University of Pittsburgh

Études Ricoeuriennes / Ricoeur Studies
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    Many Colors of History: Ricœur’s Third Time as a Key to the Hermeneutics of Historical Time

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    In his Time and Narrative, Ricœur introduces the term of “third time” to designate the middle ground between human and natural time. This time is synonymous with historical time, which is the main source of historical discourse. The third time consists of inscribing human time onto the time of nature. While historiography must strictly follow this structure, works of fiction have the freedom to explore and even create imaginative variations of time. Despite the constraints this seems to impose on historical writing, this article shows that even within the tight structure of historical time, a palette of various colors and shades, akin to imaginative variations, can be observed. Historical time possesses depth and speed; it can contract and relax, motivate or prevent action, or gain various dynamics in relation to the ending it offers.Dans Temps et récit, Paul Ricœur introduit le terme de « troisième temps », pour désigner un intermédiaire entre le temps humain et le temps de la nature. Ce temps est synonyme de temps historique et constitue la source principale du discours historique, en ce qu’il réinscrit le temps vécu dans le temps cosmique. L’historiographie est définie par le fait qu’elle doit se soumettre à cette structure, tandis que les œuvres fictives ont la liberté de la moduler et de créer des variations imaginatives du temps. Malgré les limites que cela semble imposer à l’écriture historique, le présent article montre que même dans le cadre fixe du temps historique, il existe toute une palette des temps. Le temps historique possède une profondeur et une vitesse, il se contracte et se relâche, entrave ou stimule une action, ou encore change de dynamique par rapport à l’issue qu’il nous propose

    Une phénoménologie de la souffrance enseignante : La condition des professeurs des écoles au Brésil

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    This article presents a reflection on the suffering of schoolteachers in Brazil. The examination of this phenomenon was carried out from the definition of suffering, proposed by Paul Ricœur, on the occasion of his conference « La souffrance n’est pas la douleur ». In Brazil, teacher suffering is often related to the material precariousness of the exercise of the teaching profession: overcrowded classes, low wages, accumulation of posts, degraded and insufficient material resources. However, we intend to examine the phenomena of suffering from the condition designated in our research as symbolic precariousness of the teaching profession. This condition results in changing the possibility of teachers to exercise their capacities as a human agent, as well as their relationship with others. It is from these two axes that we propose a phenomenology of teaching suffering.Cet article présente une réflexion à propos de la souffrance des professeurs des écoles au Brésil. L’examen de ce phénomène a été réalisé à partir de la définition que Paul Ricœur propose de la « souffrance », à l’occasion de sa conférence « La souffrance n’est pas la douleur ». Dans le pays étudié, la souffrance est souvent liée à la précarité de l’exercice du métier d’enseignant : les classes en sureffectifs, les bas salaires, le cumul des postes, les ressources matérielles dégradées et insuffisantes. Nous visons, cependant, à examiner les phénomènes de la souffrance à partir de la condition désignée dans nos recherches comme « précarité symbolique du métier d’enseignant ». De cette condition découle un changement dans la possibilité pour l’enseignant d’exercer ses capacités en tant qu’agent humain, ainsi que dans sa relation avec les autres. C’est donc à partir de ces deux axes que nous proposons une phénoménologie de la souffrance enseignante

    “Who do you say that I am?” Truth in Narrative Identity

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    The following article explores what notion of truth is possible in Ricœur’s narrative identity. It is motivated by the question of how our identity can be constituted in narratives of self when we are often easily self-deceiving and do not choose the building blocks of our narratives. It explores how our identities are constituted in narrative, with others, in order to see what dimensions of truth this allows. Narrative identity implicates a novel notion of truth that is intrinsically ethical, which gives rise to a set of ethical issues. In particular, a truth of self that occurs in relation to others is open to violence and abuse—our very identity is, to varying degrees, in others’ hands. Butler’s ethics of fragility may offer a positive solution.Le présent article tente de comprendre quel est le type de vérité auquel peut prétendre la notion ricœurienne d’identité narrative, en explorant la question suivante : comment notre identité peut-elle être constituée dans des récits de soi alors que nous nous trompons souvent facilement et que nous ne choisissons pas les éléments constitutifs de nos récits ? Il explore la manière dont nos identités sont constituées dans des récits, avec d’autres, afin de voir quelles dimensions de la vérité sont alors permises. L’identité narrative implique une nouvelle notion de vérité qui est intrinsèquement éthique, ce qui soulève une série de questions du même ordre. Dans la mesure en effet où une vérité de soi qui se produit en relation avec d’autres est exposée à la violence et aux abus — notre identité elle-même est, à des degrés divers, entre les mains d’autres individus. L’éthique de la fragilité de Butler est susceptible d’offrir une solution positive à cette question

    Introduction – L’articulation de la phénoménologie et de l’herméneutique chez Paul Ricœur

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    Introduction au numéro spécial "L\u27articulation de la phénoménologie et de l\u27herméneutique chez Paul Ricœur

    Vivre, pour vivre ensemble

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    According to Paul Ricœur, “anthropology has become an urgent task of contemporary thought.” The one he develops in all of his work is based on his own hermeneutical phenomenology (the originality of which is due to the heritage of reflective philosophy in particular) to the point that the latter is enough, in our opinion, to draw the main lines of the former. It makes it possible to endow the world with regularities which make it habitable and to endow each human being with a self. It tackles head-on the difficulties of intersubjectivity that Edmund Husserl or Martin Heidegger had left unresolved and makes it a key to his philosophy. People are then more than inhabitants of the world; they inhabit a City that they contributes to build. The theme of the “new” allows us to consolidate one of the lessons that we can draw from Ricœur’s work: to live together, we must live. Ricœurian anthropology then does not require any added ethics for this vitalist impetus to appear via its hermeneutic phenomenology.Selon Paul Ricœur, « l’anthropologie est devenue une tâche urgente de la pensée contemporaine ». Celle qu’il élabore dans l’ensemble de son œuvre repose sur sa phénoménologie herméneutique (dont l’originalité tient notamment à l’héritage qui lui vient de la philosophie réflexive), au point que cette dernière suffit selon nous à en dessiner les grandes lignes. Elle permet de doter le monde de régularités qui le rendent habitable et de doter chaque homme d’un soi. Elle prend aussi à bras le corps les difficultés de l’intersubjectivité qu’Edmund Husserl ou Martin Heidegger avaient laissé non résolues et fait de cette intersubjectivité une clef de sa philosophie. L’homme est alors plus qu’un habitant du monde : il habite une cité qu’il contribue à édifier. Le thème du « nouveau » permet de consolider l’une des leçons que l’on peut tirer de l’œuvre de Ricœur : pour vivre ensemble, il faut vivre. L’anthropologie ricœurienne ne réclame alors aucune éthique ajoutée pour que cet élan vitaliste apparaisse via sa phénoménologie herméneutique

    Herméneutique et phénoménologie. Tensions autour de la religion

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    This article examines the tensions between phenomenology and hermeneutics as they crystallize in Ricoeur\u27s discourse on religion. Particular attentions will be given to a late text that has gone through several versions but is perhaps the only one in which the philosopher so directly addresses the methodological issues raised by a phenomenology of religion. We attempt to show that Ricoeur considers the latter with blinders on, as it were, favoring a hermeneutics of religion which, however modest and cautious it may be, is forced to renounce the task of elucidating the original constitution of religious experience.Cet article interroge les tensions entre phénoménologie et herméneutique telles qu’elles se cristallisent dans le propos de Ricœur sur la religion, en particulier dans un texte tardif qui a connu plusieurs versions et qui est peut-être le seul où le philosophe aborde aussi directement les questions méthodologiques que soulève une phénoménologie de la religion. Nous tentons de montrer que Ricœur considère en quelque sorte cette dernière avec des œillères, au profit d’une herméneutique de la religion qui, pour modeste et prudente qu’elle soit, se voit forcée de renoncer à prendre en charge l’élucidation de la constitution originaire de l’expérience religieuse

    Les tournants herméneutiques de Paul Ricœur

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    This paper argues that there is more than one hermeneutical turn in Ricœur’s thinking. It shows that once he realized the aporias associated with his first hermeneutical turn, from 1960, Ricœur resolutely turned to the questions and challenges of hermeneutics, in what can be understood as a reversal of his first hermeneutical turn. This turn subsequently took other forms in Ricœur and his philosophy became one of hermeneutical detours. We will discuss whether the path of detours is necessarily the royal road of hermeneutics, and we will consider the last expression of this hermeneutical turn to be found at the end of Memory, History, Forgetting.Ce texte défend la thèse selon laquelle il y aurait plus d’un tournant herméneutique chez Ricœur. Il soutient que c’est en se rendant compte des apories liées à son premier tournant herméneutique, celui de 1960, que Ricœur s’est résolument tourné vers les questions et les défis de l’herméneutique, dans ce qui peut être compris comme un retournement de son premier tournant herméneutique. Ce tournant a par la suite pris d’autres formes chez Ricœur et sa philosophie en est devenue une des détours herméneutiques. On se demandera si la voie des détours est toujours la voie royale de l’herméneutique et on se penchera sur la dernière expression de ce tournant herméneutique à la fin de La mémoire, l’histoire, l’oubli

    Empathy in the Context of the Hermeneutics of Suspicion

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    We defend in this essay Paul Ricœur’s hermeneutics of suspicion against Toril Moi’s debunking of it as a misguided interpretation of the practice of critical inquiry, and we relate the practice of a rigorous and critical empathy to the hermeneutics of suspicion. For Ricœur, empathy would not be a mere psychological mechanism by which one subject transiently identifies with another, but the ontological presence of the self with the Other as a way of being —listening as a human action that is a fundamental way of being with the Other in which “hermeneutics can stand on the authority of the resources of past ontologies.” In a rational reconstruction of what a Ricœur-friendly approach to empathy would entail, a logical space can be made for empathy to avoid the epistemological paradoxes of Husserl and the ethical enthusiasms of Levinas. How this reconstruction of empathy would apply to empathic understanding, empathic responsiveness, empathic interpretation, and empathic receptivity is elaborated from a Ricœurian perspective.Dans cet essai, nous prenons la défense de l’herméneutique du soupçon de Paul Ricœur contre la réfutation de Toril Moi qui y voit une interprétation erronée de la pratique de l’enquête critique, et nous mettons en relation la pratique d’une empathie rigoureuse et critique avec l’herméneutique du soupçon. Pour Ricœur, l’empathie ne saurait se réduire à un simple mécanisme psychologique par lequel un sujet s’identifie momentanément à un autre. Elle est une présence ontologique du moi à l’Autre – façon de se mettre à son écoute et une action humaine qui correspond à une manière fondamentale d’être avec l’Autre dans laquelle « l’herméneutique peut s’appuyer sur l’autorité des ressources des ontologies passées ». En procédant à une reconstruction rationnelle des implications d’une approche de l’empathie favorable à Ricœur, il est possible de ménager un espace logique pour l’empathie, afin que cette dernière évite les paradoxes épistémologiques de Husserl et les enthousiasmes éthiques de Levinas. Cet article tente de penser dans une perspective ricœurienne la manière dont cette reconstruction de l’empathie est susceptible de s’appliquer à la compréhension empathique, à la réactivité empathique, à l’interprétation empathique et à la réceptivité empathique

    Problems about the Canon in Teaching Philosophy in Colombia: Notes for a Dialogue with Paul Ricœur, Didactics and Curriculum Theory

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    This text is focused on the question of what we should teach in high school philosophy and the relationship of this teaching to recognizing oneself as a good philosophy teacher. We hold that these points are connected to the idea of “canon” and “history of philosophy” that we gained with and despite Ricœur himself. This paper advances a critical view of contemporary practices in philosophy teaching in Colombia through Ricœur’s thought. In the first part, we follow Ricœur’s considerations about the history of philosophy and its connections to the very practice of thinking. In the second part, we concentrate on the question of the canon. At the end of each section, we will give some pedagogical stitches to interweave Ricœur’s philosophical legacy with the didactics and theory of the curriculum, thus forming a tripod that should be part of the didactics of philosophy as an independent discipline.Ce texte se concentre sur la question de savoir ce qu’il faut enseigner en philosophie au lycée et sur le rapport qu’entretient cette question avec le fait de se reconnaître soi-même comme un bon professeur de philosophie. Nous pensons que ces aspects sont à mettre en relation avec l’idée de « canon » et d’« histoire de la philosophie » que nous avons acquise avec et malgré Ricœur lui-même. Cet article constitue une vision critique des pratiques contemporaines de l’enseignement de la philosophie en Colombie à travers la pensée de Ricœur. Dans une première partie, nous présentons les réflexions de Ricœur sur l’histoire de la philosophie et ses liens avec la pratique même de la pensée. Dans la deuxième partie, nous nous concentrons sur la question du canon. À la fin de chaque section, nous offrons quelques idées pédagogiques pour entrelacer l’héritage philosophique de Ricœur avec la didactique et la théorie des programmes éducatifs, formant ainsi un trépied qui devrait faire partie de la didactique de la philosophie en tant que discipline indépendante

    Introduction – Ricœur and Education

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    Introduction to the special issue "Ricœur and Education

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