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    Pierres d’attente

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    Cet article propose de considérer l’emploi de roches peu ou non artificialisées en tant que parties architecturales à part entière. Deux réalisations singulières permettent d’entrevoir la capacité des pierres à bouleverser la cohérence temporelle des édifices. Ces bouleversements sont vus comme des indices esthétiques qui permettent une compréhension chrono-matérielle de l’architecture et qui relativisent sa durabilité.This article intends to consider the use of rocks, barely or non-artificialized, as fully fledged architectural parts. Two singular realisations in this respect allow us to glimpse at the capacity of stones to disrupt buildings’ temporal coherence. These temporal disruptions are then seen as aesthetic clues that allow a chrono-material understanding of architecture and relativize its durability

    Аристократы и лекари : На каких языках российские студенты слушали лекции в Страсбурге в ХVIII веке?

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    L’article examine dans quelles langues les étudiants de l’université de Strasbourg issus de l’Empire russe étudiaient dans le dernier tiers du xviiie siècle. Après avoir distingué deux groupes d’étudiants – aristocrates scolarisés à l’École diplomatique de Schoepflin et Koch d’un côté, hobereaux ou fils de prêtres issus des séminaires de l’Empire russe et scolarisés à la faculté de médecine de l’autre – l’article montre quelles disciplines appelaient le choix du français, de l’allemand ou du latin, pour l’un comme pour l’autre groupe. Dans le cas des aristocrates, le français dominait largement dans les enseignements généralistes dispensés à des jeunes gens destinés essentiellement à la carrière diplomatique ou à celle des armes. L’allemand, par comparaison, ne jouait ici qu’un rôle très secondaire, de même que le latin. Dans le cas des étudiants de la faculté de médecine, à l’inverse, les trois langues revêtaient une grande importance, selon une logique distinguant entre matières théoriques et matières pratiques, les cours magistraux étant dispensés en latin à l’université et les travaux pratiques en allemand à l’hôpital municipal et en français à l’hôpital militaire. L’article s’appuie largement sur les archives Golicyn du RGADA pour les étudiants du premier groupe et sur celles de l’université et de la ville de Strasbourg pour le second. Il propose en annexe des curricula vitae inédits, en latin et en russe, d’étudiants russophones de la faculté de médecine de l’université de Strasbourg, ainsi que la liste des thèses qu’ils y soutinrent en latin.This article examines the languages in which Strasbourg University students from the Russian Empire studied in the last third of the eighteenth century. After distinguishing two groups of students – aristocrats educated at Schoepflin and Koch’s Diplomatic School on the one hand; sons of petty landowners or priests initially trained in orthodox seminaries and attending the School of Medicine on the other – the article shows which disciplines called for the choice of French, German or Latin, for both groups. In the case of the aristocrats, French largely dominated the generalist teaching given to young people destined essentially for careers in diplomacy or the military. German, by comparison, played only a very secondary role, as did Latin. In the case of medical students, all three languages played a major role, some being used for theoretical teaching, others for the teaching of practical subjects. Indeed, whereas Latin was mandatory to attend lectures taught at the University, practical training required a knowledge of German at the municipal hospital and of French at the military one. The article draws extensively on the Golitsyn archives of the RGADA for the first group of students, and on the archives from the University and city of Strasbourg for the second. The appendix offers unpublished curricula vitae, in Latin and Russian translation, written by Russian-speaking students while attending Strasbourg University’s School of Medicine, as well as a list of doctoral theses they defended in Latin

    Langues et professions en Russie au XVIIIe siècle

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    La revue a reçu…

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    DE COCK Laurence. Une journée fasciste. Célestin et Élise Freinet, pédagogues et militants. Marseille : Agone, 2022, 232 p. GAVARINI Laurence, OTTAVI Dominique & PIRONE Ilaria (dir.). Le normal et le pathologique à l’école aujourd’hui. Saint-Denis : Presses universitaires de Vincennes, 2022, 208 p. GO Nicolas. Pour l’École moderne. La pédagogie Freinet aujourd’hui. Lyon : Chronique sociale, 2022, 120 p. HUGRÉE Cédric & POULLAOUEC Tristan. L’université qui vient. Un nouveau régime de sélection..

    L’enseignement agricole et ses publics face au défi du changement climatique : quelles croyances ? Pour quels modes d’action ?

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    La note présente une recherche qui interroge la construction sociale des représentations d’étudiants de brevet de technicien supérieur de l’enseignement agricole sur le changement climatique. Il vise à mieux comprendre comment s’opère la diffusion et de la circulation des connaissances sur cette thématique au sein de cette population et le rôle que les étudiants peuvent y jouer. Nos résultats révèlent que ceux-ci sont des relais actifs de cette diffusion et circulation dans le milieu scolaire et dans leur lieu de vie. Dans cette dernière sphère sociale, ils contribuent même à inaugurer des pratiques innovantes de lutte contre le changement climatique.This paper presents research into the social construction of representations of climate change issues by brevet de technicien supérieur students in agricultural education. It focuses on the dissemination and circulation of knowledge about climate change within the student community, and the role that students can play in this. Our results show that students in agricultural education are active relays in the dissemination and circulation of knowledge in the school environment and in their living environment. In the latter social sphere, they are particularly active in relaying knowledge and even helping to inaugurate innovative practices to combat climate change

    La santé au prisme de la communication organisationnelle : enjeux, tensions et perspectives

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    Ce numéro s’intéresse à la question de la santé, vue par le prisme de la communication organisationnelle. Le tissu sanitaire français demeure, malgré ses évolutions législatives récentes, très inégalitaire en termes d’accès aux soins (déserts médicaux, zones blanches, etc.), mais également en termes de prise en charge (surcharge des services d’urgence, matériel obsolète dans les hôpitaux, épuisement des équipes, etc.). Les professionnels de santé et les pourvoyeurs de solutions numériques tentent, à la hauteur de leurs moyens, de recoudre ce « tissu sanitaire troué », afin de maintenir l’accès et la qualité des soins. De nouveaux modèles organisationnels émergent aujourd’hui, répondant aux problématiques territoriales de santé, dans une perspective décentralisée des politiques de Santé Publique. Ces changements profonds tendent à renouveler les paradigmes info-communicationnels liés au secteur de la santé, amenant à de nouveaux modèles de collaboration, d’appropriation et d’usages. Ce numéro propose d’effectuer un tour d'horizon des recherches académiques en communication organisationnelle sur ce secteur. Il interroge ainsi la capacité des organisations de santé et des politiques publiques à s’adapter à leur nouveau contexte, tout en proposant d’envisager l’évolution des enjeux communicationnels en organisation, ainsi que les paradigmes liés à l’empowerment, à la collaboration et à la confiance, aussi bien du côté des professionnels de santé que concernant les pratiques des patients. This issue looks at healthcare through the prism of organisational communication. Despite recent legislative changes, the French healthcare system remains highly unequal in terms of access to care (medical deserts, white zones, etc.), but also in terms of treatment (overcrowded emergency services, obsolete equipment in hospitals, burnout of teams, etc.). Healthcare professionals and digital solution providers are trying, within their means, to stitch together this “perforated healthcare fabric”, to use the term used in the Interview section by Sylvie Parrini-Alemanno, in order to maintain access to and quality of care. New organisational models are now emerging, responding to local health issues from a decentralised public health policy perspective. These profound changes are tending to renew the info-communication paradigms associated with the healthcare sector, leading to new models of collaboration, appropriation and use. This issue looks at academic research into organisational communication in this sector. It examines the ability of healthcare organisations and public policies to adapt to their new context, while looking at the evolution of organisational communication issues and the paradigms associated with empowerment, collaboration and trust, both for healthcare professionals and for patients

    Romance numérique pour femmes au Japon. Les otome gēmu, entre aliénation et libération

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    Le Japon est le premier producteur de jeux vidéo à l’eau de rose. Appelés « jeux pour jeunes filles » (otome gēmu), ils proposent des gammes de « beaux gosses » formatés sur le modèle du prédateur, entraînant l’héroïne dans une histoire d’amour proche du rapt. Les scénarios reposent sur la mise en scène d’une perte de pouvoir, où la joueuse renonce à son libre arbitre. Les personnages les plus agressifs sont « irrésistibles », expliquent les fans qui désirent être « prises au piège ». En étudiant ces jeux et les tensions qu’ils révèlent, j’espère éclairer les dynamiques sociales dont ils reproduisent, et déconstruisent, les logiques. Ils sont indissociables du contexte qui les a vu naître : celui d’une baisse record du nombre de mariages et de naissances, pour lesquelles les autorités désignent comme coupables les « personnes qui vivent seules » (o‑hitori‑sama). Pourquoi préfèrent-elles des partenaires fictifs aux hommes de chair et d’os ? J’y vois l’expression d’une ambivalence à l’égard du mariage, désiré mais redouté.Japan is the leading producer of kitschy video games. Known as “games for girls” (otome gēmu), they offer a whole range of “handsome guys” formatted on the model of the predator, who drags the heroine into a love story not far removed from abduction. The scenarios are based on the staging of a loss of power, where the (female) player gives up her free will. The most aggressive characters are “irresistible”, according to their fans, who want to “be trapped”. By studying these games and the tensions they reveal, the article sheds light on the social dynamics whose logics they reproduce and deconstruct. They are inseparable from the context in which they were created: that of a record fall in the number of marriages and births, for which the authorities have blamed “people who live alone” (ohitori-sama). Why do the players prefer fictitious partners to real men? I see it as an expression of ambivalence towards marriage, desired but feared

    Quand les femmes jouent aux dames. Images du jeu égyptien de senet (région thébaine, Nouvel Empire)

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    Dans l’Égypte du Nouvel Empire, les scènes de jeu de senet sont nombreuses, provenant en particulier des tombes de Deir el‑Médina, dans la région thébaine. Ces scènes illustrent souvent la formule 17 du Livre des Morts, et révèlent un moment clé dans le parcours eschatologique du mort. Le défunt est montré la plupart du temps jouant seul, mais il arrive que son épouse joue face à lui, voire à sa place. L’article s’attache à comprendre ce qui gouverne ce choix, en mettant en regard les images de joueuses de Deir el-Médina avec celles issues d’autres tombes thébaines et d’un temple voisin, et qui s’avèrent fort différentes. Pour les unes, il s’agirait d’une mise en scène de leur pouvoir d’agir – éventuellement teintée de moquerie – tandis que pour les autres, le jeu serait signe de sexualité. Ce sont des aspects fondamentaux de l’acte de jouer qui apparaissent – potentiel d’action, décalage avec le monde du non jeu et dimension sexuelle –, comme deux images du genre féminin qui se superposent.In Egypt under the New Kingdom, scenes of people playing senet are numerous, especially from the tombs of Deir el‑Medina, in the Thebes region. These scenes often illustrate Formula 17 of the Book of the Dead and reveal a key moment in the eschatological journey of the deceased. The dead person is mostly shown playing alone, but sometimes his wife plays opposite him, or even in his place. This article attempts to understand what governs this choice, by comparing the images of female players from Deir al-Medina with those from other Theban tombs and a nearby temple, which turn out to be very different. In the former, they appear to represent women’s agency – possibly tinged with mockery – while in the latter, the game may be a symbol of sexuality. Fundamental aspects of the act of gameplaying appear here – the potential for agency, difference from the world of non-playing and a sexual dimension – as two superimposed images of the female gender

    Militantes africaines et organisations féminines internationales dans la guerre froide. Un pragmatisme stratégique (1947-1963)

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    À rebours d’une histoire transnationale de la guerre froide centrée sur les acteurs ou les actrices de l’Est et de l’Ouest, cet article considère les militantes africaines comme des protagonistes à part entière de cette histoire, soumises à des contraintes politiques et de genre mais déterminées à faire connaître leurs luttes par-delà les frontières. Il analyse leurs liens avec trois organisations féminines internationales très actives pendant la guerre froide : la Fédération démocratique internationale des femmes, le Conseil international des femmes et l’Alliance internationale des femmes. Par-là, il contribue à une histoire transnationale des femmes d’Afrique comme à une histoire des décolonisations souvent écrite au masculin. En plaçant la focale sur les connexions entre les Africaines et ces organisations, c’est la logique des « blocs » qui est remise en cause. D’abord parce que les Africaines ne suivent pas toujours les choix diplomatiques de leurs pays, qu’ils soient proches de l’Ouest, de l’Est ou non alignés. Mais aussi parce qu’elles entrent souvent en contact avec plusieurs organisations afin d’identifier les interlocutrices les plus susceptibles de soutenir leurs causes et font ainsi preuve de ce que l’on peut appeler un « pragmatisme stratégique ». En s’intéressant à la période antérieure aux conférences féminines onusiennes (1975-1995), il s’agit aussi de proposer une nouvelle chronologie pour penser l’histoire du militantisme international féminin depuis la Seconde Guerre mondiale.Transnational history of the Cold War (1947-1963) tends to concentrate on protagonists from the Eastern and Western blocs. This article analyzes African women activists’ links to three key international women’s organizations during the Cold War: the Women’s International Democratic Federation (WIDF), the International Council of Women (ICW) and the International Alliance of Women (IAW). By focusing on the years prior to the UN Women’s Conferences (1975-1995), the article proposes a new chronology for the history of women’s international activism since the Second World War. It also argues that African women activists were full participants in Cold War history, subject to political and gender constraints certainly, but determined to make their struggles known across national borders. By so doing, it seeks to contribute both to a transnational history of African women and to rethinking the histories of decolonization usually written in terms of male actors. The key issue is that by making connections with international women’s organizations, African women were challenging the “logic of blocs” and their respective “spheres of influence” during the Cold War. Firstly, African women activists did not always follow the diplomatic choices of their own countries, whether those were close to the West, the East, or non-aligned. Secondly, they often contacted several different international organizations, in order to identify the interlocutors most likely to support their causes. By making these choices, we argue that they were exercising what we have called “strategic pragmatism”

    Guerre froide culturelle et développement. La Fédération démocratique internationale des femmes (1960-1980)

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    Cet article traite du travail de la FDIF avec les femmes des pays extra-européens, souvent appelés « pays en voie de développement ». La FDIF défend l’anticolonialisme et l’antiracisme, se mobilisant pour l’égalité entre les hommes et les femmes « du monde entier ». L’article explore les enchevêtrements entre le travail de la FDIF pour changer le statut des femmes et les activités de développement dans le contexte de la compétition culturelle de guerre froide. Les documents analysés montrent que les programmes de soutien aux femmes des pays « en développement » mettent en avant la solidarité avec la lutte anticoloniale et le soutien étatique à la maternité et à l’enfance. Si la présentation par la FDIF de ses activités en faveur des femmes des « pays en développement » souligne les différences par rapport aux approches de ses concurrents occidentaux, ses programmes s’appuient pour la plupart sur les mêmes idéologies de la modernité et n’accordent pas beaucoup d’attention aux formes précoloniales et autres formes spécifiques de pouvoir et de solidarité des femmes. En outre, les animatrices de la FDIF expriment souvent leur manque de confiance à l’égard de leurs interlocutrices des « pays en voie de développement » et même des attitudes racistes envers les femmes non-européennes.This article addresses the WIDF’s programs with non-European women in the so-called “developing countries.” The WIDF, created in Paris in 1945, defended anti-colonialism and anti-racism, and campaigned for equality between men and women “throughout the whole world”. The article explores connections between WIDF’s campaigns for changing the status of women and economic development in the context of cultural competition during the Cold War. The documents analyzed here show that its programs in support of women in developing countries laid importance on solidarity with the anti-colonial struggle and on state support for motherhood and children. WIDF’s presentation of its work for women from “developing countries” stressed its difference from the kind of work carried out by its Cold War adversaries. However, like Western development programs, most of those encouraged by the WIDF were influenced by the ideology of modernity and had little regard for pre-colonial or other specific forms of women’s power and solidarity. Furthermore, women working for the WIDF often expressed their lack of confidence in women from the “developing countries”, and indeed sometimes had racist attitudes towards non-European women

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