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L'interculturation en pratique : étude de cas dans une équipe composée d'intervenants et d'intervenantes formées au Québec et en France
Au Québec, la pénurie de main-d’oeuvre en santé et services sociaux a contribué au recrutement de travailleurs et travailleuses sociales (T.S.) formées à l'international. Dans ce contexte, leur intégration dans les milieux de pratique est un enjeu important. Bien que l'intégration soit définie par Snapper & Larroussi (2009) comme un processus bidirectionnel entre la personne issue de l’immigration et la société d’accueil, une recension d'écrits a permis d'identifier les barrières invisibles qui jalonnent le processus d'intégration de T.S. formées à l'étranger venues s'installer au Québec. Par ailleurs, la littérature souligne que l'accès à la supervision clinique et à des relations positives avec les collègues, facilitent non-seulement l'intégration des T.S. formées à l’étranger, mais aussi comment, lorsque combiné avec leurs expériences diverses de l’international, bonifie leur pratique. Malgré des écrits mettant en lumière le potentiel des T.S. formées à l'étranger pour enrichir la pratique, ces professionnelles demeurent perçues comme des candidates « moins désirables » (Simpson, 2009, p.663 [traduction libre]) du point de vue des organisations. S’inscrivant dans une perspective interactionniste de l’intégration socioprofessionnelle, cette recherche analyse le processus d’interculturation jugé exemplaire par les membres d’une équipe de T.S. formées au Québec et à l’étranger. À partir de trois (3) entretiens de groupe et de participation observante, les résultats soulignent comment l’intégration socioprofessionnelle des T.S. formées à l’étranger passe par leur intégration au milieu de travail, la socialisation aux cultures de travail et l’intégration à une identité collective. L’analyse des résultats propose une modélisation du processus d’interculturation et met en lumière ce qui la compose. En conclusion, les analyses permettent d'envisager le processus d'interculturation comme un levier de transformation et d'enrichissement des pratiques professionnelles.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : intégration socioprofessionnelle, travailleuses sociales formées à l’étranger, interculturation, identité collective, socialisation aux cultures de travail, pratiques professionnelle
Associations entre la victimisation durant l'enfance, les distorsions cognitives, le déni et la minimisation chez les auteurs d'infractions sexuelles envers les mineurs
Le déni et les distorsions cognitives sont des cibles importantes de traitement des hommes auteurs d’infractions sexuelles (AIS) envers les mineurs. Les interventions visent notamment à augmenter le niveau de reconnaissance et à restructurer les cognitions, afin de réduire le risque de récidive. Toutefois, l’association entre ces mécanismes cognitifs et les facteurs susceptibles d’influencer leur développement, tels que la victimisation durant l’enfance, demeure peu étudiée. Cette étude vise à combler cette lacune en explorant les associations entre la victimisation durant l’enfance, soit la victimisation sexuelle durant l’enfance (VSE) et le trauma cumulatif, les distorsions cognitives et le déni chez les AIS envers les mineurs. Une analyse secondaire de données a été réalisée auprès d’un sous-échantillon de 98 hommes adultes AIS envers les mineurs, âgés de 18 à 76 ans (M = 42,8), recrutés dans des centres de traitement spécialisés en délinquance sexuelle. Les analyses corrélationnelles n’ont révélé aucune association significative entre la victimisation durant l’enfance (qu’il s’agisse de la VSE ou du trauma cumulatif) et les distorsions cognitives envers les enfants et les femmes. Ces résultats suggèrent que la victimisation durant l’enfance à elle seule ne serait pas liée au développement de ces distorsions cognitives. Par ailleurs, une faible association a été observée entre les distorsions cognitives envers les enfants et le déni, soulignant l’importance de distinguer ces deux concepts afin d’améliorer la précision des mesures et de faciliter la comparaison des résultats entre les études. En contexte clinique, cette distinction permet de s’assurer que chacun soit pris en compte de manière appropriée en fonction de son rôle dans le traitement, puisque le fait d’aborder l’un de ces concepts ne signifie pas automatiquement que l’autre le soit également. De plus, les analyses de régressions hiérarchiques multiples suggèrent que la VSE, comme le trauma cumulatif à l’enfance, sont associés à un plus faible niveau de déni. Ces résultats appuient les bénéfices potentiels d’une approche thérapeutique sensible au trauma pour favoriser la reconnaissance des faits chez les AIS en tenant compte de leur histoire de victimisation et de leurs impacts.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : auteurs d’infractions sexuelles, déni, minimisation, distorsions cognitives, trauma cumulatif à l’enfance, victimisation sexuell
Homomasculinités et rapports sociaux de sexe : analyse des hiérarchies entre hommes homosexuels et/ou queers
Ce mémoire s’inscrit dans les champs de la sociologie des masculinités et de l’homosexualité. Il s’intéresse aux rapports de pouvoir qui structurent des homomasculinités hégémoniques et subalternes, à partir d’une analyse des catégories de pensée et de classement mobilisées par des individus ordinaires s’identifiant comme homosexuels et/ou queers. L’étude porte sur leurs discours et points de vue concernant les manières dont les homomasculinités sont distinguées et hiérarchisées entre elles, ainsi que sur les rapports qu’ils entretiennent à cette hiérarchisation. Théoriquement, l’analyse s’appuie sur une conceptualisation des catégories sociales de sexe (hommes et femmes, féminin et masculin) en termes de rapports sociaux (Colette Guillaumin, 1972; Devreux, 1992), ainsi que sur celle de la masculinité hégémonique qui a été initialement proposée par Raewyn Connell (1995). Pour tenir compte de la fabrique et de l’apprentissage de cette masculinité hégémonique, ce mémoire mobilise également le concept de « maison des hommes » (Maurice Godelier, 1982). Sur le plan méthodologique, cette recherche de type qualitative repose sur l’analyse de huit entretiens semi-directifs menés auprès d’hommes homosexuels et/ou queers vivant dans la région de Montréal. L’analyse montre notamment comment les catégories du masculin et du féminin (produites par les rapports sociaux de sexe) demeurent opératoires et servent à classer les hommes homosexuels et/ou queers sur une échelle hiérarchique, reconduisant des formes de domination. Cette recherche montre aussi que les participants s’identifiant comme queers cherchent davantage à se distancier d’une norme masculine jugée problématique et à assumer une identification au féminin qui ne s’extrait pas des catégories de sexe. Finalement, les usages qui sont faits de la catégorie de pensée que constitue « la masculinité toxique » dans les entretiens participent des mécanismes par lesquels une homomasculinité hégémonique banale se voit fabriquée et réaffirmée comme norme.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : masculinités, rapports sociaux de sexe, homomasculinités, homosexualité, queer, féminisme matérialiste, misogynie, homophobie
Évaluation empirique d'actifs canadiens par l'apprentissage automatique
Ce mémoire a pour objectif d’évaluer diverses techniques d’apprentissage machine de régression et de classification à l’exercice de la prédiction de rendements d’actions au Canada et aux États-Unis. Plus précisément, pour les modèles de régressions, nous utilisons le modèle Ridge, Ada Boost, XGBoost, et Extra Trees et pour les modèles de classification, nous utilisons le modèle Régression Logistique, XGBoost Classification, Hist Gradient Boosting Classification et Extra Trees Classification. À partir de ces prédictions, nous bâtissons des portefeuilles suivant une stratégie longue-courte avec divers signaux (top 10, top 20 ainsi que positif et négatif) que nous comparons à des critères de références, comme un portefeuille suivant une stratégie longue également pondérée, le TSX60, le S&P500 ou encore le NASDAQ. L’analyse a été réalisée sur plusieurs périodes à savoir 2008-01 à 2024-01, 2008-01 à 2024-01, 2008-01 à 2012-01, 2012-01 à 2020-01 et 2020-01 à 2024-01, à une fréquence mensuelle. Nous exploitons, pour le Canada et les États-Unis, des données macroéconomiques en fréquence mensuelle provenant de la base de données LCDMA et de la Federal Reserve of Economic Data (FRED), ainsi que 50 actions provenant du Toronto Stock Exchange (TSX60) et 50 actions provenant du S&P500. Nos résultats révèlent que la grande majorité de nos modèles d’apprentissage machine, indépendamment du territoire et des signaux utilisés, surperforment nos critères de références selon nos métriques d’évaluation. De plus, nous relevons que les modèles d’apprentissage machine non-linéaire possèdent de meilleures performances prédictives en hors-échantillon que les modèles linéaires, bien que cela ne résulte pas toujours en de meilleures performances économiques. Enfin, nous présentons une interprétation de nos modèles à l’aide de la méthodologie de SHAP, afin de comprendre l’importance relative de nos variables dans les prédictions.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Apprentissage machine, Prédiction, Stratégies longue-courte, Gestion de portefeuille, Finance quantitative, Canada, États-Unis
Étude qualitative sur la coercition reproductive en contexte de violence conjugale : l'usage du soutien social comme levier d'intervention
Cette étude explore les expériences de soutien informel des femmes et des personnes ayant la capacité d’être enceintes victimes de coercition reproductive dans un contexte de violence conjugale. En s'appuyant sur l’analyse thématique réflexive des données qualitatives issues d'entretiens avec 23 participant·es, cette étude examine les dynamiques de soutien informel, le rôle des réseaux sociaux, les types de soutien et les facteurs influençant l'autonomie reproductive. La mobilisation des théories de soutien social a permis l’émergence de deux thèmes principaux : Les formes de soutien non tangible et les formes de soutien tangibles offertes par l’entourage. Les résultats révèlent le double rôle des réseaux sociaux, à la fois comme obstacles et facilitateurs de l'autonomie, ce qui souligne l'importance cruciale d'approches non directives, empreintes d'empathie et de respect. Le soutien concret, tel que l'aide pour accéder à des services médicaux ou d’hébergement, s'avère essentiel pour faciliter les démarches des victimes vers une autonomie reproductive et contraceptive. Les conclusions insistent sur la nécessité de sensibiliser les membres de leur réseau social et de promouvoir des interventions proactives et empathiques, adaptées aux besoins des victimes. Le modèle CARE est mis de l’avant comme approche à préconiser dans la sensibilisation et l’accompagnement des proches à développer des compétences d’intervention informelle, centrée sur les besoins spécifiques des victimes. Cette étude contribue à une meilleure compréhension de la coercition reproductive dans une dynamique de violence conjugale en identifiant des stratégies pour améliorer les mécanismes de soutien informel et formel, visant à renforcer la santé reproductive et l'autonomie des victimes.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : coercition reproductive, violence conjugale, soutien social, autonomie reproductive, interventions informelle
Le rapport des gens atteints de dépression avec la prise d'antidépresseurs
L’objectif de cette recherche est d’examiner le rapport que les gens atteints de dépression entretiennent avec la prise d’antidépresseurs. Il s’agit d’une recherche qualitative qui soumet à une analyse narrative neuf récits de dépression et de prise d’antidépresseurs recueillis auprès d’hommes et de femmes vivant à Montréal (Canada). Cette étude se penche sur la structure des récits, recourant notamment à deux outils issus des études littéraires, soit le schéma narratif et le schéma actantiel. L’analyse narrative permet de prendre en compte le point de vue diachronique dans le rapport aux antidépresseurs ainsi que d’observer l’impact identitaire de la dépression et de la médication sur la personne (par le biais du concept d’identité narrative). Nos résultats montrent que le rapport des participants avec les antidépresseurs est marqué par l’ambivalence, une attitude qui correspond à ce que la recherche antérieure a démontré. Nous observons aussi que l’apparition du médicament dans le récit de dépression complexifie ce dernier au lieu de l’amener vers une conclusion ; le médicament joue donc un rôle narratif d’adversaire (à l’instar d’un personnage secondaire) plutôt que de favoriser la résolution de l’intrigue. Enfin, nous observons que les histoires des participants présentent un mélange de rigueur et de souplesse qui nous paraît découler de la force du récit comme matrice identitaire, conférant aux gens qui se racontent un sens de soi cohérent, sens de soi qui a été mis à mal par le trouble dépressif
L'évolution de la participation à la coopérative d'habitation Belle Lune : une étude de cas québécoise
Le présent mémoire porte sur les enjeux de participation dans les coopératives d’habitation au Québec. Il situe cet enjeu dans le cadre sociohistorique de cette forme spécifique de coopération. La participation est un élément central de ces types d’organisations qui visent un empowerment socioéconomique de ses membres. Les coopératives d’habitation, qui restent pertinentes dans le contexte locatif actuel, doivent s’adapter aux divers changements internes et sociétaux pour conserver un bon fonctionnement. Cette exploration aboutit au resserrement autour de la réalité d’une coopérative, surnommée Belle Lune pour les fins d’anonymisation de la recherche. Dans le cadre de cette recherche, nous cherchons à comprendre comment la participation au sein de cette coopérative d’habitation a évolué au cours de la dernière décennie. Celle-ci se situe à Montréal, comporte 14 logements dans lesquels vivent 17 membres, et se divise en deux bâtiments : un situé à Centre-Sud et l’autre à Hochelaga. Le cadre théorique utilisé pour éclairer les enjeux de participation se divise en trois branches. D’abord, pour discuter de la réalité de ces organisations, nous utilisons les concepts de structure, d’organisation de la coopérative et celui de groupes informels. Ensuite, nous mobilisons les concepts de pouvoir ainsi que celui d’empowerment afin de mieux comprendre la dynamique du groupe. Enfin, la vie affective du groupe et de ses membres fait référence principalement au cheminement affectif du groupe. Pour mobiliser ces concepts, nous utilisons une approche inspirée de l’ethnographie (accompagnement sur plus d’une année) appuyée sur trois modes de collecte de données. Des données provenant des archives de la coopérative, de l’accompagnement sur le terrain et d’entretiens individuels ont été recueillies. Nos constats démontrent que l’expertise engendre une plus grande responsabilisation des membres. Aussi, on peut remarquer que les zones d’incompréhension et d’incertitudes organisationnelles créent des moments relationnellement tendus pour les membres la coopérative. On remarque aussi différents bénéfices de la participation, telle que vécus par les membres, comme une stabilité matérielle, du lien social et un sentiment de sécurité. Nous concluons en constatant que les bénéfices affectifs dans la vie des membres et leur sentiment d’appartenance agissent de manière importante sur leur expérience participative.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : participation, coopérative d’habitation, empowerment, groupe restreint, organisation, Québe
L'impact des caractéristiques du conseil d'administration sur la performance financière des entreprises technologiques nord-américaines
Cette étude analyse l’impact des caractéristiques du conseil d’administration sur la performance financière des entreprises technologiques nord-américaines. Les caractéristiques étudiées sont la taille du conseil d’administration mesurée par le nombre d’administrateurs figurant dans le conseil d’administration, l’indépendance des administrateurs dans le conseil, mesurée par la proportion d’administrateurs externes dans le conseil d’administration, la diversité de genre dans le conseil d’administration mesurée par le nombre de femmes dans le conseil et enfin la taille du comité d’audit mesurée par le nombre d’administrateurs dans ledit comité. Ces quatre caractéristiques ont été étudiées en mesurant leurs impacts sur la performance financière des sociétés technologiques mesurée dans ce contexte par le cours de l’action. Ainsi, cette étude utilise un échantillon de 43 entreprises technologiques situées aux États-Unis et une régression multiple a permis de faire l’analyse. En dehors des variables d’intérêt qui sont les caractéristiques du conseil, des variables de contrôle ont été utilisées, notamment le bénéfice par action (BPA), la taille de l’entreprise, l’actif technologique, l’endettement et la performance financière retardée. L’étude révèle que les conseils d’administration avec un nombre d’administrateurs important impactent significativement et positivement la performance financière des entreprises technologiques, alors que l’hypothèse de base était qu’un nombre élevé d’administrateurs dans le conseil diminue la performance financière des sociétés technologiques. L’étude révèle également que l’indépendance des administrateurs du conseil a un impact négatif et significatif sur la performance financière des entreprises technologiques sachant que l’hypothèse à la base était que les administrateurs externes améliorent la performance financière des sociétés technologiques. L’hypothèse qui consistait à la base à dire que la diversité de genre dans le conseil améliore la performance financière des entreprises technologiques, est ainsi rejetée, car les résultats de cette recherche ne démontrent pas un impact significatif de la diversité de genre sur la performance financière des entreprises technologiques. La dernière hypothèse est confirmée dans cette étude avec des résultats démontrant qu’un comité d’audit avec un nombre d’administrateurs élevé impacte négativement la performance financière des entreprises technologiques. Grâce à la disponibilité des informations de gouvernance et des ratios financiers des entreprises étudiées, cette étude pourrait permettre aux parties prenantes, notamment aux investisseurs, de faire une analyse des performances financières des grandes sociétés technologiques qui influent essentiellement sur le marché financier international.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : performance financière, entreprises technologiques, caractéristiques du conseil d’administratio
Mesures d'adaptation à la chaleur : exploration du vécu de personnes en milieu urbain (Montréal, Québec)
Afin de protéger les populations urbaines des extrêmes de chaleur, des organisations et les villes mettent en place des mesures d’adaptation à la chaleur, comme les plans d’intervention en cas de chaleur et le verdissement urbain. Si ces mesures se multiplient avec la menace des changements climatiques, il manque de connaissances sur l’expérience vécue de celles-ci et la perception de leur accessibilité. Les études quantitatives tentant de mesurer leur efficacité rencontrent plusieurs défis méthodologiques les empêchant de conclure à un lien de causalité entre leur implantation et les taux de mortalité ou de morbidité. Parallèlement, des études à devis mixte et des études qualitatives identifient plusieurs indices à travers le processus de fonctionnement des mesures qui indiqueraient qu’elles seraient moins efficaces et accessibles que souhaité. Les études existantes sur les mesures d’adaptation à la chaleur s’intéressent généralement à un type de mesure à la fois et manquent d’établir un portrait plus global de l’expérience des personnes directement affectées pour mieux comprendre les conditions et les processus en jeu. La présente étude s’intéresse à l’expérience des extrêmes de chaleur et des mesures d’adaptation à la chaleur de personnes fréquentant un quartier central de Montréal marqué par les îlots de chaleur. Des entrevues en déplacement ont été menées, en portant une attention particulière à l’expérience de personnes en situation de défavorisation socioéconomique, celles-ci étant davantage affectées par les extrêmes de chaleur. Une analyse thématique de contenu a permis d’identifier des facteurs pouvant influencer le fonctionnement des mesures d’adaptation à la chaleur et la perception de l’accessibilité des ressources, dont les connaissances et les croyances, la stigmatisation entourant l’étiquette de « personne vulnérable » ainsi que l’attractivité des espaces verts. Ces résultats permettent de suggérer des pistes d’amélioration des mesures d’adaptation à la chaleur et de futures recherches.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : inégalités sociales de santé, justice environnementale, vulnérabilité à la chaleur, vagues de chaleur, itinérance; pauvreté, adaptation humaine aux changements climatique
L'encadrement du temps de travail en droit québécois : vers un droit à la déconnexion?
Depuis quelques décennies déjà, les technologies de l’information et de la communication (TIC) – notamment les téléphones intelligents, Internet sans fil, les ordinateurs portables, les courriels et les médias sociaux – permettent à la grande majorité des travailleur·euses québécois·es d’être joint·es en tout temps et où qu’ils et elles se trouvent. Plusieurs facteurs, dont les attentes du milieu professionnel et la surcharge de travail, contribuent à ce que des travailleur·euses demeurent connecté·es à leur entourage professionnel par le biais des TIC hors de leurs heures régulières de travail. Cette connexion constante est associée, selon de nombreuses études et méta-analyses, à plusieurs effets néfastes sur la santé, sur l’équilibre travail-vie personnelle ainsi que sur les trajectoires professionnelles des travailleur·euses. Le tout se déroule dans un contexte d’effritement des conditions de travail, d’une hausse des exigences quant au nombre et à la complexité des tâches à effectuer (intensification du travail) ainsi que d’un débordement du travail dans le temps hors travail (extensification du travail). Cette thèse vise à déterminer si et comment, dans ce contexte, le droit du travail, tant légiféré que négocié, parvient à protéger les travailleur·euses en matière d’encadrement de leur temps de travail, c’est-à-dire quant à la délimitation du temps de travail, à l’étanchéité des frontières qui le séparent du temps hors travail, et à la prise en compte de tout travail effectué hors des heures régulières de travail en matière de rémunération et de calcul des heures. Cette recherche s’inscrit dans le champ des études portant sur l’effectivité du droit. Elle se fonde également sur la notion de (non-)mobilisation du droit (les facteurs expliquant pourquoi des personnes créancières de droit ne les exerceraient pas) ainsi que celle du pouvoir qu’ont, à degrés variables, les parties au contrat de travail (employeur et travailleur·euses) ou à la convention collective (employeur et syndicat). Afin de mieux comprendre comment les enjeux de disponibilité hors des heures de travail, de (non-)déconnexion et de surcharge de travail sont vécus par des travailleur·euses, une approche de type « méthodes mixtes de recherche » est employée, combinant une recherche documentaire et une enquête de terrain, au cours de laquelle des entretiens semi-dirigés ont été menés auprès de 20 intervenant·es de milieux syndiqués québécois. Cette thèse démontre qu’en droit québécois du travail, les quelques protections en matière de temps de travail ne suffisent pas à protéger adéquatement les travailleur·euses dans un contexte où les TIC permettent à leur entourage professionnel (supérieur·es, collègues, clientèle, tiers, etc.) de les joindre à tout moment, y compris durant leurs périodes hors travail. Les résultats de la recherche mettent en lumière les dynamiques susceptibles d’affecter la mobilisation du droit, notamment l’internalisation des attentes de l’entourage professionnel, la mise en pratique de leur autonomie professionnelle et le fait que les recours offerts ne leur semblent pas opportuns. Les initiatives en milieu de travail visant à aider les travailleur·euses à gérer la séparation entre le temps de travail et le temps hors travail sont également souvent insuffisantes pour assurer cette séparation de façon globale et pérenne. En définitive, cette recherche pave la voie vers certains principes généraux susceptibles de guider une réforme du droit en vigueur. Une telle intervention devrait viser un éventail de bouquets normatifs et avoir pour objectif de limiter les intrusions du travail dans le temps hors travail des travailleur·euses, en permettant notamment à ceux- et celles-ci de se déconnecter du travail durant ces périodes.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : droit du travail, temps de travail, temps hors travail, droit à la déconnexion, technologies de l’information et de la communication (TIC