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Les SDC sur le chemin de la piétonnisation? Analyse qualitative des fonctions de promotion, de médiation et de gestion des sociétés de développement commercial dans les projets de piétonnisation
Ce mémoire a pour objectif de décrire les fonctions des Sociétés de développement commercial (SDC) québécoises dans la gouvernance des projets de piétonnisation situées sur leur territoire. Pour ce faire, nous nous basons sur des entretiens semi-dirigés réalisés avec 15 des 27 cas existants, autant à Montréal et à Québec qu’ailleurs dans la province. Nous avions pour proposition principale que les SDC jouent un triple rôle de promotion, de médiation et de gestion des rues piétonnes. Nous observons qu’il existe sur le territoire québécois trois modèles de gouvernance différents (organique, partenarial et collaboratif) qui influencent la nature et l’étendue des pouvoirs des SDC. Nous montrons donc qu’il n’y a pas nécessairement d’opposition entre une gouvernance néolibérale et une gouvernance en réseau, puisque les deux peuvent coexister dans la même municipalité. Nous montrons également que les SDC jouent un rôle de promotion de la piétonnisation avec pour objectif d’attirer le plus de consommateurs possible dans leurs commerces. Cela peut mener à une évolution de leurs intention d’aménagement qui les mène à pérenniser le projet de piétonnisation. Nous observons une situation dans laquelle les SDC utilisent leur position de médiatrices pour avantager le développement économique de leur territoire. Nous décrivons les stratégies qu’elles peuvent utiliser lorsqu’elles sont prises entre les demandes des commerçants et celles des municipalités. Nous pouvons aussi montrer que les SDC jouent un rôle de gestion, particulièrement autour de la question de l’animation publique. Ce sont cependant les municipalités qui leur donnent des responsabilités supplémentaires plutôt que les SDC qui en demandent davantage. Finalement, nous concluons que la participation des SDC à la gouvernance des rues piétonnes peut se faire sans néolibéralisme ni développement durable.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : SDC, gouvernance, piétonnisation, néolibéralism
Former les ingénieurs à la redirection écologique par la mise en fiction de « futurs crédibles, désirables et partagés » ?
Concilier les savoirs écologiques traditionnels autochtones et la science occidentale dans une perspective de conservation en milieu naturel
Face aux crises climatiques, de la biodiversité et culturelles, cet essai explore comment il est possible de concilier les savoirs écologiques traditionnels autochtones (TEK) et la science occidentale pour permettre une conservation plus inclusive et efficace des écosystèmes. Il est primordial de tenter de mieux conserver et d’optimiser l’aménagement du territoire et cela passe immanquablement par la collaboration avec les Peuples autochtones. Ceux-ci ont joué et jouent encore un rôle majeur dans la conservation des écosystèmes ainsi que dans leur bonne gestion. De plus, l’apport des Peuples autochtones aux sciences telles que l’écologie est sans équivoque. Les TEK et les systèmes de connaissances propres aux Peuples autochtones, développés à travers des siècles d’interactions étroites avec la nature, sont complémentaires à la science occidentale de plusieurs façons. Les deux systèmes se basent sur la collecte d’informations et évoluent à travers le temps. Toutefois, il existe aussi des différences notables, particulièrement en lien avec l’importance que la spiritualité joue dans le système de connaissances. Les savoirs autochtones incluent des pratiques comme la gestion des habitats et le suivi des populations animales, tout en étant porteurs d'identité culturelle et spirituelle. De plus, ils complémentent les sciences occidentales en apportant des connaissances spécifiques et en permettant une compréhension plus approfondie des écosystèmes. Par exemple, les modèles d’habitat pour le caribou, produits avec la collaboration de la Première Nation Tlingit de Taku River en Colombie-Britannique, ont montré que les TEK identifient des zones pertinentes pour la conservation et la restauration que les approches scientifiques occidentales conventionnelles ne détectent pas. Des initiatives de cogestion, comme le Conseil de gestion du caribou de Beverly et Qamanirjuaq (BQCMB) ou le Comité de gestion paritaire des pêches Canada-Inuvialuit (FJMC) mettent en lumière les succès de la collaboration entre les Peuples autochtones et certains membres de paliers gouvernementaux importants. Ces modèles favorisent une gestion inclusive des ressources, intégrant divers groupes, dont les Peuples autochtones, dans la gouvernance du territoire. Ils renforcent aussi la résilience écologique et culturelle, c’est-à-dire l’adaptation des écosystèmes aux perturbations environnementales et sociales. L'intégration des savoirs pose néanmoins des défis importants. Le terme même d’« intégration » peut être problématique s’il implique une domination ou une appropriation des savoirs autochtones par la science occidentale. Ainsi, différentes approches doivent être utilisées pour s’assurer que les deux systèmes s’agencent correctement. La méthode Etuaptmumk, ou « vision à deux yeux », est l’une de ces approches, qui valorise les deux systèmes en les utilisant de manière complémentaire. Toutefois, le respect des droits ancestraux, la protection de l'autonomie culturelle et le partage équitable des bénéfices restent des conditions essentielles à une collaboration réussie. L’exemple des aires protégées d’initiative autochtone (APIA) au Québec illustre une avancée significative dans la reconnaissance des Peuples autochtones comme gardiens du territoire. Ces initiatives, bien que prometteuses, nécessitent toutefois des cadres clairs et une réelle participation des communautés dans leur gouvernance. Le cas de la communauté innue de Pessamit met en avant le rôle central des savoirs autochtones dans la préservation de la biodiversité, en particulier du caribou forestier, et dans la lutte contre les pressions anthropiques qui s’exercent sur le territoire québécois. En définitive, l’intégration des savoirs autochtones et de la science occidentale représente une voie essentielle pour relever les défis environnementaux d’aujourd’hui et de demain. Ces approches permettent non seulement d’améliorer la conservation des écosystèmes, mais aussi de promouvoir la justice sociale et culturelle en reconnaissant les Peuples autochtones comme des acteurs clés dans la gestion de la biodiversité.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : savoirs autochtones, savoirs traditionnels écologiques, co-construction des savoirs, Peuples autochtones, conservation, autodétermination, gouvernance autochtone, aire protégée d’initiative autochton
Faire-honte et honte : une analyse de l'expérience de personnes assistées sociales au Québec à travers un cadre épistémologique exploratoire
La socialisation des populations hors des normes dominantes se ferait sous une « co-construction de la honte » : faire-honte, éviter la honte et avoir honte (Scheff, 2003; Walker, 2014). Cette théorie du cadre macrosocial contemporain m’a permis d’explorer le phénomène plus souvent nommé de stigmatisation, discrimination ou préjugés auprès de personnes exclues du marché du travail ou dites assistées sociales sous l’angle du faire-honte et du sentiment de honte. Pour suivre cette théorie, un cadre conceptuel interdisciplinaire prenant en compte une échelle interactionniste de la sociologie des émotions a été développé pour modéliser le faire-honte. La sociologie clinique de Gaulejac (2008) a été mobilisée pour saisir la complexité des sources du sentiment ou noeud sociopsychique de honte. Six personnes exclues du marché du travail ont été rencontrées deux fois pour explorer ce sentiment à la fois intime et social, pour se situer plus près du vécu, dans un équilibre sensible, éthique et clinique entre implication et distanciation. Les résultats ont montré différentes modalités explicites du faire-honte en lien avec la place d’« assisté.e social.e », mais surtout implicites ou subtiles (non-dits, exclusions) qui génèrent des doutes, de l’angoisse et une fatigue chez les sujets devant jongler avec l’incertitude d’interactions ambigües. Ce faire-honte s’est ajouté aux expériences de vie pouvant faire écho et alimenter le sentiment de honte. Les sujets ont dû mobiliser différentes stratégies pour « gérer la honte » : plus inconscientes pour se défendre si la honte était viscérale ou plus conscientes s’ils avaient accès à des ressources internes ou externes pour prendre une distance et s’en dégager. Les résultats ont particulièrement démontré l’importance de raffiner les outils pour mieux prendre en compte certaines intersections de classe, de genre et de handicap dans la co-construction de la honte, mais aussi de mieux prendre en compte ces phénomènes plus subtils, non conscients et intériorisés autant dans la recherche que l’intervention. Cette perspective offre un potentiel pour observer différentes communautés où la honte est mobilisée pour socialiser et maintenir une cohésion de façon plus subtile.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : aide sociale, socialisation, honte, sociologie clinique, travail social, préjugés, stigmatisatio
Séminaire théorique : Les litiges climatiques et les enjeux de socio-gouvernance associés. Comptes-rendus critiques.
Cahier de recherche du groupe des Chercheur.e.s en Responsabilité Sociale et Développement Durable (CRSDD) consacré au thème des litiges climatiques et aux enjeux de socio-gouvernance associés. Résumés critiques d'articles portant sur ce sujet. Cahier de recherche élaboré sous la supervision de Corinne Gendron, Stéphanie Yates et Alice Friser
Combination of plasmonic materials and organometallic catalyst for CO2 reduction
La recherche présentée dans ce mémoire se concentre sur l'application des nanoparticules d'or plasmoniques (AuNP) pour améliorer la réduction catalytique du dioxyde de carbone (CO2) en molécules de valeur, telles que le monoxyde de carbone (CO). L'objectif est de développer un processus respectueux de l'environnement pour la conversion du CO2, contribuant ainsi à une économie de carbone durable sans dépendance aux combustibles fossiles. Nous explorons la synthèse et l'optimisation des catalyseurs à base d'AuNP, en tirant parti de leurs propriétés plasmoniques pour augmenter l'efficacité et la sélectivité de la réduction du CO2. Bien que le couplage des nanoparticules d'or avec la tétraphénylporphyrine de fer (FeTPP) pour former un catalyseur hybride n'ait pas été entièrement réalisé, les résultats partiels indiquent que les AuNP accélèrent le processus de réduction du CO2 sous irradiation lumineuse. Cette approche utilise l'énergie solaire pour les transformations chimiques, offrant une alternative prometteuse aux méthodes basées sur les combustibles fossiles. Pour optimiser la performance, nous avons étudié divers paramètres, y compris la taille, la forme et la chimie de surface des nanoparticules. Un éventail de techniques expérimentales — spectroscopie UV-Vis, chromatographie en phase gazeuse, microscopie électronique à balayage, microscopie à force atomique et diffusion dynamique de la lumière — a été utilisé pour caractériser les nanoparticules synthétisées et évaluer leur efficacité dans la conversion du CO2. Dans cette étude, différentes méthodes de synthèse ont été employées pour fabriquer des nanoparticules d'or, notamment la méthode de croissance assistée par des graines et la réduction au citrate. Ces nanoparticules ont ensuite été combinées avec la tétraphénylporphyrine de fer (FeTPP) pour former des structures hybrides, qui ont été minutieusement analysées afin de déterminer leurs propriétés catalytiques et plasmoniques. Diverses techniques de caractérisation et d'évaluation des performances ont été utilisées pour examiner les interactions entre les hybrides AuNP-FeTPP synthétisés et leur efficacité dans les applications catalytiques. Les résultats démontrent le potentiel des AuNP plasmoniques en photocatalyse et réduction du CO2, fournissant une voie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et produire des produits chimiques de valeur.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : nanoparticules d'or plasmoniques (AuNP), réduction du CO2, efficacité catalytique, Fetétraphényl porphyrine, catalyseur hybride, spectroscopie UV-Vis, chromatographie en phase gazeuse, MEB, AFM, diffusion dynamique de la lumière, propriétés plasmoniques, photocatalyse, énergie renouvelable, émissions de gaz à effet de serre, économie circulaire du carbon
Une histoire du droit au logement à Paris en 1791 dans la section du Jardin-des-plantes
La Révolution française s’inscrit dans une décennie de découverte du politique et de réflexions sur la souveraineté. Elle rompt à plusieurs égards avec l’Ancien Régime. En ce sens, dès 1791 les autorités révolutionnaires transforment le régime de propriété et l’inscrivent dans la Constitution. Ainsi, la propriété individuelle devient à la fois un « droit inviolable » et une condition d’accès au statut de citoyen « actif » donnant le « pouvoir » de voter aux assemblées primaires de sections. Cependant, la naissance de la citoyenneté s’inscrit aussi dans le cadre d’une importante crise économique qui ébranle le marché immobilier. Par conséquent, les locataires qui forment l’écrasante majorité des citadins à Paris durant tout le XVIIIe siècle sont confrontés à une hausse historique des loyers et sont victimes d’expulsions en raison de leur incapacité à payer. Cette recherche se situe à l’intérieur des limites du Faubourg-Saint-Marcel, espace reconnu pour sa vitalité révolutionnaire. De plus, c'est en sollicitant les outils de la microhistoire tels que l’idée du jeu d’échelle d’analyse et l’utilisation des sources de la justice de paix de la section du Jardin des Plantes qu'il est possible d'aller à la rencontre d'acteurs du logement locatif durant l'année 1791 durant laquelle le juge de paix à fait son entrée dans le paysage parisien.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : droit au logement, justice de paix, réformes judiciaires, époque moderne, Révolution française, droit au travail, faubourg Saint-Marcel, propriétaires et locataires, section du jardin des Plantes/Sans-Culotte, année 1791, histoire du logement, histoire sociale, histoire urbaine, histoire modern
Évaluation de micelles cylindriques à base de beta-peptides amphiphiles synthétiques en tant que nanoplateforme vaccinale
La vaccination demeure l’une des avancées biomédicales les plus efficaces pour prévenir et lutter contre les maladies infectieuses. Les vaccins ont longtemps été constitués d’organismes pathogènes entiers, inactivés ou atténués, mais des problèmes de sécurité liés à ce types de vaccins ont incité le développement d’alternatives plus sûres, comme les vaccins sous-unitaires, qui se composent d’un ou de plusieurs antigènes, et non du pathogène entier. Néanmoins, ces nouvelles technologies vaccinales provoquent une faible réponse immunitaire et, par conséquent, il est généralement nécessaire d’utiliser des adjuvants ou des plateformes de livraison antigénique. Les nanostructures supramoléculaires formées à partir de peptides synthétiques offrent des perspectives prometteuses pour la livraison d'antigènes. Les peptides amphiphiles et les β-peptides d’auto-assemblage ont démontré leur capacité à protéger les épitopes antigéniques contre la dégradation, à faciliter leur endocytose par les cellules présentatrices d'antigènes et à activer le système immunitaire inné. De ce fait, ces peptides peuvent être utilisés pour former des plateformes servant à la fois à délivrer l’antigène et à activer le système immunitaire. Plusieurs études ont démontré l’intérêt de l’utilisation de plateformes formées par l’autoassemblage de β-peptides amphiphiles dans le transport de médicaments, mais aucune ne l’a fait dans le domaine de la vaccination. Dans cette étude, nous avons donc exploré l'utilisation de micelles cylindriques issues de l'autoassemblage du β-peptide amphiphile C16V3A3K3. L’ectodomaine de la protéine de matrice 2 (M2e) du virus de la grippe A a été utilisé comme antigène. Ce dernier a été greffé à l'extrémité C-terminale du peptide par synthèse peptidique sur support solide. Une caractérisation par microscopie électronique et à force atomique, par spectroscopie et test immuno-enzymatique a permis de confirmer l’assemblage du peptide C16V3A3K3-M2e en micelles cylindriques exposant à leur surface l’antigène M2e. Des essais sur des lignées cellulaires ont confirmé que les structures formées étaient efficacement internalisées par les cellules dendritiques et activaient le récepteur Toll-like 2/6. Les micelles cylindriques ainsi produites ont généré une réponse humorale robuste et spécifique à M2e après l’immunisation intramusculaire chez la souris, avec la présence d’isotypes variés. Bien que cette réponse humorale n'ait pas conduit à une protection contre une infection mortelle par le virus de la grippe H1N1, ces structures auto-assemblées représentent une nouvelle plateforme auto-adjuvante pour favoriser la production d'anticorps dirigés contre des antigènes spécifiques.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : nanovaccin; plateforme de livraison antigénique; peptides d’autoassemblage; peptide β amphiphile; vaccins sous-unitaires; vaccins antigrippau
Entre fuite, contestation et résilience chez quelques personnages de Lionel Rogosin, Jim Jarmusch, Agnès Varda et Virginie Despentes
Dans le cadre de nos travaux de recherche en cinéma, nous nous sommes intéressés, comme en atteste l’intitulé de ce mémoire, aux sources des motivations de l’errance chez des personnages de road movies. Dans les premiers chapitres, nous retraçons les différentes étapes dans l’évolution de ce genre depuis la création du cinéma jusqu’aux cinéastes des années 1970 qui en ont façonné les codes que nous connaissons encore aujourd’hui. Nous verrons comment les auteurs et autrices des éléments de notre corpus se les sont appropriés pour influencer le devenir du genre dans les années 1980. Nos travaux de recherche nous ont en suite permis d’identifier les différents types d’errance présents dans les récits de voyage pour mieux introduire les auteurs qui ont jalonné le parcours théorique au terme duquel nous avons érigé le cadre de nos analyses. C’est dans une logique de la pensée sociosémiotique que nous investiguerons le vécu et le cursus des réalisateurs, réalisatrices, acteur et actrices afin d’en détecter des indices dans le cheminement des personnages qu’ils ont créés. Nous les associerons à une des catégories d’errance établies par Alexis Lemieux : axiologique, fantomatique et poétique. Enfin, nous ferons la lumière sur les incidences de leur désir de fuite et de leur esprit de contestation et sur la résilience que ces personnages se sont forgée. En phase finale de nos analyses, nous évaluerons l’ampleur du rapprochement que nos personnages, devenus agents de médiation, ont noué avec certains publics en fonction de leur appréciation en festival et au box-office. En conclusion, nous prouverons comment un de nos sujets de démarque des autres et comment, de cette distinction, se manifeste un type d’errance, insoupçonné au départ, fondé sur le nihilisme.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : auteur, cinécriture, documentaire, errance, liberté, marginalité, personnage et résilience
Entre héritage réglementaire et imaginaire du risque : gestion des zones inondables et pratiques d’adaptation au Québec et à Lachute
Les inondations, intensifiées par les changements climatiques, posent des défis majeurs pour la gestion des zones inondables au Québec. Ce rapport aborde ces enjeux à travers deux volets complémentaires : une analyse historique de l’évolution du cadre de gestion des zones inondables au Québec et de l’impact projeté du chantier de refonte cartographique et réglementaire, et une exploration de l’imaginaire du territoire inondable de la ville de Lachute, qui fait face à des inondations récurrentes depuis des décennies et qui, malgré tout, continue d’être habité.
L’analyse historique révèle que les grandes crues de 1974, 1976, 2017 et 2019 ont marqué des tournants importants dans la gestion des risques au Québec, en mettant notamment en lumière les lacunes du cadre réglementaire et de la cartographie des zones inondables. L’adoption de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU) en 1979 et de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) en 1987 a marqué un virage vers une approche préventive. Cependant, des incohérences, une mise à jour insuffisante des cartes et une application inégale des normes ont freiné leur efficacité. Les inondations catastrophiques de 2017 et 2019 ont catalysé une refonte du cadre réglementaire, une cartographie modernisée et des mesures pour renforcer la résilience des collectivités. En 2022, un régime transitoire est entré en vigueur pour resserrer l’encadrement des activités en zones inondables, dans l’attente de l’adoption d’un cadre basé sur une approche de gestion par le risque. Mais à ce jour, les périmètres réglementaires proposés dans le projet de modernisation négligent les capacités d’adaptation déployées par les communautés pour s’adapter à la présence de l’eau et offrent ainsi une lecture biaisée du risque d’inondation.
La deuxième partie explore les représentations sociales et culturelles associées au territoire inondable de Lachute. Elle met en lumière les rapports complexes qui se sont noués entre les riverains et la rivière du Nord au fil de la succession d’épisodes d’inondation et les pratiques d’adaptation déployées pour y faire face, notamment chez ceux qui ont fait l’expérience de crues à répétition. Ces derniers en sont venus à vivre avec les débordements et à (co)habiter avec l’eau, remettant ainsi en question l’idée persistante selon laquelle les zones inondables seraient forcément risquées. Les stratégies locales, bien que parfois innovantes, restent néanmoins limitées par un cadre réglementaire qui fait fi de l’expérience humaine du territoire et des manières spécifiques d’habiter les territoires exposés pour apprendre à composer avec le risque d’inondation.
En somme, ce rapport souligne l’urgence d’une approche territorialisée, basée sur le risque, pour moderniser la gestion des zones inondables. Il met également en évidence la nécessité de voir au-delà des délimitations cartographiques et de mieux intégrer les dimensions humaines et culturelles dans les politiques d’aménagement, comme illustré ici par le cas de la ville de Lachute, pour refléter un niveau de risque au plus près de la réalité. Ces pistes de réflexion visent à promouvoir une gestion, une planification et un aménagement des territoires exposés plus cohérents, pérennes et recevables, face aux défis croissants des changements climatiques