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Les appuis de l’action collective mobilisés dans les transitions agroécologiques. Enseignements de l’analyse de cinq collectifs d’agriculteurs en Rhône-Alpes
International audienceCollective action and cooperation between actors having a diversity of knowledge and practices can help to create and share new visions, values and resources supporting agroecological transitions. During the last years, diverse public programs have been set up in order to encourage collective initiatives supporting agroecological transitions. However, the coordination of people who are not used to work together is not always obvious. This article aims to identify the conditions of emergence of these collective actions and the modes of coordination supporting agroecological transitions. Based on a comprehensive analysis of five groups of farmers, we show that collective action supporting agroecological transitions relies on the ability of using and arranging different kind of “supports”. These supports are: relationships, technical material, knowledge resources, public subsidies and group facilitators. Then, agroecological transitions rely on specific and situated arrangements of these supports along an incremental process combining both planned and emerging activities resulting from opportunities or constraints. Our results challenge the established planned management of collective action and point out how the dynamics of emergence can play a role to favor its durability.L’action collective et la coopération entre des acteurs aux connaissances et pratiques variées contribuent à développer et partager de nouvelles visions, valeurs, ressources matérielles, qui étayent les processus de transition agroécologique. Ces dernières années, afin d’encourager les transitions, les incitations pour soutenir les collectifs d’agriculteurs se multiplient. Cependant, la coordination d’acteurs n’ayant pas d’habitude de travail en commun ne va pas toujours de soi. Dans cet article, nous identifions les conditions d’émergence de ces collectifs et les manières dont les acteurs y participant parviennent à se coordonner pour s’engager collectivement dans des processus de transitions agroécologiques. À partir de l’analyse compréhensive de cinq collectifs d’agriculteurs, nous montrons que l’action collective en faveur des transitions agroécologiques repose sur la capacité à mobiliser et à assembler des appuis hétérogènes dans le temps. Ces appuis sont : les relations interpersonnelles, le matériel technique, les moyens et supports de connaissances, les soutiens publics et financiers, les acteurs pivots/animateurs. Les transitions agroécologiques résultent alors d’un agencement singulier de ces appuis dans un processus de construction pas-à-pas articulant à la fois des activités planifiées et des activités spontanées issues d’opportunités ou de contraintes rencontrées. Nos résultats bousculent ainsi les visions planificatrices de la trajectoire des collectifs en pointant le rôle des dynamiques d’émergence pour leur pérennité
Chinese Consumers’ Attitudes and Potential Acceptance toward Artificial Meat
International audienceThe interest for artificial meat has recently expanded. However, from the literature, perception of artificial meat in China is not well known. A survey was thus carried out to investigate Chinese attitudes toward artificial meat. The answers of 4666 respondents concluded that 19.9% and 9.6% of them were definitely willing and unwilling to try artificial meat respectively, whereas 47.2% were not willing to eat it regularly, and 87.2% were willing to pay less for it compared to conventional meat. Finally, 52.9% of them will accept artificial meat as an alternative to conventional meat. Emotional resistance such as the perception of “absurdity or disgusting” would lead to no willingness to eat artificial meat regularly. The main concerns were related to safety and unnaturalness, but less to ethical and environmental issues as in Western countries. Nearly half of the respondents would like artificial meat to be safe, tasty, and nutritional. Whereas these expectations have low effects on willingness to try, they may induce consumers’ rejection to eat artificial meat regularly, underlying the weak relationship between wishes to try and to eat regularly. Thus, potential acceptance of artificial meat in China depends on Chinese catering culture, perception of food and traditional philosophy
Quantifying sustainable intensification of agriculture: The contribution of metrics and modelling
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Que pensent les Français de la culture de cellules musculaires pour produire de la viande ?
International audienceCette étude avait pour objectif d’étudier la perception des consommateurs d’une nouvelle biotechnologie qui fait actuellement l’objet de différents questionnements scientifiques malgré un fort engouement médiatique : la « viande artificielle ». Pour cela, un sondage internet viaGoogle Forms a été diffusé ciblant tous les Français. L’échantillonnage des sondés, bien que très conséquent (4 533 réponses), s’éloigne légèrement des caractéristiques moyennes de la population française par une sur-représentation de jeunes de 18 à 30 ans (42,7%), de personnes connaissant le secteur de la viande (28,0%) ou de scientifiques (52,6%). Environ 40 à 50% des sondés estiment que l’élevage fait face à desproblématiques éthiques et environnementales. Toutefois, seulement 18% à 26% des sondés estiment que la « viande artificielle » peut résoudre ces difficultés et une majorité pense que la « viande artificielle » ne sera pas aussi « saine » et « savoureuse » que la viande conventionnelle. De plus, de 41,5% à 66,7% des sondés, suivant les groupes sociologiques, considèrent que la « viande de culture » est une idée « absurde et/oudégoutante », 26,9% en moyenne la trouvent plutôt « intrigante et/ou amusante », contre 18,7% des répondants qui la considèrent comme une idée « prometteuse et/ou réalisable ». Les sondés ne sont pas prêts en grande majorité (91,7%) à acheter la « viande artificielle » à un prix plus élevé que celui de la viande conventionnelle, dont seulement 25,6% se sentant prêts à la payer au même prix. Les sondés qui ne connaissent pas la « viande artificielle », ou encore les jeunes (entre 18 et 30 ans) et les femmes semblent davantage favorables à l’égard de cette biotechnologie en raison d’une plus grande sensibilité aux questions d’ordre éthique ou environnementales liées à l’élevage, alors que les hommes âgés (> 51 ans) sont les plus réticents. Contrairement à des travaux antérieurs, les personnes ayant déjà entendu parler de la « viande artificielle » ne semblent pas l’accepter davantage. De plus, les professionnels de la viande y sont en général fermement opposés sur tous les points. En résumé, d’aprèscette enquête, le marché de la « viande artificielle » représenterait au mieux un marché de niche s’adressant environ à un cinquième des Français alors qu’un autre cinquième des sondés estime que la « viande artificielle » n’a aucun avenir. Environ la moitié des sondés considère toutefois cette innovation comme « absurde et/ou dégoutante » plutôt qu’ « intrigante et/ou amusante » et encore moins « prometteuse et/ou réalisable
Can agroecology improve food security and nutrition? A review
International audienceAgroecology increasingly has gained scientific and policy recognition as having potential to address environmental and social issues within food production, but concerns have been raised about its implications for food security and nutrition, particularly in low-income countries. This review paper examines recent evidence (1998–2019) for whether agroecological practices can improve human food security and nutrition. A total of 11,771 articles were screened by abstract and title, 275 articles included for full review, with 56 articles (55 cases) selected. A majority of studies (78%) found evidence of positive outcomes in the use of agroecological practices on food security and nutrition of households in low and middle-income countries. Agroecological practices included crop diversification, intercropping, agroforestry, integrating crop and livestock, and soil management measures. More complex agroecological systems, that included multiple components (e.g., crop diversification, mixed crop-livestock systems and farmer-to-farmer networks) were more likely to have positive food security and nutrition outcomes
Agroécologie et viticulture : Les pratiques, les territoires viticoles agroécologiques et la demande des consommateurs
International audienceC’est dès le début du XXe siècle que le terme « agroécologie » est apparu pour la première fois dans la littérature scientifique, mais c’est au début du 3e millénaire que l’utilisation du terme s’est largement démocratisée. Aujourd’hui, on a parfois le sentiment que tout le monde parle d’agroécologie. Chacun, ou presque, a sa définition du mot, en fonction de son pays ou de son institution, en fonction surtout des préoccupations auxquelles chacun s’attache. Au cours des dernières années, les scientifiques ont pourtant essayé de clarifier le terme mais il demeure polysémique. Le concept d’agroécologie recouvre en réalité trois éléments clés : une discipline scientifique, un mouvement social et un ensemble de pratiques (Wezel et al., 2009).En tant que science, l’agroécologie est bien plus qu’une simple fusion entre agronomie et écologie. Si elle s’est d’abord intéressée à la parcelle agricole et aux processus biologiques et écologiques qui se déroulent en son sein, elle a ensuite rapidement considéré un objet plus large et englobant : l’agroécosystème. Au début des années 2000, certains auteurs proposent d’élargir la définition de l’agroécologie à « l’étude intégrative de l’écologie de l’ensemble du système alimentaire, y compris des dimensions écologiques, économiques et sociales ou, en résumé, l’écologie du système alimentaire » (Francis et al., 2003), alors que Gliessman (2007) préfère parler de « l’application des concepts et principes de l’écologie à la conception et à la gestion de systèmes alimentaires durables ». Dans tous les cas, l’agroécologie comme discipline scientifique revendique de développer des approches systémiques et globales et se positionne à l’interface de différentes disciplines : les sciences de la nature et du vivant bien sûr, mais aussi les sciences économiques et sociales. Elle revalorise les savoirs locaux et traditionnels, invite à les mettre en synergie avec les savoirs scientifiques.Le deuxième grand usage du terme agroécologie renvoie à un ensemble de pratiques visant à concevoir et gérer des agroécosystèmes suffisamment productifs tout en limitant la dégradation de cet agroécosystème et ses ressources. Elles valorisent pour cela des processus biologiques et écologiques (e.g. recyclage des nutriments, régulation biologique des bioagresseurs) plutôt que de supporter la productivité de l’agroécosystème par l’usage d’intrants de synthèse (Wezel et al., 2014). Certaines de ces pratiques sont connues de longue date et mises en œuvre par les viticulteurs. Parmi elles, on peut citer les techniques de la lutte biologique ou la gestion de la fertilité organique des vignobles. Le développement de pratiques agroécologiques intègre explicitement les processus à favoriser dans le raisonnement du pilotage de l’agroécosystème, et cherche à les renforcer. Il nous sort de la logique « un problème, un intrant » et incite à aller plus loin que de substituer un intrant par un autre. Il encourage à repenser notre vision de l’agroécosystème et son pilotage, à reconcevoir nos systèmes de production en profondeur, à chercher les meilleurs compromis entre différents services écosystémiques. L’agroécologie en tant que mouvement social, s’est largement développée aux cœurs des années 1980 en Amérique latine. Depuis le début du XXIe siècle, ces mouvements se structurent et émergent un peu partout dans le monde. Tous soutiennent une vision paysanne de l’agriculture et opposent un savoir local et traditionnel à un modèle industriel de l’agriculture, largement favorisé au cours de la révolution verte de la deuxième moitié du XXe siècle. Ces mouvements aspirent à une plus grande autonomie alimentaire et défendent une agriculture familiale et traditionnelle. Ils revendiquent soutenir agriculteurs et populations rurales, justice sociale, identités et cultures locales (Rosset et al., 201 ; Nyéléni, 2015)
Editorial: Retaining Quality When Drying Food: Challenges and Solutions
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