bourigault (chercheur à EDF à ce moment-là, puis au CNRS), le groupe de recherche « Terminologie et Intelligence Artificielle » rassemblant des chercheurs en linguistique, terminologie, ingénierie des connaissances et sciences de l’information. Une des question qui a été débattue est celle de la possibilité de construire des réseaux de termes à partir de corpus en utilisant des marqueurs de relation (par exemple : tous les mammifères sauf les baleines). La modélisation sous la forme de bases de connaissance a aussi été interrogée : lien avec le sens, richesse et insuffisances de ce mode de représentation. Mais la variation dans les fonctionnements, en fonction des domaines et des genres textuels a aussi été abordée. Prémices de la définition d’une terminologie textuelle, sur laquelle nous avons retravaillé avec Aurélie Picton (U. de Genève). Etudes de la variation des fonctionnements dans les langues spécialisées-Mise au jour de points de vue sur la base de structures syntaxiques (avec J. Rebeyrole, CNES (Centre National d’Etudes Spatiales)-Rôle du genre textuel dans l’interprétation sémantique de prépositions (avec et la méronymie) ou de structures plus complexes (reprise anaphorique et hyperonymie). + ANR CONTINT, thèse de L. Lefeuvre-Rôle de l’implication affective dans l’apparition de constructions syntaxiques inattendues : pêcher une rivière plutôt que pêcher dans une rivière chez les pêcheurs-Repérage d’évolution de connaissances à travers la mise au jour d’une évolution langagière (thèse d’A. Picton, CNES)-Etude du lexique dans un contexte pluridisciplinaire afin d’aider à la construction d’une néo-discipline : l’exobiologie (thèse de N. Dehaut avec le CNES, GDR CNRS Origines des planètes et de la vie).Etudes menées avec des organismes privés sur la question des langues contrôlées-ENAC (Ecole Nationale de l’Aviation Civile). Thèse de S. Lopez-Airbus Group. Thèse de N. Jahchan-CNES. Thèse de M. Warnier-Airbus Helicopter. Thèse de M. Faye, en cours-EDF R et D. Thèse de E. Martel. en coursLinguistique ergonomique :-partir de productions réelles (étudiées avec des outils), évaluer la pertinence des propositions et leur acceptabilité auprès des utilisateurs finauxLinguistique située :La science ne va pas vers une vérité que les chercheurs devraient découvrir. Les progrès s’inscrivent dans des situations sociétales, économiques, financières difficilement contournables au moins dans un premier temps. Les besoins en lien avec l’utilisation de la langue font partie de ces éléments situationnels ce qui peut créer de nouvelles perspectives de réflexion ou une adaptation de problématiques déjà connues
Anne as Pagan, Anne as Queer
‘Anne as Pagan, Anne as Queer’ is a critical and creative answer to the question: How do we construct Anne Shirley, and what does she mean to us? This creative research submission is a work of fanfiction, specifically a mash up based on Anne of the Island, L.M.M. Montgomery’s sequel to Anne of Green Gables. In this short work of fiction (under 4 thousand words) Anne is revealed as a changeling, one of the Faerie Folk, and also a being not strictly male or female; sometimes neither, sometimes both. The mash up is based on the last two chapters of Anne of the Island, the scenes in which Gilbert Blythe is seriously ill and Anne realises she loves him. This realisation causes Anne, in this version, to reveal to Gilbert that she is both non-human and not a girl, and to use Faerie magic to save Gilbert’s life. Anne’s revelation causes Gilbert a great relief, as he has been keeping a secret also - that he too is queer. The piece has an accompanying research statement and reflection, that reflects on the ways the contributor/author interprets Anne, as a being troubled by gender, and not strictly gender conforming. The much-loved scene from Anne of Green Gables in which Anne realises she is not wanted by the Cuthberts because she is not a boy is inserted into the mash up (as a memory) as this scene is the principal cause for the contributor’s identification with Anne as a gender non-conforming figure who resists gender expectations. Overall, this creative and critical work and reflection queers both Anne as a character and the Anne of the Island novel.Book chapter - work of fiction with a critical reflective essa
La simplification de textes n’est pas toujours… simple : le cas des langues contrôlées
International audienceAnne, CONDAMINES, Laboratoire CLLE, CNRS et U. Toulouse 2.Acceptabilité, Langue contrôlée, Linguistique Ergonomique, Simplification, UtilisabilitéSimplification et Langue contrôlée sont deux notions apparentées. Ainsi, un texte en langue contrôlée est censé limiter l'ambigüité et la complexité pour favoriser la compréhension et la traduction, dans les échanges entre professionnels. Quant à la simplification textuelle, elle "vise à réduire la complexité linguistique d'un texte, tout en conservant le contenu informatif et le sens" (Siddarthan, 2014, 259) cette caractéristique concerne aussi le « langage clair », plus généralement. Une des langues contrôlées les plus utilisées est d’ailleurs le « Simplified Technical English". Mais cette idée de simplification est loin d'être facile à prendre en compte lorsque l’on veut créer une langue contrôlée pour une situation professionnelle particulière. Dans une langue contrôlée, il existe une dimension normative, puisque les consignes visent à limiter la diversité langagière, parfois génératrice de risque langagier (Condamines, 2008). Cette norme peut se heurter à des réactions négatives de la part des utilisateurs (rédacteurs ou lecteurs des textes rédigés). La définition d’une langue contrôlée doit ainsi prendre en compte différents éléments comme :-La nature des éléments à simplifier (terminologie ou/et syntaxe ?).-L’efficacité de la simplification (qui est rarement évaluée).-Le rôle de la situation de communication qui peut contrevenir à la mise en œuvre de la norme langagière (connivence entre locuteurs, urgence…).-La compréhension des consignes par les utilisateurs : les rédacteurs (qui peuvent être des ingénieurs pas toujours compétents sur ce point) et les lecteurs (ingénieurs d’autres entreprises, mainteneurs de systèmes…).-L’acceptation par les utilisateurs des textes rédigés avec la langue contrôlée.Afin de définir des consignes efficaces dans leur objectif de « simplification », nous proposons de mettre en place une « linguistique ergonomique » qui, en s’inspirant de concepts élaborés par l’ergonomie (utilisabilité et acceptabilité), prend en compte les usages spontanés des utilisateurs finaux, leur acceptation des recommandations et l’évaluation de l’efficacité de la langue contrôlée.Beaudet, C. (2001). Clarté, lisibilité, intelligibilité des textes : un état de la question et une proposition pédagogique. Recherches en rédaction professionnelle, 1(1), 1-19.Condamines, A. (2008). Peut-on prévenir le risque langagier dans la communication écrite en entreprise ?. Langage et Société, 125, 77-97.Condamines, A. (2021). Towards an Ergonomic Linguistics : Application to the design of controlled natural languages. International Journal of Applied Linguistics. (31-1), 18-31.Grabar, N. and Saggion, H. (2022). Evaluation of automatic text simplification : Where are we now, where should we go from here. Repéré à https://aclanthology.org/2022.jeptalnrecital-taln.47.pdf.Jahchan, N. (2019).To what extent does Text simplification improve human comprehension ? Cognitive evaluations for the optimization of the airbus cockpit controlled language for future aircraft. Doctoral Dissertation, University of Toulouse.Kuhn, T. (2014). A survey and classification of controlled natural languages. Computational Linguistics, 40, 121-170.O’Brien, S. (2010). Controlled language and readability. Translation and Cognition, (15), 143-16.Ryan, R. (2018). Controlled Language. In J. Humbley, G. Budin & L.Christer (Eds.), Languages for Special Purposes: An International Handbook. Berlin; Boston: De Gruyter Mouton, 289-306.Siddharthan, A. (2014). A survey of research on text simplification. ITL International Journal of Applied Linguistics, 165(2), 259–298.Zafiharimalala, H., Robin, D., Tricot, A. (2014). Why aircraft maintenance technicians sometimes do not use their maintenance documents: towards a New Qualitative Perspective. The International Journal of Aviation Psychology. Repéré à https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10508414.2014.918444Warnier M. (2018). Contribution de la linguistique de corpus à la constitution de langues contrôlées pour la rédaction technique : l'exemple des exigences de projets spatiaux. Thèse de l’Université de Toulouse
La simplification de textes n’est pas toujours… simple : le cas des langues contrôlées
International audienceAnne, CONDAMINES, Laboratoire CLLE, CNRS et U. Toulouse 2.Acceptabilité, Langue contrôlée, Linguistique Ergonomique, Simplification, UtilisabilitéSimplification et Langue contrôlée sont deux notions apparentées. Ainsi, un texte en langue contrôlée est censé limiter l'ambigüité et la complexité pour favoriser la compréhension et la traduction, dans les échanges entre professionnels. Quant à la simplification textuelle, elle "vise à réduire la complexité linguistique d'un texte, tout en conservant le contenu informatif et le sens" (Siddarthan, 2014, 259) cette caractéristique concerne aussi le « langage clair », plus généralement. Une des langues contrôlées les plus utilisées est d’ailleurs le « Simplified Technical English". Mais cette idée de simplification est loin d'être facile à prendre en compte lorsque l’on veut créer une langue contrôlée pour une situation professionnelle particulière. Dans une langue contrôlée, il existe une dimension normative, puisque les consignes visent à limiter la diversité langagière, parfois génératrice de risque langagier (Condamines, 2008). Cette norme peut se heurter à des réactions négatives de la part des utilisateurs (rédacteurs ou lecteurs des textes rédigés). La définition d’une langue contrôlée doit ainsi prendre en compte différents éléments comme :-La nature des éléments à simplifier (terminologie ou/et syntaxe ?).-L’efficacité de la simplification (qui est rarement évaluée).-Le rôle de la situation de communication qui peut contrevenir à la mise en œuvre de la norme langagière (connivence entre locuteurs, urgence…).-La compréhension des consignes par les utilisateurs : les rédacteurs (qui peuvent être des ingénieurs pas toujours compétents sur ce point) et les lecteurs (ingénieurs d’autres entreprises, mainteneurs de systèmes…).-L’acceptation par les utilisateurs des textes rédigés avec la langue contrôlée.Afin de définir des consignes efficaces dans leur objectif de « simplification », nous proposons de mettre en place une « linguistique ergonomique » qui, en s’inspirant de concepts élaborés par l’ergonomie (utilisabilité et acceptabilité), prend en compte les usages spontanés des utilisateurs finaux, leur acceptation des recommandations et l’évaluation de l’efficacité de la langue contrôlée.Beaudet, C. (2001). Clarté, lisibilité, intelligibilité des textes : un état de la question et une proposition pédagogique. Recherches en rédaction professionnelle, 1(1), 1-19.Condamines, A. (2008). Peut-on prévenir le risque langagier dans la communication écrite en entreprise ?. Langage et Société, 125, 77-97.Condamines, A. (2021). Towards an Ergonomic Linguistics : Application to the design of controlled natural languages. International Journal of Applied Linguistics. (31-1), 18-31.Grabar, N. and Saggion, H. (2022). Evaluation of automatic text simplification : Where are we now, where should we go from here. Repéré à https://aclanthology.org/2022.jeptalnrecital-taln.47.pdf.Jahchan, N. (2019).To what extent does Text simplification improve human comprehension ? Cognitive evaluations for the optimization of the airbus cockpit controlled language for future aircraft. Doctoral Dissertation, University of Toulouse.Kuhn, T. (2014). A survey and classification of controlled natural languages. Computational Linguistics, 40, 121-170.O’Brien, S. (2010). Controlled language and readability. Translation and Cognition, (15), 143-16.Ryan, R. (2018). Controlled Language. In J. Humbley, G. Budin & L.Christer (Eds.), Languages for Special Purposes: An International Handbook. Berlin; Boston: De Gruyter Mouton, 289-306.Siddharthan, A. (2014). A survey of research on text simplification. ITL International Journal of Applied Linguistics, 165(2), 259–298.Zafiharimalala, H., Robin, D., Tricot, A. (2014). Why aircraft maintenance technicians sometimes do not use their maintenance documents: towards a New Qualitative Perspective. The International Journal of Aviation Psychology. Repéré à https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10508414.2014.918444Warnier M. (2018). Contribution de la linguistique de corpus à la constitution de langues contrôlées pour la rédaction technique : l'exemple des exigences de projets spatiaux. Thèse de l’Université de Toulouse
La simplification de textes n’est pas toujours… simple : le cas des langues contrôlées
International audienceAnne, CONDAMINES, Laboratoire CLLE, CNRS et U. Toulouse 2.Acceptabilité, Langue contrôlée, Linguistique Ergonomique, Simplification, UtilisabilitéSimplification et Langue contrôlée sont deux notions apparentées. Ainsi, un texte en langue contrôlée est censé limiter l'ambigüité et la complexité pour favoriser la compréhension et la traduction, dans les échanges entre professionnels. Quant à la simplification textuelle, elle "vise à réduire la complexité linguistique d'un texte, tout en conservant le contenu informatif et le sens" (Siddarthan, 2014, 259) cette caractéristique concerne aussi le « langage clair », plus généralement. Une des langues contrôlées les plus utilisées est d’ailleurs le « Simplified Technical English". Mais cette idée de simplification est loin d'être facile à prendre en compte lorsque l’on veut créer une langue contrôlée pour une situation professionnelle particulière. Dans une langue contrôlée, il existe une dimension normative, puisque les consignes visent à limiter la diversité langagière, parfois génératrice de risque langagier (Condamines, 2008). Cette norme peut se heurter à des réactions négatives de la part des utilisateurs (rédacteurs ou lecteurs des textes rédigés). La définition d’une langue contrôlée doit ainsi prendre en compte différents éléments comme :-La nature des éléments à simplifier (terminologie ou/et syntaxe ?).-L’efficacité de la simplification (qui est rarement évaluée).-Le rôle de la situation de communication qui peut contrevenir à la mise en œuvre de la norme langagière (connivence entre locuteurs, urgence…).-La compréhension des consignes par les utilisateurs : les rédacteurs (qui peuvent être des ingénieurs pas toujours compétents sur ce point) et les lecteurs (ingénieurs d’autres entreprises, mainteneurs de systèmes…).-L’acceptation par les utilisateurs des textes rédigés avec la langue contrôlée.Afin de définir des consignes efficaces dans leur objectif de « simplification », nous proposons de mettre en place une « linguistique ergonomique » qui, en s’inspirant de concepts élaborés par l’ergonomie (utilisabilité et acceptabilité), prend en compte les usages spontanés des utilisateurs finaux, leur acceptation des recommandations et l’évaluation de l’efficacité de la langue contrôlée.Beaudet, C. (2001). Clarté, lisibilité, intelligibilité des textes : un état de la question et une proposition pédagogique. Recherches en rédaction professionnelle, 1(1), 1-19.Condamines, A. (2008). Peut-on prévenir le risque langagier dans la communication écrite en entreprise ?. Langage et Société, 125, 77-97.Condamines, A. (2021). Towards an Ergonomic Linguistics : Application to the design of controlled natural languages. International Journal of Applied Linguistics. (31-1), 18-31.Grabar, N. and Saggion, H. (2022). Evaluation of automatic text simplification : Where are we now, where should we go from here. Repéré à https://aclanthology.org/2022.jeptalnrecital-taln.47.pdf.Jahchan, N. (2019).To what extent does Text simplification improve human comprehension ? Cognitive evaluations for the optimization of the airbus cockpit controlled language for future aircraft. Doctoral Dissertation, University of Toulouse.Kuhn, T. (2014). A survey and classification of controlled natural languages. Computational Linguistics, 40, 121-170.O’Brien, S. (2010). Controlled language and readability. Translation and Cognition, (15), 143-16.Ryan, R. (2018). Controlled Language. In J. Humbley, G. Budin & L.Christer (Eds.), Languages for Special Purposes: An International Handbook. Berlin; Boston: De Gruyter Mouton, 289-306.Siddharthan, A. (2014). A survey of research on text simplification. ITL International Journal of Applied Linguistics, 165(2), 259–298.Zafiharimalala, H., Robin, D., Tricot, A. (2014). Why aircraft maintenance technicians sometimes do not use their maintenance documents: towards a New Qualitative Perspective. The International Journal of Aviation Psychology. Repéré à https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10508414.2014.918444Warnier M. (2018). Contribution de la linguistique de corpus à la constitution de langues contrôlées pour la rédaction technique : l'exemple des exigences de projets spatiaux. Thèse de l’Université de Toulouse
Expression du dysfonctionnement dans un corpus dialogique de la Navigation Aérienne: Mise au jour de régularités
National audienceLa demande de la part d'entreprises concernant l'analyse de leur corpus peut être de différentes natures. Souvent cette demande concerne l'élaboration de produits terminologiques : bases de connaissances terminologiques, thésaurus ou index. L'analyse est alors faite sur des corpus assez volumineux, en mettant en oeuvre des outils d'aide et parfois sans beaucoup de connaissances linguistiques ; de fait, suivant la nature du besoin mais aussi le temps accordé à ce travail, l'analyse linguistique est plus ou moins fine. Parfois cependant, la demande suppose une analyse beaucoup plus approfondie pour mettre au jour des incohérences, des ambiguïtés ou des polysémies, par exemple pour repérer des incompréhensions entre locuteurs issus d'organismes différents (Jacques,2000), ou pour identifier des difficultés de compréhension d'un document (Condamines et Rebeyrolle,2000). Le nécessaire travail en profondeur entraîne, dans de tels projets, une approche adaptée afin que des résultats puissent être fournis dans un délai raisonnable. Soit le corpus est assez petit pour pouvoir être traité entièrement, en tout cas certains phénomènes, soit on décide de ne traiter que les thèmes principaux pour faire porter nos effort sur ces thèmes (par exemple, travail en profondeur sur le fonctionnement de certains lexèmes, apparaissant comme polysémiques (Condamines et Rebeyrolle,1996), ou sur certaines relations conceptuelles, considérées comme principales pour le corpus traité). Le projet que nous menons actuellement avec le CENA (Centre d'Etudes de la Navigation Aérienne) est original à plus d'un titre. La demande à terme concerne la comparaison de deux corpus, l'un en situation réelle et l'autre en situation simulée, ce qui suppose une analyse sémantique approfondie. Les corpus ont, eux aussi, des particularités intéressantes. D'une part, il s'agit de retranscriptions de dialogues, c'est-à-dire d'un corpus oral, or, ce type de corpus es
Expression du dysfonctionnement dans un corpus dialogique de la Navigation Aérienne: Mise au jour de régularités
National audienceLa demande de la part d'entreprises concernant l'analyse de leur corpus peut être de différentes natures. Souvent cette demande concerne l'élaboration de produits terminologiques : bases de connaissances terminologiques, thésaurus ou index. L'analyse est alors faite sur des corpus assez volumineux, en mettant en oeuvre des outils d'aide et parfois sans beaucoup de connaissances linguistiques ; de fait, suivant la nature du besoin mais aussi le temps accordé à ce travail, l'analyse linguistique est plus ou moins fine. Parfois cependant, la demande suppose une analyse beaucoup plus approfondie pour mettre au jour des incohérences, des ambiguïtés ou des polysémies, par exemple pour repérer des incompréhensions entre locuteurs issus d'organismes différents (Jacques,2000), ou pour identifier des difficultés de compréhension d'un document (Condamines et Rebeyrolle,2000). Le nécessaire travail en profondeur entraîne, dans de tels projets, une approche adaptée afin que des résultats puissent être fournis dans un délai raisonnable. Soit le corpus est assez petit pour pouvoir être traité entièrement, en tout cas certains phénomènes, soit on décide de ne traiter que les thèmes principaux pour faire porter nos effort sur ces thèmes (par exemple, travail en profondeur sur le fonctionnement de certains lexèmes, apparaissant comme polysémiques (Condamines et Rebeyrolle,1996), ou sur certaines relations conceptuelles, considérées comme principales pour le corpus traité). Le projet que nous menons actuellement avec le CENA (Centre d'Etudes de la Navigation Aérienne) est original à plus d'un titre. La demande à terme concerne la comparaison de deux corpus, l'un en situation réelle et l'autre en situation simulée, ce qui suppose une analyse sémantique approfondie. Les corpus ont, eux aussi, des particularités intéressantes. D'une part, il s'agit de retranscriptions de dialogues, c'est-à-dire d'un corpus oral, or, ce type de corpus es
Expression du dysfonctionnement dans un corpus dialogique de la Navigation Aérienne: Mise au jour de régularités
National audienceLa demande de la part d'entreprises concernant l'analyse de leur corpus peut être de différentes natures. Souvent cette demande concerne l'élaboration de produits terminologiques : bases de connaissances terminologiques, thésaurus ou index. L'analyse est alors faite sur des corpus assez volumineux, en mettant en oeuvre des outils d'aide et parfois sans beaucoup de connaissances linguistiques ; de fait, suivant la nature du besoin mais aussi le temps accordé à ce travail, l'analyse linguistique est plus ou moins fine. Parfois cependant, la demande suppose une analyse beaucoup plus approfondie pour mettre au jour des incohérences, des ambiguïtés ou des polysémies, par exemple pour repérer des incompréhensions entre locuteurs issus d'organismes différents (Jacques,2000), ou pour identifier des difficultés de compréhension d'un document (Condamines et Rebeyrolle,2000). Le nécessaire travail en profondeur entraîne, dans de tels projets, une approche adaptée afin que des résultats puissent être fournis dans un délai raisonnable. Soit le corpus est assez petit pour pouvoir être traité entièrement, en tout cas certains phénomènes, soit on décide de ne traiter que les thèmes principaux pour faire porter nos effort sur ces thèmes (par exemple, travail en profondeur sur le fonctionnement de certains lexèmes, apparaissant comme polysémiques (Condamines et Rebeyrolle,1996), ou sur certaines relations conceptuelles, considérées comme principales pour le corpus traité). Le projet que nous menons actuellement avec le CENA (Centre d'Etudes de la Navigation Aérienne) est original à plus d'un titre. La demande à terme concerne la comparaison de deux corpus, l'un en situation réelle et l'autre en situation simulée, ce qui suppose une analyse sémantique approfondie. Les corpus ont, eux aussi, des particularités intéressantes. D'une part, il s'agit de retranscriptions de dialogues, c'est-à-dire d'un corpus oral, or, ce type de corpus es
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